
Suite à la validation de l’amendement IADE à la proposition de loi de la profession infirmière, présentée en procédure accélérée au sénat ce 5 mai 2025 et en attendant la commission mixte paritaire, les IADE sont en liesse.
Les mar, fidèles à leur ligne de conduite ancillaire, veillent à verrouiller l’accès à toute émancipation. Tout comme la démocratie, la profession IADE s’encadre…
Il est vrai que la présence effective de médecin anesthésiste-réanimateur en salle, relève de plus en plus, selon les individus, le lieu, l’horaire ou le niveau de contraintes, d’un concept audacieux, voire d’une vision à la Ray Bradbury et son sens aigu de l’anticipation futuriste et des mondes parallèles fictifs ou utopiques..
Les MAR auraient cependant bien tort de ne pas rappeler les propos tenus ces derniers jours et lors des réunions de concertation sur la pratique avancée, menées par l’IGAS.
Il faut dire qu’il y a du grain à moudre et ils s’autorisent une nouvelle fois à jubiler, au moment où toute la profession IADE devrait parler d’une seule voix pour mettre en avant une concertation menée depuis des lustres, diffusée et consultable par chacun. AMPA n’est que la première marche et risque de nous mener dans le vide, si derrière aucun contenu n’est réellement associé pour que l’on nous oppose alors, un consensus édulcoré de toute réflexion.
Au lieu de cela, nous assistons à la foire à l’égo, où chacun se félicite de sa contribution, de son importance dans la négociation ou de la conduite du dossier auprès des tutelles. Nous voyons fleurir les invectives censées mettre en lumière une éventuelle paternité des évolutions relevées.
Le CNPARMPO par ses représentants syndicaux, ne fait que nous remémorer les discours tenus en séance, dans lesquels certains s’évertuaient à expliquer au nom de la profession, que la pratique avancée des IADE en anesthésie serait un modèle qu’ils décrivent à leur image, sous supervision médicale, sans même que nombre d’IADE n’y voient la supercherie et le danger d’une main mise, préférant s’attacher au titre plus qu’à la réelle reconnaissance de l’exercice et des expertises par le modèle à développer.
Lire « Rapport et analyse des réunions IGAS sur la pratique avancée des infirmiers anesthésistes » de la SOFIA pour se remémorer les passages.
Les auteurs des conclusions du rapport de l’IGAS, sont même obligés de nuancer et d’expliquer ce niveau de lecture, avec toute la pédagogie utile. (Concertation sur la pratique avancée infirmière. Jean Debeaupuis-Patrice Blémont (août 2022).
Rien n’y fait. Au contraire les IADE surenchérissent et certains expliquent que la pratique avancée IADE ne doit pas intégrer les modalités mixte du système actuel et encore moins la primo-prescription et le premier recours.
S’il demeure possible d’ajuster et d’implémenter l’existant, il faut cependant disposer du bon logiciel originel sans quoi, son obsolescence est programmée au moment même de sa conception.
Certains préfèrent entretenir le flou artistique en invoquant une dimension technique experte, ou en expliquant s’être concertés avec les représentants médicaux parce qu’il s’agirait d’un préambule à notre reconnaissance…
Le CNPARMPO a compris que certains s’attacheraient à porter le statu quo de notre exercice dans le domaine de l’anesthésie. Ils ne veulent nullement reconnaître l’existant officieux relevé et retranscrit dans divers rapports, mais plutôt ne pas déplacer une seule virgule de nos référentiels, pour conserver l’officiel qu’ils dépeignent sous leur seule focale.
Il convient alors de relire les comptes rendus de réunion pour en vérifier l’exactitude. En revanche, compte tenu des avancées législatives de ces derniers jours en matière de pratique avancée et après s’être déclarés incompétents en séance dans les autres domaines comme les urgences, (page 21 entre autre du verbatim), nos collaborateurs sont plus inquiets de risquer de ne plus disposer de leur guichet unique.
Contrairement, à certains représentants IADE, eux ont fait une lecture correcte de l’amendement. Ils savent que l’IPAU dispose désormais de l’ensemble des prérogatives leur permettant d’évoluer en autonomie coordonnée, en parfaite cohérence avec leurs référentiels et une activité praticienne avérée.
Sans primo-prescription ou sans premier recours pour l’IADE, contenu à une dimension clinicienne, impossible d’investir la réponse graduée telle que formulée depuis que la profession s’évertue à en faire reconnaître la véracité et à en porter les développements.
La suite logique et naturelle est l’éviction. Les MAR n’ont même plus besoin d’intervenir. Que dire également de la consultation douleur, des accès vasculaires ou de l’exercice possible en réanimation.
Il ne s’agit pas d’expliquer que chaque IADE officie actuellement dans ce niveau de prérogatives et de diversité, mais bel et bien de reconnaitre des développements déjà investis par certains d’entre nous et d’offrir à la profession les outils collectifs de développements attendus, déjà effectifs en AMPA et de fait enfin promulgables pour les IADE.
Les vrais enjeux vont débuter et toute incompréhension ou dissonance dans les rangs de la profession, la mènera sur une voie désaffectée.
Il est temps de s’en rendre compte avant l’inéluctable. L’arbre du 5 mai 2025 ne doit pas cacher la forêt de l’après.
– Damien BRAULT
Secrétaire de la SOFIA
– Arnaud BASSEZ
Président de la SOFIA

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L’article sur la pratique avancée reprend chaque étape. Pour une compréhension globale et totale du sujet.