Pratiques avancées et VAE IADE

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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » dim. juil. 11, 2010 5:27 pm

Lettre de l'ufmict-cgt en date du 9 juillet

Courrier envoyé au Ministère - Monsieur BUBIEN

Monsieur le Directeur Adjoint,

Lors de la réunion du 14 juin dernier, vous nous aviez annoncé qu’une lettre de Madame Bachelot nous serait adressée avant la fin juin pour, selon vos propos, lever tous les doutes concernant la volonté du Ministère de réaffirmer l’exclusivité de compétences liées à la profession d’I.A.D.E..

Lors de cette même réunion, vous nous aviez affirmé que l’envoi d’un courrier co-signé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur (M.E.S.) et le votre, nous parviendrait là aussi, avant la fin juin.

En ce début de mois juillet rien ne nous est parvenu, n’était-ce qu’un effet d’annonce ? Peut-on espérer ces courriers courant juillet ?

De plus, votre absence aux dernières réunions interroge sur qui suit le dossier de notre profession.

Pour ce qui concerne la réunion du lundi 5 juillet, si le M.E.S. était effectivement présent Monsieur Couraud, son représentant, n’est pas resté suffisamment longtemps (45 minutes) pour que cette prise de contact soit réellement productive.

De plus Monsieur Couraud nous a franchement avoué qu’il ne connaissait pas le dossier I.A.D.E. ayant appris cette réunion le vendredi de la semaine précédente.

Nous pensons qu’il y a un déficit de sérieux dans la gestion de ce dossier qui n’est pas de nature à apaiser les esprits.

M. Couraud lors de ce trop bref échange nous a annonce la constitution d’un groupe de travail sous l’égide du M.E.S. avec la participation de votre ministère, nous souhaiterions que la date , prévue début septembre, nous soit communiquée le plus rapidement possible afin de prendre les dispositions pour notre participation.

En espérant que ce courrier trouvera des réponses nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur Adjoint, l’expression de notre considération distinguée.

Sylvie Breuil & Philippe Lamarche
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Message par yves benisty » lun. juil. 12, 2010 9:35 am

arnaud BASSEZ a écrit :- le stock n'a pas le niveau licence, peut-il obtenir d'emblée le niveau master ?
J'ai eu mon diplôme d'État d'infirmier (DÉI) à une époque où il était reconnu comme niveau bac. Depuis, le DÉI est reconnu bac + 2. On ne m'a pas demandé de passer un deug par VAE pour obtenir cette reconnaissance.

Une situation similaire s'est produite avec les instituteurs et les professeurs des écoles.

La revalorisation du "stock" n'est pas un problème universitaire, scientifique, ou légal, comme tente de nous faire croire le ministère. C'est un problème de revendications et de négociations.
arnaud BASSEZ a écrit :- le stock n'étant pas master, peut-il encadrer et former des étudiants destinés eux à avoir ce master qu'on nous refuse ?
- Est-il licite de considérer que nous ne sommes pas en état légal de former "plus élevé" que nous en terme de diplôme, et ce, malgré notre expérience de 5, 15, 20 ans ou plus...?
- Pouvons-nous refuser d'encadrer ces futurs collègues et déléguer ceci à l'encadrement médical, seul capable en terme de diplôme supérieur, à coiffer les futurs masterisés.
- Que se passera t-il si nous n'encadrons plus ces futurs master ?
est-ce qu'on se coupe la branche sur laquelle nous sommes assis ?
est-ce que l'on a un moyen de pression par ce biais ?
est-ce c'est jouable ?
est-ce que c'est viable à long terme ?
est-ce illégal, sachant que notre Décret de compétence prévoit bien que les IADE encadrent les étudiants en anesthésie, et pas les MAR ?
est-ce que les étudiants comprendront cette action qui paradoxalement les défend dans leur futur métier ?
Je pense que c'est un mauvais moyen de pression :

-un bon moyen de pression doit avoir des effets visibles à court terme ;

-ça va poser de graves problèmes relationnels avec nos futurs collègues ; après les "après et avant 2002", fabriquerons-nous les "après et avant le master" ?

