Remets ton masque, on l’a reconnu !

dimanche 17 décembre 2006
par  Arnaud Bassez
popularité : 3%

La lecture d’un article sur "la technologie microbiocide interactive pour une protection respiratoire accrue contre les virus", dans la revue urgence pratique n° 79 de novembre 2006, me laisse comme un fond de pessimisme.

Cet article, excellent, écrit par le Dr Claude Lamarre, post-doctorant, du département de parasitologie et de mycologie de l’institut Pasteur, Unité des Aspergillus, compare les masques disponibles et leur inévitable classification, en relation avec une pandémie possible de SRAS ou de grippe aviaire.
Ces particules infectieuses ont un diamètre évoluant de 60 à130 nanomètres et sont très pénétrants dans les voies respiratoires.

Pour l’influenza, vecteur de la grippe, des expériences de laboratoire ont montré que la dose infectieuse minimale était de 3 particules par voie aérogène.

Pour le coronavirus, à l’origine du SRAS, de forts soupçons laissent à penser là encore qu’une faible quantité soit suffisante à la propagation de la maladie.

La concentration moyenne de bactéries contenue dans l’air d’un hôpital
serait de 350 à 700 UFC/m3 (Unités formant colonies). Dans celle d’une chambre de patient, cela peut atteindre 5000 à 7000 UFC/m3 lors des changements de literie.
Un seul éternuement peut générer jusqu’à 1 million de gouttelettes d’un diamètre inférieur à 0,1µm

(micromètre), et que jusqu’à 150 000 noyaux de gouttelettes transportant des bactéries ont été dénombrées.

Masque FFP2

Une étude récente publiée dans l’american journal of infectiology de 2006, conclue que la protection des masques de type N95 ne procurent pas nécessairement une protection adéquate contre les virus, étant donné leur taille inférieur à 0,3 µm, taille des particules de NaCl utilisées lors de la certification faite par le NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health).

En clair, en cas de grippe aviaire, l’infection pulmonaire serait "efficace". Le personnel médical dans son ensemble, a donc intérêt à se prémunir en choisissant un matériel adapté.

grippe aviaire

Les appareils de protection respiratoire de type demi masque filtrants sont des équipements de protection individuelle qui en Europe, relève d’une directive européenne. (89/686/CEE). La conformité de ces masques aux exigences de la norme EN 149 est attestée par le marquage CE. Selon cette norme il existe 3 classes d’efficacité pour les appareils de protection respiratoire jetables.
FFP1, FFP2, FFP3. Cette efficacité est évaluée au moyen d’une procédure normalisée utilisant un aérosol sans activité biologique d’un diamètre moyen de 0,6µm.

masque type ffp2

- Un masque FFP1 arrête au moins 80 % de cet aérosol
- Un masque FFP2 arrête au moins 94 %
- Un masque FFP3 arrête au moins 99 % des particules en suspension.

Aux États-Unis, un masque N95 est certifié arrêter au moins 95 % des particules neutres de NaCl d’un diamètre de 0,3 µm utilisés comme aérosol standard.
Un masque P95 possède également une efficacité particulaire d’au moins 95 % et est résistant aux huiles, ce qui s’avère nécessaire dans certains milieux industriels.

Le gouvernement français recommande le port de masque FFP2 aux professionnels de santé en situation de pandémie, ou à défaut de FFP1 !!

ffp2

Le royaume uni lui a opté pour le FFP3 lors de la crise du SRAS.

L’OMS recommande un masque N95 (ou équivalent) lors des situations de pandémie grippales.

On peut s’étonner de ne pas d’emblée préconiser le FFP3, surtout en France.

Un laboratoire américano-canadien, a développé une technologie antimicrobienne novatrice nommée Tryosin.

C’est un polymère anionique imprégné d’iode trivalent, très stable, et qui réagit en fonction de la demande, c’est-à-dire que lorsqu’une bactérie, un virus ou une moisissure passe à proximité de la Tryosin, l’iode trivalent se libère et pénètre dans la paroi cellulaire du micro-organisme.

