Le xénon : sweet dreams

jeudi 24 septembre 2009
par  Arnaud Bassez
popularité : 1%

Le xénon, un gaz rare, a fait son entrée depuis quelques temps comme anesthésiant dans les blocs opératoires.

Les premières recherches sur l’utilisation du xénon comme anesthésiant remontent aux années 50. Il est utilisé en Russie depuis une dizaine d’années.

Le gaz médical LENOXe d’Air Liquide, à base de xénon purifié et d’oxygène, a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en Allemagne en 2005. Grâce à une procédure de reconnaissance mutuelle, l’AMM concerne désormais 12 pays européens, dont la France depuis octobre 2007.

LENOXe™, le 1er anesthésiant à base de xénon commercialisé en Europe, a été utilisé pour la première fois en France le 18 décembre 2007 au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nîmes. Depuis, plusieurs autres anesthésies y ont été réalisées avec succès.

LENOXe ™, d’air Liquide, est composé de xénon, un gaz présent en très petite quantité dans l’air, qui dispose de propriétés anesthésiques remarquables. LENOXe™ est administré en mélange avec de l’oxygène, grâce à la station d’anesthésie FELIX DUAL™.

felix dual

Le xénon agit sur les récepteurs cérébraux centraux. Inerte, non métabolisé par l’organisme, il est éliminé sous forme inchangée par voie pulmonaire. Le mécanisme de l’action anesthésique et analgésique du xénon reste mal élucidé, diverses cibles ont été proposées, mais compte tenu des concentrations élevées nécessaires pour obtenir l’effet pharmacologique il s’agit d’une action diffuse, peu spécifique, sur diverses cibles.

Rare, le xénon est cher : 10 fois plus qu’un anesthésique classique comme le protoxyde d’azote.

Autre limite pratique : son administration nécessite un respirateur spécifique, développé depuis l’été par Air Liquide, et qui fonctionne en circuit fermé afin d’optimiser la consommation de gaz.

felix dual

En revanche, le xénon présente le gros avantage, de par ses propriétés physiques, de faciliter une récupération du patient plus rapide, sans altérer les fonctions cardiovasculaires ni faire baisser la pression artérielle.

Éliminé très vite par la voie respiratoire, et non par le rein ou le foie, il permet un réveil extrêmement rapide et confortable.

L’AMM du LENOXe limite son utilisation aux patients présentant un bon état général (état clinique de classe ASA I-II), mais Air Liquide souhaite que son champ puisse être étendu à terme à des patients "plus à risques".

La seule vraie contre-indication concerne les maladies pulmonaires et les gros fumeurs. Il n’est pas non plus adapté aux enfants.

A l’heure où l’on se préoccupe beaucoup de l’environnement, le xénon est aussi qualifié d’écologique. Il est rejeté dans l’atmosphère, sans pollution, explique-t-on chez Air Liquide, alors que les autres gaz anesthésiques participeraient pour 0,5 à 1% à l’effet de serre.

Rappel de chimie : Le xénon, symbole Xe, numéro atomique 54, masse atomique 131,3, est présent à l’état de traces, une part pour 25 millions, dans l’atmosphère terrestre d’où on l’extrait. Le xénon naturel est composé de 9 isotopes stables. Le xénon du fait de sa valence 0, couches électroniques complètes, est très peu réactif chimiquement. Sur le plan industriel il est utilisé dans divers types de lampes.

§§§

LENOXe, Xénon , anesthésique général - Synthèse d’avis de la haute autorité de santé

* LENOXe est un nouvel anesthésique volatile indiqué dans l’entretien de l’anesthésie générale chez l’adulte ASA I-II (score établi par l’American Society of Anesthesiology évaluant le risque associé à l’acte d’anesthésie), en association à des morphiniques, au cours de l’anesthésie balancée. LENOXe ne doit être utilisé qu’en anesthésie de maintenance.

* Le temps de réveil est comparable à celui des derniers agents halogénés mis sur le marché (desflurane et sevoflurane) qui avaient déjà pour avantage de raccourcir la durée de la phase de réveil. A l’échelle d’un patient, le fait de gagner quelques minutes sur la durée d’une anesthésie est négligeable. En l’absence de preuve de supériorité de LENOXe par rapport aux autres agents anesthésiques volatiles,

* LENOXe n’apporte pas d’avantage clinique démontré par rapport aux autres anesthésiques volatiles.

L’anesthésie au xénon
Synthèse d’avis LENOXe - HAS 23 octobre 2008
LENOXe - HAS
Felix dual (Taema)
photos felix dual (taema)

Articles publiés dans cette rubrique

mercredi 8 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

Hyperthermie maligne

HYPERTHERMIE MALIGNE
Résumé
L’hyperthermie maligne est une maladie pharmacogénétique des muscles squelettiques qui se traduit par une réponse hypermétabolique à l’exposition à des gaz anesthésiques volatiles puissants (comme l’halothane, le sevoflurane, le desflurane et la succinylcholine, un relaxant (...)

mercredi 8 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

Porphyrie et anesthésie

Définitions
Les porphyries sont un groupe de troubles de la voie de biosynthèse de l’hème présentant des symptômes neuroviscéraux, des lésions cutanées ou les deux. Toutes les porphyries proviennent d’un déficit partiel d’une des enzymes de la biosynthèse de l’hème (figure 1) et, excepté pour la porphyrie (...)

lundi 6 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

Détection des variations de précharge par la plétysmographie (pleth variability index)

Se reporter à l’article Débit cardiaque, remplissage vasculaire, exploration hémodynamique et angiographie cardiaque, bio réactance plus complet.
AB

dimanche 5 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

ECG : interprétation

Petit programme flash
Quelques exemples (cliquez sur ECG)
Petits exercices
Un programme à télécharger gratuitement.
Ischémie ou lésion ?
Un moyen mnémotechnique consiste à placer un O, symbole de “lésiOn”, et un X, symbole de “l’iXhémie”, de part et d’autre de la ligne iso électrique, le (...)

dimanche 5 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

Equilibre acide-base

Actualisé le 24 mai 2014
Le diagramme de Davenport L’ACIDOSE METABOLIQUE
L’acidose métabolique est une accumulation excessive d’acides dans le sang (son pH devient inférieur à 7,38, la norme étant comprise entre 7.38 et 7,42). Elle est due soit à une production excessive d’acides par l’organisme, soit (...)

dimanche 5 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

Les différents territoires de l’infarctus

Troponines cardiaques élevées sans IDM : quelle signification pronostique ?
Publié le 04/04/2016 En peu de temps, les troponines cardiaques sont devenues le biomarqueur de prédilection dans la détection de la nécrose myocardique et le diagnostic positif de l’infarctus du myocarde (IDM). L’extrême (...)

jeudi 2 novembre 2006
par  Arnaud Bassez

Pédiatrie

L’anesthésie pédiatrique est une spécificité dans la spécialité.
Les enfants selon leur âge, ne présentant pas les mêmes caractéristiques que les adultes, voire les grands adolescents.
Voici quelques documents. Il ne tient qu’à vous d’enrichir cet article en proposant des documents réalisés par vos soins (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai 2018

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

— -

En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

— -

Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB