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Une reconnaissance tardive, mais pleinement légitime

dernière modification le 24 mai 2026

Article publié sur SAMU magazine 2026 édition nationale

Les infirmier(e)s anesthésistes diplômé(e)s d’État (IADE) ont reçu en fin d’année 2025, une reconnaissance attendue de longue date avec la publication du décret du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession infirmière.

Par cet acte réglementaire majeur, le Code de la santé publique consacre officiellement l’entrée des IADE dans le champ de la pratique avancée. Il valide enfin, de manière explicite, le haut niveau d’expertise professionnelle de cette spécialité dans des domaines clés tels que l’anesthésie-réanimation, les urgences préhospitalières, l’algologie ou encore la gestion des situations sanitaires exceptionnelles.

Il n’est que temps. Dès le milieu des années 1960, les États-Unis avaient déjà structuré la pratique avancée infirmière en reconnaissant quatre rôles « d’infirmières praticiennes », notamment les Certified Registered Nurse Anesthetists (CRNA). Cette dynamique internationale s’est progressivement imposée, si bien qu’aujourd’hui plus de soixante pays ont intégré des rôles infirmiers de pratique avancée évoluant dans un exercice mixte clinicien et praticien, conformément aux recommandations formulées en 2002 par l’International Council of Nurses (ICN).

Selon cette instance, « un infirmier exerçant en pratique avancée est un infirmier diplômé ayant acquis des connaissances théoriques approfondies, des compétences cliniques expertes et une capacité de prise de décision complexe, dont les caractéristiques sont déterminées par le contexte d’exercice ». À l’évidence, les IADE répondent pleinement à cette définition.

Cette reconnaissance met en lumière le particularisme de la profession IADE:

 des prérogatives clairement identifiées, une formation exigeante et spécifique,
 un compagnonnage professionnel fondé sur l’expertise de terrain.

Elle engage désormais l’ensemble de la profession à investir pleinement toutes les dimensions de la pratique avancée : les soins cliniques directs bien sûr, mais aussi le leadership, l’expertise conseil, des activités de consultation et de recherche au travers de prises de décision éthiques et d’un exercice collaboratif.

C’est à ce prix et seulement à ce prix, que les IADE français pourront affirmer durablement leur rôle incontournable dans les secteurs où l’anesthésie, l’oxyologie et la sécurité des soins sont en jeu. Par leur expertise, leur maîtrise technique, l’étendue de leur champ d’exercice et son application quotidienne, ils sont des acteurs indissociables de la qualité des soins.

La responsabilité est désormais collective. Le cadre législatif est posé ; il appartient aux IADE de lui donner corps au travers des décrets de formation et d’exercice à venir. La pratique avancée ne saurait être un simple label apposé à une profession déjà experte. Elle doit être incarnée, structurée et portée par celles et ceux qui la font vivre au quotidien.

Vouloir, c’est pouvoir. Aujourd’hui toutes les conditions sont réunies pour que cette ambition devienne réalité.

Notre futur doit être plus grand que notre passé.

Arnaud BASSEZ

Infirmier anesthésiste
Président de la société française des infirmier(e)s anesthésistes

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