Re: Articles sur la santé
Posté : sam. nov. 26, 2022 3:57 pm
Publié le 18/11/2022
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur…le déclin mondial des spermatozoïdes
De nombreuses études ont signalé une baisse de la qualité du sperme et d'autres marqueurs de la santé reproductive masculine. Une méta-analyse publiée en 2017 faisait état d'une diminution significative de la concentration des spermatozoïdes (CS) et du nombre total de spermatozoïdes (NTS) chez les hommes d'Amérique du Nord-Europe-Australie (ANEA) sur la base d'études publiées entre 1981 et 2013. À l'époque, trop peu d'études comportant des données sur l'Amérique du Sud/Centrale-Asie-Afrique (ASAA) étaient disponibles pour pouvoir estimer de manière fiable les tendances chez les hommes de ces continents.
La même équipe a effectué une nouvelle revue de la littérature avec méta-analyse actualisée dans le but d'examiner les tendances de la numération des spermatozoïdes chez les hommes de tous les continents. Ce nouveau travail se justifie par les implications plus larges d'un déclin mondial du nombre de spermatozoïdes, les lacunes laissées par la précédente analyse et les controverses entourant cette question.
Des données disponibles pour les 6 continents
Une nouvelle recherche dans PubMed/MEDLINE et EMBASE a été effectuée pour identifier les études sur la CS et le NTS humains publiées entre 2014 et 2019. Après examen de 2936 résumés et 868 articles complets, 44 estimations de CS et NTS provenant de 38 études répondaient aux critères du protocole. Les données sur les paramètres du sperme (SC, NTS, volume du sperme) ont été extraites, ainsi que l'année de collecte et les covariables.
En combinant ces nouvelles données avec celles de la précédente méta-analyse, la présente analyse comprend les résultats de 223 études, ce qui donne 288 estimations basées sur des échantillons de sperme collectés entre 1973 et 2018, fournis par 57 168 hommes. Des données étaient disponibles pour 6 continents et 53 pays.
Les pentes de la CS et du NTS ont été estimées en fonction de l'année de collecte des échantillons à l'aide d'une régression linéaire simple ainsi que d'une méta-régression pondérée. Ces derniers modèles ont été ajustés pour les covariables prédéterminées et examinés pour la modification par le statut de fertilité (non sélectionné par fertilité versus fertile), et par deux groupes de continents (ANEA et ASAA). Des analyses de sensibilité multiples ont été menées pour examiner les hypothèses, notamment la linéarité.
Diminution de la concentration moyenne en spermatozoïdes de plus de 50 % sur 45 ans
Globalement, la CS a diminué entre 1973 et 2018 (pente dans le modèle linéaire simple : -0,87 million/ml/an, intervalle de confiance IC 95 % -0,89 à -0,86 ; p < 0,001). Dans un modèle de méta-régression ajusté qui comprenait deux termes d'interaction [temps × groupe de fertilité (p = 0,012) et temps × continent (p = 0,058)], des baisses ont été observées chez les hommes non sélectionnés de l'ANEA (-1,27 ; IC 95 % -1,78 à -0,77 ; p < 0,001) et les hommes non sélectionnés de ASAA (-0,65 ; IC 95 % -1,29 à -0,01 ; p = 0,045) et les hommes fertiles de ANEA (-0,50 ; IC 95 % -1,00 à -0,01 ; p = 0,046).
Chez les hommes non sélectionnés de tous les continents, la CS moyenne a diminué de 51,6 % entre 1973 et 2018 (-1,17 ; IC 95 % -1,66 à -0,68 ; p < 0,001). La pente de la CS chez les hommes non sélectionnés était plus forte dans un modèle restreint aux données postérieures à 2000 (-1,73 ; IC 95% -3,23 à -0,24 ; p = 0,024) et le pourcentage de déclin par an a doublé, passant de 1,16 % après 1972 à 2,64 % après 2000.
Les résultats étaient similaires pour le NTS, avec une baisse globale de 62,3 % chez les hommes non sélectionnés (-4,70 millions/an ; IC 95 % -6,56 à -2,83 ; p < 0,001) dans le modèle de méta-régression ajusté. Les résultats n'ont que peu changé dans les analyses de sensibilité multiples.
