Articles sur la santé
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé
Quand on devient ministre on réfute ce que l'on était quelques heures auparavant. De fierté point. De constance point aussi. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis parait-il. Là, ce n'est plus d'avis, mais c'est passer de la vérité au mensonge avéré. Et quand on est pris la main dans le pot de confiture, difficile de dire qu'on y est pour rien.
On va dire au ministre rasoir Braun, que les IADE ne servent à rien, ne sont pas bons pour le pré-hospitalier, qu'ils ont besoin d'une "année supplémentaire en physiologie" pour être au niveau. Comme il fait tout le contraire de la vérité, avec un peu de chance on pourra enfin exercer dans un des domaines de compétences que nous possédons.
Si l'homme descend du singe, on se demande d'où descend le ministre pour sortir pareilles inepties !
Publié le 11/08/2022
François Braun admet finalement la fermeture de services d’urgence
Paris, le jeudi 11 août 2022 – En visite au CHU de Nantes, le 3 août dernier, pressé de questions par les journalistes suivant son déplacement, François Braun avait martelé : « il n’y a pas de fermetures d’urgences. Je crois qu’il faut arrêter avec ce terme, qui est tout le temps utilisé, qui fait peur. Il n’y a pas de fermeture, il y a un accès régulé […] vers les services d’urgence, dans les endroits où il n’y a plus les moyens pour faire tourner [les services] sans cette régulation ».
Or, le même jour, une enquête de SUdF*, syndicat qu’il dirigeait avant de devenir le locataire de l’avenue de Ségur, rapportait que « 42 établissements ont été contraints de réaliser une fermeture totale de nuit de leur SU pour un nombre cumulé de 546 nuits en juillet. De jour ce sont 23 établissements qui ont réalisé une fermeture totale pour un nombre cumulé de 208 jours ».
Ces chiffres inquiétants n’étaient d’ailleurs pas exhaustifs, puisque seule la moitié des services avait participé à ce sondage.
Un phénomène qui découlait, selon SUdF, des conclusions de la mission flash dont la 24ème recommandation était « d’autoriser la suspension d'activité partielle d'un SU dans une logique territoriale »…
Sous la pression de ses ex-confrères…
Depuis ces déclarations nantaises, François Braun était sous la pression de ses ex-confrères urgentistes.
Christophe Prudhomme (AMUF**) pointait ainsi sur Twitter un « ministre de la Santé pris en flagrant délit de mensonge ». Dans les colonnes de Libération, il poursuivait : « il ment face à des éléments qui sont fournis par l’organisation qu’il présidait il y a encore quelques semaines ».
Marc Noizet, son successeur à la tête de SUdF, évoquait lui des « contradictions évidente ». Sans surprise, plus mesuré que Christophe Prudhomme, il expliquait ces « contradictions » par une « question de sémantique », le terme « fermeture » étant habituellement utilisé dans les cas d’arrêt d’activité définitif.
… Le ministre admet 8 services fermés
Quoi qu’il en soit, hier, sur RTL, le ministre a dû donc finalement admettre : « en termes de fermeture, c’est-à-dire un service d'urgences qui n'accueillerait plus personne, il y en avait quatre avant le mois de juillet, il y en a huit aujourd'hui ».
François Braun a toutefois relativisé, parmi les huit établissements concernés « il y a quatre cliniques avec des services d'urgence publiques à proximité ». Il a en outre affirmé que toutes les parcelles du territoire français continuaient à disposer de services d'«urgence vitale » via des équipes mobiles du Samu.
On pourra s’interroger sur le décalage entre les données du ministre et celles de son ancien syndicat…
Pour l’avenir, SUdF demeure très inquiet et, début août, il écrivait : « les services d'urgence sont en très grande fragilité (…) La situation attendue au mois d'août va encore se dégrader, avec une augmentation des fermetures institutionnelles de lits et une diminution de la disponibilité de l’offre soignante libérale liée aux congés ».
De quoi donner des sueurs froides à l’urgentiste-ministre.
*SUdF : SAMU Urgences de France
**AMUF : Association des médecins urgentistes de France
F.H.
jim.fr
On va dire au ministre rasoir Braun, que les IADE ne servent à rien, ne sont pas bons pour le pré-hospitalier, qu'ils ont besoin d'une "année supplémentaire en physiologie" pour être au niveau. Comme il fait tout le contraire de la vérité, avec un peu de chance on pourra enfin exercer dans un des domaines de compétences que nous possédons.
Si l'homme descend du singe, on se demande d'où descend le ministre pour sortir pareilles inepties !
Publié le 11/08/2022
François Braun admet finalement la fermeture de services d’urgence
Paris, le jeudi 11 août 2022 – En visite au CHU de Nantes, le 3 août dernier, pressé de questions par les journalistes suivant son déplacement, François Braun avait martelé : « il n’y a pas de fermetures d’urgences. Je crois qu’il faut arrêter avec ce terme, qui est tout le temps utilisé, qui fait peur. Il n’y a pas de fermeture, il y a un accès régulé […] vers les services d’urgence, dans les endroits où il n’y a plus les moyens pour faire tourner [les services] sans cette régulation ».
Or, le même jour, une enquête de SUdF*, syndicat qu’il dirigeait avant de devenir le locataire de l’avenue de Ségur, rapportait que « 42 établissements ont été contraints de réaliser une fermeture totale de nuit de leur SU pour un nombre cumulé de 546 nuits en juillet. De jour ce sont 23 établissements qui ont réalisé une fermeture totale pour un nombre cumulé de 208 jours ».
Ces chiffres inquiétants n’étaient d’ailleurs pas exhaustifs, puisque seule la moitié des services avait participé à ce sondage.
Un phénomène qui découlait, selon SUdF, des conclusions de la mission flash dont la 24ème recommandation était « d’autoriser la suspension d'activité partielle d'un SU dans une logique territoriale »…
Sous la pression de ses ex-confrères…
Depuis ces déclarations nantaises, François Braun était sous la pression de ses ex-confrères urgentistes.
Christophe Prudhomme (AMUF**) pointait ainsi sur Twitter un « ministre de la Santé pris en flagrant délit de mensonge ». Dans les colonnes de Libération, il poursuivait : « il ment face à des éléments qui sont fournis par l’organisation qu’il présidait il y a encore quelques semaines ».
Marc Noizet, son successeur à la tête de SUdF, évoquait lui des « contradictions évidente ». Sans surprise, plus mesuré que Christophe Prudhomme, il expliquait ces « contradictions » par une « question de sémantique », le terme « fermeture » étant habituellement utilisé dans les cas d’arrêt d’activité définitif.
… Le ministre admet 8 services fermés
Quoi qu’il en soit, hier, sur RTL, le ministre a dû donc finalement admettre : « en termes de fermeture, c’est-à-dire un service d'urgences qui n'accueillerait plus personne, il y en avait quatre avant le mois de juillet, il y en a huit aujourd'hui ».
François Braun a toutefois relativisé, parmi les huit établissements concernés « il y a quatre cliniques avec des services d'urgence publiques à proximité ». Il a en outre affirmé que toutes les parcelles du territoire français continuaient à disposer de services d'«urgence vitale » via des équipes mobiles du Samu.
On pourra s’interroger sur le décalage entre les données du ministre et celles de son ancien syndicat…
Pour l’avenir, SUdF demeure très inquiet et, début août, il écrivait : « les services d'urgence sont en très grande fragilité (…) La situation attendue au mois d'août va encore se dégrader, avec une augmentation des fermetures institutionnelles de lits et une diminution de la disponibilité de l’offre soignante libérale liée aux congés ».
De quoi donner des sueurs froides à l’urgentiste-ministre.
*SUdF : SAMU Urgences de France
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La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé
Les tribunes - 9 septembre 2022
Santé : Réformateurs ou Conservateurs ! (Analyse)
Tribune rédigée par Philippe Leduc, médecin et journaliste santé, initialement publiée sur le site Les Echos.
https://www.veille-acteurs-sante.fr/202 ... s-analyse/
A un moment où les ministres en charge de la santé veulent réformer différemment, ce document est exceptionnel. Passionnante est en effet cette enquête du journal Le Monde parue au cœur de l’été, le 13 août : « Et si c’était à refaire ? La crise de l’hôpital vue par d’ex-ministres de la santé. »
Mattei, Bertrand, Bas, Bachelot, Touraine et Buzyn* refont le match pour tenter d’expliquer les raisons d’une telle dégradation du système de santé. Les ministres dénoncent les fortes oppositions qu’ils ont connues. Et par là même, dessinent en creux le profil des plus farouches adversaires des réformes, bonnes ou mauvaises, qu’ils ont initiées.
A méditer par les actuels ministres !
Le numerus clausus est condamné par tous. Son augmentation voire sa suppression sont réclamés. Xavier Bertrand dénonce « un raisonnement technocratique, guidé par une logique imposée notamment par les comptables de Bercy ». Et quand il s’est agi d’augmenter le nombre des étudiants, le ministre vise « le ministère de l’enseignement supérieur et les doyens des facultés qui affirmaient que nous n’aurions pas forcément les capacités d’accueil pour les étudiants en médecine. »
Pour Agnès Buzyn les responsabilités sont ailleurs, du côté des prévisionnistes qui n’avaient pas intégré que les maladies chroniques allaient fortement croître, que la sociologie des soignants s’était transformée et que la santé est devenue un droit pour la population qui aspire à accéder très facilement aux soins.
Bercy et les doyens des facultés de médecine
La fin de l’obligation des gardes pour les généralistes – si décriée aujourd’hui – est décidée par Jean-François Mattei en 2003 mais celui-ci se défend : « il s’agissait d’assurer une permanence avec des volontaires… pas de dire maintenant faites ce que vous voulez ». L’Ordre des médecins devait organiser un tableau des gardes et le préfet pouvait intervenir. Des maisons de garde devaient être créées mais le locataire de Ségur regrette que les médecins et les hôpitaux n’aient pas mis « toute l’énergie et les financements nécessaires ».
Plus tard, en 2007, Philippe Bas, vu les difficultés croissantes, « envoie une instruction très ferme aux préfets pour que les médecins libéraux prennent une part du fardeau mais, reconnait-il, à quelques semaines de l’élection présidentielle ça n’a pas tout à fait la même portée que si c’était en début de mandat ».
Les médecins généralistes et les hôpitaux
La répartition des médecins sur le territoire et la liberté d’installation alimente également la chronique depuis longtemps sans que les solutions avancées ne se révèlent efficaces. Roselyne Bachelot tente en 2007, rappelle-t-elle, de « poser une réforme majeure : le conventionnement sélectif » et « là, dit-elle, je vais susciter le blocage de la médecine de ville, ce qui est exactement le problème à l’heure actuelle… le médecin de ville estime qu’on ne doit lui imposer aucune contrainte, ni contrainte d’installation ni contrainte de déclaration des absences » et la ministre de s’en prendre à la CSMF « qui va mobiliser les internes ».
Résultat des courses : « le Premier ministre François Fillon m’a demandé de lâcher… le but c’était de se réconcilier avec les médecins. » La ministre sera exfiltrée au ministère des Solidarité et remplacée par Xavier Bertrand.
Celui-ci ne le cache pas : il revient « pour redonner la confiance aux médecins » mais, corrige-t-il, « non, le pouvoir politique n’a pas peur de contrarier les médecins ». Mais lui comme Marisol Touraine et Agnès Buzyn privilégieront les mesures incitatives dont on connait le peu de résultats.
Les médecins de ville
Revalorisation des rémunérations à l’hôpital. Bercy freine déplore Marisol Touraine qui rappelle les injonctions des Finances : « Tu demandes trop pour l’hôpital ». Elle qui conduira un très strict plan triennal d’économie… surtout sur les fonctions support assure-t-elle aujourd’hui, ainsi que sur le nombre de lits du fait du développement de la chirurgie ambulatoire.
Bercy encore
La tarification à l’activité (T2A) est mise en place par Jean-François Mattei à partir de 2004. « Nous avions bien prévu la dérive possible d’hôpitaux qui voudraient se développer en donnant la priorité aux actes les mieux payés, se débarrasser des actes les moins payés, et donc essayer de travailler pour un meilleur profit. J’avais donc prévu un système de régulation : à partir d’un seuil, le prix de ces interventions déclinait pour l’hôpital. Et ce système ne pouvait pas être utilisé pour toutes les pathologies, notamment les pathologies chroniques. »
Mais, optimisation du codage à la rescousse, des dérives sont constatées. Pour Agnès Buzyn, « la tarification à l’activité a fait dériver le système vers un hôpital-entreprise qui était insupportable… La directrice de l’établissement (Necker) nous avait expliqué que soigner des enfants atteints de leucémie, ce n’était pas rentable, mais par contre opérer des prostates, si ». Jean-François Mattei reconnait aujourd’hui que la T2A ne fonctionne pas bien. Il aurait fallu la faire évoluer.
Les médecins hospitaliers
« Un seul patron à l’hôpital ». Cette sentence du président de la République, Nicolas Sarkozy, a guidé la réforme de l’hôpital de Roselyne Bachelot. « Il nous a fait prendre dix ans de retard dans l’évolution des hôpitaux », tacle Jean-François Mattei.
Encore les médecins hospitaliers
Face à ce constat accablant, que retenir de ces florilèges. Que le pouvoir politique de la santé est confronté à de fortes pressions et résistances ? Et que lui-même trop souvent fait fausse route ?
En fait, le plus frappant, c’est le fossé qui existe entre les décideurs et les professionnels de santé. Les réformes édictées d’en haut ne sont pas toutes excellentes ou au contraire toutes exécrables. Les professionnels de santé n’ont pas toujours tort ou à l’inverse détiennent ipso facto la vérité car, eux, ils soignent.
Les actuels ministres disent avoir bien conscience de la nécessité de réformer autrement et assurent qu’ils réformeront en tenant compte des avis des uns et des autres, et ce au sein de chaque territoire. Sans pour autant faiblir. Voilà la gageure.
*Jean-François Mattei (2002-2004), Xavier Bertrand (2005-2007 et 2010-2012), Philippe Bas (2007), Roselyne Bachelot (2007-2010), Marisol Touraine (2012-2017) et Agnès Buzyn (2017-2020).
Santé : Réformateurs ou Conservateurs ! (Analyse)
Tribune rédigée par Philippe Leduc, médecin et journaliste santé, initialement publiée sur le site Les Echos.
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A un moment où les ministres en charge de la santé veulent réformer différemment, ce document est exceptionnel. Passionnante est en effet cette enquête du journal Le Monde parue au cœur de l’été, le 13 août : « Et si c’était à refaire ? La crise de l’hôpital vue par d’ex-ministres de la santé. »
Mattei, Bertrand, Bas, Bachelot, Touraine et Buzyn* refont le match pour tenter d’expliquer les raisons d’une telle dégradation du système de santé. Les ministres dénoncent les fortes oppositions qu’ils ont connues. Et par là même, dessinent en creux le profil des plus farouches adversaires des réformes, bonnes ou mauvaises, qu’ils ont initiées.
A méditer par les actuels ministres !
Le numerus clausus est condamné par tous. Son augmentation voire sa suppression sont réclamés. Xavier Bertrand dénonce « un raisonnement technocratique, guidé par une logique imposée notamment par les comptables de Bercy ». Et quand il s’est agi d’augmenter le nombre des étudiants, le ministre vise « le ministère de l’enseignement supérieur et les doyens des facultés qui affirmaient que nous n’aurions pas forcément les capacités d’accueil pour les étudiants en médecine. »
Pour Agnès Buzyn les responsabilités sont ailleurs, du côté des prévisionnistes qui n’avaient pas intégré que les maladies chroniques allaient fortement croître, que la sociologie des soignants s’était transformée et que la santé est devenue un droit pour la population qui aspire à accéder très facilement aux soins.
Bercy et les doyens des facultés de médecine
La fin de l’obligation des gardes pour les généralistes – si décriée aujourd’hui – est décidée par Jean-François Mattei en 2003 mais celui-ci se défend : « il s’agissait d’assurer une permanence avec des volontaires… pas de dire maintenant faites ce que vous voulez ». L’Ordre des médecins devait organiser un tableau des gardes et le préfet pouvait intervenir. Des maisons de garde devaient être créées mais le locataire de Ségur regrette que les médecins et les hôpitaux n’aient pas mis « toute l’énergie et les financements nécessaires ».
Plus tard, en 2007, Philippe Bas, vu les difficultés croissantes, « envoie une instruction très ferme aux préfets pour que les médecins libéraux prennent une part du fardeau mais, reconnait-il, à quelques semaines de l’élection présidentielle ça n’a pas tout à fait la même portée que si c’était en début de mandat ».
Les médecins généralistes et les hôpitaux
La répartition des médecins sur le territoire et la liberté d’installation alimente également la chronique depuis longtemps sans que les solutions avancées ne se révèlent efficaces. Roselyne Bachelot tente en 2007, rappelle-t-elle, de « poser une réforme majeure : le conventionnement sélectif » et « là, dit-elle, je vais susciter le blocage de la médecine de ville, ce qui est exactement le problème à l’heure actuelle… le médecin de ville estime qu’on ne doit lui imposer aucune contrainte, ni contrainte d’installation ni contrainte de déclaration des absences » et la ministre de s’en prendre à la CSMF « qui va mobiliser les internes ».
Résultat des courses : « le Premier ministre François Fillon m’a demandé de lâcher… le but c’était de se réconcilier avec les médecins. » La ministre sera exfiltrée au ministère des Solidarité et remplacée par Xavier Bertrand.
Celui-ci ne le cache pas : il revient « pour redonner la confiance aux médecins » mais, corrige-t-il, « non, le pouvoir politique n’a pas peur de contrarier les médecins ». Mais lui comme Marisol Touraine et Agnès Buzyn privilégieront les mesures incitatives dont on connait le peu de résultats.
Les médecins de ville
Revalorisation des rémunérations à l’hôpital. Bercy freine déplore Marisol Touraine qui rappelle les injonctions des Finances : « Tu demandes trop pour l’hôpital ». Elle qui conduira un très strict plan triennal d’économie… surtout sur les fonctions support assure-t-elle aujourd’hui, ainsi que sur le nombre de lits du fait du développement de la chirurgie ambulatoire.
Bercy encore
La tarification à l’activité (T2A) est mise en place par Jean-François Mattei à partir de 2004. « Nous avions bien prévu la dérive possible d’hôpitaux qui voudraient se développer en donnant la priorité aux actes les mieux payés, se débarrasser des actes les moins payés, et donc essayer de travailler pour un meilleur profit. J’avais donc prévu un système de régulation : à partir d’un seuil, le prix de ces interventions déclinait pour l’hôpital. Et ce système ne pouvait pas être utilisé pour toutes les pathologies, notamment les pathologies chroniques. »
Mais, optimisation du codage à la rescousse, des dérives sont constatées. Pour Agnès Buzyn, « la tarification à l’activité a fait dériver le système vers un hôpital-entreprise qui était insupportable… La directrice de l’établissement (Necker) nous avait expliqué que soigner des enfants atteints de leucémie, ce n’était pas rentable, mais par contre opérer des prostates, si ». Jean-François Mattei reconnait aujourd’hui que la T2A ne fonctionne pas bien. Il aurait fallu la faire évoluer.
Les médecins hospitaliers
« Un seul patron à l’hôpital ». Cette sentence du président de la République, Nicolas Sarkozy, a guidé la réforme de l’hôpital de Roselyne Bachelot. « Il nous a fait prendre dix ans de retard dans l’évolution des hôpitaux », tacle Jean-François Mattei.
Encore les médecins hospitaliers
Face à ce constat accablant, que retenir de ces florilèges. Que le pouvoir politique de la santé est confronté à de fortes pressions et résistances ? Et que lui-même trop souvent fait fausse route ?
En fait, le plus frappant, c’est le fossé qui existe entre les décideurs et les professionnels de santé. Les réformes édictées d’en haut ne sont pas toutes excellentes ou au contraire toutes exécrables. Les professionnels de santé n’ont pas toujours tort ou à l’inverse détiennent ipso facto la vérité car, eux, ils soignent.
Les actuels ministres disent avoir bien conscience de la nécessité de réformer autrement et assurent qu’ils réformeront en tenant compte des avis des uns et des autres, et ce au sein de chaque territoire. Sans pour autant faiblir. Voilà la gageure.
*Jean-François Mattei (2002-2004), Xavier Bertrand (2005-2007 et 2010-2012), Philippe Bas (2007), Roselyne Bachelot (2007-2010), Marisol Touraine (2012-2017) et Agnès Buzyn (2017-2020).
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Re: Articles sur la santé
Publié le 12/09/2022
Les « faux sucres » sont aussi de faux amis
Les effets délétères sur la santé des sucres ajoutés ont été démontrés depuis de nombreuses années. Cela a conduit les industriels de l’alimentation à opter pour les édulcorants de synthèse, désormais présents dans de nombreux produits alimentaires et boissons, avec un marché mondial en expansion d’environ 5 % tous les ans.
Plus de 23 000 produits alimentaires dans le monde en contiendraient. Leur innocuité fait toutefois l’objet de débats et leur rôle dans la survenue de certaines maladies n’est pas exclu. Des seuils quotidiens « acceptables » ont été établis par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), par la Food and drug administration américaine et par le Joint Expert Committee on Food Additives de la FAO (JECFA), mais ils sont régulièrement remis en cause et sont actuellement en révision.
Des études expérimentales notamment ont souligné la possible implication des édulcorants de synthèse dans les maladies cardiovasculaires. C’est la raison pour laquelle une équipe française a choisi d’étudier l’association entre les édulcorants de synthèse provenant de différentes sources alimentaires (boissons, produits laitiers, édulcorants de table), en général et par molécule (aspartam, sucralose, acésulfame K), et le risque de maladies cardiovasculaires.
Il s’agit d’une étude prospective de cohorte, menée de 2009 à 2021, incluant plus de 103 000 participants issus de l’étude NutriNet-Santé.
Augmentation du risque cardiovasculaire
Dans cette cohorte, la consommation totale d’édulcorants de synthèse est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire global (Hazard Ratio HR 1,09 ; intervalle de confiance à 95 % IC 1,01 à 1,18). Le risque est particulièrement accru pour les maladies cérébro-vasculaires (HR 1,18 ; IC 1,06 à 1,31), avec un taux d’incidence de 150 pour 100 000 personne-années pour les personnes ne consommant pas d’édulcorants de synthèse, comparé à 195 pour 100 000 personne-années pour les plus forts consommateurs.
Le risque semble différent selon la nature de l’édulcorant : l’aspartam est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire (HR 1,17 ; IC 1,03 à 1,33), alors que l’acésulfame K et le sucralose sont associés à une augmentation du risque de pathologie coronaire (HR 1,40 ; IC 1,06 à 1,84 et HR 1,31 ; IC 1,0 à 1,71 respectivement).
D’autres études devront confirmer ces résultats et expliquer les mécanismes biologiques impliqués. Mais dès à présent, ces données semblent confirmer que ces édulcorants de synthèse, consommés chaque jour par des millions de personnes et présents dans des milliers de produits alimentaires et boissons, ne devraient plus être considérés comme une « alternative-santé » au sucre.
Dr Roseline Péluchon
Références
Debras C. et coll. : Artificial sweeteners and risk of cardiovascular diseases: results from the prospective NutriNet-Santé cohort
BMJ2022;378:e071204. doi.org/10.1136/BMJ-2022-071204
jim.fr
______________
Publié le 16/09/2022
AP-HP : la concertation de la dernière chance ?
Dans un courrier adressé aux hôpitaux qui constituent l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, son nouveau patron Nicolas Revel annonce une concertation autour de trente « pistes d’action » qui devrait durer entre quatre et six semaines.
