Articles sur la santé

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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. oct. 22, 2010 4:51 pm

Tant chez les infirmières libérales que salariées, les mouvements de protestation ont été nombreux ces dernières années. Au-delà des revendications précises défendues par les syndicats, ces manifestations de colère tendaient toutes vers le même objectif : dénoncer des conditions de travail de plus en plus difficiles. Le sondage réalisé par l’institut IPSOS pour le groupe Wolters France, dont les résultats sont révélés aujourd’hui, confirme cette dégradation du travail quotidien des infirmières. En effet, 56 % de ces professionnelles interrogées assurent être plus stressées aujourd’hui qu’il y a quelques années, tandis que 55 % considèrent que leur fonction est moins bien reconnue par les pouvoirs publics et que 51 % évoquent des rythmes de travail de plus en plus soutenus.
Cette évolution ressentie suscite chez les infirmières une inquiétude, exprimée de façon massive à l’hôpital où 64 % des professionnelles évoquent ce sentiment en premier lieu lorsqu’on les interroge sur leur état d’esprit concernant leur métier. Dans le privé, elles sont 57 % à en faire de même et 49 % en ville.

Ces constats doivent cependant être nuancés par une seconde image révélée par l’enquête d’Ipsos menée auprès de 303 infirmières : ces dernières sont motivées par leur métier (il s’agit du second sentiment le plus souvent cité) et elles n’en changeraient pour rien au monde. Ainsi « 81 % considèrent que même si leur métier est difficile, il n’est pas question d’en changer actuellement ». Par ailleurs, même sur le terrain, tout n’a pas été marqué par une dégradation. Les infirmières ne mettent ainsi pas en avant de difficultés accrues concernant la reconnaissance de leur travail par les patients et les médecins et jugent qu’elles jouissent aujourd’hui comme hier des mêmes « perspectives d’évolution dans le métier ».

L’Ordre fait toujours l’unanimité contre lui

Concernant les réponses apportées par les pouvoirs publics face à leur malaise, les infirmières ont également une opinion contrastée. D’une part, elles sont une majorité à fustiger l’Ordre (67 % affirment que c’est une mauvaise chose, mais la tendance est très différente entre les salariées et les libérales) et la possibilité pour les personnels hospitaliers de choisir la catégorie A de la fonction publique n’est plébiscitée que par 45 % des répondeurs. Cependant, elles sont très nombreuses (87 %) à se montrer satisfaites de la reconnaissance du diplôme infirmier au niveau bac + 3 et 70 % approuvent les dispositions qui leur offrent un pouvoir de prescription élargi.


Aurélie Haroche
JIM
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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » lun. oct. 25, 2010 7:46 pm

Dès sa présentation, dans le cadre de l’élaboration de la loi Hôpital patient santé territoire (HPST), les syndicats représentant les médecins et pharmaciens des hôpitaux publics avaient fustigé un « contrat bling bling ». Pour le gouvernement au contraire, la création d’un contrat de « clinicien hospitalier » parallèlement au statut de praticien hospitalier (PH) doit permettre de renforcer l’attractivité de l’hôpital public à l’heure où 20 % des postes de PH sont aujourd’hui vacants.

Part variable

En dépit des nombreuses critiques des syndicats, cette nouvelle voie de recrutement des médecins dans les établissements publics est née officiellement ce samedi 16 octobre avec la publication de plusieurs textes au journal officiel. Le contrat de clinicien hospitalier y est présenté comme un contrat à durée déterminée d’une durée de trois ans pouvant être renouvelé une fois, destiné à rendre plus attractifs des « emplois présentant une difficulté particulière d’être pourvue ». Il n’ouvre pas droit à une titularisation, contrairement à un nouveau type de contrat également récemment mis en place dit de « praticien contractuel ». Mais à la différence de ce dernier, son principal attrait selon le gouvernement est que sa rémunération « comprend des éléments variables qui sont fonction d’engagements particuliers et de la réalisation d’objectifs quantitatifs et qualitatifs conformes à la déontologie de la profession ».

Ainsi, s’ajoutant à une part fixe « déterminée par référence aux émoluments des praticiens hospitaliers » s’ajoute donc une part variable ; le total ne devant pas excéder le « montant correspondant au dernier échelon de la grille mentionnée à l’article R. 6152-21 majoré de 65 % » (soit un plafond de 12 000 euros brut mensuel). Les critères sur lesquels s’engageront les praticiens seront précisés lors de la signature du contrat et la rémunération supplémentaire ne sera versée qu’en cas de réalisation totale des objectifs. D’ailleurs, le montant de cette part variable pourra n’être définitivement arrêté qu’à la fin de la première année d’exercice du clinicien hospitalier. Enfin, les textes précisent que le directeur d’hôpital, après avis du président de la commission médicale d’établissement pourra mettre fin au contrat « sans indemnité ni préavis ».

Avis de vacance chez les pharmaciens hospitaliers

Outre l’insécurité de ce dispositif, les syndicats en dénoncent depuis toujours le caractère concurrentiel par rapport au statut de praticien hospitalier. Par ailleurs, ils estiment qu’il ne permettra pas de résoudre les problèmes d’attractivité de la profession et regrettent qu’il soit l’unique outil proposé par les pouvoirs publics en la matière.

Ainsi, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR-E) estimait ce 18 octobre inadapté de recruter les médecins et pharmaciens « sur des critères d’appétence économique plus que d’engagement pour le service public ». Les syndicats de pharmaciens des hôpitaux publics partagent les objections des organisations transdisciplinaires de praticiens hospitaliers. Au-delà de leur position sur le nouveau contrat, il apparaît qu’ils ne manquent pas d’être concernés par la question de la vacance : selon les données 2009 du Centre national de gestion, 47,6 % des postes de pharmacien hospitalier à temps partiel sont vacants, ainsi que 8 % des postes temps plein.

source JIM
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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. oct. 29, 2010 12:44 pm

Un article purement inepte d'un "journaliste" qui ne fait pas honneur à sa profession.
Un droit de réponse s'impose.
Les mails commencent à tomber en masse.

Voici ma réponse adressée à Laurent Joffrin et aux directeurs adjoints du journal.
Madame, Monsieur,



L’article de votre confrère monsieur Eric Favereau, sur les infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat (IADE) exige un droit de réponse ou pour le moins de rectification.



Qu’a donc fait ou pas, monsieur Favereau, pour qu’il déclenche ainsi l'ire de la profession des infirmier(e)s anesthésistes ?

Tout simplement il a manqué de rigueur journalistique qui fait l’apanage de votre profession et de la charte de Munich qu’il n’a manifestement pas épinglé au dessus de son éthique.

Monsieur Favereau semble regretter le capital sympathie que témoigne la population envers la catégorie professionnelle des infirmiers. Quand ce monsieur sera soigné à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, en dimanche et jours fériés, par un ou une professionnelle délaissant sa famille à son profit, il comprendra le retour des choses que l’on appelle la gratitude.

Mais l’aveuglement d’un journaliste « spécialisé » dans la santé face à cette notion essentielle, laisse à croire qu’il n’en connait qu’une infime partie.

Monsieur Favereau se plaint ou raille notre côté corporatiste : N’en n’est-il pas de même lorsque les agriculteurs se plaignent de Bruxelles ou que les marins pêcheurs expriment leur mécontentement vis-à-vis de certains quotas de pêche ?

Je doute fort que les problèmes de ces professions soient les problèmes des architectes, des mécaniciens automobiles ou des artisans boulangers.

Au risque d’énoncer une vérité à monsieur Favereau qui ne sort manifestement pas de son bureau pour y voir ce qu’il se passe vraiment dans les cortèges de manifestants, il apparaît que les revendications sont le plus souvent corporatistes.

N’en serait-il pas de même si les journalistes manifestaient contre l’abrogation de leur avantage fiscal (l’allocation pour frais d’emploi) qui leur donne un abattement supérieur à la caste des IADE par exemple ?

Non, nous ne pouvons pas acquérir le titre d’infirmier anesthésiste après seulement deux ans de stages et de formation. Il nous faut au préalable passer par le filtre d’un concours en deux parties où seule la réussite à l’écrit autorise la présentation de l’oral, qui enfin, après obtention de la moyenne donne la réussite au concours d’entrée.

Pour autant, vous pouvez être mis sur liste d’attente, car la réussite de cet examen, n’implique pas l’entrée de façon formelle. D’autres peuvent avoir un meilleur classement. Et comme le nombre de places est limité…

D’ailleurs un petit regard sur le concours d’entrée du centre de formation des journalistes montre que l’épreuve orale d’admission donne à l’item « Enquête-reportage », le coefficient 1. C’est dire en effet la valeur que l’on accorde à l’essence même du métier de journaliste.

Ensuite, une fois entré à l’école des IADE, vous avez deux années mêlant apprentissage théorique fait de cours de médecine de haut niveau, de pharmacologie, de physiologie, de pathologie, et de stages pratiques, sous la coupe de professionnels chevronnés, garant de la qualité de l’enseignement clinique délivré.

En parallèle, un travail d’intérêt professionnel, sorte de mémoire, est demandé, s’ajoutant à une charge de travail déjà conséquente.

Et pour finir ce parcours du combatif, un examen final, théorique et pratique, sanctionne la fin des études, à la condition que vous ayez la moyenne sur l’ensemble des modules étudiés durant ces deux années, qui sont réellement deux années mises entre parenthèses dans notre vie sociale et parfois affective, tant l’investissement demandé est grand.

Non, nous ne sommes pas majoritairement des hommes. Même si la profession se masculinise, la gente féminine reste largement majoritaire dans une proportion de 70 %.

Dire que les IADE n’ont pas supporté le passage à la licence des infirmiers de soins généraux est une ineptie totale. Les textes sont sortis fin septembre 2010, et les IADE étaient dans la rue dès mars 2010 pour dénoncer le protocole Bachelot.

Les accords de Bologne sont formels : 5 ans d’études sont équivalents à un master. Ce que ne conteste d’ailleurs pas le ministère de l’enseignement supérieur lors de sa première réunion du 26 octobre dernier avec les représentants de la profession des infirmiers anesthésistes.

Vous voudrez bien demander à votre collaborateur, ce qu’il entend par « acte simple ». Car en anesthésie, il n’y a rien de simple. Tout est rigueur, concentration et professionnalisme, car une erreur se paye comptant. L’anesthésie ne se satisfait pas d’à peu près et ne supporte pas la médiocrité. Mais si monsieur Favereau préfère qu’une « simple infirmière », pour reprendre ses termes, fasse un acte « simple » d’anesthésie, nous lui proposons qu’elle le fasse sur son enfant ou ses parents, nous lui laissons le choix d’en décider.

Nous n’avons jamais fait grève aux limites de la légalité. Il se trouve que la loi est formelle. Les assignations et non pas les réquisitions, (il serait bon que monsieur Favereau se renseigne auparavant sur la différence, avant que de l’écrire), doivent être remise en main propre contre émargement sur le lieu du travail, ou par envoi postal avec accusé de réception.

Aucun IADE dans ces conditions n’a refusé cette assignation, car il se serait mis délibérément en état de faute professionnelle, sanction que mériterait sans aucun doute monsieur Favereau pour proférer en aussi peu de ligne, autant de mensonges.

Les blocs opératoires ont fonctionné selon un mode retenu par la Loi, ses décrets, ses arrêtés et ses circulaires ministérielles.

Il y a une notion qui échappe à monsieur Favereau, mais devant tant d’incompétence en matière journalistique on en est à peine surpris : seul le chirurgien peut décider du caractère urgent ou pas d’une intervention. Si tel n’a pas été le cas dans certains blocs de France, ceci explique la fermeture des unités opératoires de façon temporaire. Les IADE assignés devant être présents sur leur lieu d’exercice professionnel et ne pouvant s’y soustraire, ils sont là pour gérer les urgences. S’il n’y en a pas eu, ceci ne relève que d’une décision médicale, ce qui échappe à la corporation IADE, issue du corps infirmier.

Les propos d’un directeur d’hôpital (lequel ? ah vertu sacrée des sources journalistiques cachées) sont symptomatiques d’un dirigeant qui ne connait pas le personnel qui exerce dans l’établissement qu’il gère de façon administrative, étant parfaitement éloigné du concept de soins.

La profession n’est pas une « drôle de profession ». L’exercice n’est pas drôle. Le quotidien des blocs opératoire n’est pas une sinécure.

Non nous ne sommes pas des médecins. Cette image d'Épinal est véhiculée par les syndicats des médecins anesthésistes (SNPHAR-e, SNARF, SMARNU et la société savante SFAR) terrorisés à l’idée que nous prendrions une place prépondérante, les excluant de fait, oubliant que les progrès de la sécurité anesthésique en France sont dues en partie, à la présence indéfectible des IADE auprès du patient en salle d’intervention, et que les infirmiers anesthésistes ne cherchent pas à prendre la place des médecins mais que l’on reconnaisse la leur de façon pérenne.

Ce directeur ne sait-il pas que les IADE ont peu l’occasion de sortir du bloc, car leur exercice est limité à ce service, au SAMU, à la réanimation et à l’imagerie interventionnelle. Des endroits où peu de contacts hors collègues sont possibles, de par le côté exclusif du cadre d’exercice.

Dire que nous ne sommes pas les plus à plaindre du monde de la santé est une insulte à notre compétence et à notre formation. Car pour monsieur Favereau, être médecin hospitalo-universitaire et faire du privé dans la structure publique, utilisant des lits du public, du matériel du public, des personnels du public, des locaux du public à des fins d’enrichissement personnel est-il plus recevable ?

Mais cinq ans post baccalauréat ne devraient-ils pas déboucher sur une juste rétribution des compétences ?

Monsieur Favereau sort un chiffre de 3500 euros. On se demande bien quel est le IADE en France qui peut se targuer d’un tel salaire ? Rappelons que nos salaires sont basés sur des grilles indiciaires, consultables sur le site du ministère de la santé, et les sites professionnels et syndicaux.

Il est en effet possible que des IADE travaillent en plus dans les établissements privés. Mais est-ce vraiment par amour d’une surcharge de travail, ou par pure nécessité, car justement, les salaires ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils devraient être tout simplement ?

A titre d’exemple le salaire moyen d’un(e) infirmier(e) anesthésiste américaine est en 2010 de 166 833 dollars par an, (donnée du site cnrajobs.com), ce qui fait en euros, au taux du 29 octobre 2010 où 1 dollar = 0,7186 euro, un salaire annuel moyen de 119 886 euros soit 9990 euros mensuel.

Voila qui enlèverait à tout professionnel l’envie d’aller chercher ailleurs ce que l’Etat n’offre pas aux personnels qualifiés.

Il serait bon de savoir à combien émarge monsieur Favereau, car un tel niveau d’inexactitude dans des allégations journalistiques ne mérite pas le RSA, mais la mise à pied d’office pour exercice illégal de la profession de journaliste.

Quant à l’octroi de la prime, il faut rappeler à votre collaborateur, que celle-ci a été refusée par l’ensemble des acteurs de la profession devant son peu de clarté.

Mais pour le savoir, encore eut-il fallut que monsieur Favereau chercha les informations là où elles se trouvent, et pas sur le fauteuil de son bureau dans lequel il est assis et vous donne à publier des inepties qui ne sont pas dignes du journal que vous dirigez et qui se targue d’une haute tenue journalistique.

En la matière, il vous faudrait mieux vérifier les sources qui vous font croire que monsieur Favereau est journaliste. Il y a là, abus de titre et de fonction.

Il me semblait que les journalistes avaient aussi une exclusivité de compétence.

Vous mesurez donc mieux, les dégâts que cause un ersatz dans une profession qui est la vôtre et que vous défendez avec passion et rigueur.

Il en va de même pour nous.



Bien cordialement.



Arnaud BASSEZ

Infirmier anesthésiste diplômé d’Etat

CHU Ambroise Paré

Boulogne Billancourt

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vous pouvez diffuser votre réponse si vous le souhaitez
Modifié en dernier par Arnaud BASSEZ le ven. oct. 29, 2010 11:07 pm, modifié 1 fois.
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Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » ven. oct. 29, 2010 5:13 pm

Voici la réponse que j'ai adressé à M. Joffrin.

Bonjour.

Je suis infirmier anesthésiste et j'ai participé en qualité d'infirmier et ensuite d'infirmier anesthésiste aux actions infirmières et spécialisées de 1984, 1988 - 89, 1991, 2000 - 2001. J'ai souvenir qu'à l'époque ce journaliste semblait maîtriser son sujet et faisait preuve d'une apparente objectivité et honnêteté dans ses propos.
Oui, les infirmiers anesthésistes ont bloqué la gare Montparnasse cette année comme ils l'avaient fait en 2001 sans s'attirer un tel mépris de la part de ce journaliste. J'ignore comment vous analysez les actions menées par d'autres corporations professionnelles quand elles murent des Préfectures, bloquent des ports ou retiennent des employeurs indélicats dans leurs bureaux. Mais je peux vous dire que cette montée en puissance des actions revendicatives est en partie liée au fait que les journalistes s'abstiennent de venir de renseigner sur les motivations des mouvements de protestation alors qu'ils se précipitent quand il y a de l'action.
Si vous étiez plus attentifs à faire votre travail d'enquête et d'information en toutes situations, nous n'aurions pas eu besoin de recourir à des actions qui sont à l'opposé de notre nature.
Nous ne sommes pas aussi des infirmiers mais nous sommes des infirmiers tout court. Je ne me rappelle pas ce genre de propos dans la bouche d'un journaliste quand des médecins spécialisés manifestent leur mécontentement.
Je constate aussi une totale méconnaissance de notre profession qui pousse M. Favereau à proférer des remarques au mieux inexactes, au pire mensongères et diffamatoires.
Je ne doute pas que vous considériez le corporatisme comme une peste immonde, mais je remarque que votre profession elle-même l'est tout autant. Je n'ai jamais vu les journalistes parisiens venir manifester auprès de leurs collègues de province par exemple. Il faut dire que vous manifestez peu. Quand j'aurai droit à un abattement supplémentaire sur mes impôts comme vous, je serai peut-être moins motivé à le faire.
Alors oui M. Favereau le combat que mène les infirmiers anesthésistes diplômes d'État (IADE) vise à garantir à la population des soins de qualité, administrés par des personnels compétents et efficaces, sur tout le territoire français. Cela ne pourra se faire que si on ne tue pas le désir de se former à cette spécialité, si les centre de formation ne ferment pas les uns après les autres et si l'investissement dans les études et la prise de risque spécifique à cette spécialité n'est pas dévalorisée.
Je ne vous en veux pas de ne pas nous connaître ; chacun appréhende ses obligations professionnelles comme il pense devoir le faire. Par contre je vous reproche de proférer des erreurs avec le ton péremptoire de celui qui se place en position d'expert.
Notre formation ne débouche pas sur un titre mais sur un diplôme d'État. Je pense que vous devriez être en mesure d'apprécier la nuance importante entre ces deux termes.
Ce ne sont pas deux ans de stages et de formation mais deux années de spécialisation comprenant des stages et des enseignements théoriques, accessibles après deux années de pratique professionnelle infirmière et la réussite à un concours considéré comme le plus sélectif de la carrière infirmière. Ces deux années validées par une évaluation continue, la réalisation d'un travail de recherche et de publication sont si peu formatrices que la commission du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche considère qu'elles remplissent peu ou prou les exigences du Master 2 que nous demandons. Mais vous pensez peut-être en savoir plus que ces spécialistes ?
Nous ne sommes pas majoritairement des hommes, loin s'en faut, mais notre statut à part ne fait aucun doute. À titre de culture personnelle, sachez que nous sommes la seule profession infirmière régulièrement amenée à effectuer des gestes médicaux sans prescription compte tenu des délais de réaction qui empêchent d'attendre l'arrivée du médecin anesthésiste en cas de problème. N'hésitez à vous renseigner sur la réalité de notre pratique professionnelle, je ne doute pas que cela sera hautement instructif.
Nous supportons d'autant mieux la reconnaissance de la licence aux infirmiers qu'elle est la base indispensable sur laquelle appuyer notre demande de Master, quand jusque là nous étions reconnu DEUG comme elles.
L'exclusivité de compétence n'est pas un droit mais la garantie que les patients n'auront pas à subir dans un domaine sensible le contre-coup de réformes destinées à abaisser les coûts de la santé, fut-ce au détriment des patients.
Elle s'appuie sur le fait que la formation IADE relève d'un contenu totalement étranger à celui de n'importe quelle autre formation infirmière ou paramédicale. Difficile de nous remplacer sans porter atteinte à la qualité des soins. C'est aussi pour cela que le décret d'actes professionnels figurant au Code de la Santé Publique précise bien que nous ne pouvons exercer nos compétences que sous la responsabilité d'un médecin anesthésiste réanimateur. Encore un horrible corporatiste selon vous j'imagine ?
Vous prétendez que les actes couverts par l'exclusivité de compétence sont des actes simples ! Vous devez confondre faire dormir à l'aide d'une berceuse et réaliser une anesthésie. J'attends avec impatience de savoir ce que vous considérez comme simple en anesthésie. Je vous rappelle qu'une anesthésie permettant une chirurgie abdominale par exemple nécessite un niveau de comma qualifié de niveau III du stade 3, ce qui est le dernier stade avant le coma de stade IV dit également coma irréversible. Si vous considérez que maintenir un patient dans ces conditions alors que son état peut être altéré par de nombreuses pathologie associées et que les manœuvres chirurgicales modifient sans cesse cet état, j'attend que vous nous éclairiez de vos lumières en citant des sources reconnues sur le plan scientifique.
La fin de votre propos relève clairement de la diffamation et j'espère que nos organisations professionnelles vous traîneront devant les tribunaux.
Si vous prenez la peine de comparer nos grilles de salaire avec celles des psychologues hospitaliers, vous remarquerez qu'à formation de durée identique et à responsabilité au mieux comparables, nos grilles sont largement inférieures aux leurs.
Personnellement, au dernier échelon de la classe supérieure, à temps plein et à quelques années de la retraite, je gagne 2500 € nets par mois. Mes gardes sont compensées à temps égal et les heures supplémentaires ne donnent lieu à aucune majoration du temps récupéré, comme le prévoit la loi. Mes semaines qui atteignent souvent les 48 heures légales ne me donnent aucunement l'envie d'aller travailler dans le secteur privé lucratif. Ce directeur dont vous buvez les paroles m'étonne car, connaissant de tels faits il ne semble pas agir pour les faire cesser. Aurait-il peur d'être démenti ou craint-il de voir les IADE de son établissement en partir l'obligeant ainsi à fermer ses blocs opératoires ?
Nos revendications que vous oubliez opportunément de rappeler ne sont pas spécifiques aux immondes corporatistes que nous sommes. Nos collègues spécialisées Infirmières de bloc opératoire DE et puéricultrices DE travaillent actuellement à une mise en conformité de leur formation avec les exigences du Master 2 qu'elles ne remplissent pas actuellement. Ainsi, ce n'est pas une spécialité mais trois qui revendiqueront ce statut.

Si ce que j'ai lu est un acte volontaire et réfléchi, je ne doute pas que M. Favereau et, qui sait, peut-être toute la rédaction de Libération se gardera bien de donner suite à mon courrier. Sinon je reste à sa disposition et à la vôtre pour toute complément d'information désiré.


Éric DELMAS
Infirmier anesthésiste DE Carcassonne
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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » sam. oct. 30, 2010 6:44 pm

Réaction du SNIA (Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes » à l’article d’Eric Favereau paru dans le journal libération du 28 octobre 2010.


Un pamphlet sectaire, injurieux et impertinent !

On peut noter de la part de M. Favereau, comme un sentiment de regret sur le fait que la population exprime de la sympathie pour les infirmiers, et plus encore pour les infirmiers anesthésistes.

Les infirmiers anesthésistes sont, en effet, tous titulaires du diplôme d’Etat infirmier et doivent faire preuve d’un exercice professionnel de deux années au minimum, pour pouvoir accéder au concours d’entrée à l’école d’anesthésie. Ce n’est pas une exception, les spécialités infirmières de bloc opératoire doivent répondre aux mêmes exigences.
Cette formation en anesthésie est à l'heure actuelle la spécialité infirmière la plus longue, puisque la formation d’infirmier de bloc opératoire dure 18 mois et celle d’infirmier en puériculture est de 9 mois.
La formation de 24 mois, certes alternant stages et cours théoriques, comme toutes les formations professionnalisantes, est sanctionnée par un diplôme d’Etat, seul titre en effet, permettant d’exercer la profession.
L’exclusivité d'exercice a été un combat de la profession pour la sécurité des patients et pour que l'anesthésie soit pratiquée uniquement par des professionnels obligatoirement formés à la discipline. Cette mesure mise en place par décret depuis 1988 a largement prouvé son efficacité en matière de sécurité. Comme pour de nombreux métiers, les professions de santé sont réglementées pour garantir un niveau de formation et de compétence. Les différents rapports d’assurances abondent tous en ce sens.

Contrairement a ce qui est dit dans cet article, la profession infirmière dans son ensemble, infirmiers spécialisés compris, est très satisfaite de la reconnaissance universitaire de la profession infirmière. Le grade de licence pour les infirmiers, est une revendication très ancienne. Puisque jusqu’alors, le diplôme infirmier était reconnu par le système de certification français : bac + 2, et les spécialités IADE, IBODE et puéricultrices, idem.

A partir du moment où les infirmières DE ont eu la reconnaissance au grade de licence, le grade de master pour les spécialités coule de source, pour valoriser mais surtout favoriser l'attractivité pour une profession qui reste malgré vous très contraignante, ne vous en déplaise !
Quand au soi-disant mépris des IADE envers les IDE, que dire d'un directeur d'établissement qui les nomme des "simples infirmières". Existerait-il des directeurs plus simples que d'autres ?
La profession initiale n’a rien de « simple », je la qualifierais même de très complexe, au regard des diversités d’exercice qu’elle représente. Et tenter d’opposer deux corps d’une même profession relève d’un mépris, peu compréhensible de la part d’un journaliste en charge de la rubrique médecine dans un journal comme libération.

Enfin sur le salaire : c'est une vision très parcellaire de la profession, pour ne pas dire "étroite", car ce qui est illégal n'est pas légion. Faut-il encourager cette illégalité pour obtenir une reconnaissance salariale de la spécialité. Les deux années supplémentaires de formation ont été valorisées de 250 à 280 euros par rapport au diplôme de formation initiale depuis 1993, la réforme de Madame Bachelot réduit ce différentiel de moitié. Il faut aussi préciser que le salaire d’un IADE en début de carrière est 1700 euros/mois et que nombre de postes sont sans gardes ni astreintes.

C'est une des raisons qui a amené les infirmiers anesthésistes dans la rue. Une deuxième est le traitement tout spécifique qui a été réservé au corps infirmier dans son ensemble. Six mois avant l’ouverture des débats parlementaires sur la réforme des retraites, les infirmiers ont bénéficié d’un décret tout particulier au milieu d’une loi sur « la réforme du dialogue social », les contraignant à allonger leur carrière professionnelle de 5 années contre une revalorisation salariale et leur titre universitaire. Non, Monsieur Favereau, rien n’est gratuit, les charges sociales des 5 années supplémentaires paieront allégrement l’augmentation de salaire des infirmiers et la prime accordée aux infirmiers anesthésistes !

Marie-Ange SAGET
Présidente du SNIA
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Message par yves benisty » dim. oct. 31, 2010 10:11 pm

arnaud BASSEZ a écrit :Un article purement inepte d'un "journaliste" qui ne fait pas honneur à sa profession.
Un droit de réponse s'impose.
Les mails commencent à tomber en masse.
À propos de mails, voici quelques adresses :


l.joffrin@liberation.fr.
e.favereau@liberation.fr.
p.quinio@liberation.fr.
f.rousselot@liberation.fr.
f.sergent@liberation.fr.
s.aubert@liberation.fr.
Plus on est de fous, moins il y a de riz (proverbe chinois).
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Message par Arnaud BASSEZ » lun. nov. 01, 2010 1:13 pm

Et voila Yves pris en flagrant délit de ne pas aller sur la page d'accueil :D
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Message par Arnaud BASSEZ » lun. nov. 01, 2010 8:30 pm

Collectif IADE Hôpital Beaujon
100 Bd du général Leclerc
92118 Clichy Cedex

Mr Laurent Joffrin et son équipe
Direction de la publication et de la rédaction
Journal Libération
11 rue Béranger
75154 Paris cedex 03

Paris le 1/11/2010

Objet : votre article titré : « le personnel anesthésiste fait bloc pour rester à part », publié le
28/10/2010, écrit par : Eric Favereau

En vertu du droit de réponse

Vos assertions du 28/10/2010 à propos des infirmiers anesthésistes (IADE), parce que non
étayées, sont d’essence calomnieuses.
Indignes de la démarche journalistique dont l’éthique élémentaire consiste à éclairer le
lecteur de façon sereine et non tendancieuse.

Ainsi, quant à la notion de corporatisme : une formation spécifique en anesthésie place les
IADE en position de collaborateurs efficients des médecins anesthésistes réanimateurs
(MAR) sans être, pour autant, animés d’un sentiment de supériorité vis à vis de nos collègues
infirmiers qui n’ont pas les mêmes fonctions ou compétences dans ce domaine précis qu’est
l’anesthésie. Compétences qui permettent aux MAR de gérer plusieurs salles d’interventions
simultanément, dans le respect de la sécurité, et ainsi assurer une activité suffisante malgré la
faiblesse des effectifs médicaux : qui, par ailleurs, s’aggravera au cours des années à venir…

Quant à nos émoluments : il vous eut suffi de consulter les grilles salariales disponibles
sur internet. Pour votre information : un IADE ayant 3 ans de formation en IFSI, 2 ans de
spécialisation et 10 ans d’expérience professionnelle a un traitement de base net d’environ
1900 euros(soit un différentiel de 80 à 100 euros avec les non-spécialisés) : un pinacle !!!

Quant à nos « avantages » : faites vous allusions à nos indemnités pour nuits intensives : 1,070
euro/ heure !?

La proportion Hommes/Femmes de votre article est erronée : la profession est
majoritairement féminine. D’ailleurs où est le problème ?!

Quant à votre « témoignage » de celui que vous qualifiez d’ancien directeur des hôpitaux : quel
crédit apporter à une personne qui est dans l’anonymat, doté d’une formation administrative
en conséquence inapte à juger ou méjuger en matière d’anesthésie puisqu’il ne peut se
prévaloir d’aucune expertise en ce domaine. Enfin ce « témoignage » relève davantage d’une
conversation type : « café du commerce » : la fiabilité de cette source laisse perplexe…!

Pour ce qui en est de la légalité, nous vous rappelons qu’accuser une profession sans y porter
de preuves irréfutables relève de la diffamation, en outre cette accusation porte préjudice
moral envers des professionnels et l’institution qu’ils représentent.

Pour terminer : en tant que membre du centre d’éthique de l’hôpital Cochin, il semble urgent que Mr Favereau révise la définition du mot : E.T.H.I.Q.U.E.
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » mar. nov. 02, 2010 2:24 pm

réponse de Ludovic S. envoyé par mail. Je le diffuse

La liberté de la presse est-ce le droit d’écrire n’importe quoi ?



Le papier ne refuse peut-être pas l’encre mais la rédaction d’un quotidien national majeur doit-elle accepter de publier dans ses colonnes un article manifestement truffé d’erreurs, d’imprécisions, voire de mensonges éhontés ?

En effet, alors que M. Eric Favereau se veut un spécialiste des questions de santé, je ne peux pas croire qu’une telle méconnaissance du sujet qu’il aborde ne cache des intentions personnelles (ou commandées) obscures.

L’écheveau de contre-vérités, d’allégations et de supputations que ce monsieur se plaît à tisser relègue son papier au rang de procès en sorcellerie. Il est si grossièrement (mal) ficelé que même les personnes totalement étrangères au monde de la Santé ne peuvent être dupes. Cet article se discrédite de lui-même et c’est tant mieux, il discrédite son auteur et c’est tant pis. Mais ce qui est réellement regrettable c’est qu’il discrédite le journal qui l’accueille, et quand ce journal s’appelle « Libération », c’est dommage et personnellement ça me fait un peu mal au cœur.



Il est inutile de vous dire que ce n’est pas là le genre d’information éclairante que je viens chercher en achetant Libé.



Je vais vous épargner, quoiqu’elles méritent pour le coup un réel article de fond, les raisons pour lesquelles 85 à 90% des infirmiers et infirmières anesthésistes de France font grève depuis le mois de mars 2010, je vais juste me contenter de pointer les errements approximatifs et diffamatoires les plus notoires de l’article de M. Eric Favereau en date du 28 octobre 2010 intitulé : « Le personnel anesthésiste fait bloc pour rester à part »



Le sous-titre lui-même donne le ton et débute cette cabbale de dénigrement et de désinformation :

« Mieux payés et avec plus de droits, ces infirmiers corporatistes ont conforté leurs avantages »



Mieux payés

Il semblerait effectivement normal que des personnes ayant acquis une spécialisation exigeante dispensée pendant 2 ans de formation supplémentaire et sanctionnée par un deuxième diplôme d’Etat (deux ans minimum après celui d’infirmier) soient mieux payées. Or ce n’est pas le cas, tous ceux d’entre nous qui ont été diplômés après 2001 et qui se sont vus d’office intégrés dans les nouvelles grilles indiciaires, n’ont eu pour la plupart qu’une très faible augmentation de traitement (de l’ordre de 80 euros selon le grade et l’ancienneté).

Pis, certains d’entre-nous constatent une inversion de carrière c'est-à-dire qu’ils gagneraient plus aujourd’hui s’ils étaient restés infirmier(e)s.





Avec plus de droits

Là, ça ferait presque sourire, on se croirait dans un sketch de Coluche : mais oui bien sûr les infirmiers anesthésistes ont plus de droit que les autres !

C’est assez consternant, les seuls droits que nous ayons sont les articles du code de la Santé qui encadrent et régissent nos pratiques professionnelles comme celles de toutes les professions de Santé.



Ces infirmiers corporatistes

C’est assez plaisant là aussi de se faire taxer de corporatiste par un journaliste mais bon, cela ne me gêne pas outre mesure. Je ne sais pas si c’est du corporatisme mais il est vrai que nous avons un attachement à notre profession et un sentiment d’appartenance qui peut s’expliquer par notre faible nombre, nos parcours sensiblement similaires, la somme de travail et de sacrifices personnels qu’a requis notre spécialisation en anesthésie, la spécificité de nos fonctions au bloc opératoire et au SAMU.



Ont conforté leurs avantages

Alors là, tout faux ! Après 8 mois de grève, 10 journées de mobilisation nationale de toute la profession, nos revendications sont toujours au point mort.

Rien, absolument rien ne nous a été octroyé, bien au contraire ; nous nous voyons conviés à passer de la catégorie A active à la catégorie A sédentaire avec les répercussions que cela implique sur la retraite, la validation des acquis de l’expérience(VAE) laisse planer le risque de perte de formation et donc de compétence des intervenants en anesthésie ce qui sera assurément dommageable pour le niveau de sécurité en anesthésie dans notre pays.



Viens ensuite le premier paragraphe qui s’apparente à un billet d’humeur, il appartient bien évidemment à son auteur d’exprimer son point de vue. On aimerait bien sûr qu’il reste objectif et pertinent mais cela ne semble pas être ses qualités premières...



Plus loin nous pouvons lire :

Ils peuvent acquérir le titre d’infirmiers anesthésistes

Certes notre profession ne manque pas de noblesse mais nous n’acquérons pas « le titre » d’infirmier(e) anesthésiste diplômé(e) d’Etat mais obtenons un diplôme d’Etat d’infirmier(e) anesthésiste. Il s’obtient après avoir réussi un examen national comportant une épreuve théorique et une mise en situation pratique qui viennent sanctionner 700 heures de cours hautement spécialisées, 70 semaines de stage dans les blocs opératoires toutes disciplines confondues ainsi que la rédaction d’un mémoire portant sur un sujet d’intérêt professionnel.



Sont majoritairement des hommes

Encore une information sortie on ne sait d’où. Il y a environ 40% d’hommes pour 60% de femmes. La profession infirmière ne s’est réellement masculinisée que depuis une vingtaine d’année.



Ensuite, ils ont défendu quelque chose qu’ils sont les seuls à avoir : le droit à l’exclusivité. C'est-à-dire qu’eux seuls peuvent faire toute une série d’actes, y compris des actes simples Nous ne sommes pas les seuls à avoir, non pas comme dirait ma concierge, le droit à l’exclusivité mais plus exactement l’exclusivité d’exercice.

Chaque corps de métier a ses pratiques clairement définies ; les kinésithérapeutes ne pratiquent pas d’accouchement, les sages femmes n’opèrent pas à cœur ouvert, les manipulateurs radio ne font pas de rééducation fonctionnelle et ainsi de suite, c’est quand même rassurant non ?

Pour nous c’est la même chose, notre exclusivité d’exercice figure clairement dans le code de la santé publique :

L’article R 4311-12 indique « L’infirmier ou l’infirmière anesthésiste diplômé d’Etat est seul habilité, à condition qu’un médecin anesthésiste-réanimateur puisse intervenir à tout moment, et après qu’un médecin anesthésiste- réanimateur a examiné le patient et établi le protocole, à appliquer les techniques suivantes : 1) Anesthésie générale 2) anesthésie loco-régionale et réinjections dans le cas où un dispositif a été mis en place par un médecin anesthésiste-réanimateur 3) réanimation per opératoire . »

Une seule question : de quels actes simples pratiqués lors d’une anesthésie parle monsieur Favereau ?

Pousser une seringue n’est pas difficile certaines machines le font. Connaître la pharmacocinétique d’un médicament d’anesthésie ou d’urgence c’est un peu plus délicat, ses indications, ses contre-indications, ses effets secondaires, son administration ne souffrent pas d’approximation, comme l’ensemble de tous nos gestes.

De plus, contrairement aux allégations de M. Favereau nous ne nous sentons nullement supérieurs et nous sommes encore moins méprisants envers nos collègues infirmier(e)s pour la bonne et simple raison que nous sommes nous-mêmes tous infirmier(e)s, ce serait se renier. Ce que nous voulons c’est que nos collègues infirmier(e)s aient la chance, comme nous l’avons eu nous-mêmes, d’accéder à une formation de qualité et obtenir une vraie spécialisation. Ce qui nous inquiète c’est que Mme Bachelot-Narquin ait introduit dans son funeste protocole la notion de validation des acquis de l’expérience(VAE) pour accéder à la fonction d’IADE. Cela représente en effet un risque réel de voir des formations vite et mal faites ce qui ne sera pas sans répercussions sur le niveau de sécurité en anesthésie qui est et reste la raison d’être de notre métier.



Refusant les réquisitions, abandonnant même les blocs opératoires

Ces imprécisions révèlent à nouveau un manque de maîtrise du sujet.Seul le Préfet peut ordonner des réquisitions, la direction d’un hôpital établit elle, des assignations. Ces assignations doivent être remises en main propre à l’agent gréviste.

La circulaire Rallite prévoit que lors d’un mouvement de grève ponctuel les effectifs d’un hôpital doivent être, pour assurer la continuité des soins, ceux prévus le week-end et les jours fériés. Les IADE sont les agents qui ont la conscience la plus aiguë de leurs responsabilités, cependant après 7 mois de grève et après d’incessantes mais infructueuses demandes pour être reçus au ministère de la Santé, il a été décidé lors de la semaine du 4 au 8 octobre 2010 de ne pas aller au devant des assignations comme nous le faisions jusqu’alors mais d’attendre qu’elles nous soient remises dans les conditions prévues par les règlements.

A ma connaissance le service minimum a été assuré sur tout le territoire, nombre d’interventions non urgentes ont effectivement été reportées, seules les urgences et les soins non différables ont été réalisés avec le concours d’un IADE.

Cette stratégie de blocage de l’activité opératoire s’est avérée payante car une délégation fut enfin reçue par Madame la ministre.

Je regrette qu’il ait fallu en venir à de telles extrémités pour être pris au sérieux comme je regrette qu’il ait fallu l’occupation des voies de la gare Montparnasse au mois de Mai et les autres opérations coup de poing et leurs corolaires de coups de matraques pour que les médias s’intéressent à un mouvement qui mobilisait une profession toute entière depuis déjà de longs mois…



« C’est une drôle de profession. Ils se prennent pour des médecins, vivent entre eux, et sont souvent méprisant avec les simples infirmières » dixit un soi-disant ancien directeur des hôpitaux

Voila du beau travail d’investigation, bravo ça force le respect! Dîtes-moi cette source de premier ordre ne souffrirait-elle pas d’une cirrhose aiguë parce que là ça pue la vinasse et le propos de comptoir à plein nez !

Dîtes, c’est Libé ou Minute que j’ai entre les mains ?



Ils arrivent sans mal à 3500 euros net par mois

En plus d’un téléphone il faudrait tout de même que vous permettiez à M. Favereau d’avoir accès à une connexion internet. Soyez sympa ça peut lui servir. S’il le voulait il trouverait sans peine et en deux clics les grilles indiciaires de tous les agents de la fonction publique hospitalière et les traitements correspondants.

La réalité de nos bulletins de paie fait moins rêver que les chiffres qu’il brandit :

J’ai quarante ans, une épouse, deux enfants, un loyer parisien à payer pour abriter ce petit monde, je travaille à l’Assistance Publique depuis quinze ans, je suis au 3e échelon de la classe supérieure ce qui veut dire que j’ai déjà effectué plus de dix années de bons et loyaux service,je suis donc plutôt parmi les mieux payés, c’est vous dire… J’ai un baccalauréat et deux diplômes d’Etat (accessoirement un Deug B et un CAP de tailleur de pierre mais ça compte pas bien sûr !)

Voici mes trois dernières paies en net avec les primes, gardes, nuits, heures sup et astreintes à domicile : Octobre : 2 299 € Septembre : 2 406 € Aout : 2 506 € (les autres paies sont sensiblement les mêmes sauf celles de juin et de décembre où l’on perçoit une prime de service d’environ 800 euros)

J’imagine également que lorsque l’auteur de ce remarquable article écrit « sans mal », il veut sans doute parler des gardes, des nuits , des horaires variables, du stress et des conditions de travail qui ne font que se tendre et se dégrader ?



Une grande majorité des 7500 infirmiers travaillant dans le public font des heures supplémentaires dans le privé, réussissant parfois à doubler leur salaire

3 500+3 500 ça fait 7 000 non ?! Mais c’est avec ou sans les stock-options ? Parce que quitte à nager en plein délire autant y aller mais bien comme il faut !

C’est dommage pour une fois qu’il avançait un bon chiffre car OUI nous sommes (environ, on ne va chipoter pour une fois que l’on est proche de la vérité) 7500 IADE mais NON nous ne sommes pas 7500 infirmiers anesthésistes travaillant dans le public puisque plusieurs milliers travaillent dans le privé et ils ne se font pas 3 500€ non plus.



Et maintenant, l’Apothéose.



Le mois dernier, le ministère de la Santé a fléchi devant leurs revendications. Ils ont l’équivalence du Master, conservent leur droit à l’exclusivité. Et ont même droit à une prime.

Ca y est ! J’ai compris ! Monsieur Favereau a dû recevoir le communiqué de presse officiel de Mme Roselyne Bachelot en date du 8 Octobre informant que le problème des IADE était réglé avant même que les délégations syndicales et les membres des différents collectifs ne soient reçus enfin par elle pour négocier (c’est beau la démocratie, hein ?!).

Le pauvre, je vous serais reconnaissant de faire savoir à M. Favereau que les communiqués de presse officiels c’est comme ses articles, faut pas croire ce qui est écrit dedans, la preuve !

Eh ben non, le ministère n’a pas fléchi devant nos revendications, tout au plus commençait-on suffisamment à l’agacer pour qu’il daigne nous accorder une entrevue avec des gens mandatés pour négocier mais qui ne l’ont pas fait et ceci c’était au début du mois et non pas le mois dernier.

Non, nous n’avons pas obtenu le Master.

Cependant dans le cadre des accords de Bologne, un groupe de travail piloté par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche vient tout juste de tenir sa première réunion ce mardi 26 Octobre pour évaluer si les formations IADE présentes et à venir peuvent être éligible au niveau Master, dans un deuxième temps l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur(AERES) sera convoquée pour examiner le projet finalisé et donner ou pas son accord. Donc aujourd’hui rien n’est fait, et si l’on peut légitimement penser que la future formation sera adaptée pour correspondre à ces critères, la plus grande incertitude plane sur ceux qui sont déjà diplômés.

L’exclusivité d’exercice nous est toujours garantie par le code de la Santé publique mais plusieurs indices nous laissent à penser que la volonté du ministère est d’opérer des glissements de tâches d’une profession à une autre dans le cadre très général de ce qu’il appelle « la coopération interprofessionnelle de santé ».

La VAE apparaît toujours noir sur blanc dans le protocole Bachelot comme un moyen d’accéder à la fonction d’IADE.



Quant à la prime, Mme Bachelot nous a effectivement fait cette largesse et nous a promis à chacun une prime mensuelle de 120€ dès Janvier 2011. Cette prime était son« ultime proposition ».

Cependant comme la plateforme de revendications que nous portons depuis le début de ce mouvement ( à savoir la reconnaissance du grade Master, la valorisation des grilles salariales, l’exclusivité d’exercice de l’anesthésie, la reconnaissance de la pénibilité de notre métier et le maintien d’une décote d’une année pour dix travaillées) était complètement bafouée nous avons eu l’outrecuidance de décliner sa proposition dans une lettre ouverte en date du 18 Octobre 2010, preuve que nos intentions ne sont pas aussi vénales que celles que nous prête monsieur Favereau.

Vous me direz qu’est-ce que 120 € par mois quand on en touche 7 000 ?



Au terme de cette explication de texte, il faut quand même avouer que monsieur Favereau s’est bien loupé sur cet article : tant d’inepties en si peu de lignes c’est presque un exercice de style !

J’avais jusque présent la naïveté de croire que lorsque l’on avait la chance d’écrire dans un quotidien qui tire à plus de 150 000 exemplaires, on vérifiait ses informations…



De ce monsieur j’ai lu également un article où il taillait en pièces les infirmières des services d’hospitalisation et de la salle de réveil de Trousseau au sujet d’une enfant qui s’était fait retirer un grain de beauté, l’enfant allait très bien merci, sauf que lorsqu’elle bougeait les alarmes du scope sonnaient, forcement puisqu’elle bougeait. La Maman était au paroxysme de l’angoisse et visiblement le Papa, impuissant à la rassurer, à préféré tirer à boulets rouges sur tout ce qui bougeait et quelle proie facile qu’une infirmière n’est-ce pas ?



Je n’ai plus envie de lire les articles de ce monsieur.



Pourtant, par certains cotés, nos métiers ne sont pas si étrangers l’un à l’autre, nous avons même nombre de valeurs communes, une déontologie basée sur la rigueur, l’honnêteté, l’éthique.

Dans mon travail je m’efforce de mettre ces principes en action, il serait souhaitable que M. Favereau fasse le même effort dans le sien.
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Message par yves benisty » mar. nov. 02, 2010 3:52 pm

Plus on est de fous, moins il y a de riz (proverbe chinois).
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Message par cedr1c » mer. nov. 03, 2010 10:08 pm

303 infirmiers, c'est quand même limite comme panel représentatif lorsque l'on connait "l'étendue" de la profession (différentes spécialisations, différents lieux d'exercices, différents diplômes en fonction de la date des études, différents courants de pensée au niveau des syndicats, etc)
Éric DELMAS

Message par Éric DELMAS » jeu. nov. 04, 2010 6:35 am

Certes 300 personnes est un petit panel.
pour autant, maintenant que l'on va être considéré comme une profession à fort coefficient intellectuel, il faudrait apprendre les bases.
En matière de statistique, le rapport du panel au nombre total de la cohorte examinée n'existe pas.
Ce qui compte c'est le nombre de personnes interrogée par rapport à la variabilité possible des choix. Les calculs prouvent qu'à partir de 1000 personnes interrogées la variation est très faible. C'est pourquoi les panels comptent à peu près 1000 personnes.
Par contre, ce qui importe c'est la composition du panel en terme de sensibilité. Un panel interrogé sur la goût des carottes qui ne compterait aucun consommateur de carotte serait forcément faussé.
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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » lun. nov. 15, 2010 6:51 pm

Source JIM

Le suspens a pris fin hier soir quand, sur le perron de l’Elysée, Claude Guéant a, selon le protocole établi, révélé la liste des nouveaux membres du gouvernement. Le sort réservé à l’Avenue de Ségur et à celle qui l’occupait depuis 2007 constituait l’une des principales inconnues de ce week-end d’énigmes politiques. Le sort de Roselyne Bachelot est sans doute le témoignage (en raison des liens l’unissant à François Fillon), du pouvoir de ce dernier à imposer ses vues au chef de l’Etat. Et le maintien de la chiraquienne dans le gouvernement mais son éviction du ministère de la Santé est un bon résumé de l’exercice d’équilibre auquel on a assisté ces dernières heures où les changements millimétrés pour assurer les calculs d’étiquette et les dosages politiques ont été privilégiés.

Dans la demie victoire ou le demi désaveu qu’elle connaît ce matin, Roselyne Bachelot, nouveau ministre de la Solidarité de la Cohésion sociale offre sans doute un avant goût des mois qui s’ouvrent jusqu’à l’élection présidentielle. Ce transfert n’est cependant pas une mise complète à l’écart, puisque ses nouvelles fonctions devraient l’amener à gérer l’un des chantiers annoncés comme l’un des plus importants du quinquennat : la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à la dépendance.

Un petit tour à l’UMP et le revoilà

Sans doute le maintien de Roselyne Bachelot au ministère de la Santé ne pouvait se concevoir selon le chef de l’Etat en raison des crises qui ont émaillé sa présence avenue de Ségur, de la gestion très critiquée de l’épidémie de grippe A (H1N1) jusqu’à la fronde face à la loi Hôpital patient santé territoire conçue comme une tentative d’étatisation de la santé en passant par une hostilité grandissante des médecins et infirmiers. Ces derniers, interrogés sur notre site du 7 au 14 novembre, voient d’ailleurs aujourd’hui leurs désirs exaucés : 86 % d’entre eux ont en effet affirmé leur souhait de voir Roselyne Bachelot remplacée au ministère de la Santé (498 professionnels de santé ont répondu à cette enquête).

Son successeur n’est autre que son prédécesseur (si l’on oublie l’intérim exercé par Philippe Bas pendant la campagne électorale de Nicolas Sarkozy) : Xavier Bertrand qui quitte les arcanes de l’UMP pour retrouver un ministère où il a impulsé la réforme de l’Assurance maladie.

Le choix de Xavier Bertrand, nommé ministre du Travail et de la Santé, susciterait un écho de satisfaction chez les professionnels de santé selon le Quotidien du médecin, qui relève que, lors d’un sondage mené avant les élections aux unions régionales des professionnels de santé (URPS), le nom du nouveau ministre était celui qui recueillait le plus de voix. oui enfin, chez les médecins donc...

Dès hier, le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Michel Chassang considérait comme une « bonne nouvelle » le retour du maire de Saint Quentin. Il est vrai que la CSMF fut signataire de la convention qui créa le médecin traitant, né sous l’égide de Xavier Bertrand. Cependant, aujourd’hui, ce texte, arrivé à expiration est très fortement critiqué et il n’est pas acquis que la personnalité condescendante à l’excès de Xavier Bertrand parvienne parfaitement à apaiser le malaise qui agite la communauté médicale aujourd’hui. Ah il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. N'est-ce pas les Diafoirus ? Pour les IADE on reste plus circonspect. La virevolte sur le LMD est dans les mémoires. Dans la mienne au moins. ça date du 14 février 2007

Une inconnue qui a déjà fait scandale

Dans cette tâche, Xavier Bertrand sera secondé par Nora Berra, qui quitte le secrétariat d’état aux Aînés pour gagner celui de la Santé. L’un des principaux atouts de cette lyonnaise de 47 ans est d’être médecin : un argument souvent apprécié des praticiens, qui, bien que l’expérience ne leur ait pas toujours donné raison, estiment qu’un professionnel est mieux à même de comprendre leurs attentes et leurs revendications.
On pourrait y mettre aussi un(e) IDE, ou un(e) IADE non ? prouvez-moi que ce n'est pas un(e) professionnel(le) ?

Après avoir fait ses études de médecine à Oran (diplôme étranger dont la validation a été mise en doute par un journal régional lyonnais en juillet 2009), elle a été praticien attaché à l’hôpital Edouard Herriot de Lyon entre 1991 et 2009. Sa biographie officielle et celle présente sur Wikipedia diffèrent quant à la réalisation de son internat en pharmacologie clinique, réalisé à Lyon selon la première source et dont il n’est pas mention sur l’encyclopédie en ligne. Nora Berra a également exercé comme médecin des affaires médicales dans plusieurs grands laboratoires de 1999 à 2009. Elle a enfin enseigné dans deux écoles d’infirmières lyonnaises de 1992 à 1999. Ces différentes fonctions lui permettraient d’avoir une connaissance pratique des besoins des professionnels de santé et de l’industrie qui seront ses premiers interlocuteurs. Sans doute ces expériences lui permettront de pallier le petit désavantage que représente peut-être son manque de notoriété. A moins qu’à la lueur des petits scandales qui ont jalonné sa carrière l’année dernière (concernant la validation de ses diplômes et une fraude supposée à l’arrêt maladie) ce défaut de publicité ne soit également un atout

ça commence bien...
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Message par Arnaud BASSEZ » ven. nov. 19, 2010 6:32 pm

Source JIM


C’est à San Diego, dans l'état de Californie aux Etats-Unis, que s'est tenu, du 16 au 20 octobre 2010, le American Society of Anesthesiologists (ASA) Annual meeting.

Des équipes d’une maternité de CHU de Detroit ont examiné rétrospectivement l’évolution des pratiques anesthésiques, anesthésie générale (AG) ou loco-régionale (ALR), pour césarienne, entre 2004 et 2009. L’étude qu’ils ont menée dans ce but montre que si le taux de césariennes est resté relativement stable (23-26 %) au cours de la période d’étude, l’incidence de l’AG pour césarienne a diminué, passant de 9,3 % en 2004 à 6,35 % en 2009. L’AG était surtout motivée par des contre-indications maternelles à l’ALR (anomalies de la coagulation notamment) ou par la perception du manque de temps. L’indication d’une AG pour cause d’échec de l’ALR est allée décroissant, de 21,7 % en 2004 à 14,8 % en 2009. Aucun décès n’a été recensé au cours de la période d’étude.


Dr Julie Perrot

Muppuri RN et coll. : General anesthesia for cesarean section in Hutzel Women Hospital : A 5 years retrospective survey. American Society of Anesthesiologists (ASA) Annual meeting (San Diego) : 16-20 octobre 2010.

§§§§

S’appuyant sur les informations regroupées d’une base de données intéressant les anesthésies effectuées entre le 1er janvier 2003 et le 30 août 2008 au Royal Children’s Hospital de Melbourne et celles d’un fichier de mortalité des enfants patients de cet hôpital, des auteurs australiens ont évalué la mortalité incidente 24 heures et 30 jours après anesthésie, et la mortalité incidente liée à l’anesthésie, chez les moins de 18 ans. Cette évaluation monocentrique, qui a porté sur 101 885 anesthésies (anesthésie générale, sédation, anesthésie loco-régionale) administrées au cours de la période d’étude, à 56 263 enfants, laisse apparaître une mortalité toutes causes, 24 heures après anesthésie, de 13,4 p. 10 000 anesthésies, et de 34,5 p. 10 000 à 30 jours. L’analyse selon l’âge montre que c’est chez les enfants âgés de moins de 1 an que l’incidence des décès était la plus élevée, 24 heures (59,7 p. 10 000) et 30 jours post-anesthésie (135 p. 10 000). En ce qui concerne les interventions réalisées, les anesthésies pour chirurgie cardiaque se sont avérées grevées, 24 heures et 30 jours après anesthésie, d’une incidence de décès plus forte que celles pour interventions non cardiaques (127,1 vs 8,2 p. 10 000 à 24 heures). Au total, 10 décès liés à l’anesthésie ont été recensés, soit une incidence de 0,98 p. 10 000, tous survenus chez des enfants ayant une comorbidité préexistante, tandis qu’aucun décès lié à l’anesthésie n’a été relevé en l’absence de comorbidité majeure.


Dr Julie Perrot

Van der Griend BFH et coll. : Postoperative mortality in children following 101,899 anaesthetics at a tertiary pediatric hospital. American Society of Anesthesiologists (ASA) Annual meeting (San Diego) : 16-20 octobre 2010.

§§§§


Des équipes de l’université du Michigan ont analysé les données intéressant la survie des patients âgés de 18 ans ou plus ayant eu un arrêt cardio-respiratoire (ACR) au cours des 24 premières heures post-opératoires. La population d’étude comptait 1 214 patients, parmi lesquels 407 (33,5 %) sont sortis vivants de l’hôpital, 35,6 % d’entre eux avec des déficits neurologiques significatifs. De l’analyse il ressort deux facteurs indépendamment associés à une amélioration de la survie : l’implication des voies aériennes (OR = 3,11) et le fait que l’ACR soit survenu de jour (OR = 1,57). De nombreux facteurs étaient associés à un risque d’évolution péjorative. Le risque était accru de 75 % pour l’existence d’une insuffisance hépatique, d’un traumatisme, d’un sepsis ; de 50 à 74 % pour la présence de troubles métaboliques ou électrolytiques, d’une asystolie ; de 24 à 49 % pour la survenue de l’ACR au cours d’un week-end, en unité de soins post-anesthésie, l’existence d’une insuffisance cardiaque, d’une insuffisance rénale, d’une hypotension.


Dr Julie Perrot

Ramachandran SK et coll. : Clinical outcomes following postoperative cardiac arrests : A review of 1214 arrest events. American Society of Anesthesiologists (ASA) Annual meeting (San Diego) : 16-20 octobre 2010.

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Selon les résultats d’une vaste étude américaine (16 828 312 interventions, dont 51 509 effectuées chez des patients ayant des apnées du sommeil, AS), les pneumonies d’aspiration, syndromes de détresse respiratoire de l’adulte (SDRA), et intubations avec ventilation mécanique seraient plus fréquents après intervention chirurgicale abdominale à ventre ouvert chez les sujets ayant des AS que chez ceux en étant indemnes. Les odds ratios pour le risque de survenue de ces complications respiratoires étaient, après ajustements, notamment sur l’obésité, de 1,24 (intervalle de confiance à 95 % de 1,15 à 1,33 ; p < 0,001) pour les pneumonies d’aspiration, de 1,76 (1,65-1,87 ; p < 0,001) pour le SDRA et de 2,10 (2,01-2,18 ; p < 0,001) pour la nécessité d’intubation et de ventilation mécanique. En revanche, il n’a pas été mis en évidence ici d’augmentation significative du risque d’embolie pulmonaire en population ayant des apnées du sommeil.


Dr Julie Perrot

Bombardieri AM et coll. : Perioperative pulmonary complications in patients with sleep apnea after abdominal surgery. American Society of Anesthesiologists (ASA) Annual meeting (San Diego) : 16-20 octobre 2010.
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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Arnaud BASSEZ
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Message par Arnaud BASSEZ » mer. nov. 24, 2010 6:10 pm

source JIM


Aux USA, environ une femme sur 200 accouche à domicile, ce qui représente environ 25 000 accouchements par an. Le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues, concerné par la sécurité maternelle et du nouveau-né, ne soutient pas l’accouchement à domicile, eu égard à l’absence d’études scientifiques rigoureuses sur ce sujet. Les larges études de cohorte comparant accouchement à domicile et à l’hôpital ont pourtant fourni d’abondantes données à ce sujet, mais il semble que ces travaux sous-estiment les risques des accouchements à domicile. En effet, environ 9 % des femmes multipares et 37 % des nullipares ayant prévu d’accoucher à domicile nécessitent, le moment venu, un transfert à l’hôpital. Mais à l’inverse, certaines complications tardives sont aussi attribuées à l’accouchement à l’hôpital.

Dans ce contexte une revue de la littérature et une méta-analyse ont été effectuées afin d’évaluer la sécurité maternelle et celle du nouveau-né dans le cas des accouchements à domicile planifiés par rapport aux accouchements à l’hôpital.

Douze études ont été incluses dans cette méta-analyse. Au total, on dispose ainsi des données de 342 056 accouchements à domicile planifiés et de 207 551 à l’hôpital.

Les accouchements à domicile ont été associés à un moindre taux d’interventions médicales, telles que l’analgésie épidurale, le monitorage cardiaque fœtal, l’épisiotomie et les accouchements par césarienne. Les risques de lacérations, d’hémorragies, d’infections et de rétentions placentaires étaient également moindre. Par contre le terme était plus souvent ≥ 42 SA.

Dans les accouchements à domicile, on retrouve aussi moins de prématurés et de faible poids à la naissance. Les taux de mortalité périnatale apparaissent similaires entre les accouchements à domicile planifiés et ceux suivis à l’hôpital (0,07 vs 0,08 ; OR=0,95 ; IC 95 % : 0,77-1,18). Cependant les accouchements à domicile sont associés à une augmentation significative des taux de mortalité néonatale (entre le 1er et le 28ème jour) : celui-ci est en effet le double de celui des accouchements à l’hôpital (0,20 vs 0,09 ; OR=1,98 ; IC 95 % : 1,19-3,28). De plus, le taux de mortalité des bébés sans anomalies congénitales et accouchés à domicile est trois fois plus important (0,15 vs 0,04 ; OR=2,87 ; IC 95% : 1,32-6,25).

En conclusion, les résultats de cette méta-analyse montrent que les accouchements à domicile sont associés à un doublement de la mortalité néonatale par rapport aux accouchements à l’hôpital. Cette différence pourrait être expliquée par une moindre médicalisation et par un accès plus difficile à la réanimation néonatale lors des accouchements à domicile. Il faut souligner que la fréquence de la mortalité néonatale reste très faible dans les deux cas et que l’applicabilité de ces résultats à la population des femmes optant pour l’accouchement à domicile aux USA reste très limitée. Toutefois, les résultats de cette étude devraient contribuer à l’élaboration de modèles de meilleures pratiques pouvant bénéficier à la mère et à l’enfant, et quel que soit le lieu d’accouchement.


Dr Viola Polena

Wax JR et coll. : Maternal and newborn outcomes in planned home birth vs planned hospital births : a metaanalysis. Am J Obstet Gynecol. 2010; 203: 243.e1-8.

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Besançon, le mercredi 24 novembre 2010 - Afin d’améliorer la rémunération de praticiens hospitaliers, très difficiles à recruter en milieu rural, l’hôpital de Champagnole avait accepté de payer entre janvier et mai 2004 à quatre médecins des déplacements dont il n’ignorait pas qu’ils étaient inventés. La constatation de cette fraude par la Chambre régionale des comptes en 2006 a entraîné le déclenchement d’une action judiciaire. Celle-ci a abouti hier à la condamnation en appel de quatre praticiens et à la relaxe d’un cinquième. Quelque 13 451 euros auraient par exemple été touchés entre janvier et mai 2004 par l’un des praticiens sur la base de faux justificatifs correspondant à 216 déplacements.
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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