De la contradiction dans les chiffres

ou la crise démographique de la profession
vendredi 19 janvier 2007
par  Arnaud Bassez
popularité : 2%

Actualisé en avril 2016

Lu sur le JIM

Une récente étude du Commissariat général à la stratégie et à la prospective ( ex Centre d’analyse stratégique) et de la Direction de la recherche du ministère du Travail (DARES) dévoile que parmi les « cinq secteurs fortement créateurs d’emploi d’ici 2015 », figure notamment celui de la santé et de l’action sociale.

rapport métier 2015

Une analyse plus détaillée, métier par métier, révèle que les professions d’aides soignants, d’infirmiers et de sages femmes compteront parmi les plus fortes créatrices d’emplois d’ici 2015.

mouvement du personnel hospitalier

Ainsi, quelque 149 000 aides-soignants supplémentaires sont attendus sur le marché du travail dans les huit prochaines années, soit une progression de 32 % par rapport à 2005. Concernant les infirmiers et les sages-femmes, cette augmentation devrait atteindre 17 % (soit 78 0100 emplois supplémentaires).

Les auteurs du rapport notent par ailleurs qu’une majorité des métiers qui connaîtront la plus forte progression au cours des prochaines années est marquée par une grande féminisation. Ils indiquent ainsi à titre d’exemples, que 91 % des aides soignants et 87 % des infirmières et des sages-femmes sont aujourd’hui des femmes.

Ces prévisions représentent une nouvelle opportunité d’évoquer les futurs problèmes de démographie médicale. Parmi ces différentes observations, le CAS souligne ainsi que si « l’emploi sera en forte hausse chez les aides soignants et les infirmiers, il sera en baisse chez les médecins ». Cette situation s’explique par l’augmentation des départs à la retraite des praticiens qui ne pourra être compensée par l’arrivée des nouveaux carabins. Pour répondre à cette situation, le CAS plaide en faveurs d’une « redéfinition du partage des tâches entre médecins et infirmières ». S’il reconnaît que certaines expérimentations existent déjà, le centre d’analyse semble déplorer le fait qu’elles soient plus souvent destinées à répondre à « des problèmes de coût qu’à une volonté d’améliorer la polyvalence et la coordination des soins ». Cette « division du travail » inspirée par des logiques économiques ne semble pas favorable à une réelle « reconnaissance » de ces professions et le CAS ne cache pas que « Les conditions de travail et les perspectives de carrière risquent d’accroître le phénomène de fuite de ces métiers ».

Et en parallèle, dans le dernier oxymag, n° 91 l’article sur le renouvellement des effectifs par Catherine Triboulet, présidente du CEEIADE,(comité d’entente des écoles de IADE) semble plus alarmiste.

Population IADE vieillissante avec aussi des stagiaires sensiblement plus âgés décidant de faire la formation.

Départ à la retraite : 3147 d’ici 2015 soit 49% de l’effectif actuel, avec un pic en 2015.

Un déficit national de 500 IADE.

Moins de stagiaires se décidant à la carrière,

moins 29,87% entre 2004 et 2006.

moins 26,48% à l’admissibilité entre 2004 et 2006

moins 23,52% à l’admission entre 2004 et 2006.

moins 7,78% des entrants en formation entre 2004 et 2006.

moins 30,54% sur la liste complémentaire entre 2004 et 2006. (prendre en compte les reports de scolarité.)

Les causes :

- 87,5% des rejets sont dus à un non financement par les organismes entre 2004 et 2006. Ce qui pourra à ce petit jeu avoir les mêmes effets qu’un numerus clausus. Appellera t-on ça le numerus fricus ?

- 26,20% de renoncements volontaires entre entre 2003 et 2006.

Donc il y a moins de d’IDE qui accèdent à la formation IADE.
Quel avenir cela peut-il donner ?

Reprenons les questions de l’auteur de l’article :

- la difficulté de la formation n’est-elle pas en cause ?