-ça n'empêchera pas la boutique de tourner ;

-ça n'empêchera pas les élèves infirmiers anesthésistes d'apprendre ; ils seront formés par les MAR, donc formatés pour plaire aux MAR ;

-irons-nous jusqu'à ne pas valider les stages ? Je ne pense pas ; donc nous validerons des stagiaires que nous refusons d'encadrer, pas de contrôle pédagogique, pas de validation des acquis en stage, pas de formation, on ne peut pas faire plus illogique.
Plus on est de fous, moins il y a de riz (proverbe chinois).
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Message par Arnaud BASSEZ » mar. juil. 13, 2010 7:44 pm

yves benisty a écrit : -irons-nous jusqu'à ne pas valider les stages ? Je ne pense pas ; donc nous validerons des stagiaires que nous refusons d'encadrer, pas de contrôle pédagogique, pas de validation des acquis en stage, pas de formation, on ne peut pas faire plus illogique.
Si on est cohérent avec ce genre d'action, on ne valide pas.
Puisque le décret stipule bien que les stagiaires doivent être en présence d'un IADE, pas d'un MAR.
Mais je conçois les réserves de ce type d'action.
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Message par Arnaud BASSEZ » mar. sept. 30, 2014 12:42 pm

A lire ! Je ne sais pas si c'est du lard ou du cochon ?

Dans le doute j'ai contacté nos amis des syndicats
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Message par yves benisty » mar. sept. 30, 2014 7:50 pm

Arnaud BASSEZ a écrit :A lire ! Je ne sais pas si c'est du lard ou du cochon ?
À mon avis, on n'en est qu'au début. Le projet gouvernemental est clair : s'attaquer aux professions réglementées. Ils commencent par les pharmaciens, mais ne nous faisons pas d'illusion : notre tour arrivera.

Déjà, déréglementons les épiceries du médicament. Est-ce qu'il y a un diplôme d'épicier ? Non. Alors pourquoi y aurait-il un diplôme de pharmacien ?

Franchement, vous trouvez normal ce hold-up de la profession infirmière sur les soins ? Ces nantis veulent garder leur pré carré et sont prêts à sacrifier la santé des usagers pour ça.

Quant aux iade, ils se gaussent de leur exclusivité de compétence. Mais ils ne font rien de plus que les IDE : ils poussent ce qu'on leur a dit de pousser. L'anesthésie a commencé il y a cent ans, et c'était confié aux moins compétents, et ils n'avaient pas le matériel et les médicaments performants qu'on a maintenant. Je vous le dis, n'importe qui peut le faire.
Plus on est de fous, moins il y a de riz (proverbe chinois).
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » mer. oct. 01, 2014 5:50 am

Comment fait-on pour disposer d'acquis liés à l'expérience dans un domaine où il faut le diplôme d'État pour exercer ? Est-ce que le fait de voir un IADE travailler vaut acquis de l'expérience ?
Alexandre Girard
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Message par Alexandre Girard » lun. oct. 06, 2014 5:24 am

Bonjour à tous,
Ce qui me dérange le plus dans l'instauration de cette VAE c'est qu'on en connaît pas les modalités ...
Pour qui ? Pour quoi ?
Elle pourrait s'adresser aux ide qui après avoir validé des modules viendront surveiller les patients et nous on les chapoterais, mais je trouve ces pratiques dangereuses.
Elle pourrait très bien être ouverte aux " non masters" qui seraient interressés par les cours qu'on reçoit en plus ... Anglais, Stats, informatique etc ...
Dans la pratique quotidienne ça n'apporte certes rien, mais dans le fond, ces cours permettent de legitimiser un domaine faiblement exploré qu'est la recherche ...
Par les temps qui courent on nous demande de tout justifier, et on est en train de nous donner les armes pour le faire ... Et en plus dans les règles de l'art.

Alors si cette VAE concerne les non master, mais permet d'ouvrir ce domaine à la profession entière je suis à 300% pour car l'experience est indispensable pour appuyer ce qu:on veut démontrer.Par exemple qu'un iade seul a la tête d'un patient ne fait pas que pousser des seringues, mais prend des décisions en fonction des données qu'il collecte pour en dégager des actions, et les master qui sortent n'ont pas le recul nécessaire que le terrain fournit ni la légitimité apporté par l'expérience pour mettre en forme ce raisonnement qui existe depuis que la profession est née mais qui n'est écrit nul part. Dans dans un raisonnement purement administratif, en effet on apporte pas plus qu'un ide ... Donc à nous de le démontrer.