Parmi les priorités : les ressources humaines, le fonctionnement et l’organisation du travail et le retour à une trajectoire financière soutenable.
Dans son courrier, Nicolas Revel trace les contours d’une institution hospitalière parisienne exsangue avec des effectifs infirmiers « au point le plus bas depuis cinq ans », avec 1 830 équivalents temps plein de moins comparé à juin 2018. « Il est à prévoir que, malgré les recrutements d’ores et déjà sécurisés grâce à la mobilisation collective (1 200 recrutements et 215 retours de position [congés maternités…), l’automne 2022 et le premier semestre 2023 verront perdurer des tensions fortes sur les RH paramédicales », peut-on lire dans le courrier.
Autre constat: les taux de fermeture des blocs opératoires se situent actuellement entre 15 % et 20 %, et peuvent atteindre 40 % à 50 % sur certains sites. Sur cette thématique, Nicolas Revel lancera une « mission flash spécifique ».
Du côté syndical, Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé action sociale, lui répond : « la solution ne viendra pas seulement d’une réorganisation de l’AP. Par son expérience politique et parce qu’il dirige le plus grand CHU d’Europe, il doit défendre auprès du gouvernement l’urgence d’un plan de formation et d’embauche des personnels. »
X.B.
jim.fr
Les « faux sucres » sont aussi de faux amis
Les effets délétères sur la santé des sucres ajoutés ont été démontrés depuis de nombreuses années. Cela a conduit les industriels de l’alimentation à opter pour les édulcorants de synthèse, désormais présents dans de nombreux produits alimentaires et boissons, avec un marché mondial en expansion d’environ 5 % tous les ans.
Plus de 23 000 produits alimentaires dans le monde en contiendraient. Leur innocuité fait toutefois l’objet de débats et leur rôle dans la survenue de certaines maladies n’est pas exclu. Des seuils quotidiens « acceptables » ont été établis par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), par la Food and drug administration américaine et par le Joint Expert Committee on Food Additives de la FAO (JECFA), mais ils sont régulièrement remis en cause et sont actuellement en révision.
Des études expérimentales notamment ont souligné la possible implication des édulcorants de synthèse dans les maladies cardiovasculaires. C’est la raison pour laquelle une équipe française a choisi d’étudier l’association entre les édulcorants de synthèse provenant de différentes sources alimentaires (boissons, produits laitiers, édulcorants de table), en général et par molécule (aspartam, sucralose, acésulfame K), et le risque de maladies cardiovasculaires.
Il s’agit d’une étude prospective de cohorte, menée de 2009 à 2021, incluant plus de 103 000 participants issus de l’étude NutriNet-Santé.
Augmentation du risque cardiovasculaire
Dans cette cohorte, la consommation totale d’édulcorants de synthèse est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire global (Hazard Ratio HR 1,09 ; intervalle de confiance à 95 % IC 1,01 à 1,18). Le risque est particulièrement accru pour les maladies cérébro-vasculaires (HR 1,18 ; IC 1,06 à 1,31), avec un taux d’incidence de 150 pour 100 000 personne-années pour les personnes ne consommant pas d’édulcorants de synthèse, comparé à 195 pour 100 000 personne-années pour les plus forts consommateurs.
Le risque semble différent selon la nature de l’édulcorant : l’aspartam est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire (HR 1,17 ; IC 1,03 à 1,33), alors que l’acésulfame K et le sucralose sont associés à une augmentation du risque de pathologie coronaire (HR 1,40 ; IC 1,06 à 1,84 et HR 1,31 ; IC 1,0 à 1,71 respectivement).
D’autres études devront confirmer ces résultats et expliquer les mécanismes biologiques impliqués. Mais dès à présent, ces données semblent confirmer que ces édulcorants de synthèse, consommés chaque jour par des millions de personnes et présents dans des milliers de produits alimentaires et boissons, ne devraient plus être considérés comme une « alternative-santé » au sucre.
Dr Roseline Péluchon
Références
Debras C. et coll. : Artificial sweeteners and risk of cardiovascular diseases: results from the prospective NutriNet-Santé cohort
BMJ2022;378:e071204. doi.org/10.1136/BMJ-2022-071204
jim.fr
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Publié le 16/09/2022
AP-HP : la concertation de la dernière chance ?
Dans un courrier adressé aux hôpitaux qui constituent l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, son nouveau patron Nicolas Revel annonce une concertation autour de trente « pistes d’action » qui devrait durer entre quatre et six semaines.
Parmi les priorités : les ressources humaines, le fonctionnement et l’organisation du travail et le retour à une trajectoire financière soutenable.
Dans son courrier, Nicolas Revel trace les contours d’une institution hospitalière parisienne exsangue avec des effectifs infirmiers « au point le plus bas depuis cinq ans », avec 1 830 équivalents temps plein de moins comparé à juin 2018. « Il est à prévoir que, malgré les recrutements d’ores et déjà sécurisés grâce à la mobilisation collective (1 200 recrutements et 215 retours de position [congés maternités…), l’automne 2022 et le premier semestre 2023 verront perdurer des tensions fortes sur les RH paramédicales », peut-on lire dans le courrier.
Autre constat: les taux de fermeture des blocs opératoires se situent actuellement entre 15 % et 20 %, et peuvent atteindre 40 % à 50 % sur certains sites. Sur cette thématique, Nicolas Revel lancera une « mission flash spécifique ».
Du côté syndical, Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé action sociale, lui répond : « la solution ne viendra pas seulement d’une réorganisation de l’AP. Par son expérience politique et parce qu’il dirige le plus grand CHU d’Europe, il doit défendre auprès du gouvernement l’urgence d’un plan de formation et d’embauche des personnels. »
X.B.
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La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé
Les pénuries de travailleurs de la santé en Europe pourraient provoquer une « catastrophe », alerte l’OMS
16 septembre 2022
Selon un nouveau rapport publié le 14 septembre par l'OMS, tous les pays de la Région européenne de l'OMS, qui comprend 53 États membres en Europe et en Asie centrale, sont actuellement confrontés à de graves problèmes concernant les travailleurs de la santé et des soins.
Les pénuries de travailleurs de la santé en Europe pourraient provoquer une "catastrophe", alerte l'OMS
"La principale pierre d'achoppement est le vieillissement des effectifs", alerte l'OMS. À titre d'exemple, son analyse révèle ainsi que 13 des 44 pays ayant communiqué des données sur cette question ont une main-d’œuvre composée à 40% de médecins déjà âgés de 55 ans ou plus.
"Le vieillissement des personnels du secteur de la santé et des soins était un problème grave avant la pandémie de Covid-19, mais il est encore plus préoccupant aujourd'hui, car l'épuisement professionnel et les facteurs démographiques contribuent à une diminution constante des effectifs", estime l'OMS.
Dans les prochaines années, poursuit l'organisation, le remplacement adéquat des médecins et autres travailleurs de la santé et des soins qui partent à la retraite sera une préoccupation politique importante pour les gouvernements et les autorités de santé.
Santé mentale "médiocre"
Autre constat clé de ce rapport : la santé mentale "médiocre", de ces travailleurs. "Les longues heures de travail, le soutien inadéquat, les graves pénuries de personnel et les taux élevés d'infection et de décès dus à la Covid-19 parmi les travailleurs de première ligne, surtout aux premiers stades de la pandémie, ont laissé des traces", explique l'OMS.
Lors de la première vague de la pandémie, en mars 2020, les absences de travailleurs de la santé ont augmenté de 62% et les problèmes de santé mentale ont été signalés dans presque tous les pays de la Région, rapporte l'analyse.
Dans certains pays, plus de 80% du personnel infirmier a signalé une forme de détresse psychologique causée par la pandémie. L'OMS a d'ailleurs reçu des informations selon lesquelles pas moins de 9 membres du personnel infirmier sur 10 déclaraient leur intention de quitter leur emploi.
Un tableau mitigé selon les pays
Alors que ce sont les 53 pays de la Région qui comptent en moyenne le plus haut pourcentage de médecins, d'infirmiers et de sages-femmes par rapport au reste du monde, les pays d'Europe et d'Asie centrale sont quand-même confrontés à des pénuries et "des carences considérables", avec des variations sous-régionales importantes, indique l'OMS.
On compte ainsi jusqu'à 5 fois plus de travailleurs de la santé disponibles dans certains pays que dans d'autres. La densité globale de médecins, d'infirmiers et de sages-femmes varie de 54,3 pour 10 000 personnes en Turquie à plus de 200 pour 10 000 personnes en Islande, à Monaco, en Norvège et en Suisse. Au niveau sous-régional, ce sont les pays d'Asie centrale et occidentale qui ont les densités les plus faibles, et les pays d'Europe du Nord et de l'Ouest les plus élevées.
"Les pénuries de personnel, un recrutement et une fidélisation insuffisants, la migration des travailleurs qualifiés, des conditions de travail peu attrayantes et le manque d'accès à des possibilités de formation continue sont autant de fléaux qui frappent les systèmes de santé", a déclaré dans un communiqué distinct le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.
S'ajoutent à cela des capacités de données "inadéquates" et une "capacité d'analyse limitée", une "gouvernance et une gestion défaillantes", une "absence de planification stratégique" et un "investissement insuffisant dans le renforcement des effectifs", a-t-il ajouté.
De plus, selon les estimations de l'OMS, environ 50 000 travailleurs de la santé et des soins pourraient avoir perdu la vie à cause de la Covid-19, rien qu'en Europe.
"Toutes ces menaces représentent une bombe à retardement qui, si on n'y prend pas garde, risque d'entraîner de lourdes conséquences pour la santé partout, des temps d'attente importants avant traitement, beaucoup de décès évitables, voire un effondrement des systèmes de santé", a avertit le Dr Kluge.
Rédaction ActuSoins
L'OMS formule un plan d'action en 10 points pour renforcer les personnels de santé et de soins en Europe
mettre l’enseignement en phase avec les besoins de la population et les impératifs des services de santé ;
renforcer le perfectionnement professionnel pour doter les travailleurs de nouvelles connaissances et compétences ;
recourir davantage aux outils numériques qui aident les travailleurs ;
élaborer des stratégies pour recruter et maintenir en poste des travailleurs de la santé dans les zones rurales et éloignées ;
instaurer des conditions de travail propices à un équilibre sain entre travail et vie privée ;
préserver la santé et le bien-être mental des travailleurs ;
développer les capacités de leadership pour la gouvernance et la planification des effectifs ;
améliorer les systèmes d’information sanitaire pour mieux recueillir et analyser les données ;
augmenter les investissements publics dans la formation, le développement et la protection des travailleurs ;
optimiser l’emploi des fonds pour des politiques novatrices concernant les travailleurs.
16 septembre 2022
Selon un nouveau rapport publié le 14 septembre par l'OMS, tous les pays de la Région européenne de l'OMS, qui comprend 53 États membres en Europe et en Asie centrale, sont actuellement confrontés à de graves problèmes concernant les travailleurs de la santé et des soins.
Les pénuries de travailleurs de la santé en Europe pourraient provoquer une "catastrophe", alerte l'OMS
"La principale pierre d'achoppement est le vieillissement des effectifs", alerte l'OMS. À titre d'exemple, son analyse révèle ainsi que 13 des 44 pays ayant communiqué des données sur cette question ont une main-d’œuvre composée à 40% de médecins déjà âgés de 55 ans ou plus.
"Le vieillissement des personnels du secteur de la santé et des soins était un problème grave avant la pandémie de Covid-19, mais il est encore plus préoccupant aujourd'hui, car l'épuisement professionnel et les facteurs démographiques contribuent à une diminution constante des effectifs", estime l'OMS.
Dans les prochaines années, poursuit l'organisation, le remplacement adéquat des médecins et autres travailleurs de la santé et des soins qui partent à la retraite sera une préoccupation politique importante pour les gouvernements et les autorités de santé.
Santé mentale "médiocre"
Autre constat clé de ce rapport : la santé mentale "médiocre", de ces travailleurs. "Les longues heures de travail, le soutien inadéquat, les graves pénuries de personnel et les taux élevés d'infection et de décès dus à la Covid-19 parmi les travailleurs de première ligne, surtout aux premiers stades de la pandémie, ont laissé des traces", explique l'OMS.
Lors de la première vague de la pandémie, en mars 2020, les absences de travailleurs de la santé ont augmenté de 62% et les problèmes de santé mentale ont été signalés dans presque tous les pays de la Région, rapporte l'analyse.
Dans certains pays, plus de 80% du personnel infirmier a signalé une forme de détresse psychologique causée par la pandémie. L'OMS a d'ailleurs reçu des informations selon lesquelles pas moins de 9 membres du personnel infirmier sur 10 déclaraient leur intention de quitter leur emploi.
Un tableau mitigé selon les pays
Alors que ce sont les 53 pays de la Région qui comptent en moyenne le plus haut pourcentage de médecins, d'infirmiers et de sages-femmes par rapport au reste du monde, les pays d'Europe et d'Asie centrale sont quand-même confrontés à des pénuries et "des carences considérables", avec des variations sous-régionales importantes, indique l'OMS.
On compte ainsi jusqu'à 5 fois plus de travailleurs de la santé disponibles dans certains pays que dans d'autres. La densité globale de médecins, d'infirmiers et de sages-femmes varie de 54,3 pour 10 000 personnes en Turquie à plus de 200 pour 10 000 personnes en Islande, à Monaco, en Norvège et en Suisse. Au niveau sous-régional, ce sont les pays d'Asie centrale et occidentale qui ont les densités les plus faibles, et les pays d'Europe du Nord et de l'Ouest les plus élevées.
"Les pénuries de personnel, un recrutement et une fidélisation insuffisants, la migration des travailleurs qualifiés, des conditions de travail peu attrayantes et le manque d'accès à des possibilités de formation continue sont autant de fléaux qui frappent les systèmes de santé", a déclaré dans un communiqué distinct le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.
S'ajoutent à cela des capacités de données "inadéquates" et une "capacité d'analyse limitée", une "gouvernance et une gestion défaillantes", une "absence de planification stratégique" et un "investissement insuffisant dans le renforcement des effectifs", a-t-il ajouté.
De plus, selon les estimations de l'OMS, environ 50 000 travailleurs de la santé et des soins pourraient avoir perdu la vie à cause de la Covid-19, rien qu'en Europe.
"Toutes ces menaces représentent une bombe à retardement qui, si on n'y prend pas garde, risque d'entraîner de lourdes conséquences pour la santé partout, des temps d'attente importants avant traitement, beaucoup de décès évitables, voire un effondrement des systèmes de santé", a avertit le Dr Kluge.
Rédaction ActuSoins
L'OMS formule un plan d'action en 10 points pour renforcer les personnels de santé et de soins en Europe
mettre l’enseignement en phase avec les besoins de la population et les impératifs des services de santé ;
renforcer le perfectionnement professionnel pour doter les travailleurs de nouvelles connaissances et compétences ;
recourir davantage aux outils numériques qui aident les travailleurs ;
élaborer des stratégies pour recruter et maintenir en poste des travailleurs de la santé dans les zones rurales et éloignées ;
instaurer des conditions de travail propices à un équilibre sain entre travail et vie privée ;
préserver la santé et le bien-être mental des travailleurs ;
développer les capacités de leadership pour la gouvernance et la planification des effectifs ;
améliorer les systèmes d’information sanitaire pour mieux recueillir et analyser les données ;
augmenter les investissements publics dans la formation, le développement et la protection des travailleurs ;
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Re: Articles sur la santé
« L’Ordre des médecins se comporte comme un Clergé, nous voulons sa dissolution »
Publié le 23/09/2022
Des médecins des Pays de la Loire refusent de s'acquitter de leurs cotisations. Un acte de contestation par rapport aux orientations politiques et financières du Conseil de l'Ordre. Le procès devait avoir lieu vendredi 16 septembre et a été reporté au 15 novembre, afin que les six médecins soient entendus. Marie Kayser et Guillaume Getz, Deux des médecins rebelles nous expliquent leur combat.
« L’ordre ne remplit pas les missions de service public qu’il devrait remplir. » Leur avis est clair et implacable, fondé sur le rapport plutôt accablant de la Cour des Comptes de 2019. « Le fonctionnement de l’Ordre est opaque, il prend des positions politiques sur le système de santé, avec lesquelles nous sommes en désaccord, alors que ce n’est pas son rôle. Il ne défend pas les patients et ses jugements sont en contradiction avec la juridiction ordinaire. » explique Marie Kayser, médecin généraliste retraitée.
Guillaume Getz, médecin généraliste à Saint-Herblain, renchérit « ils sont complices d’actes criminels, beaucoup de scandales ont émaillé l’Ordre. Il n’enregistre pas les plaintes des patients abusés sexuellement ou les classe sans suite et n’interdit pas aux médecins d’exercer, comme cela a été le cas dans l’affaire de Joël le Scouarnec. »
Ces deux médecins en colère ne sont pas les premiers, ni les seuls à s’en prendre à l’institution. Une pétition contre l’Ordre avait été lancée. Jean Yves Lemardeley, médecin généraliste avait lui aussi refusé de payer une partie de sa cotisation : « Depuis le rapport de la Cours des Comptes de décembre 2019 sur les dérives financières du comptable de la CNOM, j’ai décidé de régler ce qui équivaut à la partie départementale et régionale. Cela correspond à 200 euros et quelques sur 335 euros ». Il est alors menacé d’être suspendu. What’s up Doc avait alors interrogé l’Ordre sur cette affaire qui n’avait pas souhaité réagir.
« Nous souhaitons montrer que c’est possible de ne pas payer. Nous voulons créer un rapport de force. »
Ce nouveau procès est une tribune et a pour objectif « de permettre aux médecins de ne pas payer leur cotisation à l’Ordre en créant une jurisprudence » explique Guillaume Getz. « Nous souhaitons montrer que c’est possible de ne pas payer. Nous voulons créer un rapport de force. »
A terme ils souhaitent la « dissolution » complète de l’organisme. « Nous serions pour le transfert des missions aux organismes compétents. En matière de juridiction, un service de juridiction public. Pour les remplaçants, un service de la caisse maladie. L’instruction des refus d’action de soin devrait être donnée à l’assurance maladie. La surveillance entre les liens de l’industrie pharmaceutique pourrait être confiée à la HAS. »
Marie Kayser, même retraitée, est tout autant remontée aujourd’hui qu’à l’époque où elle a perdu son procès contre l’organisme dans les années 80. « Je me sens concernée par les questions de santé publique et j’estime que les prises de position de l’Ordre sont nocives pour la santé publique, comme les questions sur l’IVG ».
Pour ces médecins révoltés, l’Ordre se comporte comme les syndicats de la droite dure ou « le Clergé ». « L’Ordre n’agit que lorsqu’il est contraint et forcé et ne représente plus l’avis de la majorité des médecins. »
Cet article est republié à partir du site What’s up Doc.
Albane Cousin
Source : jim.fr
Publié le 23/09/2022
Des médecins des Pays de la Loire refusent de s'acquitter de leurs cotisations. Un acte de contestation par rapport aux orientations politiques et financières du Conseil de l'Ordre. Le procès devait avoir lieu vendredi 16 septembre et a été reporté au 15 novembre, afin que les six médecins soient entendus. Marie Kayser et Guillaume Getz, Deux des médecins rebelles nous expliquent leur combat.
« L’ordre ne remplit pas les missions de service public qu’il devrait remplir. » Leur avis est clair et implacable, fondé sur le rapport plutôt accablant de la Cour des Comptes de 2019. « Le fonctionnement de l’Ordre est opaque, il prend des positions politiques sur le système de santé, avec lesquelles nous sommes en désaccord, alors que ce n’est pas son rôle. Il ne défend pas les patients et ses jugements sont en contradiction avec la juridiction ordinaire. » explique Marie Kayser, médecin généraliste retraitée.
Guillaume Getz, médecin généraliste à Saint-Herblain, renchérit « ils sont complices d’actes criminels, beaucoup de scandales ont émaillé l’Ordre. Il n’enregistre pas les plaintes des patients abusés sexuellement ou les classe sans suite et n’interdit pas aux médecins d’exercer, comme cela a été le cas dans l’affaire de Joël le Scouarnec. »
Ces deux médecins en colère ne sont pas les premiers, ni les seuls à s’en prendre à l’institution. Une pétition contre l’Ordre avait été lancée. Jean Yves Lemardeley, médecin généraliste avait lui aussi refusé de payer une partie de sa cotisation : « Depuis le rapport de la Cours des Comptes de décembre 2019 sur les dérives financières du comptable de la CNOM, j’ai décidé de régler ce qui équivaut à la partie départementale et régionale. Cela correspond à 200 euros et quelques sur 335 euros ». Il est alors menacé d’être suspendu. What’s up Doc avait alors interrogé l’Ordre sur cette affaire qui n’avait pas souhaité réagir.
« Nous souhaitons montrer que c’est possible de ne pas payer. Nous voulons créer un rapport de force. »
Ce nouveau procès est une tribune et a pour objectif « de permettre aux médecins de ne pas payer leur cotisation à l’Ordre en créant une jurisprudence » explique Guillaume Getz. « Nous souhaitons montrer que c’est possible de ne pas payer. Nous voulons créer un rapport de force. »
A terme ils souhaitent la « dissolution » complète de l’organisme. « Nous serions pour le transfert des missions aux organismes compétents. En matière de juridiction, un service de juridiction public. Pour les remplaçants, un service de la caisse maladie. L’instruction des refus d’action de soin devrait être donnée à l’assurance maladie. La surveillance entre les liens de l’industrie pharmaceutique pourrait être confiée à la HAS. »
Marie Kayser, même retraitée, est tout autant remontée aujourd’hui qu’à l’époque où elle a perdu son procès contre l’organisme dans les années 80. « Je me sens concernée par les questions de santé publique et j’estime que les prises de position de l’Ordre sont nocives pour la santé publique, comme les questions sur l’IVG ».
Pour ces médecins révoltés, l’Ordre se comporte comme les syndicats de la droite dure ou « le Clergé ». « L’Ordre n’agit que lorsqu’il est contraint et forcé et ne représente plus l’avis de la majorité des médecins. »
Cet article est republié à partir du site What’s up Doc.
Albane Cousin
Source : jim.fr
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Re: Articles sur la santé
FiO2 à 0,5 versus 1 lors de l’extubation post-opératoire : qui dit mieux ?Retrouvez sur le site de la SOFIA la fio2 et ses effets entre autre...
Publié le 28/09/2022
La SFAR recommande actuellement une FiO2 réglée à 1 lors de l’extubation post-opératoire. Cependant, un tel réglage peut être responsable d’atélectasies, sources potentielles de complications post-opératoires. Une équipe a testé l’hypothèse qu’une FiO2 à 0,5 serait efficace pour réduire la proportion de patients présentant un épisode d’hypoxie après anesthésie générale, sans augmenter les complications liées à l’extubation.
Cette étude prospective, randomisée, comparative, ouverte et monocentrique avait pour critères d'inclusion : classe ASA I, II ou III stable, SpO2 ≥ 96 % en air ambiant, et pour critères d’exclusion : BPCO avérée, IMC > 35, intubation ou ventilation difficile, morphine en pré-opératoire, instabilité hémodynamique et/ou respiratoire per-opératoire, chirurgie des voies aériennes supérieures, thoraciques, sus-mésocoliques ou > 4 heures.
Le réglage de la FiO2 était effectué à l’arrêt de l’entretien de l’anesthésie et la ventilation mécanique était maintenue jusqu’à l’extubation en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI). Le critère de jugement principal était la proportion de patients ayant présenté après extubation une diminution d’au moins 4 points de leur SpO2 par rapport à leur valeur de base en air ambiant, les critères secondaires étaient les besoins en oxygène et les complications post-opératoires en SSPI.
Parmi les 110 patients adultes inclus, 53 l’étaient dans le groupe FiO2 = 0,5 et 57 dans le groupe FiO2 = 1. Les populations étaient comparables, mais avec une durée opératoire supérieure (médiane 100 vs 70 mn) dans le groupe FiO2 = 0,5. Dans le groupe FiO2 = 0,5 72 % des patients ont présenté́ après extubation un épisode de diminution de leur SpO2 de plus de 4 points vs 58 % dans le groupe FiO2 = 1 (OR = 1,84 [0,84 - 4 ,05]).
L’ajustement sur la durée opératoire ne montrait pas de différence significative : ORa = 1,79 [0,77 ; 4,63]. Les besoins en oxygène et les complications survenant en SSPI étaient similaires entre les deux groupes.
Dans cette petite étude, une FiO2 à 0,5 pour l’extubation n’occasionne pas de sur-risque respiratoire dans la population étudiée. Des résultats qui seraient à reproduire sur une population plus importante.
Dr Bernard-Alex Gaüzère
Référence
N. Despierre , H. Kamga Totouom , A. Caytan , J.L. Hanouz - CHU Caen (France). SFAR 2022, 22-24 septembre 2022, Paris.
On en parle depuis quelques temps sur les articles de la SOFIA.
_________________
Réduire l’impact environnemental et économique par la récupération des gaz halogénés, c’est possible !Retrouvez les articles sur le site de la SOFIA
le développement durable au bloc opératoire,
la pollution au bloc opératoire
Publié le 28/09/2022
Les gaz halogénés sont de puissants gaz à effet de serre, souvent rejetés directement dans l'atmosphère. De nouvelles solutions de valorisation permettent leur récupération, recyclage et reconditionnement. Cependant, la réutilisation des gaz récupérés est autorisée à l'étranger mais pas encore en France.
En janvier 2022, une équipe parisienne a installé sur quatre respirateurs de bloc opératoire une cassette CONTRAfluran® Baxter, un filtre breveté de récupération de gaz anesthésiant (d’autres systèmes existent : SageTech et Deltasorb®). Les ingénieurs biomédicaux ont effectué les modification préalables (adaptation la sortie SEGA du mode actif au mode passif) à l’installation de ce système.
Le bloc opératoire avait été reconstruit en 2018 sans protoxyde d’azote. Cette équipe a réduit sa consommation de desflurane entre 2014 (400 flacons) et 2021 (31), ce qui va dans le sens des discussions actuelles européennes. Seul le sévoflurane expiré est récupéré par le filtre installé. Les flacons de 250 ml de sévoflurane et les cassettes utilisées ont été collectés pendant 3 mois, une extrapolation à l’ensemble de l’activité permettant d’estimer le coût économique et le gain environnemental de cette solution.
Même si un ratio d'un pour un (250 ml de sévoflurane pour une cassette) était prévu par le fabricant, l’équipe a en réalité consommé une cassette pour 2,5 flacons de sévoflurane (ratio 2,5/1) correspondant à 74 heures d’anesthésie. La différence entre les consommations prévues de cassettes et celles observées peut s’expliquer par la proportion importante d’anesthésie pédiatrique dans l’établissement (40 %) avec une induction inhalatrice plus consommatrice et par la durée des anesthésies pratiquées avec une plus grande accumulation du sévoflurane.
Ainsi, l’activité annuelle de l’établissement qui consomme 600 flacons de sévoflurane nécessiterait 240 cassettes, soit un coût annuel de 2 400 €. Or, un flacon de sévoflurane (250 ml) émet 44 Kg eqCO2 : ce système permettrait de réduire les émissions de 10 tonnes de CO2 par an.
Cette solution semble prometteuse pour la réduction de l’impact environnemental et économique, quand les gaz récupérés pourront être réutilisés à moindre coût. En outre, peser les cassettes permet de connaitre la quantité de gaz récupéré avec précision et extrapoler son coût environnemental.
Dr Bernard-Alex Gaüzère
Référence
C.A. François-Talpaert, J. Gadanho, D. Si Serir, et al. Institut Curie, Paris (France). Récupération des gaz halogénés : Évaluation de l’introduction du Contrafluran au bloc opératoire. SFAR 2022, 22-24 septembre 2022, Paris.
Source jim.fr
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Re: Articles sur la santé
27/09/2022
Sondage : 24% des infirmières se disent en mauvaise santé
Insatisfaction au travail, usure, fatique… les résultats du baromètre MNH-Odoxa, qui sonde les hospitaliers sur l’impact des conditions d’exercice sur leur santé, sont sans surprise. Il a interrogé aussi les soignants sur les solutions à mettre en œuvre pour rendre plus attractif les métiers du soin.
Seuls 52% des infirmières s’estiment satisfaites de leur travail. C’est l’un des résultats de l’Observatoire MNH "État de santé des soignants et des personnels hospitaliers”. Si on élargit la focale à l’ensemble des professionnels exerçant à l’hôpital, 54 % disent l’être (-10 points par rapport à 2017). À l’inverse, 77% des autres actifs français, interrogés en miroir dans cette enquête Odoxa*, seraient satisfaits (+ 5 points par rapport à 2018).
Un exercice usant
Une insatisfaction, selon le sondage, liée à l’âpreté de l’exercice. Les professionnels de santé travailleraient plus qu’ils ne devraient, 40 h par semaine (3 heures de plus que le temps contractuel) et davantage que les autres actifs (38 h). Un quart d’entre eux travaillent plus de 45 heures hebdo. Ils auraient plus de contraintes - par exemple 58 % font des heures supplémentaires (+12 points), 76% travaillent le week-end (+ 20 points).
Ils seraient plus souvent sujets à des sources de stress communes (surcharge, paperasse, etc), mais aussi spécifiques : confrontation à la souffrance morale (76%), physique (68%), aux incivilités (43%), à l’agressivité (37%) des patients.
Résultat : alors que 27% des Français jugent leur métier “fatiguant”, les professionnels de santé sont 72%, les infirmières 79% et les aides-soignants 87 % à le penser. En écho à l’enquête sur l’impact des conditions de formation sur les ESI, il ressort que les personnels hospitaliers, dont les infirmières, sont usés. Comme leurs cadets, leur santé trinque.
Leur santé ébranlée
66% des soignants (+16 points par rapport aux Français) déclarent par exemple avoir, au cours des 4 semaines précédant l’enquête, éprouvé des douleurs physiques les limitant dans leur travail ou activité domestique ; 63% avoir accompli moins que souhaité en raison de leur état physique (+19 points).
64% rapportent avoir, au moins une fois par semaine, des soucis pour dormir (+17 points) et pour 82% (vs 59% des actifs), c’est lié au travail. Conséquence : 31% (vs 23% des Français) consomment somnifères, tranquillisants. Quant aux arrêts, ils sont dans 25% des cas liés à un stress professionnel, contre 14% pour les autres actifs.
Globalement, 24% des soignants hospitaliers - dont 24% d’infirmières - jugent être en mauvaise santé (vs 15% des Français). C’est plus que les 16% de l’enquête de 2018, note Gaël Sliman, président d’Odoxa, pour qui, “le Covid a changé la donne”.
Quelles solutions ?
Les soignants mettent en avant des leviers d’attractivité : organisation du travail, personnel, temps de travail, reconnaissance. Et plébiscitent des axes de réforme : revalorisation du diplôme (92%), de la rémunération (91%), refonte de la gouvernance via l’ouverture aux soignants, notamment aux paramédicaux (90%), autonomisation des services...
De quoi redonner un peu d’air, à l’instar de ce qui a pu se passer lors de la période dure du Covid ? Médéric Monestier, directeur général de la MNH, relaie que certaines équipes ont alors pu “faire autrement”, mais que depuis, “le soufflé est retombé”. 69% des hospitaliers - dont 74% d’infirmières - estiment que leur employeur ne se préoccupe pas de les maintenir en bonne santé (vs 64% des salariés).
Or, rappelle le Dr Yann Bourgueil, de la Chaire santé de Sciences Po, la ressource humaine est “une condition de la qualité des soins et de la performance d’un système de santé”. C’est aussi une clé, interpelle Mathilde Padilla, présidente de la Fnesi, pour que les étudiants ne se détournent pas du métier à cause d’encadrants en souffrance.
Pauline Machard
*Enquête Odoxa pour la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) et Le Figaro Santé, avec le concours de la Chaire Santé de Sciences-Po, auprès de deux échantillons interrogés début septembre 2022 par Internet : un représentatif de 1 005 Français de 18 ans et + ; un de 1 325 professionnels de santé (703 infirmiers, 233 aide-soignantes, 137 médecins, 252 cadres de santé et personnels administratifs.
Sondage : 24% des infirmières se disent en mauvaise santé
Insatisfaction au travail, usure, fatique… les résultats du baromètre MNH-Odoxa, qui sonde les hospitaliers sur l’impact des conditions d’exercice sur leur santé, sont sans surprise. Il a interrogé aussi les soignants sur les solutions à mettre en œuvre pour rendre plus attractif les métiers du soin.
Seuls 52% des infirmières s’estiment satisfaites de leur travail. C’est l’un des résultats de l’Observatoire MNH "État de santé des soignants et des personnels hospitaliers”. Si on élargit la focale à l’ensemble des professionnels exerçant à l’hôpital, 54 % disent l’être (-10 points par rapport à 2017). À l’inverse, 77% des autres actifs français, interrogés en miroir dans cette enquête Odoxa*, seraient satisfaits (+ 5 points par rapport à 2018).
Un exercice usant
Une insatisfaction, selon le sondage, liée à l’âpreté de l’exercice. Les professionnels de santé travailleraient plus qu’ils ne devraient, 40 h par semaine (3 heures de plus que le temps contractuel) et davantage que les autres actifs (38 h). Un quart d’entre eux travaillent plus de 45 heures hebdo. Ils auraient plus de contraintes - par exemple 58 % font des heures supplémentaires (+12 points), 76% travaillent le week-end (+ 20 points).
Ils seraient plus souvent sujets à des sources de stress communes (surcharge, paperasse, etc), mais aussi spécifiques : confrontation à la souffrance morale (76%), physique (68%), aux incivilités (43%), à l’agressivité (37%) des patients.
Résultat : alors que 27% des Français jugent leur métier “fatiguant”, les professionnels de santé sont 72%, les infirmières 79% et les aides-soignants 87 % à le penser. En écho à l’enquête sur l’impact des conditions de formation sur les ESI, il ressort que les personnels hospitaliers, dont les infirmières, sont usés. Comme leurs cadets, leur santé trinque.
Leur santé ébranlée
66% des soignants (+16 points par rapport aux Français) déclarent par exemple avoir, au cours des 4 semaines précédant l’enquête, éprouvé des douleurs physiques les limitant dans leur travail ou activité domestique ; 63% avoir accompli moins que souhaité en raison de leur état physique (+19 points).
64% rapportent avoir, au moins une fois par semaine, des soucis pour dormir (+17 points) et pour 82% (vs 59% des actifs), c’est lié au travail. Conséquence : 31% (vs 23% des Français) consomment somnifères, tranquillisants. Quant aux arrêts, ils sont dans 25% des cas liés à un stress professionnel, contre 14% pour les autres actifs.
Globalement, 24% des soignants hospitaliers - dont 24% d’infirmières - jugent être en mauvaise santé (vs 15% des Français). C’est plus que les 16% de l’enquête de 2018, note Gaël Sliman, président d’Odoxa, pour qui, “le Covid a changé la donne”.
Quelles solutions ?
Les soignants mettent en avant des leviers d’attractivité : organisation du travail, personnel, temps de travail, reconnaissance. Et plébiscitent des axes de réforme : revalorisation du diplôme (92%), de la rémunération (91%), refonte de la gouvernance via l’ouverture aux soignants, notamment aux paramédicaux (90%), autonomisation des services...
De quoi redonner un peu d’air, à l’instar de ce qui a pu se passer lors de la période dure du Covid ? Médéric Monestier, directeur général de la MNH, relaie que certaines équipes ont alors pu “faire autrement”, mais que depuis, “le soufflé est retombé”. 69% des hospitaliers - dont 74% d’infirmières - estiment que leur employeur ne se préoccupe pas de les maintenir en bonne santé (vs 64% des salariés).
Or, rappelle le Dr Yann Bourgueil, de la Chaire santé de Sciences Po, la ressource humaine est “une condition de la qualité des soins et de la performance d’un système de santé”. C’est aussi une clé, interpelle Mathilde Padilla, présidente de la Fnesi, pour que les étudiants ne se détournent pas du métier à cause d’encadrants en souffrance.
Pauline Machard
*Enquête Odoxa pour la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) et Le Figaro Santé, avec le concours de la Chaire Santé de Sciences-Po, auprès de deux échantillons interrogés début septembre 2022 par Internet : un représentatif de 1 005 Français de 18 ans et + ; un de 1 325 professionnels de santé (703 infirmiers, 233 aide-soignantes, 137 médecins, 252 cadres de santé et personnels administratifs.
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Re: Articles sur la santé
Publié le 30/09/2022
Fausse médecin, fausse institutrice, vraie malade ?
Usurpatrice en série, le cas de Samantha Avril interroge les psychiatres.
L’affaire a fait grand bruit dans le petit village de Taponas, 927 âmes seulement, à 50 km au nord de Lyon. Samantha Avril, la nouvelle institutrice remplaçante de l’école primaire de la commune, engagée seulement six jours auparavant, était en réalité un imposteur. Elle a été mise à pied le 23 septembre dernier, après qu’une de ses collègues ait découvert sa réelle identité dans la presse.
Car la fausse institutrice n’en était pas à son coup d’essai. Le 22 septembre, les journaux locaux relataient en effet que la faussaire avait déjà essayé d’intégrer l’institut de professorat de Macon, en usurpant l’identité d’une étudiante portant le même nom que celui de son mari. Mais c’est un autre cas de fraude qui a fait connaitre cette faussaire en série.
Elle auscultait par-dessus les vêtements
Il y a deux ans, Samantha Avril avait en effet réussi à exercer pendant quatre mois en tant que médecin généraliste à la maison de santé de Montceau-Les-Mines en Saône-et-Loire, bien qu’elle n’ait jamais fait d’études de médecine. A l’aide d’un faux diplôme de médecine acheté sur Internet pour 200 euros, elle avait réussi à s’inscrire au tableau du conseil de l’Ordre du département en mai 2020 et à obtenir une vraie carte professionnelle, profitant de la désorganisation liée à la crise sanitaire.
A la maison de santé où elle avait été engagée, elle comptait une patientèle de 1 200 personnes et était rémunéré 5 000 euros par mois.
Mais la médecine est un art difficile à improviser. Son comportement erratique intrigue rapidement (?) confrères et patients : elle prend la tension et ausculte par-dessus les vêtements et prend des heures pour interpréter le moindre bilan de santé. Les mauvais diagnostics se multiplient : à une femme qui consulte pour un hématome au genou, elle diagnostique une embolie pulmonaire et une phlébite ; pour de violentes douleurs thoraciques, elle conclut à une crise d’angoisse (il s’avèrera qu’il s’agissait d’un infarctus du myocarde !).
La fausse médecin est-elle une vraie malade ?
Malgré ces signaux d’alarme, il faudra quatre mois pour qu’un de ses confrères ait la présence d’esprit de vérifier si le Dr Avril a bien soutenu une thèse de médecine et de découvrir le pot aux roses. En septembre 2020, la faussaire est donc arrêtée et mis en examen.
L’enquête révélera que la fausse médecin avait également essayé (sans succès) de se faire engager comme infirmière en 2017. Après deux séjours en détention provisoire, elle est libérée en janvier dernier en attente de son procès. Mais sa récente tentative de se faire passer pour une institutrice devrait sans doute lui valoir de retourner en cellule.
L’affaire de la fausse médecin a suscité l’émoi dans la région, beaucoup se demandant comment l’Ordre des médecins avait pu faire preuve d’autant de légèreté. Plusieurs anciens « patients » de la fausse Dr Avril ont d’ailleurs porté plainte contre le conseil de l’ordre départemental pour négligence.
Mais au-delà de cette polémique, c’est la personnalité même de la délinquante qui intrigue. Son avocat l’affirme : elle n’est pas guidée par l’appât du gain mais par une envie pathologique d’aider les autres. « Incontestablement elle est malade, elle est soignée depuis 2012, diagnostiquée schizophrène, elle entend des voix qui lui disent que dans la vie il faut aider les autres ».
Samantha Avril aurait, dans sa jeunesse, suivi des études d’infirmière, sans succès, avant d’être internée à deux reprises. Mais peut être n’est-ce qu’un moyen d’éviter de faire face à des sanctions pénales qui pourrait s’avérer lourdes. En effet, deux des patients qu’elle a pris en charge lorsqu’elle exerçait illégalement la médecine sont décédés. Si le lien de causalité avec ses erreurs médicales est avéré, Samantha Avril pourrait être poursuivi pour homicide involontaire.
Nicolas Barbet
jim.fr
_____________
Publié le 28/09/2022
Le nombre de lits d’hôpitaux a continué de diminuer en 2021
Restructuration, virage ambulatoire et restriction de personnel sont la cause de cette baisse du nombre de lits.
Avec la crise sanitaire hier et celle des urgences aujourd’hui, le nombre de lits d’hôpitaux disponibles dans notre pays fait régulièrement l’objet de débats, l’opposition accusant régulièrement le gouvernement d’avoir fait fermer des lits, y compris durant l’épidémie de Covid-19, diminuant ainsi l’offre de soins en France. Loin des postures politiciennes, les chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) sur le nombre de lits d’hôpitaux ouverts au 31 décembre 2021 permettent de mieux cerner les dynamiques en cours dans l’offre de soins hospitalières.
En 2021, le nombre de lits d’hospitalisation complète ouverts en France a diminué de 1,1 % par rapport à 2020, atteignant 383 000. Une baisse qui s’inscrit dans une dynamique de fond de plusieurs années : depuis 2013, 30 000 lits d’hospitalisation complète ont été fermés, soit une diminution de la capacité d’accueil de 7,3 %.
Le virage ambulatoire à l’origine de la diminution du nombre de lits
Cette baisse du nombre de lits est dû à des restructurations, à des coupes budgétaires et à des réductions d’effectifs mais aussi et surtout à une volonté d’amorcer un virage ambulatoire en favorisant l’hospitalisation partielle ou à domicile. Ainsi, en parallèle de la baisse du nombre de lits d’hospitalisation complète, celui des places en hospitalisation partielle a augmenté de 3,4 % en 2021 (+ 22,1 % depuis 2013).
Les capacités d’accueil en hospitalisation à domicile (HAD) ont également augmenté de 6,8 % en 2021, après + 10,5 % en 2020 à la faveur de la crise sanitaire. L’HAD représente désormais 7,6 % des capacités totales en hospitalisation en court et moyen séjour.
La baisse du nombre de lits d’hôpitaux a été plus marqué en 2021 (1,1 %) qu’en moyenne lors des années précédant la crise sanitaire (0,9 %). Ceci s’expliquerait notamment par le fait que certains services hospitaliers ont dû accueillir moins de patients durant la crise sanitaire afin de pouvoir affecter une partie de leur personnel aux services de soins critiques surchargés. La transformation de chambres doubles en chambres simples pour diminuer le risque de contamination explique également cette baisse accrue.
10 % de lits de réanimation de plus qu’en 2019
Le rapport de la Drees s’attarde également sur l’évolution de la capacité d’accueil en soins critiques, dont le taux d’occupation a, pendant deux ans, constitué un indicateur de la gravité de l’épidémie de Covid-19 (et une justification des mesures de restriction de liberté). Pour rappel, les soins critiques comprennent les lits de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue. Après avoir augmenté de 3,6 % entre 2019 et 2020 pour accueillir les patients atteints de Covid-19, le nombre de lits de soins critiques a diminué de 1,2 % en 2021 pour atteindre 20 070 lits.
Cette baisse s’explique par une évolution des modes de prise en charge des patients atteints de Covid-19. La capacité d’accueil en soins critiques reste supérieure (+ 2,4 %) à ce qu’elle était en 2019.
Le même phénomène s’observe lorsque l’on se concentre uniquement sur les lits de réanimation. Leur nombre a fortement varié durant la crise sanitaire en fonction de la gravité de l’épidémie (jusqu’à un maximum de 10 700 lits disponibles en avril 2020), des lits de soins critiques ayant été « armés » pour devenir des lits de réanimation. Ce nombre a ainsi augmenté de 14,5 % entre fin 2019 et fin 2020 puis diminué de 3,8 % entre fin 2020 et fin 2021. La France comptait ainsi 5 980 lits de réanimation au 31 décembre 2021, soit 10,2 % de plus que fin 2019.
En s’appuyant sur un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le ministère de la Santé avait indiqué en mars dernier que son objectif était de créer 1 000 lits de réanimation supplémentaire dès 2023, afin de faire face à d’éventuelles nouvelles épidémies et au vieillissement de la population (65 % des patients en réanimation ont plus de 60 ans). Pour ce faire, le ministère avait promis d’engager 2 800 infirmiers supplémentaires en réanimation d’ici 2023, en leur promettant une prime de 100 euros. Insuffisant pour le syndicat national des médecins réanimateurs, qui exige un véritable « choc d’attractivité ».
Quentin Haroche
jim.fr
Fausse médecin, fausse institutrice, vraie malade ?
Usurpatrice en série, le cas de Samantha Avril interroge les psychiatres.
L’affaire a fait grand bruit dans le petit village de Taponas, 927 âmes seulement, à 50 km au nord de Lyon. Samantha Avril, la nouvelle institutrice remplaçante de l’école primaire de la commune, engagée seulement six jours auparavant, était en réalité un imposteur. Elle a été mise à pied le 23 septembre dernier, après qu’une de ses collègues ait découvert sa réelle identité dans la presse.
Car la fausse institutrice n’en était pas à son coup d’essai. Le 22 septembre, les journaux locaux relataient en effet que la faussaire avait déjà essayé d’intégrer l’institut de professorat de Macon, en usurpant l’identité d’une étudiante portant le même nom que celui de son mari. Mais c’est un autre cas de fraude qui a fait connaitre cette faussaire en série.
Elle auscultait par-dessus les vêtements
Il y a deux ans, Samantha Avril avait en effet réussi à exercer pendant quatre mois en tant que médecin généraliste à la maison de santé de Montceau-Les-Mines en Saône-et-Loire, bien qu’elle n’ait jamais fait d’études de médecine. A l’aide d’un faux diplôme de médecine acheté sur Internet pour 200 euros, elle avait réussi à s’inscrire au tableau du conseil de l’Ordre du département en mai 2020 et à obtenir une vraie carte professionnelle, profitant de la désorganisation liée à la crise sanitaire.
A la maison de santé où elle avait été engagée, elle comptait une patientèle de 1 200 personnes et était rémunéré 5 000 euros par mois.
Mais la médecine est un art difficile à improviser. Son comportement erratique intrigue rapidement (?) confrères et patients : elle prend la tension et ausculte par-dessus les vêtements et prend des heures pour interpréter le moindre bilan de santé. Les mauvais diagnostics se multiplient : à une femme qui consulte pour un hématome au genou, elle diagnostique une embolie pulmonaire et une phlébite ; pour de violentes douleurs thoraciques, elle conclut à une crise d’angoisse (il s’avèrera qu’il s’agissait d’un infarctus du myocarde !).
La fausse médecin est-elle une vraie malade ?
Malgré ces signaux d’alarme, il faudra quatre mois pour qu’un de ses confrères ait la présence d’esprit de vérifier si le Dr Avril a bien soutenu une thèse de médecine et de découvrir le pot aux roses. En septembre 2020, la faussaire est donc arrêtée et mis en examen.