Un enjeu de santé publique
Cette analyse est la première à constater une baisse du nombre de spermatozoïdes chez les hommes d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, d'Asie et d'Afrique, entre 1973 et 2018, alors que la méta-analyse précédente n'avait pas la puissance nécessaire pour étudier ces continents. Les données suggèrent que ce déclin mondial se poursuit au 21ème siècle à un rythme accéléré. Alors que le nombre de spermatozoïdes est un indicateur imparfait de la fertilité, la CS est liée à celle-ci.
La relation entre la CS et le délai de conception est non linéaire : au-delà de 40-50 millions/ml, une CS plus élevée n'implique pas nécessairement une plus grande probabilité de conception ; en dessous de ce seuil, la probabilité de conception diminue rapidement à mesure que la CS diminue. Au niveau de la population, la baisse de CS moyenne de 104 à 49 millions/ml pourrait ainsi impliquer une augmentation de la proportion d'hommes ayant un retard de conception.
Cependant, la mobilité des spermatozoïdes joue un rôle déterminant dans la fertilité et n'a pas été étudiée dans ce travail. De plus, on peut s’interroger sur la comparabilité des études, les techniques d’analyse des spermogrammes ayant évolué depuis les années 70.
Les auteurs concluent sur l’urgence d'effectuer des recherches sur les causes de ce déclin continu et de prendre des mesures préventives de nouvelles perturbations de la santé reproductive masculine.
Dr Isabelle Méresse
Référence
Levine H, Jørgensen N, Martino-Andrade A, et coll. : Temporal trends in sperm count: a systematic review and meta-regression analysis of samples collected globally in the 20th and 21st centuries. Hum Reprod Update. 2022 ; publication avancée en ligne le 15 novembre. doi: 10.1093/humupd/dmac035.
_________________
Publié le 21/11/2022
Le risque de décès en réanimation est associé à une moindre connaissance mutuelle entre infirmiers-ères
La pénurie actuelle de soignants est importante chez les infirmiers-ères diplômé(e)s d’état (IDE) et les aide-soignant(e)s (AS). En réanimation il est essentiel que le personnel puisse travailler dans des conditions préservant l’équilibre psychologique et privilégiant la qualité du travail en équipe. La camaraderie entre collègues est cruciale en réanimation, où des décisions et actes urgents doivent être pratiqués. L’organisation des plannings est ainsi faite qu’actuellement certain(e)s collègues ne se sont pas ou peu rencontré(e)s avant leur prise de poste dans le service.
A. Duclos et coll. (1) ont réalisé un travail observationnel rétrospectif dans 8 unités lyonnaises de réanimation et recherché s’il existait une relation entre la mortalité et le degré de familiarité entre IDE au moment du décès. Rappelons qu’en général le planning des équipes en réanimation est organisé par roulements ou « périodes de travail » (PDT) de 12 heures et qu’on affecte règlementairement pour deux IDE un maximum de 5 malades et pour un(e) AS 4 malades.
Le concept de familiarité est ici dépourvu d’affect : les auteurs l’ont défini comme une variable haute ou basse selon que les IDE avaient collaboré pendant plus ou moins de 50 PDT antérieurement. L’effectif précis de l’équipe en IDE et AS a été retracé pour chaque PDT accomplie entre 2011 et 2016 (l’effectif médical et la présence d’élèves IDE n’étaient pas pris en compte).
De plus les auteurs ont recherché si les rapports soignant/malade règlementaires au moment de la PDT au cours de laquelle est survenu le décès étaient respectés. Les 6 années de l’étude ont conduit à l’inclusion de 43 479 malades dont 3 311 (8 %) sont décédés (en cas de consigne de ne pas réanimer le cas n’était pas retenu pour l’analyse). Le nombre total de PDT analysées était de 35 072 (4 384 roulements par service puisqu’il y avait 2 années bissextiles). L’expérience des IDE en termes de PDT accomplies (moyenne [(écart-type]) était de 430 (129). Les PDT accomplies ensemble par un binôme d’IDE étaient en moyenne de 53 (22).
Importance de la stabilité de l’équipe soignante
Les résultats montrent que plus la familiarité entre IDE augmente par paliers de 10 PDT passées ensemble, moins le risque de décès pendant le roulement est élevé : le risque relatif (RR, intervalle de confiance à 95% [IC95]) est de 0,90 (0,82-0,98, p= 0,012). En d’autres termes, le risque de mortalité pendant une rotation diminuait de 10 % avec 10 collaborations supplémentaires entre IDE.
Si les IDE avaient collaboré respectivement 100 et 200 fois antérieurement, le risque de PDT avec survenue d’un décès variait de 14 % (8-24 %) à 2 % (1-7 %). S’il y avait non-respect des deux rapports soignant/malades (> 5 malades pour 2 IDE et > 4 malades par AS), le RR était de 3,16 (1,94 - 5,14, p < 0,001). En cas de combinaison d’une familiarité faible entre IDE et d’un non-respect des rapports soignant/malades, le RR atteignait 4,69 (2,42 - 9,09).
Il est ainsi confirmé qu’au cours d’un roulement d’IDE en réanimation, il y a association entre un plus grand risque de décès d’un malade et une moins bonne connaissance mutuelle (« familiarité ») entre IDE. Ce risque s’ajoute à celui entraîné par la tension en personnel (IDE et AS). Les auteurs insistent sur l’importance de la stabilité de l’équipe soignante et du maintien d’une bonne camaraderie d’équipe pour préserver le psychisme du personnel.
Ces éléments sont déterminants aussi bien pour la sécurité du malade que pour la motivation au travail. Les auteurs suggèrent en conclusion que les règles de fonctionnement d’un service ne devraient être imposées de façon pyramidale mais plutôt recueillies de bas en haut de l’échelle hiérarchique et adoptées par consensus quotidien.
Dr Bertrand Herer
Références
Duclos A et coll. : Nurse-to-Nurse Familiarity and Mortality in the Critically Ill. A Multicenter Observational Study. Am J Respir Crit Care Med. 2022 ; publication avancée en ligne le 11 octobre. doi: 10.1164/rccm.202204-0696OC.
Remerciements particuliers au Pr. Claude Guérin pour son aide.
jim.fr
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur…le déclin mondial des spermatozoïdes
De nombreuses études ont signalé une baisse de la qualité du sperme et d'autres marqueurs de la santé reproductive masculine. Une méta-analyse publiée en 2017 faisait état d'une diminution significative de la concentration des spermatozoïdes (CS) et du nombre total de spermatozoïdes (NTS) chez les hommes d'Amérique du Nord-Europe-Australie (ANEA) sur la base d'études publiées entre 1981 et 2013. À l'époque, trop peu d'études comportant des données sur l'Amérique du Sud/Centrale-Asie-Afrique (ASAA) étaient disponibles pour pouvoir estimer de manière fiable les tendances chez les hommes de ces continents.
La même équipe a effectué une nouvelle revue de la littérature avec méta-analyse actualisée dans le but d'examiner les tendances de la numération des spermatozoïdes chez les hommes de tous les continents. Ce nouveau travail se justifie par les implications plus larges d'un déclin mondial du nombre de spermatozoïdes, les lacunes laissées par la précédente analyse et les controverses entourant cette question.
Des données disponibles pour les 6 continents
Une nouvelle recherche dans PubMed/MEDLINE et EMBASE a été effectuée pour identifier les études sur la CS et le NTS humains publiées entre 2014 et 2019. Après examen de 2936 résumés et 868 articles complets, 44 estimations de CS et NTS provenant de 38 études répondaient aux critères du protocole. Les données sur les paramètres du sperme (SC, NTS, volume du sperme) ont été extraites, ainsi que l'année de collecte et les covariables.
En combinant ces nouvelles données avec celles de la précédente méta-analyse, la présente analyse comprend les résultats de 223 études, ce qui donne 288 estimations basées sur des échantillons de sperme collectés entre 1973 et 2018, fournis par 57 168 hommes. Des données étaient disponibles pour 6 continents et 53 pays.
Les pentes de la CS et du NTS ont été estimées en fonction de l'année de collecte des échantillons à l'aide d'une régression linéaire simple ainsi que d'une méta-régression pondérée. Ces derniers modèles ont été ajustés pour les covariables prédéterminées et examinés pour la modification par le statut de fertilité (non sélectionné par fertilité versus fertile), et par deux groupes de continents (ANEA et ASAA). Des analyses de sensibilité multiples ont été menées pour examiner les hypothèses, notamment la linéarité.
Diminution de la concentration moyenne en spermatozoïdes de plus de 50 % sur 45 ans
Globalement, la CS a diminué entre 1973 et 2018 (pente dans le modèle linéaire simple : -0,87 million/ml/an, intervalle de confiance IC 95 % -0,89 à -0,86 ; p < 0,001). Dans un modèle de méta-régression ajusté qui comprenait deux termes d'interaction [temps × groupe de fertilité (p = 0,012) et temps × continent (p = 0,058)], des baisses ont été observées chez les hommes non sélectionnés de l'ANEA (-1,27 ; IC 95 % -1,78 à -0,77 ; p < 0,001) et les hommes non sélectionnés de ASAA (-0,65 ; IC 95 % -1,29 à -0,01 ; p = 0,045) et les hommes fertiles de ANEA (-0,50 ; IC 95 % -1,00 à -0,01 ; p = 0,046).
Chez les hommes non sélectionnés de tous les continents, la CS moyenne a diminué de 51,6 % entre 1973 et 2018 (-1,17 ; IC 95 % -1,66 à -0,68 ; p < 0,001). La pente de la CS chez les hommes non sélectionnés était plus forte dans un modèle restreint aux données postérieures à 2000 (-1,73 ; IC 95% -3,23 à -0,24 ; p = 0,024) et le pourcentage de déclin par an a doublé, passant de 1,16 % après 1972 à 2,64 % après 2000.
Les résultats étaient similaires pour le NTS, avec une baisse globale de 62,3 % chez les hommes non sélectionnés (-4,70 millions/an ; IC 95 % -6,56 à -2,83 ; p < 0,001) dans le modèle de méta-régression ajusté. Les résultats n'ont que peu changé dans les analyses de sensibilité multiples.
Un enjeu de santé publique
Cette analyse est la première à constater une baisse du nombre de spermatozoïdes chez les hommes d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, d'Asie et d'Afrique, entre 1973 et 2018, alors que la méta-analyse précédente n'avait pas la puissance nécessaire pour étudier ces continents. Les données suggèrent que ce déclin mondial se poursuit au 21ème siècle à un rythme accéléré. Alors que le nombre de spermatozoïdes est un indicateur imparfait de la fertilité, la CS est liée à celle-ci.
La relation entre la CS et le délai de conception est non linéaire : au-delà de 40-50 millions/ml, une CS plus élevée n'implique pas nécessairement une plus grande probabilité de conception ; en dessous de ce seuil, la probabilité de conception diminue rapidement à mesure que la CS diminue. Au niveau de la population, la baisse de CS moyenne de 104 à 49 millions/ml pourrait ainsi impliquer une augmentation de la proportion d'hommes ayant un retard de conception.
Cependant, la mobilité des spermatozoïdes joue un rôle déterminant dans la fertilité et n'a pas été étudiée dans ce travail. De plus, on peut s’interroger sur la comparabilité des études, les techniques d’analyse des spermogrammes ayant évolué depuis les années 70.
Les auteurs concluent sur l’urgence d'effectuer des recherches sur les causes de ce déclin continu et de prendre des mesures préventives de nouvelles perturbations de la santé reproductive masculine.
Dr Isabelle Méresse
Référence
Levine H, Jørgensen N, Martino-Andrade A, et coll. : Temporal trends in sperm count: a systematic review and meta-regression analysis of samples collected globally in the 20th and 21st centuries. Hum Reprod Update. 2022 ; publication avancée en ligne le 15 novembre. doi: 10.1093/humupd/dmac035.
_________________
Publié le 21/11/2022
Le risque de décès en réanimation est associé à une moindre connaissance mutuelle entre infirmiers-ères
La pénurie actuelle de soignants est importante chez les infirmiers-ères diplômé(e)s d’état (IDE) et les aide-soignant(e)s (AS). En réanimation il est essentiel que le personnel puisse travailler dans des conditions préservant l’équilibre psychologique et privilégiant la qualité du travail en équipe. La camaraderie entre collègues est cruciale en réanimation, où des décisions et actes urgents doivent être pratiqués. L’organisation des plannings est ainsi faite qu’actuellement certain(e)s collègues ne se sont pas ou peu rencontré(e)s avant leur prise de poste dans le service.
A. Duclos et coll. (1) ont réalisé un travail observationnel rétrospectif dans 8 unités lyonnaises de réanimation et recherché s’il existait une relation entre la mortalité et le degré de familiarité entre IDE au moment du décès. Rappelons qu’en général le planning des équipes en réanimation est organisé par roulements ou « périodes de travail » (PDT) de 12 heures et qu’on affecte règlementairement pour deux IDE un maximum de 5 malades et pour un(e) AS 4 malades.
Le concept de familiarité est ici dépourvu d’affect : les auteurs l’ont défini comme une variable haute ou basse selon que les IDE avaient collaboré pendant plus ou moins de 50 PDT antérieurement. L’effectif précis de l’équipe en IDE et AS a été retracé pour chaque PDT accomplie entre 2011 et 2016 (l’effectif médical et la présence d’élèves IDE n’étaient pas pris en compte).
De plus les auteurs ont recherché si les rapports soignant/malade règlementaires au moment de la PDT au cours de laquelle est survenu le décès étaient respectés. Les 6 années de l’étude ont conduit à l’inclusion de 43 479 malades dont 3 311 (8 %) sont décédés (en cas de consigne de ne pas réanimer le cas n’était pas retenu pour l’analyse). Le nombre total de PDT analysées était de 35 072 (4 384 roulements par service puisqu’il y avait 2 années bissextiles). L’expérience des IDE en termes de PDT accomplies (moyenne [(écart-type]) était de 430 (129). Les PDT accomplies ensemble par un binôme d’IDE étaient en moyenne de 53 (22).
Importance de la stabilité de l’équipe soignante
Les résultats montrent que plus la familiarité entre IDE augmente par paliers de 10 PDT passées ensemble, moins le risque de décès pendant le roulement est élevé : le risque relatif (RR, intervalle de confiance à 95% [IC95]) est de 0,90 (0,82-0,98, p= 0,012). En d’autres termes, le risque de mortalité pendant une rotation diminuait de 10 % avec 10 collaborations supplémentaires entre IDE.
Si les IDE avaient collaboré respectivement 100 et 200 fois antérieurement, le risque de PDT avec survenue d’un décès variait de 14 % (8-24 %) à 2 % (1-7 %). S’il y avait non-respect des deux rapports soignant/malades (> 5 malades pour 2 IDE et > 4 malades par AS), le RR était de 3,16 (1,94 - 5,14, p < 0,001). En cas de combinaison d’une familiarité faible entre IDE et d’un non-respect des rapports soignant/malades, le RR atteignait 4,69 (2,42 - 9,09).
Il est ainsi confirmé qu’au cours d’un roulement d’IDE en réanimation, il y a association entre un plus grand risque de décès d’un malade et une moins bonne connaissance mutuelle (« familiarité ») entre IDE. Ce risque s’ajoute à celui entraîné par la tension en personnel (IDE et AS). Les auteurs insistent sur l’importance de la stabilité de l’équipe soignante et du maintien d’une bonne camaraderie d’équipe pour préserver le psychisme du personnel.
Ces éléments sont déterminants aussi bien pour la sécurité du malade que pour la motivation au travail. Les auteurs suggèrent en conclusion que les règles de fonctionnement d’un service ne devraient être imposées de façon pyramidale mais plutôt recueillies de bas en haut de l’échelle hiérarchique et adoptées par consensus quotidien.
Dr Bertrand Herer
Références
Duclos A et coll. : Nurse-to-Nurse Familiarity and Mortality in the Critically Ill. A Multicenter Observational Study. Am J Respir Crit Care Med. 2022 ; publication avancée en ligne le 11 octobre. doi: 10.1164/rccm.202204-0696OC.
Remerciements particuliers au Pr. Claude Guérin pour son aide.
jim.fr
