Burn to be wild 4

mercredi 19 octobre 2016

Souffrance des soignants : nouvel appel à briser l’omerta

L’année 2016 aura été marquée par une prise de parole quasiment inédite autour de la souffrance psychique des soignants, leur épuisement et leur vulnérabilité. Certes, le taux de suicides des médecins parmi les plus élevés de toutes les catégories professionnelles a souvent été commenté : on se souvient comment l’Union française pour une médecine libre avait déjà mis en scène il y a quelques années la proportion importante d’autolyse parmi les libéraux. L’inexistant suivi des médecins et au-delà de l’ensemble des professionnels de santé, qui souvent "échappent" à toute médecine du travail a également été fréquemment noté.

Cependant, jamais autant qu’en 2016, les appels à une libération de la parole n’ont été aussi nombreux et aussi larges. Ils ne concernent en effet plus seulement une catégorie de professionnels ou un unique secteur mais l’ensemble du monde de la santé. Par ailleurs, on ne se focalise plus tant sur les défauts de dépistage et de prise en charge ou sur les risques de l’auto-traitement mais plus certainement sur les causes de ce mal être grandissant.

La rupture de confiance entre les différentes autorités (gouvernementales, administratives, institutionnelles) et de nombreux soignants ont favorisé le déliement des langues. Ainsi que plusieurs drames et notamment le suicide en décembre 2015 du professeur Jean-Louis Megnien.

Témoigner et dénoncer

La réunion organisée hier par l’Union française pour une médecine libre (UFML Synergie) à l’Hôtel Dieu de Paris s’inscrivait dans cette dimension ayant pour objectif de démontrer comment tant le secteur hospitalier que libéral étaient également touchés par le désarroi, la souffrance et une forme de maltraitance institutionnelle. Plusieurs médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, souvent issus de formations syndicales, ont été invités à témoigner de leur propre expérience. Si les discussions ont pu paraître un peu désordonnées (et ont été perturbées par le courroux manifesté par le directeur de l’Hôtel Dieu goûtant peu d’accueillir une telle réunion en son sein), l’objectif premier est apparu clairement : dénoncer et appeler un grand nombre de professionnels à faire de même. « Ce type de conférence est fait pour alerter, pour mettre au courant sur la réalité » a ainsi martelé Jérôme Marty, patron de l’UFML.

Des obligations administratives ubuesques

Au-delà de la diversité des situations, les discours permettent de repérer un symptôme commun : le sentiment d’une perte de sens. « On constate tous une perte de sens, les soignants sont confinés à un rôle d’ouvriers spécialisés, avec des administrateurs qui prennent des décisions à notre place », confie ainsi au Quotidien du Médecin le Dr Gérald Kierzek, urgentiste parisien. Cette sensation s’installe notamment à la faveur de la polyvalence imposée dans de nombreux établissements : elle empêche d’inscrire son travail dans la durée et elle expose à des situations inconnues qui favorisent la crainte de l’erreur et l’angoisse. A cette polyvalence s’ajoute la multiplication de diktats tant à l’hôpital qu’en ville, l’obligation de se plier à des impératifs administratifs qui parfois frisent l’absurde.

Mais lorsqu’il s’agit pour les soignants de se préserver, les directions se montrent alors bien moins tatillonnes sur le respect de certaines règles. « La semaine dernière, j’ai rempli une feuille d’incident car nous n’étions pas en nombre suffisant pour nous occuper des patients : on m’a dit que ça ne servait à rien. Alors que c’est dangereux ! » relatait dans la presse locale récemment une infirmière du CHU de Tours qui a observé une grève pour protester contre la désorganisation constante du travail.

2017 en ligne de mire

Face à cette situation, les professionnels de santé sont appelés à reprendre le pouvoir. Jérôme Marty défend l’idée d’un système de santé qui donne aux soignants un véritable rôle dans l’organisation des soins à tous les niveaux : qu’il s’agisse des Agences régionales de santé ou des hôpitaux. Au cœur de la campagne électorale, cette invitation doit également résonner d’une manière particulière en choisissant avec soin la nouvelle équipe de dirigeants.

Aurélie Haroche jim.fr



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