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par Arnaud BASSEZ » mar. févr. 08, 2011 5:32 pm
La lecture du rapport de Laurent Hénard (député UMP), Yvon Berland (président de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé) et Danielle Cadet coordinatrice générale des soins de l’hôpital Lariboisière (AP-HP), offre une vision de l’organisation actuelle des professions de santé plutôt consternante.
Ils évoquent en effet « un système rigide et cloisonné » face à un environnement constamment en mouvement. Surtout, à l’instar de nombreux autres observateurs ces dernières années, ils déplorent l’important hiatus existant entre les différents temps de formation des uns et des autres, avec d’une part des médecins et des pharmaciens comptant entre six et onze années d’études quand les auxiliaires médicaux réalisent en majorité trois ans de formation. Entre ces deux extrémités, beaucoup ont vanté la nécessité de créer des métiers dits intermédiaires (quand d’autres voix ont plutôt plaidé pour une revalorisation des diplômes des auxiliaires médicaux et autres préparateurs en pharmacie).
Sans surprise, les auteurs du rapport reprennent cette idée à leur compte. « Il ne s’agit pas de remplacer le médecin, mais de redistribuer certaines tâches », prévient d’ores et déjà Laurent Hénard, dont le rapport feint d’affirmer qu’un consensus existe sur ces questions mais qui n’ignore pas que sur le terrain une telle évolution fera naître de nombreuses contestations.
Il faut faire les choses bien !
D’ailleurs, témoignant d’une certaine prudence, le rapport se garde de formuler des mesures très concrètes et de préciser le profil des nouveaux métiers qui pourraient être créés. Les auteurs n’en dessinent pas moins quelques pistes à l’intention du ministre de la Santé, ce dernier ayant déjà annoncé qu’une (très) longue concertation devait être mise en place. Ainsi, le rapport de Laurent Hénard préconise que la formation de tous les professionnels de santé (et non uniquement des médecins et des pharmaciens) soit placée sous l’égide de l’Université et donc centralisée, quand une régionalisation s’était imposée pour de nombreux diplômes paramédicaux ces dernières années.
Au-delà de ce changement majeur, le mode d’emploi établi multiplie principalement les déclarations générales. Ainsi, est-il rappelé l’importance « d’adopter une démarche pragmatique et une méthode participative » en vue de la création de ces nouveaux métiers et de veiller à ce que ces derniers ne contribuent pas à complexifier le dispositif existant plutôt qu’à l’assouplir.
Sujet complexe
Le caractère très généraliste de cette feuille de route devrait permettre d’éviter que ne soient soulevées contestations et critiques de la part des syndicats, qui sont cependant particulièrement sensibles à ces questions. La création de nouveaux métiers est en effet loin d’être reconnue par tous comme la réponse idéale face à l’inégale répartition des professionnels de santé et aux problèmes de démographie en général.
Par ailleurs, il semble que les problématiques posées par la mise en place de nouveaux diplômes soient extrêmement différentes en fonction des secteurs, que l’on pense par exemple aux enjeux que supposerait la création de nouveaux métiers dans le domaine de la pharmacie.
Léa Crébat source : JIM