De toutes façon, ils veulent instaurer une VAE de manière très fine ... On rajoute deux lignes et on en discute une fois qu'on ne peut plus faire marche arrière, là où il ne faut pas se faire avoir, ce serait lors des discussions concernant les modalités. Masteriser l'ensemble de la profession pour prouver notre plus value en anesthesie, oui, former des gens qui mettent des tubes dans le trou et qui ont une sonnette pour appeler des que ça merde ... Non.
Tout le monde s'accorde lorsqu'il est question de critiquer la pensée unique.
Alexandre Girard
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Message par Alexandre Girard » lun. oct. 06, 2014 6:17 pm

Deux lignes qui risquent de changer le métier en profondeur ...
Un remaniement quelques jours avant la discussion au HCPP à propos de cette VAE ...
Des modalités à discuter une fois que le decret est verouillé ...
Mon paranomètre s'affole.
Tout le monde s'accorde lorsqu'il est question de critiquer la pensée unique.
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Message par Arnaud BASSEZ » lun. oct. 06, 2014 7:12 pm

Flash Infirmier

Le ministère demande les pleins pouvoirs sur la VAE des professions de santé

Le SNPI CFE-CGC est favorable au principe de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), car si la formation est une voie importante, l’expérience aussi. Le recul que nous avons sur l’utilisation de la VAE dans les autres secteurs d’activité en est la meilleure preuve.

Mais nous devons être particulièrement vigilants sur les modalités, pour prévenir toute dérive. Or se pose le problème de la VAE des professions réglementées, avec un "coeur de métier" exclusif, et les dérives possibles de validation d’un exercice illégal. Sur ce dossier, il faut être méfiant envers les objectifs du Ministère, et nous n’oublions pas le scandale des aides opératoires en août 2005 (autorisation d’exercer pour des épouses de chirurgiens).

Lors du Haut Conseil des Professions Paramédicales HCPP du 7 octobre 2014, le ministère présente un "projet de décret qui modifie les articles du code de la santé publique relatifs aux diplômes d’Etat d’infirmiers de bloc opératoire, d’infirmier anesthésiste, de puéricultrice, de masseur-kinésithérapeute, de pédicure-podologue, d’ergothérapeute, de psychomotricien, de manipulateur en électroradiologie médicale, de technicien de laboratoire médical, d’aide-soignant, d’auxiliaire de puériculture et d’ambulancier afin d’y inscrire expressément la validation des acquis de l’expérience."

« Le problème est que ce texte renvoie à un « arrêté du ministre chargé de la santé la fixation des modalités d’organisation de la validation des acquis de l’expérience », sans plus de détails. Comme il n’est joint aucun projet d’arrêté, le ministère nous demande ainsi un chèque en blanc, en lui donnant les pleins pouvoirs », précise Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI, le syndicat infirmier affilié à la CFE-CGC. « Présenté seul, le décret est inacceptable. Par exemple comment valider ainsi une VAE pour une activité exclusive comme celle des IADE ? »

Pour le SNPI, il y a donc de grands principes à respecter :
- pas de validation de l’exercice illégal (par exemple l’attestation d’un directeur de clinique certifiant qu’une Aide-soignante pose des perfusions...),
- pour tout candidat à la VAE, un apport théorique est indispensable, pour permettre à celui-ci de faire le point sur son savoir-faire et ses compétences, et repartir sur des bases solides (indépendamment de la validation des unités de compétence, à l’exemple du module de 70 h de la VAE pour devenir aide-soignant)

Source SNPI (merci Alexandre) :wink:
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Message par Éric DELMAS » mar. oct. 07, 2014 7:46 am

Effectivement, la VAE destinée aux IADE du fameux « stock » qui souhaitent acquérir le différentiel de formation pour obtenir un master de plein droit, me semble correcte. En dehors de ce cas bien précis, je ne vois pas comment on pourrait ouvrir la VAE vers la profession IADE. Autre option, une VAE pour ouvrir la compétence IADE à des compétences médicales, notamment d'anesthésie, pour l'instant non comprises dans leur formation mais qu'ils connaissent et auxquelles ils participent plus ou moins directement. Il en serait de même pour les IBODE vis-à-vis de certains actes chirurgicaux.
Mais, j'aimerai que l'arbre ne cache pas la forêt. Non pas que j'espère en profiter avant mon départ en retraite, mais je rappelle que la formation master est dissociée de la pratique soignante IADE. C'est pour cela que nous disposons d'un diplôme d'État. Donc, la VAE ne doit pas servir à justifier un différentiel de reconnaissance professionnelle, donc salariale, entre IADE mastérisés et IADE non mastérisés.
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Message par Alexandre Girard » mar. oct. 07, 2014 6:03 pm

