Sur le bout des doigts

mardi 3 mars 2015

Ordinateurs à l’hôpital : l’hygiéniste a son mot à dire

La Société française d’hygiène hospitalière avait prévu de publier un guide de bonnes pratiques concernant les risques de contamination par les équipements informatiques… intention stoppée par la recrudescence du virus Ebola, qui a mobilisé experts et compétences.

Ce projet est remis à l’agenda 2015, a précisé le Dr Raoul Baron, hygiéniste au CHRU de Brest, à l’occasion de la Journée Accompagnement Hôpital numérique organisée par l’Anap fin janvier.

Le médecin a en effet été sollicité pour la publication du Guide « Poste de travail du professionnel de santé » récemment mis en ligne par l’agence. L’ouvrage rappelle que « l’hygiéniste doit définir, dans le cahier des charges, au moment du choix des équipements,et avant le lancement de l’appel d’offres, les contraintes en termes d’entretien et de désinfection ».

De même, le CLIN doit être mobilisé « pour veiller au respect des bonnes pratiques d’hygiène et de nettoyage en vigueur, voire définir des nouvelles règles de nettoyage des matériels ».

Raoul Baron a résumé les réponses apportées par une analyse de la littérature à quatre questions clés.

  1. Les claviers sont-ils contaminés ? Oui, dans leur quasi-totalité, avec une présence importante de bactéries responsables d’infections nosocomiales. Ces bactéries survivent de quelques heures… à 5 mois !
  2. Un clavier contaminé entraîne-t-il une contamination des mains ? Oui, encore, comme cela a pu être montré à l’occasion de situations épidémiques.
  3. Des mains contaminées mènent-elles à une contamination du patient ? Possible, indique l’expert, par un processus de transmission croisée.
  4. Un patient contaminé devient-il un patient infecté ? Parfois. C’est en tout cas ce que suggèrent deux études américaines citées par Raoul Baron.

Finalement, a-t-on des solutions ? La réponse est mitigée : oui, mais. Tout simplement parce que ces solutions, hygiène des mains et/ou hygiène des claviers, si elles existent, apportent le plus souvent des contraintes (voire des coûts) supplémentaires. Le médecin recommande en tout cas d’y travailler en amont de l’informatisation. Tandis que le guide de l’Anap apporte les premières pistes de réflexion.

source : dsih.fr



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