Le IADE est-il un IDE comme un autre ?

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Arnaud BASSEZ
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Le IADE est-il un IDE comme un autre ?

Message par Arnaud BASSEZ » jeu. févr. 08, 2007 7:06 pm

Je réagis ici sur un sujet vu surlaryngo
Que feriez-vous, si vous étiez dans cette situation ?
Accepteriez-vous de faire du travail d'IDE, au risque de pérenniser la situation ?
Pensez-vous qu'un IDE qui ne peut pas faire le travail d'un IADE, il n'y pas de raison que l'inverse le soit.
Pensez-vous que la direction abuse et profite ainsi des IADE pour combler les trous dans les services ?
à quand des IADE en gériatrie ??

Il parait que les statuts de la fonction publique disent que l'on peut être appelé à une tâche d'IDE quand on est IADE.
c'est ce qu'avance un IADE (Franck) sur laryngo.

3615 code kikaçachèlui ?
parce que moi j'avais notion inverse.
Mais est-ce qu'être IDE c'est considéré comme étant "inférieur" à IADE ?
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » ven. févr. 09, 2007 8:46 am

Nous sommes, nous IADE de la fonction publique, dans deux costumes différents.
Celui d'IADE que nous connaissons bien et dont nous appréhendons les contours et celui de fonctionnaire qui nous est moins familier.
Un fonctionnaire doit accepter d'assurer les missions qui lui sont confiées dans le cadre de ses compétences et même celles d'un niveau de compétences inférieur en cas de nécessité.
En clair, le service des urgences apprend au dernier moment la défection d'un personnel infirmier et se trouve en difficulté pour garantir la qualité des soins à ses patients. Le cadre vous demande d'aller aider en attendant qu'on pallie à ce problème vous n'avez pas le droit de refuser.
On vous demande d'aller renforcer une équipe infirmière plutôt que de faire appel au pool ou à tout autre moyen et ce, sans notion d'urgence, car vous êtes désœuvré, vous pouvez refuser ou simplement exiger qu'on vous signifie le caractère impératif par écrit.
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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. févr. 09, 2007 9:15 am

Éric DELMAS a écrit : Un fonctionnaire doit accepter d'assurer les missions qui lui sont confiées dans le cadre de ses compétences et même celles d'un niveau de compétences inférieur en cas de nécessité.
justement, c'est ce caractère de compétences inférieures qui me pose problème dans la mesure, où il n'y a pas de limite à ce caractère "inférieur".
jusqu'où peut-on descendre ?

Mr X a gerbé partout aux urgences.
Je n'ai pas de femme de ménage, ou d'AS ou d'iDE (oui je sais, c'est la guerre!) : j'appelle le IADE ?
j'exagère bien sûr mais c'est pour essayer de cerner jusqu'où tu places la limite inférieure ?
En clair, le service des urgences apprend au dernier moment la défection d'un personnel infirmier et se trouve en difficulté pour garantir la qualité des soins à ses patients. Le cadre vous demande d'aller aider en attendant qu'on pallie à ce problème vous n'avez pas le droit de refuser.
quel cadre ?
celui de ton service ou celui du service en difficulté ?

On vous demande d'aller renforcer une équipe infirmière plutôt que de faire appel au pool ou à tout autre moyen et ce, sans notion d'urgence, car vous êtes désœuvré, vous pouvez refuser ou simplement exiger qu'on vous signifie le caractère impératif par écrit.
qui fait ce mot ?
le cadre ?
le chef de service ?
l'administration ?
Il n'y pas risque d'abus ?
Si le papier est fait, tu ne peux t'y opposer ?
la notion d'urgence n'est pas le fait du personnel soignant. Cette notion appartient aux médecins.
Qui peut l'apprécier sans parti pris ?
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » ven. févr. 09, 2007 11:10 am