L’oxydation du groupe SH de l’acide aminé cystéine, entraîne la perte de capacité de liaison des chaînes latérales protéiniques par un pont disulfide, un facteur important pour la synthèse des protéines.
Des masques inventés par la société Tryosin corporation, les T-3000 et T-5000 sont constitués d’un matériel filtrant traité avec la Tryosin qui procure une protection antimicrobienne. Ces masques doivent être utilisés dans le cadre d’un programme de personnalisation de l’ajustement au visage.

Des études sur l’efficacité de filtration virale (EFV) ont été menées, comparant les masques T-3000 et les FFP2 et FFP3 à une exposition de 8 heures à du coliphage MS2, fréquemment utilisé pour ces tests.

Les résultats parlent d’eux mêmes. L’efficacité du T-3000 est largement supérieure à celle des FFP2 et FFP3, puisque la réduction de la concentration virale atteint une EFV à 99,99%,alors que les masques FFP2 et FFP3 montrent une EFV nettement inférieure et comportant d’importantes fluctuations de performance sur une base temporelle.

Dust-Mask-N95-FFP1-FFP2

la capacité de décontamination du masque T-3000 dans le temps, à été évalué par un laboratoire indépendant. Les résultats démontrent une réduction de 99,99% de la concentration bactérienne après 15 minutes de contact avec la bactérie Staphylococcus aureus.
Quant à l’évaluation toxicologique du masque T-3000, les analyses démontrent que la concentration d’iode libéré par le masque est sous le seuil de détection de la méthode, soit 1,10x10-2mg/m3, ce qui reste en deçà de la valeur limite du seuil d’exposition établie par l’Occupational Safety and Health Administration
(Administration professionnelle de sûreté et de santé), à 1.036 mg/m3

Les masques T-3000 et T-5000 procurent une protection virale supplémentaire approximativement 100 fois supérieure à celle d’un masque de type FFP2 ou FFP3.

La conclusion laisse planer un profond effroi prospectif :

Une revue de la littérature scientifique, ainsi que nos propres études nous portent à croire qu’aucune des recommandations issues des plans de préparation en cas de pandémie de grippe aviaire, n’est suffisante pour assurer la protection des agents de soins de santé contre la possibilité de contracter une infection virale par voie aérogène.

moralité : H5N1 : touché-coulé !

naufrage

Une partie de ce texte, trouvé sur le 3SM mag n° 19 du mois de décembre 2006

pour en savoir plus sur la grippe aviaire ou sur le SRAS

Voir aussi le site du ministère

Le site de veille sanitaire

Les plans nationaux pays par pays, (en anglais)

Arnaud BASSEZ

IADE

Administrateur

Formateur AFGSU


Comment vous protéger et protéger les autres patients ?

Le virus grippal se transmet essentiellement par voie aérienne.

- Si un patient avec des signes de grippe (fièvre, toux, douleurs musculaires...), quel que soit le contexte, se présente aux urgences d’un hôpital, les mesures suivantes de protection doivent être systématiquement mises en œuvre.

L’application des mesures d’hygiène universelles (comme pour d’autres pathologies infectieuses habituellement prises en charge dans nos services) est essentielle :

* Mettre un masque chirurgical au patient qui présente une toux et de la fièvre

* Utiliser des produits hydroalcooliques pour l’hygiène des mains avant et après chaque contact avec le patient

- Devant un cas « possible » de grippe A/H1N1 pris en charge par le SAMU ou dans un service d’urgence, de maladies infectieuses ou de réanimation, les membres du personnel en contact avec le patient doivent systématiquement porter un masque de protection FFP2 et appliquer les autres mesures de protection : gants, lunettes, sur-blouse, charlotte, sur-chaussures (cf. plan gouvernemental de prévention et de lutte « pandémie grippale » /www.grippeaviaire.gouv.fr ou disponible en bas de l’article).

A ce stade, aucune autre mesure préventive n’est recommandée de façon systématique.

- L’équipe opérationnelle d’hygiène et le médecin de travail de votre hôpital sont à votre disposition pour vous donner des informations complémentaires.

