Chevaliers du guet

lundi 13 janvier 2014
par  Arnaud Bassez
popularité : 2%

Le sommeil et l’anesthésie sont à la mode

Les effets néfastes du manque de sommeil.

Une toute récent étude de l’Université de Surrey jette une regard nouveau sur l’effet du sommeil sur nos gènes. Les résultats montrent qu’un manque de sommeil affecte près de 711 gènes ! La majorité de ceux-ci sont liés à l’expression du système immunitaire et de à la réponse au stress. Concrètement, le manque de sommeil affecte ces gènes en réduisant leur expression. Ils sont donc moins efficaces. Ce n’est pas la première étude qui obtient des résultats en ce sens. On retrouve par exemple dans la littérature des liens entre le manque de sommeil et l’obésité ou même entre le manque de sommeil et la maladie d’Alzheimer.

Note : Une nuit de sommeil typique dure entre 7 et 8 heures.

Effects of insufficient sleep on circadian rhythmicity and expression amplitude of the human blood transcriptome

Source petit érudit.com

Le manque de sommeil favoriserait Alzheimer

Avec l’âge, le manque de sommeil augmente le risque de diabète

Bien dormir pour éviter le cancer de la prostate

Le sommeil protège contre le cancer de la prostate, selon les résultats d’une étude présentée à la conférence de la Prostate Cancer Foundation, qui a eu lieu du 18 au 21 janvier dernier. Le mécanisme impliquerait la mélatonine.

Les chercheurs américains ont suivi pendant 7 ans 928 hommes islandais. Les sujets qui dormaient le mieux avaient des taux de mélatonine plus élevés que les autres et avaient un risque de survenue de cette tumeur diminué de 75%.

Les auteurs ont tout d’abord confirmé que les sujets présentant des troubles du sommeil avaient un taux de mélatonine plus bas que les autres.

Les analyses ont ensuite montré que 111 hommes ont présenté, Les auteurs ont alors pu mettre en évidence que les hommes ayant les taux de mélatonine les plus élevés avaient un risque de développer un cancer de la prostate diminué de 75%.

"Nos résultats montrent à quel point il est important de maintenir des cycles de sommeil stables", conclut Sarah Markt, auteur principal de cette étude, même si de plus amples études apparaissent nécessaires.

Préviendra-ton un jour le cancer de la prostate par une supplémentation en mélatonine ? Il est encore trop tôt pour le dire, jugent les experts.

(source egora et Futura Santé)

— -

Une étude dévoile comment l’anesthésie atteint notre cerveau

par Yohan Demeure
22 janvier 2018 science post.fr

Nous connaissons évidemment les effets de l’anesthésie puisque ce procédé est depuis longtemps abondamment utilisé. Cependant, la science vient tout juste de comprendre le mode d’action des anesthésiants. En effet, nous savons désormais comment l’anesthésie atteint le cerveau !

L’anesthésie générale (AG) est un acte médical dont l’objectif est la suspension temporaire (et réversible) de la conscience et de la sensibilité douloureuse. Or depuis plus d’un siècle, le mécanisme cérébral de ce genre de perte de connaissance artificielle n’est connu qu’en partie. Des chercheurs australiens de l’Université du Queensland viennent de résoudre ce mystère dans une étude publiée dans la revue Cell Reports le 9 janvier 2018.

Il s’avère que les médicaments hypnotiques utilisés pour une anesthésie générale ont un effet bien plus important que celui de « suractiver » les GABA A – les neurotransmetteurs inhibiteurs du système nerveux central – et donc de causer un sommeil artificiel. Selon les chercheurs, les médicaments tels que le propofol ou l’étomidate (en injection) perturbent intégralement la communication neuronale du cerveau !

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont immobilisé la protéine nommée syntaxine 1A (STX1A), présente dans chacune des synapses du cerveau. Il s’agit justement de cette protéine qui est responsable de l’inhibition du processus par lequel les neurones communiquent entre eux.

« C’est assez surprenant que l’action puisse se produire sur les milliards de synapses dans le cerveau humain. L’effet est bien plus systémique que d’allumer ou d’éteindre un interrupteur de sommeil  », a déclaré Bruno van Swinderen, principal meneur de l’étude.