Il n'y a pas de limite. Du moment que vous avez les compétences nécessaires à l'accomplissement de la mission et que son caractère soit impérieux.
N'importe quelle autorité car, dans la fonction publique, l'autorité n'est pas segmentée.
Idem pour l'obligation écrite, sauf que celui qui signe s'engage devant l'employeur (l'État) à assumer les conséquences de son geste.
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Message par Philibien bruno » ven. févr. 09, 2007 1:26 pm

si l'on reste dans ce service d'urgence ou Mr X a gerbé.Je pense que la 1ere personne ,qui passe, peut RAMASSER.Que l'on soit as;ide ;iade:urgentiste etc....( sauf si vous etes en etat de guerre avec 5 polytraums!!!!). bref meme pour un bassin la fonction importe peu, c'est le patient qui compte. (qd on est de l'autre coté de la barriere ,on apprécie.). Cependant le probleme est dans la reconnaissance d'une spécialité comme une evolution professionnelle ou non.Ceci est à discuter avec des cadres sups. le probleme est moins apparant avec la spe CADRE. Cependant dans une situation exeptionnelle il ne faut pas non plus abuser :"C'est pas mon role parce que ..." Mais si la situation se repete là oui il y a un probleme.
si je suis ide en rea ,et que je pars pour 2 ans en formation .Si au final ,je me retrouve dans ce meme service avec les memes objectifs de soins et de prise en charge ;Alors la l'évolution?????.
( Ps quel est l'interet d' iades en REA ??, je me pose la question (Cf CH AMIENS).

c'est un pb general. lorsque q'un eide rentre en formation on devrait etre capable de lui presenter differents profils de carriere clairement identifiés.
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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. févr. 09, 2007 5:38 pm

Éric DELMAS a écrit :Il n'y a pas de limite. Du moment que vous avez les compétences nécessaires à l'accomplissement de la mission et que son caractère soit impérieux.
mais c'est bien là le hic.
Nous aurons toujours les compétences requises pour descendre.
Mais personne ne pourra nous remplacer, si ce n'est un autre IADE.
Quant à juger de l'impératif de la situation...

la question d'Amiens est évocatrice d'une dérive réelle, puisqu'on met des IADE de façon pérenne ailleurs, pour longtemps.

Ce n'est plus impérieux. C'est du bouche trou.
Et moi je ne bouche les trous que s'ils m'ont été présenté...(la couleur des cheveux importe peu !) :D
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » ven. févr. 09, 2007 5:39 pm

J'ai bien dit uniquement pour des situations ponctuelles et dont la non gestion présente un risque réel et immédiat.
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. févr. 09, 2007 5:57 pm

donc tu es d'accord avec moi. Amiens use et abuse.
les IADE devraient bouger leur cul !
Michaël ROCH
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Message par Michaël ROCH » sam. févr. 10, 2007 10:57 am

Est-ce que le problème d'Amiens (et d'autres hôpitaux) ne va pas se généraliser avec la mise en place des pôles?

Un des objectifs des pôles est la mobilité du personnel médical et paramédical des différents services d'un même pôle.

Mais, si je prends l'exemple de mon CHU, le pôle concernant le DAR regroupe également les urgences, la réa med et la psy!!

Tercian-Rivotril-Loxapac: nouveau protocole d'anesthésie?...
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » sam. févr. 10, 2007 11:10 am

Ce ne sont pas les pôles qui feront que l'on abusera de la docilité des agents.
Si les collègues d'Amiens commencent par envoyer un courrier recommandé AR à leur direction en rappelant qu'ils sont employés pour un poste spécifique dont les compétences sont définies dans le Code de la santé publique et qu'ils ne sont pas compétents pour exercer une autre mission ne correspondant pas à leurs qualifications actuelles, sauf en cas d'extrême urgence où ils feront de leur mieux pour éviter un drame.
Que par conséquent, les cadres et directeurs qui prétendent leur imposer une mission ne correspondant aux qualifications pour lesquelles ils ont été embauchés, prennent la responsabilité des conséquences d'incidents ou d'accidents éventuels - dont les IADE rejettent par la présente toute responsabilité - et se verront mis en accusation par les IADe dès lors qu'une action serait intentée suite à un problème.
Qu'en outre, cette situation correspond à la négation d'une formation nationale sanctionnée par un diplôme d'État et que cela constitue une faute professionnelle dont les IADE entendent bien demander réparation devant le Tribunal administratif s'il n'y est pas mis fin dans un délai d'un mois.
Au-delà de ce délai les IADE entameront une procédure de référé visant à faire cesser cette situation et à préserver les patients des risques qu'ils encourent du fait du comportement délictueux de l'administration hospitalière locale.

Croyez-moi, après un tel courrier, une réunion devrait vous être proposée toutes affaires cessantes et la situation devrait largement évoluer, sauf si le directeur est un bipolaire en phase dépressive et suicidaire.
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Message par Arnaud BASSEZ » sam. févr. 10, 2007 12:03 pm

bon ben, les iade d'Amiens, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

pour les pôles, vous aurez remarqué qu'il n'y en a pas du côté de l'administratif, et qu'on nous en refile un dans les pattes.

le pouvoir de l'administration est omniprésent dans les hôpitaux.
raison de plus pour le faire fléchir n'est-ce pas les IADE d'Amiens !
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Message par Arnaud BASSEZ » sam. févr. 10, 2007 6:26 pm

Je reviens sur ce que tu disais Eric
Éric DELMAS a écrit : Un fonctionnaire doit accepter d'assurer les missions qui lui sont confiées dans le cadre de ses compétences et même celles d'un niveau de compétences inférieur en cas de nécessité.
Nous sommes catégorie A.
Pouvons-nous être "déplacés" pour remplacer une personne de catégorie B ?

Est-ce que le cadre du service en manque, qui est catégorie A également, ne peut pas palier au manque par lui même au lieu de ponctionner une catégorie équivalente ?

Peut-on prendre du personnel hors pôle pour l'affecter ailleurs ?
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » sam. févr. 10, 2007 6:39 pm

Dans le cadre d'une urgence, oui.
Exemple, l'IDe de réa de nuit vient de se taper ses 12 heures et à la relève... pas de relève.
Elle informe le cadre qui cherche une collègue disponible et n'en trouve pas.
Il lui reste deux options, soit elle maintient l'IDE de nuit mais, après ses douze heures de nuit, lui faire faire douze heures de jour est un peu risqué.
Soit elle avise un autre infirmier ou un infirmier spécialisé qui n'est pas employé et lui demande d'aller remplacer le temps de trouver une solution.
En tant que fonctionnaire il n'a pas le droit de refuser.
Puis, quand le cadre aura trouvé un remplacement, il retournera à ses mots croisés.
Si le soir, le cadre dit à l'IADE qu'elle n'a pas de remplecement pour le lendemain, l'IADE est en droit de lui faire remarquer qu'en 12 heures elle a eu le temps de rappeler une IDE en repos (y compris en CA) et qu'il va donc en référer à l'autorité supérieure avant d'envisager une action via les syndicats. Il annonce illico un courrier à la direction pour faire connaître la situation et l'incapacité du cadre à la gérer.
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Message par Arnaud BASSEZ » sam. févr. 10, 2007 7:00 pm

Éric DELMAS a écrit : Soit elle avise un autre infirmier ou un infirmier spécialisé qui n'est pas employé et lui demande d'aller remplacer le temps de trouver une solution.
ce cadre est-il celui d'un autre service, d'un autre pôle ?

Ce IADE "pas employé", où le trouve-t'on ?
à l'hôpital, où il n'a pas d'urgences à traiter ? mais la notion du travail n'est pas dans l'inoccupation potentielle.
Que se passe t-il en cas d'urgence ? Le IADE ne peut être affecté au poste pour lequel sa mission première a été envisagée. C'est donc un dysfonctionnement dont il ne peut être le responsable.

chez lui ? (il me semble que l'appel à domicile est illégal, en dehors du plan blanc)
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » sam. févr. 10, 2007 7:45 pm

C'est le cadre qui gère le problème.
Dans la FP il n'y pas de cloisonnement réglementaire.
S'il semble possible de retirer un personnel compétent d'un secteur (moins d'activité par exemple), on peut le faire sans se préoccuper des pôles, services, secteurs ou autres notions purement techniques.

Un fonctionnaire doit toujours être joignable en cas de nécessité car la continuité du service public prime sur tout le reste.
Légalement, vous devez même rester joignable pendant vos CA. L'astuce consiste à préciser "voyage itinérant" sur votre demande de congés si on exige une adresse de résidence.
On peut donc vous rappeler sur vos repos et congés en dehors de tout plan blanc. La différence c'est qu'en cas de plan blanc, c'est à vous de contacter votre hôpital pour offrir vos services.
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