“Le travail de la pensée ressemble au forage d’un puits ; l’eau est trouble d’abord, puis elle se clarifie.”
proverbe chinois

L’exercice de pratique avancée des IADE, tel qu’explicité devant l’Assemblée nationale dans le cadre des auditions relatives à notre profession, est aujourd’hui entendu et acté.
S’il faut savoir apprécier l’instant, il est tout aussi essentiel de proposer une rétrospective pour évaluer sereinement et factuellement l’antériorité des positions défendues. Rien de plus simple pour se pencher sur la question, que de consulter sur le site de la SOFIA les archives que nous nous efforçons de mettre à disposition de chaque IADE désireux d’adopter une posture critique.
Si l’on examine les éléments communs à l’ensemble du socle de la pratique avancée – notamment les compétences en matière de consultation et de prescription – pour les confronter aux discours de certains représentants IADE qui s’y sont opposés par crainte de froisser nos collaborateurs de la « famille de l’anesthésie », nous ne pouvons que nous interroger de la cohérence de leurs positionnements. Inutile, dès lors, de s’appesantir sur le laïus postérieur dénonçant une soi-disant « mention lapidaire » du type « pas de changement », martelé tout au long du processus.
Nous concevons que rappeler ce niveau de prérogatives, légitimement considéré par certains représentants IPA comme un simple exercice de spécialité, puisse être difficile à entendre par ceux qui s’opposent à ce schéma partagé de la pratique avancée, bien que cela ait déjà été souligné et retranscrit dans cette analyse.
Un bref retour sur les problématiques liées au « stock » et à l’universitarisation, abordées ici éclaire également les enjeux systémiques.
Nous en profitons d’ailleurs pour répondre à un certain « admirateur en tenue d’Adam » : la convention tripartite concerne non pas les médecins, mais les écoles d’IADE, les régions et les universités.
Un détour par l’approche populationnelle – désormais indissociable de la pratique avancée – nous permet d’enchaîner sereinement sur le statut mixte (clinicien et praticien), pilier du modèle français de pratique avancée.
Pour rappel, le développement de la dimension praticienne à la lumière des définitions internationales a permis d’investir le projet de loi sur la primo-prescription et le premier recours. Ce projet, concerté avec Mme Rist, vise non seulement à permettre aux IPA d’assumer de nouvelles missions, mais aussi à faire reconnaître certaines pratiques officieuses IADE, intégrées dans de nouveaux parcours, retranscrits en amont des diverses auditions.
Certains brandissent ces évolutions comme un chiffon rouge au nom de leurs mandants, plutôt que d’y voir l’opportunité d’approfondir leurs compétences dans une logique de réponse graduée, de reconnaissance de leurs expertises dans les domaines des soins critiques, de l’algologie, de l’hypnose ou encore des accès vasculaires. Nous restons très réservés face à ceux qui s’évertuent à discréditer ces avancées sans s’assurer de la solidité ni de la pertinence de leur propre argumentaire et sans apporter de piste réflexive pour prétendre à ce niveau de responsabilités sans l’inscription de ces compétences dans nos référentiels alors qu’ils feront désormais partie des expertises socles.
Il est alors difficile d’attendre des codifications spécifiques, pourtant déjà suggérées.
À ceux qui peinent encore à saisir les véritables enjeux de cette réforme, ou qui sont prêts à signer un chèque en blanc, nous n’avons d’autre choix que d’aiguiser votre curiosité plutôt que de ménager les susceptibilités.
À défaut de lisibilité politique, la négociation financière devient peut-être l’ultime levier de motivation.
Enfin – une fois n’est pas coutume – nous dédions la conclusion à la réparation d’une injustice au travers de la réintroduction des discussions sur la notion de pénibilité… et à notre collègue Simon, qui, il y a quelques années, nous a offert ce moment de contestation.
Que cet instant soit sanctuarisé !
Le bureau de la SOFIA
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Les documents concernant la pratique avancée sont disponibles dans cet article. Le moteur de recherche intégré du site de la SOFIA permet également de parfaire les investigations.