Les solutés

vendredi 4 septembre 2009
par  Arnaud Bassez
popularité : 2%

Le Ringer lactate

est un des solutés les plus utilisés en France.

Il convient de connaitre quelques principes de précautions qui s’appliquent à ce type de vecteur hydrique.

CONTRE-INDIQUE :

Ce médicament ne doit pas être utilisé en cas de :
- hyperhydratation à prédominance extracellulaire,
- insuffisance cardiaque congestive,
- hyperkaliémie,
- hypercalcémie,
- alcalose métabolique,

Interactions liées à la présence de calcium

  • Associations contre-indiquées

+ Digitaliques : troubles du rythme cardiaque graves voire mortels surtout s’il existe une hyperkaliémie.

  • Associations à prendre en compte

+ Diurétiques thiazidiques : risque d’hypercalcémie par diminution de l’élimination urinaire du calcium.

  • Interactions liées à la présence de potassium

- Associations déconseillées

  1. + Diurétiques hyperkaliémiants : amiloride, spironolactone, eplerenone, triamtérène, seuls ou associés : hyperkaliémie potentiellement létale, notamment chez l’insuffisant rénal (addition des effets hyperkaliémiants).
  1. + Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et par extrapolation aux antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II : hyperkaliémie potentiellement létale, notamment chez l’insuffisant rénal (addition des effets hyperkaliémiants).
  1. + Ciclosporine et tacrolimus : hyperkaliémie potentiellement létale, notamment chez l’insuffisant rénal (addition des effets hyperkaliémiants).

La survenue d’une hyperkaliémie peut dépendre de l’existence de facteurs de risque associés. Ce risque est majoré en cas d’association des médicaments suscités. En conséquence, leur coprescription est déconseillée ou même contre-indiquée.

Incompatibilités physico-chimiques :

Il incombe au médecin de juger de l’incompatibilité d’une médication additive vis-à-vis de la solution Ringer, en contrôlant un éventuel changement de couleur et / ou une éventuelle formation de précipité, de complexe insoluble ou de cristaux.

Incompatibilité physico-chimique avec certains antibiotiques administrés par voie IV (amphotéricine B, oxytétracycline).

Avant adjonction d’un médicament, vérifier si la zone de pH pour laquelle il est efficace correspond à celle de la solution Ringer. Se référer également à la notice accompagnant le médicament à ajouter.

Mises en garde spéciales

Cette solution ne doit pas être injectée par voie intra-musculaire.

· risque de complications liées au volume de solution et à la quantité d’électrolytes que l’on administre,

· risque de surcharge du système cardio-vasculaire avec œdème pulmonaire surtout chez les sujets prédisposés,

· en cas de transfusion sanguine concomitante et en raison de la présence de calcium, la solution Ringer ne doit pas être administrée dans le même nécessaire à perfusion en raison du risque de coagulation.

Précautions d’emploi

L’utilisation de cette solution nécessite une surveillance de l’état clinique et biologique du patient dans les cas suivants :

  • · insuffisance cardiaque congestive,
  • · insuffisance rénale sévère,
  • · œdèmes avec rétention sodée,
  • · traitement par corticostéroïdes et leurs dérivés.

Cette solution, contenant du potassium, la kaliémie devra être particulièrement surveillée chez les sujets risquant une hyperkaliémie par exemple en cas d’insuffisance rénale chronique.

Précautions d’emploi de la poche

· ne pas utiliser de prise d’air,

· ne pas connecter en série car l’air résiduel du premier récipient peut être entraîné par la solution provenant du second récipient et entraîner un risque d’embolie gazeuse,

· éliminer tout récipient endommagé ou partiellement utilisé.

Précautions d’emploi du flacon

· vérifier avant l’emploi si la solution est limpide et le flacon indemne de fêlures,

· désinfecter le bouchon,

· éliminer tout flacon dont le bouchon a été antérieurement perforé et duquel du liquide a été soustrait.

§§§

Stratégie du remplissage vasculaire péri-opératoire (JLAR 2012) dr Vallet
Les solutés de remplissage
tableau des principaux solutés
Recommandations d’experts de la SRLF. indicateurs du remplissage vasculaire au cours de l’insuffisance circulatoire
Solutés de perfusion- IFSI St Antoine. Carole Beaumanoir-de-Premont Lauriane Golwirt
Généralités sur les grands solutés injectables (V.Bouche 2008)
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Les solutés hypertoniques en médecine d’urgence
Solutés d’expansion volémique et CEC A Ouattara

Le MAPAR 2014 revient sur les solutés avec deux articles
- le remplissage vasculaire au bloc en 2014
- Les solutés de remplissage.Tous mauvais ?

Les solutés de perfusion

La nouvelle recommandation d’utilisation des hydroxyéthylamidon (novembre 2013)

A lire en complément : Débit cardiaque, remplissage vasculaire, exploration hémodynamique et angiographie cardiaque, bio réactance

Un point d’histoire sur les solutés

- Injection et perfusion intraveineuse de 1628 à nos jours.

- Les premières perfusions

La pose de voie veineuse périphérique uniquement parce qu’écrit par un IADE. Sinon...n’aurait pas sa place ici, car c’est un geste maîtrisé par la profession normalement.

Traitement par Liquides intraveineux

Généralités sur les grands solutés injectables
Véronique Bouche Pharmacien Hôpital Beaujon

Enfin, même si ce n’est pas un soluté de remplissage à proprement parler, il faut malgré tout ne pas oublier la transfusion sanguine.


Quelle teneur en sodium pour les solutés de perfusion IV en pédiatrie ?

Ces dernières années, plusieurs cas létaux d’œdème cérébral avec hyponatrémie ont été rapportés chez des enfants perfusés, en chirurgie ou en réanimation, avec un soluté contenant ≤ 34 meq/l de sodium (≤ 2 g/l de chlorure de sodium). L’hyponatrémie a été rattachée à la faible teneur en sodium [Na] du soluté de perfusion et, préventivement, il a été recommandé d’utiliser des solutés contenant 77 meql/l de Na (la moitié de la teneur en Na du sérum physiologique), et même 140 meq/l de Na (la valeur de la natrémie) pour les perfusions de maintenance en pédiatrie.

Un essai contrôlé et randomisé, en double aveugle (1), a comparé l’évolution de la natrémie chez des patients de 3 mois à 18 ans, hospitalisés pour des motifs variés et perfusés plus de 6 heures avec du sérum glucosé à 5 % contenant 77 meq/l de Na (n=338), ou 140 meq/l de Na et d’autres ions (n=338).

La natrémie a été contrôlée avant et pendant la perfusion, jusqu’à 72h maximum. Elle est restée plus fréquemment dans les limites de la normale, entre 135 et 145 meq/l, avec le soluté à 140 meq/l de Na. Avec ce soluté, moins d’enfants sont devenus hyponatrémiques, par baisse de leur natrémie d’au moins 3 meq/l par rapport à la natrémie de départ (4 % versus 11 % ; Odds Ratio = 0,31, Intervalle de Confiance 95 % : 0,16-0,61 ; p = 0,001), et pas plus d’enfants ne sont devenus hypernatrémiques (4 % vs 6 %) qu’avec le soluté à 77 meq/l de Na. Ces résultats sont inchangés dans les analyses de sensibilité tenant compte de l’âge des enfants et du volume des perfusions.

Ceci étant, les hyponatrémies étaient rarement profondes (7 natrémies < 130 meq/l) et n’ont jamais été symptomatiques.

La prescription d’un soluté contenant 140 meq/l de Na devrait être la règle…

Avec le soluté à 140 meq/l de Na, le risque d’hyponatrémie semblait maximum lors des 6 premières heures de perfusion et très faible après 24 heures.

Malgré son hyperosmolarité, ce soluté n’a pas entraîné plus de surcharges hydriques et de re-perfusions que le soluté à 77 mEq/l de Na.

Globalement, il n’y a eu aucun cas d’œdème cérébral, mais des convulsions chez 8 enfants, tous des épileptiques connus, et une dégradation inattendue de l’état clinique chez 12 enfants, dont 8 faisant partie du groupe perfusé avec le soluté à 140 meq/l. Chez 2 des enfants de ce groupe, la dégradation de l’état clinique pouvait être attribuée en partie à une surcharge hydrique.

En définitive, l’étude montre que la natrémie est demeurée plus stable chez les enfants « médico-chirurgicaux » perfusés avec un soluté contenant 140 meq/l de Na, mais elle ne prouve pas que ces enfants en aient tiré un bénéfice clinique.

Un certain nombre de pédiatres rechignent toujours à abandonner les solutés pauvres en Na (2) : les hyponatrémies en cours de perfusion sont peu fréquentes et peuvent être dues à une hypersécrétion d’hormone antidiurétique secondaire à une hypovolémie, et les nouveau-nés ont du mal à éliminer une forte charge en sodium. Cependant, pour les commentateurs de l’article, hormis certaines situations cliniques, la prescription d’un soluté polyionique « équilibré », contenant 140 meq/l de Na, devrait être désormais la règle et non plus l’exception pour les perfusions de maintenance des enfants de plus de 3 mois.

Dr Jean-Marc Retbi (jim.fr)

2. Eldridge D, Ledoux M. Needs more salt : old hydration habits are hard to break. Lancet, publication avancée en ligne le 1er décembre. http://dx.doi.org:10.1016/S0140-6736(14)61741-4

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En rapport

Apports hydroélectrolytiques chez l’enfant (J.-M. Devys, B. Plaud)
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Perfusion perioperatoire de l’enfant. Quelle solution ?
Protocoles de perfusion en anesthesie pediatrique R Troncin

RESTORVOL

Active substance (DCI)
hydroxyethyl starch
sodium chloride

RESTORVOL 6%, hydroxyéthylamidon

Pas d’avantage clinique démontré par rapport aux autres hydroxyéthylamidons

  • L’essentiel

RESTORVOL 6% est un soluté de remplissage vasculaire indiqué dans la prophylaxie et le traitement des hypovolémies, notamment quand des apports itératifs sont nécessaires.
RESTORVOL a un rapport efficacité/effets indésirables similaire à celui des autres solutés de remplissage vasculaire à base d’hydroxyéthylamidons (HEA). Il représente à ce titre, une alternative à la prescription d’un autre HEA, sans avantage clinique démontré.

  • Stratégie thérapeutique

L’objectif du remplissage vasculaire est la correction du déficit volémique. Deux catégories de produits de remplissage sont disponibles : les cristalloïdes et les colloïdes (dont les HEA).
Ces deux catégories ont une efficacité comparable en termes d’expansion volémique.
Les colloïdes, qui ont l’avantage de nécessiter un volume plus faible, sont plus rapidement efficaces que les cristalloïdes. Parmi les colloïdes, il est recommandé d’utiliser les HEA (fort pouvoir d’expansion volémique et efficacité prolongée) qui sont d’origine végétale et ont moins d’effets indésirables que les gélatines.

  • Place de la spécialité dans la stratégie thérapeuthique

Parmi les HEA, RESTORVOL 6% représente un moyen thérapeutique supplémentaire.

  • Données cliniques

- Efficacité

Dans une étude chez 60 patientes bénéficiant d’une chirurgie gynécologique, une équivalence en termes d’efficacité volémique (volumes perfusés et paramètres hémodynamiques) a été mise en évidence entre RESTORVOL 6% (HEA poids moléculaire 130/ taux de substitution molaire 0,42/ rapport C2/ C6 6:1) et un HEA standard (200/0,5).
Aucune étude clinique n’a directement comparé l’efficacité volémique et/ou la tolérance de RESTORVOL 6% à celles de VOLUVEN 6% (HEA ayant la composition la plus proche 130/0,4 mais un rapport C2/C6 de 9:1).

- Tolérance

Le profil de tolérance de RESTORVOL 6% ne semble pas différer de celui des autres HEA.
Les effets indésirables des HEA sont notamment une diminution de l’hématocrite par hémodilution, des troubles de l’hémostase à type de maladie de Willebrand, des troubles hépatobiliaires ; plus rarement un prurit, lors d’administrations répétées de doses élevées d’HEA.
Du fait de ses caractéristiques physico-chimiques (poids moléculaire, taux de substitution molaire et rapport C2/C6), RESTORVOL 6% pourrait théoriquement réduire la toxicité notamment rénale des HEA standards. Néanmoins, aucune différence en termes d’effets indésirables n’a été mise en évidence entre RESTORVOL et les HEA standards (200/0,5).

- Intérêt du médicament

Le service médical rendu* par RESTORVOL 6% (hydroxyéthylamidon 130 000/0,42) est important.

RESTORVOL n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu** (ASMR V) par rapport aux autres HEA.

- Avis favorable à la prise en charge à l’hôpital.

* Le service médical rendu par un médicament (SMR) correspond à son intérêt en fonction notamment de ses performances cliniques et de la gravité de la maladie traitée. La Commission de la Transparence de la HAS évalue le SMR, qui peut être important, modéré, faible, ou insuffisant pour que le médicament soit pris en charge par la collectivité.

** L’amélioration du service médical rendu (ASMR) correspond au progrès thérapeutique apporté par un médicament par rapport aux traitements existants. La Commission de la transparence de la HAS évalue le niveau d’ASMR, cotée de I, majeure, à IV, mineure. Une ASMR de niveau V (équivalent de « pas d’ASMR ») signifie « absence de progrès thérapeutique ».

-Pas d’avantage clinique démontré par rapport aux autres hydroxyéthylamidons

RESTORVOL 6% est un soluté de remplissage vasculaire indiqué dans la prophylaxie et le traitement des hypovolémies, notamment quand des apports itératifs sont nécessaires.
RESTORVOL a un rapport efficacité/effets indésirables similaire à celui des autres solutés de remplissage vasculaire à base d’hydroxyéthylamidons (HEA). Il représente à ce titre, une alternative à la prescription d’un autre HEA, sans avantage clinique démontré.

- Pour en savoir plus, téléchargez la synthèse ou l’avis complet ci-dessous

Restorvol commission de transparence HAS
Synthèse d’avis RESTORVOL

Important Le service médical rendu par cette spécialité est important dans les indications de l’AMM.

V (absence) RESTORVOL 6% n`apporte pas d’amélioration du service médical rendu par rapport aux autres médicaments de cette classe (HEA).

NOTICE

ANSM - Mis à jour le : 20/05/2010

Dénomination du médicament

RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion
Hydroxyéthylamidon 130 000/chlorure de sodium

Dans cette notice :

  • 1. QU’EST-CE QUE RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ET DANS QUELS CAS EST-IL UTILISE ?
  • 2. QUELLES SONT LES INFORMATIONS A CONNAITRE AVANT D’UTILISER RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?
  • 3. COMMENT UTILISER RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?
  • 4. QUELS SONT LES EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS ?
  • 5. COMMENT CONSERVER RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?
  • 6. INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

1. QU’EST-CE QUE RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ET DANS QUELS CAS EST-IL UTILISE ?

Indications thérapeutiques

RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion est indiquée pour la prévention et le traitement des hypovolémies (baisse brutale du volume du sang circulant), notamment quand des apports itératifs sont nécessaires.

2. QUELLES SONT LES INFORMATIONS A CONNAITRE AVANT D’UTILISER RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?

Contre-indications

N’utilisez jamais RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion dans les cas suivants :

  • · hypersensibilité (allergie) connue aux hydroxyéthylamidons ;
  • · surcharge circulatoire ;
  • · patient insuffisant rénal chronique en cours d’hémodialyse ;
  • · troubles de l’hémostase (système de coagulation sanguine) constitutionnels ou acquis, en particulier hémophilie ou maladie de Willebrand connue ou suspectée.

En cas de doute, il est indispensable de demander l’aide de votre médecin ou de votre pharmacien.
Précautions d’emploi ; mises en garde spéciales

Faites attention avec RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion :

Mises en garde spéciales

L’utilisation systématique à titre préventif des amidons n’est pas recommandée en cours de grossesse.

Le malade doit être surveillé attentivement lors de la perfusion car, comme avec tous les substituts colloïdaux, il existe un risque de réactions anaphylactoïdes (allergiques), dont le mécanisme pathogénique est inconnu à ce jour. Cependant, l’administration des hydroxyéthylamidons chez l’Homme ne fait pas apparaître d’anticorps spécifiques.

Perfuser lentement les premiers millilitres de solution afin de déceler toute réaction d’hypersensibilité (voir 4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?), et surveiller de façon appropriée les patients. L’apparition de tout signe anormal tel que frissons, urticaire, érythème (rougeur de la peau), rougeur subite de la face et chute de la pression artérielle dans les premières minutes du traitement doit faire arrêter immédiatement la perfusion et débuter un traitement approprié.
En cas de déshydratation, une solution pour perfusion de cristalloïdes doit être administrée avant RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ou de façon concomitante.

L’utilisation de certains hydroxyéthylamidons a montré l’apparition d’une toxicité rénale chez les malades septiques (infection généralisée) sévères.

Lorsque cette solution est administrée en urgence chez les malades dont on ne connaît pas le groupe sanguin, le prélèvement destiné à la détermination des groupes ainsi qu’à la détermination des agglutinines irrégulières doit être effectué au préalable (risque de faux positifs).
L’administration itérative et prolongée expose à un risque d’accumulation d’hydroxyéthylamidon dans le foie, principalement dans les cellules du système macrophagique (cellules de Küpffer).
L’accumulation d’hydroxyéthylamidon peut s’accompagner d’une altération de l’état général, d’un dysfonctionnement hépatique (du foie) et/ou de l’apparition ou de l’aggravation d’une hypertension portale (veine principale du foie).

Néanmoins cet effet a été observé avec un amidon de masse moléculaire et de taux de substitution molaire beaucoup plus importants.

RESTORVOL 6 % solution pour perfusion a une teneur résiduelle en éthylène glycol de 48 mg/l, soit 1,60 mg/kg, ce qui correspond pour un patient de 75 kg à une exposition journalière de 120 mg aux doses thérapeutiques préconisées.

Précautions particulières

En cas de traitement d’une durée supérieure à 4 jours et d’une dose cumulée supérieure à 80 ml/kg, la surveillance régulière de l’hémostase, une mesure du TCA et éventuellement du facteur VIII, seront pratiquées afin de dépister une maladie de Willebrand.
La surveillance régulière de l’hémostase (facteurs biologiques intervenant dans la coagulation sanguine) est impérative (mesure du TCA et éventuellement du facteur VIIIc afin de dépister une maladie de Willebrand).

La surveillance sera renforcée chez les patients recevant un traitement pouvant retentir sur l’hémostase (AINS, anticoagulants, valproate de sodium,...) et chez les patients de groupe sanguin O (dont les valeurs du complexe VIII/vWF sont spontanément plus faibles que celles des sujets des autres groupes sanguins).

Une attention particulière ainsi qu’une éventuelle réduction de la dose sont requises dans les situations suivantes :

  • · insuffisance cardiaque, œdème, œdème pulmonaire et lorsqu’il existe un risque de surcharge cardio-vasculaire ;
  • · fonction rénale altérée, comme pour tout produit à élimination urinaire ;
  • · chez les patients atteints d’une maladie hépatique chronique ;
  • · chez les sujets âgés hypovolémiques (ayant une baisse brutale du volume du sang circulant).

Interactions avec d’autres médicaments

Prise ou utilisation d’autres médicaments

Aucune interaction avec d’autres médicaments ou produits nutritionnels n’est connue à ce jour.

Incompatibilités

En l’absence d’études de compatibilité, RESTORVOL 6 % ne doit pas être mélangé avec d’autres produits médicamenteux.

Utilisation pendant la grossesse et l’allaitement

L’utilisation systématique à titre préventif des amidons n’est pas recommandée en cours de grossesse mais ils peuvent être prescrits quel que soir le terme de la grossesse si besoin à titre curatif.

3. COMMENT UTILISER RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?

Posologie, Mode et/ou voie(s) d’administration, Fréquence d’administration et Durée du traitement

- Posologie

Le premier jour du traitement, la dose administrée ne doit pas dépasser 33 ml/kg/24 heures soit 2500 ml pour un patient de 75 kg.
Les deux jours suivants, la dose est de 20 ml/kg/24 heures.
L’expérience clinique à la posologie journalière maximale de 50 ml/kg est à ce jour limitée en cas d’administration sur des périodes prolongées.

La dose cumulée sur tout le traitement ne doit pas dépasser 80 ml/kg.
Se conformer strictement à l’avis médical.

Mode et voie d’administration

- Perfusion intraveineuse.

Perfuser très lentement les premiers millilitres de solution.
Le débit et la vitesse de perfusion doivent être adaptés à l’état clinique et cardio-vasculaire du patient et dépendent de l’importance de la déperdition volémique.

RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion peut être administrée de façon réitérée pendant plusieurs jours en fonction des besoins, mais sans dépasser une dose cumulée de 80 ml/kg.

Se conformer strictement à l’avis médical.

- Instructions pour l’utilisation, la manipulation et l’élimination

  • A utiliser immédiatement après l’ouverture du flacon ou de la poche.
  • Toute portion de la solution restant après usage doit être éliminée.
  • Utiliser seulement si la solution est limpide et si le conditionnement est intact.
  • Opérer aseptiquement.

- Symptômes et instructions en cas de surdosage

Si vous avez utilisé plus de RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion que vous n’auriez dû :

  • Un surdosage peut entraîner une surcharge du système cardiovasculaire. De plus, des doses supérieures à celles recommandées peuvent avoir une influence sur la coagulation sanguine ainsi que sur le taux de protéines plasmatiques.
  • Dans de tels cas, interrompre immédiatement la perfusion et, si nécessaire, administrer un diurétique.
  • Instructions en cas d’omission d’une ou de plusieurs doses

Si vous oubliez d’utiliser RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion :
Ne pas doubler la dose suivante et reprendre le cours normal du traitement.

4. QUELS SONT LES EFFETS INDÉSIRABLES ÉVENTUELS ?

- Description des effets indésirables

Comme tous les médicaments, RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion est susceptible d’avoir des effets indésirables, bien que tout le monde n’y soit pas sujet.

Les effets indésirables ont été classés par fréquence selon les conventions suivantes :

  • Très fréquent (> 1/10), fréquent (> 1/100, <1/10), peu fréquent (> 1/1 000, < 1/100), rare (> 1/10 000, < 1/1 000).
  • Trouble des systèmes sanguin et lymphatique
  • Très fréquent : Diminution de l’hématocrite et abaissement de la concentration des protéines plasmatiques résultant de l’hémodilution.
  • Fréquent (dose-dépendant) : troubles de l’hémostase à type de maladie de Willebrand (se traduisant par un allongement du TCA, du temps de saignement et une diminution des taux du complexe VIIIc/vWF) Voir « Précautions d’emploi ; mises en garde spéciales ».
  • Réactions anaphylactiques
  • Rare : des réactions anaphylactoïdes (allergiques) sont connues avec les hydroxyéthylamidons en général. Ces réactions peuvent aller d’un simple érythème cutané jusqu’à l’apparition de désordres circulatoires, état de choc, bronchospasme (des bronches) et arrêt respiratoire et/ou cardiaque.
  • En cas de réaction d’intolérance, la perfusion doit être immédiatement arrêtée et un traitement approprié sera administré aussitôt.
  • Troubles hépato-biliaires
  • Fréquent : avec d’autres hydroxyéthylamidons il a été observé, en cas d’accumulation, un dysfonctionnement hépatique (du foie).
  • Troubles généraux
  • Peu fréquent : le prurit (démangeaisons) est un effet indésirable occasionnel et connu des hydroxyéthylamidons après administration prolongée de doses élevées.
  • Investigations
  • Très fréquent : la perfusion d’hydroxyéthylamidon induit une augmentation de la concentration d’α-amylase (enzyme sécrétée par le pancréas) sérique (du sang). Cet effet résulte de la formation d’un complexe entre l’hydroxyéthylamidon et l’amylase dont l’élimination est retardée. Il ne doit pas être faussement interprété comme la mise en évidence d’un trouble pancréatique celui-ci sera plus spécifiquement diagnostiqué par un dosage de la lipasémie.
  • Si vous remarquez des effets indésirables non mentionnés dans cette notice, ou si certains effets indésirables deviennent graves, veuillez en informer votre médecin ou votre pharmacien.

5. COMMENT CONSERVER RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?

Tenir hors de la portée et de la vue des enfants.

- Date de péremption

Ne pas utiliser RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion après la date de péremption figurant sur la boîte.

- Conditions de conservation

  • A conserver à une température ne dépassant pas 25°C.
  • A conserver dans l’emballage extérieur d’origine, à l’abri de la lumière.
  • Ne pas congeler.
  • Si nécessaire, mises en garde contre certains signes visibles de détérioration

Les médicaments ne doivent pas être jetés au tout à l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien ce qu’il faut faire des médicaments inutilisés. Ces mesures permettront de protéger l’environnement.

6. INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

Liste complète des substances actives et des excipients

Que contient RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion ?

Les substances actives sont :

  • Hydroxyéthylamidon 130 000 ...60,00 g
  • Chlorure de sodium ...9,00 g

- Pour 1000 ml de solution.

  • Composition molaire :
  • Sodium ...154 mmol/l
  • Chlorure ....154 mmol/l
  • Osmolarité théorique : 309 mOsmol/l
  • pH : 4,0 - 6,5
  • Taux de substitution molaire (TSM) : 0,42
  • Poids moléculaire moyen : 130 000 Da
  • Titration acide : < 1,0 mmol/l
  • L’autre composant est :
  • Eau pour préparations injectables.

Forme pharmaceutique et contenu

Qu’est-ce que RESTORVOL 6 %, solution pour perfusion et contenu de l’emballage extérieur ?

Ce médicament se présente sous forme de solution pour perfusion :

  • 250 ml ou 500 ml en flacon (verre), boîte de 10.
  • 500 ml en poche ECOFLAC (PE), boîte de 10.
  • 250 ml ou 500 ml en poche ECOBAG (Polypropylène/PE/Polyester) suremballée, boîte de 10 ou 20.
  • 1 000 ml en poche ECOBAG (Polypropylène/PE/Polyester) suremballée, boîte de 10.

Nom et adresse du titulaire de l’autorisation de mise sur le marché et du titulaire de l’autorisation de fabrication responsable de la libération des lots, si différent

Titulaire

  • B BRAUN MELSUNGEN AG
  • Carl-Braun Strasse 1
  • 34209 Melsungen
  • ALLEMAGNE
  • Exploitant
  • B. BRAUN MEDICAL S.A.S
  • 204 AVENUE DU MARECHAL JUIN
  • BP 331
  • 92107 BOULOGNE CEDEX
  • FRANCE
  • Fabricant
  • B. BRAUN MELSUNGEN AG
  • CARL-BRAUN-STRASSE 1
  • 34209 MELSUNGEN
  • ALLEMAGNE

Hydroxyéthylamidons et albumine : prudence aussi en chirurgie

L’utilisation des hydroxyéthylamidons a fait l’objet d’intenses débats ces dernières années. Certaines publications ayant fait état d’effets secondaires graves, plusieurs agences du médicament ont émis des réserves quant à leur emploi, allant parfois jusqu’à demander leur suspension. Les effets indésirables incriminés étaient principalement des insuffisances rénales, particulièrement chez les patients présentant une septicémie ou relevant d’une réanimation. A ce jour, il existe toutefois peu de données sur leur sécurité d’emploi en péri-opératoiredans des interventions à risque hémorragique élevé. Ce manque de données favorise les polémiques, chaque camp y allant de ses arguments.

Une étude rétrospective, réalisée dans 510 hôpitaux des Etats-Unis sur des données concernant plus de 1 million de patients, pourrait relancer le débat et surtout illustrer la nécessité urgente d’études prospectives. Les auteurs ont limité leur recherche au contexte d’interventions d’arthroplasties totales de hanche et de genou, et ont comparé le risque de complications péri-opératoires chez ceux qui avaient reçu un soluté de remplissage à base d’hydroxyéthylamidon à 6 % ou d’albumine à 5% , à celui de patients n’ayant pas reçu ces produits.

Le constat est sans appel, puisque les solutés à base d’hydroxyéthylamidons sont associés à une augmentation d’environ 20 % du risque d’insuffisance rénale aiguë (Odds ratio 1,23 ; intervalle de confiance à 95 % 1,13 à 1,34). Quant à l’albumine, elle est associée à une augmentation de 50 % du risque d’insuffisance rénale. Le risque de complications thrombo-emboliques, cardiaques et pulmonaires est lui aussi supérieur chez les sujets ayant reçu ces solutés de remplissage. Les auteurs remarquent une réduction depuis 2013 du recours aux hydroxyéthylamidons, qui est concomitante à une augmentation de l’emploi d’albumine.

Selon les auteurs, ces résultats, bien qu’obtenus à partir d’une étude rétrospective, devraient rendre prudents quant à l’utilisation de ces produits dans ce contexte de chirurgie orthopédique. En tout état de cause, ils justifient que soient entreprises des études prospectives de grande ampleur afin d’établir clairement leur rapport bénéfice-risque. Cela renforcerait le processus décisionnel et exclurait le risque de leur utilisation en routine.

En France, après quelques hésitations, l’AMM des solutés de remplissage à base d’hydroxyéthylamidon a été limitée, en 2014, au traitement de deuxième intention de l’hypovolémie due à des pertes sanguines, quand l’emploi des cristalloïdes seuls est insuffisant.

Dr Roseline Péluchon

Référence : Opperer M et coll. : Use of perioperative hydroxyethylstarch 6 % and albumin 5 % in elective joint arthroplasty and association with adverse outcomes : a retrospective population based analysis. BMJ 2015 ;350:h1567

source : jim.fr


Des perfusions de cristalloïdes ou de colloïdes pour les opérés ?

Publié le 17/06/2015

La nature des liquides à perfuser aux opérés ou aux malades hospitalisés en réanimation demeure l’objet de débats. Certains substituts colloïdaux (hydroxyéthylamidon HEA) ont été voués aux gémonies puis réhabilités, du fait des fautes méthodologiques observées dans les études qui les condamnaient.

L’étude récente CRISTAL comparant les cristalloïdes (CRS) et les colloïdes (COL) chez les patients en choc hypovolémique a montré que les COL faisaient mieux que les CRS en matière de survie à 90 j. De même une étude allemande sur 4 500 patients en unités de soins intensifs (USI), a montré un avantage en faveur de l’HEA. Ces résultats ou leurs interprétations ont à leur tour été contestés en arguant des effets de l’HEA sur les facteurs de la coagulation.

Le point de vue du chirurgien se doit d’être plus pragmatique ; une seule injection de fluides ne peut être comparée au cadre complexe de soins postopératoires sophistiqués, et les résultats obtenus en USI ne peuvent être extrapolés à un opéré ayant subi une chute tensionnelle au cours d’une intervention.

Les perfusions généreuses qui avaient cours il y a 50 ans ont laissé place à une politique plus restrictive, où le remplissage vasculaire n’est plus la panacée universelle, mais un élément au sein d’un faisceau de mesures. Ainsi encadrées, les perfusions de COL donneraient des résultats supérieurs aux CRS et l’équilibre hydroélectrique aurait finalement plus d’importance que la nature des perfusions. Le caractère iso-oncotique au plasma des COL autoriserait en théorie une expansion volémique plus importante que celle procurée par les CRS. Quant à l’albumine, son usage devrait être très limité et soumis aux mêmes restrictions que les produits sanguins.

La place des COL, responsables de moins de surcharge en eau et en sel que les CRS, étant admise dans la ressuscitation des patients en choc hypovolémique, se pose la question du choix du COL idéal, c’est à dire à longue durée de conservation, à faible coût, à solution iso-oncotique, avec une demi vie d’élimination plasmatique de 6 à 12 h, une métabolisation complète évitant toute accumulation dans les tissus, et sans interférence sur les fonctions viscérales ni sur l’hémostase ; un tel produit n’existe pas, mais le choix très vaste proposé (albumine, plasma frais congelé, amidons, gélatines fluides avec ou sans calcium, dextranes) explique l’embarras du clinicien. Peut-être l’HEA à 6 % est-il le produit provisoirement le plus approprié, mais la meilleure stratégie est celle qui s’adapte à un but déterminé, en combinant au besoin les fluides.

Dr Jean-Fred Warlin (jim.fr)

Références
Arunachalam L et MacFie J. : Colloid versus crystalloid fluid therapy in surgical patients.
Brit J Surg.,2015 ; 102 : 145-147.


LA FIN PROGRAMMÉE DU SOLUTÉ « B66 »

Le soluté de remplissage peropératoire dit « B66 », équivalant du Ringer Lactate glucosé à 1%, connaît ses dernières heures dans nos blocs opératoires français suite à l’arrêt de sa commercialisation par le laboratoire. Ce soluté est ou était encore très largement utilisé en anesthésie pédiatrique ces dernières années : en effet, cette solution prévient toute hypoglycémie, ne provoque pas d’hyperglycémie pathologique (même si elle augmente la glycémie) et évite un catabolisme lipidique. Malheureusement, aucun produit identique de substitution n’existe à ce jour sur le marché français.

En accord avec la pratique réalisée dans des nombreux centres français, la SFAR et l’ADARPEF se permettent de vous proposer une solution de remplacement à cet arrêt de commercialisation :

-  Pour les enfants de moins de 1 an ou < 10 kg de poids :

administration peropératoire d’une solution de Ringer Lactate glucosé à 1,2%, pouvant être réalisée par un mélange de Ringer Lactate 250ml + SG30% 10ml. Une vérification de la glycémie lors de la pose de la voie veineuse périphérique est nécessaire en cas de jeûne préopératoire prolongé.

-  Pour les enfants de 1 à 3 ans et de poids > 10 kg :

administration peropératoire de Ringer lactate ou NaCl 0,9% et vérification la glycémie lors de la pose de la voie veineuse périphérique +/- une surveillance horaire. Du sérum glucosé à 30% pourra être rajouté en cas d’hypoglycémie.

-  Pour les enfants de plus de 3 ans :

administration peropératoire de Ringer lactate ou NaCl 0,9% (notamment en neuro-traumatologie) accompagnée d’une surveillance glycémique si la chirurgie ou l’état de l’enfant le nécessite.

Il nous semble important de rappeler que le jeûne préopératoire pour les liquides clairs +/- sucrés doit être limité à deux heures préopératoires à chaque fois que possible et si la chirurgie le permet.
Il est également utile de rappeler que certains enfants sont exposés à un risque d’hypoglycémie suite à :

  • un manque de réserves de glycogène : enfants dont le poids est inférieur au troisième percentile pour l’âge, un jeûne préopératoire prolongé, l’insuffisance hépatique ;
  • un diabète sucré sous insulinothérapie, une hyperplasie congénitale des surrénales, un traitement par β-bloquants ;
  • une diminution de la réaction hormonale au stress : anesthésie péridurale, surtout si le jeûne postopératoire est prolongé.
  • un hyperinsulinisme : alimentation parentérale préopératoire, syndromes comportant un hyperinsulinisme.

Il convient dans ces cas d’adapter l’apport glucosé aux besoins propres de l’enfant, donc en fonction des glycémies que l’on mesurera à intervalles réguliers pendant l’intervention.
Enfin, certains enfants souffrant de maladies métaboliques (anomalies du cycle de l’urée, par exemple) doivent recevoir un apport glucidique important durant la période péri-opératoire (solution glucosée à 5 voire 10%) afin d’éviter d’induire un catabolisme protéique qui aurait des conséquences délétères sur leur équilibre métabolique.

Références :

Sumpelmann R, Mader T, Dennhardt N, et al. A novel isotonic balanced electrolyte solution with 1% glucose for intraoperative fluid therapy in neonates : results of a prospective multicentre observational postauthorization safety study. Pediatr Anesth 2011 ; 21 : 1114-8

Najafi N, Veyckemans F, Berghmans J, et al. Belgian recommendations on perioperative maintenance fluid management of surgical pediatric population. Acta Anaesthesiol Belg. 2012 ; 63 : 101-9.

Sümpelmann R, Becke K, Crean P, et al. European consensus statement for intraoperative fluid therapy in children. Eur J Anaesthesiol. 2011 ; 28 : 637-9

source : e-adarpef.fr

  • NB : les solutés commençant par un "B" et leur composition. (Recueil d’Arnaud BASSEZ)
    21-22-25-26-27-39-45-46-55-63-66
Les solutés B...

Solutés glucosés en perfusion : mise en garde sur les risques d’hyponatrémie grave

Par David PAITRAUD - Date de publication : 22 Juin 2017 vidal.fr

Une hyponatrémie grave peut survenir chez les patients recevant une perfusion de soluté glucosé, quelle que soit la concentration, en cas de perfusion prolongée et/ou abondante, sans apport approprié en électrolytes.

Certaines populations comme les enfants sont plus exposées au risque d’hyponatrémie grave dont les complications, d’ordre neurologique, peuvent être irréversibles voire fatales.

L’ANSM demande aux prescripteurs d’être vigilants et de respecter les mises en gardes relatives à l’utilisation de solutés glucosés, en particulier les solutés de G5, et notamment de ne pas les utiliser à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes.
Les solutés glucosés ne doivent pas être utilisés à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes (illustration).

Les solutés glucosés ne doivent pas être utilisés à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes (illustration).

Risque d’hyponatrémie sous perfusion prolongée et/ou abondante de soluté glucosé
L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a diffusé un point d’information pour alerter les professionnels de santé sur le risque d’hyponatrémie potentiellement grave voire fatale, en particulier chez l’enfant, lié aux perfusions de solutés glucosés.

Ce risque d’hyponatrémie peut survenir à la suite d’une perfusion de sérum glucosé prolongée et/ou abondante, sans apport approprié en électrolytes, dans un contexte de substitution liquidienne.

Dans cette situation, l’apport liquidien (qui correspond à un apport en eau pure en raison de la métabolisation rapide du glucose dans l’organisme) expose au risque de dilution des électrolytes sanguins, notamment du sodium.

Une hyponatrémie aiguë peut être à l’origine d’une encéphalopathie et entraîner des complications neurologiques irréversibles voire fatales.

  • Quels solutés glucosés sont concernés ?
    Ce risque s’observe avec les solutés glucosés quelle que soit leur concentration, et principalement le G5 (Glucose 5 %), du fait de son utilisation fréquente (Cf. Encadré 1) et parfois en quantité excessive.

Il est mentionné dans le RCP des solutés de glucose (Rubrique surdosage).

- Encadré 1 - Les indications des solutés glucosés

Les solutions injectables de glucose à 5 % et à 10 % sont indiquées :

pour la réhydratation, lorsqu’il existe une perte d’eau supérieure à la perte en chlorure de sodium et autres osmoles ;
en prévention des déshydratations intra et extracellulaires ;
comme véhicule pour apport thérapeutique en période préopératoire, peropératoire et postopératoire immédiate.

La solution injectable à 5 % est administrée en perfusion intraveineuse ; la solution à 10 % est administrée en perfusion ou injection intraveineuse.

Selon l’état clinique du malade, le volume administré est de 500 à 3000 mL par 24 heures en fonction du poids, de l’alimentation et des thérapeutiques complémentaires éventuelles.

- Quelles précautions prendre ?

L’ANSM recommande aux prescripteurs de ne pas utiliser les solutés glucosés, notamment les solutés de G5, à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes.

Elle invite à respecter les mises en garde suivantes avant d’envisager le recours à une perfusion de soluté glucosé :

  • tenir compte des risques d’hyponatrémie potentiellement fatale, d’hyperglycémie ou d’hypokaliémie : surveiller l’état clinique et biologique du patient, notamment l’équilibre hydrosodé, la glycosurie et l’acétonémie, la kaliémie, la phosphorémie et la glycémie ;
  • renforcer la surveillance chez l’enfant et chez le sujet âgé susceptible de présenter des atteintes cardiaque, rénale ou hépatique. Ces patients constituent des populations à risque ;
  • respecter les modalités d’administration précisées dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) : vitesse de perfusion intraveineuse (ou d’injection intraveineuse pour le Glucose à 10 %) lente, du fait du risque de voir apparaître une diurèse osmotique indésirable ;
  • tenir compte du risque d’extravasation (contrôle du cathéter) ;
  • tenir compte du risque de syndrome de renutrition chez les patients sévèrement dénutris.

- Mécanisme d’action

L’apport calorique glucidique est de 100 Kcal/litre.

Cas d’usage

Le glucose est utilisé dans la prise en charge de déshydratations.

Le glucose est utilisé comme véhicule pour apport thérapeutique.

En association au nicéthamide, le glucose est utilisé dans la prise en charge de :

  • asthénies,
  • lipothymies.

En associations, le glucose est utilisé dans la prise en charge de :

  • alimentations parentérales,
  • dialyses péritonéales,
  • hémodialyses,
  • hypocalcémies,
  • hyphosphatémies,
  • rééquilibrations hydroélectrolytiques.

Solutés à base de glucose : risque d’hyponatrémie - Point d’Information
21/06/2017

Les perfusions de solutés glucosés, quelle que soit leur concentration, et principalement le G5 du fait de son utilisation fréquente et parfois en quantité excessive, exposent à un risque d’hyponatrémie potentiellement grave voire fatale, en particulier chez l’enfant.

Les solutés glucosés, notamment les solutés de G5, ne doivent pas être utilisés à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes. En effet, en cas de perfusion prolongée et/ou abondante, l’apport liquidien (qui correspond à un apport en eau pure, en raison de la métabolisation rapide du glucose dans l’organisme) expose au risque de dilution des électrolytes sanguins, notamment du sodium.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) souhaite donc alerter les professionnels de santé sur le risque de survenue d’une hyponatrémie grave en cas d’administration de solutés glucosés chez les populations à risque, et en particulier chez l’enfant. Une hyponatrémie aiguë peut être à l’origine d’une atteinte cérébrale (encéphalopathie) qui peut provoquer des complications neurologiques irréversibles voire fatales.

Avant toute prescription de soluté glucosé, il est important de respecter les mises en garde concernant :

  • les risques d’hyponatrémie potentiellement fatale, d’hyperglycémie ou d’hypokaliémie,
  • la population pédiatrique,
  • la population gériatrique, susceptible de présenter des atteintes cardiaque, rénale ou hépatique,
  • le mode d’administration, notamment au regard de la vitesse et du volume de perfusion,
  • le risque d’extravasation (contrôle du cathéter),
  • le risque de syndrome de renutrition chez les patients sévèrement dénutris.

Les solutés entraînant une hypotonicité physiologique font actuellement l’objet de discussions au niveau européen, qui pourront aboutir à une actualisation des documents d’information (RCP, notice et étiquetage).

L’ANSM rappelle que les professionnels de santé doivent déclarer immédiatement tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament dont ils ont connaissance au centre régional de pharmacovigilance dont ils dépendent géographiquement. Les patients et les associations agréées de patients peuvent également signaler tout effet indésirable à leur centre régional de pharmacovigilance. Pour plus d’information : Déclarer un effet indésirable


Avis consultatif de la SFAR sur l’utilisation de l’hydroxyéthylamidon au bloc opératoire

Les hydroxyéthylamidons sont utilisés dans le traitement de l’hypovolémie due à des pertes sanguines aiguës lorsque l’utilisation des cristalloïdes seuls est jugée insuffisante. Leur bénéfice potentiel est une meilleure expansion volémique par rapport aux cristalloïdes évitant ainsi la constitution d’œdème tissulaire. Des modifications de la réponse immune ont été associées à leur administration, sans relation clairement établie avec le pronostic des patients. Des effets délétères ont été décrits sur le rein (création d’une néphrose osmotique) et sur la coagulation (atteinte du facteur von Willebrand avec allongement du temps de saignement).

Les patients de réanimation ont été exclus de l’utilisation de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 pour des raisons de sécurité. En effet, deux études randomisées avec une puissance suffisante (Perner et al. 2012 ; Myburgh et al. 2012) ont mis en évidence une augmentation du recours à l’épuration extra-rénale chez les patients septiques ayant reçu un hydroxyéthylamidon 130/0,4. Les données sur la mortalité sont contradictoires. Une étude focalisée sur le sepsis sévère et le choc septique montre une surmortalité dans le groupe hydroxyéthylamidon 130/0,4 (Perner et al. 2012). La surmortalité était rapportée à 90 jours, mais n’était pas retrouvée à 28 jours, à 6 mois et un an (Perner et al. 2012 ; Perner et al. 2014). L’étude la plus large, sur le même produit, ne confirme pas ce résultat, y compris chez les patients septiques, bien que le recours à l’épuration extra-rénale soit plus fréquent dans le groupe hydroxyéthylamidon 130/0,4, (Myburgh et al. 2012). On note que ces deux études ne retrouvent aucun bénéfice cliniquement pertinent à l’utilisation de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4, en dehors d’un sevrage accéléré des vasopresseurs sans retentissement sur la durée de séjour en réanimation (Perner et al. 2012 ; Myburgh et al. 2012). Une étude randomisée française, comparant cristalloïdes et colloïdes (incluant albumine, gélatine et hydroxyéthylamidon 130/0,4) chez l’ensemble des patients admis en réanimation, met en évidence une surmortalité à 90 jours dans le groupe cristalloïdes (Annane et al. JAMA 2013). Le bénéfice du groupe colloïdes apparait, dans les analyses en sous-groupe, entre les patients non septiques ayant reçu un hydroxyéthylamidon 130/0,4 et ceux ayant reçu du sérum salé. L’ensemble de ces données a conduit au retrait de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 de la pharmacopée des réanimations par l’agence européenne du médicament (EMA).

Les hydroxyéthyéthylamidons ont montré une toxicité sur des patients ayant eu une agression rénale préalable (néphrose osmotique), notamment lors de la transplantation rénale (Cittanova et al. Lancet 1996) et du sepsis. Au bloc opératoire, la situation est sensiblement différente puisque la plupart des patients n’ont pas d’altération préalable de la fonction rénale. Dans ces circonstances, la revue systématique de la littérature ne montre pas d’effet délétère de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 en termes de fonction rénale (Martin et al. 2013 ; van der Linden et al. 2013 ; Jacob et al. 2014 ; Kammerer et al. 2017)). L’impact clinique du prolongement du temps de saignement reste discuté (Peng et al. 2017 ; Kancir et al. 2015 ; Skhirtladze et al. 2014 ; Gurbuz et al. 2013). Le bénéfice de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 apparait en termes de rapidité de correction de l’hypotension, de stabilité de la correction, de reprise du transit et de diminution de complications postopératoires (Ghodraty et al. 2017 ; Matsota et al., 2015 ; Lindroos et al. 2013 ; Joosten et al. 2017). Les études négatives sur l’utilisation des colloïdes au bloc opératoire concernent la transplantation pulmonaire au cours de laquelle leur administration est associée à une augmentation de l’incidence de rejet primaire du greffon (Björkbom et al 2017 ; McIlroy et al. 2009), l’effet semblant lié à la classe thérapeutique plutôt qu’aux propriétés spécifiques des hydroxyéthylamidons.

Au total, en dehors de situations chirurgicales spécifiques, l’administration peropératoire d’hydroxyéthylamidon 130/0,4 n’a pas été associée à des effets délétères. Toutefois, les études actuelles ne permettent pas de conclure avec certitude à un bénéfice cliniquement pertinent de leur utilisation, alors que le coût du produit est supérieur à celui d’un cristalloïde (multiplication par un facteur de 10 à 20). Deux études en cours d’inclusion réalisées en France (Flash, NCT02502773, n = 826) et en Allemagne (Phoenics, NCT03278548, n = 2280) devraient déterminer si l’utilisation d’hydroxyéthylamidon 130/0,4 est bénéfique en termes de pronostic clinique dans une population de patients en chirurgie digestive. L’arrêt de ces études par un retrait précoce de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 constituerait une perte d’information pour la communauté médicale sur un sujet difficile pour lequel il n’y a pas de conclusion définitive.

A ce jour, l’application stricte de la médecine factuelle voudrait que seuls des cristalloïdes soient utilisés à la place de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 lors de la pratique quotidienne. Il faut noter la recommandation formalisée d’experts de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation suggère le recours à un hydroxyéthylamidon 130/0,4 si l’utilisation des cristalloïdes est jugée insuffisante pour maintenir la volémie et en l’absence de leurs contre-indications (Duranteau et al. 2014).

Au bloc opératoire, une partie des cliniciens a choisi dans les situations aigues de remplacer l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 par des colloïdes tels que l’albumine (à 4% ou 20%) et les gélatines. L’utilisation d’albumine est associée à une augmentation significative des coûts pour un bénéfice clinique non démontré. L’utilisation de gélatines dans les blocs opératoires pose plusieurs problèmes : d’une part l’emploi de gélatines a été associé, à un moindre degré par rapport aux hydroxyéthylamidons, à une néphrose osmotique (Kief. 1969) et à la survenue d’insuffisance rénale (Demir et al. 2015 ; Albrecht et al. 2016). D’autre part, l’usage des gélatines comporte un risque significatif d’anaphylaxie (Moeller et al. 2017 ; Laxenaire et al. 1994 ; Ring et al. 1977). Il est donc important qu’un principe de précaution conduisant à la suspension des hydroxyéthylamidons n’ait pas pour conséquence une augmentation du risque lié à l’utilisation de gélatines (l’anaphylaxie étant au premier plan) et/ou à un surcoût non justifié (albumine).

Sur la base de ces informations, la préconisation de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation est de limiter l’utilisation de l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 à la compensation des pertes sanguines au bloc opératoire après échec de remplissage par un cristalloïde, en limitant la dose totale d’hydroxyéthylamidon 130/0,4 à 30 mL/kg, en l’absence de néphropathie ou de sepsis pré-existant à la chirurgie, hors chirurgie de transplantation. Si aucun bénéfice cliniquement pertinent (mortalité, taux global de complications sur l’objectif principal composite, durées de séjour) n’est démontré à l’issue des deux études randomisées en cours, l’hydroxyéthylamidon 130/0,4 n’aura pas fait la preuve de son efficacité et devra être exclu de la pharmacopée des médicaments utilisés au bloc opératoire. En cas de résultats positifs sur les objectifs précités, son utilisation pourra être précisée.

  • Francis BONNET Président de la SFAR
  • Xavier CAPDEVILA Vice-Président de la SFAR

Comment personnaliser la nature et le volume des perfusions péri-opératoires ?

Publié le 22/02/2018

La prescription des perfusions péri-opératoires (PPO) incombe souvent aux anesthésistes débutants. Or elle mérite attention et justifie la rédaction d’un protocole.

La durée du jeûne préopératoire (6 h pour les solides et 2 h pour les liquides) et postopératoire est sujette à variations. Les PPO doivent maintenir la volémie et l’hydratation, tout en évitant l’intoxication par l’eau ou par le sel.

Des auteurs australiens ont compulsé la littérature sur le sujet depuis l’an 2000. Le plasma et les solutions cristalloïdes contiennent à des degrés variables du sodium (Na), du chlore (Cl), du potassium (K), des bicarbonates (HCO3), du calcium (Ca), du magnésium (Mg), du glucose, et sont isotoniques au sérum.

Toutefois, le sérum dit physiologique (NaCl 0,9 %) ne l’est pas et, perfusé plusieurs jours chez le sujet âgé, infecté ou insuffisant rénal, peut être à l’origine d’acidose hyperchlorémique et de défaillance rénale. Il faut lui préférer des solutés moins riches en Na et Cl (Plasma-Lyte par exemple).

Un volume revu à la baisse

Le volume des perfusions a aussi été récemment revu à la baisse depuis qu’on a réfuté la nécessité de remplir un hypothétique espace interstitiel. Les adultes ont besoin de recevoir 1 mmol de Na/kg/j, soit un soluté à 0,18 % NaCl auquel on ajoute K et glucose.

En cas de déperdition ionique (diarrhée, aspiration nasogastrique), les solutions cristalloïdes sont préférées, mais on recourt théoriquement plutôt aux colloïdes (dextran ou amidon) en cas d’hypovolémie, bien que leur avantage ne soit pas démontré.

Le jeûne préopératoire est souvent trop long et on recommande actuellement des boissons (sans pulpe) jusqu’à H-2, ce qui permet de maintenir l’hydratation et de limiter les volumes perfusés.

L’idéal est de ne modifier la quantité de liquide perfusé que chez les patients qui y sont réactifs (tension artérielle, pulsations, pression veineuse, débit urinaire/mn) et d’éviter ainsi une surcharge liquidienne chez les autres.

Souvent, les opérés prennent de 3 à 4 kg dans les suites immédiates du fait d’une surcharge hydrosodée, avec œdèmes ; il convient donc d’être mesuré sur les PPO sauf en cas de perte hydroélectrique persistante, et il faut encourager la reprise rapide de boissons (à J1). Si aucune ingestion n’est autorisée, il faut se limiter à 20-30 ml/kg d’eau avec les électrolytes guidés par les ionogrammes.

En règle, on se base sur la soif, la sécheresse de la langue, la tachycardie, l’hypotension, la réaction au relèvement passif des jambes pour dépister une déshydratation et envoyer des liquides. Des sueurs, une fistule, une polyurie, des vomissements (déperdition de Cl) seront traités spécifiquement. Il faut se méfier d’une oligurie précoce, qui peut être une réponse physiologique (vasoconstriction rénale) et ne pas en faire systématiquement le témoin d’une hypovolémie appelant une reprise des PPO. Il faut aussi limiter le plus possible les sondages urinaires et les diurétiques.

Au total, il faut donc restreindre le jeûne, personnaliser les perfusions et passer à la voie orale sitôt que possible.

Dr Jean-Fred Warlin
RÉFÉRENCE
Myles P.S. et coll. : Contemporary approaches to perioperative IV fluid therapy. World J. Surg 2017 ; 41 : 2457-2463.

Source :jim.fr


Remplissage vasculaire pré-hospitalier des chocs septiques, trop de timidité !

Publié le 15/10/2018

L’incidence estimée des sepsis est d’environ 300 pour 100 000 habitants avec un taux de mortalité atteignant 30 % à J28. Le choc septique est associé à une hypovolémie qui entraîne une défaillance d’organes de mauvais aloi. Son pronostic dépend de la précocité du diagnostic et de la mise en œuvre des traitements appropriés, y compris de l’optimisation hémodynamique et l’antibiothérapie. La première étape de la réanimation hémodynamique repose sur une expansion volémique précoce qui doit être débutée au cours de la première heure de la prise en charge pré-hospitalière.

Mais ce remplissage est-il correctement pratiqué ? Question à laquelle une étude -d’autant plus précieuse que le remplissage volémique pré-hospitalier a été surtout étudié chez les patients traumatisés - s’est attachée à répondre en décrivant rétrospectivement la réanimation liquidienne qualitative et quantitative de tous les patients consécutifs en choc septique, admis en service de réanimation de l’hôpital Necker (Paris, France) entre janvier 2012 et janvier 2014 et initialement gérés en milieu pré-hospitalier par le SAMU.

Ont été définies 3 catégories d’apports liquidiens indexées sur le poids corporel idéal du patient (PCI) selon la formule de Lorentz : 20 mL/kg, 10-20 mL/kg (zone grise) et < 10 mL/kg, à partir desquelles la mortalité à J28 a été analysée. Le volume optimal a été défini selon les recommandations de la Surviving Sepsis Campaign, qui a calculé les apports optimaux en fonction de la mortalité.

Quatre-vingt-quinze patients (âge moyen 70 ± 15 ans, 59 % d’hommes) ont été inclus avec une origine du sepsis principalement pulmonaire (68 %), puis urinaire (16 %) et abdominale (8 %) et un taux de mortalité de 34 %. Le remplissage vasculaire pré-hospitalier a été effectuée avec une solution salée dans 98 % des cas. Aucune différence significative n’a été observée dans la durée des soins médicaux pré-hospitaliers entre patients vivants et décédés (101 ± 34 min vs 93 ± 34 min respectivement, p = 0,29). L’apport liquidien moyen indexé sur le PCI a été de 18 ± 11 mL/kg pour l’ensemble des patients et respectivement de 20 ± 10 mL/kg vs 16 ± 12 mL/kg chez les patients vivants et décédés (p = 0,09). Le volume moyen perfusé a été de 1 158 ± 559 mL et de 1 287 ± 553 mL vs 906 ± 487 mL respectivement chez les patients vivants et décédés (p = 0,001).

Faible remplissage pré-hospitalier = faible survie

Il a été noté une relation linéaire inverse entre les catégories pré-établies et la mortalité. Le modèle de régression logistique, a montré une association significative avec la mortalité et les volumes perfusés indexés sur le PCI : p = 0,02, Odds ratio OR [intervalle de confiance à 95 % IC 95] = 0,93 [0,89-0,98]. Dans la catégorie < 10 mL/kg, l’OR [IC 95] était de 4,03 [1,78-9,41] (p = 0,005) alors que pour les catégories > 20 mL/kg, l’OR [IC 95] était de 0,30 [0,13-0,66] (p = 0,01). En d’autres termes, l’apport volémique < 10 mL/kg a été associé à un surcroît de mortalité, tandis que l’apport volémique > 20 mL/kg a été associé à une réduction de la mortalité.

Bien que rétrospective, monocentrique et portant sur de faibles effectifs, cette étude montre que la réanimation liquidienne pré-hospitalière des chocs septiques repose essentiellement sur les cristalloïdes, mais souvent à des volumes inférieurs à ceux recommandés. Or cette expansion volémique moindre est associée à une augmentation de la mortalité. Certes, cette étude n’avait pas été conçue pour déterminer le seuil optimal de remplissage volémique indexé sur le PCI. Comme d’autres travaix, elle signale que la " zone grise ", nécessite d’autres études visant à définir des lignes directrices pour la prise en charge pré-hospitalière de la réanimation liquidienne lors des sepsis.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Jouffroy R, Saade A, Muret A, Philippe P, Michaloux M, Carli P, Vivien B : Fluid resuscitation in pre-hospital management of septic shock. Am J Emerg Med., 2018 ; 36(10) : 1754-1758. doi : 10.1016/j.ajem.2018.01.078.

Source : jim.fr


Cristalloïdes versus colloïdes en Réa : la messe n’est toujours pas dite !

Publié le 17/12/2018

Après le « tout albumine » et des palabres ayant duré bien des décennies, les recommandations de bonne pratique préconisent, en première intention, les cristalloïdes pour la réanimation liquidienne des septicémies et des chocs, et l’albumine seulement si les cristalloïdes ne suffisent pas. Prenant comme hypothèse que la messe n’était pas encore dite, une équipe s’est attachée à évaluer la réponse hémodynamique aux cristalloïdes/colloïdes chez des adultes en état hémodynamique instable. A la principale question de recherche : "Les cristalloïdes sont-ils suffisants pour le remplacement volumique dans les pathologies particulièrement graves et en service de réanimation ? » la réponse a été recherchée dans les essais contrôlés randomisés répertoriés dans PubMed et EMBASE, et évalués selon des critères d’inclusion/exclusion prédéfinis. Des méta-analyses ont été effectuées sur les données extraites.

Les cristalloïdes sont moins efficaces que les colloïdes

Cinquante-cinq essais contrôlés randomisés (27 036 patients) ont été analysés. La PVC (pression veineuse centrale) était significativement plus basse sous cristalloïdes que sous albumine, l’hydroxyéthylamidon (HES) ou la gélatine (tous p < 0,001). La PAM (pression artérielle moyenne) était significativement plus basse avec les cristalloïdes qu’avec l’albumine (différence moyenne [MD] : -3,5 mm Hg ; p = 0,03) ou la gélatine (MD : -9,2 mm Hg ; p = 0,02). Les volumes de cristalloïdes administrés étaient significativement plus élevés que ceux de l’HES (MD : +1 775 mL) ; le volume administré était plus élevé que celui de l’albumine (MD : +1 985 mL).

Comparativement au groupe albumine, l’index cardiaque était significativement plus bas dans le groupe cristalloïde (MD : -0,6 L/min/m2, p <0,001). La mortalité totale et la mortalité à 90 jours étaient significativement plus faibles en cas de recours aux cristalloïdes qu’avec les HES (risque relatif 0,91 ; p = 0,009 et 0,9 ; p = 0,005, respectivement).

Retour à la case albumine ?

Cette revue systématique et cette méta-analyse, qui ne comprenaient que des données probantes de haut niveau, révèlent donc que les cristalloïdes sont moins efficaces que les colloïdes pour stabiliser les paramètres hémodynamiques, comme la PVC, la PAM et l’index cardiaque. Il est même possible que le sérum salé simplex soit plus efficace que les cristalloïdes dits équilibrés pour corriger ces 3 paramètres.

L’HES est le seul colloïde qui a été associé à une augmentation de la mortalité par rapport aux cristalloïdes.

Prudents les auteurs recommandent tout de même de ne pas jeter immédiatement l’eau salée du bain et le bébé et suggèrent que les colloïdes tels l’albumine pourraient être plus appropriés pour restaurer les paramètres hémodynamiques. Et d’en appeler au besoin urgent d’effectuer d’autres recherches. Mais la question est toujours de savoir quand passer aux colloïdes…

Dr Bernard-Alex Gaüzère
RÉFÉRENCE
Martin GS, Bassett P : Crystalloids vs. colloids for fluid resuscitation in the Intensive Care Unit : A systematic review and meta-analysis. J Crit Care., 2018 ; 50 : 144-154. doi : 10.1016/j.jcrc.2018.11.031.

Source : jim.fr


Êtes-vous cristalloïdes ou colloïdes ?

Publié le 17/06/2019

Il a déjà été démontré que les colloïdes ne confèrent aucun avantage en termes de mortalité par rapport aux cristalloïdes pour la réanimation liquidienne des patients en état critique, cependant, le besoin d’un expanseur de volume intravasculaire rapide et fiable demeure.

Un groupe d’auteurs s’est à nouveau penché sur cette vieille question en piochant dans les bases de données habituelles (Cochrane, MEDLINE Ovid, EMBASE Ovid, PubMed, Web of Science, National Institutes of Health Ongoing Trials Register [ClinicalTrials.gov], Plateforme internationale du registre des essais cliniques de l’OMS, OpenGrey) essais cliniques randomisés et quasi aléatoire, menés chez des patients en état critique, comparant cristalloïdes isotoniques ou hypertoniques avec les colloïdes (amidons, dextrans, albumine ou plasma frais congelé, ou gélatines). Les critères d’exclusion comprenaient les interventions chirurgicales électives, les nouveau-nés, les femmes ayant subi une césarienne, les colloïdes administrés pour une carence nutritionnelle connue, l’hydratation préopératoire et les liquides administrés spécifiquement pour contrôler la pression intracrânienne après un traumatisme crânien.

L’objectif principal était la mesure de la mortalité toutes causes confondues à la fin du suivi, dans les 30 jours et dans les 90 jours. Les objectifs secondaires étaient le nombre de recours à la transfusion de produits sanguins, à l’épuration extra-rénale, le nombre d’effets indésirables, y compris les réactions allergiques (prurit, éruptions cutanées). Ont été retenues 69 études ayant inclus 30 020 patients. Vingt-huit études évaluaient les solutions d’amidon, 20 les dextrans, 22 l’albumine ou le plasma frais congelé et les gélatines.

Aucun avantage des colloïdes par rapport aux cristalloïdes, mais…

Il n’apparaît aucun bénéfice en terme de mortalité avec aucun colloïde par rapport aux cristalloïdes à la fin du suivi, dans les 30 jours ou dans les 90 jours. En outre, les patients ayant reçu des amidons ont et un besoin accru de transfusions sanguines (Risque Relatif RR 1,19 ; intervalle de confiance à 95 % IC 95 % 1,02 à 1,39), d’épuration extra-rénale (RR 1,30 ; IC 95 % 1,14 à 1,48) et une incidence augmentée du prurit (RR 1,38 ; IC 95 % 1,05 à 1,82).

La réanimation liquidienne est rarement le seul traitement définitif des patients en état critique. Par conséquent, bien que cette étude n’ait pas révélé d’avantage sur le plan de la mortalité avec les colloïdes par rapport aux cristalloïdes lorsqu’ils sont utilisés chez l’ensemble des patients en état critique, un bénéfice peut-être observé dans des cohortes homogènes de patients. Par exemple, l’essai PAMPer (Prehospital Air Medical Plasma), un essai contrôlé randomisé portant sur 501 patients blessés à risque de choc hémorragique, a révélé un bénéfice pour la mortalité à 30 jours avec administration hors hôpital de plasma décongelé. Il a été démontré que l’albumine intraveineuse réduit la mortalité et l’insuffisance rénale chez les patients cirrhotiques et atteints de péritonites bactériennes. Enfin, bien qu’aucun avantage sur le plan de la mortalité n’ait été constaté, l’étude ALBIOS (Albumin Italian Outcome Sepsis) a démontré que l’administration d’albumine à des patients en septicémie grave ou en choc septique permettait le sevrage plus rapide des vasopresseurs.

Dr Bernard-Alex Gaüzère
Référence
Nikolla DA, McCarthy MT, Carlson JN : Do Colloids Improve Mortality Compared With Crystalloids for Resuscitation of Critical Patients ? Ann Emerg Med., 2019 ; 73 : 648-649. doi : 10.1016/j.annemergmed.2018.09.024.

Source:jim.fr


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Les héparines : principes et règles d’utilisation

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samedi 31 mars 2007
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Interactions médicamenteuses

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Documents de l’ansm sur les interactions médicamenteuses
Mode d’utilisation du Thesaurus
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Les hypnotiques, dexmédétomidine : pharmacocinétique, pharmacodynamique

Podcast interuniversitaires
Les Hypnotiques ; L Barvais
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Un bon site sur les hypnotiques et l’histoire de l’anesthésie
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Pour y échapper
A lire sur le propofol et les douleurs à l’injection
et la méta analyse (en anglais)
§§§ (...)

jeudi 25 janvier 2007
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Article réactualisé 21 août 2019
La celocurine augmente de 0,5 à 1mEq/litre de bicarbonates
L’esméron® à 1,2 mg/kg permet une intubation en 1 minute en cas de contre-indication à la célocurine®.
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Référentiel national des interactions médicamenteuses

Actualisation des référentiels
L’ ANSM met à la disposition des professionnels de santé l’ensemble des interactions médicamenteuses identifiées par le Groupe de Travail ad hoc et regroupées dans un Thesaurus
L’objet de ce Thesaurus est d’apporter aux professionnels de santé une information de référence, (...)

samedi 2 décembre 2006
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Arrêté du 22 mai 2017 modifiant l’arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants
Arrêté du 19 janvier 2017 modifiant l’arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants
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La SFAR veut nous en faire voir de toutes les couleurs !

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Conservation des médicaments

Actifs jusqu’à 30 ans après la date d’expiration !
C’est une bien étrange découverte qu’ont faite récemment Lee Cantrell et ses collègues de l’université de San Diego (Californie) en analysant le contenu de huit médicaments retrouvés chez un pharmacien qui avaient expiré depuis 28 à 40 ans. Ils ont montré (...)

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A lire en complément
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Une vidéo conférence à suivre.
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Vas-y mollo sur les gaz…
Docteur Green | 9 février 2018 | Adrien (...)

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= présentation clinique orientant le diagnostic vers une intoxication par une classe particulière de toxique
1. Syndrome opioïde
dépression respiratoire, voire apnée
simple sédation, voire coma
myosis serré bilatéral
nausées, vomissements, iléus
prurit
bradycardie sinusale, (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai 2018

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB