Quand le soignant va mourir...

Don d’organes
dimanche 7 janvier 2007
par  Arnaud Bassez
popularité : 4%

« La mort c’est se réveiller du rêve de la vie. »

DONNER OU RECEVOIR ?

Nous les professionnels de la santé, sommes tous des soignants.
Mais avant tout nous sommes des citoyens, et des adultes responsables.
Et par dessus tout, nous n’échappons pas à la règle des accidents corporels graves pouvant entraîner une mort encéphalique.

Du soignant, l’on devient soigné.
Puis l’on devient donneur potentiel.

Il convient de définir plusieurs points, pour que chacun se fasse son idée sur la question, si cela n’est pas fait.

Comment devient-on donneur ?

Toute personne en état de mort encéphalique est un donneur potentiel d’organes ou de tissus.

La mort encéphalique se définit par un état irréversible de cessation de toutes activités cérébrales.
cerveau
Pour des raisons de prélèvements, les activités cardiaques et respiratoires sont maintenues artificiellement.

En France, il y a chaque année 500 000 décès. Le nombre de morts encéphaliques recensées, représente 2500 décès par an environ, pour 250 000 décès hospitaliers en court séjour.
Les causes : traumatismes crâniens graves, accidents vasculaires cérébraux.
Malgré la réanimation entreprise, la destruction du cerveau peut être irréversible et amener le schéma thérapeutique vers la mort encéphalique.

Le diagnostic de mort encéphalique

Il est clinique :

- absence totale de conscience et d’activités motrice spontanée

- absence totale de ventilation spontanée, vérifiée par une épreuve d’hypercapnie

- abolition des réflexes du tronc cérébral (pupilles, toux, cornée...)
Il est confirmé par un examen complémentaire :

- soit 2 EEG à 4 heures d’intervalle, d’une durée de 30 minutes chacun, montrant une activité électrique nulle.
EEG
- soit une angiographie cérébrale (artériographie ou angioscanner) montrant l’arrêt de la vascularisation cérébrale.

Le constat de mort encéphalique est inscrit sur un procès verbal, conforme à la règlementation, et signé par deux médecins titulaires, ne faisant pas partie du même service que les médecins de l’équipe transplanteuse.

Les donneurs

L’âge n’est pas un critère limitant. Les antécédents et l’état physiologique du patient sont évalués afin d’apprécier la possibilité de greffe.

Le prélèvement

C’est une mission de santé publique. La loi sur la bioéthique de 2004 en fait une mission prioritaire.

Les centres hospitaliers non autorisés à prélever, doivent contacter le réseau de transplantation, afin que le patient soit transféré vers un centre autorisé faisant partie de son réseau.

hôpital

Les frais relatifs au transfert des donneurs potentiels sont pris en charge par l’hôpital receveur qui effectue le prélèvement. (Article R 1211-10 du Code de la santé publique)

Les acteurs du prélèvement.

Les prélèvements sont faits dans des établissements autorisés. L’autorisation est délivrée par l’ARS, après avis de l’Agence de la biomédecine.

Les services de réanimation sont les pivots du recensement et de la prise en charge des donneurs potentiels.

La coordination hospitalière.

Constituée de plusieurs médecins et infirmier(e)s.
Elle est en lien avec le service de régulation et d’appui de l’Agence de la biomédecine, et constitue le dossier médical du donneur potentiel, interroge le registre national du refus, accueille et accompagne les familles et reçoit les différentes équipes de prélèvements dans son hôpital.

Elle s’assure de la meilleure restauration possible du corps du défunt et le restitue à la famille.

Le service de régulation et d’appui de l’Agence de la biomédecine.

Il est le lien entre les services de réanimation, les équipes de greffes, la coordination hospitalière, les SAMU...il est aussi en relation avec les services de l’Etat (DDASS et DRASS) et les ARH.

Agence de la biomédecine

Dès qu’une mort encéphalique est constatée, le service de régulation est contacté parles services de réanimation ou la coordination hospitalière afin de donner un avis sur la faisabilité du prélèvement.

Il régule, assure la répartition et l’attribution des greffons dans sa région, et contacte les équipes médicochirurgicales de greffe.

registre

On compte 6 régions articulées autour des villes de Paris, Lille, Rennes, Marseille, Nancy, Lyon + les drom.

Les prélèvements

bloc opératoire

Les organes

Ils sont prélevés comme une intervention chirurgicale. Après prélèvement des greffons du corps du donneur, la durée d’ischémie n’est que de 4 heures pour le coeur et 48 heures maximum pour le rein.

Les tissus

Certains tissus peuvent être prélevés en chambre mortuaire comme les cornées.
Les prélèvements sont adressés à une banque de tissus qui assure leur sécurité, leur traçabilité et leur distribution.

Chaque organisme de conservation valide les tissus et le cède aux équipes de greffe suivant les besoins.

Pour les cornées, les patients doivent être inscrits sur une liste d’attente gérée par l’Agence de la biomédecine.

Le corps

Les médecins ayant procédé à un prélèvement ou à une autopsie médicale sont tenus de s’assurer de la meilleure restauration possible du corps.
(Article L1232-5 du code de la santé publique/ loi de bioéthique du 6 août 2004)

Les frais de prélèvement, de greffe et de suivi médical du donneur sont intégrés dans une tarification à l’acte. Rien n’est à la charge de la famille.

Qui greffe ?

Les greffes d’organes sont uniquement pratiquées dans des établissements hospitaliers universitaires, par une équipe spécialisée dans la maladie concernée et autorisée par le ministère de la santé.

Les greffes de tissus sont pratiquées dans tous les établissements de santé ayant les équipements adéquats.

Quels organes greffe-t-on ?

- le cœur
- le foie
- les intestins
- les reins (permet l’arrêt de la dialyse)
- les poumons
- le pancréas (permet la diminution voire la suppression de l’insulinothérapie).

Quels tissus greffe-t-on ?

- la peau (grands brûlés)
- aorte
- cornée
- os
- ...

Que faire pour être greffé ?

Pour être greffé, les patients doivent être inscrits sur une liste nationale de l’Agence de la biomédecine.

Une priorité est instituée pour les patients atteints de défaillance aiguë conduisant à une mort rapide (hépatite fulminante), pour les enfants ou les patients ayant peu de chances d’accéder à un greffon du fait de leurs particularismes biologiques.

Les règles d’attribution

Les greffons sont attribués selon des règles homologuées par le ministère de la santé, publiée au Journal Officiel et mise en oeuvre par l’Agence de la biomédecine.

L’objectif étant d’assurer une répartition la plus équitable possible et de rechercher le meilleur receveur. Elles tiennent compte des contraintes techniques liées au prélèvement, au transport et au maintien de la viabilité du greffon.

Chaque année plus de 11 000 patients sont en attente de greffes d’organes.
4000 greffes sont réalisées.

La greffe à partir de donneur vivant.

Pour les organes :

La loi autorise le don et le prélèvement de ses organes de son vivant :

Le rein, un lobe hépatique, un lobe pulmonaire.

Qui peut donner de son vivant ?

La législation (article L 1231-1 et 1231-3 du code de la santé publique issus de la loi de bioéthique du 6 août 2004) fixe précisément les conditions de cet acte.

Le donneur doit avoir qualité de père ou de mère du receveur. Il peut aussi être son conjoint, ses frères ou sœurs, ses fils ou filles, ses grands-parents, ses oncles ou tantes, ses cousins germains ou cousines germaines, le conjoint de son père ou de sa mère et toute personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec le receveur.

Aucun prélèvement d’organe en vue de don, ne peut avoir lieu sur un mineur vivant, ou sur une personne majeure vivante faisant l’objet d’une mesure de protection légale.

Le prélèvement d’organe est gratuit.

L’Agence de la biomédecine est informée préalablement à la réalisation de tout prélèvement d’organes à des fins thérapeutiques sur une personne vivante. Elle gère un répertoire relatif aux donneurs vivants d’organes.

Pour les cellules souches hématopoïétiques

La moelle osseuse contient des cellules souches hématopoïétiques qui sont à l’origine des globules rouges et blancs et des plaquettes. On trouve ces cellules dans le cordon ombilical.

Le don peut provenir

- D’un membre proche de la famille du malade (le don de la moelle osseuse est le seul cas où un mineur peut être donneur)

- D’un donneur majeur inscrit sur le registre des donneurs volontaires de moelle osseuse.
- Du cordon ombilical lors de la naissance.

Quand le donneur est mineur, le consentement des titulaires de l’autorité parentale ou du représentant légal du mineur est obligatoire.

Information sur le don d’organes

C’est un comité d’experts indépendants qui délivre l’information des risques encourus et des conséquences éventuelles du prélèvement. Cette information n’est pas exclusive et ne remplace pas l’information délivrée par les équipes chirurgicales qui suivent les patients.

Comment exprimer son consentement ?

la loi oblige le donneur, avant le prélèvement,à exprimer son consentement devant le président du tribunal de grande instance ou le magistrat désigné par lui, qui s’assure que le consentement est libre et éclairé et que le don est conforme aux conditions fixées par la loi.

En cas d’urgence vitale, le consentement est recueilli par tout moyen par le procureur de la République. Le consentement est révocable par tout moyen et à tout moment.

Qui autorise le prélèvement ?

Il est autorisé par le comité d’experts qui a délivré l’information et qui a vérifié qu’elle est bien comprise par le donneur vivant, après expression de son consentement.

Que dit la loi ?

Les 3 grands principes des lois de la bioéthique sont
- le consentement
- la gratuité du don
- l’anonymat donneur/receveur

Principe du consentement présumé : toute personne est considérée consentante au don d’élément de son corps après sa mort, en vue de greffe, si elle n’a pas manifesté son opposition de son vivant.

La loi donne la possibilité de décider personnellement. En cas de décès, le médecin recherchera, après interrogation du registre national du refus
géré par l’Agence de la biomédecine, l’absence d’opposition du défunt auprès de ses proches.

Le don est gratuit et exclu toute rémunération en contrepartie de ce don.

Anonymat : le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes.

Les religions

Aucune objection de principe de la part des confessions religieuses.

Quelques chiffres

En France chaque année, sont réalisées environ :
- 1200 prélèvements multi organes le plus souvent
- 2500 greffes de rein
- 900 greffes de foie
- 300 greffes de cœur
- 150 greffes de poumons
- 100 greffes de pancréas
- 20 greffes de cœur-poumons
- 4000 greffes de cornées

chirurgie

Chaque année plus de 11 000 malades ont besoin d’une greffe d’organes.

  • 1ère et 2ème photo : Le père et la mère embrassent leur bébé mort et lui disent adieu.
  • 3ème photo : Vous vous demandez pourquoi tout le personnel médical s’incline devant le lit de l’enfant ? Tout simplement parce que deux enfants ont été sauvés par ses reins et son foie.

Si vous êtes pour le don d’organes et de tissus
- dites-le à vos proches pour qu’ils puissent en témoigner
- portez sur vous une carte de donneur, pas obligatoire, elle témoigne de votre intention.

Si vous êtes contre
- dites-le à vos proches pour qu’ils puissent en témoigner
- demandez votre inscription au registre national des refus

Formulaire registre du refus

Vous pouvez consulter le Décret no 97-704 du 30 mai 1997 relatif au registre national automatisé des refus de prélèvement

Le site dons d’organes

§§§

n° vert (appel gratuit depuis un poste fixe) 0800 20 22 24

Numéro de l’Agence de la biomédecine pour recevoir une carte de donneur ou le formulaire d’inscription au registre national des refus.

Don du sang, don du corps, don d’organes site officiel de l’administration française

Tous les chiffres publiés par l’Agence de biomédecine

Lire les textes de Loi

  • Souhaitant que ces informations vous aident dans votre décision.
  • Quelle qu’elle soit.

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Les députés votent le renforcement du consentement présumé au don d’organes en l’aménageant

AFP
Publication : 11/04/2015

Les députés ont réécrit légèrement l’article sensible du projet de loi Santé sur le renforcement du consentement présumé au don d’organes en laissant la voie à d’autres possibilités que le registre national des refus pour exprimer son opposition à un prélèvement.

Le texte ainsi modifié maintient que le consentement au don d’organes sera présumé chez toute personne majeure décédée.

Les proches du défunt seront seulement "informés" par le médecin de la nature du prélèvement envisagé et de sa finalité et non plus consultés comme c’est le cas jusqu’à présent. L’amendement prévoit qu’à partir de 2018, le consentement au don d’organes sera ainsi présumé sauf si le nom du défunt figure dans le registre national des refus.

Selon l’amendement de la ministre Marisol Touraine voté par les députés vendredi, le registre national des refus serait le moyen "principal", et non plus exclusif, pour exprimer son refus d’un prélèvement d’organe à son décès. Les modalités par lesquelles ce refus pourrait être exprimé et révoqué sont renvoyées à un décret du Conseil d’Etat publié d’ici le 1er janvier 2017.

19.000 personnes sont aujourd’hui en attente d’une greffe en France. Et ce nombre augmente plus vite que le nombre d’organes prélevés, en raison d’un taux de refus qui avoisine les 40% alors même que, selon un sondage réalisé en 2013, près de 80% des Français seraient prêts à donner leurs organes.

Permettre de "sauver des centaines de vies"

Pour la député PS Michèle Delaunay, l’explication réside dans l’attitude souvent négative des familles qui, interrogées dans un moment de choc émotionnel, optent pour le non par précaution "quitte à le regretter par la suite".

Jean-Pierre Scotti, le président de la Fondation Greffe de vie, avait souligné que la modification de la loi permettrait de "sauver des centaines de vies", en augmentant le nombre de greffons disponibles.

Mais pour nombre de médecins et infirmiers chargés de faire les prélèvements il parait inconcevable de se passer du consentement des familles. "Personne ne prélèvera un organe si la famille n’y consent pas", selon le socialiste Gérard Sebaoun

"Votre article est très brutal pour les familles. Il faut faire l’inverse. Dire de son vivant qu’on est d’accord", a jugé l’UMP Bernard Debré. L’UDI Arnaud Richard a tenté en vain de faire adopter un amendement pour que l’accord ou le refus du prélèvement d’organe soit inscrit sur la carte Vitale.

source huffingtonpost.fr

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Elargir les critères de sélection des donneurs d’organe compromet-il la greffe ?

L’allongement de la durée de vie a augmenté la prévalence de la maladie rénale chronique et le nombre de personnes âgées en insuffisance rénale terminale. Pour ces patients, la greffe de rein est parfois la meilleure solution, dépassant la dialyse en termes de qualité de vie, de longévité et de coût. Cela a créé une pénurie préoccupante de greffons qui a finalement conduit à élargir les critères de sélection des donneurs, ouvrant la possibilité d’un don d’organes à des personnes de plus de 60 ans ou entre 50 et 59 ans ayant des comorbidités cardio-vasculaires. En Europe, 30 % des greffes de reins proviennent de donneurs décédés « à critères élargis », et en France, 47 %. Il est probable que dans les années futures ces donneurs à critères élargis deviennent la principale source de dons d’organes, aussi bien de reins que de cœurs, poumons et foies. Notons toutefois que si cette source n’est pas négligée en Europe, elle reste peu utilisée dans d’autres régions du monde, notamment aux Etats-Unis ou un peu moins de 17 % des greffes se font à partir d’organes obtenus de donneurs à critères élargies. Se priveraient-ils d’une source non négligeable d’organes ou cette mesure de prudence est-elle au contraire justifiée ?

Pour le savoir, une équipe française a réalisé une étude prospective de cohorte, incluant près de 3 000 patients transplantés rénaux dont 33,2 % avaient reçu des organes de donneurs à critères élargis. Il apparaît qu’ils ont en effet une survie totale après 7 ans inférieure à ceux qui avaient reçu un organe d’un patient répondant aux critères standard (80 % vs 88 %). Il est possible toutefois de repérer certains éléments déterminants intervenant sur le risque de rejet de greffe. Deux éléments notamment semblent particulièrement décisifs : il s’agit de la présence d’anticorps anti-HLA dans le sang du receveur le jour de la greffe (HR [hazard ratio] = 3,00 ; intervalle de confiance à 95 % de 2,3 à 3,9) et un temps d’ischémie froide du greffon prolongé (> 12 heures : 1,53 ; 1,1 à 2,1).

En ne réalisant la transplantation qu’en l’absence des anticorps anti-HLA (en les dépistant le jour de l’intervention) et en renduisant le temps d’ischémie froide, la survie à 7 ans des greffés ayant bénéficié d’un don selon les critères élargis apparaît alors significativement prolongée.

Cette stratégie permet d’atteindre une durée de survie comparable à celle des transplantations dont les donneurs répondent aux critères classiques, et, pendant la durée de l’étude, c’est à dire 9 ans, cette stratégie a permis de sauver plus de 540 vies.

Dr Roseline Péluchon

Référence : Aubert O et coll. : Long term outcomes of transplantation using kidneys from expanded criteria donors : prospective, population based cohort study. BMJ 2015 ; 351 : h3557.


Don d’organes : « Quand la famille s’oppose, faisons la taire ! »

Publié le 28/11/2015

Parmi les nombreuses mesures sujettes à polémique intégrées dans le projet de loi de santé, figure la volonté de certains parlementaires, soutenus par le gouvernement, de ne plus rechercher auprès des proches d’une personne décédée la position de cette dernière concernant le prélèvement de ses organes. Les familles ne seraient plus interrogées, mais uniquement informées qu’en l’absence d’inscription du patient sur le registre des refus, son consentement au don est présumé et le prélèvement pourra donc être effectué. L’objectif du législateur est de pouvoir faire progresser le nombre de greffons disponibles en agissant sur le principal obstacle : un taux de refus autour de 30 %, qui n’a pas diminué depuis plusieurs années.

Cependant, la majorité des responsables des activités de prélèvements et de greffes s’opposent à une telle évolution, tandis que les explications confuses, censément rassurantes du gouvernement en la matière, n’ont nullement permis d’apaiser les inquiétudes.

Pour nous, le docteur Colavolpe revient sur les enjeux de cette modification législative, qui non contente d’être promue en dehors de toute concertation, se révélera sans doute, si elle est définitivement actée, sans aucune efficacité sur le nombre de greffons.

Par le Dr Jean-Christian Colavolpe*

La législation actuelle relative au don d’organes après la mort repose sur le principe du consentement présumé. « En France, la loi dispose que toute personne est considérée comme consentante au don d’éléments de son corps en vue de greffe si elle n’a pas manifesté d’opposition de son vivant. La loi prévoit la possibilité de s’opposer par deux moyens : l’inscription au registre national des refus et/ou la communication de sa position à ses proches qui en témoigneront » (Agence de la Biomédecine). Légalement, les proches n’ont pas le pouvoir de s’opposer au prélèvement mais uniquement de témoigner d’un éventuel refus exprimé par le défunt de son vivant.

Depuis plus de 15 ans le taux de refus au don d’organes est d’environ 30 % (33,6 % en 2014) ce qui contribue à la "pénurie" en greffons avec pour conséquences des décès de receveurs en liste d’attente et une médiane d’attente de 27,6 mois pour la greffe rénale.

Comment réduire les refus ? En excluant le témoignage des proches ! C’est la philosophie de l’amendement 2522 du 10 avril 2015 déposé par le gouvernement qui conduit à ne plus prendre en compte le témoignage des proches, ceux-ci étant seulement informés des organes et tissus prélevés. En paraphrasant Bertolt Brecht « Quand le peuple se trompe, il faut changer le peuple » on pourrait dire, concernant le don d’organes, « Quand la famille s’oppose, faisons la taire ! »

Des taux de refus très variables

Prendre en compte le témoignage des proches est-il à l’origine du taux élevé des refus ? Il n’en est rien. En Espagne où s’applique également le consentement présumé, où l’entretien avec la famille constitue le mode exclusif de recueil de la non opposition du défunt, le taux des refus est de 18 %. La Belgique qui applique le principe de la solidarité présumée et où, en l’absence d’inscription sur le Registre des refus ou sur le Registre des donneurs explicites, la famille au premier degré et le conjoint peuvent s’opposer au don d’organes, a un taux de refus d’environ 20 %. En France on constate d’importantes disparités régionales que la législation ne saurait expliquer : 40 % de refus en Ile-de-France et seulement 20 % dans le Limousin. Il ne faut pas imputer à la loi ce qui résulte d’une insuffisance de nos pratiques concernant la sensibilisation, l’information du public et des personnels de santé. Le professionnalisme des équipes (médecins réanimateurs, urgentistes et personnels des coordinations hospitalières de prélèvement) est sans nul doute le facteur déterminant du positionnement final des familles et explique en partie les disparités observées dans les taux de refus.

Mauvaise foi

Peut-on se passer du témoignage des proches ? Concernant les familles qui s’opposent au don, un partisan du « renforcement du consentement présumé » a eu cette formule lapidaire : « On ne leur retire que le droit de mentir sur le consentement du défunt ». Dans la majorité des cas, lorsqu’un proche a connaissance d’une position favorable du défunt vis-à-vis du don d’organes il en informe le médecin réanimateur et/ou la coordination des prélèvements. Soutenir que les proches témoigneraient d’une opposition alors même qu’ils auraient connaissance d’une position favorable au don relève de la mauvaise foi. De même, l’affirmation selon laquelle « La plupart des familles qui refusent le don d’organes le regrettent quelques jours plus tard » est sans fondement. Depuis trois ans nous adressons systématiquement dans le mois qui suit un questionnaire aux proches en cas de refus de leur part, aucune « expression de regret » ne nous est parvenue. Aucun pays européen (sauf à inclure la Russie) ne pratique de prélèvement d’organes en cas d’opposition des familles. Si la « non opposition » des proches comme préalable au don d’organes est la règle dans tous les pays démocratiques appliquant le principe du consentement présumé en l’absence d’inscription de la personne décédée sur un éventuel registre des refus c’est que sans doute une application stricte du consentement présumé a été jugée comme non souhaitable et non réalisable.

Des attitudes contradictoires vis-à-vis des proches

Depuis le début de l’année, des prélèvements d’organes sur des personnes décédées d’un arrêt cardiaque et respiratoire persistant après qu’une décision d’arrêt des thérapeutiques ait été prise en raison du pronostic des pathologies ayant amené la prise en charge en réanimation sont réalisés en France (prélèvement d’organes en condition Maastricht 3). Cette pratique repose sur le recueil préalable auprès des proches de la non opposition du patient au don d’organes. Le donneur potentiel étant encore vivant lorsque la démarche en vue du don d’organes est faite, la consultation du registre des refus est légalement interdite. Il faut donc s’en remettre au témoignage des proches. On ne peut pas, lorsque le donneur potentiel est décédé en mort encéphalique appliquer strictement le principe du consentement présumé, mettre à l’écart les proches en excluant leur témoignage et, dans le cas d’un donneur potentiel non encore décédé (Maastricht 3), demander aux proches de témoigner de la position de la personne vis-à-vis du don d’organes. Il est nécessaire de garder à l’esprit la cohérence d’ensemble de notre attitude vis-à-vis des proches et d’éviter que les acteurs de terrain soient confrontés à des situations contradictoires propres à générer des comportements inadaptés.

Que retenir ? Les partisans d’une modification de la législation actuelle devraient prendre en compte les propos du Professeur Rafael Matesanz directeur de l’Organisation nationale de transplantation (ONT) en Espagne et "père" du modèle espagnol : « Il n’y a pas un seul cas au monde où les donneurs ont augmenté après une simple modification de la loi ». « Il faut aussi un modèle d’organisation approprié, sans lequel les dons n’augmenteront pas, même en modifiant la loi. ».

En France, ce n’est pas la loi qu’il faut changer, c’est l’organisation qui doit évoluer.

*Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus, Hôpital de la Timone Adultes, Marseille

source : jim.fr


Don d’organes : progression des inscriptions au registre national du refus

Publié le 11/04/2016

La loi de santé prévoit le renforcement du principe du consentement présumé au don de ses organes. Cette disposition qui a fait couler beaucoup d’encre repose sur la constatation d’un décalage important entre la part très majoritaire de Français se déclarant favorable au don de leurs organes et un taux de refus au moment de la demande de prélèvements qui stagne autour de 33 %.

Désemparées par la mort brutale de leur proche, ne connaissant pas toujours sa position sur le sujet et refusant également dans certains cas qu’à la disparition s’ajoute un geste parfois difficilement acceptable psychologiquement : les familles se montrent fréquemment hostiles au prélèvement. Les enquêtes réalisées par les associations et les institutions le confirment : quand 79 % des Français se disent favorables au don de leurs propres organes, seuls 63 % indiquent qu’ils y consentiraient pour un proche.

Un signe révélateur

Considérer le consentement nécessairement présumé en l’absence d’inscription sur le registre national qui enregistre les refus et donc restreindre le dialogue avec les familles à une simple procédure d’information est-il pour autant la solution ? Les discussions actuelles autour des décrets d’application sont aujourd’hui houleuses. En effet, si certaines associations, telles Greffe de vie ou Renaloo se montrent très favorables à cette orientation, d’autres ainsi que les spécialistes de la transplantation réprouvent l’idée de rompre la communication avec les proches.

On le sait, l’application des nouvelles dispositions (qui constituent en réalité un retour à l’esprit de la loi initiale) doit passer par l’établissement d’une liste de méthodes permettant de préciser son opposition au don de ses organes, parallèlement à l’inscription sur le registre des refus. Ce registre est en effet supposé mal connu, mais il semble que les débats qui ont eu lieu l’année dernière lui aient offert un regain de notoriété.

En effet, selon des informations révélées par le Moniteur des pharmacies, le nombre d’inscrits sur le registre a progressé de 40 % en un an ; les services de l’Agence ont dû gérer entre 70 et 80 demandes par jour, contre moins d’une dizaine auparavant. Aujourd’hui, ce fichier recense 135 000 noms. Si ce nombre est encore trop faible pour expliquer l’ampleur du taux de refus, cette augmentation signe une certaine forme d’inquiétude vis-à-vis de l’évolution de la loi. Certains de ceux qui avaient préféré ne pas "officialiser" leur opposition au don de leurs organes, convaincus que leurs proches pourraient la signaler le cas échéant, préfèrent aujourd’hui franchir le pas de cette inscription. Le climat de défiance redouté par les équipes de transplantation paraît se dessiner.

Automatiser la prise de position ? Une solution repoussée

Une telle tendance et les discussions qui accompagnent la rédaction des textes d’application contribuent à s’interroger de nouveau sur la pertinence d’un changement de paradigme : et s’il était plus constructif d’imposer aux Français, au gré d’une démarche administrative banale, de préciser leur position sur le sujet. C’est l’objet d’une nouvelle proposition de loi, récemment déposée par le député LR, Thierry Mariani, qui suggère que la position sur le don d’organe figure automatiquement sur le permis de conduire. Cette proposition devrait être retoquée à l’instar de toutes celles similaires précédemment présentées au nom du principe du consentement présumé.

Elle n’a pas d’ailleurs la faveur de certaines associations, telle la Fondation Greffe de vie qui dans Ouest France refusait un dispositif altérant le principe de confidentialité (on aurait cependant pu imaginer un mécanisme de cryptage à l’heure de l’informatisation) et rappelait qu’aujourd’hui ce ne sont plus les accidentés de la route qui forment le plus grand contingent de donneurs potentiels.

Aurélie Haroche (jim.fr)


L’OCS (Organ Care System) révolutionne la greffe !

source : caducee.net

L’OCS (Organ Care System), système qui permet de conserver un greffon plus longtemps, est arrivé à Marseille grâce à la mobilisation de l’association Maryse ! Pour la vie. Cette innovation technologique majeure va permettre d’augmenter le nombre de prélèvements de greffons et diminuer les risques de rejet. Ce procédé révolutionnaire, qui vient des Etats-Unis, est en application clinique au sein de l’équipe du Professeur Pascal Thomas, un des spécialistes de la transplantation pulmonaire en France et chef de service à l’Hôpital Nord.

Maryse ! pour la vie, qui œuvre depuis plus de 8 ans pour la sensibilisation du Don d’organes, est en relation avec l’équipe du Professeur Pascal Thomas, Chef du service de chirurgie thoracique à l’Hôpital Nord, la première équipe française en nombre de transplantations effectuées en 2013.

Pour permettre la mise en œuvre du protocole international d’expérimentation sur Marseille, Maryse ! pour la vie s’est fortement mobilisée pour récolter les fonds nécessaires à l’acquisition de cet équipement inédit. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a ainsi contribué à hauteur de 210 000 € pour financer ce projet. Les 71 000 € restant ont été collectés auprès de familles marseillaises.

Qu’est-ce que l’OCS ?

Jusqu’à présent le transport de greffons s’opérait par isothermie, en plaçant l’organe prélevé en situation de froid intense dans une simple glacière. L’OCS bouscule cette pratique en inventant la normothermie. Cette nouvelle technique permet de prolonger la durée de conservation d’un greffon après son prélèvement.Ventilés et perfusés, les poumons continuent de « vivre » comme à l’intérieur du corps pendant près de 12h (au lieu des 6h actuels). Le petit robot imaginé par la société américaine Transmedics, permet de transformer l’organisation d’une transplantation en réduisant la dimension d’urgence, en élargissant la sélection des greffons et en diminuant les risques de rejet. Effectivement, en bénéficiant de plus de temps, les tests de compatibilités entre donneurs et receveurs peuvent être encore plus approfondis et les greffons habituellement rejetés peuvent être sélectionnés en leur appliquant des traitements appropriés. Et au-delà de toutes ces améliorations médicales, les greffes vont être diurnes et plus nocturnes, permettant la pleine mobilisation de tous les services des hôpitaux et non une équipe réduite intervenant en pleine nuit.

Trois CHU français accueillent cette technologie : il s’agit de Paris, Strasbourg et Marseille.

L’implication de l’association Maryse ! Pour la Vie

Cette association cassidaine œuvre pour une « priorité nationale » : le Don d’organes. Pour sensibiliser le grand public et faire appel à son soutien et sa générosité, elle multiplie les campagnes et l’organisation de nombreuses manifestations tout au long de l’année. Le message est simple : au regard de la loi, nous sommes tous donneurs (principe du consentement présumé).

Mais au moment d’un possible prélèvement, il est demandé aux proches la position du défunt sur le sujet. Si la famille ne sait se prononcer, il n’y a pas de prélèvement. Il ne suffit donc pas d’être favorable au Don d’organes, il faut surtout en parler à son environnement familial.

Cela relève d’une prise de conscience simple : si un jour je suis d’accord pour recevoir, alors je suis d’accord

pour donner... et en parler !

Quelques chiffres...

- 40 000 personnes vivent en France avec un greffon

- + 20% de greffes de poumons en 2011

- 17 000 personnes sont en attente de greffon en 2012

- 48 patients ont été transplantés pulmonaires à Marseille en 2012

... et pourtant, 1 personne meurt encore chaque jour en France faute de greffe !


Don d’organes entre vivants : « J’ai changé d’avis ! »

Paris, le samedi 16 septembre 2017

L’affaire ressemble à s’y méprendre au scénario de l’épisode des Simpsons intitulé Touche pas à mon rein. On y voyait le père d’Homer Simpson être victime d’une « explosion des deux reins » (bien sûr, on ne reviendra pas sur le caractère vraisemblable ou non du diagnostic). Homer Simpson accepte alors par générosité de faire don de l’un de ses reins à son père.

Toutefois, installé sur la table d’opération, pris de panique, il décide de partir en courant. Alors qu’il est dans sa précipitation victime d’un accident de la circulation, les médecins profitent des soins d’urgences pour prélever le rein sans le consentement de notre anti-héros.

L’affaire actuellement pendante devant la Cour d’Appel administrative de Nantes, et dont les faits remontent à 2004, est en tout point similaire. Pour aider son frère atteint d’une grave maladie, un homme accepte de donner un rein dans un geste de pur altruisme. Le consentement du donneur est recueilli par l’hôpital et une opération est programmée. Mais la veille, déjà admis dans le service de chirurgie, le patient est pris d’un doute soudain. Celui-ci informe sa femme et indique au personnel médical son intention de quitter l’établissement.

C’est alors que l’invraisemblable se produit : le patient est endormi et l’organe est prélevé malgré le refus spécifié du donneur.

Une procédure pourtant très encadrée

L’erreur commise par le CHU d’Angers (qui n’a pas été contestée en tant que telle) est surprenante compte tenu du formalisme juridique imposé pour les dons d’organes.

Un petit rappel sur la législation en vigueur s’impose. L’article L.1231-1 du Code de la Santé Publique autorise à des conditions strictes le don entre vivants.
Le don entre vivants n’est ouvert qu’au sein d’un cercle familial (élargi depuis la loi de bioéthique du 7 juillet 2011). Outre le père ou la mère du receveur, peuvent être autorisés à se prêter à un prélèvement d’organe le conjoint, les frères ou sœurs, les fils ou filles, les grands parents, oncles ou tantes, cousins germains et enfin le conjoint du père ou de la mère.

Dans la mesure où l’acte médical auquel se livre le donneur est loin d’être anodin, celui-ci doit être informé par un collège de médecins sur les risques encourus. Enfin, le consentement du patient doit être reçu devant le Président du Tribunal de Grande Instance. En cas d’urgence, le consentement peut être reçu par tous moyens par le Procureur de la république.

Mais qu’en est-il lorsque le patient se rétracte ?

Le Code de la santé publique ne souffre d’aucune ambiguïté : le consentement est révocable à tout moment et ceci indépendamment du caractère solennel de la procédure. C’est donc fort logiquement que le Tribunal Administratif a prononcé la condamnation du CHU d’Angers.

Condamnation, oui, mais quel préjudice ?

Il est fort probable que cette condamnation soit confirmée en appel. En effet comme l’a souligné le rapporteur public dans le cadre des débats, le CHU lui-même a reconnu la faute dans « l’absence de vérification du maintien du consentement ». Reste à savoir quel est le préjudice indemnisable dans notre affaire ?

En effet, classiquement, la violation du consentement ou d’une obligation d’information ouvre droit à la réparation d’un préjudice. Dans notre affaire, le Tribunal Administratif a limité la condamnation à la somme de 15.000 euros pour la perte du rein. Reste à savoir si peut s’y ajouter un préjudice moral. La réponse sera sans doute apportée par l’arrêt d’appel.

Charles Haroche (avocat à la Cour)

Copyright jim.fr

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Arnaud BASSEZ

IADE

Administrateur

Enseignant CESU/Formateur AFGSU


Documents joints

Guide 2005

Articles publiés dans cette rubrique

samedi 27 octobre 2018
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 22

" Avoir des connaissances sans les partager, c’est se mettre au niveau de celui qui n’a pas d’idées. " Thucydide ; L’histoire de la guerre du Péloponnèse - Ve s. av. J.-C.
La SOFIA diffuse les exposés du congrès de la SFAR 2018, qui s’est tenu du 27 au 29 au septembre 2018 à Paris.
67 fichiers, 47 MO à (...)

samedi 28 avril 2018
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 21

La connaissance, c’est partager le savoir qui nous fait grandir.
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Tant il est vrai que l’accès des publications médicales du congrès 2017 sur le site de la SFAR n’est réservé qu’aux médecins et internes. Il est en effet dommage de segmenter la connaissance. A croire que les IADE qui (...)

samedi 31 mars 2018
par  Arnaud Bassez

Développement durable au bloc opératoire

Une collègue et amie, Nathalie, nous envoie des documents sur le développement durable au bloc opératoire. Ce sujet est très important, et la SOFIA en est très soucieuse. La prise de conscience doit être la règle.
Guide 2015 des pratiques vertueuses en développement durable des établissements (...)

lundi 10 octobre 2016
par  Arnaud Bassez

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Retour de congrès à Caen.
Un congrès pour nous, les IADE
Le congrès de Caen, organisé par la Coordination des Infirmiers Anesthésistes et de Réanimation de Caen et de sa Région (C.I.A.R.C.R.) s’est tenu le 8 octobre 2016, au Pôle de Formation et de Recherche en Santé (PFRS), qui regroupe, sur 20 000 (...)

mercredi 28 septembre 2016
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 19

SFAR 2016
La SOFIA diffuse les exposés du congrès de la SFAR 2016, qui s’est tenu du 22 au 24 septembre 2016 à Paris. Ce congrès démontre la richesse de l’anesthésie-réanimation dans tous les aspects de son exercice.
59 documents, 39 MO à télécharger.
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lundi 29 août 2016
par  Arnaud Bassez

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Depuis le début, le site SOFIA partage et diffuse le plus largement possible, les congrès et leur contenu, afin que tous les professionnels de l’anesthésie puissent en bénéficier.
Le savoir se partage, si possible gratuitement, même s’il est licite de faire payer un travail de préparation et de (...)

lundi 25 avril 2016
par  Arnaud Bassez

Dictionnaire médical

Document librement accessible sur le net.
Face au succès de la version électronique, cette nouvelle édition, entièrement revue et mise à jour , intègre grâce à un code à gratter propre à chaque exemplaire, la version informatique de ce dictionnaire qui peut être installée et utilisée sur un ordinateur (...)

mercredi 23 septembre 2015
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 17

La SOFIA diffuse les exposés du congrès de la SFAR 2015, qui s’est tenu du 17 au 19 septembre 2015, à Paris. Toujours pour le bénéfice et l’intérêt des professionnels de l’anesthésie-réanimation-urgences.
58 documents, 41 MO à télécharger.
SFAR 2015
Sommaire
Conférences d’actualisation
Conférences (...)

samedi 15 août 2015
par  Arnaud Bassez

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A lire ou relire
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Docs en stock 4 SFMU 2009
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dimanche 10 mai 2015
par  Arnaud Bassez

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Un journal a écrit que ce qui manque aux jeunes, c’est une bonne guerre ; ce qui ne nous apprend rien sur les jeunes, mais en dit long sur les vieux.
Romain Gary
« La médecine militaire est à la médecine ce que la musique militaire est à la musique » (Clemenceau).
Loin de ces considérations du (...)

samedi 18 avril 2015
par  Arnaud Bassez

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Le SAMU et le centre 15 sont organiquement liés, situés au même endroit dans un hôpital et bénéficient du statut de service hospitalier sous la responsabilité d’un médecin, chef de service.
Les missions du SAMU : C’est une structure départementale qui régule par le numéro 15 les appels de détresse et (...)

dimanche 21 septembre 2014
par  Arnaud Bassez

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La SOFIA diffuse les exposés du congrès de la SFAR 2014, qui s’est tenu du 18 au 20 septembre 2014, pour le bénéfice de tous les professionnels de l’anesthésie-réanimation.
59 documents, 31 MO à télécharger.
SFAR 2014
Sommaire
Conférences d’actualisation
Conférences d’essentiel
Infirmier(e)s (...)

samedi 9 août 2014
par  Arnaud Bassez

Formation approfondie pour infirmier(e)s anesthésistes (FAPIA)

Formation 2014-2015
Modalité de formation :
Formation continue prise en charge individuelle : 756.53 €
Formation continue prise en charge employeur : 756.53 €
Formation diplomante
Nature de la Formation : Diplôme d’établissement homologué
Durée de la formation : 4 semestres
Description de la (...)

samedi 5 juillet 2014
par  Arnaud Bassez

Résumé du MAPAR 2014

Le congrès du MAPAR qui s’est tenu les 6 et 7 juin 2014 est toujours riche et intéressant. Mais pour la maison IADE, il faut savoir isoler les points qui nous concernent au quotidien.
La ventilation
Le remplissage vasculaire au bloc en 2014
Les solutés de remplissage.Tous mauvais ?
Le BIS (...)

dimanche 2 mars 2014
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 12

Asspro, une association pleine d’effervescence
A lire ou relire
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Docs en stock 3 SFAR 2009 et 2010
Docs en stock 4 SFMU 2009
Docs en (...)

mardi 4 février 2014
par  Arnaud Bassez

AFISAR 2014 et 2013 : les publications

Les publications du 23 ème congrès National de l’AFISAR (en novembre 2014)
Les publications du 22 ème congrès National de l’AFISAR (en novembre 2013)
Vous pouvez retrouver ces publications sur le site de l’afisar.
À lire les publications d’autres congrès
Docs en stock Les brûlures
Docs en stock 2 (...)

mardi 14 janvier 2014
par  Arnaud Bassez

Ebola-Marburg-Lassa

De retour sur le devant de l’actualité, le virus Ebola et son cousin Marburg, imposent à chacun des professionnels de santé exposés potentiellement à des patients porteurs, de se prémunir afin d’éviter toute contagion.
A savoir
Une personne qui ne présente aucun des symptômes de la maladie n’est pas (...)

samedi 5 octobre 2013
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 11

Les documents du congrès de la SFAR 2013 sont consultables.
94 documents. 18.7 MO à télécharger.
Conférences d’actualisation, Conférences d’essentiel, des sessions IADE, Infirmier(e)s d’Urgence, Évaluation et traitement de la douleur, Urgences vitales, Infirmières de réanimation
A lire ou relire (...)

jeudi 22 août 2013
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 10

Depuis le début, le site SOFIA propose un accès à la connaissance actualisée en sélectionnant le meilleur des congrès.
Le congrès ICAR, réunion de l’ariaf et de l’icar, propose une mise en ligne de ses congrès depuis 1994 à nos jours.
Voici une nouvelle base de données à consulter.
A lire ou relire (...)

dimanche 23 juin 2013
par  Arnaud Bassez

La loi c’est la loi

Loi des gaz parfaits ou loi d’Avogadro
Définition
La loi des gaz parfait est définie par la relation : PV = nRT
avec :
P la pression en pascal
V le volume en m3
T la température en °K
R la constante des gaz parfait en J.mol-1.K-1
La relation reliant pour un gaz parfait la pression, le (...)

lundi 17 juin 2013
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 9

DOCS EN STOCK 9
Ces mises au point annuelles, sont toujours excellentes en qualité de contenu et en organisation. Le MAPAR s’impose comme un des meilleurs congrès de la spécialité, et son recueil s’apparente à la bible de l’interne en anesthésie.
A lire ou relire
Docs en stock Les brûlures
Docs (...)

vendredi 14 juin 2013
par  Arnaud Bassez

Docs en stock 8

Pour les acteurs de l’urgence et les autres. Même si parfois le congrès est plus orienté IDE que IADE. On pourra trouver sur le site de la SFMU, des documents à télécharger. Hélas, ils sont un peu datés...
A lire ou relire
Docs en stock Les brûlures
Docs en stock 2 Anesthésie-Cardiologie-Femme (...)

vendredi 24 mai 2013
par  Arnaud Bassez

Anxiété, les echelles

Les étudiants sont assez versés sur le sujet. L’accueil, la prise en charge du patient les intéressent souvent.
Ils ne font que découvrir, que l’anesthésie ne consiste pas seulement à injecter des produits pour endormir les patients, mais qu’au préalable, il y a bel et bien une prise en charge globale, (...)

samedi 11 mai 2013
par  Arnaud Bassez

Le système respiratoire

Il ne respire plus...il est mort !
Cette remarque nous est très familière. On associe souvent la vie à la respiration ; ne dit-on pas, par exemple : " un souffle de vie". On reconnaît instinctivement que la vie est associée à l’air que l’on respire et que d’en manquer, conduit inévitablement à la (...)

mercredi 20 mars 2013
par  Arnaud Bassez

Le débit sanguin cérébral et le traumatisé crânien

Le débit sanguin cérébral est de 750 millilitres par minute, soit 15 % du débit sanguin. De nombreux paramètres peuvent interférer sur ce débit.
Mesure de la pression intracrânienne
Monitorage cérébral du traumatisé crânien
Traumatisme crâniens de l’adulte
Les traumatismes crâniens (TC), cause majeure (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai 2018

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB