Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

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La Grosse Bertha
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Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par La Grosse Bertha » mer. avr. 26, 2017 3:04 pm

A nouveau les syndicats sont sur la sellette en ces moments de l'entre deux tours des présidentielles, cela n'est pas sans rappeler l'émergence des coordinations des années 80-90...

Je veux parler de l'usine Whirlpool, vu sur BFMTV en direct, Marine Le Pen est venu saluer les personnels sur un parking tandis que le chouchou de tous, toutes tendances confondues, était dans les bureaux avec direction et syndicats...quand il appris la nouvelle, il s'est décidé à aller les voir les personnels, en s'assurant qu'ils acceptaient de le rencontrer (sait-on jamais) et il s'est fait accueillir par des sifflets et des "Marine présidente"...puis a vendu sa démagogie sur fond de fatalité rehaussée de la miraculeuse startuperie...

Voila c'était juste pour dire que les nôtres n'ont à priori rien compris de plus, n'ont décidément pas de mémoire, et savent désormais à quoi s'attendre en faisant de l'accompagnement vers l'échec.

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Arnaud BASSEZ
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par Arnaud BASSEZ » dim. avr. 30, 2017 10:59 am

La Marine nationale est restée 15 minutes à faire des selfies et s'est barrée. Que Macron se soit fait houspiller c'est vrai, mais le problème de whirlpool n'est pas celui des IADE. On ne délocalise pas nos hôpitaux à l'étranger (pas encore). Il faudrait plutôt s'interroger sur l'harmonisation fiscale et salariale qui fait que de telles disparités existent au sein de l'union européenne. Ensuite que les syndicats croient ou pas les racontars des uns et des autres, c'est autre chose. Car ni Macron, ni personne n'empêcheront les actionnaires de se goinfrer encore plus. Sauf à faire une vraie politique fiscale et salariale européenne. Et comme la marine nationale est hostile à l'Europe, sauf pour en pomper son fric pour son parti... Reste que les polonais commencent à voir arriver les ukrainiens, encore moins chers qu'eux. Et même les ukrainiens ont quelques peurs avec les roumains qui sont encore moins chers...

Pour ce qui nous concerne, la politique de l'échec a été le refus d'emblée de créer un rapport de force, comme je l'ai suggéré à Vincent Portéous au téléphone. J'étais pour une position forte, voire extrême. Blocage totale d'emblée. On a, ils ont, estimé que le dialogue serait notre noblesse. On en a vu les résultats. J'ai quelques années de grève derrière moi, depuis 1988, et je souscris à ce que tu dis sur leur incapacité à avoir vu venir le désastre annoncé avec la MST contagieuse. Personnellement, on ne m'y reprendra plus.

D'ailleurs, je sens confusément les années passer, et un changement se faire dans la profession.
Il n'y a plus le caractère revendicatif, accrocheur, teigneux que j'ai connu au début de ma carrière avec les anciens IADE et qui m'a fait apprécier cette catégorie professionnelle que j'intégrais.
je trouve la nouvelle génération bien trop gentille et molle disons-le.

Extrait de IADE en lutte sur facebook à propos du salaire moyen brut des IADE intérimaires
Arnaud Bassez Ce qui m'étonne c'est que les IADE s'indignent de ne pas toucher un salaire moyen de 3 808 euros bruts mensuel, alors que l'on devrait toucher au moins 4500 à 5000 euros net.
J’aime · Répondre · 4 · 28 avril, 20:31

Floflo Lb Un peu moins qd même
Là nous serions MAR en début de carrière
J’aime · Répondre · 28 avril, 20:37

Arnaud Bassez Ben voila. On se dévalorise toujours. Nous ne gagnons pas assez mais faut pas exagérer non plus... Moi j'en ai marre en fin de carrière.
J’aime · Répondre · 2 · 28 avril, 20:47
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par La Grosse Bertha » dim. avr. 30, 2017 7:40 pm

Les enjeux électoraux sont révélateurs de la misère argumentaire, depuis 1981 la CGT (les dirigeants)(je ne parle même pas de la CFDT) soutient des politiques qui se fichent de la tronche des gens qu'elle est censée représenter, et marche (nt) à donf dans l' enfumage malgré les formules de politesse etc. depuis l'avènement de la Gauche, les syndicats principaux ont essentiellement un rôle d'accompagnement vers l'échec, il n'y a pas de rapport ou sortie de crise "gagnant-gagnant", sauf à durcir le rapport de force, ce qu'ils refusent (depuis la disparition des mineurs de fond), tu le pointes avec raison.
Le dialogue social est recto-social, point barre. Intromission active et passive. Les syndicats fournissent la vaseline.

