Réanimation cardio-repiratoire nouveaux guidelines 2005-2010

jeudi 30 novembre 2006
par  Arnaud Bassez
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A lire les nouvelles recommandations ILCOR 2010-2015


Les recommandations 2005-2010, de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) sont basées d’après celles de l’ILCOR (International Liaison Committee on Resuscitation) et de l’ERC European Resuscitation Council.

Chaque pays du fait de son particularisme (géographique,spécificité du système de santé, économique, matériels disponibles, personnes formées) a donc édicté ses propres adaptations. Ces données sont le fruit de la SFAR, la SRLF (société de réanimation de langue française), le SAMU de France, la SFMU (société française des médecins d’urgence), le CFRC (conseil français de réanimation cardio-pulmonaire).

La différence entre adultes et enfants, disparait. Les manœuvres sont entreprises au plus vite devant l’absence de signes de vie : 30 compressions thoraciques et 2 insufflations. soit le rythme 30/2 à la place du 15/2.

Le rythme de compression est de 100/minute pour tout le monde.

massage cardiaque externe

Le cas particulier de l’enfant est "à trois niveaux"

80 % des arrêts cardiorespiratoires sont d’origines anoxiques chez l’enfant. Il faut donc relancer la ventilation avant la compression thoracique, ce qui donne :

Chez le nourrisson (moins de 2 ans)

Le docteur Jean Lavaud, du SAMU pédiatrique 75, préconise :

5 insufflations au départ, 10 compressions thoraciques (dépression de 1cm), 3 ventilations, soit le ratio 10/3

Voir l’article dédié à la spécificité de la réanimation cardio-pulmonaire de l’enfant

Cette préconisation, toutefois, n’est pas référencée dans les recommandations internationales de l’ILCOR.

à 2 secouristes ou sur un enfant de 3 à 8 ans

5 insufflations au départ, 15 compressions thoraciques suivies de 2 insufflations et recommencement sur le rythme 15/2.

à 1 secouriste ou sur un enfant de + de 8 ans

5 insufflations au départ, 30 compressions thoraciques suivies de 2 insufflations et recommencement sur le rythme 30/2.

Si la victime est inconsciente, ne bouge pas et ne répond pas, si la respiration est anormale (gasp) ou absente, si le pouls carotidien est absent, on commence sans délai la réanimation cardio pulmonaire.

Il a été démontré qu’un massage cardiaque sur une personne dont le coeur bat encore n’est pas délétère. Par contre le retard à la mise en oeuvre des manoeuvres de réanimation obère les chances de survie.

Pourquoi 30 compressions et une insufflation sur 1 seconde ?

La réanimation doit commencer par le massage cardiaque externe (MCE).
- l’organisme dispose d’une réserve de sang oxygéné qui ne circule pas, mais qui va circuler du fait du massage.
- les besoins en O2 sont diminués car le débit cardiaque est bas.
De plus, les études ont montré que le MCE doit être entrepris en priorité si l’arrêt cardiaque remonte à + de 5 minutes.
Enfin, masser un cœur génère une pression qui est longue à monter.
Elle s’écroule instantanément à l’arrêt du MCE. Il faut donc recommencer, ce qui peut aggraver le pronostic si on arrête trop souvent.
C’est pourquoi le processus passe à 30 compressions, sans vérification des pouls carotidiens ou fémoraux.
De plus, il faut entre chaque défibrillation, recourir au MCE, car il améliorerait la défibrillation. de plus le cœur même défibrillé, peut être en rythme non perfusant. D’où la nécessité de le masser même battant, après le 1er choc.

Voici ce qu’il convient de faire dorénavant

- Une RCP initiale de 2 minutes quand l’arrêt cardiaque date de 4 à 5 minutes.
- Les défibrillateurs externes automatisés (comprenant défibrillateur semi automatique (DSA) et défibrillateur entièrement automatique (DEA)) : l’énergie biphasique est maintenant recommandée à raison de 150 à 200 Joules pour le 1er choc et les suivants. L’énergie exacte dépendra de l’impédance du patient et sera calculée par le défibrillateur.

DSA laboratoire Survalink

- Les défibrillateurs monophasiques restent à 360 Joules d’emblée. Il semble que l’on oublie le mémento 4 Joules/kilo. Leur efficacité est moindre que la défibrillation biphasique.

Un seul choc entre deux minutes de RCP.
On refait un deuxième choc si besoin, par analyse automatique du défibrillateur, avant de recommencer la RCP sur 2 minutes, après contrôle du pouls et/ou de la reprise d’une ventilation. On refait un troisième choc si nécessaire, après ces 2 minutes de RCP et l’on continue les manœuvres (RCP + DSA si besoin) jusqu’à l’arrivée d’une équipe médicale (à l’extérieur) ou d’un médecin (à l’hôpital).

Le rythme de compression est de 100/minute.

Le médicament d’élection reste l’adrénaline pour la France, alors que les américains préfèrent la vasopressine, bien que celle-ci n’est pas démontrée de supériorité définitive au vu de la littérature actuelle.

Le bouche à bouche n’est plus recommandé (sauf dans le domaine du privé (son propre conjoint, son enfant...), dans la mesure où la RCP permet la circulation de sang oxygéné. Cependant il existe des masques munis de valve unidirectionnelle dont le coût avoisine 3 € pour faire face à certains problèmes légitimes d’hygiène et de protection.

life for 2 masque life for 2 (site Medistore.fr) ou pocket mask pocket mask (laboratoire Laerdal)

Des cas avérés de transmission de tuberculose ou d’herpès ont été décrits après une technique de bouche à bouche.

Pour le personnel soignant disposant de matériel de ventilation (masque et ballon dit "BAVU" (ballon auto-remplisseur à valve unidirectionnelle), il convient de l’utiliser en première intention.

Dans le cas d’un arrêt cardiaque en dehors de toute structure médicalisée, le MCE devra être entrepris d’emblée, sans se préoccuper de ventilation.
Si l’arrêt cardiaque est d’origine hypoxique et que le bouche à bouche n’est pas envisageable (personne inconnue, vomis...) il est préférable de prévenir et de masser que de ne rien faire.