Définitions des cas (d’après l’Institut de veille sanitaire)

Cas possible : patient présentant des symptômes de grippe et :

* ayant séjourné dans les 7 jours avant le début des signes dans une zone géographique épidémique pour le virus A/H1N1

* ou ayant été en contact étroit avec un cas probable ou confirmé.

Cas probable : cas possible avec un prélèvement virologique positif pour un virus de type A

Cas confirmé : cas possible avec un prélèvement virologique positif pour un virus A/H1N1 confirmé par le Centre National de Référence Grippe (Institut Pasteur).

masques

Masque de protection et d’hygiène, 6 types :

A : Masque d’hygiène, sans résistance respiratoire.

B : Masque pliable, efficace contre les grosses particules sèches et les liquides, aérosols liquides et solides, (ponçage bois, poussière quartz, polissage, particules allergènes) Classe FFP1-EN149:2001.

C : Idem à ci dessus (B), mais avec valve d’expiration.Classe FFP1-EN149:2001.

D : Masque pliable, efficace contre les polluants de faible à moyenne toxicité, aérosols liquides et solides en suspension (poussières métalliques, béton, fibre de verre, polissage...). Classe FFP2-EN149:2001

E : Idem à ci-dessus (D), mais avec valve d’expiration. Classe FFP1-EN149:2001.

F : Masque pliable avec valve efficace contre les polluants de haute toxicité et les risques biologiques, les aérosols liquides et solides en suspension (chimie, bactéries, virus, poussière radioactive légère...) Classe FFP3-EN149:2001


Protection face au virus de la grippe A ou tout autre virus

le film n’est plus disponible

Un film fruit d’un travail collaboratif des équipes du Service de pneumologie et réanimation, du Service des maladies infectieuses et tropicales, de l’équipe opérationnelle hygiène et de la direction de la communication de la Pitié-Salpêtrière est un guide des gestes simples à employer pour mettre en œuvre efficacement ces techniques de protection.


Un article vu sur le JIM

Ce que la grippe espagnole peut nous apprendre sur l’épidémie actuelle à virus A (H1N1)

Publié le 11/05/2009

En matière de pandémie grippale, l’épisode de 1918, resté dans l’histoire sous le nom de grippe espagnole, est celui qui a le plus marqué l’humanité. La grippe espagnole n’a pas été la première pandémie grippale puisqu’elle a été précédée par de nombreuses épidémies de grande ampleur (notamment celle de 1889-1891 due à un virus H2N2 qui aurait fait 6 millions de morts). Mais c’est la première qui a été suffisamment étudiée pour laisser une trace dans l’histoire de la médecine et dans l’histoire tout court.

Bien que la répétition ne soit pas une règle absolue en épidémiologie comme en économie, il est logique de rechercher dans l’histoire de la grippe espagnole des enseignements pour la pandémie de grippe A (H1N1) qui se profile depuis quelques semaines, de même que l’on scrute les causes et les conséquences de la crise de 1929 pour mieux comprendre la crise économique actuelle. Nous tenterons d’apporter notre pierre à cet édifice en abordant quelques questions fondamentales posées par la pandémie de 1918 (1).

D’où venait le virus de 1918 ?

Lorsque l’épidémie a frappé le monde à la fin de la première guerre mondiale, l’hypothèse la plus communément admise était que l’affection était liée au bacille de Pfeiffer connu à l’époque sous le nom de « bacille de l’influenza » et aujourd’hui comme Haemophilus influenzae. Mais rapidement un « virus filtrant » a été soupçonné notamment à partir d’expériences montrant que le pouvoir pathogène des crachats de malades persistait après passage par des filtres Chamberland arrêtant les bactéries. Ce n’est toutefois qu’au milieu des années 30 que le virus de la grippe fut identifié, cultivé en 1940 et observé au microscope électronique en 1943. On sait aujourd’hui qu’il s’agit d’un virus A (H1N1) qui a pu être séquencé à partir de prélèvements faits sur 5 victimes de l’épidémie de 1918 et même reconstitué au laboratoire (2).

L’origine géographique du virus de 1918 n’est pas connue avec certitude. On sait que les premiers cas ont été décrits dans l’ouest des Etats-Unis en mars 1918 au camp Funston de l’armée américaine. Mais certains historiens de la médecine évoquent des cas chinois qui auraient précédé la propagation de la maladie aux Etats-Unis ou une épidémie analogue en 1916 dans un camp de soldats britanniques dans le Pas de Calais.

Sans qu’on dispose de certitudes sur ce point l’une des hypothèses le plus communément admises est que ce virus H1N1 de 1918 provenait de souches aviaires sauvages s’étant adaptées à l’homme peut être après passage chez le porc.

Le nouveau virus A (H1N1) responsable des cas actuels aurait lui aussi des séquences génétiques communes avec certains virus aviaires et porcins.
Comment s’est propagée la grippe espagnole ?

On en sait nettement plus sur cette question que sur la précédente. L’épidémie, après avoir frappé les Etats-Unis en mars 1918, a atteint la France en avril à la faveur du débarquement du corps expéditionnaire américain puis le reste de l’Europe et l’Asie et enfin l’hémisphère sud en mai. Après cette première vague du printemps 1918, la grippe espagnole est réapparue en Europe et aux Etats-Unis à l’automne.

La diffusion de l’épidémie actuelle (de l’Amérique du Nord vers l’Europe) rappelle pour l’instant celle de la grippe espagnole, le bateau ayant été remplacé par l’avion et les mouvements de troupes par le tourisme et les voyages d’affaire. La référence avec l’épisode de 1918 explique bien la crainte exprimée par certains responsables de l’OMS de voir la maladie se développer dans l’hémisphère sud durant l’hiver austral pour revenir dans l’hémisphère nord à la fin de l’automne 2009 ( Site de l’OMS. Alerte et action en cas d’épidémie et de pandémie. ).

Quelles étaient la morbidité et la mortalité de la grippe espagnole ?

Sur ce point les estimations reposent sur ce qui a été observé dans les pays occidentaux, les statistiques étant quasi inexistantes dans les régions asiatiques ou africaines touchées. Il semble que lors de la première vague de la pandémie, la contagiosité était majeure (plus de 20 % de la population atteinte) avec une mortalité relativement faible. La deuxième vague tout aussi contagieuse, a atteint des sujets épargnés par la première (ce qui démontre bien qu’il s’agissait de la même maladie) et s’est accompagnée d’une mortalité élevée tout à fait inhabituelle au cours de la grippe. Les pourcentages de décès rapportés parmi les sujets atteints oscillent entre 1 et 3 % dans certaines séries, un peu moins de 10 % dans l’armée française, 15 % dans certaines régions des Etats-Unis et même 60 % chez les Inuits d’Alaska (contre environ 1 pour 1 000 avec la grippe saisonnière).

Globalement si l’on estime qu’un milliard de sujets ont été infectés par le virus (la moitié de la population mondiale de l’époque) et que le nombre de morts s’est situé entre 20 et 100 millions, la létalité de l’affection peut-être estimée entre 2 et 10 %, ce qui laisse on le voit des marges importantes. Dans le détail, pour les pays occidentaux pour lesquels les statistiques semblent plus fiables on aurait compté environ 240 000 décès en France (0,5 % de la population), 225 000 en Grande Bretagne, 500 000 aux Etats-Unis.

Une chose est sûre, contrairement aux autres pandémies grippales (notamment celles de 1957 [à H2N2 qui aurait fait 4 millions de morts] et de 1968 [à H3N2 qui aurait tué 2 millions de personnes]) ce sont surtout les jeunes enfants et les adultes de 20 à 40 ans qui sont décédés lors de l’épidémie de 1918. Le même phénomène semble s’observer au cours de l’épisode actuel.