Et c est exactement là que la bat blesse ... D'où mon interrogation sur ces fameuses modalités.
Si on ouvre des compétences médicales, un peu comme les SF pourquoi pas ... Mais faut les ouvrir a tout le monde.
Comme tu le dis, le grade master n'apporte rien en terme de pratique quotidienne auprès du patient. La valeur absolue du DE ne change pas vu qu'on est toujours formés par les " aînés".
L'erreur serait de donner cette VAE seulement aux gradés master ...
Avec reconnaissance salariale, ça creerait un clivage au sein de la profession, car je suis certains qu'ils instaureraient une sorte de numerus clausus.
Mais vu le contexte de crise ( organisée par les 1% qui nous gouvernent) la tendance est plutôt a ne pas donner de revalorisation salariale, mais plutôt avoir des gens compétents pour pas un rond en leur faisant croire qu'il faut être content de ce qu'on a, "çar ca pourrait être pire..."
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Message par Arnaud BASSEZ » jeu. oct. 09, 2014 7:07 pm

Extrait d'un mail reçu par un collègue IADE syndiqué

après discussion avec les collègues ( non IADE ) qui sont allés au HCPP

En préambule :

=> la position des organisations sur la VAE fait débat au sein même de certaines OS

pour autant :

=> les textes proposés sont issus, d'après la DGOS, de la nécessité de donner une assise juridique à la future VAE IBODE liée à leur futures extension de liste d'actes ( voir plus ? ) qui est annoncée ( et qui est acceptée manifestement par les organisations IBODE )

=> il doit être noté que le nouveau référentiels des IBODE n'est même pas encore finalisé

=> ces textes sont en fait un décret coquille en attende de futurs décrets spécifiques complémentaires par métier ... Cela revient à signer un chèque en blanc à la DGOS et inciter à des excès voir à des positions contraires à l'esprit des textes actuels et à la légalité

=> tout cela est prématuré et cela a été dit au HCPP et a été traduit par les organisations par le dépôt d'un amendement pour report qui a été voté par 12 voix pour ( dont la CGT ) et 4 abstentions ( je laisse le SNIA et SUD donner leurs votes )

Quoi qu'il en soit au sujet des IADE spécifiquement :

=> une déclaration officielle a été faite par la CGT soulignant la position du collectif IADE de la CGT qui rappelle que tant l’accès à la formation que l'exercice sont réglementés et sous couvert d'un décret d'exclusivité ...
il ne saurait donc y avoir de possibilité de VAE pour les IADE sauf à envisager de valider un exercice illégal ce que la DGOS elle même s'est engagée à ne pas faire en début de réunion

=> dans ces conditions le collectif IADE CGT souligne que ce projet de modification du décret IADE n'a aucun sens et demande non le report mais la suppression pure et simple du texte IADE proposé comme de tout projet d’intégration de la possibilité de VAE dans le décret IADE

A surveiller de très près donc
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. oct. 24, 2014 12:58 pm

Le projet de loi de santé, adopté mercredi 15 octobre en conseil des ministres, précise désormais que les professionnels paramédicaux qui exerceront en pratique avancée devront faire partie d'une équipe de soins.

La définition de l'exercice en pratique avancée des professionnels paramédicaux est désormais prévue à l'article 30 du projet de loi de Santé.

Ce texte comprend 57 articles, contre 54 dans une version soumise fin août au Conseil d'Etat. Son examen au Parlement est prévu début 2015.

La définition de l'exercice en pratique avancée des professionnels paramédicaux, auquel ils pourraient accéder via la réalisation de missions, figurait dans l'avant-projet à l'article 29. Elle est désormais prévue à l'article 30. Sa rédaction est nettement plus précise que dans la version précédente, qui avait été diffusée avant l'examen du texte par le Conseil d'Etat. "Les auxiliaires médicaux formés à assumer des 'pratiques avancées' devront exercer dans des équipes de soins en lien avec le médecin traitant, afin d'améliorer la réponse aux besoins des patients chroniques", indique à présent l'exposé des motifs. Si le texte du projet de loi lui-même ne fait pas référence au médecin traitant et aux patients chroniques, il prévoit que les paramédicaux en pratique avancée "exercent cette activité au sein d'une équipe de soins au sens de l'article L1110-12" du code de la santé publique. Cet article n'existe pas encore, mais sa création est prévue par le projet de loi de santé à l'article 25 (qui porte sur la refondation du dossier médical personnel -DMP).

Les auxiliaires médicaux formés à assumer des "pratiques avancées" devront exercer dans des équipes de soins en lien avec le médecin traitant, afin d'améliorer la réponse aux besoins des patients chroniques

L'équipe de soins est "un ensemble de professionnels qui participent directement au profit d'un même patient à la réalisation d'un acte diagnostique, thérapeutique, de compensation du handicap ou de prévention de perte d'autonomie, ou aux actions nécessaires à leur coordination". Cela peut recouvrir trois situations :

dans la première, ces professionnels exercent dans le même établissement de santé ou dans le même établissement ou service social ou médico-social, ou dans le cadre d'une structure de coopération, d'exercice partagé ou de coordination sanitaire ou médico-sociale figurant sur une liste fixée par décret ;
dans la deuxième, ils se sont "vu reconnaître comme ayant la qualité de membre de l'équipe de soins par un médecin auquel le patient a confié la responsabilité de la coordination de sa prise en charge" ;
dans la troisième, ils exercent dans un ensemble "comprenant au moins un professionnel de santé, présentant une organisation formalisée et des pratiques conformes à un cahier des charges fixé par un arrêté du ministre chargé de la santé", poursuit l'article 25.

Durée d'exercice minimale

L'article 30 définit aussi, de façon plus précise dans sa nouvelle rédaction, les activités que pourront réaliser les paramédicaux en pratique avancée: orientation, éducation, prévention ou dépistage; évaluation clinique, diagnostic, actes techniques, surveillances cliniques et paracliniques ; prescription de produits de santé non soumis à prescription médicale obligatoire, prescriptions d'examens complémentaires et renouvellements ou adaptation de prescriptions médicales. Le futur décret d'application de cet article devra fixer, pour chaque paramédical, "les domaines d'intervention en pratique avancée", "les activités que le professionnel peut accomplir dans chacun de ces domaines d'intervention", et "en tant que de besoin, les types d'actes pouvant être réalisés de façon autonome par le professionnel".

Pour exercer en pratique avancée, les professionnels devront justifier d'une durée d'exercice minimale de leur profession et d'un diplôme de formation en pratique avancée délivré par une université habilitée à cette fin, prévoit à présent l'article. Cette habilitation de l'université se fera "sur le fondement d'un référentiel de formation défini par arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur, dans le cadre de la procédure d'accréditation de son offre de formation". Avant de pouvoir exercer en pratique avancée, les personnes ayant obtenu le titre de formation devront se faire enregistrer auprès d'un service ou organisme désigné à cette fin par le ministre chargé de la santé. Le futur décret devra préciser "la nature du diplôme, la durée d'exercice minimale de la profession et les modalités d'obtention du diplôme et de reconnaissance mutuelle".

Pour exercer en pratique avancée, les professionnels devront justifier d'une durée d'exercice minimale de leur profession et d'un diplôme de formation en pratique avancée délivré par une université habilitée à cette fin, prévoit à présent l'article.

Le professionnel exerçant en pratique avancée "est responsable des actes qu'il réalise dans ce cadre", et les règles professionnelles et éthiques "de chaque profession, ainsi que celles communes à l'ensemble des professionnels de santé" lui demeurent applicables sous réserve, le cas échéant, de dispositions prises par décret. La notion d'exercice illégal de la médecine ne s'appliquera pas à la pratique avancée, telle qu'elle est définie par le projet de loi.
Précisions sur les stages des étudiants et le DPC

Par ailleurs, à l'article 29, qui vise à encourager les stages d'étudiants infirmiers dans le secteur ambulatoire, il est désormais précisé que "pour le remboursement ou la prise en charge par l'assurance maladie, les actes [effectués par l'étudiant en stage] sont réputés être accomplis par l'infirmier diplômé" qui l'encadre. A l'article 28, qui met à jour la définition du développement professionnel continu, la seule disposition modifiée sur le fond indique que le DPC "a pour objectif l'amélioration des pratiques des professionnels de santé par l'actualisation et le développement des compétences, compte tenu [au lieu de "dans le cadre", NDLR] des domaines d'action et des objectifs prioritaires d'amélioration de la santé portés par la stratégie nationale de santé".