La phrase à retenir et à enseigner est appeler le 15 -masser-défibriller.

Il convient de combler le retard accumuler par la France, concernant l’implantation des DSA.
Les pays anglo-saxons ont largement diffusés ces appareils dans les endroits à haute fréquentation (aéroport, hôtel, centre commerciaux, casino, avions... ).
Les résultats laissent peu de place au doute : en France, le taux de récupération à l’arrêt cardiaque est entre 2 à 5 %. Il est de 30 à 50 % dans les pays équipés de DSA ou DA accessibles au grand public...!

DEA/ECG AT101 easy Schiller

La ville pilote de Montbard dans la côte d’or a montré l’intérêt de ces appareils. 40 % de la population de cette ville est formé aux gestes d’urgence. La ville de Hyères dans le var, s’est équipée de 8 DSA. Cabourg en a acheté 14 au printemps dernier, Issy les Moulineaux (92) s’engage sur la même voie. Ainsi que d’autres villes.

La formation du grand public doit se faire par des formations de courtes durées. Des formations de 30 minutes avec un mannequin individuel et un encadrement facilitateur personnalisé ont été faites. Elles permettent une pratique maximale en un minimum de temps.

Le mannequin est ensuite ramené au domicile, ce qui entraine un effet demultiplicateur auprès des familles de sujets présentant un risque d’ACR puisqu’un élève formé en forme à son tour 3 en moyenne.

4 sessions de 30 minutes avec un formateur permettent de former 96 élèves qui en formeront 290 en utilisant le "kit" à domicile.

Au Danemark, le projet de formation en 30 minutes à l’école, basé sur le volontariat (50 % d’inscrits) et couvert par la presse et la télévision a permis de former en 1 semaine 35 000 élèves âgés de 12 à 14 ans dans 806 écoles.
Un CD était associé au kit de formation incitant les formés à former leur entourage.
Au total environ 135 000 membres de la famille, de l’entourage proche ont été informés en une semaine.

à lire cette étude (en anglais)

Lire la revue des SAMU Tome XXIX décembre 2007 qui reprend les publications du 4e forum de l’urgence conseil Français de réanimation cardiopulmonaire (Nîmes 14-15 novembre 2007)

L’utilisation d’un défibrillateur manuel est un acte médical. (circulaire du 6 janvier 1962) Mais le Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004, stipule dans son article R. 4311-9 : L’infirmier ou l’infirmière est habilité à accomplir sur prescription médicale écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, les actes et soins suivants, à condition qu’un médecin puisse intervenir à tout moment :

7° Utilisation d’un défibrillateur manuel ;

L’arrivée des DSA a permis au personnel non médical de pouvoir utiliser ce matériel :
Décret n° 98-239 du 27 mars 1998 (article 2) complété par le Décret n° 2000-648 du 3 juillet 2000 modifiant le décret no 98-239 du 27 mars 1998.

Les textes dans leur globalité se trouvent ici

le coeur sur la main
Souvenons nous que chaque minute qui passe, en cas de fibrillation ventriculaire, diminue les chances de survie de 7 à 10 %.

Les arrêts cardiocirculatoires extra hospitaliers surviennent plus souvent à domicile (75 à 80 % des cas) que sur la voie publique (10 %) sur le lieu du travail ( 1 à 2 %) ou dans des stades, gymnases, piscines, tennis, golfs (1 à 2 %). D’autres lieux sont aussi à prendre en considération : les maisons de retraite, les cabinets médicaux, les grands magasins, les mairies et salles des fêtes, les gares et aéroports, les trains et avions (2 %)

Ils surviennent dans 70 % des cas devant témoins, mais en France moins de 20 % entreprennent des manœuvres de réanimation.

Le délai moyen d’appel aux unités mobiles de secours est de 5 minutes. Il s’ajoute le temps de déplacement de ces secours (en moyenne 10 minutes), le temps d’intervention au domicile étant 2 fois plus long que sur la voie publique.


(Chiffre du rapport du groupe de travail de la commission IV (maladies cardiovasculaires) Académie Nationale de Médecine, Paris 06

Pour assurer une meilleure prise en charge extra hospitalière des arrêts cardiocirculatoires, l’Académie Nationale de Médecine recommande :

-  La formation du plus grand nombre de personnes aux premiers secours.

- formation obligatoire, initiale et continue des médecins, pharmaciens, paramédicaux et agents de la fonction publique ( Attestation de Formation aux Gestes de premiers Secours et d’Urgence (AFGSU)

- formation courte et répétée (avec support audiovisuel) pour un public élargi, avec délivrance d’une attestation, notamment

- dans les écoles

- lors de la journée citoyenne

- dans les centres sportifs

- dans les lieux publics

- pour les proches des sujets à risque

- lors de la préparation à l’examen du permis de conduire et des stages de récupération des points.

- Une grande diffusion des défibrillateurs automatisés externes (avec maintenance périodique obligatoire des appareils) reliés à un appel au SAMU, et facilement accessibles dans

- les lieux publics

- les lieux de forte densité résidentielle

- les lieux de travail

- les centres commerciaux

- les pharmacies

- les centres sportifs

- les aéroports et les gares

- les moyens de transport (avions, bateaux, trains)

- L’information du public et son éducation, très largement diffusées et répétées par différents supports écrits et audiovisuels.

- Élargissement des autorisations existantes pour l’utilisation du défibrillateur automatique, permettant l’emploi des appareils par le grand public.

- Évaluation des stratégies, sur plusieurs années par le SAMU et les centres hospitaliers en coordination avec les autres professionnels avec mise en place d’un registre national

- évaluation de l’information et de la formation par les témoins
- pratique de la réanimation rudimentaire par les témoins
- diffusion et utilisation des défibrillateurs automatiques
- délais et modalités des diverses interventions extra hospitalières et hospitalières
- efficacité de la prise en charge des arrêts cardiocirculatoires (chaîne de survie).

Pour en savoir plus sur l’European Resuscitation Council (ERC) et son guidelines (en anglais)

Un bon complément sur le DSA

voir aussi l’article de la SOFIA et les vidéothèques associées sur le DSA

l’article de la SOFIA sur l’AFGSU

La législation

une vue du matériel disponible (non exhaustif)

Une vidéo qui montre la gestuelle à suivre lors d’un arrêt cardiorespiratoire.

Voir l’article sur le premier massage cardiaque de l’Histoire.

Enfin, l’habitude d’arrêter le massage cardiaque pendant le choc électrique au prétexte d’un risque d’électrisation du sauveteur n’aurait pas lieu d’être devant les travaux de Lloyd et col. (en anglais).

Le Dr Michael Lloyd et ses collègues de l’Emory University Hospital à Atlanta et ses collègues ont donc voulu évaluer la sûreté pour le secouriste du maintien du contact direct avec le patient pendant la délivrance d’un choc.

L’étude a été menée auprès de 43 patients nécessitant une cardioversion programmée pour une fibrillation atriale ou un flutter persistant ou devant recevoir un examen électrophysiologique invasif avec une cardioversion ou une défibrillation externe.

Pendant la délivrance des chocs, l’un des co-investigateurs devait mimer une compression thoracique, en plaçant la paume de ses mains, portant des gants médicaux en polyéthylène, en contact direct avec le torse nu du patient et en appuyant de la même façon, à côté de l’électrode délivrant les chocs.

Aucun choc n’a été perceptible pour l’investigateur effectuant la fausse compression.

Les différences de potentiel maximales entre le poignet et la cuisse de l’investigateur allaient de 0,28 à 14 V et le courant de fuite moyen passant dans le corps de l’investigateur à chaque phase de l’onde de choc était de 283 µA.

"Ceci est en dessous de plusieurs standards de sécurité recommandés pour le courant de fuite", notent les auteurs.

"Les secouristes effectuant des compressions thoraciques pendant la défibrillation externe biphasique sont exposés à de faibles niveaux de courant de fuite. Ces résultats soutiennent la faisabilité de compressions thoraciques ininterrompues pendant la délivrance de chocs, ce qui peut améliorer l’efficacité de la défibrillation et de la ressuscitation cardiocérébrale", concluent les auteurs.

Il faut toutefois noter que cette étude possède des biais, notamment les gants que portaient les secouristes.
Il faut donc plus d’investigation pour pouvoir déterminer quels types de gants protègent ou pas.

En conséquence, le principe de précaution s’impose, et il faut continuer à s’écarter et ne pas toucher la victime lors du choc électrique externe.

- A garder à l’esprit, les recommandations de l’ILCOR restent incontournables dans leur légitimité :

NOUVELLES MANŒUVRES DE RÉANIMATION CARDIO-PULMONAIRE ET AMÉLIORATION DU DEVENIR DES PATIENTS.

Michael Kellum, étal.

Ce remarquable travail multi-centrique intégrant des données américaines et italiennes met en exergue l’intérêt des modifications de la prise en charge des arrêts cardio-respiratoires tels qu’édictés par les recommandations.

Une analyse des arrêts faite dans les centres ayant accepté l’étude fait ressortir un taux de survie initiale de 20%, avec une évolution neurologique favorable dans 15% des cas. Ceci au cours des trois années ayant précédé les recommandations 2005.

Au cours des trois années ayant suivi l’édiction de nouveaux protocoles, notamment avec une emphase portée sur la durée des compressions thoraciques, la survie est passée à 47%, avec une évolution neurologique favorable de 39 %.

Annals of Emergency Medicine Vol.52. N°3 ; 244-255

À lire : Massage ou Défibrillation ?


Pris sur le site de la SFAR

Associer des insufflations à des compressions thoraciques pour réanimer un arrêt cardiaque extra-hospitalier par un premier témoin, c’est réellement 0 % de survie en plus …

La mort subite reste une importante cause de décès dans les pays industrialisés, affectant chaque année près de 350.000 personnes aux Etats-Unis et plus de 700.000 en Europe [1]. Plus de 50 ans après la démonstration de l’intérêt du bouche à bouche en 1958 par Peter Safar [2], puis des compressions thoraciques par Kouwenhoven et al. en 1960 [3], deux études randomisées viennent de donner un sérieux coup de grâce à la ventilation dans la réanimation initiale de l’arrêt cardiaque, tandis que la compression thoracique continue, appuyée, rapide (100 fois par min) reste bien la pierre angulaire de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) de base en attendant l’arrivée d’un défibrillateur (si possible disponible en lieu public), puis d’une équipe médicalisée.

La RCP a connu de nombreuses évolutions au fil des années. Plusieurs études animales ont bien démontré que toute interruption des compressions thoraciques [4 - 6] ou toute hyperventilation [7] étaient délétères. Chez le chien, la saturation artérielle en oxygène persiste longtemps à un niveau correct après induction d’un arrêt circulatoire par fibrillation ventriculaire et réalisation d’une RCP par compressions thoraciques seules [8]. Certaines études humaines retrouvent une survie similaire des arrêts cardiaques extra-hospitaliers, que la RCP soit réalisée avec ou sans insufflations. Déjà en 2000, les équipes de Seattle randomisent des patients victimes d’arrêt cardiaque en lieu public pour recevoir une RCP par les premiers témoins comportant soit des compressions thoraciques seules, soit associées à du bouche à bouche rapidement « enseignée » à distance par la régulation médicale. Aucune différence en terme de survie n’y est observée dans ce dernier groupe [9]. Dans une vaste étude observationnelle conduite de l’autre côté du Pacifique, au Japon (SOS Kanto), des résultats assez semblables sont colligés sur plus de 4000 victimes [10]. Des résultats semblables sont aussi rapportés par les Suédois [11]. Aujourd’hui encore cependant, les recommandations internationales indiquent que la RCP doit associer des compressions thoraciques à des insufflations orales ou instrumentales [12, 13].

Deux articles du New England Journal of Medicine [14, 15], regroupant respectivement 1941 et 1276 patients en Suède, à Seattle et Londres, jettent un nouveau pavé dans la mare, à l’heure où se finalisent les prochaines recommandations internationales de l’International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR), dont la publication est prévue avant la fin de l’année, et qui seront présentées au prochain congrès du Conseil Français de Réanimation Cardio-Pulmonaire (CFRC) les 15 et 16 décembre 2010 à Lille (http://www.forumurgence.org/). Dans ces deux études prospectives, les patients ayant présenté un arrêt cardiaque extrahospitalier ont été randomisés pour bénéficier d’une RCP de base soit par compressions thoraciques seules continues (sans insufflations), soit par RCP associant compressions thoraciques et insufflations selon les recommandations (mais avec une alternance 15/2 anciennement recommandée, 30/2 étant maintenant celles indiquée). Leur conclusion est sans appel : la survie des patients est similaire que la RCP soit réalisée avec ou sans insufflation. Une tendance à une meilleure survie est même observée avec une RCP par compressions thoraciques seules chez les patients en arrêt cardiaque de cause cardiaque avec un rythme initial en fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire. Il est d’ailleurs notable que toutes les études (les actuelles, comme la première de 2000) retrouvent cette tendance non significative, possiblement par un manque de puissance.

Ces derniers résultats, associés à la difficulté, à « la répugnance » et au risque à réaliser un bouche-à bouche, incitent à penser que la RCP par compressions thoraciques seules (plus facile à enseigner, à mémoriser et à réaliser) pourrait en augmentant l’incitation des premiers témoins à réaliser une RCP, ainsi augmenter les chances de survie des arrêts cardiaques extrahospitaliers.

Au vu de ces résultats, faut-il encore enseigner le bouche-à-bouche au grand public ? La technique est difficile, car elle nécessite une parfaite étanchéité et des voies aériennes libres. Elle induit des insufflations stomacales et distensions gastriques qui majorent les difficultés des insufflations et exposent au risque d’inhalation. Elle répugne le grand public, n’est pas sans risque dans la transmission de maladies infectieuses, et l’interposition d’un écran facial entre la bouche du sauveteur et celle de la victime ne minore pas le risque infectieux, tout en diminuant grandement l’efficacité des insufflations réalisées. Certaines études récentes semblent démontrer de plus un effet délétère de l’hyperoxie dans la réanimation des patients en arrêt cardiaque [16].

La RCP « classique » associant compressions thoraciques et insufflations doit donc garder sa place pour la réanimation des arrêts cardiaques « hypoxiques », mais doit être clairement rediscutée pour la réanimation des arrêts cardiaques extrahospitaliers lorsqu’une cause cardiaque est suspectée. Elle devrait permettre une simplification de l’enseignement du grand public, probablement une augmentation du taux de réalisation d’une RCP sur une victime en arrêt cardiaque, puis on l’espère une augmentation de la survie, associée bien sûr à l’installation plus importante de défibrillateurs en lieu public, et une formation plus grande de la population (grâce à des modules de formation de courte durée).

[1] Jonas A & al. Cardiopulmonary Resuscitation History. Circulation 2006 ; 114 : 2839-49.

[2] Safar P & al. Ventilation Efficacy of Mouth-to-Mouth Artificial Respiration. Journal of the American Medical Association 1958 ; 167 : 335-41.

[3] Kouwenhoven WB & al. Closed chest cardiac massage. JAMA 1960 ; 173 : 1064-7.

[4] Kern KB et al. Circulation 2001 ; 104 : 2465 – 70.

[5] Kern KB et al. Circulation 2002 ; 105 : 645 – 9.

[6] Ewy GA & al. Improved neurological outcome with continuous chest compressions compared with 30:2 compressions-to-ventilations cardiopulmonary resuscitation in a realistic swine model of out-of-hospital cardiac arrest. Circulation 2007 ;116:2525-30.

[7] Hyperventilation-induced hypotension during cardiopulmonary resuscitation. Circulation 2004 ;109:1960-5.

[8] Chandra NC et al. Circulation 1994 ; 90 : 3070 - 5

[9] Hallstrom A & al. Cardiopulmonary resuscitation by chest compression alone or with mouth-to-mouth ventilation. N Engl J Med 2000 ; 342(21) : 1546-53.

[10]SOS-KANTO study group. Cardiopulmonary resuscitation by bystanders with chest compression only (SOS-KANTO) : an observational study. Lancet 2007 ; 369 : 920–26

[11] Bohm K, Rosenqvist M, Herlitz J, Hollenberg J, Svensson L. Survival is similar after standard treatment and chest compression only in out-of-hospital bystander cardiopulmonary resuscitation. Circulation 2007 ;116:2908-12.

[12] Circulation 2005, American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care , Volume 112, Issue 24 Supplement ; December 13, 2005.

[13] Resuscitation, Volume 112, Issue 24 Supplement ; December 13, 2005.

[14] Rea TD & al. CPR with chest compression alone or with rescue breathing. N Engl J Med 2010 ; 363 : 423-33.

[15] Svensson L & al. Compression-only CPR or standard CPR in out-of-hospital cardiac arrest. N Engl JMed 2010 ; 363 : 434-42.

[16] Kilgannon JH & al. Association between arterial hyperoxia following resuscitation from cardiac arrest and in-hospital mortality. JAMA 2010 ; 303 : 2165-71.

[16] Sun HY et al. Hypoxic postconditioning reduces cardiomyocyte loss by inhibiting ROS generation and intracellular Ca2+ overload. Am J Physiol Heart Circ Physiol 2005 ; 288 : H1900-H1908.


Le particularisme et l’exception culturelle française nous font vivre avec plusieurs numéros de téléphone pour appeler les services d’urgence.
- Le 15 SAMU (dès qu’il y a une victime)
- Le 18 pompiers (secouristes, soldats du feu)
- Le 17 police protection des personnes et des biens, balisage des zones, sécurité.
- Le 112 numéro européen

Il serait plus que temps d’en sortir, et d’uniformiser un seul et unique numéro. Le 112 est le plus approprié.

Historique du 112

- Réglementation :

Le numéro d’urgence européen 112 a été créé par une décision du Conseil en date du 29 juillet 1991. Il était demandé à tous les États-Membres de mettre en place le numéro d’urgence européen 112.

La principale réglementation concernant le 112 est la Directive Service Universel qui a été adoptée en mars 2002. Cette directive détaille les obligations concernant le 112 :

* Gratuité : Les Etats-Membres doivent s’assurer que les utilisateurs de téléphones fixes et portables, y compris les téléphones payants, soient en mesure d’appeler le 112 gratuitement.

* Non discrimination : Les appels au 112 doivent être réceptionnés et traités de manière appropriée, sans considération du fait que ce soit le 112 ou un numéro national qui ait été composé. Quelques Etats-Membres (Suède, Danemark et Pays-Bas) ont fait du 112 leur principal numéro d’urgence quand pour la plupart des pays le 112 fonctionne en parallèle avec les numéros d’urgence nationaux.

* Localisation de l’appelant : Les Etats-Membres doivent également garantir aux services d’urgence la possibilité de localiser la personnes appelant le 112. En cas d’urgence, cela peut se révéler d’une grande importance dans une situation où la personne est dans l’impossibilité de fournir sa localisation précise, notamment dans le cas d’un appel depuis un téléphone portable ou/et pendant un voyage à l’étranger.

* Augmenter la connaissance du 112 : Tous les pays de l’UE doivent informer les citoyens (nationaux ou visiteurs) de l’existence du 112 et des circonstances dans lesquelles il est approprié de l’utiliser.

La réforme en cours des Télécoms. Dans le cadre de la large réforme des règles en matières de télécommunication, la Commission européenne a récemment proposé la réforme Télécom. La priorité est essentiellement l’amélioration de l’accès au 112 pour les personnes handicapées.

- Statistiques récentes

L’Eurobaromètre N°262 sur le numéro d’urgence européen 112, publié en février 2009, nous fournit des données récentes concernant la connaissance du 112 par les européens, leur accès à l’information sur le numéro d’urgence et leur opinion sur l’utilité d’un tel numéro.

- L’utilité du numéro d’urgence européen 112

* Une large majorité des citoyens européens (94%) était totalement d’accord, ou tendait à être d’accord, sur l’utilité d’avoir un numéro d’urgence disponible partout dans l’UE. Les personnes interrogées au Royaume-Uni était les moins convaincues de la valeur d’un tel numéro (87% tendait à être d’accord ou était totalement d’accord).

* 9 citoyens européens sur 10 étaient d’accord (totalement d’accord ou tendait à être d’accord) pour dire que l’accès, via le 112, aux services d’urgence pour les utilisateurs handicapés devrait être amélioré, mais les réponses variaient selon les pays, de 75% aux Pays-Bas à 97% en Grèce.

- Information sur le numéro d’urgence européen 112

* Un peu plus de 6 citoyens européens sur 10 n’étaient pas d’accord sur le fait que les gens étaient suffisamment informés de l’existence du numéro d’urgence européen 112. Dans seulement 3 pays de l’UE (République Tchèque, Roumanie et Luxembourg), plus de la moitié des personnes interrogées pensaient que les gens étaient bien informés.

* Bien que les Etats-Membres soient obligés d’informer les citoyens de l’existence du numéro d’urgence européen 112, presque 7 personnes interrogées sur 10 (69%) disaient n’avoir reçu aucune information dans les 1é mois précédents et seulement 1 sur 5 (21%) disait avoir vu ou entendu de l’information à propos du 112.

* La proportion de personnes interrogées qui disaient avoir reçu de l’information sur le 112 en tant que numéro d’urgence européen dans les 12 mois précédents allait de 7% au Royaume-Uni et en Grèce à 60% en Bulgarie.

* Sur ces personnes interrogées, 4 sur 5 (81%) nomment les médias (télévisions, radio, journaux, internet) comme leur principale source d’information concernant le numéro d’urgence européen 112. Seulement 1 personne sur 10 (9%) a fait mention des opérateurs téléphoniques comme leurs sources d’information.

- Connaissance du numéro d’urgence européen 112

* La population est n’est généralement pas familière du 112 comme numéro d’urgence européen. Seulement 1 personne interrogée sur 4 (24%) pouvait spontanément identifier le 112 comme le numéro à appeler en cas d’urgence n’importe où dans l’UE. Une plus large proportion de citoyens (45%) disait qu’elle appellerait le 112 pour une urgence dans leur propre pays.

* La connaissance du 112, en tant que numéro à appeler en cas de situation d’urgence partout dans l’UE, variait beaucoup selon le pays d’origine de la personne interrogée (de 3% en Italie à 58% en République Tchèque). La proportion de personnes interrogées qui mentionnent le 112 pour les urgences dans leur propre pays allait de 1% en Grèce à 98% en Suède.

* Avoir connaissance de l’existence du 112 comme un numéro d’urgence à appeler dans son propre pays ne signifie pas nécessairement que les personnes interrogées savaient qu’il s’agissait du numéro d’urgence européen.

(toutes les données proviennent de l’Eurobaromètre N°262)
pdf Eurobaromètre N° 262 - Le numéro d’urgence européen 112 (Uniquement disponible en anglais) (546KB)

Flash Eurobarometer 262 The European Emergency Number 112

- Mise en œuvre du numéro d’urgence européen 112

En juin 2008, le comité Communication (COCOM) de la Commission européenne a publié un rapport de synthèse sur la mise en œuvre du numéro d’urgence européen 112 (DG INFSO/B2).

En tant que mesure de suivi de la Déclaration Écrite du Parlement Européen sur le 112 adoptée le 6 septembre 2007, l’objectif de ce document de travail était de rassembler autant de données que possible sur le fonctionnement du 112 dans les États-Membres.

Le Rapport analyse les informations fournies par 24 États-Membres en réponse au questionnaire (document COCOM07-47 Final) adressé par le COCOM sur la mise en œuvre du numéro d’urgence européen 112.

Le Rapport analyse les sujets suivants :

* Des problématiques générales comme le nombre de numéros d’urgence dans chaque État-Membre, des statistiques sur les appels, les informations sur les faux appels et les plaisanteries, le routage des appels et les structures des centres d’appel de la protection civile, l’accès aux numéros d’urgence ;
- Le traitement des appels ;
- La localisation des appels ;
- La promotion du 112.

Communication committee 08-17 FINAL Implementation of the European emergency number 112 Summary Report (anglais)
Annexe to Communication Committee 08 17 FINAL Country Overview Tables

Vous pouvez joindre le numéro d’urgence européen 112 dans tous les États-Membres de l’Union Européenne et dans les pays tiers suivants :

Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République Tchèque, Danemark, Estonie, Iles Féroé, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, République de Macédoine, Malte, Monaco, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Vatican et le Royaume-Uni.

Vous pouvez également joindre les services d’urgence en composant le 112 dans les pays suivants :

Turquie, Russie (dans certaines régions, dans tout le pays en 2012) et Israël où le 112 fonctionne aussi pour toutes les urgences depuis les téléphones mobiles.

Comment appeler le 112 ?

1. Tout d’abord : Gardez votre sang-froid !

Il est impératif que vous puissiez donner des informations cruciales concernant la situation d’urgence.

2. Si vous pouvez, appelez vous même.

Quand une personne est directement impliquée dans la situation d’urgence, le mieux est qu’elle appelle elle-même. Les appels faits par des intermédiaires peuvent différer l’arrivée des secours.
Donc si vous le pouvez, mettez vous en sécurité et appelez.

3. Composez uniquement les trois chiffres 1-1-2 sur le clavier du téléphone et pressez la touche "Appeler", ou composez le 112 sur le cadran du téléphone. Vous n’avez à composer aucun code de pays, ville ou localité avant le 112 ;

4. Attendez jusqu’à ce qu’un opérateur réponde à votre appel. Soyez patient ! S’il n’y a aucune réponse après plusieurs tonalités, n’interrompez pas votre appel et n’essayez pas d’appeler de façon répétée. Chaque appel répété est considéré comme nouveau et est placé à la fin de la liste des appels en attente, le temps d’attente peut ainsi être rallongé ;

5. Présentez-vous puis exposez brièvement et clairement ce qui se produit et qui est impliqué ;

6. Indiquez la localisation (si possible une adresse précise) où l’assistance d’urgence est nécessaire. Si possible, expliquez le chemin le plus facile pour atteindre l’endroit. Si un accident se produit dans un endroit différent de celui où vous appelez, indiquez le également ;

7. Répondez brièvement et clairement à toutes les questions posées. Veuillez comprendre que des réponses claires et précises à toutes les questions sont nécessaires pour déterminer l’assistance immédiate appropriée ;

8. Suivez le conseil donné par l’opérateur ;

9. Ne raccrochez que lorsque l’opérateur vous l’indique ;

10. Si possible, essayez de conserver votre ligne téléphonique libre après la conversation. Un opérateur aura peut-être besoin de vous contacter à nouveau pour obtenir des informations complémentaires sur l’accident ou pour vous donner des conseils supplémentaires ;

11. Si la situation d’urgence change (que ce soit pire ou mieux), appelez à nouveau le 112 et dite le.

Attention !

Beaucoup de gens appellent parfois le 112 pour prévenir du même accident ou urgence. Ne soyez pas surpris si l’opérateur vous demande seulement si vous avez des informations complémentaires utiles et met fin à la conversation. Il agit de cette manière pour éviter les données en double, pour libérer plus rapidement la ligne et pour garantir une réponse rapide au prochain appel d’urgence

Le site du 112

- A écouter La recommandation formalisée d’expert sur l’arrêt cardiaque (Pr Carli 2007)


Il serait bien de s’entraîner régulièrement à la réanimation cardiopulmonaire !

Dans la plupart des services hospitaliers, le personnel infirmier n’a que peu l’occasion de pratiquer une réanimation cardiopulmonaire (RCP), en dehors de la formation continue annuelle ou bisannuelle.

Plusieurs études ont pourtant montré que les connaissances sur la pratique de la RCP diminuent au-delà de 2 mois après la formation. Une méta-analyse de 53 études sur le maintien des compétences a montré que l’absence de pratique durant un an entraîne la perte de 92 % de la compétence initiale.

Seules quelques études ont évalué la qualité des compétences en RCP des infirmier(e)s, mais il apparaît que celle-ci, tout comme celles des autres soignants, ne permettent pas toujours de réaliser correctement une RCP, notamment en ce qui concerne la profondeur des compressions thoraciques.

Les mannequins et autres dispositifs d’aide à la pratique d’une RCP sont des outils intéressants pour le maintien des compétences à réaliser une RCP adéquate. Ils permettent de rafraîchir les connaissances acquises antérieurement (formation initiale et continue) et d’accroître l’expérience professionnelle. Sur les mannequins, les limites correctes de compression et de ventilation sont programmées, une aide corrective auditive ou visuelle indique au soignant le niveau de sa performance.

Skorning et coll. ont testé un nouveau dispositif visuel d’aide à la RCP, qui prend en compte la profondeur et le rythme des compressions thoraciques. Le petit dispositif est placé entre la poitrine du patient et la paume du soignant. Il indique, au moyen d’un jeu de couleurs, la profondeur et le rythme des compressions. Parmi les 93 soignants qui ont participé à l’étude, seulement 45 % ont réalisé une profondeur de compression correcte sur un mannequin sans ce dispositif. Après un entraînement sur un mannequin équipé du dispositif, ce pourcentage passe à 73 %. En ce qui concerne le rythme des compressions thoraciques adéquat, le pourcentage passe de 62 à 95 % grâce à la mise en place du dispositif.

Dans un hôpital américain, une approche d’entraînement à la RCP appelée Rolling Refreshers a été mise en place dans le service de pédiatrie. Une valise contenant un mannequin et un défibrillateur avec un dispositif automatique de correction est mise à disposition en permanence en accès libre dans une salle du service. Les compétences en RCP sont significativement améliorées pour les infirmier(e)s qui effectuent un entraînement au minimum 2 fois par mois.

Dr Estelle Deniaud Boüet (source JIM)

Oermann, MH et coll. : Competence in CPR. Am J Nurs., 2012 ; 112 : 43-46.

Arnaud BASSEZ

Administrateur

IADE

Formateur AFGSU /enseignant CESU


Petit rappel :

- L’impédance est la résistance au passage du courant électrique. Plus l’impédance est forte, plus l’opposition au courant de défibrillation est élevée.

L’impédance varie en fonction de l’état de la peau, la taille des électrodes, la qualité du contact des électrodes, le nombre des chocs précédents voire du poids du patient.

- Seuil de défibrillation : Il correspond au courant minimum capable de provoquer la défibrillation. Il varie d’une personne à l’autre.


Documents joints

Utilisation d'un appareil pour MCE le (...)
Nouvelles recommandations de prise en charge (...)
Recommandations SFAR organisation PEC urg (...)
ERC Guidelines 2005
La DSA recommandations aux médecins et autres (...)
Guide national de référence de formation à (...)
rapport DSA
Recommandation Prise En Charge ACR SFAR (...)
Prise en charge de l'arrêt cardiaque
A Comparison of Vasopressin and Epinephrine (...)
Prise en charge de l'arrêt cardiaque, recommandatio
Article capital equipement medical
Prise en charge arrêt cardiaque intra hospitalier

Commentaires  forum ferme

Logo de Arnaud Bassez
mardi 4 septembre 2007 à 12h42 - par  Arnaud Bassez

Les recommandations sont celles concernant les acteurs de santé, ainsi que les secouristes. L’AFGSU est basée sur des travaux scientifiques internationaux, récents et validés.

Ces recommandations font donc références, même si des particularismes nationaux peuvent exister.

La volonté de mettre des DSA à chaque coin de rue est peut-être hypothétique, toutefois il est bon de constater la prise en compte de ces préoccupations par les pouvoirs publics.

Le retard ne se rattrape pas en un an. Mais la volonté politique semble réelle.
Nous pouvons donc espérer que c’est de bon augure.

Je vous renvoie sur les textes de loi pour l’afgsu. Tout en sachant bien que la loi instituant des DSA partout, n’est pas encore promulguée...

Encore faut-il pour que cela soit efficace, avoir une population formée à la pratique régulière des gestes d’urgence.

Je ne doute pas que vous vous êtes inscrit auprès d’un organisme agréé afin d’y recevoir vous même l’enseignement nécessaire.

AB

Site web : AFGSU
Logo de dentam
mardi 4 septembre 2007 à 11h30 - par  dentam

Recommandation ce mot clé est perçu au sens complet du terme avec pour définition ou plutôt "comment il est interprété par les concernés" : recommandation n’est pas obligation..
A lire les chiffres et voir les possibilités de sauver des vies, on peut penser que les "concernés" s’activeraient à acquérir des DSA, il n’en n’est rien, pour exemple, nous avons contacter une entreprise de transport maritime de passagers, la réponse rejoint la définition du haut : "oui c’est recommandé, mais tant qu’il n’y a pas de loi nous obligeant.."
Forçons les politiques a légiférer autoritairement..

Logo de Arnaud Bassez
mercredi 25 avril 2007 à 19h58 - par  Arnaud Bassez

Encore sur le JIM (Journal International de médecine)

L’arrêt cardio-respiratoire (ACR) survenant en dehors du contexte hospitalier est un problème d’une ampleur considérable. Aux États-Unis, chaque année, plus de 200 000 sujets en sont victimes. Dans la majorité des cas, c’est l’exitus qui conclut l’affaire. En effet, 5 % environ seulement des malades vont survivre. Pour remédier à ces résultats catastrophiques, des stratégies ont été mises en place qui visent à améliorer la prise en charge extra-hospitalière, l’objectif étant de rétablir le plus rapidement possible une activité cardiaque efficace en cas de fibrillation ou de tachycardie ventriculaire. Les survivants sont en effet ceux qui bénéficient le plus rapidement possible d’une défibrillation efficace. Tout le problème reste de fixer l’énergie optimale du choc électrique désormais délivré sous la forme d’une défibrillation à onde biphasique. Celle-ci se situe entre 160 et 300 kV pour chaque choc, mais, en cas d’échec, faut-il utiliser des énergies fixes ou croissantes ?

C’est à cette question que répond un essai randomisé multicentrique, mené à double insu, en l’occurrence l’étude BIPHASIC, dans laquelle ont été inclus 221 malades victimes d’un ACR. Dans tous les cas, au moins une cardioversion a été administrée, à l’aide d’un défibrillateur externe automatisé biphasique. Deux stratégies ont été comparées, trois chocs étant délivrés successivement en cas de besoin, soit d’énergie fixe 150-150-150 J, soit d’énergie croissante, 200-300-360 J.

L’âge moyen des patients était de 66 ans et, dans 79,6 % des cas, il s’agissait de sujets de sexe masculin. L’arrêt cardiaque s’est déroulé en présence d’un ou plusieurs témoins dans 63,8 % des cas, et une réanimation cardiorespiratoire a été entreprise par ceux-ci près d’une fois sur quatre (23,5 %). Le trouble du rythme était le plus souvent une fibrillation ventriculaire (FV) (92,3 %). Des chocs multiples ont été nécessaires chez 106 malades.

Une analyse primaire menée chez les patients qui ont bénéficié de chocs multiples a révélé que la FV a été interrompue ou modifiée dans 24,7 % des cas avec les chocs faibles multiples fixes, versus 36,6 % avec les chocs plus élevés croissants (11,9 % de différence en valeur absolue, p=0,035). La fin de la FV a été obtenue chez 71,2 % des malades du premier groupe, versus 82,5 % dans le second (p=0,027).

Un choc initial conduisant à une conversion de la FV a été le fait de 38,4 % des malades du premier groupe et de 36,7 % des malades du second (p=0,92) (versus respectivement 86,8 % et 88,8 % pour ce qui est de la fin de la FV, p=0,81). Les résultats en terme de survie ou d’effets indésirables ont été comparables dans les 2 groupes.

Cette étude randomisée démontre qu’en cas de chocs électriques multiples délivrés à l’occasion d’un ACR, le contrôle ou la conversion de la FV sont plus fréquemment obtenus quand l’énergie de ces chocs est d’emblée élevée (200 J), puis croissante (300 et 360 J). Ce succès semble éphémère, car il n’y a pas d’incidence sur la survie, mais le manque de puissance statistique de l’essai mérite d’être souligné. En pratique, la stratégie à privilégier est à l’évidence celle qui donne les meilleurs résultats quant au contrôle de la FV à court terme. Mieux vaut mettre toutes les chances de son côté.

Dr Catherine Watkins

Ian G Stiell et coll. : “A randomized comparison of fixed lower versus escalating higher energy levels for defibrillation in out-of-hospital cardiac arrest.” Circulation 2007 ; 115 : 1511-1517.