Deux types d’hypothèses ont été avancées pour expliquer cette mortalité exceptionnellement élevée : des complications bactériennes favorisées par les privations de la guerre et la promiscuité ambiante ou une virulence spécifique de ce virus H1N1. Le fait que la mortalité se soit considérablement accrue entre les deux vagues de l’épidémie alors que l’environnement n’avait pas évolué défavorablement est plus en faveur d’une létalité spécifique du virus sans doute acquise à l’occasion de mutations.

Selon les premières données dont on dispose sur la nouvelle grippe A (H1N1), sa contagiosité semble inférieure à celle de la grippe espagnole ou de la grippe saisonnière, puisque plus d’un mois après les premiers cas (identifiés fin mars 2009 au Texas) nous ne comptions encore qu’environ 4400 cas le 9 mai. On ne peut toutefois exclure que les méthodes actuelles de surveillance épidémiologique et virologique aient permis de capter une phase toute initiale de l’épidémie restée inapparente lors de l’épisode de 1918.

Sur la létalité de la nouvelle grippe A (H1N1) nous ne disposons de chiffres fiables que pour les Etats-Unis, le Canada et l’Europe. Les données provenant du Mexique (foyer apparent de l’épidémie) n’autorisent pas à établir un taux de mortalité, le nombre de cas confirmés biologiquement étant probablement très inférieur à la morbidité réelle. Si l’on se base sur les chiffres provenant des pays occidentaux, la mortalité apparente de l’affection est aujourd’hui plus proche de celle de la grippe saisonnière (4 décès pour un peu plus de 3000 malades au 11 mai 2009) que de celle de la deuxième vague de la grippe de 1918.

Comment la grippe espagnole a-t-elle disparu ?

Comme son origine, les causes de sa disparition en 1919-1920 demeurent incertaines. L’immunisation de la population réceptive est probablement l’un des phénomènes pouvant expliquer cette extinction. Mais est-ce le seul ?

La réaction des autorités sanitaires face à l’épidémie actuelle est-elle adaptée ?

Cette question est l’objet depuis quelques jours de débats parfois vifs dans les médias. Pour tenter d’y répondre, il est indispensable de ne pas occulter l’épisode de 1918 qui demeure le modèle de LA grande pandémie et qui rappelons-le a marqué suffisamment les responsables sanitaires pour conduire à la création de l’ancêtre de l’OMS par la Société des Nations et du ministère de la santé en France.

Avec les moyens thérapeutiques dont nous disposons (anti-viraux, antibiotiques pour combattre les surinfections, réanimation pour les formes graves) et les armes préventives que nous possédons d’ores et déjà (mesures d’isolement et de protection) ou que nous aurons sans doute dans quelques mois (vaccin) il est certain que la létalité liée à un virus identique à celui de 1918 devrait être sensiblement inférieure à celle observée au début du siècle dernier.

De plus, les plans de lutte contre la pandémie mis en place dans les pays développés devraient permettre non pas d’empêcher à coup sûr la pandémie mais d’en étaler le pic épidémique pour éviter un débordement complet de nos systèmes de santé par un afflux trop important de malades.

Mais malgré ces notes optimistes, les déclarations récentes des responsables de l’OMS (évoquant la possibilité de dizaines de millions de morts) et les mesures mises en œuvre dans les grands pays développés nous semblent tout à fait adaptées à la gravité potentielle de cette pandémie naissante (même si elle n’est pas certaine). Et en tout état de cause, plus responsables que ce à quoi nous avions assisté lors de l’affaire du sang contaminé ou de la canicule de 2003.

Dr Anastasia Roublev

1) Patrick Berche : Une histoire des microbes. Editions John Libbey Eurotext 2007. 2) Tumpey T et coll. : Characterization of the reconstructed 1918 spanish influenza pandemic virus. Science 2005 ; 310 : 77-80.