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Re: Pratiques avancées et VAE IADE

Message par Arnaud BASSEZ » ven. août 21, 2015 1:42 pm

"Il faut se départir d'une vision médicale des soins urgents pour aller vers la paramédicalisation"
Sylvie Morel, sociologue à l'université de Nantes*
Publié le 20/08/15 - HOSPIMEDIA


Pour la sociologue Sylvie Morel, le problème de l'inégalité géographique dans l'accès aux soins d'urgence ne peut se résoudre si les politiques publiques restent dans une approche uniquement médicale. Son doctorat invite à penser autrement le problème pour assurer l'égalité des citoyens devant d'urgence, comme elle le confie à Hospimedia.

Hospimedia : "Dans votre thèse de doctorat, vous laissez entendre que l'urgence française serait malade de ses médecins. C'est un brin provocateur comme propos, comment l'étayez-vous ?

Sylvie Morel : Il s'agit de sortir d'un discours un peu convenu d'ordinaire, d'interroger l'évidence des solutions proposées récemment par le ministère de la Santé pour résoudre le problème de l'inégalité géographique dans l'accès aux soins d'urgence. On voit bien que les politiques ont un cadrage uniquement médical de la question. Les experts avec lesquels ils discutent sont traditionnellement des médicaux puisqu'on a un peu l'impression que santé et médecine ne peuvent être dissociées. J'invite donc à réfléchir autrement. Certes, il y a le problème de la démographie médicale et des gardes médicales, avec un métier de médecin qui, comme pour d'autres métiers en évolution, souhaite se libérer d'un certain nombre de contraintes dont celle des gardes qu'implique une activité d'urgence. Mais pour résoudre cela, faut-il mettre en place des médecins un peu partout ? Ça fait des années qu'on a ce cadrage médical de la question. Les Smur sont au compte-gouttes car ils coûtent très cher et mettent, les urgentistes le disent eux-mêmes, plus d'une demi-heure à arriver dans beaucoup d'endroits en France alors même qu'ils sont dévolus aux urgences vitales qui ne souffrent pas l'attente. Déjà là, il y a un paradoxe. Les urgentistes estiment aussi que pour attendre l'arrivée du Smur, il serait bien d'avoir un maillage de médecins. Et les pompiers ont fait la même chose par concurrence historique sur cette question de l'urgence extra-hospitalière. D'où l'existence des médecins correspondants de Samu (MCS) d'un côté et des médecins sapeurs-pompiers de l'autre, ces derniers prétendant que les autres les mettent en danger.

"Quand on interroge les urgentistes, certains reconnaissent que les Smur sont amenés à disparaître, que bien sûr c'est une bêtise car c'est incohérent de dire que pour une urgence vitale on va se déplacer même si c'est à une demi-heure de route..."

H. : Et au final, urgentistes ou pompiers, on reste sur une réflexion médicale...

S.M. : Effectivement, même si les pompiers se paramédicalisent via les véhicules de liaison infirmiers (VLI). D'ailleurs, face à cette initiative des pompiers qui a été perçue de façon très critique par les urgentistes, ces derniers ont décidé d'octroyer plus de compétences aux ambulanciers privés, dont le métier n'avait pas évolué depuis les années 70. Or, quels sont les professionnels qui vont mailler aussi bien le territoire que les pompiers ? Les ambulanciers, précisément. Ceux-ci deviennent les alliés des urgentistes dans ce conflit avec le ministère de l'Intérieur. Pour autant, en dépit de l'évolution récente de leur diplôme, les ambulanciers ne sont toujours pas reconnus comme des professionnels de santé à part entière. Les urgentistes tentent en effet de freiner cette évolution, arguant de la situation dans les pays voisins, qui ont quasiment tous paramédicalisé leur système de soins d'urgence : octroyer aux ambulanciers des compétences médicales fragilisera l'existence même des Smur.

H. : La refonte récente du référentiel régissant les relations entre les Samu et pompiers avance toutefois vers cette paramédicalisation...

S.M. : La situation évolue mais en façade. Sur ce texte, c'est une poignée de médecins qui ont élaboré ces conclusions en s'accrochant mordicus sur ce même credo : il faut des médecins correspondants de Samu, plus de Smur, plus d'urgentistes, développer la médicalisation un peu partout... Mais sur le terrain, quand on interroge les urgentistes, certains reconnaissent que les Smur sont amenés à disparaître, que bien sûr c'est une bêtise car c'est incohérent de dire que pour une urgence vitale on va se déplacer même si c'est à une demi-heure de route... Il y en a beaucoup qui disent d'arrêter de s'arc-bouter sur ce principe très français de médicalisation des secours. Malheureusement, la paramédicalisation est perçue comme une notion de soins "dégradée", une perte de chance entre d'un côté les gens des villes qui auraient accès aux médecins, et de l'autre ceux des campagnes aux seuls paramédicaux. Et ce au nom de l'égalité des citoyens devant l'urgence. Mais dans les faits, l'inégalité, elle est là et depuis longtemps.

H. : C'est donc l'impasse...

S.M. : Oui, ça ne marche pas. Il y a quand même un médecin qui m'a répondu : "Les gens n'ont qu'à ne pas habiter en campagne, sinon c'est en connaissance de cause." C'est une réponse un peu par l'absurde. On bute sur un mur. Si nous faisions comme les autres pays, avec une gradation des soins en dotant les ambulanciers de nouvelles compétences comme la perfusion ou l'intubation, cela permettrait de sauver plus de vies dans l'urgence. Car si le Smur n'arrive que très tardivement, les ambulanciers sont eux parfois déjà sur place. Hélas, la personne peut aujourd'hui se vider de son sang ou faire un œdème de Quincke, ils n'ont pourtant pas le droit d'agir faute de compétences. Au risque d'engendrer des séquelles voire carrément des décès. Il importe donc, pour garantir l'égalité des citoyens devant l'urgence sanitaire, de mieux répartir les compétences de soins d'urgence vitale de sorte que les délais d'intervention restent compatibles avec l'urgence vitale en tout point du territoire. Comment faire ? Une des pistes à privilégier, me semble-t-il, est de ne pas laisser ces compétences seulement entre les mains des médecins. Nous pourrions nous inspirer des pays européens qui nous entourent et de la plupart des États outre-Atlantique, en optant pour un élargissement de ces compétences aux ambulanciers et/ou aux infirmiers qui maillent le territoire aussi bien en milieu rural qu'urbain.

H. : Un espoir que cela change ?

S.M. : Ce que je sais, c'est qu'il y a un fossé entre ceux qui sont dans l'arène politique et les gens de terrain qui vivent ces problèmes et ne sont pas contre cette paramédicalisation. Certains ambulanciers sont allés jusqu'à se former en Suisse ou au Canada pour se doter de ces compétences et n'attendent qu'un feu vert officiel pour perfuser, intuber. Les choses sont donc en marche mais les blocages corporatistes ont la vie dure. Car si on dote les ambulanciers de ces compétences, outre la question du devenir des Smur, il va falloir les reconnaître comme des professionnels de santé à part entière, ce qui change la donne. Aujourd'hui, ils sont entre le ministère du Transport et celui de la Santé. C'est donc un peu compliqué en matière salariale. Et puis les pompiers, quand ils ont vu en 2007 le nouveau diplôme d'État d'ambulancier, ils ont tout de suite dénoncé un risque de privatisation. Le secours à personne représente plus de 80% de leur activité : ils ne veulent donc surtout pas s'en défaire alors même que, dans les autres pays, ils n'interviennent pas dans ce cadre. Mais cette privatisation est infondée. Une intervention d'ambulanciers coûte beaucoup moins cher qu'avec des pompiers. Sans compter qu'elle est payée via le Samu par la Sécurité sociale, quand celle des pompiers relève d'une autre ressource publique. Des deux côtés donc, c'est bien de l'argent public. Crier à la privatisation, c'est comme si avec les médecins généralistes, on parlait de privatisation du système de soins. Ce spectre est de bonne guerre mais totalement faux."

Propos recueillis par Thomas Quéguiner
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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Arnaud BASSEZ
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Re: Pratiques avancées et VAE IADE

Message par Arnaud BASSEZ » lun. sept. 07, 2015 4:27 pm

A lire cet article, L'infirmière Magazine n° 363 du 01/09/2015

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Vous noterez "les anesthésies simples" et la création des IADE par les médecins anesthésistes. Où comment les MAR sont définitivement considérés comme des démiurges.

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Le Dr Prudhomme officie au SAMU 93, et il est porte-parole de l'AMUF.
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