Adepte d'un art martial russe, le systema que je pratique depuis longtemps, je ne pouvais pas ignorer cet article. Le systema s'appuie sur 4 piliers : le relâchement, la posture, le mouvement et le plus important des 4, la respiration. Respirer dans le combat est essentiel. Respirer permet de récupérer plus vite, d'encaisser plus fort, de se libérer des tensions. Au delà de l'aspect martial de cet art du combat pratiqué par les forces spéciales, il est important de se focaliser sur la respiration consciente et de savoir l'activer quand c'est nécessaire.
Publié le 13/02/2023
Essayez donc le « souffle respiratoire cyclique » pour gérer le stress !
Le stress est de plus en plus présent dans nos sociétés modernes. Il participe au déclenchement ou à l’aggravation de nombreuses pathologies et on pense en particulier aux maladies cardiovasculaires et au « burn-out ». De nombreuses techniques sont proposées pour la gestion du stress (relaxation, méditation, sophrologie, yoga, séances de sport …). A titre d’exemple, un examen des pratiques de respiration yogique a révélé une augmentation des sentiments de paix, une amélioration du temps de réaction et de la résolution des problèmes, une diminution de l'anxiété et une réduction du vagabondage de l'esprit et des pensées intrusives [1].
Le plus souvent les différentes méthodes proposées pour mieux gérer le stress insistent sur l’importance de la respiration profonde. Le type de respiration et son ampleur ont un impact physiologique direct sur le niveau d'oxygénation, la fréquence cardiaque, la ventilation et la pression artérielle [2]. Si la neurobiologie de la respiration a été étudiée tant chez l'animal que chez l’homme [3], il existe peu de données comparatives sur les effets des différentes techniques de respiration ou sur la quantité d'exercices respiratoires à effectuer pour produire ces effets.
Les exercices de respiration font donc partie des outils les plus efficaces pour gérer le stress, mais aussi l’angoisse et l’anxiété qui y sont souvent associées.
Plus efficace que la méditation en pleine conscience
Des chercheurs américains de la Stanford University ont évalué, dans un essai contrôlé randomisé publiée le 10 janvier 2023 dans « Cell Report Medicine », l'efficacité sur l'humeur et l’anxiété de plusieurs techniques de respiration pratiquée quotidiennement pendant un mois, en les comparant à la méditation en pleine
conscience pratiquée sur une même période de 1 mois [3]. Nous en rapportons les principaux résultats.
Cent huit sujets volontaires ont été inclus ; le recrutement des participants a commencé le 2 juin 2020, pendant la pandémie de la Covid-19. La plupart provenaient d’une classe de psychologie de l'Université de Stanford.
Quatre groupes de sujets volontaires ont été constitués après randomisation (n = 108). Un groupe devait suivre un programme de méditation en pleine conscience, sans pratiquer d’exercice de respiration (n = 24). Les trois autres groupes devaient pratiquer 5 minutes de respiration contrôlée par jour ; l’un devait pratiquer « le souffle cyclique » * (Cyclic Sighing) qui consiste à avoir des expirations plus profondes et plus longues que les inspirations (n = 30), un autre devait pratiquer « la respiration carrée » (box respiration), qui consiste à avoir le même temps d’inspiration, de rétention du souffle, et d’expiration (n = 21).
Enfin, un dernier groupe devait pratiquer « l'hyperventilation cyclique », avec des inspirations plus longues et des expirations plus courtes (n = 33). Les principaux critères d'évaluation étaient l'amélioration de l'humeur et de l’anxiété, la fréquence respiratoire, la fréquence cardiaque et la variabilité de la fréquence cardiaque ; les sujets devaient indiquer quotidiennement leur retour d’expérience sur ces points.
Toutes les phases de l'étude ont été menées en ligne (sélection, consentement/inscription, interventions/collecte des données et évaluations). Les données ont été recueillies à l'aide de la plateforme sécurisée Stanford REDCap (http:// redcap.stanford.edu). La collecte des données s'est terminée le 17 septembre 2020. Les membres de l'équipe de recherche étaient disponibles par e-mail et par téléphone.
La respiration quotidienne de 5 minutes, quel que soit son type, et la méditation en pleine conscience ont toutes les deux amélioré l'humeur et ont permis une réduction de l’anxiété. Cependant, l’exercice respiratoire seul, en particulier le souffle cyclique centré sur l’expiration, a entrainé une plus grande amélioration de l'humeur (p < 0,05) et une réduction de la fréquence respiratoire (p < 0,05) par rapport à la méditation de pleine conscience.
Des effets calmants physiologiques et psychologiques plus immédiats
Des études antérieures sur la respiration ont montré que les inspirations augmentent généralement la fréquence cardiaque tandis que les expirations la diminuent, mais pour les auteurs, l’impact d’une respiration consciente sur le système respiratoire explique aussi leurs résultats : « La respiration contrôlée influence directement la fréquence respiratoire, ce qui peut provoquer des effets calmants physiologiques et psychologiques plus immédiats …..l’effet des pratiques respiratoires contrôlées sur la fonction cérébrale est, au moins en partie, contrôlé par les voies du nerf vague ».
A noter qu’un article dont les résultats ont été récemment présentés dans le JIM.fr (revue systématique et méta-analyse des effets de la respiration lente volontaire sur la variabilité de la fréquence cardiaque) suggère qu'une respiration lente volontaire entraîne une augmentation du contrôle nerveux parasympathique du cœur avec
l’implication de son nerf principal, le nerf vague [5].
Les limites de l’étude ont été précisées par les auteurs dans l’article publié.
1) La taille des échantillons était relativement petite, avec probablement une puissance statistique insuffisante pour comparer les groupes de respiration entre eux. Cependant, selon eux, elle n’empêchait pas de comparer les effets combinés de la pratique de la respiration artificielle et ceux de la pratique de la méditation en pleine conscience.
2) La mise en œuvre du protocole, la collecte de données (questionnaires) s’est faite à 100 % « à distance » pendant la pandémie de Covid- 19.
3) Les résultats de cette étude sont limités à 1 mois sans suivi supplémentaire.
Cette étude a donc montré que l’exercice respiratoire quotidien de 5 minutes en particulier le souffle cyclique centré sur l'expiration, était prometteur en tant qu'exercice efficace de gestion du stress. Par rapport à la méditation, les exercices respiratoires entrainent une réduction de la fréquence respiratoire et produisent une plus grande amélioration de l’humeur.
Cette étude a été conçue à l'origine comme une étude exploratoire en vue d'un essai clinique plus important que les auteurs vont planifier ; ce prochain essai devra « examiner la durée des effets, la dose quotidienne minimale efficace et le degré minimal d'adhésion, en particulier en ce qui concerne les résultats physiologiques ».
* Description du « Souffle cyclique » (Cyclic Sighing) [4].
A pratiquer assis sur une chaise ou allongé, en deux phases, avec minuteur réglé sur 5 minutes. 1) Pratiquer lentement une inspiration, et, une fois les poumons dilatés, inspirer à nouveau une fois pour remplir au maximum les poumons. 2) Expiration lente et complète (inspiration par voie nasale, expiration par la bouche, ou inspiration et expiration par voie nasale)
Pr Dominique Baudon
Références
[1] Lavretsky, H., and Feldman PhD, J.L. : Precision medicine for breath-focused mind-body therapies for stress and anxiety: are we ready yet? Glob. Adv. Health Med. 2021; 10, 2164956120986129. https://doi.org/10. 1177/2164956120986129. [2] Lavretsky, H., and Feldman PhD, J.L : Precision medicine for breath-focused mind-body therapies for stress and anxiety: are we ready yet? Glob. Adv. Health Med. 2021; 10, 2164956120986129. https://doi.org/10. 1177/2164956120986129. [3] Campanelli, S., et coll. : Pranayamas and their neurophysiological effects. Int. J. Yoga, 2020 ; 13, 183–192. https:// doi.org/10.4103/ijoy.IJOY_91_19.
[4] Melis Yilmaz Balban, et coll. : Brief structured respiration practices enhance mood and reduce physiological arousal. 2023, Cell Reports Medicine 4, 100895. https://doi.org/10.1016/j.xcrm.2022.100895
[5] Laborde S et coll. : Effects of voluntary slow breathing on heart rate and heart rate variability: A systematic review and a meta-analysis. Neurosci Biobehav Rev., 2022; 138: 104711. doi: 10.1016/j.neubiorev.2022.104711.
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Publié le 13/02/2023
Affaire Palmade : au carrefour entre usage de cocaïne, chemsex et « homicide » de fœtus
L’accident de la circulation dans lequel l’humoriste Pierre Palmade a été impliqué met en lumière divers problèmes de santé publique et des questionnements juridico-éthiques.
Ce vendredi soir près de Villiers-en-Brière en Seine-Maritime, un grave accident de la circulation impliquant quatre véhicules a fait quatre blessés graves, parmi lesquels un enfant de six ans et une femme enceinte qui a perdu son enfant des suites de l’accident. Cela n’aurait pu être qu’un énième drame de la route tristement banal, mais l’un des blessés se trouve être l’humoriste et acteur Pierre Palmade. Si c’est d’abord l’émotion qui s’est emparé des médias français, tant le comédien est une personnalité appréciée du show-business, l’état d’esprit a grandement changé au fur et à mesure que des éléments de l’enquête étaient révélés pas les médias. Testé positif à la cocaïne, Pierre Palmade semble en effet, à ce stade de l’enquête, être le principal responsable de ce terrible accident.
Au moment de l’accident, plusieurs témoins ont également affirmé avoir vu deux jeunes hommes s’enfuir du véhicule endommagé du comédien. L’enquête a pu déterminer que l’acteur avait passé le week-end avec ces individus pour une séance de « chemsex ». Il s’agit d’une pratique répandue notamment chez les hommes homosexuels consistant à consommer des stupéfiants au cours de rapports sexuels afin de maximiser les performances et les sensations. Les drogues les plus utilisés lors de cette pratique sont la cocaïne donc, mais aussi l’ecstasy, le GHB ainsi que les cathinones, des drogues synthèses reproduisant les effets psychotropes du khat.
La cocaïne, une drogue qui s’est démocratisée
L’humoriste star des années 1990 et 2000 n’a jamais caché souffrir d’une addiction à la cocaïne, ce qu’il qualifie de « maladie illégale ». Il a ainsi suivi plusieurs cures de désintoxication sans succès et a déjà été condamné plusieurs fois pour usages de stupéfiants, la dernière fois en 2019. Il avait alors été soumis à une injonction thérapeutique, procédure durant laquelle le condamné est « obligé » » de suivre un parcours de soins au sein d’une unité d’addictologie. Une thérapie qui a été sans succès.
Il faut dire qu’il n’existe aucun médicament de substitution pour la cocaïne, contrairement à ce qu’il en est pour l’héroïne. Divers traitements sont employés pour tenter de soigner l’addiction à la cocaïne, qui toucherait environ 20 % des consommateurs, tels que le baclofène ou la simulation magnétique transcrânienne, sans que leur efficacité n’ait pu être déterminé avec certitude.
Si la cocaïne a longtemps été réservé à une élite (stars de cinéma, traders, chefs d’entreprise…) du fait de son prix prohibitif, cette drogue s’est « démocratisée » ces dernières années en raison de la baisse de prix et elle est désormais consommé dans des milieux sociaux de plus en plus divers et par des personnes de plus en plus jeunes. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), sa consommation est en augmentation et on compte en France environ 600 000 consommateurs réguliers.
Tuer un fœtus dans le ventre de sa mère est-il un homicide ?
La consommation de cocaïne créé chez le consommateur une sensation de bien-être immédiate et un sentiment d’euphorie et de toute-puissance qui peut provoquer des comportements dangereux ou violents. Au volant, la cocaïne provoque une conduite plus agressive, amenant le conducteur à prendre des risques inconsidérés et à commettre des erreurs de jugement, tels des changements de direction inopiné (ce qui semble être le cas dans l’accident de Pierre Palmade). Entre 20 et 25 % des accidents mortels de la circulation seraient liés à la consommation de stupéfiants : 94 % des conducteurs testés positifs sont des hommes.
Contrairement à ce qu’il en est pour l’alcool, pour laquelle il existe un seuil légal d’alcoolémie à ne pas dépasser, c’est la tolérance zéro qui s’applique pour la cocaïne et tous les autres stupéfiants : toute personne qui sera testée positive au volant après un test salivaire (éventuellement confirmé par un test sanguin) pourra être reconnu coupable de conduite sous l’emprise de stupéfiant et encourt deux ans de prison et 4 500 euros d’amende. Le fait d’avoir consommé des stupéfiants avant de prendre le volant est également, en cas d’accident de la route, une circonstance aggravante des infractions de blessures involontaires (la peine passe de 3 à 5 ans de prison) et d’homicide involontaire (la peine passe de 5 à 7 ans de prison).
L’homicide involontaire, c’est pour le moment l’infraction retenue par le procureur de Melun dans cette affaire, en raison de la mort du fœtus dans l’accident. Pierre Palmade et les autres victimes de l’accident se retrouvent ainsi bien malgré eux au cœur d’une controverse qui anime le droit pénal depuis 25 ans, celle de savoir si le fait de tuer un enfant dans le ventre de sa mère peut être considéré comme un homicide. Depuis 1999, la position de la Cour de Cassation n’a jamais varié : l’enfant à naitre n'est pas une personne au sens du droit et le tuer n’est donc pas un homicide, sauf s’il a pu vivre, ne serait-ce qu’un instant, hors du ventre de sa mère. Le parquet a donc demandé qu’une autopsie du fœtus tué dans l’accident soit réalisé, afin de déterminer s’il était toujours en vie lorsqu’il a été extrait du ventre de sa mère. Rajoutant ainsi encore une pointe de macabre à cette tragique affaire.
Quentin Haroche
jim.fr
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Les médecins sont nos amis n'oublions pas... Enfin il parait... on n'est pas sûr... En fait il apparaitrait que non.
Publié le 13/02/2023
Manifestation du 14 février : les médecins hospitaliers rejoignent le mouvement
Deux syndicats de praticiens hospitaliers ont appelé à participer à la manifestation de mardi contre la loi Rist.
Veillée d’armes du côté des médecins libéraux. Ce mardi, les praticiens de ville sont appelés à fermer leur cabinet et à participer à une grande manifestation dans les rues de Paris. L’appel à manifester a été lancée par les six syndicats représentatifs de la profession (MG France, CSMF, FMF, SML, UFML, Avenir Spé) et a été rejoint par divers collectifs (Médecins pour demain, Jeunes médecins, Reajgir) et par l’Ordre des médecins.
Les revendications sont diverses (hausse du tarif de la consultation, défense de la liberté d’installation, rejet des gardes obligatoires…), mais le principal mot d’ordre est le combat contre la proposition de loi Rist, adoptée en première lecture à l’unanimité par l’Assemblée Nationale le 19 janvier dernier et qui prévoit de permettre l’accès direct aux infirmiers en pratique avancée (IPA), kinésithérapeutes et orthophonistes et ouvre le droit à la primo-prescription aux IPA. La manifestation coïncidera avec le début de l’examen du texte au Sénat.
Médecins hospitaliers et libéraux main dans la main
Si le mouvement pouvait semblait au départ concerner uniquement la médecine de ville, les syndicats libéraux ont reçu un renfort inattendu ce vendredi, puisque deux syndicats hospitaliers, Action praticiens hôpital (APH) et l’association des médecins urgentistes de France (Amuf), ont également appelé à manifester ce mardi contre la loi Rist. « La pratique avancée doit se concevoir dans le cadre d'un parcours de soins dont l'initiateur du soin est le médecin, en ville ou à l'hôpital, qui a élaboré le diagnostic et la stratégie thérapeutique et qui coordonne avec les équipes soignantes les soins qui peuvent être délégués ou transférés en spécifiant les objectifs thérapeutiques à atteindre pour le malade » écrivent les deux syndicats hospitaliers pour justifier leur ralliement au mouvement.
Chaque groupe de médecins défendra ce mardi ses propres revendications, les questions de tarif et de contraintes pour les libéraux, celles de prise en compte de la pénibilité pour les hospitaliers. Mais les praticiens de ville ne peuvent rester insensibles aux préoccupations de leur confrère hospitaliers et vice et versa. « La médecine hospitalière et la médecine libérale ne fonctionnent ni en silos, ni en opposition : la reconstruction du système de santé ne sera possible que si l'une et l'autre sont en mesure de travailler correctement et ensemble » écrivent APH et l’Amuf.
François Braun veut « répondre aux besoins de santé de la population »
Face à ce front commun relativement inédit, François Braun et le directeur de la CNAM Thomas Fatôme soufflent le chaud et le froid, tentant de calmer la colère des médecins sans renier leurs positions antérieures. Ce vendredi, le ministre de la Santé a dit entendre « l’inquiétude et la colère » des médecins mais rappelle que sa priorité est de « répondre aux besoins de santé de la population » et d’aider « les Français qui n’arrivent pas à trouver un médecin, ni à avoir les soins dont ils ont besoin ».
Le ministre a essayé de calmer les craintes des médecins sur la loi Rist, considérée par les syndicats comme une remise en cause du rôle central du médecin traitant. « Bien sûr le médecin généraliste traitant est et restera la colonne vertébrale de notre dispositif de soins primaires, ce serait une aberration qu’il ne soit plus au centre du jeu » a assuré l’ancien urgentiste, avant de rajouter « mais on ne peut pas rester dans le statu quo actuel, parce que les besoins de santé de la population sont croissants alors que le nombre de médecins va continuer à diminuer ». Il a également défendu la proposition de la CNAM d’augmenter le tarif de la consultation de 1,50 euros, « ce qui peut paraitre dérisoire, mais c’est en moyenne pour un généraliste 7 000 euros de plus par an ».
Même son de cloche du côté de Thomas Fatôme. Si le directeur de la CNAM a été plutôt sévère à l’encontre des syndicats dans ces dernières prises de parole, il s’est montré plus ouvert jeudi dernier, alors que les deux dernières semaines de négociation s’ouvrent. « Dès la semaine prochaine, nous allons rebalayer l'ensemble des sujets, faire évoluer nos propositions sur l'engagement territorial, car nous sommes à l'écoute de ce que les syndicats de médecins ont dit » a indiqué l’énarque.
Fin des négociations conventionnelles le 28 février
Cette dernière phase de négociations sera l’occasion pour la CNAM de défendre son très controversée projet de contrat d’engagement territorial (CET), critiquée par tous les syndicats et d’en définir les contours. La participation à ce contrat, qui consiste pour le médecin à s’engager à remplir divers objectifs permettant d’améliorer l’accès aux soins, lui permettra de bénéficier d’un forfait (fixé pour le moment à 3 000 euros annuel) et surtout d’accéder à une nomenclature spécifique (dont les tarifs doivent encore être négociés) bien plus avantageuse que les 26,50 euros promis à tous les médecins sans condition.
Thomas Fatôme le répète, ce CET ne doit pas être perçu par les médecins comme une nouvelle contrainte, mais au contraire comme une opportunité. « Le dispositif vise justement à reconnaitre ce que font déjà de nombreux médecins et à proposer aussi aux autres, généralistes et spécialistes, un système qui leur soit accessible » rappelle-t-il, dénonçant des « caricatures » sur le sujet.
Le temps presse : la date butoir pour la fin des négociations est fixé au 28 février et en l’absence d’accord, c’est une procédure arbitrale qui sera mise en place. « On ne joue pas l’échec, on fera tout pour obtenir un accord qui soit conforme au mandat fixé » assure le directeur de la CNAM, accusé par certains de vouloir jouer la montre.
Nicolas Barbet
jim.fr
Le communiqué de l'AMUF et cie
LA PRATIQUE AVANCEE N’EST PAS LE « CANADA DRY » DU MEDECIN
Communiqué
Le 14 février 2023, la PPL Rist, visant à donner le primo accès, le primo diagnostic et le primo-traitement aux infirmières de pratique avancée, déjà adoptée à l’Assemblée Nationale, sera examinée au Sénat.
Le 14 février 2023, les médecins libéraux, le Conseil de l’Ordre des Médecins et les syndicats de praticiens hospitaliers d’Action Praticiens Hôpital avec l’AMUF seront devant le Sénat pour s’opposer à ce texte, qui ne respecte pas les engagements initiaux de la pratique avancée infirmière, déstructure l’organisation du soin et instaure une médecine à deux vitesses.
Il y a deux siècles, la triste aventure des officiers de santé s’est conclue par un principe fondamental, inscrit dans la loi : « Nul ne peut exercer la médecine s’il n’est pas médecin » (loi du 19 ventôse an XI, 1803). Demander le maintien de ce principe, c’est reconnaître les compétences et les responsabilités de chacun des acteurs de la santé. Voter la PPL Rist, c’est enterrer ce principe et donner l’illusion que la santé peut se passer de médecins.
Développons la pratique avancée dans les domaines où la coordination du soin et le transfert de tâche ont du sens. Pour APH et pour l’AMUF, la pratique avancée doit se concevoir dans le cadre d’un parcours dont l’initiateur du soin, est le médecin, en ville ou à l’hôpital, qui a élaboré le diagnostic et la stratégie thérapeutique et qui coordonne avec les équipes soignantes les soins qui peuvent être délégués ou transférés en spécifiant les objectifs thérapeutiques à atteindre pour le malade.
Action Praticiens Hôpital et l’AMUF réitèrent leur demande d’une grande concertation nationale sur la Santé, afin de réformer en profondeur, dans l’intérêt des patients et de ceux qui les soignent, le système de santé.
Action Praticiens Hôpital et l’AMUF insistent particulièrement sur les principales revendications pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières :
Ouverture du chantier de la permanence des soins : temps de travail et son décompte, rémunération équitable, valorisation de la pénibilité pour la retraite, juste répartition de la PDS entre l’hôpital et la médecine libérale.
Restitution immédiate des 4 ans d’ancienneté spoliés aux PH nommés avant le 1er octobre 2020, qui pourtant ont tenu l’hôpital public et le système de santé debout y compris pendant la 1re vague de la crise COVID
Démocratisation et humanisation de la gouvernance médicale de l’hôpital.
Le 14 février 2023, les médecins libéraux se mobiliseront pour dénoncer les négociations conventionnelles en cours. Il n’appartient pas à APH ou à l’AMUF de commenter leurs revendications. En revanche, il est de notre devoir de soutenir la nécessité d’un véritable dialogue social et de négociations dignes, reconnaissant le travail, les droits et les devoirs de chacun. La médecine hospitalière et la médecine libérale ne fonctionnent ni en silos, ni en opposition : la reconstruction du système de santé ne sera possible que si l’une et l’autre sont en mesure de travailler correctement et ensemble.
On se souvient des vidéos hystériques du snphar-e, impliquant des IADE, en mettant en ligne (vite retirées ceci dit, par un sursaut de lucidité ?) des "affaires" judiciaires dans lesquelles des IADE étaient impliqués. Ne voulant pas les laisser seuls dans l'exercice, on leur propose juste ça, selon l'actualité du moment. Tout en n'oubliant pas que la création des salles de réveil est bien le fait d'une erreur d'un médecin anesthésiste.
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Drame de la maternité d'Orthez : l'anesthésiste alcoolique condamnée à 3 ans de prison
Par Aude Bariéty
Publié le 12/11/2020
Reconnue coupable d'avoir involontairement causé la mort de Xynthia Hawke en septembre 2014, Helga Wauters se voit par ailleurs interdite définitivement d'exercer la médecine.
«C'était Bagdad». C'est ainsi qu'une infirmière anesthésiste appelée en renfort avait décrit l'accouchement de Xynthia Hawke à la maternité d'Orthez, le 26 septembre 2014. Après quatre jours de coma, la jeune Anglaise de 28 ans était décédée. Ce jeudi 12 novembre, l'anesthésiste de garde le 26 septembre 2014, Helga Wauters, a été reconnue coupable d'«homicide involontaire». Le tribunal correctionnel de Pau l'a condamnée à trois ans de prison, soit le maximum possible. Lors de son procès, les 8 et 9 octobre, le ministère public avait réclamé à son encontre la même peine.
Helga Wauters, aujourd'hui âgée de 51 ans, est née à Bruxelles d'un père belge et d'une mère allemande. Après de brillantes études, elle devient anesthésiste. Lors de son premier emploi, elle rencontre une infirmière qui devient sa compagne et qui accouche de jumeaux en 2005. Puis la Belge perd pied. Séparée de sa conjointe, elle fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique et de désintoxication pour alcoolisme aigu. Elle travaille dans plusieurs hôpitaux, desquels elle est licenciée pour «faute grave» après des problèmes liés à sa consommation d'alcool.
L'opération vire au cauchemar
Le 12 septembre 2014, Helga Wauters arrive à la clinique Labat, située à Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Dès le 22 septembre, elle prescrit un mauvais médicament et trébuche dans la chambre d'un patient sous l'effet de l'alcool. Le 24, elle ne répond pas au téléphone alors qu'elle est de garde. L'établissement décide de se séparer de l'anesthésiste, mais le 26 septembre, elle est encore de garde quand l'accouchement de Xynthia Hawke, dont le terme est dépassé, est déclenché. Dans la soirée, elle est rappelée à la clinique : le gynécologue-obstétricien a décidé d'une césarienne.
L'opération tourne au cauchemar après que le bébé a été extrait, mal en point mais vivant. La parturiente, qui est en train d'être recousue, se réveille, gémit, vomit, balbutie même «J'ai mal» en anglais... Plongée dans le coma, elle meurt le 30 septembre 2014. L'enquête menée ensuite révèle que la Belge buvait tous les jours, qu'elle se rendait au travail avec une bouteille mêlant eau et vodka, et qu'elle a multiplié les fautes médicales lors de l'accouchement de Xynthia Hawke, intubant sa patiente dans l'œsophage au lieu de la trachée et restant sans réaction face à l'arrêt cardiaque de la jeune femme.
Mise en examen et placée en détention provisoire le 2 octobre, Helga Wauters est libérée sous contrôle judiciaire en décembre. Six ans plus tard, son procès, plusieurs fois reporté, a lieu les 8 et 9 octobre 2020. Après une brève déclaration, elle choisit de garder le silence. Son avocat, Me Antoine Vey, reconnaît à sa place sa «responsabilité», qu'il qualifie de «pleinement assumée et intégrée». À la toute fin des débats, la Belge prend toutefois la parole et se dit «sincèrement désolée». La procureure requiert à son encontre trois ans de prison et une interdiction définitive d'exercer la médecine.
Auprès du Figaro, Me Philippe Courtois, le conseil des parents, de la sœur et du compagnon de Xynthia Hawke, décrit ses clients comme «soulagés que le procès se soit déroulé dans de bonnes conditions, même si le silence d'Helga Wauters a été difficile à vivre». L'avocat souligne que les parties civiles «veulent avant tout que cette personne n'exerce plus la médecine. Afin que ce qui arrivé à Xynthia n'arrive pas à d'autres». En ce sens, la décision rendue par le tribunal correctionnel de Pau ce jeudi est pour les proches de la victime un grand soulagement.
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L’anesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen pour 24 empoisonnements, peut retravailler comme simple médecin
publié le 11 janvier 2023
L'anesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen à Besançon pour 24 empoisonnements et soupçonnés de huit autres, et dont le contrôle judiciaire lui interdisait d'exercer la médecine, pourra à nouveau la pratiquer, à l'exception de sa spécialité qui lui reste «interdite», a annoncé mercredi 11 janvier le parquet général de Besançon.