Documents joints

Plan gouvernemental de lutte contre la (...)
Fabricants de masque FFP2
fournisseurs de masques Ffp2 et chirurgicaux (...)
producteurs de masques Ffp2 dans le monde
Plan national de prévention et de lutte contre (...)
Sensibilisation recommandations, préventions (...)
annexe grippa aviaire, phase de pandémie
Pose d'un masque FFP2
grippe aviaire : population concernée
Pose d'un masque chirurgical (CCLIN Paris (...)
Recommandations pour l'utilisation des (...)
Grippe H1N1 Conduite à tenir devant un cas (...)
ECMO Principe Pr Janvier
synthese ecmo HAS
Lettre de Roselyne Bachelot du 13 novembre (...)
vaccin panenza Pasteur
actualisation posologie des vaccins pandémiques
notice masque ffp1 ffp2 ffp3
Pandémie de grippe aviaire. Stratégie de lutte (...)
Virus de la grippe et pandémie grippale
2e bilan pharmacologique AFSSAPS

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§§§
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(passez la souris sur les photos) (...)

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Brèves

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La lecture de thèses est souvent intéressante, car il faut bien le reconnaitre, les doctorants ont plus d’imagination que les EIA et leurs mémoires ...

Amandine Striebig. Les poisons utilisés dans les romans d’Agatha Christie. Sciences pharmaceutiques. 2014. (dumas-01116318)

Si une lecture d’un sujet insolite ou original vous a particulièrement intéressé, vous pouvez la partager ici même, et nous envoyer les documents.

sofianesth chez gmail.com

AB

Make our pratique better again...

lundi 2 juillet 2018

Parution du « Guide pratique, de développement durable en bloc opératoire »

source lessentiel-anesthesie-reanimation.fr

Un guide pratique concernant le développement durable au bloc opératoire, préfacé par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a été publié par la Société française d’anesthésie-réanimation (Sfar) et le Comité pour le développement durable en santé (C2DS).

Développé sur 80 pages, ce guide a été écrit par six médecins et quatre infirmières anesthésistes, membres du groupe de travail « développement durable » de la Sfar. Articulé autour de cinq grands thèmes (achats, déchets, gaz d’anesthésie, qualité de vie au travail et éco-conception des soins), le guide présente les grands enjeux, rappelle la réglementation et relate des initiatives vertueuses en matière de développement durable au bloc opératoire.

Le bloc est en effet aujourd’hui responsable de 20 % à 30 % des déchets produits au sein des établissements hospitaliers. Tout au long du guide, les auteurs recensent donc les mauvaises pratiques et les difficultés rencontrées par les établissements pour mener une politique de développement durable, mais aussi les solutions mises en place pour limiter les volumes des conditionnements, comme l’optimisation du tri des déchets et la mise en place de filières de recyclage. Les auteurs soulignent qu’en France, les établissements de santé génèrent 700 000 tonnes de déchets chaque année.

Le guide met ensuite en avant trois causes de génération excessive de déchets.

  1. Premièrement, les produits à usage unique avec des suremballages en plastique et papier, chargés de garantir la stérilité des dispositifs médicaux, qui représentent environ 19 % des déchets.
  2. Ensuite, les champs chirurgicaux et autres textiles opératoires qui constituent 2 % des déchets à l’échelle d’un établissement de santé.
  3. Enfin, les dispositifs déballés mais inutilisés. « Les produits, comme la phényléphrine, l’éphédrine, l’atropine, les hypnotiques (le thiopental et le propofol), les curares (la succinylcholine notamment), le midazolam figurent parmi les médicaments les plus gaspillés », liste-t-il.

Une étude réalisée au CHU de Grenoble a permis de constater une économie de 7 000 euros en un an, grâce à une amélioration du tri des déchets issus du bloc opératoire, rapportent les auteurs. La réduction des déchets représente donc un enjeu financier important.

— -

On en parle déjà et aussi ici

A lire aussi le guide pratique du développement durable au bloc opératoire, édition 2017

Le guide pratique du développement durable au bloc opératoire, édition 2017

AB

La pelle médicale (le retour)

dimanche 23 avril 2017

Déjà évoqué ici le 16 mai 2016, le nouveau baromètre sur les salaires de la santé est publié.

L’agence d’intérim Appel Médical* vient de publier son nouveau baromètre – le sixième – des évolutions de salaires de la santé de 2015 à 2016.

Ce baromètre s’appuie sur les salaires réels d’intérimaires payés au même niveau que les salariés permanents (611 712 fiches de paie) de six grandes familles de métiers* et 13 fonctions paramédicales (congés payés, indemnités de fin de mission et primes variables non prises en compte).

Suivis par les aides médico-psychologiques (métiers du soin et de l’assistance), dont le salaire a augmenté de 3,1 %, ce sont, selon l’étude, les professionnels du handicap qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu. De 2015 à 2016, la fiche de paie des éducateurs spécialisés (métiers du handicap) a progressé de 3,8 % pour s’établir en moyenne à 2 022 euros bruts mensuels contre 1 949 euros en 2015. Il s’agit de la plus forte hausse de salaire, tous métiers confondus. L’étude indique que les structures associatives qui composent le secteur du handicap sont moins impactées par les coupes budgétaires que les établissements de santé.

Les infirmiers anesthésistes (IADE), avec un salaire moyen de 3 808 euros bruts mensuel en moyenne, en hausse de 2,4 % sur un an, sont quant à eux les professionnels de santé les mieux rémunérés en 2016.

« Loin d’être logés tous à la même enseigne »

En bas de l’échelle des salaires figurent les agents de service hospitalier, dont la rémunération moyenne de 1 548 euros bruts mensuels en 2016 n’a progressé que de 0,5 % par rapport à 2015.

Les infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et les techniciens de laboratoire d’analyses médicales ont enregistré chacun, une baisse de leur rémunération moyenne de 1,4 % en 2016 par rapport à 2015.

Ce baromètre « révèle que les professionnels de santé sont loin d’être logés à la même enseigne. Sans doute y a-t-il là quelques pistes pour répondre aux pénuries qui touchent certains métiers », déclare Christophe Bougeard, directeur général d’Appel Médical.

* Appel Médical est une agence d’intérim, filiale du groupe Randstad France qui intervient dans les secteurs hospitaliers....

** Soin et assistance, bloc opératoire, petite enfance, pharmacie et laboratoire d’analyses médicales, rééducation et handicap. Des métiers qui se déclinent au féminin comme au masculin.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

§§§

Encore une fois, tournons-nous vers les USA et regardons combien gagnent les CRNA :

Une infirmière anesthésiste (CRNA) gagne un salaire moyen de 138 568 $ par année.

  1. Avec une fourchette de $94,249 - $183,233, soit 88103 euros à 171 276 euros/ an, ou 7341 euros à 14273 euros /mois
  2. Bonus $1,004 - $15,116 (soit 938 euros à 14 130 euros.)
  3. Profit Sharing $1,973 - $20,273 (soit 1844 euros à 18951 euros)
  4. Commission $8,000 (soit 7478 euros)

Et voila comment on reconnait les compétences là bas.

Intéressé(e) ?

AB

Bons à rien ou mauvais à tout ?

mercredi 15 mars 2017

Le nouveau décret, malgré sa coquille qui devrait être corrigée, stipule

[...]

« B. - L’infirmier ou l’infirmière, anesthésiste diplômé d’Etat est, dans ces conditions, seul habilité à :

  • « 1° Pratiquer les techniques suivantes :
  • « a) Anesthésie générale ;
  • « b) Anesthésie loco-régionale et réinjections dans le cas où un dispositif a été mis en place par un médecin anesthésiste-réanimateur ;

Il n’empêche, pour le Pr Ecoffey, c’est un casus belli que de voir les IADE pouvoir prétendre à la réalisation de cet acte pour lequel manifestement nous sommes incapables, car la HAS a interrogé le Conseil National Professionnel d’Anesthésie en janvier 2017
sur « La réalisation par l’infirmier anesthésiste des blocs nerveux
analgésiques du membre inférieur (fémoral et sciatique) sous échographie, dans la chirurgie de la prothèse de genou, de hanche et de la ligamentoplastie du genou, dans le cadre de la
prise en charge de la douleur
 ».

Le CNP AR a émis un avis défavorable

L’argumentaire est le suivant :

  • Demande de protocole de coopération ancienne (juin 2013) qui n’a plus d’arguments valables :

- la démographie des anesthésistes-réanimateurs évolue (450 internes formés par an depuis 3 ans et qualification de médecins à diplôme étranger par le Conseil de l’Ordre des Médecins,)

- de même que la pratique médicale allant vers des infiltrations

  • Consentement du patient pour la technique, mais à aucun moment il n’est informé que c’est un paramédical qui fait un acte habituellement fait par un médecin. Il DEVRAIT donner un consentement éclairé.
  • Non formation à la prise en charge des complications en particulier les risques liés à l’injection intravasculaire d’anesthésique local.

Hé oui, nous sommes parfaitement incompétents à détecter un passage intravasculaire d’un anesthésique local. Bel exercice de dénigrement, car ceci est enseigné.

Cela me rappelle un des premiers articles que j’avais publié ici : Le MAR m’a tuer.
Est-il précisé aux patients, lors de la consultation, que la prise en charge per-opératoire sera faite majoritairement par un personnel paramédical mais qu’il en a toute l’autorisation légale et la formation idoine... ?

A l’ouest rien de nouveau donc, si ce n’est cette persistance de la mauvaise foi et du dénigrement systématique. Car les IADE manient bien l’échographe pour les poses de voies veineuses centrales par exemple.

Le second intervenant opposé à la pratique des ALR par les IADE, est
Dr Christian Delaunay, président actuel de la SOFCOT. Il se doit d’être solidaire de ses coreligionnaires médecins anesthésistes, qui officient à ses côtés, à la Clinique de l’Yvette, 91160 Longjumeau, établissement de soins privé dit "à but lucratif".

Bref, si vous vous berciez de quelques illusions, vous comprendrez aisément qu’un interne, même de premier semestre, premier jour, première heure, peut faire un bloc PARCE QU’IL EST MÉDECIN !

C’est bon ou il faut que je développe ?

Protocole de coopération, avis du CNP AR du 21 janvier 2017

Et la réaction hystérico-épidermique habituelle du SNARF.

Mieux vaut tard que jamais. Secretaire général du SNARF

AB

Culture pub

lundi 30 janvier 2017

Le docteur Frédéric MARTIN, anesthésiste réanimateur, nous informe de la création de la première plateforme de partage de retour d’expérience au bloc opératoire :

anesthesiasafetynetwork.com

"Ce site est accessible gratuitement aux adhérents fournissant les déclarations de façon anonyme en s’appuyant sur le principe de "just culture". Plus de 600 inscrits en 7 mois. Ils
recevront de façon trimestrielle une newsletter. Ce site n’aura
d’intérêt que si les contributeurs sont nombreux et que les newsletters
sont à la hauteur des attentes.

Les progrès scientifiques en médecine sont tels qu’il est peu probable d’obtenir une réduction drastique de la mortalité par une nouvelle découverte médicale.

Une étude publiée très récemment rapportait que les erreurs médicales représentaient la troisième cause de mortalité aux USA (Martin A Makary et al, BMJ 2016 ; 353 ; i2139).

Nous sommes tous concernés par cette « insécurité » à titre professionnel et personnel. C’est une obligation éthique primordiale vis-à-vis de tous les usagers du système de santé.

L’être humain est faillible. Dans l’immense majorité, l’ensemble des soignants délivre des soins les mieux adaptés aux patients en suivant les dernières recommandations des sociétés savantes.

La peur des sanctions et du jugement poussent les soignants à ne pas déclarer leurs expériences malheureuses conduisant en partie à l’absence d’amélioration de la sécurité des soins.

Il faut donc encourager le partage de ces expériences en renforçant la communication entre les soignants tout en leur assurant un environnement sûr, équitable et anonyme afin d’être certain que ce retour d’expérience n’aura pas de conséquence dommageable sur leur situation professionnelle"

Just Culture : Balancing Safety and Accountability Sidney Dekker, 2nd edition ; Ashgate 2012

C’est donc une bonne idée, qu’il importe d’enrichir. Quelle que soit la qualification ; IADE, PH, CCA, interne...)

AB