Ségo, Sarko : égaux ?

samedi 28 avril 2007
par  Arnaud Bassez
popularité : 3%

Vu sur le JIM (journal international de médecine) qui publie une interview des deux prétendants au trône de France.

C’est le docteur Jean-Marie Le Guen député de la neuvième circonscription de Paris qui répond à la place de Ségolène Royal, tandis que Nicolas Sarkozy s’exprime par lui même.
Je ne garde de l’interview que les propos qui nous concerne directement.

(Entretien réalisé par Aurélie Haroche)

JIM : Quelles sont vos propositions quant à la revalorisation de la profession d’infirmière ?

Jean-Marie Le Guen : Il faut, comme pour tous les professions de santé, assurer la pleine reconnaissance de ce métier, quel qu’en soit le mode d’exercice. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, malgré de multiples promesses. Ce chantier doit être ouvert, dans la transparence.

Nicolas Sarkozy : Les infirmières souffrent de trois problèmes : les conditions de travail, le pouvoir d’achat et la reconnaissance sociale. Les trois sujets sont liés. Les conditions de travail ont été dégradées par les 35 heures et le pouvoir d’achat s’en est trouvé limité.

La reconnaissance au niveau bac +3 me semble incontournable. A l’hôpital, je veux permettre à celles qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire. Enfin, je faciliterai la possibilité pour les infirmières de devenir médecin.

JIM : Quelle est votre position sur les 35 heures à l’hôpital ?

Jean-Marie Le Guen : Elles ont provoqué des difficultés mais il ne faut pas, pour autant, céder à la démagogie, car certains secteurs rencontrent de réelles difficultés de recrutement : les personnels, largement mobilisés, n’aspirent pas, loin s’en faut, à travailler encore plus. Ils sont plutôt désireux de travailler mieux et dans de meilleures conditions.

Nicolas Sarkozy : Les 35 heures à l’hôpital ont été catastrophiques. Elles ont désorganisé les services et gelé les salaires de personnels déjà peu rémunérés.

Je veux donner aux établissements hospitaliers une souplesse dans la gestion des personnels et à ces derniers, la possibilité de travailler plus pour gagner plus lorsqu’ils le souhaitent.

JIM : La maîtrise des dépenses de santé vous semble-t-elle possible ? Pensez-vous qu’il faille mettre en place une franchise laissée à la charge du patient ? Si oui, selon quelles modalités ?

Jean-Marie Le Guen : La franchise est techniquement inepte, comme l’indiquent les économistes, y compris les plus libéraux. Elle engendrerait surtout une grave régression sociale et sanitaire. C’est sans doute pourquoi M. Sarkozy n’a cessé de changer de définition en la matière.

Non à la franchise, mais une réflexion doit s’engager sur les meilleurs modes de prise en charge

Dans l’ensemble, nous savons que les dépenses de santé sont appelées à augmenter : il faut donc réfléchir aux meilleurs modes de prise en charge, fondés sur le service médical rendu mais aussi, et d’abord, agir sur les recettes par une politique de croissance riche en emplois.

Nicolas Sarkozy : Je veux sortir de la confusion entre politique de santé et gestion des comptes de l’assurance-maladie. Je veux que nous ayons d’abord une politique de santé publique, ensuite une politique d’équilibre financier. Nous allons dépenser plus en matière de santé. C’est pourquoi il faut dépenser mieux.

Chacun doit assumer une petite part des dépenses de soins

Je n’accepte pas des gaspillages et des abus de l’ordre de sept à quinze milliards d’euros, plus que le déficit actuel de l’assurance-maladie. Je souhaite que chacun assume une petite part de ses dépenses de soins, de l’ordre de quelques euros par mois. Pour deux raisons : rappeler à chacun que si la santé n’a pas de prix, elle a un coût et sortir de la relation souvent consumériste entre les patients et les professionnels de santé créée par la gratuité des soins ; lutter contre les gaspillages en rendant chaque Français responsable de ce bien précieux qu’est la Sécurité sociale. Nos aînés nous l’ont laissée. Nous devrons la laisser à nos enfants.

JIM : Pensez-vous que la réforme hospitalière engagée par Jean-François Mattei doit aller à son terme ? Sur quel point en particulier, souhaitez-vous la modifier ? Quelle est notamment votre position sur la réorganisation des hôpitaux en pôles ?

Jean-Marie Le Guen : Comme souvent depuis 2002, ces réformes ont manqué de continuité et de moyens pratiques ; la seule « ligne » a consisté à étrangler financièrement les établissements au prétexte d’une course déraisonnable à la convergence tarifaire avec le secteur privé. En outre, la concertation s’est déroulée à une échelle des plus réduites. Ce n’est pas ma conception de la réforme et ce n’est pas ainsi que la modernisation pourra être conduite.

Nicolas Sarkozy : La réforme de l’hôpital est une priorité. Il souffre aujourd’hui d’un fonctionnement trop bureaucratique, des conséquences désastreuses des 35 heures et d’un manque d’objectifs clairs.

Je veux poursuivre la réforme de la carte hospitalière en mettant davantage en réseau les hôpitaux locaux et les grands pôles hospitaliers. Je souhaite que les établissements soient beaucoup plus autonomes, qu’ils soient dotés à leur tête d’un vrai pilote pour éviter les gaspillages et mieux répondre aux besoins sanitaires de la population, que l’on cesse d’inonder les professionnels de circulaires et qu’on leur fasse confiance pour apporter les meilleurs soins. Enfin, je veux désengorger les services d’urgences des pathologies les moins graves en favorisant leur prise en charge par la médecine de ville.

JIM : Etes-vous favorable à la fermeture des maternités réalisant moins de 300 accouchements par an ?

Jean-Marie Le Guen : Il existe désormais des normes de sécurité sanitaire qu’il faut respecter.

Nicolas Sarkozy : Oui, pour des raisons médicales évidentes. Les spécialistes de santé publique affirment que la mortalité infantile et les risques d’accidents médicaux augmentent en dessous de 300 accouchements par an.

En revanche, je ne fermerai pas les structures concernées. Je veux leur donner un autre rôle grâce à leur mise en réseau avec les établissements plus importants.

JIM : Pour finir, quelle différence par rapport à l’autre candidat voulez-vous mettre en avant vis-à-vis des professionnels de santé ?

Jean-Marie Le Guen : Je leur tiens le langage de la vérité et de l’estime. Le candidat de l’UMP se préoccupe des spécialistes les mieux rémunérés et propose d’aller encore plus loin dans le sens des dépassements tarifaires, tandis que les usagers, y compris les rmistes, se verraient de nouveau taxés, cette fois avec une franchise. Ségolène Royal a proposé un pacte de confiance aux professionnels de santé et a clairement indiqué son attachement d’une part, à un service public hospitalier fort, d’autre part à une médecine de première ligne digne d’un grand pays, fondée sur l’égalité d’accès aux soins.

Nicolas Sarkozy : Je veux rétablir la confiance des professionnels de santé dans la capacité des responsables politiques à proposer une vraie politique de santé publique, avec moins de contraintes inutiles, plus d’autonomie et de liberté pour les professionnels.

Il y aura du travail, beaucoup de travail. Travail en médecine de ville, travail à l’hôpital, travail dans les laboratoires de recherche, travail dans les zones sous-médicalisées… Mais ceux qui travaillent toucheront le fruit de leurs efforts.

N’oubliez pas le 6 mai. Aux urnes citoyens.

Arnaud BASSEZ

Administrateur


Articles publiés dans cette rubrique

vendredi 18 mars 2011
par  Arnaud Bassez

L’appel de Cochin

Il est des heures graves dans l’histoire d’une profession où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache.
La profession que nous attendions et désirions, dans laquelle pourrait s’épanouir une France digne et forte, cette exercice professionnel, nous savons qu’on (...)

samedi 18 septembre 2010
par  Arnaud Bassez

Un sondage bien profond

L’enquête nationale IADE a été publiée, il convient de la mettre en lumière car elle recèle des éléments qui méritent une analyse et une discussion. Il faut saluer ici, l’initiative de cette enquête, toujours difficile à mettre en place.
Les auteurs auraient pu y insérer le total des réponses, ce qui (...)

dimanche 12 septembre 2010
par  Arnaud Bassez

Compression, pince, hémostase, tracé plat.....

Voici les établissements publics ayant moins de 1500 séjours en chirurgie en moyenne sur les années 2007 à 2009 et donc pouvant être concernés par les "compressions de sites", surlignés en vert ceux qui sont très proches du seuil et qui ont donc un sursis, car pouvant encore raisonnablement espérer (...)

mercredi 3 février 2010
par  Arnaud Bassez

Premiers résultats de l’enquête 2009 sur le burn out en anesthésie-réanimation

Article du magazine Réanoxyo n° 3 de décembre 2009. Cette revue, de très bonne tenue, est celle éditée par le club des anesthésistes-réanimateurs et d’urgentistes militaires.
Article issu du CARUM (Le Club des Anesthésistes-Réanimateurs et Urgentistes Militaires) et du JIM. 
Les infirmiers et médecins (...)

samedi 11 octobre 2008
par  Christophe Leroy

Synthèse du Rapport d’évaluation d’impact du LMD pour les professions paramédicales

Ce texte est une synthèse du rapport (volumineux)d’évaluation d’impact du LMD pour nos professions. Je me suis efforcé de rester objectif et de ne pas avoir oublié de notions importantes dans ce dédales de propositions, souhaits,volontés, et références à d’autres textes ou missions antérieures. De ce (...)

vendredi 25 avril 2008
par  Arnaud Bassez

Passage ONIveau

Le 24 avril 2008, à 12 heures, s’est achevée la première consultation pour l’élection départementale de l’Ordre infirmier.
Ce sont 68 370 professionnels infirmiers qui se sont exprimés sur un total de 498 020 inscrits au fichier ADELI au 31 décembre 2007. Ce qui porte le taux de participation à 13,73 %. (...)

mercredi 3 octobre 2007
par  Arnaud Bassez

Carabins et carabines en ligne de mire

Les internes sont en grève afin de protester contre le projet de la réduction de la liberté d’installation sur le territoire français.
Nb : pour en savoir plus sur le conflit
libération
challenges
AFP
les échos
la tribune
isnih (syndicat des internes)
isnar (autre syndicat des internes) (...)

lundi 1er octobre 2007
par  Arnaud Bassez

ONI soit qui mal y pense

L’ordre national infirmier (ONI) engendre des espoirs d’un côté et des désespoirs de l’autre.
Essayons de faire le tour des ordres professionnels plus anciens, par le prisme de l’Histoire, seule digne de foi.
L’Ordre infirmier sera traité en dernier, car le dernier en date.
NB : les titres de chaque (...)

mercredi 26 septembre 2007
par  Arnaud Bassez

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2008

(Version présentée par le Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique le 24 septembre 2007)

samedi 15 septembre 2007
par  Arnaud Bassez

TVA sociale

Les rapports concernant la TVA sociale et notre système de protection sociale
Source : portail de Matignon et celui de la Cour des comptes
Arnaud BASSEZ
IADE
Administrateur
Formateur AFGSU

vendredi 18 mai 2007
par  Arnaud Bassez

Mise sous tutelle

Voici les ministres concernés à divers titres, par le dossier LMD et IDE dans son ensemble.
Mme Christine LAGARDE, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi
Mme Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales
M. Xavier BERTRAND, ministre du (...)

samedi 28 avril 2007
par  Arnaud Bassez

Ségo, Sarko : égaux ?

Vu sur le JIM (journal international de médecine) qui publie une interview des deux prétendants au trône de France.
C’est le docteur Jean-Marie Le Guen député de la neuvième circonscription de Paris qui répond à la place de Ségolène Royal, tandis que Nicolas Sarkozy s’exprime par lui même. Je ne garde (...)

mercredi 18 avril 2007
par  Arnaud Bassez

On vous donne un Ordre. Faites-le !

Les décrets d’application de l’Ordre Infirmier sont parus.
Évitons de tomber dans la caricature comme sur le site de sud santé Henri Mondor
Comme cela a été le cas pour la création récente d’un ordre des masseurs kinésithérapeute, la fédération SUD Santé Sociaux appellera les infirmières et infirmiers a (...)

lundi 9 avril 2007
par  Arnaud Bassez

Un ordre, désordre.

Le Groupe Sainte Anne, est un collectif qui rassemble l’ensemble des organisations favorables à la création d’une instance ordinale dédiée aux infirmièr(e)s.
Groupe Sainte Anne 46 Associations et Syndicats Infirmiers 1 Élections des conseillers de l’Ordre National des Infirmiers Mode d’emploi.
Son (...)

mercredi 21 mars 2007
par  Arnaud Bassez

LMD : Le Menu Détaillé

Le LMD est au cœur de la profession infirmière, et de son évolution. Toutefois, pour certains, le LMD reste une nébuleuse opaque et floue. Voici donc une tentative de réponse.
La réforme du LMD (Licence, Master, Doctorat) vise à restructurer l’ensemble des diplômes universitaires pour harmoniser et (...)

jeudi 15 mars 2007
par  Arnaud Bassez

LMD : La Meilleure Division ?

Alors qu’hier les infirmières sous l’appel de la CNI ont envahis la place de la Bastille à Paris, un nouvel appel est lancé par la CGT qui a vu le succès du mouvement. La date retenue par la CGT est le 29 mars pour un rassemblement de tous les fonctionnaires (dans le tas, il y aura bien quelques (...)

dimanche 11 mars 2007
par  Arnaud Bassez

Des sous pour payer les sous payés

Les élections actuelles, mettent à jour le malaise des solutions que nos candidats envisagent pour l’hôpital dans son ensemble et son personnel soignant en particulier.
Le relâchement du numerus clausus actuel envoie un trop grand nombre d’étudiants dans les facultés de médecine, qui après un double (...)

dimanche 4 mars 2007
par  Arnaud Bassez

LMD : Le Malaise Débute !

Ca devait bien arriver. À force de nous prendre pour des chaises, le ministre ne devra pas s’étonner s’il s’assoit à côté !
Car la révolte gronde au sein de masses ! C’est véritablement un scandale et probablement une contrepéterie (Pierre Desproges).
Toutefois, derrière ce trait d’humour, perce le trait (...)

mardi 20 février 2007
par  Arnaud Bassez

LMD : La Missive Dérangeante

Voici une lettre écrite par un collègue IADE.
Vous pouvez la télécharger ci-dessous et l’envoyer au ministère * Ministre de la santé et des solidarités - Xavier Bertrand
MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES 14, avenue Duquesne 75007 PARIS
aux corps constitués (Sénat, Assemblée Nationale, (...)

lundi 19 février 2007
par  Arnaud Bassez

LMD : Le Ministre Dédaigneux

Xavier Bertrand, porte-parole du candidat UMP Nicolas Sarkozy et ministre de la santé et des solidarités, vient de déclarer que le LMD était passé par pertes et profits pour la profession infirmière dans son ensemble.
Alors qu’il s’était engagé à porter à ce projet européen (accords de Bologne) toute (...)

mercredi 14 février 2007
par  Arnaud Bassez

Hôpital 2012

Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a présenté les principales lignes du plan Hôpital 2012. Doté de 10 milliards d’euros sur cinq ans, dont 5 milliards d’euros versés par l’État.
Il y a quatre priorités.
améliorer les conditions de travail du personnel (création de crèches dans les hôpitaux pour (...)

jeudi 25 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

Lettre à Oxymag

On me demande la lettre publiée dans Oxymag n° 91 de novembre/décembre 2007.
la voici :
Les infirmiers anesthésistes français manquent d’une représentation professionnelle non syndicale efficace et sont loin de se sentir considérés à la juste hauteur de leurs compétences et des responsabilités qu’ils (...)

mercredi 17 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

SOFIA, j’ai les noms !

les homonymes de la SOciété Française des Infirmier(e)s Anesthésistes
vu sur http://www.thefreedictionary.com/ le site de référence
SOFIA Society of Film Archivists
SOFIA South Florida Information Access
SOFIA State of World Fisheries and Aquaculture
SOFIA Stratospheric Observatory for (...)

mercredi 17 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

IADE quoi ?

Vous l’avez compris, l’idée des rubriques repose sur la répétition en suffixe de notre acronyme IADE. (d’ailleurs IADE au pluriel ne prend pas de S, un acronyme étant invariable)
Pour ceux qui ne se sont pas posés la question de ce que veulent dire les rubriques à l’origine, voici un bref aperçu (...)

vendredi 29 décembre 2006
par  Arnaud Bassez

Nouvelle gouvernance, nouvelle errance ?

L’hôpital ne cesse de se prendre pour le phénix. De son tas de cendre, il renait épisodiquement. Comme nous nous devons d’être des IADE à la page de nos pratiques et de notre environnement professionnel, voici une tentative d’explication de la nouvelle gouvernance.
La nouvelle gouvernance hospitalière (...)

Brèves

Inscrivez-vous à la SOFIA

mardi 9 octobre

Le bulletin d’inscription est en ligne. N’hésitez pas à vous inscrire.

La SOFIA ne pourra exister sans l’implication professionnel de tous.

Pour notre profession, pour notre présent, pour notre avenir.

Réformez l’errant

dimanche 23 septembre

L’énième réforme de la santé vient de nous arriver.
Tant il est bien admis par les autorités compétentes qui n’y connaissent rien, que seule la corporation médicale exerce dans le domaine de la santé, notamment à l’hôpital.
Les autres professions ... Quelles autres ?

Beaucoup de bouzin pour rien, aurait dit Shakespeare.

Ma santé 2022 un engagement collectif. Dossier de presse Septembre 2018

site : solidarites-sante.gouv.fr

"Ma santé 2022" : les 10 mesures phare de la stratégie de transformation du système de santé

Aujourd’hui, notre système de santé est devenu inadapté : il ne répond plus aux attentes des patients et nourrit le mécontentement des professionnels de santé. Il est marqué par de profondes rigidités d’organisation et est confronté à des tensions financières croissantes. La réforme annoncée ce mardi 18 septembre par le président de la République propose une transformation en profondeur autour de 3 engagements prioritaires :
- Placer le patient au cœur du système et faire de la qualité de sa prise en charge la boussole de la réforme
- Organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité
- Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé

Découvrez les 10 mesures phare de la réforme.

1. Création dès 2019, de financements au forfait pour la prise en charge à l’hôpital des pathologies chroniques dont le diabète et l’insuffisance rénale chronique pour leur partie hospitalière. Ces financements seront élargis à partir de 2020 à d’autres pathologies et cette démarche inclura par la suite la prise en charge en ville en vue d’une meilleure coordination ville-hôpital.

2. Déploiement de 1 000 Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour mailler le territoire national à l’horizon 2022. Une stratégie nationale de déploiement sera arrêtée d’ici fin 2018 et une négociation conventionnelle sera engagée dès 2019 pour donner un cadre pérenne de financement aux CPTS.

3. Soutien financier au développement des assistants médicaux auprès des médecins libéraux à condition que ces derniers exercent en groupe, s’inscrivent dans un exercice coordonné ou une CPTS et s’engagent sur un bénéfice mesurable pour la population en matière d’accès aux soins (augmentation patientèle, réduction des délais de rendez- vous…), dans le but de libérer du temps médical et de permettre aux médecins de se concentrer sur les soins.

4. Labellisation dès 2020 des premiers « Hôpitaux de proximité », avec l’objectif de reconnaissance de 500 à 600 établissements. Ces derniers assureront des missions hospitalières de proximité, en médecine polyvalente, soins aux personnes âgées, soins de suite et de réadaptation, consultations de spécialités, consultations non programmées, et devront disposer d’un plateau technique de biologie et d’imagerie, d’équipes mobiles et d’équipements en télémédecine.

5. Réforme du régime des autorisations des activités de soins, dans une logique de gradation des soins entre proximité, soins spécialisés, soins de recours et de référence, organisées à des échelles territoriales nécessairement différentes et en s’appuyant sur des seuils d’activité quand cela est pertinent au regard des enjeux de qualité et de sécurité des soins. Elle se fera en plusieurs phases et aboutira dès 2020 sur de nouvelles normes pour certaines activités particulièrement structurantes pour les territoires, notamment les services d’urgence, les maternités, les services de réanimation, l’imagerie et la chirurgie.

6. Création d’un statut unique de praticien hospitalier, associé à la suppression du concours PH, pour faciliter l’entrée dans la carrière, diversifier les parcours professionnels (reconnaissances des valences non cliniques) et faciliter l’exercice mixte.

7. Redonner au service son rôle de « collectif » dans l’organisation des activités de soins et le management de l’équipe soignante ; favoriser la reconnaissance collective par la création d’un dispositif d’intéressement lié aux projets d’amélioration de la qualité de service ; prise en compte des compétences en management dans la nomination des responsables médicaux.

8. Élargissement des compétences de la commission médicale d’établissement pour renforcer la participation des médecins au pilotage des hôpitaux.

9. Suppression du Numerus clausus et refonte des premiers cycles des études en santé autour de processus d’orientation progressifs encourageant les passerelles et la diversification des profils.

10. Réforme du 2e cycle des études médicales et suppression des épreuves classantes nationales pour une orientation tenant mieux compte des compétences et aptitudes des élèves et de leur projet professionnel

Quelques réformes depuis 1976

Les réformes de santé en France. dossier documentaire 2016

- 1976 Réforme Barre
- 1977 Réforme Weil
- 1978 Réforme Barrot
- 1981 Réforme Questiaux
- 1982 Réforme Bérégovoy
- 1983 Réforme Bérégovoy bis (budget global)
- 1984 Réforme Dufoy
- 1985 Réforme Barzac
- 1986 Réforme Seguin
- 1987 Réforme Seguin bis ( taxe sur les revenus à 0,8%)
- 1988 Réforme Evin
- 1989 Réforme Evin bis (abaissement du B en biologie)
- 1990 Réforme Rocard
- 1991 Réforme Durieux (nouvelle loi hospitalière, déremboursement de médicaments, relèvement des cotisations)
- 1992 Réforme Kouchner
- 1993 Réforme Balladur
- 1994 Réforme Douste-Blazy 1
- 1995 Réformes Juppé
- 1996 Reforme Barrot-Gaymard
- 1997 Réforme Aubry 1
- 1998 Reforme Aubry 2
- 2000 Réforme Guigou
- 2002 Réforme Kouchner
- 2004 Réforme Douste-Blazy 2
- 2009 réforme Bachelot Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009
- 2016 Réforme Touraine Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016
- 2018 Réforme Buzyn

A lire en complément Les rapports, les référentiels

AB

Coin lecture 3

mardi 18 septembre

Pour ceux qui veulent faire travailler leurs petites cellules grises, le sujet en est justement le patron incontesté de notre corps.

Etats de mal épileptique (Ragguenneau, Oswald)
Mesure de la pression intracrânienne (Bonnard-Gougeon, Gindre, Lemaire)
Métabolisme et circulation cérébrale, modifications liées à l’agression cérébrale
Oedème cérébral, physiopathologie et diagnostic (Payen-Francony-Fauvage)
Principes de traitement de l’hypertension intracrânienne (Fauvage-Albanèse-Payen)
Prise en charge du traumatisé crânien isolé (Visintini, Leone, Albanèse)
Prise en charge d’un patient atteint d’un traumatisme médullaire (Lieutaud-Bruder)
Surveillance du métabolilsme (Sjo2, Pti02, microdialyse-Audibert, Charpentier, Mertes)

— -

Deux articles sur la ventilation. You have to improve your english right now. it’s almost mandatory

Success of intubation rescue techniques after failed direct laryngoscopy in adults
Intraoperative protective mechanical ventilation for prevention of postperative pulmonary complications

AB

Enquête sur l’impact écologique des agents anesthésiques volatiles : halogénés

mardi 24 juillet

Mail reçu venant de la SFAR. Je vous invite à répondre à l’enquête.

Cette problématique est souvent évoquée ici.

AB

Enquête sur l’impact écologique des agents anesthésiques volatiles : halogénés

Chers Collègues,

Avec la problématique actuelle du réchauffement climatique, le développement durable affecte un grand nombre de secteurs d’activités dont le bloc opératoire. En effet, nos pratiques quotidiennes ont un impact sur l’environnement et notamment l’utilisation des halogénés.

Dans le cadre du développement durable au bloc opératoire, nous avons réalisé un questionnaire anonyme qui a pour objectif de faire un état des lieux des connaissances des anesthésistes réanimateurs et des IADE sur les halogénés et leur impact sur l’environnement.

L’objectif secondaire de ce questionnaire est de faire une évaluation des pratiques d’utilisation des halogénés par les médecins anesthésistes réanimateurs.

Merci à vous par avance de prendre quelques minutes pour répondre à ces questions.

FAIT Charlotte
Dr HOSLIN Laura
Service d’anesthésie
Institut Gustave Roussy

Démarrer l’enquête
https://fr.surveymonkey.com/r/7GNZGVW

Nous sommes bien avancés...

samedi 21 juillet

Le 19 juillet 2018, la parution au JO de deux décrets et trois arrêtés officialisent l’exercice infirmier en pratique avancée.

Cinq textes réglementaires - deux décrets et trois arrêtés émanant du Ministère des Solidarités et de la Santé et du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation spécifient à présent et encadrent réglementairement l’exercice infirmier en pratique avancée.

— -

A titre personnel, je me souviens en 2010, à la bourse du travail de Paris, avoir pris la parole pour dire qu’il fallait que nous sortions du corps infirmier. Je me suis fait conspuer par l’assemblée car les IADE n’étaient pas près de sortir de ce corps "dont ils étaient fiers de venir" mais dont paradoxalement ils ne se sentaient plus proches, car leur travail n’avait "plus rien à voir" avec celui d’IDE.

Je me suis rassis, pensant que la profession passait à coté de quelque chose, si elle ne s’émancipait pas de ce corps infirmier qui nous a tant bloqué dans notre évolution.

Mais on me faisait comprendre qu’en sortant du corps infirmier, nous risquerions de nous retrouver au même point que les sage-femmes. Inféodées aux médecins. (Comme si nous ne l’étions pas déjà). Je n’ai jamais crû à cet écueil.

Qui faut-il blâmer ?
Les syndicats ?, les IADE ?, moi ?
Je n’ai pas la réponse, ou je ma la réserve.

Mais je reste persuadé que nous aurions dû sortir depuis longtemps de ce carcan qui nous a empêché d’être revalorisé à notre niveau, quand, après un mouvement de grève, on voyait les autres professions spécialisées (IBODE- Puéricultrices) obtenir des avancées qu’elles n’avaient pas été chercher dans la rue.

Il était tellement plus facile pour les gouvernements, de revaloriser 6000 à 8000 IADE que 450 000 à 500 000 infirmiers dans son ensemble. Et ce n’est pas difficile de comprendre ça. Maintenant, nous sommes bel et bien coincés.

Que pouvons-nous faire ?

En effet je n’ai pas la réponse, mais c’est mon opinion, et je la partage.

AB