Le BIS (index bi-spectral) & entropie

mardi 16 juin 2009
par  Arnaud Bassez
popularité : 3%

L’Entropie

Administration du sévoflurane guidée par BIS ou entropie (hôpital Foch)

Moniteur de la fonction cérébrale en anesthésie : BIS, EEG, entropie, potentiels évoqués
- i conférence
- power point

Monitorage de la fonction cérébrale et anesthésie (Pr Fischler) 2009

L’entropie : un moyen d’apprécier le défaut d’analgésie ?

E. Dierckensa, M. Fleyfela, E. Robina, A. Legranda, M. Borela, L. Gambierb, B. Valleta and G. Lebuffea, Corresponding Author Contact Information, E-mail The Corresponding Author

Clinique d’anesthésie–réanimation, hôpital Huriez, CHRU de Lille, rue Michel-Polonowski, 59037 Lille cedex, France

Service de chirurgie digestive et transplantation, hôpital Huriez, CHRU de Lille, rue Michel-Polonovski, 59037 Lille cedex, France
Reçu le 20 mars 2006 ;

accepté le 22 septembre 2006.

Résumé

Objectifs

Comparer le BIS (Index Bispectral) avec l’entropie chez des patients opérés de leur maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) par laparotomie pour le monitorage de la profondeur d’anesthésie et étudier les variations de RE et SE au cours des stimulations nociceptives peropératoires.

Type d’étude

Étude clinique observationnelle, prospective.

Patients et méthode

Quatorze patients porteurs de MICI et opérés d’une laparotomie ont été inclus. L’analgésie était réalisée par des bolus de sufentanil administrés pour des variations de plus de 20 % de la pression artérielle systolique (PAS) et/ou de la fréquence cardiaque chez un patient dont le BIS était maintenu entre 40 et 60 par de l’isoflurane associé à du protoxyde d’azote. Les valeurs du BIS, RE et SE étaient relevées à chaque stimulation nociceptive. Les variations au cours du temps du BIS et de l’entropie ont été analysées par une Anova (p < 0,05 comme valeur significative). La relation entre BIS et entropie a été étudiée par un test de corrélation de Pearson (p < 0,01 comme valeur significative). Les performances de SE et RE pour prédire l’hypnose et le défaut d’analgésie ont été évaluées par le calcul de l’aire sous les courbes ROC (AUC).

Résultats

L’évolution des paramètres BIS et entropie a été identique au cours de l’intervention. Lors des stimulations nociceptives, PAS augmentait significativement alors qu’aucune variation de RE n’était observée. RE et SE étaient étroitement corrélés au BIS. La prédiction de la profondeur d’anesthésie pour un BIS entre 40 et 60 était bonne avec une AUC de 0,932 ± 0,26 pour RE et de 0,926 ± 0,27 pour SE. En revanche, RE n’était pas différent de SE pour prédire le défaut d’analgésie (AUC : 0,709 ± 0,46 pour RE vs 0,688 ± 0,47 pour SE).

Conclusion

Chez les patients curarisés, la composante RE de l’entropie, parce qu’elle inclut les fréquences musculaires, ne permet pas d’évaluer le défaut d’analgésie.

NDLR (AB)

- Le SE (State entropy ou entropie basale) analyse l’EEG dans la même bande de fréquence que le BIS

- Le RE (response entropy ou entropie réactionnelle analyse en plus les fréquences rapides supposées refléter l’analgésie. Pas encore confirmé totalement sur le plan clinique.


analyseur du BIS

Le BIS (index bispectral) est une méthode de monitorage de la profondeur de l’anesthésie basée sur l’analyse du signal électro encéphalographique (EEG)

En recueillant les signaux électriques du cerveau, on peut distinguer le sommeil léger du sommeil profond. Le BIS varie de 100 (sujet normal éveillé) à 0 (sommeil extrêmement profond)

Le monitorage par le BIS permet :
- d’éviter le surdosage et les effets indésirables des hypnotiques
- d’éviter le risque de sous-dosage et les risques de mémorisation pendant l’intervention

UTILISATION CLINIQUE DE L’INDEX BISPECTRAL DE L’ELECTRO-ENCEPHALOGRAMME (BIS) EN ANESTHESIE

Dr V. BILLARD

Institut Gustave Roussy, Villejuif

Qu’est-ce que le BIS ?