Ils ne remettent plus rien en cause, y compris ce qu'on leur oppose, je veux parler des "grands équilibres"...genre une échelle de salaires de un à ?, la mondialisation, etc etc...

Le pouvoir de droite comme de gauche, fait feu de tout bois pour éviter de mettre la main au porte monnaie, en particulier pour les IADE!

Cela fait plus de trente ans que cela dure, certains ont la mémoire courte!

Aujourd’hui ces syndicats balisent parce qu'ils n'ont jamais été à la hauteur sauf cas particuliers, car ils se sont crus ès qualité de contre-pouvoir, or le contre pouvoir est politique, pas syndical. Ils sont sous tutelle. Le rôle d'un syndicat est d'améliorer le quotidien de l'usager, de l'employé, pas d'acheter des chrysanthèmes depuis 1981, ni de prendre le pouvoir. A un moment il leur faut alerter qu'ils ne sont plus dans leur rôle.

Les syndicat sont devenus damnés en années, à l'image du politique auquel il est plus ou moins inféodé, incompétent, cherchant néanmoins des moyens de prospérer.

Je pense qu'il se passe des choses pas très catholiques en coulisse...

Nous l'avons vu en 2008 pour la réforme des retraites FILLON, la CGT n'a pas embrayé sur la position FO, qui prônait la grève générale, officieusement il se disait "à quoi bon aller plus loin (faire tomber le pouvoir), puisque qu'il n'y a rien pour continuer derrière", càd le PS et ses éternels rabatteurs progressivement anémiés du PC.

Politiquement il n'y avait rien, et aujourd'hui tout a éclaté, et le recollage reste un aléas relatif.

Nous serons couillonnés de toutes façons, mais c'est une faute que de n'avoir pas exposé notre situation aux prétendants Président pour rebondir sur la démagogie ou des promesses.

Aujourd'hui la trouille des syndicats inféodés aux partis de gauche ramollis cérébralement et à tout point de vue, par le PS, est terrible! Car on leur promet la fin du monopole d'un côté et ils choisissent avec Macron, ce Hollande libéré et lavé définitivement du socialisme, cette politique pour indignes du pouvoir, ce qu'ils ont toujours fait, accompagner les crises, avec plus ou moins de vigueur, pas de résultats si ce n'est cette espèce de reconversion thanatopraxiste du syndicalisme qui est le plan social,...mais pour quels intérêts véritablement? Cela est du à l'impotence des partis d'opposition qui n'attendent que l'heure de l'alternance quand les électeurs en ont marre de voir une sorte d'incapables pour en choisir d'autres sur la base du vote contre.

Pour la Marine je ne me fais pas d'illusion non plus, ne soyons pas dupes, elle navigue à vue et tient le cap faute de marins sérieux en face, je vois juste que tous bavent et se prostituent pour le pouvoir, et accessoirement pètent de trouille, se cherchent des morbaques plus gros que les leurs, et que les stratégies pour y parvenir sont à un point jamais atteints jusqu'ici! On drague le communautarisme, le culte, le spirituel, à gros coup de gerbes et commémorations, probablement faute d'arguments concrets économiques et d'avoir abandonné la classe ouvrière et les employés, et la liste s'allonge...Du clientélisme, de la com, ni plus ni moins...Aujourd'hui choyés, demain répudiés!

Pour ce qui est de nos collègues ils n'auront que ce qu'ils méritent y compris au niveau revendicatif, s'ils considèrent qu'il n' y a rien à demander ou ne prennent pas le taureau par les cornes quand ça s'avère nécessaire.
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par yves benisty » dim. avr. 30, 2017 11:43 pm

Wahou, j'espère que ça vous a fait du bien... Cela dit, je pourrais plussoyer quelques phrases...