A aucun moment le contenu de la formation doit être encore revu à la baisse, ce qui a été le cas en janvier 2002. L’anesthésie ne souffre pas l’à peu-près, et brader la formation pour "faire du chiffre" c’est s’exposer à une baisse de la qualité des IADE.

- Une baisse des revenus du fait de la suppression des gardes peut-elle être évoquée ?

On ne peut prétendre à gagner plus en étant en formation. En revanche il est important que cette formation, ultra qualifiante, longue, difficile et procurant un haut degré de responsabilité doit être reconnue financièrement dès le début de la carrière, et s’étendre sur l’ensemble de son exercice professionnel.

- Les horaires de travail sont-ils moins attrayants ?

Il est sûr que le passage aux 35 heures à rendu le planning des IADE moins attractif. La perte des 24 heures, voire plus, donne un sentiment de "passer ses jours à l’hôpital".
Il est regrettable d’avoir à lire les propos de Lionel Jospin, déclarant que l’hôpital n’était pas prêt pour les 35 heures...
Gouverner c’est prévoir, disait Émile de Girardin.

Toutefois, les postes en horaires de nuit n’attirent pas nécessairement les IADE, qui ont des enfants.

- Dans le contexte sociologique actuel, l’IADE est-il prêt à engager sa responsabilité autant que ses ainés ? crainte du procès, peur de la prise de risque, moindre engagement professionnel ?

Sans doute, l’engagement peut apparaitre moindre. Les grandes "batailles" semblent appartenir au glorieux passé, et la dernière en date date de 2001. Mais il ne faut pas sous-estimer pour autant la profession IADE, qui quand elle se soulève, est beaucoup plus solidaire et unie que les IDE.

La responsabilité et les procès :
Les chiffres des assurances professionnels sont clairs à ce sujet : les IADE sont très peu responsables directs de fautes. C’est-à-dire de gestes volontaires ou non ayant entrainés un préjudice au patient.

De plus, craindre le procès ne permet pas d’exercer sereinement son "art" au quotidien. Les IADE ne semblent pas paralysés par cette idée. Ils en sont conscients. Est-on paralysé à l’idée de prendre sa voiture quand on sait qu’il y a 4700 morts sur la route ?

Il est fort à parier, que si la reconnaissance statutaire, financière et professionnelle passe par une augmentation raisonnée et raisonnable des assurances professionnelles, les IADE dans leur ensemble, accepteraient ce paramètre comme une marche incontournable vers un vrai + professionnel.

- Certains IADE n’ont-ils pas le sentiment d’une moindre reconnaissance de leur spécialité par les MAR ?

La dérive actuelle des tâches des IADE peut s’apparenter à de l’exécution, plus qu’à un rôle propre, rôle dont les IADE sont d’ailleurs dépourvus.
Les nombreux éléments de contrôle nous obligent à sortir des nos compétences de base, pour aller s’occuper de tâches à priori prévues pour la fonction de cadre :
- gestion,
- maintenance,
- traçabilité,
- matériovigilance,
- hémovigilance,
- pharmacovigilance,
- planning...

La question de la T2A, ne fera que redispatcher les IADE dans des structures plus grandes, si les moyennes ou petites ferment. La fonction ne sera pas amputée par cette "manipulation".

- Il y a t-il un écart entre pré-acquis et pré-requis des candidats ?

Le niveau de formation ne doit pas évoluer à la baisse. Ce serait perdre la spécificité des IADE actuels, et irait à l’encontre de la recherche de la qualité des soins dont on nous rabat les oreilles à longueur de temps, par des personnes qui n’en connaissent pas ou plus la signification.

Baisse entre pré-acquis et pré-requis : Je crois sincèrement que oui.
Ayant suffisamment d’expérience et de recul, ayant vu passer nombre de stagiaires depuis mon DEIA (janvier 1992), il me semble que le niveau global est à la baisse.
En connaissance physio-pathologique, en pharmacie, en capacité d’analyse, en maitrise des dilutions.

Mais encore une fois, le CEEIADE ne doit pas brader la formation comme récemment, en supprimant une partie du programme, à l’instigation des MAR qui ont vu là, la possibilité de "castrer" la petite profession qui monte qui monte...

De plus l’intérêt du TIP (travail d’intérêt professionnel) ressemble à s’y méprendre à une démarche de soins. Quel besoin irrépressible ont ces personnes à vouloir intellectualiser un soin ?

N’y aurait-il pas mieux à faire en recherche personnelle que de faire ce travail, qui commence sérieusement à tourner en rond (pléonasme) avec les sujets répétés à l’envi.

Pour les médecins anesthésistes réanimateur, ce n’est guère mieux.

La démographie des médecins anesthésistes réanimateurs (Sylvia Pontone, Nicolas Brouard)
L’avenir démographique des anesthésistes réanimateurs est-il encore compromis

Et que dire des chirurgiens ?

La chirurgie française en 2003. Les raisons de la crise et les propositions.
La crise de recrutement des chirurgiens français, entre mythes et réalités

Raréfaction des anesthésistes-réanimateurs : projections et défis

Publié le mercredi 23 mars 2016

11,5 millions d’anesthésies sont réalisées chaque année en France. Compte-tenu de l’augmentation importante du nombre d’anesthésies et des contraintes démographiques, Silvia Pontone, anesthésiste réanimateur à l’Hôpital universitaire Robert-Debré (AP-HP), chargée de mission à la Direction de l’Organisation Médicale et des relations avec les Universités (Domu, AP-HP) et chercheure associée à l’Institut National d’Études Démographiques (Ined) fait le point sur les défis rencontrés et l’évolution de cette discipline.

« La réforme de l’internat qualifiant de 1984 qui a aboli la voie parallèle de formation des CES (Certificat d’Etudes Spéciales), s’est ajoutée aux effets de la réduction drastique du numerus clausus qui a été maintenu en dessous de 4 000 durant 15 ans, passant de 8531 en 1971 à 3500 au plus bas en 1992. Ceci est à l’origine de la problématique démographique médicale », explique Silvia Pontone. «  Concernant l’Anesthésie Réanimation, en 1988, cinq anesthésistes ont étés formés en France, 31 en 1989 et 82 en 1990, contre 440 anesthésistes formés chaque année durant la décennie 80 », illustre-t-elle. «  Le modèle de projection démographique réalisé à l’Ined en 1990 pour l’anesthésie réanimation a permis de montrer qu’en maintenant un niveau de 100 internes/an dans cette discipline, on réduirait de 50 % le nombre d’anesthésistes réanimateurs à l’horizon 2020, et de 30 % à l’horizon 2010, avec pour corollaire une augmentation considérable de l’âge moyen. »

Ces travaux scientifiques ont permis d’éclairer les mesures correctrices, mais il faudra attendre l’année 2000 pour obtenir une augmentation du numerus clausus et 2009 pour que s’instaure une régulation nationale et régionale concernant l’ensemble des disciplines médicales (décret du 9 mars 2009, n°2009-272). Suite à ce décret, ce n’est qu’en 2012-2013 que les flux de formation en anesthésie réanimation vont augmenter de façon notable, d’un facteur 2 en France (260 postes d’internes en 2008 à 487 en 2015) et de 3 en Île-de-France (35 postes en 2008 à 101 en 2015). « Un certain temps sera nécessaire avant d’avoir l’efficacité de ces mesures, impliquant un très probable maintien des tensions démographiques jusqu’en 2020  », déduit-elle.

« Finalement l’anesthésie-réanimation a été sauvée de ses projections les plus défavorables, du fait de l’augmentation des flux de formation à l’internat puis à l’examen classant national, et des flux migratoires de médecins à diplôme étranger qui constituent aujourd’hui 40 % des premières inscriptions au Tableau de l’Ordre des Médecins  », reprend-elle. Toutefois, le vieillissement professionnel et les inégalités géographiques restent extrêmement importants.