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mercredi 20 décembre 2006 à 19h54 - par  Arnaud Bassez

Toujours sur le même site, une autre étude sur l’emplacement des défibrillateurs automatiques :

AHA- Chicago. Depuis plusieurs années, les autorités sanitaires américaines ont décidé de mettre à la disposition du public des défibrillateurs automatiques, pour permettre le traitement immédiat des fibrillations ventriculaires. Avant de décider d’une telle politique dans les pays européens il convient de mieux définir le type d’emplacements où ces dispositifs seront le plus utiles. C’est ce qu’a réalisé une équipe danoise en évaluant sur une période de 10 ans (1994-2005) quels étaient les lieux publics où les morts subites extra-hospitalières étaient les plus fréquentes à Copenhague.

De ce travail il ressort que les seuls sites pouvant justifier de la mise en place de défibrillateurs automatiques sont d’une part les grandes gares (8 morts subites en 5 ans) et les aéroports internationaux (10 arrêts cardiaques en 5 ans) ainsi que dans une moindre mesure les quartiers résidentiels à très forte concentration de population. En revanche, contrairement à une idée reçue, des défibrillateurs placés dans les quartiers d’affaires auraient été très peu utilisés.

Dr Céline Dupin

Folke F et coll. : “Cardiac Arrest Density in a Metropolitan Area. Where to Place Automatic Defibrillators.” Communication à la session scientifique de l’American Heart Association (Chicago) : 12-15 novembre 2006.

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mercredi 20 décembre 2006 à 19h22 - par  Arnaud Bassez

Vu sur un site médical,(le JIM) le commentaire de l’article suivant :

Le délai de réduction de la fibrillation de la tachycardie ventriculaire à l’aide de défibrillateurs est un déterminant majeur de la survie après un arrêt cardiaque hors de l’hôpital. Pour réduire ce délai, l’American Heart Association (AHA) préconise plusieurs solutions : fournir plus de défibrillateurs externes automatisés ( DEA) aux intervenants traditionnels (police, pompiers, ambulances...), entraîner le personnel des lignes aériennes et placer des DEA dans les avions, placer des DEA dans des endroits publics et entraîner des volontaires.

Cette revue de la littérature avait pour but d’évaluer et de discuter l’efficacité clinique, l’impact sur la santé publique et les résultats de l’analyse coût/bénéfice de l’accès public à la défibrillation (APD).

La première question soulevée par les auteurs est de savoir si l’accès public à la défibrillation est efficace cliniquement. La réponse a la question semble être positive : le taux de survie a été amélioré lorsque des DEA ont été implantés dans des casinos, des gares, des aéroports, des avions…Les résultats de la récente étude PADT (Public Access Defibrillation Trial) ont montré un doublement de la survie après arrêt cardiaque lorsque des volontaires ont été entraînés et pourvus de DEA dans des groupes de population. Ces résultats sont cependant difficilement extrapolables car seulement 15 à 20 % des arrêts cardiaques surviennent dans des endroits publics et il est ardu de prédire où vont avoir lieu les futurs arrêts et à quel rythme.

La seconde question est de savoir quel est le coût /bénéfice de l’accès public à la défibrillation. L’analyse coût/ bénéfice de l’étude PADT n’est pas encore disponible et les études précédentes manquent de précisions sur les coûts, les résultats ou les deux. Des données provenant de sources multiples indiquent que les DEA implantés sur des sites avec un taux estimé d’1 arrêt cardiaque tous les 5 ans, comme cela est recommandé par l’AHA, ne s’adressent qu’à environ 1 à 2 % des arrêts hors de l’hôpital et n’ont qu’un impact minime sur la survie globale des patients. On peut alors se demander si l’argent dépensé pour l’accès public à la défibrillation ne serait pas plus utilement employé pour des moyens alternatifs comme l’amélioration du temps d’intervention des ambulances (qui dans une étude a doublé le taux de survie).

Les auteurs concluent que s’il peut être intéressant et d’un bon rapport coût/bénéfice d’implanter des DEA sur les lieux où le risque est le plus élevé comme les aéroports ou les casinos, cela n’aurait qu’un impact limité sur la santé publique. L’implantation de DEA sur des lieux disséminés avec un faible risque d’arrêt cardiaque n’est probablement pas d’un bon rapport coût/bénéfice et cet argent devrait être mieux employé pour des interventions alternatives dans les maladies coronaires.

Cette revue un peu polémique de la littérature est cependant pragmatique, car pour tous les services de santé du monde, l’argent est rare et doit être employé au mieux des intérêts du public. On n’en attendait pas moins des auteurs écossais de cette revue que de mettre en évidence ce qu’est un bon rapport coût/bénéfice !

Dr Serge Brugier

Pell J : “Cost-effectiveness of automated external defibrillators in public places : con” Curr Opin Cardiol. 2007 ; 22 : 5-10.

La question de l’économique dans la médecine, va devenir, à mon avis, de plus en plus prégnante dans les années à venir.
Il se pourrait même,(mais qui en prendra la responsabilité politique ?) que devant le coût de l’assurance maladie, les critères de réanimation puissent être réévalués.
Qu’ils soient médicaux et/ou chirurgicaux.
Se mêlerait l’éthique, la déontologie, l’économie, le pragmatisme, le cynisme, l’hypocrisie.
Bref ce qui fait notre société actuelle.

Je gage que des articles de ce style, sur "l’economie de santé" vont voir le jour de plus en plus.
Vers une santé à l’économie ?
Faut-il faire l’économie d’une réanimation sur un patient à partir de tels critères établis par des référentiels, validés par des conférences de consensus ?
Vers un Davos de la santé ?

à suivre...

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par  Arnaud Bassez

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AIVOC
Anesthésie Intra-veineuse à Objectif de Concentration
(cliquez sur l’image)
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Vous trouverez d’autres documents (pas forcément en lien avec le sujet présent), en consultant les "best of" de la SOFIA ainsi que les différents congrès publiés ici.
Docs en stock
Docs en stock 2 Anesthésie-Cardiologie-Femme (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

— -

En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB