Pas vu, pas pris

mercredi 5 janvier 2011

Dans les Hospices civils de Lyon (HCL), la direction n’a pu pourvoir 70 postes d’infirmièr(e)s à l’issue de la campagne de recrutement menée lors de la sortie des écoles en décembre. La même constatation s’était imposée l’année dernière. Cette pénurie n’est pas sans affecter le fonctionnement de certains services : entre mai et septembre, plusieurs lits d’hématologie ont dû être fermés en raison de congés de maternité et tous n’ont pas pu être rouverts définitivement.

Pour faire face à cette situation, la direction des HCL tente de tirer les leçons de certaines constatations : dans « les services très techniques qui fonctionnent en deux fois 12 heures » les difficultés d’embauche sont réduites.

Aussi, en dépit de l’opposition des syndicats, envisage-t-on de favoriser ce rythme de travail. « Les jeunes demandent ce fonctionnement » est convaincu François Martin. Le HCL tente également de séduire les nouvelles recrues grâce à l’accroissement de son parc de logements (dont les loyers sont inférieurs au prix du marché). Ces différentes tactiques ne permettent cependant pas au CHU de faire face à toutes les situations de pénurie, en raison notamment de la concurrence du privé.

Les cliniques peinent pour autant également à pourvoir l’ensemble des postes qu’elles veulent créer. Le recours à l’intérim s’y répand et dans certains établissements on n’hésite pas envisager des solutions inédites : l’emploi d’infirmières étrangères. C’est ainsi, que la polyclinique des Chênes d’Aire sur l’Adour (Landes) vient de recruter douze infirmières roumaines, à la grande satisfaction de sa direction. Les mésaventures des HCL ou de la polyclinique landaise ne sont que le reflet de chiffres publiés l’année dernière et qui avaient révélé que le métier d’infirmier comptait parmi les quinze professions pour lesquelles il existait les plus fortes difficultés d’embauches. Cette étude du Pôle emploi assurait ainsi que dans 63 % des cas il existe des obstacles au recrutement d’une infirmière.

Parmi les raisons de cette pénurie, sans doute faut-il se pencher sur les chiffres des instituts de formation en soins infirmier (IFSI). L’enquête récemment publiée par la Direction de la recherche et des études statistiques (DREES) sur la profession infirmière a révélé que si le quota national d’inscriptions dans les IFSI est fixé à 30 000 depuis 2003… il n’est jamais rempli.

Parallèlement, le nombre de diplômés est stable atteignant 21 000 par an. On enregistre en outre une forte déperdition, de l’ordre de 20 %, entre le nombre d’inscrits en première année et le nombre de diplômés. Les enquêteurs de la DREES notent que certains étudiants choisissent en première année d’épouser la profession d’aide soignant, tandis que d’autres invoquent « le manque de temps, la peur de faire des erreurs, le manque de reconnaissance et le manque d’encadrement pendant les stages » pour expliquer leur abandon prématuré.

Derrière cette baisse des vocations il faut en partie lire la faiblesse des rémunérations. Dans un dossier consacré à la pénurie d’infirmières en 2009, le site Infirmiers.com comparait à cet égard la situation des CHU français situés à proximité de la frontière suisse avec celle du CHU de Lausanne. Quand les établissements français peinaient à pourvoir l’ensemble des postes, l’hôpital suisse comptait 300 candidatures d’infirmières en attente !

source JIM

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Il est plus que temps que les pouvoirs publics se penchent sur le problème de l’attractivité de la profession.
La rémunération est une composante essentielle.
On ne peut à chaque fois en donner pour la seule corporation médicale.

Il en va de la survie du système de soins français, ainsi que de la profession IADE, car les IDE de demain, seront les IADE d’après demain.

Enfin, il faut favoriser les 12 heures. Cela sans prendre en compte l’avis des syndicats qui sont contre, sous couvert de favoriser l’embauche, qui ne se fait pas, on vient de le lire plus haut.

Les 12 heures, favorisent la vie privée, l’exercice complémentaire (qui a dit travailler plus pour gagner plus ?), limitent les frais de déplacements car les soignants n’ont pas toujours leur résidence à proximité de leur employeur.

Il serait temps que les directions prennent ces données en considération. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

AB



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