L’enquête révélera que la fausse médecin avait également essayé (sans succès) de se faire engager comme infirmière en 2017. Après deux séjours en détention provisoire, elle est libérée en janvier dernier en attente de son procès. Mais sa récente tentative de se faire passer pour une institutrice devrait sans doute lui valoir de retourner en cellule.
L’affaire de la fausse médecin a suscité l’émoi dans la région, beaucoup se demandant comment l’Ordre des médecins avait pu faire preuve d’autant de légèreté. Plusieurs anciens « patients » de la fausse Dr Avril ont d’ailleurs porté plainte contre le conseil de l’ordre départemental pour négligence.
Mais au-delà de cette polémique, c’est la personnalité même de la délinquante qui intrigue. Son avocat l’affirme : elle n’est pas guidée par l’appât du gain mais par une envie pathologique d’aider les autres. « Incontestablement elle est malade, elle est soignée depuis 2012, diagnostiquée schizophrène, elle entend des voix qui lui disent que dans la vie il faut aider les autres ».
Samantha Avril aurait, dans sa jeunesse, suivi des études d’infirmière, sans succès, avant d’être internée à deux reprises. Mais peut être n’est-ce qu’un moyen d’éviter de faire face à des sanctions pénales qui pourrait s’avérer lourdes. En effet, deux des patients qu’elle a pris en charge lorsqu’elle exerçait illégalement la médecine sont décédés. Si le lien de causalité avec ses erreurs médicales est avéré, Samantha Avril pourrait être poursuivi pour homicide involontaire.
Nicolas Barbet
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Publié le 28/09/2022
Le nombre de lits d’hôpitaux a continué de diminuer en 2021
Restructuration, virage ambulatoire et restriction de personnel sont la cause de cette baisse du nombre de lits.
Avec la crise sanitaire hier et celle des urgences aujourd’hui, le nombre de lits d’hôpitaux disponibles dans notre pays fait régulièrement l’objet de débats, l’opposition accusant régulièrement le gouvernement d’avoir fait fermer des lits, y compris durant l’épidémie de Covid-19, diminuant ainsi l’offre de soins en France. Loin des postures politiciennes, les chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) sur le nombre de lits d’hôpitaux ouverts au 31 décembre 2021 permettent de mieux cerner les dynamiques en cours dans l’offre de soins hospitalières.
En 2021, le nombre de lits d’hospitalisation complète ouverts en France a diminué de 1,1 % par rapport à 2020, atteignant 383 000. Une baisse qui s’inscrit dans une dynamique de fond de plusieurs années : depuis 2013, 30 000 lits d’hospitalisation complète ont été fermés, soit une diminution de la capacité d’accueil de 7,3 %.
Le virage ambulatoire à l’origine de la diminution du nombre de lits
Cette baisse du nombre de lits est dû à des restructurations, à des coupes budgétaires et à des réductions d’effectifs mais aussi et surtout à une volonté d’amorcer un virage ambulatoire en favorisant l’hospitalisation partielle ou à domicile. Ainsi, en parallèle de la baisse du nombre de lits d’hospitalisation complète, celui des places en hospitalisation partielle a augmenté de 3,4 % en 2021 (+ 22,1 % depuis 2013).
Les capacités d’accueil en hospitalisation à domicile (HAD) ont également augmenté de 6,8 % en 2021, après + 10,5 % en 2020 à la faveur de la crise sanitaire. L’HAD représente désormais 7,6 % des capacités totales en hospitalisation en court et moyen séjour.
La baisse du nombre de lits d’hôpitaux a été plus marqué en 2021 (1,1 %) qu’en moyenne lors des années précédant la crise sanitaire (0,9 %). Ceci s’expliquerait notamment par le fait que certains services hospitaliers ont dû accueillir moins de patients durant la crise sanitaire afin de pouvoir affecter une partie de leur personnel aux services de soins critiques surchargés. La transformation de chambres doubles en chambres simples pour diminuer le risque de contamination explique également cette baisse accrue.
10 % de lits de réanimation de plus qu’en 2019
Le rapport de la Drees s’attarde également sur l’évolution de la capacité d’accueil en soins critiques, dont le taux d’occupation a, pendant deux ans, constitué un indicateur de la gravité de l’épidémie de Covid-19 (et une justification des mesures de restriction de liberté). Pour rappel, les soins critiques comprennent les lits de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue. Après avoir augmenté de 3,6 % entre 2019 et 2020 pour accueillir les patients atteints de Covid-19, le nombre de lits de soins critiques a diminué de 1,2 % en 2021 pour atteindre 20 070 lits.
Cette baisse s’explique par une évolution des modes de prise en charge des patients atteints de Covid-19. La capacité d’accueil en soins critiques reste supérieure (+ 2,4 %) à ce qu’elle était en 2019.
Le même phénomène s’observe lorsque l’on se concentre uniquement sur les lits de réanimation. Leur nombre a fortement varié durant la crise sanitaire en fonction de la gravité de l’épidémie (jusqu’à un maximum de 10 700 lits disponibles en avril 2020), des lits de soins critiques ayant été « armés » pour devenir des lits de réanimation. Ce nombre a ainsi augmenté de 14,5 % entre fin 2019 et fin 2020 puis diminué de 3,8 % entre fin 2020 et fin 2021. La France comptait ainsi 5 980 lits de réanimation au 31 décembre 2021, soit 10,2 % de plus que fin 2019.
En s’appuyant sur un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le ministère de la Santé avait indiqué en mars dernier que son objectif était de créer 1 000 lits de réanimation supplémentaire dès 2023, afin de faire face à d’éventuelles nouvelles épidémies et au vieillissement de la population (65 % des patients en réanimation ont plus de 60 ans). Pour ce faire, le ministère avait promis d’engager 2 800 infirmiers supplémentaires en réanimation d’ici 2023, en leur promettant une prime de 100 euros. Insuffisant pour le syndicat national des médecins réanimateurs, qui exige un véritable « choc d’attractivité ».
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Re: Articles sur la santé
Publié le 10/10/2022
Covid-19 : où l’on reparle de masque obligatoire, de variants et de fatigue vaccinale
La 8ème vague épidémique de Covid-19 fait ressurgir les anciens débats qui ont animé la France pendant deux ans, sur le masque, les variants ou l’adhésion à la vaccination.
Si tout est sujet à débat quand on parle de la Covid-19, une chose est certaine : la France est désormais bien ancrée dans une 8ème vague de contaminations. Tous les indicateurs sont à la hausse : on compte actuellement 56 000 contaminations quotidiennes (deux fois plus en trois semaines), le taux de positivité est de 24 % (15,3 % début septembre), 16 800 patients positifs au Sars-Cov-2 sont hospitalisés (+ 30 % en deux semaines) dont 882 en soins critiques (+ 26 % en deux semaines). Le nombre de décès est également en hausse (293 morts cette semaine contre 220 la semaine précédente).
Particularité de cette nouvelle vague épidémique, elle n’est pas due à l’apparition d’un nouveau variant. Le sous-variant Omicron BA.5, déjà responsable de la 7ème vague de l’été dernier, représente en effet encore 91 % des contaminations. Une bonne nouvelle selon la Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris, qui estime que « si aucun nouveau variant n’arrive, on peut espérer un impact sanitaire modéré ».
La menace d’une double épidémie Covid-19/grippe
Les scientifiques ne cessent cependant de découvrir de nouveaux variants, tous issus de sous-lignage des variants BA.2 et BA.5, qui ont pour caractéristiques communes de porter des mutations qui leur confèrent une plus grande capacité d’échappement immunitaire et donc de résistance aux vaccins. « Dans la course entre le Sars-Cov-2 et notre système immunitaire, le virus a déjà repris une longueur d’avance » analyse le Pr Olivier Schwartz, responsable de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur.
En Europe, ce sont les variants BF.7 et BE 1.1.1, issus de BA.5 qui inquiètent le plus, tandis qu’en Australie et en Asie du Sud-Est, c’est le variant XBB, combinaison de deux sous-variants de BA.2 considérés comme particulièrement résistants aux vaccins, qui gagne du terrain.
L’autre inquiétude des autorités sanitaires est la survenue d’une double épidémie de Covid-19 et de grippe, qui mettrait les services de santé à rude épreuve. Ces deux derniers hivers, les épidémies de grippe avaient été fortement limitées en raison notamment des restrictions sanitaires et des gestes barrières, limitant ainsi le risque de se retrouver sur deux fronts.
« Notre immunité globale contre la grippe s’est probablement amoindrie » s’inquiète la Pr Brigitte Autran, présidente du comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars). Outre-manche, où les hospitalisations pour Covid-19 montent en flèche, le Pr Stephen Powis, directeur du NHS, estime pour sa part que « le risque que la Covid-19 et la grippe créent une épidémie jumelle (« twindemic » en anglais) cet hiver est réel ».
Les Français lassés par les masques et les vaccins
Face à l’augmentation des contaminations par le Sars-Cov-2 et au risque d’une double épidémie, faut-il rétablir le port du masque obligatoire dans certains lieux fermés ? « Aujourd’hui, le Covars étudie ce point » assure la Pr Autran, qui explique que tous les pays occidentaux se penchent sur la question, mais qu’elle préfère pour l’instant en rester à des recommandations. Mais après deux ans et demi de pandémie, il risque d’être « plus difficile d’imposer une obligation » estime la Pr Crémieux alors que « la lassitude guette ».
Une impression confirmée par l’enquête d’opinion réalisée entre le 12 et le 19 septembre par l’institut de sondage BVA pour Santé Publique France. On y constate que 63 % des Français déclarent moins respecter les gestes barrières qu’au début de l’épidémie. Selon leurs propres dires, les Français ne seraient plus que 39 % à porter un masque dans les transports en commun, 30 % au travail et 17 % en extérieur. Les répondants justifient cette baisse de vigilance par la fin des mesures contraignantes, la vaccination de masse et la contrainte représentée par ces gestes barrières.
Plus inquiétant sans doute, cette lassitude de Français vis-à-vis de l’épidémie touche aussi la vaccination. Alors que les personnes à risques (sujets de plus de 65 ans ou souffrants de comorbidités) sont appelées depuis le 3 octobre à recevoir une nouvelle dose de vaccin contre la Covid-19 et pourront, à partir du 18 octobre, se faire vacciner contre la grippe, seulement 49 % du public cible dit vouloir recevoir les deux vaccins. Force est de constater que, malgré la 8ème vague et l’arrivée de nouveaux vaccins bivalents, la vaccination reste au point mort, avec moins de 2 000 doses de rappel injectés chaque jour.
Nicolas Barbet
jim.fr
Covid-19 : où l’on reparle de masque obligatoire, de variants et de fatigue vaccinale
La 8ème vague épidémique de Covid-19 fait ressurgir les anciens débats qui ont animé la France pendant deux ans, sur le masque, les variants ou l’adhésion à la vaccination.
Si tout est sujet à débat quand on parle de la Covid-19, une chose est certaine : la France est désormais bien ancrée dans une 8ème vague de contaminations. Tous les indicateurs sont à la hausse : on compte actuellement 56 000 contaminations quotidiennes (deux fois plus en trois semaines), le taux de positivité est de 24 % (15,3 % début septembre), 16 800 patients positifs au Sars-Cov-2 sont hospitalisés (+ 30 % en deux semaines) dont 882 en soins critiques (+ 26 % en deux semaines). Le nombre de décès est également en hausse (293 morts cette semaine contre 220 la semaine précédente).
Particularité de cette nouvelle vague épidémique, elle n’est pas due à l’apparition d’un nouveau variant. Le sous-variant Omicron BA.5, déjà responsable de la 7ème vague de l’été dernier, représente en effet encore 91 % des contaminations. Une bonne nouvelle selon la Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris, qui estime que « si aucun nouveau variant n’arrive, on peut espérer un impact sanitaire modéré ».
La menace d’une double épidémie Covid-19/grippe
Les scientifiques ne cessent cependant de découvrir de nouveaux variants, tous issus de sous-lignage des variants BA.2 et BA.5, qui ont pour caractéristiques communes de porter des mutations qui leur confèrent une plus grande capacité d’échappement immunitaire et donc de résistance aux vaccins. « Dans la course entre le Sars-Cov-2 et notre système immunitaire, le virus a déjà repris une longueur d’avance » analyse le Pr Olivier Schwartz, responsable de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur.
En Europe, ce sont les variants BF.7 et BE 1.1.1, issus de BA.5 qui inquiètent le plus, tandis qu’en Australie et en Asie du Sud-Est, c’est le variant XBB, combinaison de deux sous-variants de BA.2 considérés comme particulièrement résistants aux vaccins, qui gagne du terrain.
L’autre inquiétude des autorités sanitaires est la survenue d’une double épidémie de Covid-19 et de grippe, qui mettrait les services de santé à rude épreuve. Ces deux derniers hivers, les épidémies de grippe avaient été fortement limitées en raison notamment des restrictions sanitaires et des gestes barrières, limitant ainsi le risque de se retrouver sur deux fronts.
« Notre immunité globale contre la grippe s’est probablement amoindrie » s’inquiète la Pr Brigitte Autran, présidente du comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars). Outre-manche, où les hospitalisations pour Covid-19 montent en flèche, le Pr Stephen Powis, directeur du NHS, estime pour sa part que « le risque que la Covid-19 et la grippe créent une épidémie jumelle (« twindemic » en anglais) cet hiver est réel ».
Les Français lassés par les masques et les vaccins
Face à l’augmentation des contaminations par le Sars-Cov-2 et au risque d’une double épidémie, faut-il rétablir le port du masque obligatoire dans certains lieux fermés ? « Aujourd’hui, le Covars étudie ce point » assure la Pr Autran, qui explique que tous les pays occidentaux se penchent sur la question, mais qu’elle préfère pour l’instant en rester à des recommandations. Mais après deux ans et demi de pandémie, il risque d’être « plus difficile d’imposer une obligation » estime la Pr Crémieux alors que « la lassitude guette ».
Une impression confirmée par l’enquête d’opinion réalisée entre le 12 et le 19 septembre par l’institut de sondage BVA pour Santé Publique France. On y constate que 63 % des Français déclarent moins respecter les gestes barrières qu’au début de l’épidémie. Selon leurs propres dires, les Français ne seraient plus que 39 % à porter un masque dans les transports en commun, 30 % au travail et 17 % en extérieur. Les répondants justifient cette baisse de vigilance par la fin des mesures contraignantes, la vaccination de masse et la contrainte représentée par ces gestes barrières.
Plus inquiétant sans doute, cette lassitude de Français vis-à-vis de l’épidémie touche aussi la vaccination. Alors que les personnes à risques (sujets de plus de 65 ans ou souffrants de comorbidités) sont appelées depuis le 3 octobre à recevoir une nouvelle dose de vaccin contre la Covid-19 et pourront, à partir du 18 octobre, se faire vacciner contre la grippe, seulement 49 % du public cible dit vouloir recevoir les deux vaccins. Force est de constater que, malgré la 8ème vague et l’arrivée de nouveaux vaccins bivalents, la vaccination reste au point mort, avec moins de 2 000 doses de rappel injectés chaque jour.
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Re: Articles sur la santé
Publié le 14/10/2022
Covid-19 : contre la vague qui monte, la DGS mise sur le Paxlovid
La DGS a créé un numéro vert pour aider les médecins à prescrire du Paxlovid.
La France est désormais bien entré dans sa 8ème vague de contaminations de la Covid-19. Tous les indicateurs sont à la hausse. On compte désormais 57 000 contaminations quotidiennes en moyenne hebdomadaire, soit deux fois plus qu’il y a quatre semaines. Autre signe que l’épidémie repart à la hausse, la barre des 200 000 tests réalisés par jour a de nouveau été franchie et le taux de positivité augmente (25,5 % contre 15,3 % début septembre).
L’impact de la reprise épidémique commence à se faire sentir à l’hôpital : 18 590 personnes positives au Covid-19 sont actuellement hospitalisées (+44 % en trois semaines), dont 959 dans des services de soins critiques (+37 % en trois semaines). La mortalité repart également à la hausse avec 50 morts par jour en moyenne hebdomadaire, contre 30 mi-septembre.
Face à la vague qui monte, le porte-parole du gouvernement et ancien ministre de la Santé Olivier Véran a appelé ce mercredi les Français à faire preuve de « vigilance », notamment en reprenant l’habitude de porter un masque dans les lieux fermés. Il a également incité les personnes à risques éligibles à recevoir une nouvelle dose de vaccin, notamment avec l’un des nouveaux vaccins bivalents adaptés au variant Omicron. Un appel pour le moment assez peu entendu, puisque seulement un peu plus de 2 000 doses de rappel sont administrées chaque jour environ, un nombre stable depuis la mi-août.
12 000 Français soignés au Paxlovid au 1er semestre 2022
Si la vaccination est régulièrement mise en avant par les pouvoirs publics, on en oublierait presque parfois qu’il existe également des traitements contre la Covid-19. C’est le cas bien sûr du Paxlovid, un antiviral (nirmtrelvir/ritonavir) développé par le laboratoire américain Pfizer pour le traitement des patients contaminés par la Covid-19 à risque de forme grave.
En France, ce médicament a été autorisé en accès précoce le 28 janvier, avant de bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) le 6 mai. Selon une étude récente menée par le groupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE (qui regroupe l’ANSM et la CNAM), ce médicament a été délivré à environ 12 000 personnes en France au 1er semestre 2022, sans qu’aucun effet secondaire grave n’ait été signalé.
Pour faciliter et relancer la prescription de Paxlovid dans ce contexte épidémique défavorable, la Direction générale de la Santé (DGS) a annoncé ce mercredi la création d’un numéro vert (0 800 130 000) ouvert 5 jours sur 7 de 9h à 18h à destination des médecins et des pharmaciens, afin de les aider à confirmer les indications et les contre-indications et à gérer les contre-indications médicamenteuses.
Baisse de 89 % du risque d’hospitalisations et de décès
A ce titre, la DGS rappelle que, selon son AMM, le Paxlovid est recommandé en traitement curatif de première intention pour les personnes immunodéprimées, les sujets souffrants de comorbidités présentant un schéma vaccinal incomplet et les personnes de plus de 60 ans avec un schéma vaccinal incomplet. Il doit être administré dès que possible après un test positif et au plus tard dans les cinq jours suivant le début des symptômes.
Le médecin doit indiquer sur sa prescription le délai maximal pour débuter le traitement. Si le dépistage n’a pas encore été réalisé, il peut également délivrer une ordonnance de « dispensation conditionnelle », indiquant que le Paxlovid ne sera délivré au patient que sur présentation d’un test positif. La DGS appelle enfin les médecins et les pharmaciens à être attentifs aux interactions médicamenteuses et de consulter la liste établie par la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT).
Pour rappel, une étude publiée en avril dernier dans le New England Journal of Medicine a établi que le traitement par Paxlovid permet de diminuer les hospitalisations et les décès de 89 % à 28 jours.
Nicolas Barbet
jim.fr
Covid-19 : contre la vague qui monte, la DGS mise sur le Paxlovid
La DGS a créé un numéro vert pour aider les médecins à prescrire du Paxlovid.
La France est désormais bien entré dans sa 8ème vague de contaminations de la Covid-19. Tous les indicateurs sont à la hausse. On compte désormais 57 000 contaminations quotidiennes en moyenne hebdomadaire, soit deux fois plus qu’il y a quatre semaines. Autre signe que l’épidémie repart à la hausse, la barre des 200 000 tests réalisés par jour a de nouveau été franchie et le taux de positivité augmente (25,5 % contre 15,3 % début septembre).
L’impact de la reprise épidémique commence à se faire sentir à l’hôpital : 18 590 personnes positives au Covid-19 sont actuellement hospitalisées (+44 % en trois semaines), dont 959 dans des services de soins critiques (+37 % en trois semaines). La mortalité repart également à la hausse avec 50 morts par jour en moyenne hebdomadaire, contre 30 mi-septembre.
Face à la vague qui monte, le porte-parole du gouvernement et ancien ministre de la Santé Olivier Véran a appelé ce mercredi les Français à faire preuve de « vigilance », notamment en reprenant l’habitude de porter un masque dans les lieux fermés. Il a également incité les personnes à risques éligibles à recevoir une nouvelle dose de vaccin, notamment avec l’un des nouveaux vaccins bivalents adaptés au variant Omicron. Un appel pour le moment assez peu entendu, puisque seulement un peu plus de 2 000 doses de rappel sont administrées chaque jour environ, un nombre stable depuis la mi-août.
12 000 Français soignés au Paxlovid au 1er semestre 2022
Si la vaccination est régulièrement mise en avant par les pouvoirs publics, on en oublierait presque parfois qu’il existe également des traitements contre la Covid-19. C’est le cas bien sûr du Paxlovid, un antiviral (nirmtrelvir/ritonavir) développé par le laboratoire américain Pfizer pour le traitement des patients contaminés par la Covid-19 à risque de forme grave.
En France, ce médicament a été autorisé en accès précoce le 28 janvier, avant de bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) le 6 mai. Selon une étude récente menée par le groupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE (qui regroupe l’ANSM et la CNAM), ce médicament a été délivré à environ 12 000 personnes en France au 1er semestre 2022, sans qu’aucun effet secondaire grave n’ait été signalé.
Pour faciliter et relancer la prescription de Paxlovid dans ce contexte épidémique défavorable, la Direction générale de la Santé (DGS) a annoncé ce mercredi la création d’un numéro vert (0 800 130 000) ouvert 5 jours sur 7 de 9h à 18h à destination des médecins et des pharmaciens, afin de les aider à confirmer les indications et les contre-indications et à gérer les contre-indications médicamenteuses.
Baisse de 89 % du risque d’hospitalisations et de décès
A ce titre, la DGS rappelle que, selon son AMM, le Paxlovid est recommandé en traitement curatif de première intention pour les personnes immunodéprimées, les sujets souffrants de comorbidités présentant un schéma vaccinal incomplet et les personnes de plus de 60 ans avec un schéma vaccinal incomplet. Il doit être administré dès que possible après un test positif et au plus tard dans les cinq jours suivant le début des symptômes.
Le médecin doit indiquer sur sa prescription le délai maximal pour débuter le traitement. Si le dépistage n’a pas encore été réalisé, il peut également délivrer une ordonnance de « dispensation conditionnelle », indiquant que le Paxlovid ne sera délivré au patient que sur présentation d’un test positif. La DGS appelle enfin les médecins et les pharmaciens à être attentifs aux interactions médicamenteuses et de consulter la liste établie par la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT).
Pour rappel, une étude publiée en avril dernier dans le New England Journal of Medicine a établi que le traitement par Paxlovid permet de diminuer les hospitalisations et les décès de 89 % à 28 jours.
Nicolas Barbet
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La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé
Publié le 21/10/2022
Trois fois plus de SPT parmi les soignants que dans la population générale
Les conditions d’exercice de la médecine ont changé au cours des dernières décennies, et davantage de spécialistes travaillent au sein d’équipes hospitalières. Ce qu’ils y ont gagné en sécurité, ils l’ont perdu en identité et en charges administratives multiples.
En outre, les médecins sont confrontés à des situations émotionnelles intenses ; souffrance, affliction, échecs et décès. La crainte d’une négligence ou d’une erreur paralyse certains praticiens, et les exigences administratives entrent souvent en conflit avec les principes éthiques. On connaissait déjà l’épuisement mais on découvre à présent le syndrome de stress post-traumatique (SPT) 3 fois plus fréquent chez les chirurgiens que dans la population générale.
Il se caractérise par le fait de revivre une situation pénible, source de cauchemars, d’évitement de certaines activités, d’insomnies. Les auteurs américains ont comparé la prévalence du SPT dans 7 spécialités : anesthésie, chirurgie générale, spécialités chirurgicales (neurochirurgie, chirurgie thoracique, ophtalmologique, orthopédique, etc.), médecine interne, obstétrique, psychiatrie, médecine d’urgence.
Un questionnaire a été adressé à des participants volontaires et anonymes en 2016-2017, s’enquérant de leur âge, sexe, ethnie, lieu de travail, ancienneté, de l’équilibre entre leur vie professionnelle et privée, du nombre d’heures passées à l’hôpital par semaine, de facteurs psychologiques, de leur environnement de travail, etc.
Un questionnaire spécifiquement dédié au SPT considérait que 3 réponses positives sur le mal-être au travail définissaient les sujets SPT+ et 2 réponses positives, les sujets « à risque ». Chez les praticiens diagnostiqués SPT+, on a recherché le facteur déclenchant et l’intensité des séquelles.
Davantage en gynéco-obstétrique qu’en psychiatrie
Ce facteur déclenchant pouvait aussi être un échec thérapeutique, un harcèlement par un collègue ou un supérieur hiérarchique, des responsabilités écrasantes, un conflit entre vie professionnelle et vie privée. Le diagnostic d’épuisement (« burnout »), contrairement à celui de SPT, n’a pas besoin d’être posé par un médecin.
Il y a eu 2 216 réponses de praticiens, dont 602 chirurgiens généralistes, 444 internistes, 319 anesthésistes, 272 accoucheurs. Les femmes étaient sous-représentées parmi les chirurgiens et surreprésentées parmi les gynécologues obstétriciens
Le SPT a été retrouvé chez 14 % des répondants et 38 % ont été considérés « à risque ». Les plus menacés sont les gynéco-obstétriciens (18 %) et les plus épargnés les psychiatres (7 %).
Le facteur responsable le plus fréquemment cité (chirurgie, spécialités chirurgicales, obstétrique, médecine interne) a été l’existence de responsabilités trop lourdes. La dépersonnalisation est ressentie très peu par les spécialistes chirurgicaux, alors que les chirurgiens généraux en sont les premières victimes.
Les personnels les plus exposés au SPT sont les femmes travaillant plus de 60 h par semaine, soumises à une situation d’épuisement émotionnel, peu autonomes, peu sociabilisées, peu satisfaites de leur métier et regrettant leur choix de carrière.
On sait donc quelles causes et quels personnels cibler pour tenter de réduire ce syndrome invalidant chez les soignants.
Dr Jean-Fred Warlin
Références
Jackson TN et coll. : Traumatized attendings - When the doctor has the disease.
Am J Surgery 2022;223:626-632. doi: 10.1016/j.amjsurg.2021.05.010.
_______________
Publié le 21/10/2022
Le cannabis, un rôle dans l’augmentation du nombre de cancers des testicules ?
Le cancer des testicules (CrT) est le cancer le plus fréquent des hommes entre 15 et 44 ans, qu’il s’agisse d’un séminome ou d’une tumeur non séminomateuse. La cause du doublement voire du triplement mondial des taux de CrT au cours des dernières décennies est inconnue. Divers facteurs de risque sont identifiés dont la cryptorchidie, un antécédent personnel ou familial de CrT, l’exposition à certains organophosphorés… Des études de cohorte antérieures associaient la consommation de cannabis aux CrT avec une relation dose-réponse, mais la contribution du cannabis aux CrT au niveau de la population est inconnue. Une étude épidémiologique américaine a voulu répondre à trois questions : (1) La relation décrite entre cannabis et CrT survit-elle à l’ajustement multivariable ? (2) Cet effet est-il suffisamment fort pour entrainer une hausse remarquable des CrT ? (3) Quels sont les effets de la légalisation du cannabis ?
Les données de patients atteints de CrT âgés de 15 à 60 ans ont été extraites des registres nationaux des cancers américains (NPCR) et des fichiers d’incidence épidémiologiques (SEER) entre 2001 et 2017. Le groupe d’étude 15-60 ans a été choisi car 80,09 % des CrT surviennent dans cette tranche d’âge et les données de ce groupe étaient très complètes.
Les données sur la consommation de drogues (tabac, alcool, cannabis, analgésiques, cocaïne) entre 2003 et 2017 ont été obtenues à partir d’enquêtes et de registres nationaux. Les données sur la concentration de cannabinoïdes ont été tirées des rapports de la Drug Enforcement Agency. A partir de là, des données dérivées ont été obtenues en croisant le nombre de jours de consommation de cannabis, l’origine ethnique, la concentration en tétrahydrocannabinol (THC).
Des quintiles de consommation de cannabis ont été calculés, reflet de l’exposition aux cannabinoïdes et du degré de génotoxicité attendu. Les données ont été traitées dans R dans des protocoles d'inférence spatio-temporelle et causale.
Association avec la consommation de cannabis
Une cartographie du taux d’incidence du CrT par année et par état a été obtenue. Au cours de la période 2003-2017, la tendance temporelle d’exposition aux substances a chuté, à l’exception de la consommation de cannabis qui a augmenté. La légalisation du cannabis dans certains états est associée à une consommation significativement plus élevée de cannabis, de cocaïne et d’analgésique mais à une consommation moindre de tabac.
Le diagramme de dispersion des quintiles de consommation de cannabis et les boîtes à moustaches correspondaient étroitement à ceux des CrT. Le quintile de consommation de cannabis le plus élevé avait un taux de CrT plus élevé (3,44 ± 0,05 versus 2,91 ± 0,2, t = 10,68, p = 1,29×10−22). Une relation dose-réponse a été observée entre CrT et THC, cannabinol, cannabigérol et cannabichromène (6,75×10−9 < p <1,83×10−142).
Dans une régression interactive multivariée inverse pondérée par les probabilités incluant l'exposition ethnique au cannabis (ECE), l'ECE était significativement liée au CrT (β = 0,89 (intervalle de confiance à 95 % IC à 95 % 0,36, 2,67), p < 2,2×10−16). Dans un modèle géospatio-temporel additif contrôlant les autres substances, le cannabis était le seul significativement associé (β = 0,19 (0,10, 0,28), p = 3,4 × 10−5).
Dans un modèle géospatial complet incluant les substances, le revenu et l'origine ethnique, l'exposition aux cannabinoïdes était significative. Ces données sont associées à des valeurs attendues (E-Values) > 1,25 correspondant aux critères de relation causale. La légalisation du cannabis était associée à des CrT plus élevés (khi-2 = 312,2, p = 2,64×10−11). Les taux d’incidence de CrT dans les états où le cannabis était légal étaient plus élevés (3,36 ± 0,09 versus 3,01 ± 0,03, t = 4,69, p = 4,86×10−5).
Une des limites de cette étude est l’absence de données individuelles sur l’exposition aux substances, limite commune à de nombreuses grandes études épidémiologiques. Cependant, dans cette étude qui dispose d’un très grand nombre de données et d’analyses statistiques sophistiquées, la consommation de cannabis est étroitement associée aux CrT dans le temps et dans l'espace et plus élevée dans les États dotés d'une législation libérale.
Le THC, le cannabigérol, le cannabinol, le cannabichromène et le cannabidiol (CBD) affichent des effets dose-réponse dans les analyses bi-variées, ce qui semble particulièrement préoccupant concernant le CBD, régulièrement présenté comme une substance non-psychoactive « sans danger ».
Dr Isabelle Méresse
Référence
Reece AS, Hulse GK. : State Trends of Cannabis Liberalization as a Causal Driver of Increasing Testicular Cancer Rates across the USA. Int J Environ Res Public Health. 2022 Oct 5;19(19):12759. doi: 10.3390/ijerph191912759. PMID: 36232059; PMCID: PMC9565972.
Source jim.fr
Trois fois plus de SPT parmi les soignants que dans la population générale
Les conditions d’exercice de la médecine ont changé au cours des dernières décennies, et davantage de spécialistes travaillent au sein d’équipes hospitalières. Ce qu’ils y ont gagné en sécurité, ils l’ont perdu en identité et en charges administratives multiples.
En outre, les médecins sont confrontés à des situations émotionnelles intenses ; souffrance, affliction, échecs et décès. La crainte d’une négligence ou d’une erreur paralyse certains praticiens, et les exigences administratives entrent souvent en conflit avec les principes éthiques. On connaissait déjà l’épuisement mais on découvre à présent le syndrome de stress post-traumatique (SPT) 3 fois plus fréquent chez les chirurgiens que dans la population générale.
Il se caractérise par le fait de revivre une situation pénible, source de cauchemars, d’évitement de certaines activités, d’insomnies. Les auteurs américains ont comparé la prévalence du SPT dans 7 spécialités : anesthésie, chirurgie générale, spécialités chirurgicales (neurochirurgie, chirurgie thoracique, ophtalmologique, orthopédique, etc.), médecine interne, obstétrique, psychiatrie, médecine d’urgence.
Un questionnaire a été adressé à des participants volontaires et anonymes en 2016-2017, s’enquérant de leur âge, sexe, ethnie, lieu de travail, ancienneté, de l’équilibre entre leur vie professionnelle et privée, du nombre d’heures passées à l’hôpital par semaine, de facteurs psychologiques, de leur environnement de travail, etc.
Un questionnaire spécifiquement dédié au SPT considérait que 3 réponses positives sur le mal-être au travail définissaient les sujets SPT+ et 2 réponses positives, les sujets « à risque ». Chez les praticiens diagnostiqués SPT+, on a recherché le facteur déclenchant et l’intensité des séquelles.
Davantage en gynéco-obstétrique qu’en psychiatrie
Ce facteur déclenchant pouvait aussi être un échec thérapeutique, un harcèlement par un collègue ou un supérieur hiérarchique, des responsabilités écrasantes, un conflit entre vie professionnelle et vie privée. Le diagnostic d’épuisement (« burnout »), contrairement à celui de SPT, n’a pas besoin d’être posé par un médecin.
Il y a eu 2 216 réponses de praticiens, dont 602 chirurgiens généralistes, 444 internistes, 319 anesthésistes, 272 accoucheurs. Les femmes étaient sous-représentées parmi les chirurgiens et surreprésentées parmi les gynécologues obstétriciens
Le SPT a été retrouvé chez 14 % des répondants et 38 % ont été considérés « à risque ». Les plus menacés sont les gynéco-obstétriciens (18 %) et les plus épargnés les psychiatres (7 %).
Le facteur responsable le plus fréquemment cité (chirurgie, spécialités chirurgicales, obstétrique, médecine interne) a été l’existence de responsabilités trop lourdes. La dépersonnalisation est ressentie très peu par les spécialistes chirurgicaux, alors que les chirurgiens généraux en sont les premières victimes.
Les personnels les plus exposés au SPT sont les femmes travaillant plus de 60 h par semaine, soumises à une situation d’épuisement émotionnel, peu autonomes, peu sociabilisées, peu satisfaites de leur métier et regrettant leur choix de carrière.
On sait donc quelles causes et quels personnels cibler pour tenter de réduire ce syndrome invalidant chez les soignants.
Dr Jean-Fred Warlin
Références
Jackson TN et coll. : Traumatized attendings - When the doctor has the disease.
Am J Surgery 2022;223:626-632. doi: 10.1016/j.amjsurg.2021.05.010.
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Publié le 21/10/2022
Le cannabis, un rôle dans l’augmentation du nombre de cancers des testicules ?
Le cancer des testicules (CrT) est le cancer le plus fréquent des hommes entre 15 et 44 ans, qu’il s’agisse d’un séminome ou d’une tumeur non séminomateuse. La cause du doublement voire du triplement mondial des taux de CrT au cours des dernières décennies est inconnue. Divers facteurs de risque sont identifiés dont la cryptorchidie, un antécédent personnel ou familial de CrT, l’exposition à certains organophosphorés… Des études de cohorte antérieures associaient la consommation de cannabis aux CrT avec une relation dose-réponse, mais la contribution du cannabis aux CrT au niveau de la population est inconnue. Une étude épidémiologique américaine a voulu répondre à trois questions : (1) La relation décrite entre cannabis et CrT survit-elle à l’ajustement multivariable ? (2) Cet effet est-il suffisamment fort pour entrainer une hausse remarquable des CrT ? (3) Quels sont les effets de la légalisation du cannabis ?
Les données de patients atteints de CrT âgés de 15 à 60 ans ont été extraites des registres nationaux des cancers américains (NPCR) et des fichiers d’incidence épidémiologiques (SEER) entre 2001 et 2017. Le groupe d’étude 15-60 ans a été choisi car 80,09 % des CrT surviennent dans cette tranche d’âge et les données de ce groupe étaient très complètes.
Les données sur la consommation de drogues (tabac, alcool, cannabis, analgésiques, cocaïne) entre 2003 et 2017 ont été obtenues à partir d’enquêtes et de registres nationaux. Les données sur la concentration de cannabinoïdes ont été tirées des rapports de la Drug Enforcement Agency. A partir de là, des données dérivées ont été obtenues en croisant le nombre de jours de consommation de cannabis, l’origine ethnique, la concentration en tétrahydrocannabinol (THC).
Des quintiles de consommation de cannabis ont été calculés, reflet de l’exposition aux cannabinoïdes et du degré de génotoxicité attendu. Les données ont été traitées dans R dans des protocoles d'inférence spatio-temporelle et causale.
Association avec la consommation de cannabis
Une cartographie du taux d’incidence du CrT par année et par état a été obtenue. Au cours de la période 2003-2017, la tendance temporelle d’exposition aux substances a chuté, à l’exception de la consommation de cannabis qui a augmenté. La légalisation du cannabis dans certains états est associée à une consommation significativement plus élevée de cannabis, de cocaïne et d’analgésique mais à une consommation moindre de tabac.
Le diagramme de dispersion des quintiles de consommation de cannabis et les boîtes à moustaches correspondaient étroitement à ceux des CrT. Le quintile de consommation de cannabis le plus élevé avait un taux de CrT plus élevé (3,44 ± 0,05 versus 2,91 ± 0,2, t = 10,68, p = 1,29×10−22). Une relation dose-réponse a été observée entre CrT et THC, cannabinol, cannabigérol et cannabichromène (6,75×10−9 < p <1,83×10−142).
Dans une régression interactive multivariée inverse pondérée par les probabilités incluant l'exposition ethnique au cannabis (ECE), l'ECE était significativement liée au CrT (β = 0,89 (intervalle de confiance à 95 % IC à 95 % 0,36, 2,67), p < 2,2×10−16). Dans un modèle géospatio-temporel additif contrôlant les autres substances, le cannabis était le seul significativement associé (β = 0,19 (0,10, 0,28), p = 3,4 × 10−5).
Dans un modèle géospatial complet incluant les substances, le revenu et l'origine ethnique, l'exposition aux cannabinoïdes était significative. Ces données sont associées à des valeurs attendues (E-Values) > 1,25 correspondant aux critères de relation causale. La légalisation du cannabis était associée à des CrT plus élevés (khi-2 = 312,2, p = 2,64×10−11). Les taux d’incidence de CrT dans les états où le cannabis était légal étaient plus élevés (3,36 ± 0,09 versus 3,01 ± 0,03, t = 4,69, p = 4,86×10−5).
Une des limites de cette étude est l’absence de données individuelles sur l’exposition aux substances, limite commune à de nombreuses grandes études épidémiologiques. Cependant, dans cette étude qui dispose d’un très grand nombre de données et d’analyses statistiques sophistiquées, la consommation de cannabis est étroitement associée aux CrT dans le temps et dans l'espace et plus élevée dans les États dotés d'une législation libérale.
Le THC, le cannabigérol, le cannabinol, le cannabichromène et le cannabidiol (CBD) affichent des effets dose-réponse dans les analyses bi-variées, ce qui semble particulièrement préoccupant concernant le CBD, régulièrement présenté comme une substance non-psychoactive « sans danger ».
Dr Isabelle Méresse
Référence
Reece AS, Hulse GK. : State Trends of Cannabis Liberalization as a Causal Driver of Increasing Testicular Cancer Rates across the USA. Int J Environ Res Public Health. 2022 Oct 5;19(19):12759. doi: 10.3390/ijerph191912759. PMID: 36232059; PMCID: PMC9565972.
Source jim.fr
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Re: Articles sur la santé
Publié le 26/10/2022
Les alertes d’Agnès Buzyn ont-elles été ignorées par les têtes de l’exécutif ?
Le journal « Le Monde » publie une enquête fleuve sur le rôle d’Agnès Buzyn au début de la crise sanitaire. Ce travail journalistique se base sur : un journal (de 600 pages !) rédigé par Agnès Buzyn entre fin 2019 et l’été 2021 qui constitue une pièce du dossier de la Cour de justice de la République (CJR) dans l’affaire de la gestion du Covid 19, une interview de l’ex-ministre de la Santé et des entretiens avec l’entourage du Président de la République.
Rappelons qu’à ce jour, le Pr Agnès Buzyn est la seule personnalité publique à être mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans cette affaire. L’ancien Premier ministre Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté et l’ex-ministre de la santé Olivier Véran, lui aussi visé par cette instruction, n’a pas encore été entendu par les magistrats.
11 janvier 2020 : première alerte à l’exécutif
Le journal du Pr Buzin commence le 25 décembre 2019. La ministre de la Santé, alors en villégiature en Corse prend connaissance de l’existence de quelques cas de pneumopathie inexpliqués en Chine. Elle transmet alors l’information au Pr Jérôme Salomon (directeur général de la santé) et lui demande de « suivre cela ». Le 2 janvier, la veille du Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales est activée.
Selon son journal, Agnès Buzyn prévient le 11 janvier les deux têtes de l’exécutif. « L’information ne figure pas encore dans les médias, mais ça peut monter » aurait-elle indiqué au président de la République. « Je n’avais pas l’impression d’être entendue », dit-elle, avant de tempérer : « A chaque fois que j’ai réclamé à Edouard une réunion de ministres, je l’ai eue. Ça ne voulait pas dire qu’il croyait à mes scénarios, à mes angoisses, mais nous avons travaillé main dans la main et il me faisait confiance, il n’a rien négligé. Le président a laissé le gouvernement faire ».
Un premier message d’alerte sanitaire part en direction des établissements de santé à la mi-janvier. Le 21 janvier, après avoir été informée d’une possible transmission interhumaine, elle décide de faire un point presse quotidien.
Fin janvier, ses messages se font plus insistants, alors que les experts estiment à 3 % la mortalité de ce qui est encore appelé « pneumonie à 2019-nCov ». « C’est beaucoup pour un virus qui a une cinétique de type grippe », s’inquiète-t-elle auprès de son directeur de cabinet le 25 janvier. Le même jour, elle indique par SMS à Edouard Philippe et Emmanuel Macron qu’elle souhaite s’entretenir d’urgence avec eux sur ce point, mais aucun des deux ne donne suite.
27 janvier : la ministre prévoit 100 000 morts
Le 27 janvier, cinq jours après le confinement de Wuhan, nouvelle alerte sous forme de SMS au chef de l’Etat dans lequel elle parle de 100 000 morts potentiels en France, en prédisant « pour l’instant, il s’agit encore d’une épidémie régionale : tous les cas mondiaux viennent de la région de Wuhan. Le jour où nous aurons des cas à l’étranger chez des personnes ne venant pas de Chine, ce sera un tournant vers une pandémie mondiale. »
Ce jour-là, Agnès Buzyn termine son message à Emmanuel Macron en l’informant que ses services travaillent sur différents scénarios afin d’« évaluer l’impact sur le système de santé et anticiper ». En retour, le président la remercie pour sa « clarté »…et lui dit tout le plaisir qu’il a eu à rencontrer ses parents !
Le 30 janvier, Agnès Buzyn discute avec le Premier ministre autour d’un café au Conseil économique social et environnemental, elle lui aurait alors fait part de son mauvais pressentiment pour la tenue des municipales. Le même jour elle alerte à nouveau le Président qui lui répond en lui promettant un rendez-vous…qui n’aura pas lieu avant le samedi 8 février.
« Face à moi une armée endormie »
Ce jour-là la ministre dépeint un avenir sombre à Emmanuel Macron : « fermeture des frontières, arrêts des vols, perte de 10 points de PIB, arrêt de l’économie, le temps que le virus fasse le tour de la Terre (« au moins un an »), mortalité importante » rapporte Le Monde. Elle lui explique qu’un confinement sera bientôt nécessaire, ce que lui reproche le secrétaire général de l’Elysée qui s’étonne de son catastrophisme.
Peu avant son départ de l’Avenue de Ségur, le 16 février 2022, elle écrit aux agences régionales de santé pour les mettre en alerte « maximale » et déclenche le plan Orsan Reb (Organisation de la réponse du système de santé en situation sanitaire exceptionnelle Risque épidémique et biologique), qui organise la mobilisation du système de santé. La plupart des hôpitaux sont alors en grève, et « personne ne semble conscient du danger ». « J’ai l’impression d’avoir face à moi une armée endormie, je n’arrive pas à les secouer », raconte-t-elle.
Forcée de participer à une « mascarade »
Le 14 février, le retrait de Benjamin Griveaux de la course à la Mairie de Paris, après la diffusion d’une vidéo scabreuse la conduit, à la demande des têtes de l’exécutif, à se présenter à la mairie de Paris alors qu’elle s’y refuse en raison de la situation sanitaire. « Tous les arguments sont utilisés pour la faire plier (…) Certains lui font (…) comprendre qu’elle pourrait ne pas retrouver son poste au remaniement qui suivra les municipales, si elle décidait de rester au ministère. Le président en personne l’appelle à deux reprises dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 février», rapporte-t-elle. « Un véritable harcèlement », s’indigne un proche de l’ex-ministre relate Le Monde.
Jusqu’au premier tour, elle dit continuer à alerter les deux plus hauts responsables du pays et lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, le 29 février, elle regrette que le gouvernement ne soit pas assez dans l’anticipation.
Le 10 mars, alors qu’E.Philippe est venu la soutenir dans sa campagne parisienne chancelante, elle lui assène qu’il faut « arrêter les élections ». Elle dira plus tard dans la presse que ce scrutin était une « mascarade ».
Le 16 mars 2020, elle demande à Edouard Philippe d’annuler le second tour : « Tout cela est déconnant ! Ne nous fais pas faire une tambouille de deuxième tour quand la situation est si grave. Nous avons été assez ridicules comme cela. »
Des déclarations publiques qui tranchent avec ces alertes
Dans Le Monde, elle résume : « Bien sûr, c’est facile de dire après “j’avais tout vu”. Ce qui est certain, c’est que j’avais un pressentiment, et tout le monde me disait que j’étais folle. J’ai fais le maximum de ce qu’il était possible de faire à cette période-là. » Elle ajoute : « Pendant toute la campagne, j’ai continué d’envoyer des textos, d’alerter, mais j’ai senti que je ne pesais plus rien et que je parlais dans le vide. Je n’étais plus aux affaires et on me le faisait sentir ».
Elle se scandalise également qu’Emmanuel Macron ait pu donner du crédit au Pr Raoult en lui rendant visite le 9 avril.
Rappelons pour équilibrer notre propos, ses déclarations du 21 janvier 2020, qui étaient loin de sonner l’alarme. Elle avait affirmé que le risque d’introduction du virus en France était « faible », sans pouvoir « être exclu » pour autant, compte tenu des « lignes aériennes directes entre la France et Wuhan ». « On m’a fait passer pour une idiote qui n’a rien vu, alors que c’est l’inverse. Non seulement j’avais vu mais prévenu. J’ai été, de très loin en Europe, la ministre la plus alerte. Mais tout le monde s’en foutait. Les gens m’expliquaient que ce virus était une “grippette” et que je perdais mes nerfs » retorque-t-elle aujourd’hui.
La réalité de l’action d’Agnès Buzyn sera difficile à évaluer par la Cour de justice de la république. Dans son rapport publié fin 2020, la commission d’enquête du Sénat avait ainsi reconnu une « mobilisation précoce » de la ministre de la santé, même si ses « avertissements répétés » semblent « ne pas avoir été écoutés ou suivis d’effets ». A l’inverse, les députés de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise avait souligné une « sous-estimation du risque » et un « pilotage défaillant ».
F.H.
jim.fr
________
Rappelons tout de même qu'elle a menti aux français, en leur vendant des salades. Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne, a dit un de ses prédécesseurs. Elle a préféré rester puis tenter sa chance à Paris.
N'oublions pas pour remercier la dame, qu'en 2021, elle est nommée envoyée du directeur général pour les affaires multilatérales à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour une rétribution généreuse de 15.000€ nets d'impôts. Ces postes prévoient l'immunité diplomatique...
Le Quai d'Orsay a dû débarquer une diplomate française, envoyée aux Philippines, pour l'y recaser.
Le 29 juillet 2022, elle est nommée en Conseil des ministres conseillère maître en service extraordinaire à la Cour des comptes, à compter du 1er septembre 20222. Elle devrait toucher à ce poste 6 445,69 euros brut par mois, d'après la grille de salaire publiée par l'institution. "En service extraordinaire", elle devrait y passer les cinq prochaines années sans possibilité de renouvellement. C'est toujours ça de pris. En attendant d'être à nouveau recasée ailleurs, là où ses tellement nombreuses compétences pourront s'exercer derrière un bureau.
Bien entendu, cette grande dame, a été décorée de la légion d'honneur... Pour quel service rendu à la France ? Ah ben oui, la gestion de la crise sanitaire. Bien mieux que celle des soignants dans les hôpitaux, sans masque ni protection initialement. Une héroïne on vous dit. Le personnel soignant dans son ensemble ? Allez bosser tas de fainéants !
Les alertes d’Agnès Buzyn ont-elles été ignorées par les têtes de l’exécutif ?
Le journal « Le Monde » publie une enquête fleuve sur le rôle d’Agnès Buzyn au début de la crise sanitaire. Ce travail journalistique se base sur : un journal (de 600 pages !) rédigé par Agnès Buzyn entre fin 2019 et l’été 2021 qui constitue une pièce du dossier de la Cour de justice de la République (CJR) dans l’affaire de la gestion du Covid 19, une interview de l’ex-ministre de la Santé et des entretiens avec l’entourage du Président de la République.
Rappelons qu’à ce jour, le Pr Agnès Buzyn est la seule personnalité publique à être mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans cette affaire. L’ancien Premier ministre Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté et l’ex-ministre de la santé Olivier Véran, lui aussi visé par cette instruction, n’a pas encore été entendu par les magistrats.
11 janvier 2020 : première alerte à l’exécutif
Le journal du Pr Buzin commence le 25 décembre 2019. La ministre de la Santé, alors en villégiature en Corse prend connaissance de l’existence de quelques cas de pneumopathie inexpliqués en Chine. Elle transmet alors l’information au Pr Jérôme Salomon (directeur général de la santé) et lui demande de « suivre cela ». Le 2 janvier, la veille du Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales est activée.
Selon son journal, Agnès Buzyn prévient le 11 janvier les deux têtes de l’exécutif. « L’information ne figure pas encore dans les médias, mais ça peut monter » aurait-elle indiqué au président de la République. « Je n’avais pas l’impression d’être entendue », dit-elle, avant de tempérer : « A chaque fois que j’ai réclamé à Edouard une réunion de ministres, je l’ai eue. Ça ne voulait pas dire qu’il croyait à mes scénarios, à mes angoisses, mais nous avons travaillé main dans la main et il me faisait confiance, il n’a rien négligé. Le président a laissé le gouvernement faire ».
Un premier message d’alerte sanitaire part en direction des établissements de santé à la mi-janvier. Le 21 janvier, après avoir été informée d’une possible transmission interhumaine, elle décide de faire un point presse quotidien.
Fin janvier, ses messages se font plus insistants, alors que les experts estiment à 3 % la mortalité de ce qui est encore appelé « pneumonie à 2019-nCov ». « C’est beaucoup pour un virus qui a une cinétique de type grippe », s’inquiète-t-elle auprès de son directeur de cabinet le 25 janvier. Le même jour, elle indique par SMS à Edouard Philippe et Emmanuel Macron qu’elle souhaite s’entretenir d’urgence avec eux sur ce point, mais aucun des deux ne donne suite.
27 janvier : la ministre prévoit 100 000 morts
Le 27 janvier, cinq jours après le confinement de Wuhan, nouvelle alerte sous forme de SMS au chef de l’Etat dans lequel elle parle de 100 000 morts potentiels en France, en prédisant « pour l’instant, il s’agit encore d’une épidémie régionale : tous les cas mondiaux viennent de la région de Wuhan. Le jour où nous aurons des cas à l’étranger chez des personnes ne venant pas de Chine, ce sera un tournant vers une pandémie mondiale. »
Ce jour-là, Agnès Buzyn termine son message à Emmanuel Macron en l’informant que ses services travaillent sur différents scénarios afin d’« évaluer l’impact sur le système de santé et anticiper ». En retour, le président la remercie pour sa « clarté »…et lui dit tout le plaisir qu’il a eu à rencontrer ses parents !
Le 30 janvier, Agnès Buzyn discute avec le Premier ministre autour d’un café au Conseil économique social et environnemental, elle lui aurait alors fait part de son mauvais pressentiment pour la tenue des municipales. Le même jour elle alerte à nouveau le Président qui lui répond en lui promettant un rendez-vous…qui n’aura pas lieu avant le samedi 8 février.
« Face à moi une armée endormie »
Ce jour-là la ministre dépeint un avenir sombre à Emmanuel Macron : « fermeture des frontières, arrêts des vols, perte de 10 points de PIB, arrêt de l’économie, le temps que le virus fasse le tour de la Terre (« au moins un an »), mortalité importante » rapporte Le Monde. Elle lui explique qu’un confinement sera bientôt nécessaire, ce que lui reproche le secrétaire général de l’Elysée qui s’étonne de son catastrophisme.
Peu avant son départ de l’Avenue de Ségur, le 16 février 2022, elle écrit aux agences régionales de santé pour les mettre en alerte « maximale » et déclenche le plan Orsan Reb (Organisation de la réponse du système de santé en situation sanitaire exceptionnelle Risque épidémique et biologique), qui organise la mobilisation du système de santé. La plupart des hôpitaux sont alors en grève, et « personne ne semble conscient du danger ». « J’ai l’impression d’avoir face à moi une armée endormie, je n’arrive pas à les secouer », raconte-t-elle.
Forcée de participer à une « mascarade »
Le 14 février, le retrait de Benjamin Griveaux de la course à la Mairie de Paris, après la diffusion d’une vidéo scabreuse la conduit, à la demande des têtes de l’exécutif, à se présenter à la mairie de Paris alors qu’elle s’y refuse en raison de la situation sanitaire. « Tous les arguments sont utilisés pour la faire plier (…) Certains lui font (…) comprendre qu’elle pourrait ne pas retrouver son poste au remaniement qui suivra les municipales, si elle décidait de rester au ministère. Le président en personne l’appelle à deux reprises dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 février», rapporte-t-elle. « Un véritable harcèlement », s’indigne un proche de l’ex-ministre relate Le Monde.
Jusqu’au premier tour, elle dit continuer à alerter les deux plus hauts responsables du pays et lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, le 29 février, elle regrette que le gouvernement ne soit pas assez dans l’anticipation.
Le 10 mars, alors qu’E.Philippe est venu la soutenir dans sa campagne parisienne chancelante, elle lui assène qu’il faut « arrêter les élections ». Elle dira plus tard dans la presse que ce scrutin était une « mascarade ».
Le 16 mars 2020, elle demande à Edouard Philippe d’annuler le second tour : « Tout cela est déconnant ! Ne nous fais pas faire une tambouille de deuxième tour quand la situation est si grave. Nous avons été assez ridicules comme cela. »
Des déclarations publiques qui tranchent avec ces alertes
Dans Le Monde, elle résume : « Bien sûr, c’est facile de dire après “j’avais tout vu”. Ce qui est certain, c’est que j’avais un pressentiment, et tout le monde me disait que j’étais folle. J’ai fais le maximum de ce qu’il était possible de faire à cette période-là. » Elle ajoute : « Pendant toute la campagne, j’ai continué d’envoyer des textos, d’alerter, mais j’ai senti que je ne pesais plus rien et que je parlais dans le vide. Je n’étais plus aux affaires et on me le faisait sentir ».
Elle se scandalise également qu’Emmanuel Macron ait pu donner du crédit au Pr Raoult en lui rendant visite le 9 avril.
Rappelons pour équilibrer notre propos, ses déclarations du 21 janvier 2020, qui étaient loin de sonner l’alarme. Elle avait affirmé que le risque d’introduction du virus en France était « faible », sans pouvoir « être exclu » pour autant, compte tenu des « lignes aériennes directes entre la France et Wuhan ». « On m’a fait passer pour une idiote qui n’a rien vu, alors que c’est l’inverse. Non seulement j’avais vu mais prévenu. J’ai été, de très loin en Europe, la ministre la plus alerte. Mais tout le monde s’en foutait. Les gens m’expliquaient que ce virus était une “grippette” et que je perdais mes nerfs » retorque-t-elle aujourd’hui.
La réalité de l’action d’Agnès Buzyn sera difficile à évaluer par la Cour de justice de la république. Dans son rapport publié fin 2020, la commission d’enquête du Sénat avait ainsi reconnu une « mobilisation précoce » de la ministre de la santé, même si ses « avertissements répétés » semblent « ne pas avoir été écoutés ou suivis d’effets ». A l’inverse, les députés de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise avait souligné une « sous-estimation du risque » et un « pilotage défaillant ».
F.H.
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Rappelons tout de même qu'elle a menti aux français, en leur vendant des salades. Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne, a dit un de ses prédécesseurs. Elle a préféré rester puis tenter sa chance à Paris.
N'oublions pas pour remercier la dame, qu'en 2021, elle est nommée envoyée du directeur général pour les affaires multilatérales à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour une rétribution généreuse de 15.000€ nets d'impôts. Ces postes prévoient l'immunité diplomatique...
Le Quai d'Orsay a dû débarquer une diplomate française, envoyée aux Philippines, pour l'y recaser.
Le 29 juillet 2022, elle est nommée en Conseil des ministres conseillère maître en service extraordinaire à la Cour des comptes, à compter du 1er septembre 20222. Elle devrait toucher à ce poste 6 445,69 euros brut par mois, d'après la grille de salaire publiée par l'institution. "En service extraordinaire", elle devrait y passer les cinq prochaines années sans possibilité de renouvellement. C'est toujours ça de pris. En attendant d'être à nouveau recasée ailleurs, là où ses tellement nombreuses compétences pourront s'exercer derrière un bureau.
Bien entendu, cette grande dame, a été décorée de la légion d'honneur... Pour quel service rendu à la France ? Ah ben oui, la gestion de la crise sanitaire. Bien mieux que celle des soignants dans les hôpitaux, sans masque ni protection initialement. Une héroïne on vous dit. Le personnel soignant dans son ensemble ? Allez bosser tas de fainéants !
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé
Publié le 02/11/2022
La fin de l’obligation vaccinale des soignants en Italie va-t-elle faire bouger les lignes en France ?
Le nouveau gouvernement italien de Georgia Meloni a décidé de lever l’obligation vaccinale des professionnels de santé à compter de ce mardi 1er novembre, deux mois avant l’échéance initialement prévue.
Le gouvernement Meloni évoque même désormais la fin du port du masque dans les établissements, comme c’est le cas en France depuis le 1er août 2022 (néanmoins les chefs des établissements de santé ont le droit de continuer à imposer le port du masque à l'intérieur des bâtiments).
Dans le reste de l’Europe, plusieurs Etats ont déjà renoncé à cette obligation (parfois même avant sa mise en place). Au Royaume-Uni, la vaccination obligatoire des soignants avait été annoncée fin 2021 et les sanctions devaient intervenir à partir du 1er avril dernier, mais le gouvernement britannique y a renoncé avant l’entrée en vigueur du texte, considérant la faible virulence du variant Omicron. Idem, en Belgique, où le gouvernement y a renoncé deux mois avant l’échéance. Quant à l’Autriche, elle a abandonné en juin dernier la vaccination obligatoire de toute sa population adulte.
La mesure reste en revanche en vigueur en Allemagne (ou seules 70 suspensions ont été prononcées) et en Grèce, ou l’assouplissement du dispositif est à l’étude.
Pas de changement à l’ordre du jour
En France, le ministère de la santé a maintenu l’obligation vaccinale des soignants après avis de la Haute Autorité de santé (HAS) le 22 juillet dernier.
L’institution sanitaire écrivait alors : « au vu du contexte épidémique dynamique, des incertitudes sur l’évolution de l’épidémie dans les prochains mois, et de l’efficacité d’un schéma vaccinal complet à réduire le risque d’être infecté et de transmettre la maladie, la HAS considère que les données ne sont pas de nature à remettre en cause l’obligation vaccinale des personnels des secteurs sanitaire et médico-social qui concourt à une meilleure protection des personnes soignées ou accompagnées, au premier rang desquelles les plus vulnérables ».
Mais avec la décision italienne, la pression des réfractaires pourrait s’accentuer sur le gouvernement. Pourtant à l’heure actuelle, le ministère de la Santé assure au journal Le Parisien que sa ligne « n’a pas changé ».
Rappelons que le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, avait indiqué en juillet dernier que 600 infirmières et 75 médecins ou pharmaciens à l’hôpital, ainsi que 100 infirmières en Ehpad, étaient suspendus pour non-vaccination contre la Covid.
F.H.
jim.fr
_____________
Pourrait bien concerner les IADE actif, dit en voie d’extinction, en se basant sur les mêmes principes ...
Publié le 02/11/2022
Reclassement des praticiens hospitaliers : une décision entre les mains du Conseil d’Etat
Paris, le mercredi 2 novembre 2022 - Ils revendiquaient le statut de « laissés pour compte » du Ségur de la Santé. Lors de la signature des accords à la sortie du premier confinement en juillet 2020, le ministère de la Santé avait annoncé une vaste revalorisation des grilles de salaires d’un certain nombre de professionnels de santé.
L’une des mesures a consisté en la suppression des trois premiers échelons de la grille des praticiens hospitaliers (PH). Une décision évidemment favorable pour les nouveaux PH, mais qui a laissé un goût amer à ceux ayant été nommés avant l’entrée en vigueur de la mesure. En clair, les PH nommés avant le 1er octobre 2020 bénéficient d’une grille d’avancement et de salaires jugée inférieure à celle des nouveaux PH.
APH et JM vent debout contre les décrets
Ces modalités de reclassement sont vigoureusement combattues par deux syndicats (Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecin) qui sollicitent en vain depuis deux ans une « bonification immédiate de 4 ans d’ancienneté » pour tous les PH en poste. Les syndicats allèguent l’existence d’une « césure » dans le corps des praticiens.
Malgré les protestations, deux décrets sont venus confirmer les mesures annoncées par le Ségur : le décret n° 2020-1182 du 28 septembre 2020 « relatif à la modification de la grille des émoluments des praticiens hospitaliers à temps plein et des praticiens des hôpitaux à temps partiel » ainsi que le décret n° 2020-1743 du 28 décembre 2020 « portant création de trois échelons au sommet de la grille des émoluments des praticiens hospitaliers à temps plein et des praticiens des hôpitaux à temps partiel ».
À la suite de la publication des décrets, les syndicats ont engagé un processus judiciaire mais aussi politique pour contester les dispositions. La question du reclassement des praticiens hospitaliers a notamment fait l’objet d’une question ministérielle posée au ministère de la Santé en 2022 mais aussi d’un travail initié par la Commission des Affaires sociales du Sénat, sur l’initiative du groupe Les Républicains.
Bataille judiciaire
Mais c’est bien sûr devant les juridictions administratives que les syndicats ont cherché à porter le coup décisif aux décrets du ministère.
Il aura fallu pas moins de dix-huit mois d’instruction pour que les recours fassent l’objet d’un examen par le Conseil d’Etat. Le lundi 7 octobre dernier, le rapporteur public a fait connaitre ses conclusions. La question de droit posée à l’occasion de cette procédure est de savoir si le ministère de la Santé a violé le principe d’égalité de traitement lors de l’introduction des décrets. Plus particulièrement, il s’agit de savoir si les anciens PH se retrouvent ou non dans une « inversion de carrière », à savoir qu’ils seraient dépassés par des fonctionnaires ayant fait l’objet d’une promotion postérieure.
Tel n’est pas le cas selon le rapporteur public, qui a estimé « qu’il n’y a pas d’inversion de carrières dans la gestion des stocks ». Dès lors « il n’y a pas d’inégalité de traitement ».
Une position qui a suscité l’ire des syndicats. Contacté par le Quotidien du Médecin, le Dr Emanuel Loeb, président de Jeunes Médecins, n’a pas manqué de souligner le caractère étonnant de l’affirmation.
Ce dernier a rappelé que le nouveau ministre de la Santé, François Braun lui-même avait considéré que cette perte de quatre ans d’ancienneté était « une injustice », lorsqu’il était président de Samu-urgences de France en 2020. Un argument aussi avancé par l’avocate des plaignants, qui mentionne le fait que d’autres professions « n’ont pas été soumises à la même inégalité de traitement ». L’arrêt sera rendu dans les semaines à venir.
C.H.
jim.fr
La fin de l’obligation vaccinale des soignants en Italie va-t-elle faire bouger les lignes en France ?
Le nouveau gouvernement italien de Georgia Meloni a décidé de lever l’obligation vaccinale des professionnels de santé à compter de ce mardi 1er novembre, deux mois avant l’échéance initialement prévue.
Le gouvernement Meloni évoque même désormais la fin du port du masque dans les établissements, comme c’est le cas en France depuis le 1er août 2022 (néanmoins les chefs des établissements de santé ont le droit de continuer à imposer le port du masque à l'intérieur des bâtiments).
Dans le reste de l’Europe, plusieurs Etats ont déjà renoncé à cette obligation (parfois même avant sa mise en place). Au Royaume-Uni, la vaccination obligatoire des soignants avait été annoncée fin 2021 et les sanctions devaient intervenir à partir du 1er avril dernier, mais le gouvernement britannique y a renoncé avant l’entrée en vigueur du texte, considérant la faible virulence du variant Omicron. Idem, en Belgique, où le gouvernement y a renoncé deux mois avant l’échéance. Quant à l’Autriche, elle a abandonné en juin dernier la vaccination obligatoire de toute sa population adulte.
La mesure reste en revanche en vigueur en Allemagne (ou seules 70 suspensions ont été prononcées) et en Grèce, ou l’assouplissement du dispositif est à l’étude.
Pas de changement à l’ordre du jour
En France, le ministère de la santé a maintenu l’obligation vaccinale des soignants après avis de la Haute Autorité de santé (HAS) le 22 juillet dernier.
L’institution sanitaire écrivait alors : « au vu du contexte épidémique dynamique, des incertitudes sur l’évolution de l’épidémie dans les prochains mois, et de l’efficacité d’un schéma vaccinal complet à réduire le risque d’être infecté et de transmettre la maladie, la HAS considère que les données ne sont pas de nature à remettre en cause l’obligation vaccinale des personnels des secteurs sanitaire et médico-social qui concourt à une meilleure protection des personnes soignées ou accompagnées, au premier rang desquelles les plus vulnérables ».
Mais avec la décision italienne, la pression des réfractaires pourrait s’accentuer sur le gouvernement. Pourtant à l’heure actuelle, le ministère de la Santé assure au journal Le Parisien que sa ligne « n’a pas changé ».
Rappelons que le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, avait indiqué en juillet dernier que 600 infirmières et 75 médecins ou pharmaciens à l’hôpital, ainsi que 100 infirmières en Ehpad, étaient suspendus pour non-vaccination contre la Covid.
F.H.
jim.fr
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Pourrait bien concerner les IADE actif, dit en voie d’extinction, en se basant sur les mêmes principes ...
Publié le 02/11/2022
Reclassement des praticiens hospitaliers : une décision entre les mains du Conseil d’Etat
Paris, le mercredi 2 novembre 2022 - Ils revendiquaient le statut de « laissés pour compte » du Ségur de la Santé. Lors de la signature des accords à la sortie du premier confinement en juillet 2020, le ministère de la Santé avait annoncé une vaste revalorisation des grilles de salaires d’un certain nombre de professionnels de santé.
L’une des mesures a consisté en la suppression des trois premiers échelons de la grille des praticiens hospitaliers (PH). Une décision évidemment favorable pour les nouveaux PH, mais qui a laissé un goût amer à ceux ayant été nommés avant l’entrée en vigueur de la mesure. En clair, les PH nommés avant le 1er octobre 2020 bénéficient d’une grille d’avancement et de salaires jugée inférieure à celle des nouveaux PH.
APH et JM vent debout contre les décrets
Ces modalités de reclassement sont vigoureusement combattues par deux syndicats (Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecin) qui sollicitent en vain depuis deux ans une « bonification immédiate de 4 ans d’ancienneté » pour tous les PH en poste. Les syndicats allèguent l’existence d’une « césure » dans le corps des praticiens.
Malgré les protestations, deux décrets sont venus confirmer les mesures annoncées par le Ségur : le décret n° 2020-1182 du 28 septembre 2020 « relatif à la modification de la grille des émoluments des praticiens hospitaliers à temps plein et des praticiens des hôpitaux à temps partiel » ainsi que le décret n° 2020-1743 du 28 décembre 2020 « portant création de trois échelons au sommet de la grille des émoluments des praticiens hospitaliers à temps plein et des praticiens des hôpitaux à temps partiel ».
À la suite de la publication des décrets, les syndicats ont engagé un processus judiciaire mais aussi politique pour contester les dispositions. La question du reclassement des praticiens hospitaliers a notamment fait l’objet d’une question ministérielle posée au ministère de la Santé en 2022 mais aussi d’un travail initié par la Commission des Affaires sociales du Sénat, sur l’initiative du groupe Les Républicains.
Bataille judiciaire
Mais c’est bien sûr devant les juridictions administratives que les syndicats ont cherché à porter le coup décisif aux décrets du ministère.
Il aura fallu pas moins de dix-huit mois d’instruction pour que les recours fassent l’objet d’un examen par le Conseil d’Etat. Le lundi 7 octobre dernier, le rapporteur public a fait connaitre ses conclusions. La question de droit posée à l’occasion de cette procédure est de savoir si le ministère de la Santé a violé le principe d’égalité de traitement lors de l’introduction des décrets. Plus particulièrement, il s’agit de savoir si les anciens PH se retrouvent ou non dans une « inversion de carrière », à savoir qu’ils seraient dépassés par des fonctionnaires ayant fait l’objet d’une promotion postérieure.
Tel n’est pas le cas selon le rapporteur public, qui a estimé « qu’il n’y a pas d’inversion de carrières dans la gestion des stocks ». Dès lors « il n’y a pas d’inégalité de traitement ».
Une position qui a suscité l’ire des syndicats. Contacté par le Quotidien du Médecin, le Dr Emanuel Loeb, président de Jeunes Médecins, n’a pas manqué de souligner le caractère étonnant de l’affirmation.
Ce dernier a rappelé que le nouveau ministre de la Santé, François Braun lui-même avait considéré que cette perte de quatre ans d’ancienneté était « une injustice », lorsqu’il était président de Samu-urgences de France en 2020. Un argument aussi avancé par l’avocate des plaignants, qui mentionne le fait que d’autres professions « n’ont pas été soumises à la même inégalité de traitement ». L’arrêt sera rendu dans les semaines à venir.
C.H.
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Re: Articles sur la santé
Publié le 12/11/2022
Adresse aux Français pour stopper la mise à mort de nos Hôpitaux Publics
L’épidémie de Covid a révélé de façon brutale les difficultés auxquelles sont confrontés depuis des années nos hôpitaux publics. Si chaque épidémie de grippe contribuait à mettre les équipes sous tension, la pandémie a été une épreuve d’une ampleur sans précédent et a fini d’épuiser les dernières ressources, même si au plus fort de la crise, une inattendue souplesse d’organisation a été remarquée (qui n’a cependant pas été pérennisée).
Aujourd’hui, ce sont les hôpitaux pédiatriques qui traversent à leur tour une grave période de turbulence, déjà annoncée par de nombreuses alertes lors des saisons précédentes. Aussi, dans ce texte, le Professeur Laurent Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon lance un appel aux Français et à leurs médecins et infirmiers.
Il y décrit sans nuance ce qu’il dit être « l’état réel de vos hôpitaux » afin de créer un électrochoc dans l’opinion.
Si certains considéreront avec réserve les prises de position qui concluent ce texte, il a le mérite de se faire l’écho de la souffrance éprouvée par ceux qui, à son service depuis si longtemps, se désolent de voir dépérir la santé publique dans notre pays.
Par le Professeur Laurent Thines, neurochirurgien, CHU de Besançon
Publié le 12/11/2022
Docteur, accélérez-moi les particules !
Au CERN connu pour ses accélérateurs de particules, s’écrit l’avenir de la radiothérapie.
Dans ses laboratoires, une équipe de physiciens emmenée par Wilfrid Farabolini phosphore sur la technologie Flash. « L’idée, c’est de soigner par une radiothérapie très rapide, avec un faisceau d’électrons de très haute énergie », explique en termes profanes, Wilfrid Farabolini, dans le Figaro. Sur le plan médical, la technique est évaluée par l’équipe du Pr Jean Bourhis, chef du service de radio-oncologie au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
« La radiothérapie Flash consiste à délivrer un très haut débit de dose en une fraction de seconde et il a été démontré dans plusieurs études précliniques, de manière reproductible, qu'elle épargne les tissus sains, tout en détruisant de façon efficace les cellules cancéreuses. Le temps très court d'irradiation élimine aussi tout effet de mouvement de l'organe ou de la tumeur, donc le ciblage est mieux maîtrisé » écrit sur son site la firme PMB qui a pour objectif de produire à l’avenir un appareil baptisé Flashknife susceptible de permettre l’utilisation clinique de cette technique encore expérimentale.
Flash porte bien son nom
La technologie Flash est testée sur les animaux depuis une petite dizaine d’années. Dans une vidéo de présentation, le Dr Marie-Catherine Vozenin de l’institut Curie s’enthousiasme : « l’efficacité de l’irradiation Flash est validée chez toutes les espèces que nous avons testées jusqu’à présent et également très efficace pour tous les organes testés ».
Un essai a aussi été réalisé chez l’Homme. Dans la même présentation filmée, le Pr Bourhis rapporte : « nous avons juste testé un patient, avec un prototype, l’irradiation a été un succès, mais c’était un cancer cutané très spécifique et superficiel ». Cette nouvelle technique aurait également l’avantage de permettre des radiothérapies plus courtes (une séance au lieu de quatre) et des irradiations plus brèves (1/10eme de seconde contre quelques minutes !).
« La technologie est déjà mature », estime Wilfrid Farabolini. « La transposition à l’hôpital ne devrait pas tarder ». Physiciens et médecins espèrent ainsi que les premiers patients soient traités dès 2024, dans le cadre d’une étude clinique de grande ampleur.
Cependant, même les plus enthousiastes pensent qu’il faudra une trentaine d’années pour que Flash s’impose comme la technique de référence…
X.B.
jim.fr
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Publié le 12/11/2022
Faut-il avoir peur des Frankenvirus ?
Il y a quelques semaines, des chercheurs de l’université de Boston décrivaient sur le site de prépublication BioRxiv leurs expériences destinées à comparer la protéine spike du variant Omicron de Sars Cov-2 avec celle de la souche originale. Pour ce faire, ils ont mis au point une version hybride du virus.
La médiatisation de cette présentation, qui s’est notamment concentrée sur le fait que le virus obtenu par les chercheurs était associé à une très haute mortalité chez des souris spécifiquement sélectionnées pour leur grande susceptibilité à SARS-CoV-2, a contribué à réactiver une controverse très ancienne sur la pertinence de ce type de manipulation virologique en laboratoire.
Depuis plusieurs années, la communauté scientifique est en effet divisée sur la position à adopter face à ces travaux, qui conduisent à des « gains de fonctions » pour les virus originaux. Chaque nouvelle expérience médiatisée ravive les discussions, comme on s’en souvient en 2011 les travaux de Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka qui avaient induit des mutations du virus de la grippe aviaire H5N1 afin d’accroître sa transmissibilité entre humains, ce qui avait entraîné un regain de popularisation du terme « Frankenvirus ».
Qu’il s’agisse de ces recherches ou de celles de Boston aujourd’hui, faut-il considérer qu’elles apportent des connaissances scientifiques essentielles et doivent donc être encouragées, si toutefois toutes les conditions de sécurité sont respectées ou au contraire juger que les risques sont bien supérieurs aux bénéfices et totalement les interdire ?
Rien à gagner
La Covid a-t-elle modifié les données de cette controverse ? D’abord, elle a probablement affaibli considérablement un des arguments souvent mis en avant par les défenseurs de ce type de manipulations soulignant la nécessité de se préparer à une pandémie. De fait, les expériences dites de « gains de fonctions » qui ont été conduites par le passé ne semblent guère avoir permis au monde de mieux faire face à la plus grande pandémie de ces 100 dernières années, tandis que ce sont d’autres types de recherche (celles sur les ARNm) qui nous ont permis de nous en libérer (en partie).
Par ailleurs, même si l’origine de SARS-CoV-2 demeure encore très opaque, la possibilité que des travaux de laboratoire aient pu favoriser la circulation du nouveau tueur est très loin d’être écartée aujourd’hui.
« Au fil du temps, l’hypothèse qu’un accident de laboratoire soit à l’origine de la pandémie a discrètement fait son chemin dans les milieux scientifiques. Pourfendue comme complotiste dans une tribune indignée du Lancet publiée en février 2020, vilipendée durant les premiers mois de la pandémie par toutes les sommités de la virologie, cette hypothèse n’a fait que progresser depuis lors. Au point qu’un grand nombre de chercheurs la tiennent désormais, généralement en privé, pour la plus probable » résume dans le Monde, le journaliste scientifique Yves Sciama.
Les manipulateurs de virus prolifèrent
Si ces différents éléments pourraient nous avoir prévenu des limites voire des dangers de ce type de travaux, la Covid a en réalité entraîné leur accélération. « Des expériences qui étaient rarissimes il y a une quinzaine d’années deviennent beaucoup plus fréquentes. Ça nécessite d’avoir davantage de régulations éthiques et davantage de raisonnement sur les risques et les bénéfices de ce type d’expériences », observait ainsi il y a quelques jours dans l’émission de Guillaume Erner sur les ondes de Radio France Etienne Decroly, virologue, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (AFMB) de l’Université d’Aix-Marseille.
Filippa Lentzos, spécialiste de biosécurité au King’s College de Londres, lui fait écho dans les colonnes du Monde : « On voit aujourd’hui se multiplier les demandes de financement pour la préparation pandémique dans les pays du Sud où le risque d’émergence est le plus fort, ce qui nous place à une sorte de croisée des chemins. Est-ce que cet argent va aller dans des directions sûres, à des investissements dans les hôpitaux, à de la surveillance de l’état de santé des populations, ou bien est-ce qu’une partie significative alimentera la dangereuse collecte de virus dans la faune sauvage, ou des expériences sur ces virus qui jusqu’à aujourd’hui n’ont jamais permis de prédire ni de préparer les pandémies ? » s’interroge-t-elle.
Rien de meilleur que le gain de fonction ?
La multiplication probable de ce type d’expériences relance les mêmes interrogations. Sont-elles indispensables dans le sens où aucune autre technique ne permettrait d’obtenir les réponses recherchées ? Là encore, la controverse fait rage, résumée il y a quelques années par Gabriel Gazeau et ses camarades de l’Ecole des mines (à l’occasion d’une réflexion sur les travaux de Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka) : « Cependant, il ne semble pas y avoir de méthodes alternatives au GOF (Gain of Function, ndlr). Par exemple, certains opposants aux recherches présentent la méthode inverse du Gain-of-Function comme alternative. Il s’agit naturellement du procédé par Loss Of Function, qui suit une logique inverse: en retirant un tropisme génétique, on observe quelle fonction de la molécule est éventuellement perdue. On pourrait ainsi obtenir un résultat similaire sans se retrouver à manipuler une souche virale dangereuse. Cependant, si le processus est symétriquement inverse, les résultats ne le sont pas. Observer une perte de fonction liée au retrait d’un tropisme ne se traduit pas par une corrélation entre le tropisme et la fonction. Ceci signifie que cette relation n’est pas symétrique, et que l’on ne peut en déduire que le gain du même tropisme sur une molécule différente lui fera acquérir la fonction. L’intérêt pratique de la méthode en est grandement atténué, puisque l’on cherche à identifier quels virus dans la nature seraient en mesure d’acquérir la fonction de transmissibilité d’homme à homme ».
Plus rien à perdre !
Cependant, l’objection selon laquelle ces recherches n’ont pas permis de nous prémunir de la pandémie de Covid n’apparaît pas totalement disqualifiée. Avant même cette dernière, d’ailleurs, certains invitaient à se méfier de ce type de discours. Les étudiants de l’école des mines décrivaient : « Les anti-GOF/PPP ne nient pas que les expériences menées par Fouchier et Kawaoka ont permis d’identifier la protéine impliquée dans le processus de mutation qui confère au virus le caractère transmissible. Néanmoins, selon eux, l’intérêt d’une telle découverte reste limité : l’identification de cette protéine n’exclut pas qu’un mécanisme de mutation associé à des protéines autres puisse lui aussi contribuer à l’acquisition du caractère transmissible par le virus H5N1. Considérant la grande instabilité des virus grippaux, identifier le mécanisme de mutation associée à une protéine spécifique a donc une valeur scientifique limitée qui de leur point de vue, est loin de compenser les risques encourus. Les partisans des expériences de type GOF considèrent que l’identification du type de mutations impliquées dans l’acquisition du caractère transmissible fournit, au-delà de la compréhension des mécanismes en cause, des données utiles pour surveiller, prédire, voire prévenir le risque de transmissibilité et d’augmentation de la virulence. Les opposants leur rétorquent qu’en mettant en avant les applications éventuelles des connaissances acquises pour la surveillance ou la prévision de pandémie, les promoteurs de ces expériences en comptent en fait deux fois les « bénéfices ». Il faut distinguer connaissance scientifique en tant que telle (établir des relations causales) et application de cette connaissance (établir des relations instrumentales). La connaissance acquise est certes un outil qui peut permettre des avancées dans le domaine de la santé. Néanmoins, il est difficile d’évaluer à l’avance les possibles bénéfices qui pourront être tirés de ces applications. Or, les pro-GOF ont tendance à considérer que les bénéfices tirés de ces applications sont certains ».
L’histoire a démontré que cela n’était pas parfaitement prouvé. Néanmoins, de façon paradoxale, Marc Lipsitch, épidémiologiste américain et professeur au département d'épidémiologie du Harvard T.H. Chan School of Public Health, qui s’est pourtant très souvent montré réticent vis-à-vis des travaux dits de « gain de fonction » note dans le Monde : « La pandémie a changé à la fois le bénéfice et le risque des expériences de gain de fonction. Le risque est moindre, puisque si ces expériences pourraient certes créer une nouvelle vague, la pandémie est déjà là. Et à l’inverse, les bénéfices de mieux comprendre le virus sont plus importants, puisque ce virus tue des gens chaque jour. »
Gestion des risques : des défis à perception variable
Reste en tout état de cause (et puisqu’une interdiction de ces travaux pourtant souhaitée par certains scientifique apparaît utopique) la question de la sécurité des laboratoires. Or, outre le fait que dans les pays émergents, des craintes légitimes peuvent exister, dans les pays développés, les risques peuvent être plus insidieux. En effet, comme le faisait remarquer Marc Lipsitch, à propos de l’expérience de Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka, « les gros risques à faible probabilité sont une des choses les plus difficiles à gérer pour l’esprit humain ».
Ainsi, Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka n’avaient pas choisi d’utiliser le niveau maximal de sécurité BSL4 (Biosafety Level), réservé à la manipulation des agents biologiques les plus mortels, ce qui a pu être critiqué. Par ailleurs, les cultures scientifiques et les législations de chaque pays jouent également un rôle majeur. En France, par exemple Marc Eloit, de l’Institut Pasteur est convaincu qu’une étude comme celle conduite à Boston n’aurait pas pu être réalisée.
« « Il ne serait même venu à l’idée de personne de la proposer », assure-t-il, pointant qu’il y a en France une culture de la biosécurité et une aversion au risque différentes de ce que l’on rencontre aux Etats-Unis » relate Yves Sciama. Certes, mais il existe parallèlement un vide juridique dans notre pays (rappelé dans Médecine Science par Fanny Velardo et ses confrères de l’Ecole Pasteur-Cnam de santé publique au printemps dernier) qui nous place dans une situation si non dangereuse tout au moins inquiétante.
Ainsi, on le voit, la complexité des enjeux demeure et la Covid si elle a renforcé l’urgence de s’y pencher est loin d’avoir permis d’y répondre. On pourra relire pour s’en convaincre les analyses de :
Yves Sciama, https://www.lemonde.fr/sciences/article ... 50684.html
Etienne Decroly, https://www.radiofrance.fr/francecultur ... re-7308815
Gabriel Gazeau et coll : https://controverses.minesparis.psl.eu/ ... index.html
Fanny Velardo et coll : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03620428/
Aurélie Haroche
jim.fr
Adresse aux Français pour stopper la mise à mort de nos Hôpitaux Publics
L’épidémie de Covid a révélé de façon brutale les difficultés auxquelles sont confrontés depuis des années nos hôpitaux publics. Si chaque épidémie de grippe contribuait à mettre les équipes sous tension, la pandémie a été une épreuve d’une ampleur sans précédent et a fini d’épuiser les dernières ressources, même si au plus fort de la crise, une inattendue souplesse d’organisation a été remarquée (qui n’a cependant pas été pérennisée).
Aujourd’hui, ce sont les hôpitaux pédiatriques qui traversent à leur tour une grave période de turbulence, déjà annoncée par de nombreuses alertes lors des saisons précédentes. Aussi, dans ce texte, le Professeur Laurent Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon lance un appel aux Français et à leurs médecins et infirmiers.
Il y décrit sans nuance ce qu’il dit être « l’état réel de vos hôpitaux » afin de créer un électrochoc dans l’opinion.
Si certains considéreront avec réserve les prises de position qui concluent ce texte, il a le mérite de se faire l’écho de la souffrance éprouvée par ceux qui, à son service depuis si longtemps, se désolent de voir dépérir la santé publique dans notre pays.
Par le Professeur Laurent Thines, neurochirurgien, CHU de Besançon
_______________Vous, françaises, français, êtes loin de connaître l’état réel de vos hôpitaux et de savoir les drames humains qui s’y déroulent chaque jour. Je dresse ici un état des lieux de la situation sur le terrain pour susciter une réelle prise de conscience de la gravité des choses et lancer un appel à un sursaut citoyen pour ne pas accepter l’agonie de notre système de Santé.
En route vers l’A-normalité
On a vu ces derniers jours l’APHP (Assistance Publique Hôpitaux de Paris) avoir recours à des transferts importants d’enfants (à minima 31 selon le ministre de la Santé) nécessitant de la Réanimation Pédiatrique vers la Province et cela parfois à des centaines de kilomètres de chez eux, comme à Rennes. Du jamais vu dans notre pays, depuis l’épidémie de Covid 2019 ! Ceci confirme, si cela était encore nécessaire, l’état de dégradation avancée de notre système de Santé hospitalier qui n’est même plus capable d’absorber une banale épidémie de bronchiolite saisonnière.
Au-delà du drame que cela peut représenter pour des parents d’être éloignés de leur enfant, il est important de souligner que transférer des bébés intubés et ventilés sur de longues distances, parfois en hélicoptère, ajoute un risque non négligeable de complications, de séquelles voire de décès… Est-ce tolérable en France ?
On n’est cependant pas étonné que cela se produise au sein de l’APHP, un des plus grands complexes hospitaliers européens (excusez du peu), qui a été patiemment dépecé (moyens) puis vidé de sa substance (soignants) par Martin Hirsch, son ancien directeur. Lors de sa période de fonction, il a continué d’appliquer, avec il faut le dire ici beaucoup de zèle, des logiques managériales toxiques et des mesures d’austérité qui ont fini d’achever la structure.
Une fois le travail de mise à sac effectué, et en bon carriériste de Direction Hospitalière, celui-ci coule maintenant des jours heureux comme vice-président de Galileo Global Education, la plus grande société privée d’enseignement supérieur en Europe. Comme pour Mme Buzyn avant lui, qui a été recasée à l’OMS, il n’a pas eu besoin de « traverser la rue pour trouver un emploi ». Le système néo-libéral sait comment rétribuer ses meilleurs fossoyeurs.
Mais ce phénomène, qui peut vous paraître nouveau et inquiétant, n’est rien en comparaison des drames qui se nouent chaque jour au sein de vos établissements de « Santé ». Les soignants, eux, constatent avec amertume et découragement chaque jour cette dégradation qui s’est accélérée nettement depuis septembre 2021. Vous ne devez pas vous habituer à l’A-normalité.
Car il n’est pas normal qu’un patient porteur d’une énorme hernie discale, et qui s’est vu refuser l’admission aux urgences d’un hôpital de la Région après appel du 112, finisse par arriver sur la table d’opération à 5h du matin après un délai de 42h. Ceci a eu pour conséquence pour lui d’avoir une paralysie des membres inférieurs et de la vessie, des séquelles l’obligeant aux auto-sondages urinaires et à marcher avec deux cannes. On imagine aussi aisément la perte de qualité de vie, les difficultés psychologiques et corporelles pouvant être associées (trouble érectile) et les complications sociales (perte d’emploi, difficulté à se déplacer) qui peuvent en découler.
Il n’est pas normal qu’un homme d’âge moyen qui fait un coma brutal sur son lieu de travail (BTP) par rupture d’anévrisme n’arrive sur la table opératoire pour l’évacuation de l’hémorragie cérébrale et la sécurisation de son anévrisme qu’au bout de 9h de délai, après un passage par le chaos des urgences, quand on sait que le centre référent est à 1h de voiture… Nous avons fait notre maximum pour lui, avec un résultat opératoire excellent, mais des suites malheureusement dramatiques en raison d’un délai de compression cérébrale responsable d’une ischémie complète de son hémisphère gauche et d’une survie impossible sans séquelles neurologiques majeures et dépendance physique / psychique totale.
Il n’est pas normal que dans un CHU comme Dijon, une personne âgée décède récemment, de malnutrition, de déshydratation et d’alitement, en attendant une opération bénigne pour fracture du péroné reportée jour après jour aux calendes grecques. Il nous arrive également dans notre CHU de reporter de plusieurs jours certains gestes en apparence bénins pour des problèmes d’accès aux salles opératoires. La semaine passée, j’ai dû reporter, pour réduction supplémentaire des vacations opératoires, une patiente souffrant d’une névralgie cervico-brachiale sur hernie cervicale et qui ne pouvait faire autrement que mettre son bras au-dessus de sa tête pour se soulager de la douleur. Cela s’est fait à la dernière minute en raison d’une décision unilatérale de la Direction qui n’avait pas été transmise aux équipes de chirurgie. J’ai dû m’excuser auprès de la patiente et ravaler ma colère de subir une situation que je n’avais pas encore une fois créée.
Il n’est pas non plus normal que dans un EHPAD de la Région, les soignants qualifiés soient remplacés par des contractuels non formés qui ont des pratiques totalement déviantes sur nos aînés : refus de mise au fauteuil, erreur d’administration de médicaments, utilisation de détergent pour le sol pour la réalisation des toilettes intimes… situation similaire rencontrée dans certaines crèches françaises il y a peu, où une employée a administré un détergent à un bébé qui pleurait trop souvent…
Tout cela est bien A-N-O-R-M-A-L. Et la fréquence avec laquelle surviennent ce que l’on pourrait appeler « dysfonctionnements » est réellement inquiétant. Tout cela se traduit maintenant pour vous et vos proches de façon brutale en perte de chance, perte de qualité de vie, handicaps, séquelles voire décès. Nous soignants qui faisons tout sur le terrain pour maintenir à bout de bras le système hospitalier sommes épuisés de nous battre seuls, tels des Don Quichottes, contre un système qui nous broie.
Se tirer une balle dans le pied en fermant des lits
Dans notre service, comme dans tous les services de notre CHU (et comme dans tous les CHU français), il nous manque selon les semaines jusqu’à 30 à 50% des infirmières, 25% des aides-soignantes, 20-40% des vacations opératoires. Nous faisons notre maximum mais pour maintenir la qualité des soins et la sécurité des patients et des personnels, nous en sommes conduits à nous tirer nous-mêmes « une balle dans le pied » en fermant des lits.
C’est ce que nous avons, dans un cri de détresse, annoncé à la direction de notre CHU il y a 1 mois. Qu’avons-nous reçu depuis comme réponse ? Rien, ce qui équivaut à un mépris total. Pourtant, nous sommes un service d’accueil régional, entendez par là que les patients de Franche-Comté (1 million 250 000 habitants) n’ont que Besançon comme centre de recours en neurochirurgie. Pourtant nous sommes de bons élèves : notre activité génère +500 000 euros de « bénéfice » (désolé d’employer ainsi le langage de nos bourreaux) pour le CHU.
Pourtant, depuis 7 ans nous avons donné un nouvel élan à notre équipe avec un recrutement de praticiens formés à la pointe de la neurochirurgie (recrutement vasculaire national pour les pontages cérébraux et les anévrismes géants, endoscopie hypophysaire, chirurgie tumorale éveillé, chirurgie sous-scanner peropératoire…). Pourtant, grâce à la rigueur et à de nouveaux protocoles, nous avons réduit par 2 la mortalité hospitalière et par 3 les infections nosocomiales… Sommes-nous récompensés pour autant ?
Il n’est pas normal qu’une direction laisse ses équipes seules au milieu du désert. Ces directions d’hôpitaux, et leurs directeurs qui ne viennent jamais sur le terrain pour voir les conditions de travail, sont endoctrinées par leurs logiciels de pensée et de gestion managériale, déconnectées de la réalité du terrain et inféodées à une idéologie libérale austéritaire et mortifère qui consiste à transformer l’hôpital public en entreprise rentable : transformer un « hôpital de stocks » (les patients) en un « hôpital de flux » (la durée d’hospitalisation), comme une ligne de fabrication automobile, le Fordisme appliqué à la Santé.
Ces mêmes directions, qui pleurent maintenant des larmes de crocodile, en nous disant qu’elles ne trouvent plus de soignants volontaires pour travailler…pas étonnant quand on voit comment les Directions les considèrent, comment elles les ont sous-rémunérés (salaires au rabais, miettes du Ségur, heures sup non payées), comment elles les ont maltraités (lean-management, rappel sur WE et congés, ballottement d’un service à un autre, refus de formation professionnelle…). Maintenant, elles sont totalement dépassées par la bête qu’elles ont créée en appliquant le doigt sur la couture les directives de leur Ministère et de leur Gouvernement. Il est grand temps de redonner du pouvoir décisionnel aux soignants et agents des hôpitaux dans leur ensemble.
L’incurie gouvernementale et le conte de « l’argent magique »
Alors, n’attendez pas que Monsieur Macron vous/nous vienne en aide, lui qui a dit qu’il n’y avait « pas d’argent magique » pour l’Hôpital (budget annuel de la Sécu 240 milliards). Pas d’argent magique ? Oui, sauf pour ses amis du CAC 40 qui touchent 20 milliards d’aide par an sans que cela ait eu d’effets notables sur les embauches, les licenciements, les délocalisations. « Pas d’argent magique » ? Sauf pour l’évasion fiscale qu’on tolère à hauteur de 120 milliards par an. « Pas d’argent magique » ? Sauf pour les sociétés privées qui ont touché 160 milliards d’aide de l’État en 2021. « Pas d’argent magique » ? Sauf pour les superprofits qui ont rapporté aux actionnaires 170 milliards l’année passée. « Pas d’argent magique »…non, que le mépris.
N’attendez pas non plus un miracle de Monsieur Braun qui comme ses prédécesseurs (Véran, Buzyn, Bachelot, Tourraine, Bertrand) ne fera que du cosmétique. Vous pensez qu’il développe une prise de conscience de la situation quand il dit que « l’hôpital est en difficulté » ? L’hôpital n’est pas « en difficulté », il est exsangue en soins palliatifs, vidés de ses soignants par 30 ans de casse et 6 ans d’incurie de ce dernier Gouvernement. Ce ne sont pas des « missions flashs », de « nouvelles assises de la Santé », un nouveau « Ségur » qui changeront les choses si on ne change pas de paradigme, à savoir : la Santé est un des biens les plus précieux, elle ne doit pas avoir comme unique paramètre la rentabilité, elle doit répondre aux besoins de la population et elle doit permettre à ceux qui y travaillent d’être épanouis et rémunérés dignement.
Piégés ici, entre ces murs, par un système qui nous aliène
Tout ce qui se passe ici, entre nos murs, est révoltant. Vous n’en voyez que la partie émergée. Nous ne pouvons pas, après des années de sacrifices, de réorganisations, d’épuisement, de Covid et de mobilisations diverses (grèves, manifestations, collectifs, articles, livres…), continuer à lutter seuls. Nous sommes piégés ici, entre ces murs, par un système qui nous aliène et liés par notre vœu d’humanité de soignant. N’attendez pas d’être broyé à votre tour par la dure réalité quand vous, ou un de vos proches, serez les victimes de ce qu’est devenu notre système de Santé.
Tout cela est révoltant ? Alors révoltez-vous ! Faites pression de toutes les manières possibles sur le Gouvernement, le Ministère et son Administration hospitalière pour mettre fin à ce massacre. Il n’est plus temps de savoir « qui est responsable », « quel est le but recherché », « à qui profite le crime » … le temps est venu d’agir et de dire STOP !
Professeur Laurent Thines
Publié le 12/11/2022
Docteur, accélérez-moi les particules !
Au CERN connu pour ses accélérateurs de particules, s’écrit l’avenir de la radiothérapie.
Dans ses laboratoires, une équipe de physiciens emmenée par Wilfrid Farabolini phosphore sur la technologie Flash. « L’idée, c’est de soigner par une radiothérapie très rapide, avec un faisceau d’électrons de très haute énergie », explique en termes profanes, Wilfrid Farabolini, dans le Figaro. Sur le plan médical, la technique est évaluée par l’équipe du Pr Jean Bourhis, chef du service de radio-oncologie au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
« La radiothérapie Flash consiste à délivrer un très haut débit de dose en une fraction de seconde et il a été démontré dans plusieurs études précliniques, de manière reproductible, qu'elle épargne les tissus sains, tout en détruisant de façon efficace les cellules cancéreuses. Le temps très court d'irradiation élimine aussi tout effet de mouvement de l'organe ou de la tumeur, donc le ciblage est mieux maîtrisé » écrit sur son site la firme PMB qui a pour objectif de produire à l’avenir un appareil baptisé Flashknife susceptible de permettre l’utilisation clinique de cette technique encore expérimentale.
Flash porte bien son nom
La technologie Flash est testée sur les animaux depuis une petite dizaine d’années. Dans une vidéo de présentation, le Dr Marie-Catherine Vozenin de l’institut Curie s’enthousiasme : « l’efficacité de l’irradiation Flash est validée chez toutes les espèces que nous avons testées jusqu’à présent et également très efficace pour tous les organes testés ».
Un essai a aussi été réalisé chez l’Homme. Dans la même présentation filmée, le Pr Bourhis rapporte : « nous avons juste testé un patient, avec un prototype, l’irradiation a été un succès, mais c’était un cancer cutané très spécifique et superficiel ». Cette nouvelle technique aurait également l’avantage de permettre des radiothérapies plus courtes (une séance au lieu de quatre) et des irradiations plus brèves (1/10eme de seconde contre quelques minutes !).
« La technologie est déjà mature », estime Wilfrid Farabolini. « La transposition à l’hôpital ne devrait pas tarder ». Physiciens et médecins espèrent ainsi que les premiers patients soient traités dès 2024, dans le cadre d’une étude clinique de grande ampleur.
Cependant, même les plus enthousiastes pensent qu’il faudra une trentaine d’années pour que Flash s’impose comme la technique de référence…
X.B.
jim.fr
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Publié le 12/11/2022
Faut-il avoir peur des Frankenvirus ?
Il y a quelques semaines, des chercheurs de l’université de Boston décrivaient sur le site de prépublication BioRxiv leurs expériences destinées à comparer la protéine spike du variant Omicron de Sars Cov-2 avec celle de la souche originale. Pour ce faire, ils ont mis au point une version hybride du virus.
La médiatisation de cette présentation, qui s’est notamment concentrée sur le fait que le virus obtenu par les chercheurs était associé à une très haute mortalité chez des souris spécifiquement sélectionnées pour leur grande susceptibilité à SARS-CoV-2, a contribué à réactiver une controverse très ancienne sur la pertinence de ce type de manipulation virologique en laboratoire.
Depuis plusieurs années, la communauté scientifique est en effet divisée sur la position à adopter face à ces travaux, qui conduisent à des « gains de fonctions » pour les virus originaux. Chaque nouvelle expérience médiatisée ravive les discussions, comme on s’en souvient en 2011 les travaux de Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka qui avaient induit des mutations du virus de la grippe aviaire H5N1 afin d’accroître sa transmissibilité entre humains, ce qui avait entraîné un regain de popularisation du terme « Frankenvirus ».
Qu’il s’agisse de ces recherches ou de celles de Boston aujourd’hui, faut-il considérer qu’elles apportent des connaissances scientifiques essentielles et doivent donc être encouragées, si toutefois toutes les conditions de sécurité sont respectées ou au contraire juger que les risques sont bien supérieurs aux bénéfices et totalement les interdire ?
Rien à gagner
La Covid a-t-elle modifié les données de cette controverse ? D’abord, elle a probablement affaibli considérablement un des arguments souvent mis en avant par les défenseurs de ce type de manipulations soulignant la nécessité de se préparer à une pandémie. De fait, les expériences dites de « gains de fonctions » qui ont été conduites par le passé ne semblent guère avoir permis au monde de mieux faire face à la plus grande pandémie de ces 100 dernières années, tandis que ce sont d’autres types de recherche (celles sur les ARNm) qui nous ont permis de nous en libérer (en partie).
Par ailleurs, même si l’origine de SARS-CoV-2 demeure encore très opaque, la possibilité que des travaux de laboratoire aient pu favoriser la circulation du nouveau tueur est très loin d’être écartée aujourd’hui.
« Au fil du temps, l’hypothèse qu’un accident de laboratoire soit à l’origine de la pandémie a discrètement fait son chemin dans les milieux scientifiques. Pourfendue comme complotiste dans une tribune indignée du Lancet publiée en février 2020, vilipendée durant les premiers mois de la pandémie par toutes les sommités de la virologie, cette hypothèse n’a fait que progresser depuis lors. Au point qu’un grand nombre de chercheurs la tiennent désormais, généralement en privé, pour la plus probable » résume dans le Monde, le journaliste scientifique Yves Sciama.
Les manipulateurs de virus prolifèrent
Si ces différents éléments pourraient nous avoir prévenu des limites voire des dangers de ce type de travaux, la Covid a en réalité entraîné leur accélération. « Des expériences qui étaient rarissimes il y a une quinzaine d’années deviennent beaucoup plus fréquentes. Ça nécessite d’avoir davantage de régulations éthiques et davantage de raisonnement sur les risques et les bénéfices de ce type d’expériences », observait ainsi il y a quelques jours dans l’émission de Guillaume Erner sur les ondes de Radio France Etienne Decroly, virologue, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (AFMB) de l’Université d’Aix-Marseille.
Filippa Lentzos, spécialiste de biosécurité au King’s College de Londres, lui fait écho dans les colonnes du Monde : « On voit aujourd’hui se multiplier les demandes de financement pour la préparation pandémique dans les pays du Sud où le risque d’émergence est le plus fort, ce qui nous place à une sorte de croisée des chemins. Est-ce que cet argent va aller dans des directions sûres, à des investissements dans les hôpitaux, à de la surveillance de l’état de santé des populations, ou bien est-ce qu’une partie significative alimentera la dangereuse collecte de virus dans la faune sauvage, ou des expériences sur ces virus qui jusqu’à aujourd’hui n’ont jamais permis de prédire ni de préparer les pandémies ? » s’interroge-t-elle.
Rien de meilleur que le gain de fonction ?
La multiplication probable de ce type d’expériences relance les mêmes interrogations. Sont-elles indispensables dans le sens où aucune autre technique ne permettrait d’obtenir les réponses recherchées ? Là encore, la controverse fait rage, résumée il y a quelques années par Gabriel Gazeau et ses camarades de l’Ecole des mines (à l’occasion d’une réflexion sur les travaux de Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka) : « Cependant, il ne semble pas y avoir de méthodes alternatives au GOF (Gain of Function, ndlr). Par exemple, certains opposants aux recherches présentent la méthode inverse du Gain-of-Function comme alternative. Il s’agit naturellement du procédé par Loss Of Function, qui suit une logique inverse: en retirant un tropisme génétique, on observe quelle fonction de la molécule est éventuellement perdue. On pourrait ainsi obtenir un résultat similaire sans se retrouver à manipuler une souche virale dangereuse. Cependant, si le processus est symétriquement inverse, les résultats ne le sont pas. Observer une perte de fonction liée au retrait d’un tropisme ne se traduit pas par une corrélation entre le tropisme et la fonction. Ceci signifie que cette relation n’est pas symétrique, et que l’on ne peut en déduire que le gain du même tropisme sur une molécule différente lui fera acquérir la fonction. L’intérêt pratique de la méthode en est grandement atténué, puisque l’on cherche à identifier quels virus dans la nature seraient en mesure d’acquérir la fonction de transmissibilité d’homme à homme ».
Plus rien à perdre !
Cependant, l’objection selon laquelle ces recherches n’ont pas permis de nous prémunir de la pandémie de Covid n’apparaît pas totalement disqualifiée. Avant même cette dernière, d’ailleurs, certains invitaient à se méfier de ce type de discours. Les étudiants de l’école des mines décrivaient : « Les anti-GOF/PPP ne nient pas que les expériences menées par Fouchier et Kawaoka ont permis d’identifier la protéine impliquée dans le processus de mutation qui confère au virus le caractère transmissible. Néanmoins, selon eux, l’intérêt d’une telle découverte reste limité : l’identification de cette protéine n’exclut pas qu’un mécanisme de mutation associé à des protéines autres puisse lui aussi contribuer à l’acquisition du caractère transmissible par le virus H5N1. Considérant la grande instabilité des virus grippaux, identifier le mécanisme de mutation associée à une protéine spécifique a donc une valeur scientifique limitée qui de leur point de vue, est loin de compenser les risques encourus. Les partisans des expériences de type GOF considèrent que l’identification du type de mutations impliquées dans l’acquisition du caractère transmissible fournit, au-delà de la compréhension des mécanismes en cause, des données utiles pour surveiller, prédire, voire prévenir le risque de transmissibilité et d’augmentation de la virulence. Les opposants leur rétorquent qu’en mettant en avant les applications éventuelles des connaissances acquises pour la surveillance ou la prévision de pandémie, les promoteurs de ces expériences en comptent en fait deux fois les « bénéfices ». Il faut distinguer connaissance scientifique en tant que telle (établir des relations causales) et application de cette connaissance (établir des relations instrumentales). La connaissance acquise est certes un outil qui peut permettre des avancées dans le domaine de la santé. Néanmoins, il est difficile d’évaluer à l’avance les possibles bénéfices qui pourront être tirés de ces applications. Or, les pro-GOF ont tendance à considérer que les bénéfices tirés de ces applications sont certains ».
L’histoire a démontré que cela n’était pas parfaitement prouvé. Néanmoins, de façon paradoxale, Marc Lipsitch, épidémiologiste américain et professeur au département d'épidémiologie du Harvard T.H. Chan School of Public Health, qui s’est pourtant très souvent montré réticent vis-à-vis des travaux dits de « gain de fonction » note dans le Monde : « La pandémie a changé à la fois le bénéfice et le risque des expériences de gain de fonction. Le risque est moindre, puisque si ces expériences pourraient certes créer une nouvelle vague, la pandémie est déjà là. Et à l’inverse, les bénéfices de mieux comprendre le virus sont plus importants, puisque ce virus tue des gens chaque jour. »
Gestion des risques : des défis à perception variable
Reste en tout état de cause (et puisqu’une interdiction de ces travaux pourtant souhaitée par certains scientifique apparaît utopique) la question de la sécurité des laboratoires. Or, outre le fait que dans les pays émergents, des craintes légitimes peuvent exister, dans les pays développés, les risques peuvent être plus insidieux. En effet, comme le faisait remarquer Marc Lipsitch, à propos de l’expérience de Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka, « les gros risques à faible probabilité sont une des choses les plus difficiles à gérer pour l’esprit humain ».
Ainsi, Ron Fouchier et Yoshihiro Kawaoka n’avaient pas choisi d’utiliser le niveau maximal de sécurité BSL4 (Biosafety Level), réservé à la manipulation des agents biologiques les plus mortels, ce qui a pu être critiqué. Par ailleurs, les cultures scientifiques et les législations de chaque pays jouent également un rôle majeur. En France, par exemple Marc Eloit, de l’Institut Pasteur est convaincu qu’une étude comme celle conduite à Boston n’aurait pas pu être réalisée.
« « Il ne serait même venu à l’idée de personne de la proposer », assure-t-il, pointant qu’il y a en France une culture de la biosécurité et une aversion au risque différentes de ce que l’on rencontre aux Etats-Unis » relate Yves Sciama. Certes, mais il existe parallèlement un vide juridique dans notre pays (rappelé dans Médecine Science par Fanny Velardo et ses confrères de l’Ecole Pasteur-Cnam de santé publique au printemps dernier) qui nous place dans une situation si non dangereuse tout au moins inquiétante.
Ainsi, on le voit, la complexité des enjeux demeure et la Covid si elle a renforcé l’urgence de s’y pencher est loin d’avoir permis d’y répondre. On pourra relire pour s’en convaincre les analyses de :
Yves Sciama, https://www.lemonde.fr/sciences/article ... 50684.html
Etienne Decroly, https://www.radiofrance.fr/francecultur ... re-7308815
Gabriel Gazeau et coll : https://controverses.minesparis.psl.eu/ ... index.html
Fanny Velardo et coll : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03620428/
Aurélie Haroche
jim.fr
La santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé
Anesthésie générale chez le tout-petit : des conséquences cérébrales ?
Publié le 16/11/2022
Un enfant sur sept aura besoin d’une anesthésie générale (AG) avant l'âge de 3 ans. Cet âge de trois ans correspond au seuil fixé en 2017 par la Food and Drug Administration) en dessous duquel l’AG pourrait avoir un impact sur le développement cérébral, faisant écho à plusieurs publications parues de la fin des années 1990.
La toxicité cérébrale potentielle des anesthésiques a fait l’objet de plusieurs études et reste sujette à controverse dans la communauté scientifique et à vive émotion auprès des familles de patients et du grand public. Trois études cliniques récentes, à haut niveau de preuve, ont montré qu’une exposition unique et courte à l’AG pour une chirurgie dans la petite enfance n’altère pas les mesures de l’intelligence globale (quotient intellectuel). Néanmoins, aucune de ces études n’a évalué l’effet de cette exposition sur la structure même du cerveau.
L’objectif d’une étude menée par l’Inserm et l’Université de Caen Normandie, était d’étudier si l'exposition d’un cerveau en développement à une AG pouvait entraîner des modifications comportementales et structurelles cérébrales.
Deux sujets d’étude : la souris et le petit enfant
Une première étude a été réalisée chez la souris. Les comportements (conditionnement à la peur, labyrinthe en Y et actimétrie) et l'anatomie du cerveau (IRM à haute résolution) de souris âgées de 6 à 8 semaines, exposées ou non à plusieurs l'AG antre l’âge de 4 à 10 jours, ont été évalués. Une deuxième étude a consisté en une analyse complémentaire rétrospective à partir de la cohorte préexistante APEX (APprentissages EXécutifs et cerveau chez les enfants d'âge scolaire), chez des sujets ayant bénéficié d’une AG pour une chirurgie mineure dans l’enfance afin d'évaluer la reproductibilité des données murines chez l'homme.
Les comportements (fonctions exécutives avec la BRIEF, contrôle émotionnel, mémoire de travail, empan numérique inversé et matrices de Raven) et l'anatomie cérébrale (IRM à haute résolution) ont été comparés chez 102 enfants âgés de 9 à 10 ans exposés ou non à une seule AG pour chirurgie pendant la petite enfance (âge moyen d’exposition : 4 ans).
Prudence
Chez l’animal, une exacerbation chronique du comportement de peur chez les souris adultes qui avaient été exposées à une AG post-natale a été mise en évidence (intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] 4 - 80 ; p = 0,03) ; cette modification comportementale était associée à une réduction de 11 % (IC95 % 7,5 - 14,5) de la substance grise péri-aqueducale (p = 0,046).
L'étude chez l'enfant a suggéré un contrôle émotionnel plus faible (IC95 %, 0,33 - 9,10 ; p = 0,06) et une réduction de 6,1 % (IC95 % 4,3 - 7,8) du volume de la partie postérieure du gyrus frontal inférieur droit (p = 0,019) chez les enfants qui avaient été exposés à une AG pour chirurgie. Les modifications cérébrales observées chez l’enfant étaient d’autant plus marquées que l’âge d’exposition à l’AG était précoce.
Les résultats de ces études indépendantes suggèrent des effets durables de l'exposition précoce aux produits anesthésiques sur les comportements de contrôle émotionnel et les structures cérébrales.
Bien que s’agissant, chez l’enfant, d’une étude d’un faible effectif et rétrospective ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre l’exposition à l’AG et les modifications cérébrales et comportementales observées, elle pointe néanmoins l’importance d’en mener rapidement d’autres et appelle les praticiens à une réflexion sur la période la plus propice pour mener une chirurgie chez le tout-petit.
Dr Bernard-Alex Gaüzère
RÉFÉRENCE
Salaün J-P, Chagnot A, Cachia A et coll. : Consequences of General Anesthesia in Infancy on Behavior and Brain Structure. Anesthesia & Analgesia: 2022; publication en ligne le 27 octobre- doi: 10.1213/ANE.0000000000006233
Source : jim.fr
Publié le 16/11/2022
Un enfant sur sept aura besoin d’une anesthésie générale (AG) avant l'âge de 3 ans. Cet âge de trois ans correspond au seuil fixé en 2017 par la Food and Drug Administration) en dessous duquel l’AG pourrait avoir un impact sur le développement cérébral, faisant écho à plusieurs publications parues de la fin des années 1990.
La toxicité cérébrale potentielle des anesthésiques a fait l’objet de plusieurs études et reste sujette à controverse dans la communauté scientifique et à vive émotion auprès des familles de patients et du grand public. Trois études cliniques récentes, à haut niveau de preuve, ont montré qu’une exposition unique et courte à l’AG pour une chirurgie dans la petite enfance n’altère pas les mesures de l’intelligence globale (quotient intellectuel). Néanmoins, aucune de ces études n’a évalué l’effet de cette exposition sur la structure même du cerveau.
L’objectif d’une étude menée par l’Inserm et l’Université de Caen Normandie, était d’étudier si l'exposition d’un cerveau en développement à une AG pouvait entraîner des modifications comportementales et structurelles cérébrales.
Deux sujets d’étude : la souris et le petit enfant
Une première étude a été réalisée chez la souris. Les comportements (conditionnement à la peur, labyrinthe en Y et actimétrie) et l'anatomie du cerveau (IRM à haute résolution) de souris âgées de 6 à 8 semaines, exposées ou non à plusieurs l'AG antre l’âge de 4 à 10 jours, ont été évalués. Une deuxième étude a consisté en une analyse complémentaire rétrospective à partir de la cohorte préexistante APEX (APprentissages EXécutifs et cerveau chez les enfants d'âge scolaire), chez des sujets ayant bénéficié d’une AG pour une chirurgie mineure dans l’enfance afin d'évaluer la reproductibilité des données murines chez l'homme.
Les comportements (fonctions exécutives avec la BRIEF, contrôle émotionnel, mémoire de travail, empan numérique inversé et matrices de Raven) et l'anatomie cérébrale (IRM à haute résolution) ont été comparés chez 102 enfants âgés de 9 à 10 ans exposés ou non à une seule AG pour chirurgie pendant la petite enfance (âge moyen d’exposition : 4 ans).
Prudence
Chez l’animal, une exacerbation chronique du comportement de peur chez les souris adultes qui avaient été exposées à une AG post-natale a été mise en évidence (intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] 4 - 80 ; p = 0,03) ; cette modification comportementale était associée à une réduction de 11 % (IC95 % 7,5 - 14,5) de la substance grise péri-aqueducale (p = 0,046).
L'étude chez l'enfant a suggéré un contrôle émotionnel plus faible (IC95 %, 0,33 - 9,10 ; p = 0,06) et une réduction de 6,1 % (IC95 % 4,3 - 7,8) du volume de la partie postérieure du gyrus frontal inférieur droit (p = 0,019) chez les enfants qui avaient été exposés à une AG pour chirurgie. Les modifications cérébrales observées chez l’enfant étaient d’autant plus marquées que l’âge d’exposition à l’AG était précoce.
Les résultats de ces études indépendantes suggèrent des effets durables de l'exposition précoce aux produits anesthésiques sur les comportements de contrôle émotionnel et les structures cérébrales.
Bien que s’agissant, chez l’enfant, d’une étude d’un faible effectif et rétrospective ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre l’exposition à l’AG et les modifications cérébrales et comportementales observées, elle pointe néanmoins l’importance d’en mener rapidement d’autres et appelle les praticiens à une réflexion sur la période la plus propice pour mener une chirurgie chez le tout-petit.
Dr Bernard-Alex Gaüzère
RÉFÉRENCE
Salaün J-P, Chagnot A, Cachia A et coll. : Consequences of General Anesthesia in Infancy on Behavior and Brain Structure. Anesthesia & Analgesia: 2022; publication en ligne le 27 octobre- doi: 10.1213/ANE.0000000000006233
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