Il s’agit d’un paramètre complexe calculé à partir de l’électroencéphalogramme (EEG) spontané des patients sous anesthésie générale. Sa valeur donne une estimation du niveau de sédation ou d’anesthésie et permet de guider l’administration des agents anesthésiques pour maintenir ce niveau stable et en adéquation avec l’intensité de la stimulation chirurgicale.

A quels besoins le BIS répond-il ?

L’anesthésie générale comporte plusieurs effets qu’on peut regrouper en 2 composantes principales :

  • une composante "sommeil" qui correspond à la perte de la conscience, de la réponse aux ordres et de la mémorisation,
  • une composante analgésique qui regroupe l’abolition de la réactivité (motrice, hémodynamique, etc...) aux stimulations douloureuses.

Ces composantes sont souvent obtenues par des agents différents, hypnotique d’une part, morphinique d’autre part, constituant une anesthésie balancée. Celle-ci doit être en permanence adaptée au niveau de stimulation chirurgicale c’est-à-dire éviter à la fois sous-dosage et surdosage.

Le sous-dosage se manifeste, pour la première composante, par le maintien de la conscience et par un souvenir de la période chirurgicale qui traumatise les patients qui l’ont expérimenté.

Pour la deuxième composante, il se manifeste par une réaction à chaque stimulation douloureuse (mouvement, poussée hypertensive, bronchospasme, etc...). Cliniquement, le sous-dosage est de constatation rétrospective, c’est-à-dire qu’il faut d’abord appliquer la stimulation douloureuse pour pouvoir évaluer si le niveau d’anesthésie était suffisant ou non. Il survient surtout chez les patients chez qui une mauvaise tolérance hémodynamique oblige à diminuer considérablement les doses (polytraumatisé, obstétrique, etc...) ou chez les patients curarisés où la réactivité et le maintien de la conscience ne peuvent pas s’exprimer par un mouvement.

Le surdosage en agents anesthésiques se traduit parfois par des effets secondaires (hypotension, bradycardie). En l’absence d’effet secondaire, un surdosage en agents anesthésiques peut très bien passer inaperçu car l’absence de réactivité et la perte de conscience sont identiques, que la dose administrée soit adéquate ou excessive. Dans ce cas, les seules conséquences du surdosage sont une augmentation inutile de la consommation d’agents, un retard de réveil et l’allongement de la durée de séjour en SSPI. Il survient surtout lorsque les besoins en agents anesthésiques sont diminués (sujet âgé, diminution de la stimulation chirurgicale sans ajustement de l’anesthésie, perfusion prolongée à vitesse constante, etc...).

Parce que l’évaluation clinique du niveau d’anesthésie est manifestement insuffisante, et que la tolérance et les besoins des patients sont parfois difficiles à prévoir, tout anesthésiste a, un jour ou l’autre, éprouvé le besoin de "mesurer’" le niveau d’anesthésie par un paramètre physiologique objectif.

Ce paramètre doit idéalement être :

  • Quantitatif : s’il est en tout ou rien comme la réponse clinique, il ne permettra pas d’ajuster les doses
  • Sensible pour une large gamme d’utilisation de l’anesthésie générale profonde à la sédation légère
  • Disponible en temps réel, sans nécessiter des heures de traitement du signal et de calcul
  • Reproductible c’est-à-dire que le même niveau clinique d’anesthésie correspondra à la même valeur de BIS lorsqu’il est atteint avec des classes d’agent anesthésique différents
  • Prédictif, c’est-à-dire permettant de vérifier avant la stimulation si le patient va réagir
  • Résistant aux perturbations électromagnétiques du bloc opératoire
  • Simple d’apprentissage et de mise en place pour des non spécialistes

Le paramètre qui se rapproche le plus de ce cahier des charges est l’index bispectral de l’EEG ou BIS

Comment le BIS est il établi ?

L’index bispectral ou BIS est basé sur le degré de synchronisation du tracé EEG, et pour une moindre part sur la présence de fréquence rapides et le % de tracé plat (burst suppression), calculés par analyse automatique en temps réel de l’EEG spontané (i.e. sans stimulation, à l’inverse des potentiels évoqués). Son utilisation en anesthésie est basée sur le fait que la synchronisation augmente lorsque le niveau d’anesthésie s’approfondit. Il a ensuite été affiné grâce à l’analyse d’une base de données multicentrique américaine de patients et de volontaires ayant reçu des protocoles d’anesthésie différents. Le BIS peut prendre une valeur de 100 (sujet éveillé) à 0 (sommeil très profond) et n’a pas d’unité Rosow1998.

Utilisation clinique du BIS

Description et mise en place

L’EEG est recueilli à partir d’électrodes autocollantes à usage unique disposées sur les zones glabres du scalp (front, tempes, voire vertex en cas de calvitie) après dégraissage de la peau. Ces électrodes sont reliées à un convertisseur amplificateur, lui-même relié à un moniteur spécifique (fabriqué par Aspect Medical System, Natick, MA, USA et distribué en Europe par SpaceLabs Medical) par un câble numérique de 6 m, ce qui permet de positionner le moniteur à distance du patient. Le seul moniteur actuellement disponible sur le marché français (A1000) pèse 9,1 kg et ses dimensions sont : 30 cm x 18 cm x 30 cm (L x H x P). L’ensemble est marqué CE pour un usage de routine. Le temps de mise en route (placement des électrodes + mise en route de l’appareil et auto check-list) est de l’ordre de 3 mn.

Résultats

- Chez le sujet éveillé, le BIS est supérieur à 90.
- Au cours de l’induction de l’anesthésie et en l’absence d’une stimulation douloureuse violente, le BIS décroît simultanément avec la perte de conscience ou l’apparition de la sédation. On peut considérer qu’au moins 95 % des sujets cessent de mémoriser les événements per - opératoires pour uneBIS < 75 et ne répondent plus aux ordres simples pour un BIS inférieur à 50 Glass1997. Lorsqu’on continue à approfondir l’anesthésie, le BIS continue à décroître parallèlement à la concentration d’hypnotiques. Il est licite d’alléger l’anesthésie pour un BIS < 40. Ainsi, le BIS permet en premier lieu d’ajuster l’administration d’hypnotique pour éviter le sous-dosage et le réveil per-opératoire (BIS > 60), mais aussi le surdosage même en l’absence d’effets secondaires.

* Lorsqu’une stimulation douloureuse survient ou augmente, celle-ci provoque une réaction clinique (motrice ou neurovégétative) si la composante analgésique est insuffisante.

Le BIS avant la stimulation, permet mal de prédire si cette réaction va avoir lieu car il reflète surtout la composante hypnotique, et peu la composante analgésique.

En revanche, lorsque l’analgésie est insuffisante, le BIS augmente en réponse à la stimulation douloureuse de façon précoce et inversement proportionnel à la concentration d’analgésique. Il permet ainsi de juger que l’analgésie est insuffisante même chez les patients curarisés qui ne peuvent pas avoir de réaction motrice, et chez les patients dont la réaction hémodynamique est perturbée (traitement bêta bloquant pré - opératoire, état de choc,…).

Ainsi, le BIS avant incision constitue une aide pour ajuster la composante sommeil, et la variation du BIS en réponse aux stimulations douloureuses permet d’ajuster la composante analgésique. Ces caractéristiques semblent être retrouvées quel que soit le type de chirurgie et les agents employés.

Au cours de l’entretien de l’anesthésie générale, l’ajustement des fractions délivrées d’halogéné aux valeurs de BIS a permis de diminuer la consommation d’halogénés de 30 à 40% et de réduire d’autant les délais de réveil Song1997

Indications

Le BIS peut être utilisé pour ajuster l’anesthésie dans de multiples situations allant de la sédation pour coloscopie Mavoungou1996 à la chirurgie cardiaque (Longrois JEPU 1998).

Le BIS trouve une indication médicale de choix chez tous les patients à haut risque de surdosage ou de sous-dosage, c’est-à-dire les patients âgés, hypovolémiques ou en état de choc, ou à l’inverse les patients nécessitant des doses d’agents anesthésiques largement au-dessus de la moyenne.

Il ne remplace pas le monitoring hémodynamique mais le complète utilement et permet de distinguer les perturbations hémodynamiques en rapport avec le niveau d’anesthésie (donc à traiter par l’ajustement des doses) des perturbations d’autres origines qui doivent plutôt bénéficier d’un traitement symptomatique.

La prévention systématique du surdosage constitue la seconde indication du BIS et a surtout un impact économique. Aux Etats-Unis, le BIS a commencé à s’implanter largement et a permis, semble-t-il, de diminuer les délais de réveil et de réduire les coûts de fonctionnement de bloc opératoire et de SSPI.

La place du BIS dans le monitoring de la sédation et du coma en réanimation reste à étudier.

Limites du BIS

Le BIS répond à l’essentiel du cahier des charges défini ci-dessus, puisqu’il est :

quantitatif, sensible de l’anesthésie profonde à la sédation légère, disponible en temps réel moyennant un temps d’échantillonage + calcul de l’ordre de 1 minute, et reproductible entre différentes classes d’agents Glass1997. Son apprentissage et son maniement sont simples.

Toutefois, le calcul du BIS est interrompu pendant l’utilisation du bistouri électrique, et peut être perturbé si le chirurgien travaille très près des électrodes (neurochirurgie). Il peut également être perturbé par des artefacts physiologiques comme la contraction musculaire ou les mouvements de paupières. Enfin, il n’est prédicitf que de la perte de conscience mais pas de la réaction aux stimuli douloureux.

A noter que le BIS est vendu comme un moniteur de la profondeur d’anesthésie et non comme un détecteur d’accidents vasculaires ou de souffrance cérébrale focalisés ou généralisés.

Perspectives d’avenir

Le BIS est un moniteur du sommeil anesthésique disponible sur le marché et adapté à une utilisation en anesthésie. Il a donc sa place dans le matériel d’un service d’anesthésie, pour la surveillance de routine du patient tout venant et surtout du patient à risque ainsi que pour l’enseignement des anesthésistes en formation. On peut prévoir que la technique va encore évoluer vers encore plus de simplifications (une seule dérivation, moniteur plus petit, voire module intégré à un moniteur multifonctions).

Dans une utilisation de recherche clinique le BIS va voir se multiplier ses indications dans la recherche en pharmacologie clinique (relation dose-effet des nouveaux agents, influence des états physiopathologiques, interactions médicamenteuses, ...) et dans le développement des nouvelles techniques d’anesthésie asservies à l’effet (perfusion en boucle fermée).

Monitoring de la profondeur d’anesthésie (Dr V. Billard)
Entropy Guide general electric
Evaluation de la profondeur de l’anesthésie (Pr Mantz)
L’entropie : un moyen d’apprécier le défaut d’analgésie
Le monitorage de la profondeur de l’anesthésie (I. Constant)
Monitorage de la profondeur de l’anesthésie (dr Longrois) Sfar 2008
Comment monitorer la profondeur de l’anesthésie et de l’analgésie-Molliex
Le sedline, brochure
NeuroSENSE Brochure July 2013

Le sedline fournit un paramètre : le patient state index ou PSI, basé sur la balance entre l’EEG frontal et central sur les deux hémisphères.

Le NeuroSense fournit un paramètre pour chaque hémisphère, basée sur une analyse par vague (WAV), il capte aussi les fréquences rapides (gamma) qui sont supposées être corrélées à la sédation légère.

Evaluation of the SEDline to improve the safety and efficiency of conscious sedation

Clinical Evidence - SedLine® Brain Function Monitoring

Il n’y a aucun conflit d’intérêt dans la présentation du matériel.

Un petit retour sur les fondamentaux

Le débit sanguin cérébral. (Dr Jean François Vibert)

BIS pour la détection précoce de la mort cérébrale lors de l’arrêt cardiaque réfractaire

En dépit de l’utilisation croissante de la réanimation cardio-pulmonaire extra-corporelle au cours des arrêts cardiaques (AC) réfractaires, leur pronostic demeure « sombrissime » conduisant à la mort cérébrale, laquelle est difficilement affirmable chez ces patients sous sédation, curarisés et maintenus en hypothermie thérapeutique modérée (HTM).

Comme il n’existe pas de marqueur biologique pathognomonique de la mort cérébrale, qu’un angio-scanner n’est guère de pratique aisée pendant les manœuvres de réanimation et non validé en l’absence de retour d’une circulation spontanée, et qu’en France l’EEG n’est pas valide à une température de moins de 35°C, force est de constater que les moyens d’évaluer la fonction cérébrale au cours des premières heures suivant l’AC, font défaut en pratique clinique. Autant de temps et de ressources perdus en service de réanimation, de délai d’information des familles et de délai de mise en œuvre d’un prélèvement d’organes…

L’index bispectral (BIS) est un monitorage dérivé de l’EEG qui permet de quantifier la profondeur de la sédation pendant l’anesthésie générale et en réanimation. Plusieurs études ont démontré son intérêt prédictif dans la mort cérébrale chez les patients comateux et au décours de l’AC sous hypothermie thérapeutique modérée.

Qu’en est-il de sa fiabilité prédictive chez les patients à la fois sous hypothermie thérapeutique modérée et sous réanimation cardio-pulmonaire extra-corporelle ?

Afin de répondre à ce vide cérébral, une étude prospective a été menée de novembre 2011 à mars 2014 en service de réanimation d’un hôpital universitaire français (Hôpital Necker) auprès de 46 patients [Age moyen 52 ± 13 ans, IGS II 89 ± 10, no flow 3 ± 4 minutes, low flow 88 ± 30, valeur du BIS sous hypothermie 17 ± 23, valeur du BIS après réchauffement 24 ± 31, mortalité globale à J28 : 40 (87 %)]. L’arrêt cardiaque réfractaire a été défini comme un arrêt cardiaque persistant après 30 minutes de réanimation et nécessitant une réanimation cardio-pulmonaire extra-corporelle. Les causes présumées de l’AC étaient : syndrome coronarien aigu 27 (59 %) ; embolie pulmonaire 2 (4 %) ; intoxication médicamenteuse 2 (4 %) ; noyade 2 (4 %), sepsis 1 (2 %), cardiomyopathies hypertrophique / obstructive 3 (6 %) ; cause indéterminée 8 (19 %).

Les patients étaient équipés en permanence d’un monitorage cérébral par BIS afin de détecter précocement la mort cérébrale sous hypothermie thérapeutique modérée (32°C - 34°C) et sous réanimation cardio-pulmonaire extra-corporelle. La mort cérébrale clinique a finalement été confirmée par EEG et/ou par angio-scanner cérébral.

  • Une bonne prédiction de la mort cérébrale

Vingt-neuf patients ont évolué vers la mort cérébrale et ont présenté des valeurs moyennes de BIS inférieures aux valeurs attendues sous l’HTM et après réchauffement (température ≥ 35 °C) de 4 (0–47) et 0 (0–82), respectivement. Parmi eux, 11 (38 %) ont été inclus dans un programme de prélèvement d’organes.

Parmi les 17 patients qui n’étaient pas en mort cérébrale, les valeurs moyennes du BIS initial et après réchauffement ont été de 39 (0–65) et 59 (22–82), respectivement. Deux patients avaient à l’admission des valeurs initiales de BIS égales à 0 et ont eu un mauvais pronostic (Cerebral Performance Category 4 = coma ou état végétatif) avec décès par limitation thérapeutique.

Les valeurs du BIS ont différé significativement entre les patients qui ont évolué vers la mort cérébrale et les autres. Dans les deux groupes, il n’y a pas eu de différence entre les courbes ROC des valeurs du BIS sous hypothermie thérapeutique modérée et après réchauffement (respectivement 0,86 vs 0,83, NS).

  • Bis repetita placent

En dépit de certaines limitations (étude monocentrique, faibles effectifs, début de la réanimation cardio-pulmonaire extra-corporelle 30 minutes après l’AC cardiaque afin de respecter la législation française, défaut de standardisation des périodes no flow et low flow– alors qu’elles sont une élément majeur du pronostic des AC -, manque de comparaison avec une cohorte prospective avec intervention), ces données concordent avec les résultats d’études antérieures qui démontrent que les valeurs BIS basses après AC sont associées à un mauvais pronostic neurologique et qu’une valeur BIS égale à zéro est un bon outil de prédiction et de détection précoce de la mort cérébrale chez les patients en AC réfractaire traités par hypothermie thérapeutique modérée et réanimation cardio-pulmonaire extra-corporelle. Technique de surveillance non invasive, facile à interpréter après une formation limitée, le BIS pourrait donc s’avérer utile à peu de fais pour réduire le temps de prélèvement d’organes et le gaspillage des ressources de temps et de moyens en réanimation.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCE
Jouffroy R et coll. : Early detection of brain death using the Bispectral Index (BIS) in patients treated by extracorporeal cardiopulmonary resuscitation (E-CPR) for refractory cardiac arrest Resuscitation 120 (2017) 8–13

Copyright © jim.fr

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Arnaud BASSEZ

IADE/enseignant CESU

Administrateur


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Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

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Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

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Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

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Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

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