AMPA pas à pas

lundi 7 juin

Suite aux réunions diverses (Ministère, commission parlementaire, IGAS) la profession se verrait bien obtenir le statut AMPA (auxiliaire médical en pratique avancée).

Pour louable qu’il soit, ce statut ne peut être une fin en soi pour la SOFIA. En effet, il laisse malgré tout un arrière goût ancillaire, qui peut séduire certains mais déplait à d’autres, dont nous.

Il ne peut en effet être la solution finale permettant aux autorités de clôturer un dossier contraignant pour le monde médical, voire inquiétant pour lui.
En effet, la volonté d’émancipation se marie mal avec les siècles d’asservissement à l’autorité de la marque médicale sur le personnel exécutant, en clair sur les auxiliaires.

Le terme en tant que tel suggère bien une notion d’infériorité et de dévotion liée à la connaissance supposée supérieure de l’un par rapport à l’autre.

  • La définition du Larousse : Personne qui apporte sa collaboration, son aide à quelqu’un d’autre dans l’exécution d’un travail
  • Le petit Robert : Qui aide par son concours (sans être indispensable)
    Personne qui aide en apportant son concours. ➙ adjoint, aide, assistant, collaborateur. Faire de quelqu’un son auxiliaire.
    Auxiliaire médical(e) : soignant(e) non médecin (infirmier, orthophoniste…).
  • Les synonymes
    - En tant qu’adjectif
    complémentaire, accessoire, additionnel, adjuvant, annexe, second, subsidiaire, supplémentaire
    - En tant que nom
    aide, adjoint, assistant, bras droit, collaborateur, complice, lieutenant, second

Domaine médico-social : En France, technicien semi-qualifié rémunéré qui seconde un technicien pleinement qualifié`` (Méd. Biol. t. 1 1970). Praticiens et auxiliaires médicaux (La Réforme de la sécurité soc.,1968, p. 18) :

On voit bien le rôle de second plan qui est alloué à ce vocable d’auxiliaire. Or, pour la SOFIA, il est prouvé que les IADE de France (dans son acceptation la plus large possible incluant l’outre-mer) tiennent bel et bien les salles seuls, font des actes seuls, induisent et réveillent seuls, conduisent les anesthésies per-op seuls.

Certains centres hospitaliers ayant bien compris l’intérêt professionnel qui doit être suscité, pensent à proposer des consultations ASA 1 et 2 aux IADE, des unités de voies veineuses sous écho se créées régulièrement sur le champ des compétences des IADE de France, des consultations d’hypnose et de sophrologie pour les patients se mettent en place. Des IADE se déclarent prêts à investir toutes les strates libérées, non dans un esprit de phagocytage mais dans un esprit d’amélioration des soins et d’attractivité des postes envisagés.
C’est pourquoi, nous assistons enfin à la prise de conscience de la profession qu’une autonomie de fait existe et qu’elle a besoin d’être formalisée, reconnue et validée.

La SOFIA ne s’en est jamais cachée, depuis le 1er novembre 2006, son modèle de référence est le statut qu’ont les CRNA américaines. Sur plusieurs fronts voire tous.
Certification, niveau d’études, compétences, gestes, salaires...

Ce sont bien des infirmiers anesthésistes mais qui sont au-delà de l’auxiliaire, car seuls, sans aucune supervision médicale, le fameux opt-out concernant plusieurs États américains. Le concept étant poussé jusqu’à un point non envisagé encore en France, mais réalisé là-bas, la disparition des médecins anesthésistes dans une structure médico-chirurgicale, l’hôpital du Watertown Regional Medical Center du Wisconsin au profit des seuls CRNA.

Pour la SOFIA, la voie ne pourra s’achever que par une qualification supérieure, la qualité de profession médicale à mission définie. Certes, il n’y a rien dans les textes, rien dans le livre I ou III du code de santé publique, il n’y a pas de législation, il n’y a rien de fait concrètement. Mais les kinésithérapeutes intègrent la P1 avec le tronc commun. C’est un préalable à envisager.

Il n’y a aucune raison pour ne pas s’approprier la charge de travail, de réflexion et d’action pour autant.
Qui pouvait dire en 1947 qu’il y avait les décrets, arrêtés, textes divers et réglementation avec les grilles indiciaires d’une toute nouvelle profession importée des USA : Celle d’infirmier anesthésiste ? Personne. Pourtant tout a été fait, entrepris, monté pas à pas. Ce qui s’est produit il y a 74 ans peut se reproduire. Il ne faut que du courage, de la bonne volonté et une vision des choses objective, honnête et juste. Avec un sens des responsabilités dont la profession a su toujours faire preuve.

Changeons.
Changeons nos mentalités. Oui nous savons être efficaces, oui nous savons être performants, oui nous savons faire tout aussi bien, voire mieux sur certains points de soins aux patients.
Oui nous avons une valeur ajoutée indéniable. Oui nous sommes polyvalents, avons un éventail d’action qui fait notre force, notre richesse et notre attractivité professionnelle. L’aimant qu’est notre spécialité intégrée de fait en pratique avancée doit perdurer pour grossir les rangs des IADE au cours des années à venir.

La SOFIA demande un statut en propre pour les IADE. En sortant de toute notion de subordination mais en intégrant un schéma d’exercice en plein droit et autonomie définie. D’ailleurs n’a t-il pas été démontré qu’avec 11 millions d’anesthésie en France actuellement, il était impossible aux MAR (environ 11 000 en France) de faire toutes cette activité sans la présence des IADE.

Nous arrivons à une croisée des chemins. Réagissons et prenons notre profession en main. Car il n’est pas question de la laisser à d’autres qui ont décidé trop souvent et voudraient continuer à le faire pour nous.

La SOFIA souhaite un statut supérieur à celui d’AMPA, mais elle valide cependant l’obtention de celui-ci pour continuer encore à gravir des marches qui nous reviennent.

Nous ne sommes que dépositaires de ce que les anciens nous ont légué. A charge de transmettre aux successeurs les clés d’une profession enfin mature.

AB



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