L’étude a également permis de comprendre pourquoi certains patients ont communiqué à propos de déficits cognitifs suivant une anesthésie générale. Il s’avère que ceux-ci étaient pour la plupart des personnes chez qui la connectivité cérébrale – ou les liens entre les neurones – était fragile.

Enfin, les scientifiques poursuivent leurs recherches afin de déterminer à quel point l’efficacité des médicaments anesthésiants repose sur la perte de conscience pure d’un côté, et sur le blocage des synapses de l’autre. Le but ? Permettre l’élaboration d’une nouvelle génération d’anesthésiants.

Sources : Technology Networks – Science & Vie

— -

Être sous anesthésie générale, est-ce dormir ?

Par K.J. Le 10 nov 2016, source : science et vie.com

L’expression "endormir" est un abus de langage ! Sous anesthésie générale, le patient bascule directement dans un état de conscience minimale.

"Je vais vous endormir et je vous retrouve après l’opération en salle de réveil." C’est avec ces mots que le médecin rassure le patient avant de lui administrer de quoi l’anesthésier entièrement.

Mais pour être tout à fait précis, le spécialiste devrait plutôt dire : "Je vais vous plonger dans le coma, mais ne vous inquiétez pas, il est réversible."

De quoi angoisser pas mal de patients avant de les envoyer sur le "billard". Pourtant, c’est bien la conclusion à laquelle est parvenue en 2010 une équipe de chercheurs américains.

L’anesthésie générale équivaut à un coma pharmacologique

Après trois années passées à comparer les caractéristiques de l’anesthésie générale, à savoir la perte de conscience, de sensibilité à la douleur, des fonctions respiratoire, motrice et thermorégulatrice et l’amnésie, avec les états de sommeil et de coma, leur constat a été sans appel : l’anesthésie générale est un coma pharmacologique, pas un sommeil !

Pour preuve, alors que le dormeur traverse plusieurs phases, passant du sommeil léger au sommeil plus profond et inversement, sous anesthésie générale, le patient est directement plongé dans un état spécifique, identique à celui des comateux, et il y est chimiquement maintenu. Le cerveau devient alors très calme et l’activité des neurones est grandement réduite.

Du côté des professionnels du sommeil

Comme dirait une chanson, nous sommes les gardiens du sommeil de leur nuit.

À la découverte du bloc opératoire : qui fait quoi ?

Anesthésie : un sommeil contrôlé

Anesthésie : un risque pour les enfants ?

Quand l’anesthésie fait peur !

IADE : fonction infirmière/infirmier anesthésiste

Comme souvent, comme toujours, on peut regretter que l’IADE ne soit pas plus souvent représenté(e) dans son rôle.

Quelques aphorismes et proverbes sur le sommeil

  • « La durée de sommeil nécessaire à chacun est d’environ encore cinq minutes... de plus. »
    Max Kauffman
  • « Certains hommes parlent pendant leur sommeil. Il n’y a guère que les conférenciers pour parler pendant le sommeil des autres. »
    Alfred Capus

  • « Le sommeil est la moitié de la santé. »

Proverbe français

  • « Les rêves sont la littérature du sommeil. »
    Jean Cocteau

  • « Il est bien des amours qui commencent par le rêve et finissent par le sommeil. »
    Jean Sarment

  • « Se taire en classe, c’est respecter le sommeil des autres. »
    Anonyme

  • « Le rire et le sommeil sont les meilleurs remèdes du monde. »
    Proverbe irlandais

  • « Le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. »
    Albert Cohen
  • « Le sommeil est un emprunt fait à la mort pour l’entretien de la vie. »
    Arthur Schopenhauer

  • « Les rêves ont été créés pour qu’on ne s’ennuie pas pendant le sommeil. »
    Pierre Dac

  • « Le sommeil est encore plus parfait, quoi qu’en disent les hygiénistes, quand on le partage avec un être aimé. »
    David Herbert Lawrence
    ( Extrait de Amants et fils)

  • « On s’est longuement interrogé sur les causes du sommeil. La principale est l’envie de dormir. »
    Professeur Ougudu

Explication du titre chevalier du guet

Pour les fans. La boutique en France (moins fournie)

Enfin, n’oublions pas la définition de l’anesthésie pour un chirurgien : "un patient à moitié endormi pour un anesthésiste à moitié réveillé".

Arnaud BASSEZ

IADE/formateur AFGSU

Administrateur.