« Aujourd’hui, la régulation de la démographie médicale est mise à mal et un grand nombre d’incertitudes demeurent quant à l’adéquation entre l’offre et la demande, puisque l’accroissement de la population générale est de l’ordre de 3 % et que celui des besoins du fait du vieillissement est de l’ordre de 15%. Aussi, l’augmentation des indications chirurgicales et du nombre de chirurgiens depuis 1990 laisserait présager d’un besoin encore accru en Anesthésie », conclut-elle.

Yasmine ZIAT (lessentiel-anesthesie-reanimation.fr)

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Arnaud BASSEZ

IADE/ Enseignant CESU

Administrateur


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vendredi 10 novembre 2017
par  Arnaud Bassez

Calots scopie

Le calot de bloc opératoire en tissu plus hygiénique que les coiffes jetables
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Chevaliers du guet

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Les effets néfastes du manque de sommeil.
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vendredi 27 janvier 2012
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Recommandations professionnelles. L’IDE seul devant une situation de détresse médicale

Comme toujours, la SFMU ne supportant pas que les IDE et les IADE puissent s’affranchir de la tutelle médicale, elle “propose” des recommandations applicables aux IDE, car elle ne peut le faire aux IADE qui ont déjà leur carcan prévu par la SFAR.
Pour mieux faire passer la pilule, ces recommandations (...)

mercredi 19 janvier 2011
par  Arnaud Bassez

IADE vs IBODE : dissection et autopsie

On devrait toujours lire les revues des IBODE lorsque l’on est IADE.
Parce que l’on y apprend des choses toujours intéressantes.
Celle que j’ai lu me montre clairement que le côté je panse donc j’essuie, des IBODE se transforme en je pense donc je vais être.
Et si nous n’y prenons garde, nous (...)

samedi 6 décembre 2008
par  Arnaud Bassez

Moins n’égal pas mieux

Notre collègue Éric Delmas, nous fait parvenir une pétition sur le devenir des études IDE en IFSI. (pétition que l’on trouve sur le site de l’ONSIL et dont l’auteur est Thierry Amouroux).
Cette pétition est disponible en format word ou PDF en fin d’article.
N’oubliez pas d’y inscrire les éléments (...)

dimanche 23 mars 2008
par  Arnaud Bassez

N + 1 le point de vue d’un avocat

Texte issu du site snarf (syndicat national des anesthésistes réanimateurs de France) sur lequel vous pouvez le consulter.
NB : Le texte date du 02 janvier 2005. Il n’a pas fait l’objet d’une actualisation des textes qui légifèrent les IADE, à savoir le Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 J.O n° 183 (...)

lundi 27 août 2007
par  Arnaud Bassez

Lettre ouverte à une porte fermée

Le SNIA, seul et unique syndicat de la profession, nous gratifie d’une lettre "ouverte" sur son site. Je vous la livre, avec des remarques personnelles. Évidemment, les membres du SNIA sont invités à s’exprimer sur le forum, ou en réponse à cet article. Chose qu’il n’est pas possible de faire sur (...)

jeudi 19 juillet 2007
par  Bruno Philibien

Situations Critiques en Anesthésie, Simulateur Société Dräger

NDLR : article régulièrement actualisé, la simulation prenant une part accrue dans la formation des acteurs de l’anesthésie et de l’urgence.
Ce n’est plus l’avenir, c’est le présent ! (dernière actualisation : 7 avril 2016)
§§§
Auteur : Bruno Philibien, IADE Cherbourg
(passez la souris sur les photos) (...)

mardi 13 mars 2007
par  Arnaud Bassez

Le secourisme aux enfants

Je viens à titre de consultant-intervenant de délivrer une formation aux premiers secours aux enfants de l’école primaire de mon quartier.
Outre un cours théorique couvrant les classes de CP au CM2, adapté à chaque âge, pendant 1,5 jour, j’ai également délivré avec le concours du professeur d’éducation (...)

mercredi 21 février 2007
par  Arnaud Bassez

Le futur rendra t-il l’anesth’easy ?

Voici ce que l’on peut apporter comme premières lueures d’un futur anesthésique.
(d’après le cours du Professeur Coriat, hôpital Pitié-Salpetrière AP-HP, dont on retrouve la teneur dans le document de Steven L Shafer disponible en fin d’article (en anglais) au format word et en PPT (4MO)).
Petit rappel (...)

vendredi 9 février 2007
par  Arnaud Bassez

Un nouveau concept de respirateur

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vendredi 19 janvier 2007
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De la contradiction dans les chiffres

Actualisé en avril 2016
Lu sur le JIM
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dimanche 17 décembre 2006
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Remets ton masque, on l’a reconnu !

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Brèves

Coin lecture 2

mercredi 29 août

Si une lecture d’un sujet insolite ou original vous a particulièrement intéressé, vous pouvez la partager ici même.

La lecture de thèses est souvent intéressante, car il faut bien le reconnaitre, les doctorants ont plus d’imagination que les EIA et leurs mémoires ...

Amandine Striebig. Les poisons utilisés dans les romans d’Agatha Christie. Sciences pharmaceutiques. 2014. <dumas-01116318>

Si vous voulez que le fruit de votre consultation soit publié ici, envoyez-nous les documents.

sofianesth chez gmail.com

AB

Make our pratique better again...

lundi 2 juillet

Parution du « Guide pratique, de développement durable en bloc opératoire »

source lessentiel-anesthesie-reanimation.fr

Un guide pratique concernant le développement durable au bloc opératoire, préfacé par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a été publié par la Société française d’anesthésie-réanimation (Sfar) et le Comité pour le développement durable en santé (C2DS).

Développé sur 80 pages, ce guide a été écrit par six médecins et quatre infirmières anesthésistes, membres du groupe de travail « développement durable » de la Sfar. Articulé autour de cinq grands thèmes (achats, déchets, gaz d’anesthésie, qualité de vie au travail et éco-conception des soins), le guide présente les grands enjeux, rappelle la réglementation et relate des initiatives vertueuses en matière de développement durable au bloc opératoire.

Le bloc est en effet aujourd’hui responsable de 20 % à 30 % des déchets produits au sein des établissements hospitaliers. Tout au long du guide, les auteurs recensent donc les mauvaises pratiques et les difficultés rencontrées par les établissements pour mener une politique de développement durable, mais aussi les solutions mises en place pour limiter les volumes des conditionnements, comme l’optimisation du tri des déchets et la mise en place de filières de recyclage. Les auteurs soulignent qu’en France, les établissements de santé génèrent 700 000 tonnes de déchets chaque année.

Le guide met ensuite en avant trois causes de génération excessive de déchets.

  1. Premièrement, les produits à usage unique avec des suremballages en plastique et papier, chargés de garantir la stérilité des dispositifs médicaux, qui représentent environ 19 % des déchets.
  2. Ensuite, les champs chirurgicaux et autres textiles opératoires qui constituent 2 % des déchets à l’échelle d’un établissement de santé.
  3. Enfin, les dispositifs déballés mais inutilisés. « Les produits, comme la phényléphrine, l’éphédrine, l’atropine, les hypnotiques (le thiopental et le propofol), les curares (la succinylcholine notamment), le midazolam figurent parmi les médicaments les plus gaspillés », liste-t-il.

Une étude réalisée au CHU de Grenoble a permis de constater une économie de 7 000 euros en un an, grâce à une amélioration du tri des déchets issus du bloc opératoire, rapportent les auteurs. La réduction des déchets représente donc un enjeu financier important.

— -

On en parle déjà et aussi ici

A lire aussi le guide pratique du développement durable au bloc opératoire, édition 2017

Le guide pratique du développement durable au bloc opératoire, édition 2017

AB

La pelle médicale (le retour)

dimanche 23 avril 2017

Déjà évoqué ici le 16 mai 2016, le nouveau baromètre sur les salaires de la santé est publié.

L’agence d’intérim Appel Médical* vient de publier son nouveau baromètre – le sixième – des évolutions de salaires de la santé de 2015 à 2016.

Ce baromètre s’appuie sur les salaires réels d’intérimaires payés au même niveau que les salariés permanents (611 712 fiches de paie) de six grandes familles de métiers* et 13 fonctions paramédicales (congés payés, indemnités de fin de mission et primes variables non prises en compte).

Suivis par les aides médico-psychologiques (métiers du soin et de l’assistance), dont le salaire a augmenté de 3,1 %, ce sont, selon l’étude, les professionnels du handicap qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu. De 2015 à 2016, la fiche de paie des éducateurs spécialisés (métiers du handicap) a progressé de 3,8 % pour s’établir en moyenne à 2 022 euros bruts mensuels contre 1 949 euros en 2015. Il s’agit de la plus forte hausse de salaire, tous métiers confondus. L’étude indique que les structures associatives qui composent le secteur du handicap sont moins impactées par les coupes budgétaires que les établissements de santé.

Les infirmiers anesthésistes (IADE), avec un salaire moyen de 3 808 euros bruts mensuel en moyenne, en hausse de 2,4 % sur un an, sont quant à eux les professionnels de santé les mieux rémunérés en 2016.

« Loin d’être logés tous à la même enseigne »

En bas de l’échelle des salaires figurent les agents de service hospitalier, dont la rémunération moyenne de 1 548 euros bruts mensuels en 2016 n’a progressé que de 0,5 % par rapport à 2015.

Les infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et les techniciens de laboratoire d’analyses médicales ont enregistré chacun, une baisse de leur rémunération moyenne de 1,4 % en 2016 par rapport à 2015.

Ce baromètre « révèle que les professionnels de santé sont loin d’être logés à la même enseigne. Sans doute y a-t-il là quelques pistes pour répondre aux pénuries qui touchent certains métiers », déclare Christophe Bougeard, directeur général d’Appel Médical.

* Appel Médical est une agence d’intérim, filiale du groupe Randstad France qui intervient dans les secteurs hospitaliers....

** Soin et assistance, bloc opératoire, petite enfance, pharmacie et laboratoire d’analyses médicales, rééducation et handicap. Des métiers qui se déclinent au féminin comme au masculin.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

§§§

Encore une fois, tournons-nous vers les USA et regardons combien gagnent les CRNA :

Une infirmière anesthésiste (CRNA) gagne un salaire moyen de 138 568 $ par année.

  1. Avec une fourchette de $94,249 - $183,233, soit 88103 euros à 171 276 euros/ an, ou 7341 euros à 14273 euros /mois
  2. Bonus $1,004 - $15,116 (soit 938 euros à 14 130 euros.)
  3. Profit Sharing $1,973 - $20,273 (soit 1844 euros à 18951 euros)
  4. Commission $8,000 (soit 7478 euros)

Et voila comment on reconnait les compétences là bas.

Intéressé(e) ?

AB

Bons à rien ou mauvais à tout ?

mercredi 15 mars 2017

Le nouveau décret, malgré sa coquille qui devrait être corrigée, stipule

[...]

« B. - L’infirmier ou l’infirmière, anesthésiste diplômé d’Etat est, dans ces conditions, seul habilité à :

  • « 1° Pratiquer les techniques suivantes :
  • « a) Anesthésie générale ;
  • « b) Anesthésie loco-régionale et réinjections dans le cas où un dispositif a été mis en place par un médecin anesthésiste-réanimateur ;

Il n’empêche, pour le Pr Ecoffey, c’est un casus belli que de voir les IADE pouvoir prétendre à la réalisation de cet acte pour lequel manifestement nous sommes incapables, car la HAS a interrogé le Conseil National Professionnel d’Anesthésie en janvier 2017
sur « La réalisation par l’infirmier anesthésiste des blocs nerveux
analgésiques du membre inférieur (fémoral et sciatique) sous échographie, dans la chirurgie de la prothèse de genou, de hanche et de la ligamentoplastie du genou, dans le cadre de la
prise en charge de la douleur
 ».

Le CNP AR a émis un avis défavorable

L’argumentaire est le suivant :

  • Demande de protocole de coopération ancienne (juin 2013) qui n’a plus d’arguments valables :

- la démographie des anesthésistes-réanimateurs évolue (450 internes formés par an depuis 3 ans et qualification de médecins à diplôme étranger par le Conseil de l’Ordre des Médecins,)

- de même que la pratique médicale allant vers des infiltrations

  • Consentement du patient pour la technique, mais à aucun moment il n’est informé que c’est un paramédical qui fait un acte habituellement fait par un médecin. Il DEVRAIT donner un consentement éclairé.
  • Non formation à la prise en charge des complications en particulier les risques liés à l’injection intravasculaire d’anesthésique local.

Hé oui, nous sommes parfaitement incompétents à détecter un passage intravasculaire d’un anesthésique local. Bel exercice de dénigrement, car ceci est enseigné.

Cela me rappelle un des premiers articles que j’avais publié ici : Le MAR m’a tuer.
Est-il précisé aux patients, lors de la consultation, que la prise en charge per-opératoire sera faite majoritairement par un personnel paramédical mais qu’il en a toute l’autorisation légale et la formation idoine... ?

A l’ouest rien de nouveau donc, si ce n’est cette persistance de la mauvaise foi et du dénigrement systématique. Car les IADE manient bien l’échographe pour les poses de voies veineuses centrales par exemple.

Le second intervenant opposé à la pratique des ALR par les IADE, est
Dr Christian Delaunay, président actuel de la SOFCOT. Il se doit d’être solidaire de ses coreligionnaires médecins anesthésistes, qui officient à ses côtés, à la Clinique de l’Yvette, 91160 Longjumeau, établissement de soins privé dit "à but lucratif".

Bref, si vous vous berciez de quelques illusions, vous comprendrez aisément qu’un interne, même de premier semestre, premier jour, première heure, peut faire un bloc PARCE QU’IL EST MÉDECIN !

C’est bon ou il faut que je développe ?

Protocole de coopération, avis du CNP AR du 21 janvier 2017

Et la réaction hystérico-épidermique habituelle du SNARF.

Mieux vaut tard que jamais. Secretaire général du SNARF

AB

Culture pub

lundi 30 janvier 2017

Le docteur Frédéric MARTIN, anesthésiste réanimateur, nous informe de la création de la première plateforme de partage de retour d’expérience au bloc opératoire :

anesthesiasafetynetwork.com

"Ce site est accessible gratuitement aux adhérents fournissant les déclarations de façon anonyme en s’appuyant sur le principe de "just culture". Plus de 600 inscrits en 7 mois. Ils
recevront de façon trimestrielle une newsletter. Ce site n’aura
d’intérêt que si les contributeurs sont nombreux et que les newsletters
sont à la hauteur des attentes.

Les progrès scientifiques en médecine sont tels qu’il est peu probable d’obtenir une réduction drastique de la mortalité par une nouvelle découverte médicale.

Une étude publiée très récemment rapportait que les erreurs médicales représentaient la troisième cause de mortalité aux USA (Martin A Makary et al, BMJ 2016 ; 353 ; i2139).

Nous sommes tous concernés par cette « insécurité » à titre professionnel et personnel. C’est une obligation éthique primordiale vis-à-vis de tous les usagers du système de santé.

L’être humain est faillible. Dans l’immense majorité, l’ensemble des soignants délivre des soins les mieux adaptés aux patients en suivant les dernières recommandations des sociétés savantes.

La peur des sanctions et du jugement poussent les soignants à ne pas déclarer leurs expériences malheureuses conduisant en partie à l’absence d’amélioration de la sécurité des soins.

Il faut donc encourager le partage de ces expériences en renforçant la communication entre les soignants tout en leur assurant un environnement sûr, équitable et anonyme afin d’être certain que ce retour d’expérience n’aura pas de conséquence dommageable sur leur situation professionnelle"

Just Culture : Balancing Safety and Accountability Sidney Dekker, 2nd edition ; Ashgate 2012

C’est donc une bonne idée, qu’il importe d’enrichir. Quelle que soit la qualification ; IADE, PH, CCA, interne...)

AB