Bons à rien ou mauvais à tout ?

mercredi 15 mars 2017

Le nouveau décret, malgré sa coquille qui devrait être corrigée, stipule

[...]

« B. - L’infirmier ou l’infirmière, anesthésiste diplômé d’Etat est, dans ces conditions, seul habilité à :

  • « 1° Pratiquer les techniques suivantes :
  • « a) Anesthésie générale ;
  • « b) Anesthésie loco-régionale et réinjections dans le cas où un dispositif a été mis en place par un médecin anesthésiste-réanimateur ;

Il n’empêche, pour le Pr Ecoffey, c’est un casus belli que de voir les IADE pouvoir prétendre à la réalisation de cet acte pour lequel manifestement nous sommes incapables, car la HAS a interrogé le Conseil National Professionnel d’Anesthésie en janvier 2017
sur « La réalisation par l’infirmier anesthésiste des blocs nerveux
analgésiques du membre inférieur (fémoral et sciatique) sous échographie, dans la chirurgie de la prothèse de genou, de hanche et de la ligamentoplastie du genou, dans le cadre de la
prise en charge de la douleur
 ».

Le CNP AR a émis un avis défavorable

L’argumentaire est le suivant :

  • Demande de protocole de coopération ancienne (juin 2013) qui n’a plus d’arguments valables :

- la démographie des anesthésistes-réanimateurs évolue (450 internes formés par an depuis 3 ans et qualification de médecins à diplôme étranger par le Conseil de l’Ordre des Médecins,)

- de même que la pratique médicale allant vers des infiltrations

  • Consentement du patient pour la technique, mais à aucun moment il n’est informé que c’est un paramédical qui fait un acte habituellement fait par un médecin. Il DEVRAIT donner un consentement éclairé.
  • Non formation à la prise en charge des complications en particulier les risques liés à l’injection intravasculaire d’anesthésique local.

Hé oui, nous sommes parfaitement incompétents à détecter un passage intravasculaire d’un anesthésique local. Bel exercice de dénigrement, car ceci est enseigné.

Cela me rappelle un des premiers articles que j’avais publié ici : Le MAR m’a tuer.
Est-il précisé aux patients, lors de la consultation, que la prise en charge per-opératoire sera faite majoritairement par un personnel paramédical mais qu’il en a toute l’autorisation légale et la formation idoine... ?

A l’ouest rien de nouveau donc, si ce n’est cette persistance de la mauvaise foi et du dénigrement systématique. Car les IADE manient bien l’échographe pour les poses de voies veineuses centrales par exemple.

Le second intervenant opposé à la pratique des ALR par les IADE, est
Dr Christian Delaunay, président actuel de la SOFCOT. Il se doit d’être solidaire de ses coreligionnaires médecins anesthésistes, qui officient à ses côtés, à la Clinique de l’Yvette, 91160 Longjumeau, établissement de soins privé dit "à but lucratif".

Bref, si vous vous berciez de quelques illusions, vous comprendrez aisément qu’un interne, même de premier semestre, premier jour, première heure, peut faire un bloc PARCE QU’IL EST MÉDECIN !

C’est bon ou il faut que je développe ?

Protocole de coopération, avis du CNP AR du 21 janvier 2017

Et la réaction hystérico-épidermique habituelle du SNARF.

Mieux vaut tard que jamais. Secretaire général du SNARF

AB



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