Articles publiés dans cette rubrique

vendredi 10 novembre 2017
par  Arnaud Bassez

Calots scopie

Le calot de bloc opératoire en tissu plus hygiénique que les coiffes jetables
Dr Isabelle Catala, Laird Harisson 9 novembre 2017
source medscape.com
Aux Etats-Unis – et à un moindre degré en France – on assiste à un conflit de valeurs dans les blocs opératoires : les chirurgiens et infirmiers (...)

lundi 13 janvier 2014
par  Arnaud Bassez

Chevaliers du guet

Le sommeil et l’anesthésie sont à la mode
Les effets néfastes du manque de sommeil.
Une toute récent étude de l’Université de Surrey jette une regard nouveau sur l’effet du sommeil sur nos gènes. Les résultats montrent qu’un manque de sommeil affecte près de 711 gènes ! La majorité de ceux-ci sont liés (...)

vendredi 27 janvier 2012
par  Arnaud Bassez

Recommandations professionnelles. L’IDE seul devant une situation de détresse médicale

Comme toujours, la SFMU ne supportant pas que les IDE et les IADE puissent s’affranchir de la tutelle médicale, elle “propose” des recommandations applicables aux IDE, car elle ne peut le faire aux IADE qui ont déjà leur carcan prévu par la SFAR.
Pour mieux faire passer la pilule, ces recommandations (...)

mercredi 19 janvier 2011
par  Arnaud Bassez

IADE vs IBODE : dissection et autopsie

On devrait toujours lire les revues des IBODE lorsque l’on est IADE.
Parce que l’on y apprend des choses toujours intéressantes.
Celle que j’ai lu me montre clairement que le côté je panse donc j’essuie, des IBODE se transforme en je pense donc je vais être.
Et si nous n’y prenons garde, nous (...)

samedi 6 décembre 2008
par  Arnaud Bassez

Moins n’égal pas mieux

Notre collègue Éric Delmas, nous fait parvenir une pétition sur le devenir des études IDE en IFSI. (pétition que l’on trouve sur le site de l’ONSIL et dont l’auteur est Thierry Amouroux).
Cette pétition est disponible en format word ou PDF en fin d’article.
N’oubliez pas d’y inscrire les éléments (...)

dimanche 23 mars 2008
par  Arnaud Bassez

N + 1 (1 MAR pour 2 salles)

Texte issu du site snarf (syndicat national des anesthésistes réanimateurs de France) sur lequel vous pouvez le consulter.
NB : Le texte date du 02 janvier 2005. Il n’a pas fait l’objet d’une actualisation des textes qui légifèrent les IADE, à savoir le Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 J.O n° 183 (...)

lundi 27 août 2007
par  Arnaud Bassez

Lettre ouverte à une porte fermée

Le SNIA, seul et unique syndicat de la profession, nous gratifie d’une lettre "ouverte" sur son site. Je vous la livre, avec des remarques personnelles. Évidemment, les membres du SNIA sont invités à s’exprimer sur le forum, ou en réponse à cet article. Chose qu’il n’est pas possible de faire sur (...)

jeudi 19 juillet 2007
par  Bruno Philibien

La simulation en anesthésie

NDLR : article régulièrement actualisé, la simulation prenant une part accrue dans la formation des acteurs de l’anesthésie et de l’urgence.
Ce n’est plus l’avenir, c’est le présent ! (dernière actualisation : 7 avril 2016)
§§§
Auteur : Bruno Philibien, IADE Cherbourg
(passez la souris sur les photos) (...)

mardi 13 mars 2007
par  Arnaud Bassez

Le secourisme aux enfants

Je viens à titre de consultant-intervenant de délivrer une formation aux premiers secours aux enfants de l’école primaire de mon quartier.
Outre un cours théorique couvrant les classes de CP au CM2, adapté à chaque âge, pendant 1,5 jour, j’ai également délivré avec le concours du professeur d’éducation (...)

mercredi 21 février 2007
par  Arnaud Bassez

Le futur rendra t-il l’anesth’easy ?

Voici ce que l’on peut apporter comme premières lueures d’un futur anesthésique.
(d’après le cours du Professeur Coriat, hôpital Pitié-Salpetrière AP-HP, dont on retrouve la teneur dans le document de Steven L Shafer disponible en fin d’article (en anglais) au format word et en PPT (4MO)).
Petit rappel (...)

vendredi 9 février 2007
par  Arnaud Bassez

Un nouveau concept de respirateur

Je viens de lire un article dans le numéro 80 d’urgence pratique sur un nouveau concept de ventilateur : le MicroVENT®. fabriqué par les laboratoires Meditech (site en anglais)
Cet appareil ultra portable (270 grammes) peut être utilisé pour le transport pré-hospitalier, où il semble idéal.
toutes (...)

vendredi 19 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

De la contradiction dans les chiffres

Actualisé en avril 2016
Lu sur le JIM
Une récente étude du Commissariat général à la stratégie et à la prospective ( ex Centre d’analyse stratégique) et de la Direction de la recherche du ministère du Travail (DARES) dévoile que parmi les « cinq secteurs fortement créateurs d’emploi d’ici 2015 », figure (...)

dimanche 17 décembre 2006
par  Arnaud Bassez

Remets ton masque, on l’a reconnu !

La lecture d’un article sur "la technologie microbiocide interactive pour une protection respiratoire accrue contre les virus", dans la revue urgence pratique n° 79 de novembre 2006, me laisse comme un fond de pessimisme.
Cet article, excellent, écrit par le Dr Claude Lamarre, post-doctorant, du (...)

Brèves

Coin lecture 2

mercredi 29 août 2018

La lecture de thèses est souvent intéressante, car il faut bien le reconnaitre, les doctorants ont plus d’imagination que les EIA et leurs mémoires ...

Amandine Striebig. Les poisons utilisés dans les romans d’Agatha Christie. Sciences pharmaceutiques. 2014. (dumas-01116318)

Si une lecture d’un sujet insolite ou original vous a particulièrement intéressé, vous pouvez la partager ici même, et nous envoyer les documents.

sofianesth chez gmail.com

AB

Make our pratique better again...

lundi 2 juillet 2018

Parution du « Guide pratique, de développement durable en bloc opératoire »

source lessentiel-anesthesie-reanimation.fr

Un guide pratique concernant le développement durable au bloc opératoire, préfacé par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a été publié par la Société française d’anesthésie-réanimation (Sfar) et le Comité pour le développement durable en santé (C2DS).

Développé sur 80 pages, ce guide a été écrit par six médecins et quatre infirmières anesthésistes, membres du groupe de travail « développement durable » de la Sfar. Articulé autour de cinq grands thèmes (achats, déchets, gaz d’anesthésie, qualité de vie au travail et éco-conception des soins), le guide présente les grands enjeux, rappelle la réglementation et relate des initiatives vertueuses en matière de développement durable au bloc opératoire.

Le bloc est en effet aujourd’hui responsable de 20 % à 30 % des déchets produits au sein des établissements hospitaliers. Tout au long du guide, les auteurs recensent donc les mauvaises pratiques et les difficultés rencontrées par les établissements pour mener une politique de développement durable, mais aussi les solutions mises en place pour limiter les volumes des conditionnements, comme l’optimisation du tri des déchets et la mise en place de filières de recyclage. Les auteurs soulignent qu’en France, les établissements de santé génèrent 700 000 tonnes de déchets chaque année.

Le guide met ensuite en avant trois causes de génération excessive de déchets.

  1. Premièrement, les produits à usage unique avec des suremballages en plastique et papier, chargés de garantir la stérilité des dispositifs médicaux, qui représentent environ 19 % des déchets.
  2. Ensuite, les champs chirurgicaux et autres textiles opératoires qui constituent 2 % des déchets à l’échelle d’un établissement de santé.
  3. Enfin, les dispositifs déballés mais inutilisés. « Les produits, comme la phényléphrine, l’éphédrine, l’atropine, les hypnotiques (le thiopental et le propofol), les curares (la succinylcholine notamment), le midazolam figurent parmi les médicaments les plus gaspillés », liste-t-il.

Une étude réalisée au CHU de Grenoble a permis de constater une économie de 7 000 euros en un an, grâce à une amélioration du tri des déchets issus du bloc opératoire, rapportent les auteurs. La réduction des déchets représente donc un enjeu financier important.

— -

On en parle déjà et aussi ici

A lire aussi le guide pratique du développement durable au bloc opératoire, édition 2017

Le guide pratique du développement durable au bloc opératoire, édition 2017

AB

La pelle médicale (le retour)

dimanche 23 avril 2017

Déjà évoqué ici le 16 mai 2016, le nouveau baromètre sur les salaires de la santé est publié.

L’agence d’intérim Appel Médical* vient de publier son nouveau baromètre – le sixième – des évolutions de salaires de la santé de 2015 à 2016.

Ce baromètre s’appuie sur les salaires réels d’intérimaires payés au même niveau que les salariés permanents (611 712 fiches de paie) de six grandes familles de métiers* et 13 fonctions paramédicales (congés payés, indemnités de fin de mission et primes variables non prises en compte).

Suivis par les aides médico-psychologiques (métiers du soin et de l’assistance), dont le salaire a augmenté de 3,1 %, ce sont, selon l’étude, les professionnels du handicap qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu. De 2015 à 2016, la fiche de paie des éducateurs spécialisés (métiers du handicap) a progressé de 3,8 % pour s’établir en moyenne à 2 022 euros bruts mensuels contre 1 949 euros en 2015. Il s’agit de la plus forte hausse de salaire, tous métiers confondus. L’étude indique que les structures associatives qui composent le secteur du handicap sont moins impactées par les coupes budgétaires que les établissements de santé.

Les infirmiers anesthésistes (IADE), avec un salaire moyen de 3 808 euros bruts mensuel en moyenne, en hausse de 2,4 % sur un an, sont quant à eux les professionnels de santé les mieux rémunérés en 2016.

« Loin d’être logés tous à la même enseigne »

En bas de l’échelle des salaires figurent les agents de service hospitalier, dont la rémunération moyenne de 1 548 euros bruts mensuels en 2016 n’a progressé que de 0,5 % par rapport à 2015.

Les infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et les techniciens de laboratoire d’analyses médicales ont enregistré chacun, une baisse de leur rémunération moyenne de 1,4 % en 2016 par rapport à 2015.

Ce baromètre « révèle que les professionnels de santé sont loin d’être logés à la même enseigne. Sans doute y a-t-il là quelques pistes pour répondre aux pénuries qui touchent certains métiers », déclare Christophe Bougeard, directeur général d’Appel Médical.

* Appel Médical est une agence d’intérim, filiale du groupe Randstad France qui intervient dans les secteurs hospitaliers....

** Soin et assistance, bloc opératoire, petite enfance, pharmacie et laboratoire d’analyses médicales, rééducation et handicap. Des métiers qui se déclinent au féminin comme au masculin.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

§§§

Encore une fois, tournons-nous vers les USA et regardons combien gagnent les CRNA :

Une infirmière anesthésiste (CRNA) gagne un salaire moyen de 138 568 $ par année.

  1. Avec une fourchette de $94,249 - $183,233, soit 88103 euros à 171 276 euros/ an, ou 7341 euros à 14273 euros /mois
  2. Bonus $1,004 - $15,116 (soit 938 euros à 14 130 euros.)
  3. Profit Sharing $1,973 - $20,273 (soit 1844 euros à 18951 euros)
  4. Commission $8,000 (soit 7478 euros)

Et voila comment on reconnait les compétences là bas.

Intéressé(e) ?

AB

Bons à rien ou mauvais à tout ?

mercredi 15 mars 2017

Le nouveau décret, malgré sa coquille qui devrait être corrigée, stipule

[...]

« B. - L’infirmier ou l’infirmière, anesthésiste diplômé d’Etat est, dans ces conditions, seul habilité à :

  • « 1° Pratiquer les techniques suivantes :
  • « a) Anesthésie générale ;
  • « b) Anesthésie loco-régionale et réinjections dans le cas où un dispositif a été mis en place par un médecin anesthésiste-réanimateur ;

Il n’empêche, pour le Pr Ecoffey, c’est un casus belli que de voir les IADE pouvoir prétendre à la réalisation de cet acte pour lequel manifestement nous sommes incapables, car la HAS a interrogé le Conseil National Professionnel d’Anesthésie en janvier 2017
sur « La réalisation par l’infirmier anesthésiste des blocs nerveux
analgésiques du membre inférieur (fémoral et sciatique) sous échographie, dans la chirurgie de la prothèse de genou, de hanche et de la ligamentoplastie du genou, dans le cadre de la
prise en charge de la douleur
 ».

Le CNP AR a émis un avis défavorable

L’argumentaire est le suivant :

  • Demande de protocole de coopération ancienne (juin 2013) qui n’a plus d’arguments valables :

- la démographie des anesthésistes-réanimateurs évolue (450 internes formés par an depuis 3 ans et qualification de médecins à diplôme étranger par le Conseil de l’Ordre des Médecins,)

- de même que la pratique médicale allant vers des infiltrations

  • Consentement du patient pour la technique, mais à aucun moment il n’est informé que c’est un paramédical qui fait un acte habituellement fait par un médecin. Il DEVRAIT donner un consentement éclairé.
  • Non formation à la prise en charge des complications en particulier les risques liés à l’injection intravasculaire d’anesthésique local.

Hé oui, nous sommes parfaitement incompétents à détecter un passage intravasculaire d’un anesthésique local. Bel exercice de dénigrement, car ceci est enseigné.

Cela me rappelle un des premiers articles que j’avais publié ici : Le MAR m’a tuer.
Est-il précisé aux patients, lors de la consultation, que la prise en charge per-opératoire sera faite majoritairement par un personnel paramédical mais qu’il en a toute l’autorisation légale et la formation idoine... ?

A l’ouest rien de nouveau donc, si ce n’est cette persistance de la mauvaise foi et du dénigrement systématique. Car les IADE manient bien l’échographe pour les poses de voies veineuses centrales par exemple.

Le second intervenant opposé à la pratique des ALR par les IADE, est
Dr Christian Delaunay, président actuel de la SOFCOT. Il se doit d’être solidaire de ses coreligionnaires médecins anesthésistes, qui officient à ses côtés, à la Clinique de l’Yvette, 91160 Longjumeau, établissement de soins privé dit "à but lucratif".

Bref, si vous vous berciez de quelques illusions, vous comprendrez aisément qu’un interne, même de premier semestre, premier jour, première heure, peut faire un bloc PARCE QU’IL EST MÉDECIN !

C’est bon ou il faut que je développe ?

Protocole de coopération, avis du CNP AR du 21 janvier 2017

Et la réaction hystérico-épidermique habituelle du SNARF.

Mieux vaut tard que jamais. Secretaire général du SNARF

AB

Culture pub

lundi 30 janvier 2017

Le docteur Frédéric MARTIN, anesthésiste réanimateur, nous informe de la création de la première plateforme de partage de retour d’expérience au bloc opératoire :

anesthesiasafetynetwork.com

"Ce site est accessible gratuitement aux adhérents fournissant les déclarations de façon anonyme en s’appuyant sur le principe de "just culture". Plus de 600 inscrits en 7 mois. Ils
recevront de façon trimestrielle une newsletter. Ce site n’aura
d’intérêt que si les contributeurs sont nombreux et que les newsletters
sont à la hauteur des attentes.

Les progrès scientifiques en médecine sont tels qu’il est peu probable d’obtenir une réduction drastique de la mortalité par une nouvelle découverte médicale.

Une étude publiée très récemment rapportait que les erreurs médicales représentaient la troisième cause de mortalité aux USA (Martin A Makary et al, BMJ 2016 ; 353 ; i2139).

Nous sommes tous concernés par cette « insécurité » à titre professionnel et personnel. C’est une obligation éthique primordiale vis-à-vis de tous les usagers du système de santé.

L’être humain est faillible. Dans l’immense majorité, l’ensemble des soignants délivre des soins les mieux adaptés aux patients en suivant les dernières recommandations des sociétés savantes.

La peur des sanctions et du jugement poussent les soignants à ne pas déclarer leurs expériences malheureuses conduisant en partie à l’absence d’amélioration de la sécurité des soins.

Il faut donc encourager le partage de ces expériences en renforçant la communication entre les soignants tout en leur assurant un environnement sûr, équitable et anonyme afin d’être certain que ce retour d’expérience n’aura pas de conséquence dommageable sur leur situation professionnelle"

Just Culture : Balancing Safety and Accountability Sidney Dekker, 2nd edition ; Ashgate 2012

C’est donc une bonne idée, qu’il importe d’enrichir. Quelle que soit la qualification ; IADE, PH, CCA, interne...)

AB