En fait, je me demande depuis un certain temps quelle est la marge de manœuvre des chefs d'État. Est-ce que le petit Nicolas a fait la politique qu'il souhaitait faire ? Probablement pas. Est-ce que le dernier François a fait la politique pour laquelle il a été élu ? Pas plus. Et même Donald, quelle est sa marge de manœuvre ?

Allez, pour parler musique... Le présent nous évoque L'État de merde, mais le futur pourrait être pire...
Plus on est de fous, moins il y a de riz (proverbe chinois).
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par La Grosse Bertha » mar. mai 02, 2017 10:32 am

yves benisty a écrit :Wahou, j'espère que ça vous a fait du bien... Cela dit, je pourrais plussoyer quelques phrases...
oui ça fait du bien! comme j'ai été IADE, je me dépense donc j'essuie...
En fait, je me demande depuis un certain temps quelle est la marge de manœuvre des chefs d'État. Est-ce que le petit Nicolas a fait la politique qu'il souhaitait faire ? Probablement pas. Est-ce que le dernier François a fait la politique pour laquelle il a été élu ? Pas plus. Et même Donald, quelle est sa marge de manœuvre ?
Les systèmes français et américains sont très différents, cela ressemble au système de cohabitation français, quelque part, lorsque le Congrès est politiquement à l'opposé, il reste la décision de la Cour Suprême lorsqu'elle est saisie, en dernier ressort, qui n'existe pas en France, c'est comme cela que l'obamacare est passé.
Le petit Nicolas a prouvé que le statut présidentiel français pouvait générer un hyper président façon "anormal", à condition que le premier Ministre endosse le rôle de potiche...Le choix de ce dernier est donc primordial pour quelqu'un qui veut jouer à Napoléon (en Allemagne les gens l'appelaient comme ça!)...

L'énorme problème est électoral, en France vous ne votez rarement pour votre élu du cœur, vous finissez par opter contre celui ou celle qui vous rebute le plus. on obtient une sorte de schizophrénie et les résultats, dans leur application, le sont tout autant. C'est le "génie" de Charles De Gaulle avec ce sens particulier de la démocratie (n'oublions pas tous les monopoles à l'époque).


Honnêtement on en constate les résultats, depuis l'après guerre les socialistes n'ont jamais été socialistes, les communistes non plus, ils prennent des positions qui feraient se retourner Karl MARX mille fois dans sa tombe, et on finit par avoir le choix ultime entre un FN aux allures plus sociales et rationnelles que le bébé d'une famille socialiste qui s'est gargarisée d'être l' ennemie de la Finance (DAAAALLAS ton univers impitoyableuuu)...Bref même De GAULLE doit se retourner dans sa dernière demeure...les pionniers de l'UE aussi! En fait je me demande lesquels ne bougent pas (mises à part les infirmières of course)...

Ce n'est évidemment pas très comique...

Ce système finira par exploser en espérant que les démons ne renaîtront pas de leurs cendres comme pour" le printemps arabe"!

On l'aura compris tout ce bazar est vraisemblablement corrompu, les syndicats sont devenus les fusibles du pouvoir, leur seuil est variable, c'est tout l'art de la manipulation, ils ne mettront pas en péril "les grands équilibres" et quand bien même ils ont auront été poussés dans leur retranchements, jusqu'à la grève générale, ils savent aussi qu'il n'y aura personne pour assurer derrière au niveau pouvoir...ce qui évolue d'ailleurs et peuvent les effrayer accessoirement, car ceux qu'on appelle les "extrême"s sont plus que jamais aux abois.

A mon avis il n'y aura pas de grandes manifs contre la casse macronique du code du travail, en dehors du rabâchage médiatique anesthésiant, car en cas de grève générale, derrière, il y aura ceux en arrière-fond, qui veulent réellement le pouvoir, et pas les tribuns et sous traitants trotskistes qui n'ont jamais pris le pouvoir nulle part dans le monde depuis un siècle d'existence, contrairement aux premiers d’obédience nationaliste.!

En Grèce, n'oublions pas pas que malgré le grand tapage initial nourrissant tous les "espoirs de gauche", Aléxis Tsípras a fini par baisser sa culotte pour continuer l'austérité et laisser le pouvoir à la banque centrale européenne.

Ils sont probablement les dernières cartouches du funeste destin de la planète gauche ramollie. Dans le paysage syndical français, SUD, par exemple, n'a pas de "chef" au niveau confédéral, alors qu'il pourrait être révoqué démocratiquement et tout simplement, et c'est le "un pour tous" qui prévaut, en droite ligne de la révolution permanente chère à Léon TROTSKI qui ne peut envisager qu'un seul pays, donc éventuellement et à un autre niveau, qu' une seule profession, puisse s'émanciper sans les autres.

D'où l'intérêt pour eux de conserver la filière d'origine infirmière en transposant le problème à une échelle que l'on connait mieux.
Car les IA serviraient évidemment de locomotive pour besoins de tous les hospitaliers. Et au final leurs intérêts propres n'en seraient que plus aléatoires...Rien n'est fait au hasard!

Question mobilisation, les dernières années la tendance était de se fendre en manifestations tranquilles jusqu'au gavage, perturbées à force par des éléments lesquels le pouvoir n'a jamais révélé qui ils étaient. Pourtant ils s'invitent à présent régulièrement (et curieusement) et sans inquiétude jusqu'à commettre le pire sur les CRS quasiment sans réaction, ce sont probablement les ordres.

D'autre part ayant contribué à faire passer la pilule du chômage et l'indigence, faute de sa clientèle progressivement abandonnée, les syndicats se sont rabattus pour prospérer sur des missions que ne partagent pas forcément la population, défense des sans papiers et autres et lorsqu'un bon vieux conflit se pointe, ils fournissent la vaseline pour clore le dialogue recto-social, enfanté par la droite sociale et adopté par la gauche libérale, deux entités dont on voit aujourd'hui les accointances familiales et d'intérêts...

Au début des années quatre vingt dix la profession IA s'inquiétait de l'alignement européen vers le bas, quand on voit le problème des travailleurs détachés, c'est sûr que si nous n'avions pas assuré nos arrières, nous n'existerions plus grâce à l'Europe. Aujourd'hui quel syndicat répudie franchement l'Europe?

Bref le système dans lequel se battent les IADE est bien rodé, mais proche du disjonctage, et bizarrement il n'y a pas beaucoup de monde pour rappeler au niveau syndical à quel endroit et pour quel motif le mouvement IADE finalement échouait, et ce ne sont pas les événements qui ont manqué en trente ans!

Aujourd'hui et plus que des ASSISES qui seront le énième fusible syndical, les IADE ont besoin d'une structure dynamique, indépendante du pouvoir et combative, avec des idées mises à jour, d'évolution de la profession, de stratégies. Pas des suppositoires lubrifiants.

.....
Allez, pour parler musique... Le présent nous évoque L'État de merde, mais le futur pourrait être pire...
L'art est un exercice difficile pour faire passer un message, peu de musiciens y parviennent, souvent au détriment de l'enveloppe mélodique (un effort ayant été fait dans ce sens par Ramon PIPIN
:lol:
ici plutôt
quand bien même l'artiste aurait des idées claires, après il y a le fameux "système" impliquant les médias (sous tutelle, éthique et économique), qui fait que l'oeuvre reste confidentielle ou crève les hit-parade, n'atteint dans les faits pas véritablement son but, et prend la forme quelque part du cri... désespéré, dilué dans le vide sidéral où trône éventuellement la bêtise humaine, dénué de tout danger pour l"'establishment" et équivalents, en s'enorgueillant, au passage, de la liberté de penser et d'expression, droits constitutionnels, inestimables acquis de haute lutte qu'on ne manquera pas de lui(nous) rappeler au besoin...

Je crois que ce dernier aspect résume la teneur réelle de "notre" démocratie du "cause toujours"...
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par La Grosse Bertha » jeu. mai 18, 2017 9:24 am

En fait le rôle du syndicat, historiquement parlant, n'est pas de renverser le pouvoir, mais d'améliorer les conditions d'existence des salariés, notamment en prenant en compte le salariat, ce sont les seuls points sur lesquels ils peuvent agir, laissant à des organisations politiques les questions de pouvoir et d'appropriation des moyens de production.

Le salaire est une interface prépondérante entre employeurs et salariés dans le syndicalisme. Cela tient au fait qu’au lieu de percevoir le produit intégral de son travail, la "classe ouvrière" et les salariés par extension, doivent se satisfaire d’une fraction de ce produit, celle que l’on appelle salaire.

Or depuis quarante ans et particulièrement pour les IADE et infirmières, le syndicalisme n'obtient que des miettes. Il n'est de fait plus dans son rôle, il devient l'acceptation officialisée de l'échec des besoins légitimes dans un contexte où les plus riches le deviennent toujours plus, dans les faits le syndicat devient un véritable mouroir à revendication, notamment par l'entremise du fameux dialogue (recto) social...qui permet d'entuber en douceur en tuant dans l’œuf la colère et par la durée de gestation qui s'avère être une fausse couche la plupart du temps, générant des sentiments de frustration et démotivation, voire de divorce.

Ce n'est donc pas pour rien que les syndicats IADE ont choisi les vertus de la discussion, alors que nombre de collègues demandaient de revisiter la forme des actions.

Depuis quarante ans et depuis la venue de la gauche au pouvoir, par alternance, et aujourd'hui on constate que droite et gauche ne font qu'une, lorsqu'elles lorgnent le pouvoir. Dans un contexte défavorable post colonial, les syndicats sont devenus une soupape de sécurité pour le pouvoir politique, valet du pouvoir financier. Certains politiques l'ont d'ailleurs constaté sans fard dans les débats de la Présidentielle 2017!

Comme dans les années quatre vingt, les IADE et plus largement les infirmières doivent se poser la question de leur représentation, et se méfier de la part trop belle laissée éventuellement à la discussion et au dialogue dit social.

La discussion est le terrain de prédilection de ce mouroir à revendication, et les pressions connexes d'arrière fond sous forme de manifs n'y changent rien, sauf décourager de tout, à force, les personnels, on n'imagine pas un seul instant les infirmières bouleverser ni modifier substantiellement quoi que soit avec cette stratégie mortifère.

Pour s'en persuader, je propose aux IADE de s'emparer de la plateforme revendicative de chaque syndicat et de l'intersyndicale, et de constater ce qui a été acquis, (apparemment on ne se précipite pas pour au moins analyser la partie "sédentaire" des calculs liés aux reclassements car ceux de 2001 ont laissé pour le moins un goût amer) combien de temps et d'actions y ont été consacrés alors que d'autres problèmes connexes (pénibilité, retraites, gardes, astreintes,...) ont été laissées sur la touche...

Tout cela laisse augurer d'un enflage royal...
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Arnaud BASSEZ
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par Arnaud BASSEZ » lun. mai 22, 2017 5:00 pm

Les syndicats n'ont jamais fait le plein, dans notre pays et notre profession.
Si on considère le SNIA, il est le seul de la profession. Mais parfois il ne siège pas, car il n'est pas représentatif. C'est ainsi que la CGT ou SUD l'invitaient dans les discussions au ministère.
Le SNIA confond syndicat et société savante. Il est assez hégémonique et n'aime pas trop la concurrence. Il s'occupe de problématiques qui devrait échoir à une société savante comme le projet SOFIA le propose.
Ce n'est pas une critique, mais une constatation.

Quant à SUD, la CGT et la cfdt ou FO, il y a pour certains une vérité et une honnêteté de fait (SUD et la CGT), même si le "dogme" tend à étendre les revendications à l'ensemble et sortir du catégoriel pour intégrer le tout.
la cfdt et son penchant naturel à la conciliation et à son rapprochement du pouvoir, quel qu'il soit, sa propension à décider pour les IADE sans trop les concerter au préalable, n'en fait pas le syndicat de choix, bien au contraire.
FO absent en 2010, a su à la différence de SUD, se rattraper pour exister en 2016.

Maintenant encore une fois, le dialogue n'est pas et n’était pas la bonne solution. Il fallait installer un rapport de force, dont on était les tenants jusqu'en 2000. C'était les grandes heures des IADE, des combats physiques rue de Solférino (j'y étais), du CNIA vs SNIA, une émulation salutaire, et la trahison du SNIA dont les traces disparaissent progressivement, avec le départ à la retraite des anciens.

En même temps, on a les syndicats que l'on mérite non ? Si nous étions plus accrocheurs, nous serions d'autant plus syndiqués et d'autant plus fort.
Un général d'armée ne peut pas gagner la bataille quand il ne dispose que d'une armée en guenille face à un ministère en état de marche...
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par La Grosse Bertha » lun. mai 22, 2017 8:36 pm

Arnaud BASSEZ a écrit :Les syndicats n'ont jamais fait le plein, dans notre pays et notre profession
Parce que pour nous le carburant est frelaté...c'est mélange sans aplomb, bancal...aussi explosif que de la mayo hyperdiscount!
le syndicalisme ne rapportait que lorsqu'il y avait des metallos et des mineurs de fond, de tous bords syndicaux, même CFTC, parce que les CRS n'en menaient pas large, ni plus ni moins.
Aujourd'hui personne n'a formellement identifié, entre politiques, journalistes, syndicalistes pro etc... QUI fout systématiquement la merde en tête de cortège des manifs!

Ne serait-ce pas une volonté commune pouvoirs/syndicats que de bannir progressivement la manifestation de rue? L'expression populaire qu'on veut absolument rebaptiser par le populisme (tout en le dénonçant !)

Sarkozy quant à lui à défié sur le terrain de la violence, y compris pour les IA. Hollande l'a fait sur le terrain de la grève, un droit légitime que la petite communauté syndicale préfère éluder, qui dans les faits n'existe plus pour nous, à de rares exceptions près du fait des assignations abusives, comme il l'est pour les IDE qui bossent tous les jours en service minimum.

A quoi bon des Assises IADE si c'est pour éviter de faire le mea culpa qui s'impose?

Arnaud BASSEZ a écrit :

En même temps, on a les syndicats que l'on mérite non ? Si nous étions plus accrocheurs, nous serions d'autant plus syndiqués et d'autant plus fort.
Un général d'armée ne peut pas gagner la bataille quand il ne dispose que d'une armée en guenille face à un ministère en état de marche...
Que voulez-faire de plus avec des IADE encartés si la référence en matière de rapport de force est le sit-in des années 60 avec les IADE non assignés abusivement, précédé de l'inévitable concertation et son fameux dialogue recto social? (À la nuance près que pour les IA il faut déjà se battre préalablement pour avoir le droit de se faire enfumer dans les bureaux du ministère!).

Rien sinon bouffer de la vaseline jusqu'à avoir les hémorroïdes du fond qui baignent.

J'insiste sur la formule célèbre empruntée à Woody Allen pour qu'un jour on comprenne ce que "dialogue social" signifie dans le fond. Jamais les IADE ont quitté une séance de ce type avec un compromis gagnant-gagnant, ils ont toujours été lésés pour les questions financières, le nerf de la guerre, celles qui nous donnent à bouffer, nous permettent de nous loger avec un confort digne du nom, de partir en vacances et se sevrer de l'air vicié des gaz anesthésiques des blocs et du stress de l'urgence, de partir en retraite sereinement après avoir été au service de tout le monde 24H/24...

FOUTAISES que ce dialogue social!!!!

Pour adhérer, cotiser, il faut un minimum de confiance, de résultats, or les syndicats ne ramènent rien que du vent depuis trente ans, et à part les titres honorifiques, BAC+5 ou 7 se concevait déjà dans les années 70/80, sans droit de grève, démuni et privé d'un droit fondamental dans une société telle que la notre, le IADE finira par disparaître, à la première occasion. Lorsque les collègues sauront avec quoi ils se tireront à la retraite, ils comprendront trop tard le problème...

En fait je veux surtout parler des assignations abusives que les syndicats ont laissé proliférer pour devenir ce qui est devenu une règle et symbole de nos échecs.

Toutes les luttes IA du passé ont été ou impulsées ou endurcies par des associés type CNIA, indépendants du pouvoir, avec un zest d'anticonformisme, le seul fait de son existence et son audience surtout en IDF, a fait que les syndicats ont du faire leur job sinon rester shuntés dans l'ombre voire le nombrilisme atone!
...c'est con mais c'est la stricte vérité. Et ça a failli marcher, mais sœur cfdt de la confédération du compromis n'a pas trop apprécié qu'on se passe de son divin avis surtout lorsqu'il s'agit de collectif même national qui mène la danse...

Tout le monde le sait mais ne fait ni ne dit rien...soi-disant pour ne pas affaiblir d'avantage le syndicalisme... :roll:

Un système qui quoiqu'on en dise, paraît bien huilé pour sa pérennité.

Pour les IADE, la messe est dite, Saint Dicalisme, priez pour nous.... :idea:
Modifié en dernier par La Grosse Bertha le mar. mai 23, 2017 1:52 pm, modifié 5 fois.
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par Arnaud BASSEZ » mar. mai 23, 2017 11:59 am

La Grosse Bertha a écrit : Sarkozy quant à lui à défié sur le terrain de la violence, y compris pour les IA
Je doute que les ordres de casser de l'IADE soit venu du palais. De la préfecture, voire du ministère de l'intérieur est plus probable.
Hollande l'a fait sur le terrain de la grève, un droit légitime que la petite communauté syndicale préfère éluder, qui dans les faits n'existe plus pour nous, à de rares exceptions près du fait des assignations abusives, comme il l'est pour les IDE qui bossent tous les jours en service minimum.
La loi HPST date de 2009. Avec le ministre de la santé le plus pitoyable que l'on ait eu.

A quoi bon des Assises IADE si c'est pour éviter de faire le mea culpa qui s'impose?
Parce que en étant assis, on évite de se faire enfiler à nouveau... :D

En fait je veux surtout parler des assignations abusives que les syndicats ont laissé proliférer pour devenir ce qui est devenu une règle et symbole de nos échecs.
S'il n'y avait que ça. C'est oublié les gardes qui nous tombent sur la tronche régulièrement, et qui à la différence des MAR ne sont pas prises en compte. Je ne comprends toujours pas comment les syndicats ont pu laisser passer ça, nous concernant. Une brèche était créée, il fallait s'engouffrer dedans rapidement.
Toutes les luttes IA du passé ont été ou impulsées ou endurcies par des associatifs type CNIA, indépendants du pouvoir, avec un zest d'anticonformisme, le seul fait de son existence et son audience surtout en IDF,
audience toute relative. Les IDE ne bougent pas plus que ça.
Tout le monde le sait mais ne fait ni ne dit rien...soi-disant pour ne pas affaiblir d'avantage le syndicalisme... :roll:

Un système qui quoiqu'on en dise, paraît bien huilé pour sa pérennité.
je n'en suis pas si sûr.

Du moins à l'hôpital. 4% de syndiqués nous sommes loin du secteur du livre, notamment les NMPP, véritable nid mafieux du syndicalisme, avec des salaires que nous aimerions avoir, pour un travail qui n'a rien à voir avec nous.

Pour avoir vu trois syndicalistes CGT taper dans le dos d'un directeur d'hôpital, la collusion semble assez établi. Quand on sait qu'un syndiqué bosse seulement de 8h à midi, puis va manger au réfectoire pour ensuite buller au local CGT...Quand on sait que les absences syndicales ne sont pas de l'ordre du quotidien, mais que l'autorisation de ce fait provient de la direction... quand on voit le dit syndiqué faire une recherche sur un texte, et que son "site de référence" est aufeminin.com !! Quand on comprend très vite qu'on en connait plus que lui, et que l'on a en face de soi une véritable truffe, un bulot de première qualité, on se dit que la première des choses que cherchent les mecs, c'est de prolonger leur état de glandeur, en se faisant réélire via leur congrégation syndicale. Les barbecues party des syndicats c'est sympa. Pour le personnel qui peut descendre durant deux heures de temps pour glander autour d'un verre de vin rosé. (ou plus si affinité...). Mais pour les autres...?

Alors évidemment, tous ne sont pas à mettre dans le même sac. J'ai beaucoup d'estime pour certains gars de SUD ou de la CGT. Aucune pour ceux de la CFDT. FO faut voir. (faux voir ?). Le snia...joker !

Les syndicats sont comme les fleurs,
ils meurent quand on les arrose trop
. Citation Antoine Falet, ancien syndicaliste,

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La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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La Grosse Bertha
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Re: Syndicats et salariés...à nouveau le divorce?

Message par La Grosse Bertha » mar. mai 23, 2017 5:02 pm

Arnaud BASSEZ a écrit :
Je doute que les ordres de casser de l'IADE soit venu du palais. De la préfecture, voire du ministère de l'intérieur est plus probable.
c'est l'effet tache d'huile, le vent en poupe, quand les CRS se sentent soutenus par en haut, ça ne rigole plus, déjà ministre de l'intérieur, le moindre flic ne se sentait plus, et lors d'une manif IA barbec sur giratoire en 2005, on nous a laissé 15 minutes pour dégager sinon baston...avant Sarkozy on nous aurait laissés faire avec télé régionale et un RV à la pref....
Arnaud BASSEZ a écrit : La loi HPST date de 2009. Avec le ministre de la santé le plus pitoyable que l'on ait eu.
Comme pour le dialogue social, accouché(e) par la droite sociale, adopté(e) par la gauche libérale...mêmes causes, mêmes effets...
Arnaud BASSEZ a écrit :
A quoi bon des Assises IADE si c'est pour éviter de faire le mea culpa qui s'impose?
Parce que en étant assis, on évite de se faire enfiler à nouveau... :D
Il reste malheureusement encore bien d'autres cavités pour se faire enfler :shock:

Il n' a que les voix du Seigneur qui sont impénétrables, à condition de respecter l'orthographe...
Arnaud BASSEZ a écrit :
S'il n'y avait que ça. C'est oublié les gardes qui nous tombent sur la tronche régulièrement, et qui à la différence des MAR ne sont pas prises en compte. Je ne comprends toujours pas comment les syndicats ont pu laisser passer ça, nous concernant. Une brèche était créée, il fallait s'engouffrer dedans rapidement.
Effectivement c'est tout bonnement incompréhensible étant donné que la prise en compte pour le calcul des pensions a été obtenue en 1996 par les MAR. En vertu de quoi y dérogerions-nous? Il suffisait de sortir du carcan administratif des Hsup, pour une prime forfaitaire de garde suivie d'un repos compensateur par exemple, forfait qu'il suffisait de prendre en compte pour les retraites!

Pour ce qui est de la remise en cause des gardes je dirais que l'aréactivité syndicale tient probablement de l’égoïsme parisien, puisque c'est là que réside le principal réservoir de travail au black pour compenser la perte des gardes depuis la loi ARTT...d'où une partie de mon animosité...la Province voire la grande couronne, a été délibérément shuntée de fait....

De ce point de vue nos syndicats sont de gros nullos...
Arnaud BASSEZ a écrit :
audience toute relative. Les IDE ne bougent pas plus que ça.
les IDE on s'en tape un peu...avant que le CNIA ne tire sa révérence en 2001 pensant avoir contribué à quelque chose de solide, les IA se bougeaient à Paname...depuis...hem.... 8)

Pour le reste ma foi, moi non plus je ne mets pas tout le monde dans le même sac, mais globalement, nous avons été quasi nuls, tous confondus, et pourtant nous ne sommes pas sous VIDELA ou sous république bananière, notre problème est plutôt de croire et faire croire en la démocratie qu'on nous propose, qui n'est qu'un vague simulacre avec ses énormes déséquilibres qu'il il ne faut évidemment même pas évoquer, avec tout ce que cela sous-entend! En gros notre kyrielle de syndicats, ça rend bien des services mais pas fatalement dans le sens entendu et déployé par le journaliste communiquant moyen, qu'il soit grassement salarié d'une chaîne publique ou issu d'un cartel mediatico-financier...

Pour mémoire en 1968 c'est la CGT sous tutelle PCF lui-même aux ordres de Moscou qui a vendu une nouvelle révolution bien embarrassante pour tout ce petit monde contre un tiers de SMIC...Du passé faisons table rase, mais une bonne mémoire c'est encore mieux!

1968 a traumatisé beaucoup de progressistes, depuis beaucoup se sont mis à sucer des .....et pas que...une frustration probablement d'origine freudienne.
Ouf suis A la retraite! Avec 1688 balles! Snif!
Un petit qu'à fait le matin est une bonne entrée en matière pour la journée...
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