Retrouvez l’article sur la kétamine en extra hospitalier
—
Arrêté du 29 décembre 2025 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l’usage des collectivités et divers services publics
Arrêté du 2 juin 2025 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l’usage des collectivités et divers services publics
Arrêté du 3 décembre 2021 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l’usage des collectivités et divers services publics
Arrêté du 27 juillet 2020 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l’usage des collectivités et divers services publics
Arrêté du 22 mai 2017 modifiant l’arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants
Arrêté du 19 janvier 2017 modifiant l’arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants
Arrêté du 31 juillet 2003 portant application de la réglementation des stupéfiants aux médicaments à base de kétamine et aux médicaments à base de tilétamine
Les médicaments à base de kétamine et les médicaments à base de tilétamine sont soumis aux dispositions de l’article R. 5175 du code de la santé publique.
Arrêté du 4 septembre 2001 modifiant l’arrêté du 16 août 2001 portant application de la réglementation des stupéfiants aux médicaments à base de kétamine
L’arrêté du 16 août 2001 portant application de la réglementation des stupéfiants aux médicaments à base de kétamine est abrogé par l’arrêté du 31 juillet 2003
En raison de nombreux détournements d’usage à des fins de toxicomanie pour ses propriétés psychoactives, la kétamine a été classée comme appartenant à la classe des stupéfiants par un arrêté du 16 août 2001 publié au JO du 25 août 2001
Conditions de délivrance de la kétamine
11e législature
Question écrite n° 35603 de M. Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine – RPR)
publiée dans le JO Sénat du 11/10/2001 – page 3259M. Roger Karoutchi appelle l’attention de M. le ministre délégué à la santé sur les conditions de délivrance de la kétamine, produit anesthésiant pour gros animaux. En effet, la découverte dans les Hauts-de-Seine d’un important trafic de cette substance laisse supposer que ce produit soit utilisé comme un stupéfiant afin de démultiplier les effets de l’ecstasy. Devant le risque pour la santé d’utilisation de ce poison, il lui demande quelles actions il entend prendre pour limiter l’obtention de ce produit aux seuls vétérinaires.
Réponse du ministère : Santé
publiée dans le JO Sénat du 21/03/2002 – page 867La kétamine est un principe actif qui entre dans la composition de spécialités pharmaceutiques destinées à l’anesthésie générale : en médecine humaine KETALAR et KETAMINE PHANPHARMA dosées de 10 à 100 mg et réservées à un usage hospitalier, et en médecine vétérinaire KETAMINE UVA, CLORKETAM et IMALGENE dosées à 500 et 1 000 mg. Il convient de mentionner en premier lieu que, depuis l’arrêté en date du 8 août 1997, la kétamine et ses sels sont inscrits sur la liste des substances classées comme stupéfiants. Quant aux médicaments composés de kétamine et administrés par voie injectable, ceux-ci sont inscrits sur la liste I des substances vénéneuses par l’arrêté du 4 décembre 1997. Malgré ces dispositions réglementaires contraignantes, des cas de trafic de kétamine ont été rapportés en vue d’une utilisation illicite aux conséquences dangereuses voire mortelles. Aussi, une évaluation de cette substance est menée au niveau européen par l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies dans le cadre de l’action commune du 16 juin 1997 adoptée par le Conseil de l’Union européenne sur les drogues de synthèse. De même, au niveau français, la question du trafic de kétamine a été posée lors de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes en décembre 2000, et a donné lieu à une enquête officielle afin d’envisager la mise en place de mesures de contrôle supplémentaires. Aussi, et à l’issue de la présentation des résultats de cette enquête lors de la réunion du 22 février 2001, la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes a proposé diverses mesures, notamment que la déclaration aux autorités sanitaires des vols de spécialités à base de kétamine soit rendue obligatoire. En conséquence, un arrêté en date du 16 août 2001, modifié le 4 septembre 2001, soumet les médicaments à base de kétamine aux dispositions du second alinéa de l’article R. 5175 du code de la santé publique, qui dispose que tout vol ou détournement est signalé sans délai aux autorités de police, à l’inspection régionale de la pharmacie et à l’AFSSAPS. De même, la commission a préconisé une sensibilisation des professionnels concernant les risques de vols dans les établissements concernés, y compris les écoles vétérinaires, par l’intermédiaire du Conseil supérieur de l’ordre des vétérinaires et des autorités sanitaires. Elle propose également une surveillance élargie à l’ensemble des anesthésiques à usage humain ou vétérinaire et la réalisation d’un bilan à un an sur l’utilisation détournée où seront mieux précisées les origines du produit grâce aux déclarations obligatoires de vols.
—
Kétamine à faibles doses : antihyperalgésique, non analgésique
Travail présenté lors du 46e Congrès de la société française d’anesthésie et de réanimation en avril 2004, au cours de la session « Pharmacologie des antalgiques non morphiniques »
P.Richebéab C.Rivatb B.Rivalanab P.Maurettea G.Simonnet
Les données observées, tant en expérimentation animale qu’en clinique humaine, ont clairement démontré que la modulation de la douleur résultait d’une balance entre l’activité des systèmes antinociceptifs et pronociceptifs. Ainsi, l’augmentation du niveau de douleur pourrait ne pas être seulement le reflet des influx nociceptifs, mais résulterait aussi d’une sensibilisation à la douleur. Le glutamate, via les récepteurs N-méthyl-D-aspartate (NMDA), joue un rôle essentiel dans le développement d’une telle plasticité du système nerveux central aboutissant à une hypersensibilité à la douleur susceptible de faire le lit des douleurs chroniques.
Les opiacés, via leur action sur les récepteurs NMDA, sont aussi responsables de façon dose-dépendante d’une exacerbation postopératoire de ces phénomènes d’hyperalgésie. À faibles doses « antihyperalgésiques », la kétamine, antagoniste des récepteurs NMDA, est capable de limiter la sensibilisation du SNC chez l’animal douloureux, chez les volontaires sains exposés à divers modèles de douleurs et chez les patients opérés. Les données de la littérature rapportent que la kétamine s’avère plus efficace si elle est administrée en bolus peropératoire (0,1 à 0,5 mg/kg), suivie d’une administration continue à la seringue électrique et durant les 48 à 72 heures suivant l’intervention (1 à 2 μg/kg par minute). À ces doses, la kétamine améliore la prise en charge de la douleur postopératoire. Elle limite à la fois l’hyperalgésie postopératoire consécutive au traumatisme chirurgical et celle due à l’utilisation pendant l’opération de fortes doses d’opiacés.
L’inhibition de l’hyperalgésie par les antagonistes NMDA limite donc la consommation d’antalgiques, diminue la tolérance aiguë à la morphine et améliore la qualité globale de l’analgésie en période postopératoire.
Quelques exemples d’articles à lire sur la kétamine et son efficacité sur la prise en charge des patients en état de choc.
Ketamine versus propofol for rapid sequence induction in trauma patients: a retrospective study

—
Kétamine : un coup dans le nez, c’est bon pour le moral !
Publié le 26/02/2015
Environ un patient déprimé sur trois souffre d’une dépression résistant aux traitements médicamenteux disponibles actuellement. La plupart de ces traitements agissent sur le système mono-aminergique. Une nouvelle voie thérapeutique émerge : le récepteur au glutamate N-méthyl-D-aspartate (NMDA). La kétamine intraveineuse, un antagoniste du récepteur NMDA, a déjà démontré une efficacité rapide dans la dépression résistante. Cependant, son administration intraveineuse limite son accessibilité.
Kyle Lapidus et coll. ont présenté dans Biological Psychiatry une étude pilote évaluant l’effet antidépresseur de la kétamine en administration intranasale chez 20 patients souffrant d’une dépression résistante à au moins un traitement antidépresseur. Tous les patients recevaient soient 50 mg de kétamine soit du sérum physiologique en administration intra-nasale (en 5 pulvérisations). Ils recevaient l’autre traitement une semaine plus tard après une période de « crossover ». L’évaluation de l’efficacité du traitement sur les symptômes dépressifs se faisait à l’aide de la Montgomery-Asberg Depression Rating Scale (MADRS) évaluée à 24 h. Dix-huit patients sur les 20 inclus ont reçu les deux traitements.
Les patients ayant eu la kétamine avaient en moyenne une MADRS inférieure de 7,6 points par rapport à ceux ayant reçu le placebo (intervalle de confiance à 95 % [IC95] 3,9-11,3). Le taux de réponse au traitement à 24 h (diminution de 50 % de la MADRS) était de 44 % (8 sur 18) après une administration de kétamine, contre 6 % après le sérum physiologique. On ne retrouvait pas d’effet résiduel à une semaine. Les effets psychomimétiques étaient très modérés, et n’étaient pas corrélés aux effets antidépresseurs. Aucun effet indésirable grave n’est rapporté.
Les concentrations sanguines de kétamine dans cette étude sont inférieures à celles mesurées après administration intraveineuse, pouvant expliquer selon les auteurs le taux de réponse inférieur à ce qui est retrouvé après une administration intraveineuse. Ce qui peut également expliquer la rareté des effets dissociatifs.
Il s’agit bien entendu d’une étude pilote, menée sur un petit nombre de patients, et qui nécessite d’être répliquée. Cependant, ce nouveau mode d’administration a l’avantage de rendre plus accessible ce traitement émergent qu’est la kétamine. Si son efficacité est démontrée de façon de plus en plus robuste au fil des études qui paraissent régulièrement, son utilisation (hors AMM) en pratique clinique reste rarissime et réservée à quelques services. Espérons que la facilité d’utilisation de l’administration intranasale contribuera à faire entrer à terme la kétamine dans la pharmacopée quotidienne du psychiatre.
Dr Alexandre Haroche, jim.fr
Références
- Lapidus et coll. : A randomized controlled trial of intranasal ketamine in major depressive disorder. Biol Psychiatry. 2014;76: 970-6
Morphine-Kétamine: font-elles bonne affaire en postopératoire?
Par La rédaction actumedecine.com-
30 novembre 2015
Que vous soyez élève IADE ou médecin anesthésiste, la prise en charge de la douleur postopératoire demeure votre responsabilité! On vous propose dans cet article une étude, publiée dans « Canadian Journal of Anaesthesia » et qui a été effectuée pour un seul et unique but: Offrir une meilleure analgésie au patients en postopératoire. Dans ce contexte, on a étudié l’effet analgésique de la morphine et de la kétamine.
Une piqûre de rappel qui fera du bien: La kétamine est une drogue fantastique polyvalente utilisée en médecine d’urgence.
C’est un anesthésique dissociatif qui génère un sentiment de détachement de l’esprit et du corps. Elle fait en sorte que le cerveau ne reçoit plus les messages nerveux de la douleur.
Cette étude a été menée pour comparer l’effet de la kétamine associée à la morphine avec la morphine seule, dans le but d’alléger la douleur postopératoire. Pour ceci, on a administré par voie intraveineuse à 42 patients ASA 1 et 2, allant subir une microdiscoïdectomie, 1mg/ml de morphine (n = 10) ou 1 mg/ml de morphine et de kétamine à la fois (n = 22). Le soulagement et les effets indésirables ont été évalués 24 h après l’opération.
Les résultats de cette étude ont révélé que la moyenne de la valeur déterminée sur une échelle visuelle analogique (EVA) pour les patients qui ont reçu à la fois la morphine et la kétamine, était significativement inférieure à celle trouvée chez les sujets qui n’ont reçu que la morphine. Raison de plus, les patients mis sous morphine-kétamine étaient moins exposés aux effets indésirables connus tels que nausées, vomissement, prurit et rétention urinaire.
Quant à la dysphorie (effet secondaire connu de la kétamine) elle n’a été que rarement rapportée dans les deux échantillons.

Pour conclure, plusieurs autres études menées dans le même sens ont également souligné que la kétamine avec la morphine font bonne affaire. Elles atténuent la douleur postopératoire de la douleur tout en épargnant les doses et avec moins d’effets indésirables que la morphine seule. Autrement dit, la kétamine potentialise l’action antinociceptive de la morphine et réduit l’apparition des phénomènes de tolérance.
Prévenir la confusion postopératoire du sujet âgé avec la kétamine, c’est délirant !
Publié le 16/06/2017
Fréquente, parfois méconnue et sous estimée, source d’inquiétude pour les familles et le personnel, la confusion postopératoire est source de morbidité et de mortalité. Une hypothèse intrigante est que la kétamine, dont les vertus anesthésiques, antalgiques et hallucinatoires sont bien connues, pourrait être en mesure de réduire paradoxalement la confusion postopératoire lorsqu’administrée à des doses sub-anesthésiques en peropératoire dans un but antalgique.
L’objectif principal de cette étude multicentrique randomisée et internationale (The Prevention of Delirium and Complications Associated with Surgical Treatments [PODCAST]) était de confirmer ou d’invalider cette action chez des adultes âgés de plus de 60 ans ayant bénéficié d’une chirurgie lourde cardiaque ou non, évidemment sous anesthésie générale. Ont été exclus les patients confus avant l’intervention, allergiques à la kétamine, hypertendus avec phéochromocytome ou dissection aortique, ceux traités par psychotropes et ceux pesant moins de 50 kg et plus de 200 kg.
Autant de confusion…mais aussi des hallucinations et des cauchemars
Les patients ont été répartis de façon aléatoire en 3 groupes : placebo (n = 222), faibles (0,5 mg/kg) (n = 227), ou fortes doses de kétamine (1,0 mg/kg) (n = 223), administrées après l’induction et avant l’incision. La confusion a été recherchée 2 fois par jour de J0 à J3 selon la Confusion Assessment Method.
Il n’y a eu aucune différence de fréquence d’apparition d’une confusion entre les patients recevant la kétamine ou le placebo (19,45 % vs 19,82 %, respectivement ; différence absolue 0,36 %, intervalle de confiance à 95 % – 6,07 à 7,38, p = 0,92). Par contre le nombre des épisodes d’hallucinations postopératoires (p = 0,01) et de cauchemars (p = 0,03) a été proportionnel aux doses de kétamine et plus élevé que dans le groupe placebo. Il n’y a pas eu de différence quant à la survenue d’effets indésirables (cardiovasculaires, rénaux, infectieux, gastro-intestinaux et hémorragiques) entre les groupes.
Cette étude ne confirme pas le « mythe protecteur » de la kétamine à dose unique sub-anesthésique contre la confusion et la douleur postopératoires chez l’adulte de plus de 60 ans lors d’une anesthésie lourde pour un acte opératoire majeur. Par contre, elle souligne la fréquence des effets secondaires hallucinatoires et cauchemardesques sous kétamine, ce qui n’est pas pour surprendre. Mais qu’en est-il chez le sujet plus jeune ? Et interrogation fondamentale, qu’en est-il de la physiopathologie de la confusion postopératoire aux composantes multiples et qu’aucune drogue n’a jusqu’ici réussi à prévenir totalement ?
Dr Bernard-Alex Gaüzère
-Références
- Avidan MS et coll. PODCAST Research Group. : Intraoperative ketamine for prevention of postoperative delirium or pain after major surgery in older adults: an international, multicentre, double-blind, randomised clinical trial. Lancet, 2017 ; publication avancée en ligne le 30 mai. doi: 10.1016/S0140-6736(17)31467-8.
Copyright © jim.f
La kétamine en tant qu’agent d’induction à séquence rapide dans la population traumatisée. Un examen systématique
Baekgaard, Josefine S., MD * ; Eskesen, Trine G., MSc *; Sillesen, Martin, MD, PhD † ; Rasmussen, Lars S., MD, PhD, DMSC * ; Steinmetz, Jacob, MD, PhD *
Anesthésie & Analgésie: Mars 2019 – Volume 128 – Numéro 3 – p 504–510
doi: 10.1213 / ANE.0000000000003568
Trauma: Article de revue systématique
https://journals.lww.com/anesthesia-analgesia/Fulltext/2019/03000/Ketamine_as_a_Rapid_Sequence_Induction_Agent_in.17.aspx
Le choix du médicament utilisé pour faciliter l’intubation endotrachéale chez les patients traumatisés au cours de l’induction de séquence rapide (IRS) peut avoir un impact sur la survie. La kétamine est couramment utilisée chez les patients traumatisés hémodynamiquement instables, bien qu’elle ait été associée à des effets secondaires. Cette revue visait à déterminer si la kétamine devait être préférée à d’autres agents d’induction pour le RSI chez les patients traumatisés. Le 19 septembre 2016, PubMed, Embase et la Cochrane Library ont fait l’objet d’une recherche systématique dans les études rapportant la RSI de patients adultes traumatisés atteints de kétamine par rapport à un autre agent d’induction (étomidate, propofol, thiopental ou midazolam). Aucune restriction de langue n’a été appliquée. Le critère de jugement principal était la mortalité à 30 jours, et les résultats secondaires comprenaient des informations sur les transfusions sanguines, la durée du séjour à l’hôpital et la mortalité à l’hôpital.
Le risque de biais a été évalué à l’aide de l’outil d’évaluation du risque de biais de Cochrane pour les essais randomisés et du risque de biais dans les études d’interventions non randomisées pour les études d’interventions non randomisées. Au total, 4 études ont été incluses. Une étude de cohorte de 1976 a comparé thiopental (n = 26) à la kétamine (n = 14) pour le RSI chez des patients traumatisés. Le principal critère d’évaluation était le nombre de transfusions sanguines et aucune différence significative n’a été constatée. Le risque de partialité a été jugé grave. Un essai contrôlé randomisé de 2009 comparait l’étomidate (n = 57) à la kétamine (n = 47) et n’a révélé aucune différence significative dans la mortalité à 28 jours (odds ratio [OR], 0,8 [0,4 à 2,0]). Le procès a été jugé comme présentant un faible risque de biais. Deux études de cohorte de 2015 et 2017 ont également comparé l’étomidate (n = 116 et n = 526) à la kétamine (n = 145 et n = 442).
Aucune différence significative dans la mortalité hospitalière entre les groupes n’a été observée (OR, 1,11 [0,38–3,27] et OR, 1,41 [0,91–2,16], respectivement). Les deux études ont été considérées comme présentant un risque modéré de biais, excluant ainsi la possibilité d’une méta-analyse significative. L’étude de 2017 a également rapporté le nombre d’unités de sang transfusé au cours des premières 48 heures après le traumatisme et la durée de l’hospitalisation. Aucune différence significative n’a été observée (OR, 1,14 [0,87–1,49] et OR, 1,1 [0,95–1,27], respectivement). Très peu d’études ont comparé les agents d’induction du RSI chez les patients traumatisés. Aucune différence significative n’a été observée dans la mortalité, la durée d’hospitalisation ou le nombre de transfusions sanguines après l’induction de la kétamine par rapport aux autres agents d’induction, mais un bénéfice ou un préjudice cliniquement significatif ne peut être exclu.
Les traumatismes sont l’une des principales causes de décès 1 dans le monde, avec 5,8 millions de décès chaque année, conséquence directe d’une blessure 2,et représentent un fardeau économique majeur pour la société, tant aux États-Unis qu’en Europe. 1 , 3
Un aspect important des patients traumatisés est la gestion des voies respiratoires. L’induction rapide de séquence (RSI) consiste à associer un sédatif et un agent bloquant neuromusculaire pour rendre un patient rapidement inconscient et paralysé afin de faciliter l’intubation endotrachéale d’urgence et de minimiser les risques d’aspiration. Il n’y a pas de consensus sur les médicaments optimaux à utiliser pour le RSI, probablement en raison du manque de données concernant l’impact de leurs médicaments respectifs sur des résultats tels que la survie. Les directives de Advanced Trauma Life Support recommandent donc l’utilisation d’un agent d’induction conformément aux pratiques locales. 4
Un agent optimal pour un RSI devrait avoir un début d’action rapide et une courte durée d’action, des effets hémodynamiques négligeables, ainsi qu’un profil d’effets secondaires minimal. 5À l’heure actuelle, 5 agents d’induction du RSI prédominent: l’étomidate, la kétamine, le propofol, le thiopentone et le midazolam. L’étomidate est un agent d’induction fréquemment utilisé car il convient aux patients hémodynamiquement instables. Cependant, l’étomidate n’est plus enregistré dans plusieurs pays 6à 8 en raison d’un lien possible avec le syndrome de détresse respiratoire aiguë et la suppression corticosurrénalienne. La kétamine 9–14 convient également aux patients hémodynamiquement instables mais, contrairement à l’étomidate, la kétamine n’est pas connue pour inhiber l’axe des glandes surrénales. La kétamine a été associée à une consommation accrue d’oxygène du myocarde et à une augmentation de la pression intracrânienne (PCI) 15, mais la littérature récente n’appuie plus cette hypothèse. 16 , 17La kétamine, cependant, peut causer des hallucinations, des cauchemars et un délire. 18 Le propofol diminue la PIC, ce qui le rend approprié pour les patients présentant une lésion cérébrale. Lesinconvénients incluent l’hypotension, ce qui la rend moins adaptée aux patients hémodynamiquement instables. 20 Midazolam et thiopental provoquent également une hypotension. 21 , 22 Le thiopentone inhibe à son tour l’activité neuronale et est donc considéré comme un agent d’induction utile chez les patients hémodynamiquement stables présentant des états qui font augmenter le CIP. Les inconvénients du thiopentone comprennent l’induction ou l’exacerbation d’un bronchospasme dû à la libération d’histamine, ce qui limite son utilisation chez les patients atteints de maladies réactives des voies respiratoires. 23
Que la différence dans le choix des médicaments utilisés pour l’intubation des patients traumatisés ait un impact sur la survie globale reste inconnu et constitue le fondement de cette revue systématique. Cette revue examinera en particulier l’effet de la kétamine sur le RSI chez les patients traumatisés par rapport aux autres agents inducteurs.
- METHODES
Les examens systématiques ne nécessitent pas l’approbation des comités d’examen institutionnels, pas plus que les sujets d’étude doivent être réexaminés et cela n’a donc pas été recherché. La revue systématique est rapportée conformément aux directives relatives aux éléments de rapport préférés pour les revues systématiques et les méta-analyses. 24Le protocole de cette étude est enregistré dans la base de données PROSPERO des revues systématiques (numéro d’enregistrement: CRD42016050434). 25
- Critère d’éligibilité
Nous avons élaboré la question de recherche selon le format PICOS (population, intervention, comparaison, résultat et conception de l’étude) recommandé par la Collaboration Cochrane. 26 ( p. 5)Nous avons identifié des études recrutant des patients adultes traumatisés (âgés de plus de 16 ans) intubés dans un contexte préhospitalier ou à l’urgence dans l’heure suivant leur arrivée (= population) avec l’aide de la kétamine (= intervention) ou d’un autre agent d’induction ( propofol, étomidate, thiopental ou midazolam) (= comparaison). Nous avons inclus des études portant sur la mortalité à 30 jours (la mortalité à 28 jours était considérée comme égale à la mortalité à 30 jours) (= critère principal), la mortalité à l’hôpital, les informations sur les transfusions sanguines et la durée du séjour à l’hôpital (= critères secondaires). Les informations sur les transfusions sanguines ont été incluses parce que les agents sont connus pour introduire différents degrés d’hypotension, ce qui peut être géré avec des fluides et des produits sanguins. Nous avons exclu les lettres, rapports de cas, résumés, documents de conférence, revues et études pour lesquelles le texte intégral n’était pas disponible.
- Sources d’information et méthodes de recherche
Nous avons effectué une recherche documentaire dans PubMed, Embase et la bibliothèque Cochrane le 19 septembre 2016 et l’avons mise à jour le 21 août 2017. La stratégie de recherche électronique complète est illustrée à la figure 1 .
Figure 1
La stratégie de recherche a ensuite été modifiée pour s’adapter à Embase et à la Cochrane Library. suivre ce lien
- Sélection d’étude
Deux auteurs (JSB, TGE) ont indépendamment sélectionné des titres et des résumés. La fiabilité inter-répondants a été calculée à l’aide des statistiques kappa de Cohen. Les mêmes auteurs ont indépendamment examiné les textes intégraux des études sélectionnées. Ici, le désaccord a été résolu par des discussions jusqu’à un consensus. L’extraction des données et l’évaluation du risque de biais ont été effectuées par les mêmes 2 auteurs. Pour garantir la saisie de toutes les études importantes, toutes les listes de références des études en texte intégral sélectionnées ont été évaluées par le premier auteur et jugées de leur pertinence. Si les études sélectionnées avaient des résultats étroitement liés à nos intérêts, les auteurs ont été contactés dans l’espoir d’obtenir des données utiles non publiées utiles à inclure dans la revue.
- Processus de collecte de données et éléments de données
Les données ont été extraites dans des tableaux prédéterminés par JSB et TGE. Les détails de l’étude comprenaient la période de l’étude, la localisation géographique et les sources de financement. Les données sur les méthodes comprenaient la conception de l’étude, les critères d’inclusion / exclusion, l’intervention exacte et la comparaison exacte. Les données sur les résultats comprenaient le nombre de patients dans chaque intervention, les différences entre les groupes, des informations sur les transfusions sanguines, la durée du séjour à l’hôpital, la mortalité à l’hôpital et la mortalité à 30 jours.
- Risque de biais dans les études individuelles
L’outil Cochrane d’évaluation du risque de biais dans les essais cliniques a été utilisé en double par deux auteurs (JSB, TGE). 27 Ici, le risque de biais est évalué comme étant faible, élevé ou peu clair dans chacun des 7 domaines suivants: génération de séquence aléatoire, dissimulation d’allocation, aveuglement des participants et du personnel, aveuglement de l’évaluation du résultat, données de résultat incomplètes, rapports sélectifs, etc. partialité.
Pour les études non randomisées, la qualité a été évaluée par 2 auteurs (JSB, JS) à l’aide de l’échelle de Newcastle-Ottawa (NOS). 28Une étude peut être attribuée de 0 à 9 étoiles, 9 étoiles représentant un faible risque de biais et 0 étoiles, un risque élevé de biais. Les étoiles sont attribuées en fonction de la représentativité de la cohorte exposée (maximum 2 étoiles), de la détermination de l’exposition (maximum 1 étoile), de l’évaluation du résultat du suivi pour les cohortes (maximum 1 étoile), de la démonstration de l’absence du résultat recherché. au début de l’étude (maximum 1 étoile), le suivi est suffisamment long pour que les résultats se produisent (maximum 1 étoile), la sélection des non exposés (maximum 1 étoile) et la comparabilité des cohortes sur la base de la conception ou de l’analyse (maximum 2 étoiles).
Les étoiles servent d’indicateur de la qualité d’études spécifiques et peuvent aider les lecteurs à comparer les résultats rapportés entre les études.29 Cela prend en compte les biais dans 7 domaines: confusion, sélection des participants, classification des interventions, écarts par rapport aux interventions envisagées, données manquantes, mesures des résultats ou sélection des résultats rapportés. Le risque de biais peut être jugé comme «faible», «modéré», «grave» ou «critique».
- Analyses statistiques
Une différence cliniquement importante dans notre résultat principal a été définie comme une différence de mortalité de 5% ou plus, et la puissance des études incluses a été évaluée à l’aide du logiciel «R» (RStudio, Inc., Boston, MA). Par conséquent, le nombre de patients requis dans chaque groupe serait de 906 pour détecter une différence de mortalité cliniquement significative de 5% avec une puissance de 80% au seuil de signification de 0,05. Nous supposerions que les données des études sont indépendantes.
- RÉSULTATS
Grâce à notre recherche documentaire, nous avons identifié 1739 enregistrements. Après le retrait des doublons et la recherche non originale, 1668 études ont été évaluées pour inclusion par le biais de la sélection du titre et du résumé. Cinquante-neuf études ont été incluses avec un Cohen kappa de 0,71 (intervalle de confiance à 95%, 0,61–0,80), et une étude supplémentaire a été identifiée lors de la mise à jour de la recherche documentaire. L’admissibilité au texte intégral a été évaluée. 56 études ont été exclues, ce qui laisse 4 études à inclure dans notre revue ( Figure 2 ).
Figure 2
Trois des études incluses étaient des études d’observation et une était un essai contrôlé randomisé (ECR). 30–33 Les caractéristiques et les résultats de l’étude sont résumés dans les tableaux 1 et 2 . suivre ce lien
Tableau 1 suivre ce lien
Tableau 2 suivre ce lien
Une étude de cohorte réalisée en 1976 par Cromartie 30 a comparé thiopental à la kétamine pour déterminer le RSI des victimes de la guerre du Vietnam. Un total de 36 patients ont été intubés avec du thiopental et 14 avec de la kétamine d’une manière non randomisée (non décrit plus en détail). Cette étude présente un intérêt particulier pour le nombre de transfusions sanguines (groupe thiopental, 3,4; groupe kétamine, 10,6). Un score NOS de 6 a été attribué à l’étude et le risque de biais a été évalué comme sérieux (Supplément numérique, contenu numérique,
tableaux 1 et 2, http://links.lww.com/AA/C453 ).
Un RCT de 2009 réalisé par Jabre et al 31 a comparé l’étomidate à la kétamine chez des patients nécessitant un ISR dans un établissement préhospitalier, un service de réanimation ou une unité de soins intensifs, ce qui a abouti à une population (n = 104) non exclusivement de patients traumatisés. Cependant, un calcul séparé portant uniquement sur les patients traumatisés a été inclus, dans lequel l’induction avec l’étomidate (n = 57) ou la kétamine (n = 47) n’a révélé aucune différence de mortalité à 28 jours (kétamine: rapport de cotes [OR], 0,8 [0,4 à 2,0]. ]). Le risque de biais a été évalué comme étant faible (Contenu numérique supplémentaire,
tableau 3, http://links.lww.com/AA/C453 ).
Une étude de cohorte de 2015 menée par Lyon et al 32 a comparé l’étomidate à la kétamine pour le RSI dans le contexte préhospitalier. Au total, 244 patients ont été inclus, mais 17 patients étaient âgés de moins de 16 ans (critère d’exclusion pour cette revue). Les auteurs ont été en mesure de fournir des données originales, laissant 211 patients âgés de plus de 16 ans, qui avaient reçu de l’étomidate ou de la kétamine pour le RSI. Le groupe intubé avec de la kétamine présentait un score de gravité des blessures (ISS) significativement plus élevé (29 vs 22; P = 0,039) ainsi qu’un score plus bas sur l’échelle de coma de Glasgow (GCS) (9 vs 12; P = 0,040). Les 2 groupes n’ont montré aucune différence de mortalité hospitalière ajustée en fonction de l’ISS, du GCS, de l’âge et du sexe (étomidate: OR, 0,90 [0,31–2,63]; P= 0,85). Un score NOS de 8 a été attribué à l’étude et le risque de biais a été évalué comme étant modéré (Supplément numérique, contenu numérique,
tableaux 1 et 2, http://links.lww.com/AA/C453 ).
Dans la quatrième étude de 2017 réalisée par Upchurch et al., 33les patients présentant un traumatisme aigu intubé dans l’urgence avec de l’étomidate ou de la kétamine ont été comparés en utilisant un protocole d’observation. Un total de 968 patients ont été inclus. Les patients avaient une ISS semblable (médiane: 22 pour les deux groupes), des scores GCS (12 et 12) et des taux de lésion cérébrale traumatique (30,3% dans le groupe intubé avec de la kétamine et 33,8% dans le groupe intubé avec de l’étomidate). L’étude n’a montré aucune différence entre le nombre d’unités de globules rouges emballés transfusées au cours des premières 48 heures d’admission (étomidate: OR, 1,14 [0,87–1,49]), en nombre de jours avant la sortie de l’hôpital (étomidate: OU, 1,10 [0,95–1,27] ), ou mortalité à l’hôpital (étomidate: OR, 1,41 [0,92–2,16]), ajustée pour l’âge, le sexe, la présentation aux urgences, la fréquence du pouls, la pression artérielle systolique, les scores GCS et ISS, ainsi que le mécanisme de lésion avec l’étomidate comme référence . Il convient de noter que les cliniciens traitants ont toujours eu la possibilité de choisir également un agent d’induction hors protocole; ces patients n’étaient pas inclus. L’étude a obtenu un score NOS de 9 et le risque de biais a été évalué comme étant modéré (Supplément Numérique,
Tableaux 1–2,http://links.lww.com/AA/C453 ).
En raison de la présence d’une hétérogénéité méthodologique prononcée en termes de risque de biais dans les études incluses, nous n’avons pas trouvé utile de réaliser une méta-analyse. 34
- DISCUSSION
Nous avons identifié 4 études éligibles comparant les agents d’induction du RSI chez des patients traumatisés: 1 ECR et 2 études de cohorte comparant la kétamine à l’étomidate et une étude de cohorte comparant la kétamine à la thiopental. Seul le RCT a rapporté notre résultat principal de mortalité à 28 jours et aucune différence entre les 2 agents d’induction n’a été trouvée. Aucune différence significative entre la kétamine et l’étomidate / thiopental n’a été trouvée dans aucun de nos résultats secondaires non plus. Il est à noter que tous les résultats incluent des intervalles de confiance assez larges, soulignant qu’un effet dans les deux sens ne peut être exclu. En outre, une réduction de la mortalité aussi faible que 5% serait cliniquement importante, mais toutes les études incluses étaient extrêmement insuffisantes pour le démontrer.24 À notre connaissance, il s’agit de la première revue systématique comparant la mortalité après RSI avec la kétamine par rapport à d’autres agents d’induction.
Les auteurs de plusieurs autres études ont été contactés pour obtenir des informations sur, par exemple, des sous-groupes de leur population et des données de résultats supplémentaires, dans l’espoir d’augmenter le nombre d’études incluses. Malheureusement, un seul contact a donné lieu à des informations utiles pour cet examen. 32
Un certain nombre de limitations doivent être reconnues. Notre objectif était d’inclure les études où l’intubation avait été réalisée en pré-hospitalisation ou dans l’heure suivant l’arrivée des urgences. Aucune des études incluses ne spécifiait le moment exact de l’induction par rapport à l’incident traumatique et ce critère ne pouvait donc pas être respecté. En outre, cela a nui à notre capacité d’évaluer une association possible entre le moment et le choix de l’agent d’induction. Nous avons choisi d’exclure strictement les patients de moins de 16 ans et les patients non traumatisés. Cela a abouti à un certain nombre d’études non admissibles, mais a assuré une population homogène et une comparabilité élevée entre les études. Cependant, il est à noter que 3 des études incluses ont été considérées comme ayant un degré élevé / grave 30 ou modéré 32 , 33. biais, ce qui limite inévitablement la généralisabilité des résultats de cette revue.
Les lésions cérébrales traumatiques et les divergences entre ISS sur les ISS pourraient conduire à des différences cliniques importantes. Dans l’étude de Cromartie 30, aucune information concernant ces variables n’a été fournie. Cela introduit un facteur de confusion potentiel majeur, comme le montre le risque élevé de biais attribué. Dans les deux études de cohorte, cependant, les résultats ont été ajustés pour, par exemple, ISS et GCS, assurant ainsi une plus grande comparabilité. 32 , 33
En outre, tous les groupes de toutes les études incluses ont reçu de la succinylcholine en tant qu’agent bloquant neuromusculaire, à l’exception du groupe recevant de la kétamine dans l’étude de Lyon et ses collaborateurs 32, qui ont reçu du rocuronium. Ceci diminue évidemment la comparabilité entre les 2 groupes ainsi qu’entre les études.
Enfin, en choisissant un protocole d’étude dans lequel la kétamine est comparée à un autre agent d’induction, nous avons peut-être laissé de côté les études pertinentes d’autres comparaisons d’agents d’induction.
Le médicament optimal pour le RSI est nécessaire pour avoir un début d’action rapide et une demi-vie courte. Son action lente (60 à 90 secondes) et son élimination du midazolam (1 à 4 heures) le rendent moins attrayant en situation de crise que le propofol et l’étomidate induisant une anesthésie dans les 15 à 45 secondes, les 35 , 36 et la kétamine. dans les 30 secondes. 35
En outre, le médicament devrait avoir des effets hémodynamiques négligeables et diminuer le PCI pour les patients souffrant de traumatismes crâniens. C’est le cas à la fois pour la kétamine et l’étomidate, bien que l’on croyait auparavant que la kétamine était mal adaptée aux patients présentant une augmentation du nombre de PIC. Cependant, une revue de 2006 indique que les études originales examinant l’effet de la kétamine sur le PCI ont en fait montré que la perfusion cérébrale était améliorée chez les patients traités à la kétamine. 37 Une autre étude sur l’ unité de soins intensifs pédiatriques patients avec une hypertension préexistante intracrânienne a montré que la kétamine efficace a diminué ICP et ICP a empêché les élévations lors des interventions stressantes. 38
Bien que le propofol soit un agent d’induction fréquemment utilisé, ses effets hypotenseurs potentiels suscitent des inquiétudes. Il peut donc être important de prendre en considération la nécessité d’une réduction de la posologie, par exemple chez le patient âgé présentant une hypotension préexistante. Une étude rétrospective de 2015 comparait RSI à l’étomidate et à des doses réduites de propofol et n’a révélé aucun impact statistiquement significatif sur l’hémodynamique des patients traumatisés normotendus et hypertendus. 39 Lors de l’ évaluation des études sur le RSI, il est donc très important de prendre les doses données en considération, en supposant 1 taille ne convient pas à tous.
RSI doit également fournir une analgésie et la kétamine est ici le seul médicament disponible ayant un effet analgésique. Tous les autres agents d’induction sont généralement associés à un opioïde qui doit être considéré comme un facteur de confusion. Cependant, pour bien comparer la kétamine à d’autres agents, les analyses doivent porter sur les opioïdes administrés avant l’induction, ainsi que sur l’évaluation du besoin et des effets analgésiques dans les différentes interventions.
Il est également important de prendre en compte les données de suivi sur les événements indésirables dus au RSI. Une étude de 2007 conclut que, bien que la kétamine soit sans danger et efficace pour la sédation procédurale, son utilisation risque fort d’être compliquée par des réactions d’émergence psychologique. 40 Cependant, cette conclusion n’est pas cohérente dans la littérature car d’autres études ont conclu que la kétamine ne provoquait pas d’effets indésirables graves. 41 , 42
Enfin, le choix de l’agent bloquant neuromusculaire est également important. Une récente revue systématique Cochrane incluant 50 études représentant 4151 participants a révélé des preuves de qualité modérée selon lesquelles la succinylcholine crée de meilleures conditions d’intubation que le rocuronium. Toutefois, lorsqu’une dose plus importante de rocuronium a été utilisée (0,9 à 1,2 mg / kg), aucune différence entre les médicaments n’a été observée. détectée. 43 Si un agent de remplacement est nécessaire, rocuronium peut être utilisé, mais il ne faut pas oublier que la paralysie sera considérablement prolongée. Cependant, un antidote au rocuronium, le sugammadex, est devenu disponible, permettant peut-être de résoudre ce problème.
- CONCLUSIONS
Les études comparant la kétamine à d’autres agents d’induction du RSI chez les patients traumatisés sont rares. Cependant, les preuves existantes ne montrent aucun avantage significatif de la kétamine par rapport à d’autres agents d’induction, mais un bénéfice ou un préjudice cliniquement pertinent ne peut être exclu. Des essais randomisés plus importants sont nécessaires pour établir des preuves plus solides.
- REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient l’auteur correspondant, Zane Perkins, MBBCh, PhD, Centre pour les sciences du trauma, Queen Mary, Université de Londres, Londres, Royaume-Uni, de l’étude incluse «Modification significative de l’induction par séquence rapide traditionnelle améliore la sécurité et l’efficacité des traumatismes préhospitaliers. Anesthésie ”pour nous avoir fourni des données supplémentaires.
- DIVULGATION
- Nom: Josefine S. Baekgaard, MD.
- Contribution: cet auteur a apporté une contribution substantielle à la conception et à la conception de l’œuvre. l’acquisition, l’analyse et l’interprétation des données pour le travail; rédiger le travail; et approbation finale de la version à publier.
- Nom: Trine G. Eskesen, MSc.
- Contribution: cet auteur a contribué de manière substantielle à l’acquisition; en le révisant de manière critique pour un contenu intellectuel important; et approbation finale de la version à publier.
- Nom: Martin Sillesen, MD, PhD.
- Contribution: cet auteur a apporté une contribution substantielle à la conception et à la conception de l’œuvre. interprétation des données pour le travail; en le révisant de manière critique pour un contenu intellectuel important; et approbation finale de la version à publier.
- Nom: Lars S. Rasmussen, MD, PhD, DMSC.
- Contribution: cet auteur a apporté une contribution substantielle à la conception et à la conception de l’œuvre. interprétation des données pour le travail; rédiger le travail ou le réviser de manière critique pour un contenu intellectuel important; et approbation finale de la version à publier.
- Nom: Jacob Steinmetz, MD, PhD.
- Contribution: cet auteur a apporté une contribution substantielle à la conception et à la conception de l’œuvre. interprétation des données pour le travail; rédiger le travail ou le réviser de manière critique pour un contenu intellectuel important; et approbation finale de la version à publier.
- Ce manuscrit a été manipulé par: Richard P. Dutton, MD.
- RÉFÉRENCES
1. Finkelstein EA, Corso PS, Miller TR. L’incidence et le fardeau économique des blessures aux États-Unis. 2006. New York, NY: Oxford University Press; Disponible à l’ adresse suivante : http://www.oxfordscholarship.com/view/10.1093/acprof:oso/9780195179484.001.0001/acprof-9780195179484 . Consulté le 23 août 2016.
2. Collaborateurs GBD 2013 sur la mortalité et les causes de décès. Mortalité globale, régionale et nationale, selon l’âge et le sexe, toutes causes confondues et par cause pour 240 causes de décès, 1990-2013: analyse systématique pour la Global Burden of Disease Study 2013. Lancet. 2015; 385: 117–171.
3. Scholten AC, Haagsma JA, Panneman MJM, van Beeck EF, traumatisme crânien traumatique aux Pays-Bas: incidence, coûts et années de vie corrigées de l’incapacité. PLoS ONE. 2014; 9: e110905.
4. Collège américain des chirurgiens. ATLS: Advanced Trauma Life Support pour les médecins (Manuel du cours de l’étudiant). 2012,9 e éd. Chicago, IL: American College of Surgeons.
—
Agitation aux Urgences, vite, de la kétamine !
Publié le 18/08/2021
Bien qu’une étude systématique récente ait démontré l’absence d’une norme de soins, deux grandes classes de médicaments – les benzodiazépines et les antipsychotiques – sont couramment utilisées pour contrôler l’agitation. Or, les benzodiazépines comportent un risque accru de dépression respiratoire, de désaturation en oxygène et « d’interventions non planifiées » sur les voies respiratoires. De leur côté, les antipsychotiques sont associés à la dystonie, à l’akathisie, au parkinsonisme et au syndrome malin des neuroleptiques.
La kétamine est un antagoniste non compétitif des récepteurs de l’acide N-méthyl-D-aspartique et un sédatif hautement dissociatif qui procure une analgésie efficace à faible dose, une sédation procédurale et une sédation générale. La dissociation rapide, la stabilité cardiovasculaire favorable, et la préservation de la respiration, comme en témoigne le faible taux d’effets indésirables cardiopulmonaires, suggèrent que la kétamine pourrait être une option pour le contrôle rapide et sécuritaire des patients agités et violents aux Urgences.
Afin de vérifier l’hypothèse que la kétamine intramusculaire entraîne un niveau de sédation cible dans un délai plus court, cet essai clinique randomisé a comparé la rapidité d’apparition de la sédation, le niveau de sédation et les effets indésirables de la kétamine par rapport à une combinaison de midazolam et d’halopéridol chez des patients se présentant aux Urgences avec une agitation psychomotrice importante. Ont ainsi été inclus des patients présentant une agitation psychomotrice sévère mesurée par un score d’agitation de Richmond (RASS) ≥+3.
Les patients du groupe kétamine ont été traités par une injection IM (5 mg/kg). Les patients du groupe midazolam et halopéridol ont été traités par une injection IM unique de 5 mg de midazolam et 5 mg d’halopéridol. Le principal résultat examiné était le temps écoulé, en minutes, entre l’administration du médicament étudié et la sédation adéquate, définie par un RASS ≤-1. Les résultats secondaires comprenaient le besoin de médicaments de secours et les événements indésirables graves.
La kétamine l’emporte sur l’emportement…
Entre le 30 juin 2018 et le 13 mars 2020, parmi 308 patients éligibles, 80 ont été inclus, soit 40 dans chaque bras. Le temps médian de sédation a été de 14,7 minutes dans le bras midazolam et l’halopéridol (âge médian 37,5 ans [29,0 – 41,5]) vs 5,8 minutes dans le bras kétamine (âge médian 33,5 ans [29,0 – 41,5]) (différence de 8,8 minutes [intervalle de confiance à 95 % IC 95 % 3,0 à 14,5]). Les résultats de l’analyse par modèle proportionnel de Cox ajusté sont en faveur du bras kétamine (hazard ratio 2,43, IC 95 % 1,43 à 4,12). Il est à noter que 5 (12,5 %) patients dans le groupe kétamine et 2 (5,0 %) patients dans le groupe midazolam et halopéridol ont présenté des effets indésirables graves (différence 7,5 % [IC 95 % -4,8 % à 19,8 %]).
Un comparateur différent aurait certes pu donner des résultats différents. Par ailleurs, il y avait davantage d’hommes dans le groupe kétamine. Enfin la surveillance clinique n’a pas dépassé 30 minutes. Néanmoins, cette étude montre que chez les patients des Urgences présentant une agitation importante, la kétamine intramusculaire permet d’obtenir une sédation adéquate dans un délai significativement plus court qu’une association de midazolam intramusculaire et d’halopéridol.
Toutefois, cette étude monocentrique n’avait pas une puissance suffisante pour évaluer les différences potentielles en matière de sécurité.
Dr Bernard-Alex Gaüzère
Référence
Barbic D et coll. : Rapid Agitation Control With Ketamine in the Emergency Department: A Blinded, Randomized Controlled Trial. Ann Emerg Med., 2021; publication avancée en ligne le 2 août. doi.org/10.1016/j.annemergmed.2021.05.023.
Source: jim.fr
Bonne action de la kétamine pour éviter le passage à l’acte
Publié le 07/02/2022
La prise en charge rapide de la crise suicidaire peut éviter un certain nombre de passages à l’acte. La meilleure option thérapeutique n’est toutefois pas définie. Les antidépresseurs réduisent le risque de suicide, particulièrement chez les personnes de plus de 25 ans, mais leur délai d’action est de plusieurs semaines et il est parfois nécessaire d’essayer plusieurs molécules avant d’obtenir un résultat. De plus, ils ne sont pas recommandés pour les patients souffrant de troubles bipolaires. La clozapine et le lithium quant à eux sont efficaces, l’une dans la schizophrénie, l’autre pour les troubles bipolaires, mais ils n’agissent pas à court terme. C’est le cas aussi de la psychothérapie. L’hospitalisation, les anxiolytiques, les hypnotiques sont des options classiques, mais les nombreux échecs (suicides pendant l’hospitalisation ou au décours) suscitent des interrogations sur leur efficacité.
Récemment, une méta-analyse a montré que la kétamine était rapidement efficace sur les symptômes dépressifs et les idées suicidaires. L’amélioration de celles-ci était obtenue en 4 heures, après une perfusion, et durait au moins 72 heures.
Pour explorer cette piste, une équipe française a réalisé un essai randomisé en double aveugle contre placebo. Sept CHU ont recruté au total 156 patients hospitalisés volontairement pour des idées suicidaires. Environ 9 patients sur 10 dans les 2 groupes avaient des antécédents de passage à l’acte suicidaire et tous avaient un risque élevé de suicide. Les patients souffrant de schizophrénie ou d’autres troubles psychotiques, d’addiction ou ayant une contre-indication à la kétamine, n’étaient pas inclus. Les participants ont été randomisés pour recevoir le placebo (n = 83) ou de la kétamine (n = 73), à raison de deux perfusions de 40 mn, à la posologie de 0,5 mg /kg. Le critère de jugement principal était le taux de patients chez lesquels les idées suicidaires avaient totalement disparu à J3 (échelle d’idéation suicidaire de Beck ≤ 3).
Effet très puissant dans les troubles bipolaires
Les résultats confirment l’efficacité rapide de la kétamine sur les idées suicidaires. En effet, 63 % des patients du groupe kétamine sont en rémission complète de leurs idées suicidaires à J3, en comparaison avec 31,6 % dans le groupe placebo. L’effet est rapide puisque 43,8 % des patients sont en rémission 2 heures seulement après la première perfusion, contre 7,3 % dans le groupe placebo. Le bénéfice de la kétamine est encore présent à 6 semaines chez 69,5 % des patients traités, mais il n’est plus significatif par rapport au placebo (69,5 % vs 56,3 % : Odds ratio OR 0,8 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,3 à 2,5).
L’effet constaté est très dépendant de la pathologie psychiatrique initiale : très puissant dans les troubles bipolaires (OR 14,1 ; IC 3,0 à 92,2), il est plus modeste dans le groupe « autres pathologies » incluant stress post-traumatiques, dysthymie et troubles anxieux (OR 3,7 ; IC 0,9 à 17,3) et n’est plus significatif pour les troubles dépressifs majeurs (OR 1,3 ; IC 0,3 à 5,2).
Environ 10 % des patient traités par kétamine présentent des effets indésirables : sédation, sentiment de dépersonnalisation, nausées ou vertiges, généralement de courte durée.
Pour les auteurs, la kétamine pourrait agir à travers ses mécanismes antalgiques, en réduisant la douleur psychologique.
Dr Roseline Péluchon
Références
Abbar M. et coll.: Ketamine for the acute treatment of severe suicidal ideation: double blind, randomised placebo controlled trial
BMJ2022;376:e067194. doi.org/10.1136/BMJ-2021-067194
Source : jim.fr
Intubation en séquence rapide : avantage à la kétamine sur l’étomidate
Dr Bernard-Alex Gauzere | 11 Avril 2024
jim.fr
L’intubation trachéale est une procédure à haut risque couramment pratiquée dans les unités de soins intensifs dont les complications sont fréquentes et associées à un risque accru de mortalité chez les patients en état critique. L’intubation en séquence rapide est souvent utilisée chez ces patients dont l’état se détériore rapidement, avec le recours à la kétamine, à l’étomidate et au propofol comme agents d’induction.
Le propofol apporte un risque indépendant de collapsus cardiovasculaire pendant la procédure, et l’étomidate comporte un risque d’insuffisance surrénale en raison de l’inhibition de la 11-bêta-hydroxylase dans les glandes surrénales. Une méta-analyse récente a notamment montré que l’étomidate était associé à une augmentation significative de la mortalité chez les patients en état critique nécessitant une intubation trachéale.
La kétamine pourrait représenter l’option optimale dans ce contexte compte tenu de ses effets hémodynamiques favorables et de l’absence d’effets indésirables comme ceux attribuables aux deux autres agents.
Afin d’alimenter la discussion sur les avantages potentiels de la kétamine, les auteurs ont réalisé une revue systématique actualisée et une méta-analyse bayésienne pour estimer la probabilité que la kétamine en tant qu’agent d’induction réduise la mortalité chez les patients en état critique nécessitant une intubation trachéale.
8 études prises en compte dans une revue de la littérature
Les auteurs ont recherché dans Medline, Embase et la Cochrane Library, jusqu’en avril 2023, des essais contrôlés randomisés et des études d’observation appariées comparant la kétamine à tout autre produit d’induction chez des patients en état critique. Le résultat primaire était la mortalité au plus long suivi disponible, et les résultats secondaires comprenaient le score Sequential Organ Failure Assessment, les jours sans ventilation au 28ème jour, les jours sans vasopresseur au 28ème jour, la pression artérielle moyenne post-induction, et la réussite de l’intubation à la première tentative.
Pour le résultat primaire, a été utilisée une méta-analyse bayésienne à effets aléatoires sur l’échelle du rapport de risque (RR) avec un a priori neutre faiblement informatif correspondant à une estimation moyenne d’absence de différence avec une probabilité de 95 % ; la taille d’effet estimée se situant entre un risque relatif de 0,25 et 4. Le RR et l’intervalle crédible à 95 % ont été utilisés pour estimer la probabilité de réduction de la mortalité (RR < 1). Les résultats secondaires ont été évalués à l’aide d’un modèle fréquentiste à effets aléatoires.
Sept essais randomisés et une étude appariée en fonction de la propension ont été retenus, totalisant 2 978 patients. L’étomidate était le comparateur dans toutes les études identifiées.
Une réduction de mortalité avec la kétamine à l’induction
La probabilité que la kétamine réduise la mortalité était de 83,2 % (376/1475 [25 %] vs 411/1503 [27 %] ; RR, 0,93 ; IC à 95 %, 0,79 – 1,08), ce qui a été confirmé par une analyse de sous-groupe excluant les études présentant un risque élevé de biais. Aucune différence significative entre les agents d’induction n’a été observée en matière de résultats secondaires.
Cette méta-analyse a donc montré une probabilité modérée que l’induction par la kétamine, comparée à l’étomidate, soit associée à un risque réduit de mortalité. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les effets bénéfiques potentiels de la kétamine sur les résultats cliniques pertinents.
Des points forts et quelques limites
Le fait de n’inclure que des études randomisées et appariées en fonction de la propension a permis d’augmenter la taille de l’échantillon et la puissance statistique tout en préservant la qualité des études éligibles. La plupart d’entre elles ont été jugées à faible risque de biais, renforçant ainsi la qualité des preuves.
Mais cette méta-analyse comporte aussi plusieurs limites. Parmi les huit études, l’étomidate était le seul comparateur, rendant impossible la comparaison de la kétamine avec d’autres agents d’induction. Les interventions péri-intubatoires autres que celles relatives aux autres médicaments utilisés lors de l’induction (ex : opioïdes, curarisations, vasopresseurs) n’étaient pas toujours standardisées au sein de chaque étude et étaient hétérogènes d’une étude à l’autre. Enfin, la rareté des événements indésirables psychologiques rapportés a entravé l’évaluation de ce résultat critique, parfois limitant sous kétamine.
References
Koroki T, Kotani Y, Yaguchi T, et al. Ketamine versus etomidate as an induction agent for tracheal intubation in critically ill adults: a Bayesian meta-analysis. Crit Care. 2024 Feb 17;28(1):48. doi: 10.1186/s13054-024-04831-4.
Etat de mal épileptique résistant aux benzodiazépines : pensez à la kétamine
Dr Bernard-Alex Gauzere | 29 Avril 2025
jim.fr
L’état de mal épileptique (EME) correspond à la persistance de crises d’épilepsie. Il s’agit d’une urgence médicale qui peut être fatale définie comme une crise convulsive tonico-clonique qui dure plus de 5 minutes ou par la succession d’au moins deux crises avec une récupération incomplète de la conscience entre elles.
A 90 jours d’un EME, plus d’un tiers des patients conservent un déficit fonctionnel. Les benzodiazépines (BZD) sont généralement considérées comme les médicaments de première intention. Cependant, une précédente étude a montré que 27 % à 37 % des patients souffrant d’EME ayant reçu les posologies appropriées de BZD avant leur admission à l’hôpital, ont continué à présenter des convulsions.
Des données biochimiques et animales suggèrent que la persistance de l’EME est liée à une expression accrue des récepteurs N-méthyl-D-aspartate dans la synapse, de sorte que les antagonistes des récepteurs N-méthyl-D-aspartate (tels que la kétamine) pourraient l’interrompre. Par conséquent, la kétamine peut être envisagée dans le traitement de l’EME.
Les données en faveur de l’utilisation de la kétamine dans l’EME proviennent de rapports de cas, de séries de cas et d’une petite étude de cohorte rétrospective de patients pédiatriques souffrant d’EME réfractaire. Aucune étude prospective n’a évalué son efficacité dans cette indication.
Une étude du traitement extrahospitalier des crises
Une lacune désormais comblée par une étude de cohorte rétrospective de patients extrahospitaliers présentant une crise convulsive active et transportés vers un hôpital par un service médical d’urgences (SMU) en Floride, du 1er août 2015 au 5 août 2024. Selon le protocole, les patients recevaient d’abord du midazolam pour leur crise.
À compter de juin 2017, la kétamine a été officiellement ajoutée au protocole qui a été modifié comme suit : les adultes présentant des crises actives ont commencé à recevoir 5 mg de midazolam (par voie IV, intra-osseuse, IM, ou intranasale) ; après 5 minutes, cette dose de midazolam pouvait être répétée une seule fois si les crises persistaient ; si les crises persistaient malgré deux doses de midazolam, le protocole actualisé recommandait 100 mg de kétamine dans 50 ml de solution saline à 0,9 % administrée par voie IV ou intra-osseuse.
S’il n’était pas possible d’établir un accès vasculaire, la kétamine 100 mg pouvait être administrée par voie intranasale ou IM. Pour les enfants, la dose maximale de midazolam a été augmentée à 5 mg pour les voies IV ou intra-osseuse et est restée la même pour les voies intranasale et IM (1 mg/kg).
Les auteurs ont utilisé l’appariement par score de propension et la régression logistique multivariable pour évaluer si les patients ayant reçu de la kétamine étaient plus susceptibles d’arrêter de convulser avant leur arrivée à l’hôpital par rapport à ceux ayant uniquement reçu du midazolam.
Kétamine après échec des benzodiazépines : de bons résultats
Au total, 479 (80,1 %) des 598 patients – de tous âges – présentant de convulsions actives ayant reçu deux doses de midazolam (sans kétamine ultérieure) ont vu leurs convulsions disparaître avant leur arrivée à l’hôpital, versus 85 (94,4 %) des 90 patients ayant reçu de la kétamine après le midazolam, soit une différence absolue entre les groupes de 14,3 % (IC à 95 % : 8,6 % à 20,1 %). Après l’appariement par propension, 82,0 % des patients du groupe midazolam seul ont vu leurs convulsions disparaître, contre 94,4 % des patients du groupe kétamine, soit une différence de 12,4 % (IC 95 % : 3,1 % à 21,7 %).
Ces résultats suggèrent que la kétamine peut être utile à utiliser dans l’état épileptique précoce, mais des données provenant d’essais randomisés sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Des résultats intéressants, mais des limites à prendre en compte
Ces données proviennent d’un seul système de SMU et peuvent ne pas être généralisables à d’autres contextes. De plus, comme il s’agit d’une étude rétrospective sur dossiers, ces résultats ont probablement été influencés par des facteurs de confusion pris en compte de manière incomplète. En particulier, les auteurs n’ont pas eu accès aux antécédents médicaux des patients et aux traitements antiépileptiques en cours.
Enfin, les patients du groupe kétamine pourraient avoir été affectés par un biais de sélection, car ceux présentant un EME et inclus après juin 2017 auraient dû recevoir de la kétamine, mais ne l’ont peut-être pas reçue en raison de leur arrivée à l’hôpital avant l’administration.
References
Zitek T, Scheppke KA, Antevy P, et al. Midazolam and Ketamine for Convulsive Status Epilepticus in the Out-of-Hospital Setting. Ann Emerg Med. 2025 Apr;85(4):305-312. doi: 10.1016/j.annemergmed.2024.11.002.
Kétamine : des usages illicites en progression… mais pas toujours festifs
Stephanie Lavaud | 17 Juin 2025
Jim.fr
Cet article a été initialement publié sur Medscape.fr
Bien que les consommations dites « récréatives » (c’est-à-dire hors protocole médical) de la kétamine en population générale adulte et adolescente restent marginales, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) observe dans une récente note de nouvelles tendances en termes de modalités de consommation en contexte de chemsex ou à des fins autothérapeutiques.
Propriétés hallucinogènes et dissociatives
La kétamine est une substance psychotrope dérivée de la phencyclidine (PCP), qui se caractérise par ses propriétés psychodysleptiques hallucinogènes et dissociatives. Elle est synthétisée pour la première fois au début des années 1960. Elle est depuis fréquemment utilisée en médecine humaine et vétérinaire pour ses propriétés anesthésiques lors d’opérations de courte durée.
En France, la kétamine est également employée dans le traitement de la douleur post-opératoire et, du fait de ses propriétés sédatives, en situation palliative avancée chez l’adulte ; ces deux types d’usages thérapeutiques sont encadrés par des recommandations.
Depuis la fin des années 2010, la kétamine est utilisée dans de nombreux pays occidentaux en injection ou sous la forme de spray nasal (Spravato) afin de soigner des patients atteints de dépressions résistantes.
Une diffusion discrète mais en expansion depuis les années 2010
En France, les premiers signalements de problèmes sanitaires liés à des consommations de kétamine à des fins dites « récréatives » remontent à 1992, date à laquelle son usage illicite devient visible dans le sillage du mouvement techno alternatif. La substance est alors consommée presque exclusivement en free parties dans des cercles restreints par des personnes à la recherche de ses effets dissociatifs intenses.
À l’image du LSD, la kétamine procure des expériences (« voyages ») permettant d’accéder à une nouvelle perception ou conscience de soi. Vingt-cinq ans plus tard, sa consommation demeure marginale en population générale, la kétamine restant un produit peu répandu si on le compare à d’autres comme la cocaïne ou la MDMA/ecstasy. Ainsi, en 2023, en France, 2,6 % des adultes âgés de 18 à 64 ans avaient expérimenté la kétamine et 0,6 % en avait fait usage dans l’année précédant l’enquête.
Chemsex
Néanmoins, les enquêtes de l’OFDT depuis les années 2010 montrent que la consommation de kétamine se développe auprès de populations aux affiliations socioculturelles plus hétérogènes – recherche d’hallucination, d’effets stimulants, soulagement de souffrances psychiques ou physiques, gestion d’autres usages problématiques comme l’alcool, les opioïdes ou les médicaments psychotropes. L’usage connait par exemple un renouveau auprès des pratiquants de chemsex – un ensemble de pratiques intriquant activité sexuelle et usages de produits psychoactifs. Outre les nouveaux produits de synthèse (NPS) de la famille des cathinones et le GHB-GBL, très prisés lors de ces soirées, l’usage de kétamine par voie nasale est observé dès les années 2000. Sa présence est alors marginale et se cantonne, du fait de ses propriétés anesthésiantes, à l’accompagnement de certaines pratiques sexuelles.
Finalité autothérapeutique
Autre pratique de consommation de kétamine, hors contexte festif : l’usage de la substance dans une finalité autothérapeutique observé depuis la fin des années 2010. Le recours à la substance vise alors à réguler des souffrances psychiques (angoisse, dépression, parfois liées à la présence de traumatismes) ou physiques (douleurs menstruelles, dorsales, d’endométriose).
Le public concerné est celui de jeunes femmes (âgées de moins de 25 ans) souvent bien insérées socialement (certaines sont étudiantes, d’autres salariées) et ayant très souvent expérimenté la kétamine en contexte festif.
Un médecin intervenant au sein d’une équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA) en Occitanie témoigne ainsi : « J’ai effectivement le profil de femmes jeunes qui ont commencé à consommer en milieu festif et qui l’utilisent en automédication sur des petites doses. Ce ne sont pas des grosses doses. Mais en automédication de troubles psychiatriques. Et ça ne marche pas si mal que ça. »
Aide au sevrage
L’usage chronique de kétamine concerne également des personnes aux conditions d’existence marquées par la précarité économique, majoritairement des hommes de moins de 30 ans dont certains fréquentent les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogues, indique la note de l’OFDT. Ces consommateurs chroniques ont souvent durablement fréquenté les scènes technos alternatives où ils ont expérimenté la substance. Polyconsommateurs, leurs usages de drogues se sont progressivement centrés sur la kétamine qu’ils consomment quotidiennement à des doses importantes (plusieurs grammes par jour). Leur recours à la kétamine peut s’inscrire dans des tentatives de diminution ou de sevrage d’autres substances psychoactives comme l’alcool, les opioïdes (héroïne ou traitement par agonistes opioïdes) ou encore les médicaments anxiolytiques ou antidouleurs.
Une entreprise qui ne connait pas la crise
Cette diffusion plus large de la substance – inscrite comme stupéfiant en 1997 – s’explique, selon les spécialistes de l’OFDT, par un changement des représentations vis-à-vis de la substance – cette dernière perdant progressivement son image de produit dangereux lié à son usage vétérinaire.
Parallèlement, la disponibilité du produit s’accroît : baisse des prix, multiplication des réseaux d’approvisionnement et meilleure accessibilité favorisent une diffusion plus large.
Si les circuits de production et les modalités d’acheminement de la kétamine consommée hors cadre médical en France restent peu connus et peu documentés, « la substance semble principalement produite au sein de laboratoires illicites en Inde, en Chine et, de manière croissante ces dernières années, dans d’autres pays de l’est et du sud-est du continent asiatique comme le Cambodge, Myanmar ou la Malaisie », peut-on lire dans la note.
Pour ce qui est de l’accessibilité, sa vente, à l’instar de nombreuses autres drogues, se développe sur les applications de messageries et les réseaux sociaux. Enfin, son prix est en baisse : de 50 € le gramme au début des années 2010, le coût n’était plus que de 30 € en 2023 pour atteindre autour de 20 € en 2024.
Des conséquences sanitaires mieux appréhendées
Au-delà de la dépendance, les observations les plus récentes mettent en évidence un certain nombre de complications sur la santé. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés et intervenant directement et immédiatement lors de la prise de produit en contexte de consommation – très majoritairement observées lors d’événements festifs – sont bénins, à titre de traumatismes ou blessures corporelles favorisés par l’altération des capacités motrices et pouvant survenir à l’insu de la personne du fait de l’effet anesthésique de la substance, bad trips accompagnés d’angoisse, troubles mnésiques, vomissement, perte de connaissance (dite k-hole ou trou noir), etc.
La consommation prolongée et/ou devenue régulière, voire chronique de kétamine est associée, quant à elle, à des troubles physiques essentiellement néphrologiques et urinaires.
Si les problèmes sanitaires et sociaux engendrés par la kétamine « restent incommensurablement plus limités que ceux liés à d’autres substances psychoactives dont les consommations sont plus répandues », nul doute qu’ils poursuivent leur développement dans les années à venir, d’où la nécessité d’approfondir la connaissance des pratiques de consommation, d’adapter les stratégies de prévention et de réduction des risques et de former les professionnels à ces usages, concluent les auteurs.
NOTICE ESKETAMINE
ANSM – Mis à jour le : 23/11/2020
Dénomination du médicament
ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion
eskétamine
Encadré
Veuillez lire attentivement cette notice avant d’utiliser ce médicament car elle contient des informations importantes pour vous.
· Gardez cette notice. Vous pourriez avoir besoin de la relire.
· Si vous avez d’autres questions, interrogez votre médecin, votre pharmacien ou votre infirmier/ère.
· Ce médicament vous a été personnellement prescrit. Ne le donnez pas à d’autres personnes. Il pourrait leur être nocif, même si les signes de leur maladie sont identiques aux vôtres.
· Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin, votre pharmacien ou votre infirmier/ère. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Voir rubrique 4.
Que contient cette notice ?
1. Qu’est-ce que ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion et dans quels cas est-elle utilisée ?
2. Quelles sont les informations à connaître avant d’utiliser ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ?
3. Comment utiliser ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ?
4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?
5. Comment conserver ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ?
6. Contenu de l’emballage et autres informations.
1. QU’EST-CE QUE ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ET DANS QUELS CAS EST-IL UTILISE ?
Classe pharmacothérapeutique : autres anesthésiques généraux, code ATC : N01AX14.
ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion appartient aux médicaments appelés anesthésiques généraux, qui est utilisé pour vous endormir pendant une opération.
ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion est utilisée :
· pour initier et réaliser une anesthésie générale, comme seul anesthésique ou en association avec des somnifères (hypnotiques),
· pour compléter l’anesthésie régionale (anesthésie locale),
· pour l’anesthésie et le soulagement de la douleur (analgésie) dans les situations d’urgence,
· pour le contrôle de la douleur dans la respiration artificielle (intubation).
2. QUELLES SONT LES INFORMATIONS A CONNAITRE AVANT D’UTILISER ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ?
N’utilisez jamais ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion :
· si vous êtes allergique à l’eskétamine ou à l’un des autres composants contenus dans ce médicament, mentionnés dans la rubrique 6.
· si une hypertension artérielle ou une augmentation de la pression cérébrale représente un risque grave pour vous,
· si vous avez une hypertension mal contrôlée ou non traitée,
· si vous avez été enceinte et que, pendant cette grossesse, vous avez souffert d’une maladie nommée éclampsie ou pré-éclampsie,
· si vous avez une thyroïde hyperactive (hyperthyroïdie insuffisamment traitée),
· dans des situations pendant l’accouchement qui nécessitent un relâchement du muscle de l’utérus (par exemple, menace de rupture utérine, prolapsus du cordon ombilical),
· si vous souffrez d’une maladie du cœur appelée ischémie (réduction du débit sanguin). Dans ce cas, ESKETAMINE IDD ne doit pas être utilisé comme seul agent anesthésique.
· si vous utilisez des médicaments pour traiter des maladies respiratoires (p. ex., aminophylline, théophylline),
· si vous utilisez de l’ergométrine (médicament utilisé pendant ou après l’accouchement et pour inhiber la production de lait).
Avertissements et précautions
Adressez-vous à votre médecin ou votre infirmier/ère avant d’utiliser ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion :
· en cas de douleurs thoraciques (angine de poitrine instable) ou en cas d’attaquecardiaque (infarctus du myocarde) au cours des 6 derniers mois,
· en cas de faiblesse cardiaque (insuffisance cardiaque),
· si vous avez une augmentation de la pression cérébrale, sauf sous une ventilation appropriée, et en cas de lésion ou de maladie du système nerveux central,
· si vous avez ou avez eu de graves problèmes psychiatriques,
· si vous avez une augmentation de la pression oculaire (glaucome) et des lésions oculaires, ainsi que si vous avez besoin d’un examen oculaire ou d’une chirurgie oculaire dans laquelle la pression oculaire ne doit pas être augmentée,
· en cas de chirurgie des voies respiratoires supérieures,
· si vous êtes sous l’influence de l’alcool (de manière chronique ou occasionnelle),
· si vous avez une maladie du foie,
· si vous êtes toxicomane ou avez des antécédents de toxicomanie.
Traitement en ambulatoire
Une surveillance continue adéquate du patient doit être assurée jusqu’à sa sortie.
Vous devez être raccompagné chez vous après une anesthésie ambulatoire et vous ne devez pas boire d’alcool dans les 24 heures qui suivent l’intervention.
Vous ne devez pas conduire, utiliser des machines ou mener des activités dangereuses dans les 24 heures qui suivent l’administration d’esketamine.
Des spasmes du larynx (laryngospasmes) peuvent se produire au cours de procédures diagnostiques et thérapeutiques des voies respiratoires supérieures, en particulier chez l’enfant. Une ventilation contrôlée peut par conséquent être nécessaire.
Utilisation à long terme
Chez les patients qui ont reçu de la kétamine au long cours (1 mois à plusieurs années), des cas de troubles urinaires (tels qu’une inflammation de la vessie) et une toxicité du foie ont été rapportés. Des effets similaires peuvent également se produire après un abus d’eskétamine.
Abus et dépendance aux drogues
Il a été signalé que la kétamine était utilisée comme stupéfiant. Les rapports suggèrent que l’abus de kétamine produit divers symptômes, notamment des flash-backs, des hallucinations, d’anxiété, d’inconfort émotionnel, de l’insomnie ou de la désorientation. Des cas de troubles urinaires (tels qu’une inflammation de la vessie) et de perturbations du foie ont également été signalés après utilisation de kétamine.
Une dépendance et une tolérance à l’eskétamine peuvent se développer chez les personnes ayant des antécédents de pharmacodépendance ou d’abus de médicaments. Par conséquent, l’eskétamine doit être prescrite et administrée avec prudence.
Autres médicaments et ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion
Informez votre médecin ou pharmacien si vous prenez, avez récemment pris ou pourriez prendre tout autre médicament.
– Les dérivés de xanthine (par exemple l’aminophylline, la théophylline).
– L’érgométrine (utilisée pendant ou après la naissance et pour inhiber la production de lait).
– Les sympathomimétiques (par exemple l’adrénaline, la noradrénaline), les hormones thyroïdiennes et la vasopressine peuvent conduire à une augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.
– L’association à des somnifères (hypnotiques), des benzodiazépines (par exemple diazepam) ou des neuroleptiques utilisés en cas de troubles psychiatriques entraîne une prolongation de la durée de l’effet de l’eskétamine.
– Les barbituriques et les opiacés (exemple : morphine) co-administrés avec l’eskétamine peuvent prolonger la phase de réveil après administration d’eskétamine.
– L’effet anesthésique des gaz anesthésiants (par exemple l’isoflurane, le desflurane, le sévoflurane) est augmenté par l’administration d’eskétamine. Des doses plus faibles peuvent par conséquent être nécessaires.
– L’utilisation d’eskétamine peut prolonger l’effet des myorelaxants (comme le pancuronium et le suxaméthonium).
– La co-administration d’eskétamine avec des médicaments qui inhibent l’enzyme CYP3A4 peut nécessiter une diminution de la dose d’eskétamine pour atteindre le résultat clinique souhaité.
– La co-administration d’eskétamine avec des médicaments qui induisent l’enzyme CYP3A4 peut nécessiter une augmentation de la dose d’eskétamine pour atteindre le résultat clinique souhaité.
ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion avec l’alcool
Vous ne devez pas boire d’alcool pendant au moins 24 heures après votre opération.
Grossesse et allaitement
Si vous êtes enceinte ou que vous allaitez, si vous pensez être enceinte ou planifiez une grossesse, demandez conseil à votre médecin avant d’utiliser ce médicament.
– Grossesse
Ce médicament ne sera pas utilisé pendant la grossesse, sauf si votre médecin estime que le bénéfice thérapeutique pour vous est supérieur au danger possible pour l’enfant. Il peut avoir un effet nocif sur la fréquence respiratoire du bébé (dépression respiratoire) s’il est utilisé pendant l’accouchement.
– Allaitement
L’eskétamine peut passer dans le lait maternel, mais ne devrait pas affecter le bébé si elle est utilisée aux doses recommandées.
Conduite de véhicules et utilisation de machines
Il convient d’être prudent lors de la conduite de véhicules et de l’utilisation de machines après un traitement par ESKETAMINE IDD. Vous ne devez pas conduire ni utiliser de machines pendant au moins 24 heures après avoir reçu ce médicament.
Vous ne devez rentrer chez vous que si vous êtes accompagné.
ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion contient du sodium
Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par ml, c’est-à-dire qu’il est essentiellement «sans sodium».
3. COMMENT UTILISER ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ?
Pour usage hospitalier uniquement. ESKETAMINE IDD ne vous sera administrée que par ou sous la supervision d’un anesthésiste.
On vous demandera de jeûner pendant 4 à 6 heures avant de recevoir de l’esketamine
Mode d’administration
L’eskétamine est administrée en injection lente dans la veine (intraveineuse) ou le muscle (intramusculaire).
L’injection pourra être répétée si nécessaire. Elle peut être injectée ou administrée en perfusion.
Si vous avez reçu plus d’ESKETAMINE IDD que vous n’auriez dû
A très hautes doses, des symptômes menaçant le pronostic vital tels que des anomalies du rythme cardiaque et un arrêt cardiaque sont attendues mais le produit étant administré par des spécialistes, des surdosages accompagnés de ces symptômes ne sont pas attendus.
Si vous avez d’autres questions sur l’utilisation de ce médicament, demandez plus d’informations à votre médecin, anesthésiste, pharmacien ou infirmier/ère.
4. QUELS SONT LES EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS ?
Comme tous les médicaments, ce médicament peut provoquer des effets indésirables, mais ils ne surviennent pas systématiquement chez tout le monde.
Les effets secondaires dépendent généralement de la dose et de la vitesse d’injection et s’améliorent généralement sans traitement.
Les effets indésirables très fréquents (peuvent toucher plus de 1 patient sur 10) sont :
· réactions au réveil incluant des rêves marquants, y compris des cauchemars, des étourdissements et une agitation motrice ;
· augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.
Les effets indésirables fréquents (pouvant affecter jusqu’à 1 patient sur 10) sont :
· vision floue ;
· accélération temporaire du rythme cardiaque ;
· effets sur la respiration : augmentation de la consommation d’oxygène, spasmes laryngés (laryngospasme) et dépression respiratoire temporaire ;
· nausées et vomissements, sensation baveuse.
Les effets indésirables peu fréquents (pouvant toucher jusqu’à 1 patient sur 100) sont :
· augmentation des mouvements corporels (par exemple contractions musculaires) qui peuvent ressembler à des convulsions et une augmentation des mouvements oculaires ;
· vision double, augmentation de la pression oculaire ;
· rougeur cutanée (éruption) et éruption cutanée (exanthème) ;
· douleur et/ou rougeur cutanée au site d’injection.
Les effets indésirables rares (pouvant affecter jusqu’à 1 patient sur 1000) sont :
· réaction allergique sévère :
· irrégularités ou ralentissement du rythme cardiaque ;
· pression artérielle basse.
Les effets indésirables très rares (pouvant toucher jusqu’à 1 patient sur 10 000) sont :
· réactions d’hypersensibilité (réactions anaphylactoïdes).
Les effets indésirables de fréquence indéterminée (la fréquence ne peut être estimée à partir des données disponibles) sont :
· hallucinations, inconfort émotionnel, anxiété et désorientation ;
· résultats anormaux des tests de la fonction hépatique ;
· Atteinte du foie.
Déclaration des effets secondaires
Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin, votre pharmacien ou à votre infirmier/ère. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Vous pouvez également déclarer les effets indésirables directement via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance – Site internet: www.signalement-sante.gouv.fr
En signalant les effets indésirables, vous contribuez à fournir davantage d’informations sur la sécurité du médicament.
5. COMMENT CONSERVER ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion ?
Tenir ce médicament hors de la vue et de la portée des enfants.
N’utilisez pas ce médicament après la date de péremption indiquée sur l’emballage/ampoule après EXP. La date de péremption fait référence au dernier jour de ce mois.
Ne pas congeler.
La stabilité physico-chimique en cours d’utilisation des solutions de perfusion prêtes à l’emploi préparées avec une solution de perfusion de chlorure de sodium à 9 mg/ml (0,9%) ou de glucose à 50 mg/ml (5%) a été démontrée sur 24 heures à 25°C.
D’un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement. S’ils ne sont pas utilisés immédiatement, les durées et conditions de conservation avant utilisation relèvent de la responsabilité de l’utilisateur et ne devraient normalement pas dépasser 24 heures entre 2 et 8°C, pour une dilution non effectuée dans des conditions aseptiques contrôlées et validées.
Le contenu est destiné à un usage unique seulement. Tout résidu inutilisé doit être jeté. Seule une solution limpide et incolore doit être utilisée.
Ne jetez aucun médicament au tout-à-l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien d’éliminer les médicaments que vous n’utilisez plus. Ces mesures contribueront à protéger l’environnement.
6. CONTENU DE L’EMBALLAGE ET AUTRES INFORMATIONS
Ce que contient ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion
· La substance active est :
Eskétamine.. 5 mg
Sous forme de chlorhydrate d’eskétamine..5,77 mg
Pour 1 mL.
Une ampoule de 5 mL contient 25 mg d’eskétamine sous forme de chlorhydrate d’eskétamine
· Les autres composants sont :
Chlorure de sodium
Acide chlorhydrique (ajustement du pH)
Eau pour préparations injectables.
Qu’est-ce que ESKETAMINE IDD 5 mg/mL, solution injectable/pour perfusion et contenu de l’emballage extérieur
Ce médicament se présente sous forme d’une solution injectable/pour perfusion claire et incolore.
10 ampoules contenant chacune 5 mL de solution injectable/pour perfusion.
Titulaire de l’autorisation de mise sur le marché
INTERNATIONAL DRUG DEVELOPMENT
104 BOULEVARD AUGUSTE BLANQUI
75013 PARIS
Exploitant de l’autorisation de mise sur le marché
LABORATOIRES NEITUM
104 BOULEVARD AUGUSTE BLANQUI
75013 PARIS
Fabricant
HAUPT PHARMA LIVRON
1 RUE COMTE DE SINARD
26250 LIVRON-SUR-DROME
Les informations suivantes sont destinées exclusivement aux professionnels de santé :
ESKETAMINE IDD ne doit être administrée que par un spécialiste en anesthésiologie ou en médecine d’urgence.
ESKETAMINE IDD est réservée à l’hôpital.
Comme l’aspiration ne peut pas être complètement exclue et en raison de la possibilité de dépression respiratoire, un équipement d’intubation et de ventilation doit être disponible.
Posologie :
Pour l’induction de l’anesthésie générale, 0,5 à 1 mg/kg d’eskétamine sont administrés par voie intraveineuse ou 2 à 4 mg/kg par voie intramusculaire, la moitié de la dose initiale est réinjectée au besoin, généralement toutes les 10 à 15 minutes.
Comme alternative à l’injection directe, l’eskétamine peut être administrée en perfusion continue à une dose de 0,5 à 3 mg d’eskétamine/kg/h. En cas de blessures multiples (polytraumatisme) et chez les patients en mauvais état général, une réduction de la dose peut être nécessaire.
Pour la supplémentation analgésique de l’anesthésie régionale et locale, 0,125 à 0,25 mg d’eskétamine/kg/h sont administrés en perfusion intraveineuse.
Pour l’analgésie au cours de la respiration artificielle (patients intubés en soins intensifs), 0,25 mg d’eskétamine/kg sont généralement utilisés en bolus suivi d’une perfusion continue de 0,2 à 0,5 (jusqu’à 1,5) mg d’eskétamine/kg/h avec une administration simultanée de benzodiazépine.
Lorsqu’elle est utilisée en perfusion continue pour l’analgésie dans la respiration artificielle, la durée du traitement ne doit pas dépasser 4 à 6 semaines.
Pour l’analgésie en médecine d’urgence, 0,25 à 0,5 mg d’eskétamine/kg est administré par voie intramusculaire ou 0,125 à 0,25 mg/kg en injection intraveineuse lente.
Une augmentation salivation doit être traitée à titre prophylactique avec de l’atropine.
Le risque de réactions psychologiques survenant au cours du réveil de l’anesthésie peut être considérablement réduit par la co-administration d’une benzodiazépine.
Dans la mesure du possible, l’utilisation de l’eskétamine doit suivre les directives ordinaires concernant le jeûne 4 à 6 heures avant l’anesthésie.
En cas d’insuffisance hépatique, une réduction de la dose peut être nécessaire.
Population pédiatrique
En chirurgie pédiatrique, ainsi qu’en médecine d’urgence, ESKETAMINE IDD est principalement utilisée seule; en cas d’autres indications, une association avec des somnifères (hypnotiques) est recommandée.
La posologie de l’esketamine dans des sous-groupes de patients pédiatriques d’âges différents n’a pas été suffisamment étudiée. Sur la base des informations disponibles, la posologie chez les patients pédiatriques ne devrait pas différer sensiblement de celle des adultes.
Mode d’administration
L’eskétamine est administrée par voie intraveineuse ou intramusculaire. Elle peut être injectée lentement ou administrée en perfusion. Pour la perfusion, la solution injectable peut être utilisée non diluée ou préalablement diluée.
Surdosage
Au-dessus de 25 fois la dose anesthésique habituelle, des symptômes potentiellement mortels sont attendus. Les symptômes cliniques d’un surdosage sont des convulsions, une arythmie cardiaque et un arrêt respiratoire.
L’arrêt respiratoire doit être traité par ventilation assistée ou contrôlée jusqu’à ce que la respiration spontanée soit suffisante. Les convulsions doivent être traitées par administration intraveineuse de diazépam. Si le traitement par le diazépam n’aboutit pas à une réponse suffisante, l’administration de phénytoïne ou de phénobarbital est recommandée.
Aucun antidote spécifique n’est actuellement connu.
Incompatibilités
L’eskétamine ne doit pas être mélangée avec des barbituriques, du diazépam, de l’acide 4-hydroxybutyrique (sel de sodium), de la théophylline, du furosémide sodique ou du bicarbonate de sodium car ils sont chimiquement incompatibles et des précipitations peuvent se produire.
Précautions contre les effets secondaires
Si des doses élevées sont administrées et que l’injection est effectuée plus rapidement, un arrêt respiratoire est à prévoir, et doit être comblé par ventilation assistée jusqu’à la réapparition d’une respiration spontanée suffisante. L’administration d’hypnotiques, en particulier de benzodiazépines ou de neuroleptiques, réduit les effets secondaires d’ESKETAMINE IDD.
À propos de Eskétamine
Gammes contenant la substance
Eskétamine (chlorhydrate) 5 mg/ml solution injectable
- Indications
Ce médicament est indiqué dans les cas suivants :
- Analgésie au cours de la respiration artificielle en cas d’intubation
- Anesthésie analgésique, traitement d’urgence (de l’)
- Anesthésie locorégionale, traitement adjuvant (de l’)
- Induction et maintien de l’anesthésie générale
- Modalités d’administration
Voie intramusculaire, voie intraveineuse, voie intraveineuse (en perfusion)
Traitement à associer à l’atropine
- Posologie
Patient quel que soit l’âge
Patient quel que soit le poids
Induction et maintien de l’anesthésie générale
Dose initiale
- Voie intraveineuse
Administrer par voie intraveineuse d’au moins 1 minute
Information du patient : être à jeun depuis au moins 4 heures
0,5 à 1 mg/kg 1 fois ce jour
- Voie intramusculaire
Information du patient : être à jeun depuis au moins 4 heures
2 à 6,5 mg/kg 1 fois ce jour
– Dose ultérieure éventuelle
- Voie intraveineuse
Administrer par voie intraveineuse d’au moins 1 minute
Information du patient : être à jeun depuis au moins 4 heures
Traitement à renouveler 10 à 15 min après la 1ère injection si besoin
0,25 à 0,5 mg/kg 1 fois ce jour
- Voie intramusculaire
Information du patient : être à jeun depuis au moins 4 heures
Traitement à renouveler 10 à 15 min après la 1ère injection si besoin
1 à 3,25 mg/kg 1 fois ce jour
- Posologie standard
Voie intraveineuse (en perfusion)
Administrer en perfusion continue
Administrer la solution pure ou diluée
Information du patient : être à jeun depuis au moins 4 heures
0,5 à 3 mg/kg 1 fois par heure
- Anesthésie locorégionale, traitement adjuvant (de l’)
Posologie standard
Voie intraveineuse (en perfusion)
Administrer la solution pure ou diluée
Information du patient : être à jeun depuis au moins 4 heures
0,125 à 0,25 mg/kg 1 fois par heure
- Analgésie au cours de la respiration artificielle en cas d’intubation
Dose initiale
Voie intraveineuse
Administrer par voie intraveineuse en bolus
Administrer par voie intraveineuse lente
0,25 mg/kg 1 fois ce jour
- Traitement ultérieur
Voie intraveineuse (en perfusion)
Administrer en perfusion continue
Administrer la solution pure ou diluée
0,2 à 1,5 mg/kg 1 fois par heure
Ne pas dépasser 6 semaines de traitement.
- Anesthésie analgésique, traitement d’urgence (de l’)
Posologie standard
Voie intramusculaire
0,25 à 0,5 mg/kg 1 fois ce jour
- Voie intraveineuse
Administrer par voie intraveineuse lente
0,125 à 0,25 mg/kg 1 fois ce jour
- Populations particulières
Insuffisance hépatique : Adapter la posologie
- Incompatibilités physico-chimiques
Compatibilité avec certains solvants
Incompatibilité avec certains médicaments
- Contre-indications
X Contre-indication absolue (8)
X Contre-indication relative (3)
- Niveau de risque : Critique
- Eclampsie
- Hypersensibilité à l’un des composants
- Hypertension artérielle non contrôlée
- Hypertension artérielle sévère
- Hyperthyroïdie non contrôlée
- Insuffisance cardiaque sévère
- Patient chez qui l’élévation de la pression intracrânienne est contre-indiquée
- Toxémie gravidique
- Niveau de risque : Modéré
- Accident vasculaire cérébral
- Alcoolisme chronique
- Allaitement
- Altération de l’état général
- Angor, antécédent (d’)
- Angor instable
- Antécédent de maladie psychiatrique
- Antécédent de toxicomanie
- Antécédent récent d’infarctus du myocarde
- Cardiopathie
- Cirrhose
- Décompensation cardiaque
- Déshydratation
- Enfant de moins de 15 ans
- Etat de choc
- Femme susceptible d’être enceinte
- Grossesse
- Hépatopathie
- Hypertension artérielle légère à modérée
- Hypertension intracrânienne
- Hypertension intra-oculaire
- Hyperthyroïdie
- Hypovolémie
- Infection respiratoire
- Insuffisance cardiaque légère à modérée
- Insuffisance coronarienne
- Insuffisance hépatique
- Intervention chirurgicale oculaire
- Intervention chirurgicale sur le pharynx, le larynx ou le poumon
- Intervention chirurgicale viscérale
- Intoxication alcoolique aiguë
- Maladie psychiatrique sévère
- Nouveau-né exposé à la substance lors de l’accouchement
- Patient traité en ambulatoire
- Plaie ouverte du globe oculaire
- Porphyrie aiguë intermittente
- Tachyarythmie
- Tendance aux abus médicamenteux
- Traitement prolongé
- Traitement prolongé à posologie élevée
- Traitement répété
- Traumatisme crânien
- Interactions médicamenteuses
Les informations fournies sur les interactions médicamenteuses résultent de la synthèse des sources consultées par l’équipe scientifique de Vidal
Elles ne reflètent pas systématiquement les informations portées par les RCP
Elles se veulent à visée pratique pour les professionnels de santé
L’absence d’une IAM dans la base Vidal ne doit jamais être interprétée comme une preuve d’innocuité
III Association déconseillée (2)
I A prendre en compte (1)
- Niveau de risque : Haut
Médicaments sédatifs + Alcool éthylique (boisson ou excipient)
Médicaments sédatifs + Oxybate de sodium
Une nouvelle étude sur la kétamine ne montre aucune supériorité face au placebo
9 avril 2026
Les recherches sur l’impact de la kétamine pour améliorer la récupération après la chirurgie (protocoles ERAS) demeurent limitées.
Cependant, de nouvelles données indiquent que la kétamine ne réduit pas la durée des séjours à l’hôpital et pourrait augmenter la probabilité d’être placé en soins intensifs (Br J Anaesth 2026, 20 janv. doi :10.1016/j.bja.2025.12.013).
Dans l’essai pragmatique, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, à grappe unique, les chercheurs ont évalué l’impact de la kétamine sur les résultats postopératoires chez les patients subissant une chirurgie abdominale majeure dans le cadre du protocole établi ERAS.
Chaque patient a été randomisé pour recevoir soit le bolus placebo de kétamine, soit de solution saline lors de l’induction d’une anesthésie générale, suivi d’une perfusion intraopératoire et postopératoire pendant 48 heures. Les chercheurs ont recherché les principaux résultats tels que la durée du séjour à l’hôpital et les résultats secondaires de la consommation totale d’opioïdes ainsi que l’incidence des effets secondaires et des effets indésirables.
L’étude a inclus 1 522 patients. Les résultats montrent que l’administration de kétamine n’a finalement pas diminué la durée globale du séjour à l’hôpital (OR, 1,21; IC 95%, 1,00-1,47) ni la consommation d’opioïdes (OR, 0,85; IC 95%, 0,71-1,01) comparativement au groupe placebo.
Les chercheurs ont également constaté que le groupe kétamine avait plus de chances d’avoir besoin d’un transfert aux soins intensifs (OR, 2,03; IC 95%, 1,14-3,63) et des chances moindres d’atteindre les jalons de sortie précoce (OR, 0,68; IC 95%, 0,50-0,93).
Certaines similitudes ont été relevées entre les deux groupes. Par exemple, l’activation de la réponse rapide (OR, 1,51; IC 95%, 0,85-2,68) et l’iléus nécessitant une décompression nasogastrique (OR, 1,26; IC 95%, 0,87-1,84) étaient similaires entre les groupes placebo et kétamine.
Enfin, le groupe kétamine présentait des taux plus élevés de vertiges invalidants (OR, 6,05; IC 95%, 3,02-12,11), d’hallucinations invalidantes (OR, 2,69; IC 95%, 1,09-6,65) et d’autres effets secondaires graves (OR, 1,94; IC 95%, 1,27-2,96) comparativement au groupe placebo.
« L’ajout de kétamine à un protocole ERAS abdominal multimodal n’a apporté aucun bénéfice significatif et a été associé à de pires résultats périopératoires », ont écrit les auteurs.
Par Kenny Walter
source : anesthesiologynews.com