LMD : Le Menu Détaillé

mercredi 21 mars 2007
par  Arnaud Bassez
popularité : 2%

Le LMD est au cœur de la profession infirmière, et de son évolution. Toutefois, pour certains, le LMD reste une nébuleuse opaque et floue. Voici donc une tentative de réponse.

La réforme du LMD (Licence, Master, Doctorat) vise à restructurer l’ensemble des diplômes universitaires pour harmoniser et rendre compatibles les cursus de l’enseignement supérieur en Europe et favoriser la mobilité des étudiants. 40 pays européens ont décidé d’harmoniser leurs diplômes entre 2002 et 2010 dans ce que l’on appelle :
les accords de Bologne.

Avant de parler de ces accords, il convient de remonter le fleuve sinueux pour découvrir la source du projet.

La Source. Gustave Courbet

Origine du processus dit d’harmonisation

L’origine se situe dans une démarche d’harmonisation européenne. Elle est due au rapport de la commission Attali
qui fut à l’invitation du ministre de l’Education nationale Claude Allègre, chargée de réfléchir sur l’amélioration des relations entre les Grandes écoles et les universités.

L’idée étant que la valorisation de notre appareil éducatif passait par une mise aux normes internationales, avec adoption d’un schéma en trois étapes (formation de base, formation avancée, formation doctorale).

Le ministre de l’Éducation Nationale retient la proposition du rapport et invite ses homologues, ministres de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Italie à un colloque à la Sorbonne le 25 mai 1998.

La déclaration de la Sorbonne, était alors présenté à plusieurs pays, qui allaient signer à Bologne une déclaration commune fixant les objectifs communs. (texte pdf).

Les grands points clés de cette déclaration :

- une convergence progressive des structures de diplômes et d’études au sein d’un espace européen ouvert
- un niveau commun de diplôme pour les études undergraduate (baccalauréat) et graduates (Master et doctorat).
- des efforts pour faciliter la mobilité des étudiants et des professeurs (les étudiants devant passer un semestre hors de leur pays) avec la suppression des obstacles de reconnaissance des diplômes et des qualifications universitaires.

La conférence de Bologne fut suivie d’une conférence intergouvernementale à Prague, puis à Berlin (2003).

Les 9 points principaux de l’accord de Bologne

- Établir un système cohérent et équivalent de diplômes
- Basé sur 2 niveaux (+doctorat)
- Avec système de crédits et de supplément au diplôme (explicitation du parcours)
- Favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants
- Favoriser une coopération européenne en matière d’évaluation et d’assurance qualité
- Développement de diplômes conjoints au plan européen
- Formation tout au long de la vie
- Implication des étudiants
- Renforcer l’attractivité de la zone Europe

La construction de l’espace européen domine désormais les débats nationaux sur l’enseignement supérieur

Transposition à la France de l’accord de Bologne

Le terme LMD renvoie à un dispositif fondé sur la séquence suivante :

- licence = L (bac + 3)
- master = M (bac + 5)
- doctorat = D.

LMD

Déclaration de la Sorbonne – 25 mai 1998

La Sorbonne

Déclaration de la Sorbonne

Déclaration conjointe des quatre ministres de l’enseignement supérieur en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni, faite à la Sorbonne le 25 mai 1998.
C’est cette déclaration qui est à l’origine du processus du LMD.

Déclaration de Bologne – 19 juin 1999

Bologne

La déclaration de Bologne

Un an après la Sorbonne, 29 ministres de l’Education se retrouvent à Bologne pour continuer le processus de construction d’un espace européen d’enseignement supérieur.

Rencontre de Salamanque – 30 mars 2001

Salamanque

message de Salamanque

C’est la création de l’Association Européenne de l’Université (EUA)

Conférence de Prague – 19 mai 2001

Prague

conférence de Prague

Les pays signataires de la déclaration de Bologne, se retrouvent pour construire l’espace européen de l’enseignement supérieur, objectif à l’horizon 2010.

Sommet de Berlin - 19 septembre 2003

Berlin

Sommet de Berlin

Les 32 ministres européens chargés de l’enseignement supérieur, dressent le bilan des réalisations et définissent les priorités pour les années à venir pour accélérer la réalisation de l’espace européen de l’enseignement supérieur.

Conférence de Bergen - 19 mai 2005

Bergen (photo Bergen Tourist Board)

Conférence de Bergen - 19 mai 2005

Les ministres de l’enseignement supérieur participant au processus de Bologne, sont réunis pour faire un bilan et fixer les objectifs pour 2010. De nouveaux pays participant au processus de Bologne sont accueilli : l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

LES TEXTES FONDATEURS

Décision

Décision no 2241/2004/CE du Parlement européen et du Conseil instaurant un cadre communautaire unique pour la transparence des qualifications et des compétences (Europass) - 15 décembre 2004

Décrets

Décret du 11 mai 2005 relatif à la délivrance de diplômes en partenariat international

Décret n°2002-590 du 24 avril 2002 pour l’application du premier alinéa de l’article L. 613-3 et de l’article L. 613-4 du code de l’éducation et relatif à la validation des acquis de l’expérience par les établissements d’enseignement supérieur

Décret n°2002-529 du 16 avril 2002 pris pour l’application des articles L. 613-3 et L. 613-4 du code de l’éducation et relatif à la validation d’études supérieures accomplies en France ou à l’étranger

Décret du 8 avril 2002 portant application au système français d’enseignement supérieur de la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur

Décret du 8 avril 2002 fixant l’orthographe du vocable "master"

Décret du 8 avril 2002 relatif aux grades et titres universitaires et aux diplômes nationaux

Arrêtés

Arrêté du 3 août 2005 relatif au Diplôme universitaire de technologie dans l’Espace européen de l’enseignement supérieur

Arrêté du 6 janvier 2005 relatif à la cotutelle internationale de thèse

Arrêté du 19 février 2004 portant habilitation à délivrer des masters dans les établissements habilités à délivrer le diplôme d’ingénieur

Arrêté du 9 octobre 2003 "Création du Conseil national pour le développement de la mobilité internationale des étudiants"

Arrêté du 4 juin 2003 relatif à l’évaluation du diplôme national de master par la commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion

Arrêté du 25 avril 2002 relatif aux études doctorales

Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme d’études supérieures spécialisées

Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master

Arrêté du 23 avril 2002 relatif au grade de licence

Circulaires et Notes

Circulaire Modalités d’élaboration et de délivrance des diplômes dans le cadre du dispositif LMD (08 décembre 2006)

Circulaire Modalités d’élaboration et de délivrance des diplômes dans le cadre du dispositif LMD

Charte pour l’égalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence (06 octobre 2005)

CHARTE POUR L’EGALITÉ DES CHANCES DANS L’ACCÈS AUX FORMATIONS D’EXCELLENCE

Circulaire pour la campagne de contractualisation - Vague A (20 juin 2005)

circulaire pour la campagne de contractualisation du 20 juin 2005

Concertation sur les études doctorales (08 novembre 2004)

Lettre circulaire du 24 novembre 2003 relative à la mise en œuvre du master professionnel dans les établissements habilités à délivrer le diplôme d’ingénieur

Lettre circulaire du 14 mars 2003 relative à la mise en œuvre du master dans les établissements habilités à délivrer le diplôme d’ingénieur

Note n° 0206433 du 14 novembre 2002 relative à la mise en œuvre du schéma licence master doctorat (LMD)

Le supplément au diplôme

Le principe

Le supplément au diplôme est une pièce attachée aux diplômes, fournissant une description détaillée du cursus suivi. Il vise à faciliter la reconnaissance académique et professionnelle des qualifications (diplômes, acquis universitaires, certificats, etc.).

Il est destiné à décrire la nature, le niveau, le contexte, le contenu et le statut des études accomplies avec succès par la personne désignée par la qualification originale à laquelle ce supplément est annexé.

L’attribution de ce supplément devient obligatoire par le décret
2002-482 du 8 avril 2002

La validation des années d’études n’existe plus. Dorénavant on parle de crédits pour définir les niveaux.

Les crédits représentent un volume d’heures de travail en cours, travaux dirigés ou pratiques. Ils peuvent également valider un stage.
Ils sont transférables en France et en Europe et définitivement acquis. On peut par conséquent les capitaliser.

La nouveauté se situe dans une mise en semestres des études.
La licence est découpée en 6 semestres Le master est organisé en 4 semestres
Chaque semestre est affecté de 30 crédits.

Chaque niveau d’étude ou grade est atteint par l’acquisition de crédits européens ECTS (European Credit Transfer System, 30 crédits ECTS par semestre)

Le grade de Licence (bac+3) est validé par l’obtention de 180 crédits (soit 1 an = 2 semestres 3 ans = 6 semestres x 30 crédits).

Le grade de Master (bac+5) est validé par 120 crédits ECTS après la licence. Le master remplace la maîtrise et le troisième cycle (DEA et DESS), et peut se décliner sous deux orientations, l’une professionnelle, l’autre recherche, avec des possibilités de passerelle de l’une à l’autre.

Le grade de doctorat (bac+8) est accessible après un Master.

Une organisation en Unités d’Enseignement (UE)

Le système est composé d’Unités d’Enseignement. Chacune a une valeur en crédits et correspond au nombre d’heures de travail (cours, travaux dirigés, travaux pratiques, travail personnel) que l’étudiant doit fournir pour obtenir son UE.

Un diplôme s’obtient :

Soit par acquisition de chaque unité d’enseignement, soit par l’application des modalités de compensation entre unités d’enseignement.

Que deviennent les anciens diplômes ?

le Diplôme

Les parcours actuels de type DEUG en 2 ans et Licence en 1 an seront remplacés par les nouvelles Licences en 3 ans.

Les parcours post-licence actuels de type maîtrise en 1 an suivi d’un DEA ou d’un DESS en 1 an seront remplacés par les parcours de master en 2 ans. Les masters seront de type Recherche (en remplacement des DEA) ou de type Professionnel (en remplacement des DESS).

Les préparations aux concours pour l’accès aux métiers de l’enseignement (CAPES, CAPLP, CAPEPS, CAPET, Agrégation) seront intégrées dans des masters.

Les formations à caractère professionnel

Les licences professionnelles ne changent pas et intègrent le schéma LMD. Elles sont accessibles sur sélection après avoir validé 120 crédits.
Les DUT restent en l’état avec des passerelles vers la licence.
Les IUP intègreront également le système LMD.

Le parcours

Parcours Licence

Après le baccalauréat, le parcours de formation est dit parcours Licence. Il se déroule en 6 semestres (3 ans). La Licence peut avoir une orientation générale, appliquée ou professionnelle. Pour l’obtenir il faut avoir validé 180 crédits.

Parcours Master

Après la licence, c’est le parcours Master. Pour l’obtenir il faut acquérir 120 crédits supplémentaires et valider une aptitude à maîtriser une langue étrangère. Le total capitalisé est de 300 crédits depuis le baccalauréat.

Parcours Doctorat

Après le Master recherche, une thèse de doctorat peut être préparée en validant 180 crédits supplémentaires. Ce qui porte le total à 480 crédits après le baccalauréat.

Diplômes intermédiaires

Le DEUG et la maîtrise peuvent être validées. Le DEUG est obtenu avec 120 crédits et la maîtrise avec 60 crédits d’un master.

Les études à l’université avant 2004

Le LMD remplaçant l’ancien système, l’université permet d’intégrer le nouveau en attribuant le nombre de crédits correspondants aux Unités d’Enseignements.

Les titulaires d’un DUT, BTS, ou issus de classes préparatoires
pourront rejoindre la licence sous réserve de la validation totale ou partielle par l’université, du parcours précédent ou des acquis.

ça y'est, j'ai mon master en anesthésiologie !!!!


Le protocole d’accord Bachelot du 2 février 2010

Après sept mois de discussions sur la réforme statutaire de la catégorie B et l’intégration en catégorie A des professionnels dont les diplômes sont reconnus dans le LMD par l’université, le protocole (document PDF en fin d’article) définitif était soumis pour signature aux organisations syndicales le 2 février 2010 au Ministère de la Santé.

- Le protocole pour la catégorie A

- Filière Soignante : Perte de la catégorie active (= départ anticipé à 55 ans) pour l’ensemble des agents qui seront reclassés dans la nouvelle grille de la catégorie A, c’est-à-dire les futurs infirmiers (diplômés en 2012), infirmiers spécialisés et cadres de santé (à partir de juillet 2012), infirmiers actuellement classés en catégorie B, et qui opteront pour un reclassement en catégorie A (à partir de décembre 2010, puis en deux temps : mi 2012, puis 2015.

- Filière Administrative, techniques et Généraux : Rien pour l’instant

- Le protocole pour la catégorie B

le Ministère propose une nouvelle grille, appelée « NES » : nouvel espace statutaire. Sa mise en œuvre se soldera par une perte de 44 000 € par agent, pour une carrière moyenne de 35 ans, en comparaison avec l’actuelle grille de la catégorie B. Cette nouvelle grille se traduit aussi par un allongement de la carrière.

- Filière Soignante : Tous les professionnels qui feront le choix de maintenir l’ouverture de leur droit à la retraite à 55 ans resteront en catégorie B.
Dans ce cas, le gain mensuel moyen par agent dans la nouvelle grille sera de 23 euros. Le droit d’option s’exercera dans les 6 mois précédant la date prévue pour le reclassement.

- Filière Administrative : Seuls les Secrétaires Médicales et les Adjoints des Cadres Hospitaliers bénéficieront de la nouvelle grille.

- Filière Techniques et Généraux : La réforme ne concerne que les agents-chefs et les techniciens supérieurs hospitaliers, avec une structure de corps à 3 grades comprenant 2 niveaux de recrutements, correspondant à 2 niveaux de qualifications différents, le 3ème grade restant un grade d’avancement.

- Le protocole pour la catégorie C

- Filière Administrative : Rien, sauf pour les PARM ! Ils seront susceptibles d’intégrer, à partir de juin 2011, la catégorie B, sous réserve, soit de passer un concours ou examen professionnel, soit de posséder un diplôme de niveau IV. Ils seront intégrés dans le corps des secrétaires médicales.

- Filière soignante, technique, généraux : Rien

A lire, les grilles indiciaires IADE du nouveau protocole LMD.

grilles indiciaires du protocole Bachelot du 2 février 2010 (UFMICT-CGT)
Reclassement IADE (document SNIA)
Les formations paramédicales, bilan et poursuite du processus d’intégration dans le dispositif LMD, tome 1 rapport.

L’administrateur n’est affilié à aucun syndicat. Les documents sont purement informatifs.

NB : La législation du LMD


L’infirmier de pratique avancée : un vrai métier hospitalier, une vraie place possible dans le système de santé ?

Posté le 16/09/14 par Rédaction Weka

Depuis 2009, l’Université d’Aix-Marseille a ouvert un master 2 en Sciences cliniques infirmières, en partenariat avec l’EHESP, divisé en 3 spécialités : infirmier de pratique avancée en gérontologie, infirmier de pratique avancée en cancérologie et infirmier coordinateur de parcours complexes de soins. Quelle place auront ou pourront avoir les étudiants dépositaires de ce diplôme dans le système hospitalier ou dans le système de soins ?
La formation suit l’évolution du monde de la santé

En 2003, les conclusions d’un rapport du Pr Berland recommandaient d’élargir le domaine de compétences des infirmiers sous certaines conditions. Une réflexion relative à la nouvelle coopération des professions de santé pilotée par la Haute Autorité de Santé (HAS) a préconisé des ouvertures de compétences dans cette profession.

En 2011, un rapport relatif aux métiers en santé de niveau intermédiaire – Professionnels d’aujourd’hui et nouveaux métiers : des pistes pour avancer – avançait la nécessité d’initier de nouvelles professions dans un secteur de la santé « plus souple, plus dynamique et plus performant » par l’évolution de la typologie classique des métiers des professions de santé répartis aujourd’hui en 3 grands groupes : médical, pharmacie et auxiliaires médicaux dont les infirmiers. Ceci afin de faire face aux mutations profondes de la santé liées aux évolutions démographiques, sociétales et technologiques.

La formation est liée aux évolutions européennes en matière de formation universitaire

Lancé en 1998, à l’initiative du ministre de l’Éducation nationale Claude Allègre, un colloque réunissant, à la Sorbonne, les quatre ministres chargés de l’Enseignement supérieur d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne et d’Italie, visait à favoriser les échanges universitaires (étudiants, enseignants et chercheurs) et à faire converger les systèmes universitaires vers des niveaux de référence communs pour la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur.

Une conférence tenue à Bologne en juin 1999 voit 29 pays signer un texte commun qui donnera lieu à une organisation d’un système européen d’organisation des diplômes de l’enseignement supérieur (Licence – Master – Doctorat = LMD), la validation des acquis et des expériences (VAE), le principe de libre circulation en Europe.

Dès lors, en France, la question des diplômes des infirmiers, des personnels médico-techniques était posée : leur niveau, les qualifications requises, la définition d’un cadre de maîtrise/master et de doctorat de 3e cycle.

Le cadre de formation des professions paramédicales

Dès 2006, le projet de « réingénierie des diplômes » tend à définir pour chaque diplôme un référentiel de compétences validé nationalement et complété́ d’une cartographie des activités associées à la fonction. Le diplôme d’État d’infirmier a été ainsi repensé et un rapprochement des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) avec l’université a conduit à l’attribution conjointe du diplôme d’Etat et du grade de licence au terme de la formation.

Dans plusieurs pays étrangers, notamment anglo-saxons, une gradation des niveaux d’intervention des professionnels de santé existe. On définit alors le terme de « pratique avancée » pour qualifier les niveaux de compétences acquis et les missions correspondantes, après la formation initiale, au grade de master, voire de doctorat, dans le champ de la recherche clinique.

Le champ professionnel infirmier, aujourd’hui limité à la spécialisation (IADE, IBODE, PDE) ou à l’encadrement cherche donc à s’ouvrir d’une nouvelle voie par la création d’un Master Sciences Cliniques Infirmier(ère)s. Ces nouveaux professionnels, formés à un niveau intermédiaire entre les paramédicaux (formés généralement en 3 ou 4 ans) et les médicaux (formés au minimum à 9 ans) pourront à terme “permettre de recentrer les médecins sur leur cœur de métier, faciliter la fluidité des prises en charge, sécuriser les pratiques”.

La formation en Master

Un Master I est constitué par un tronc commun et une spécialisation avec 3 spécialités : Infirmière de pratique avancée (IPA) en cancérologie, en gérontologie et en parcours complexe de soins est possible pour le Master II.

Ces formations sont réservées à des « infirmiers(ères) diplômé(e)s d’État dotées d’une solide expérience clinique, accompagnée d’une ou plusieurs formations complémentaires prouvant qu’ils ont déjà fait la preuve d’un intérêt universitaire…”

Les nouvelles compétences retenues

L’ARS Ile de France indique que « L’infirmier(ère) qui exerce en pratique avancée est un(e) infirmier(ère) diplômé(e) qui a acquis des connaissances théoriques, le savoir faire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession. Les caractéristiques de cette pratique avancée sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmier(ère) sera autorisé(e) à exercer.
Les définitions de l’EHESP des nouvelles compétences acquises restent floues. La comparaison des compétences entre un infirmier IDE et un infirmier IPA se résume en général à “Développer une expertise dans les compétences attendues de l’IDE”.

Le réseau des pratiques avancées en soins infirmiers (REPASI) précise que la “pratique avancée” “est définie par une pratique clinique directe, un haut degré d’autonomie, une mobilisation des savoirs, des soins centrés sur le patient et basés sur des données probantes. Les qualités de leadership et de compréhension des systèmes de santé permettent à ces professionnels de jouer un rôle important auprès des patients ainsi qu’auprès des autres professionnels de santé.”
D’autres sources souhaitent que devant la pénurie de médecins, les infirmiers de pratique avancée (IPA) appelés parfois infirmiers cliniciens spécialisés (ICS) puissent effectuer des actes médicaux, établir des diagnostics … délégués par certains médecins… comme le suggérait le premier rapport de 2003.

Une définition et une place qui restent à définir

La volatilité des termes de ces définitions tranche avec la précision des compétences définies dans les définitions des diplômes. L’organisation actuelle du système de santé semble difficilement adaptable pour intégrer des personnels qui seront à même de “factoriser des cas cliniques”, de « réaliser des modèles théoriques et conceptuels ; des méthodes telles que le raisonnement clinique, des stratégies d’évaluation et d’intervention, de transposition des résultats de recherche dans la pratique ; de technicité́ (par exemple rédaction d’une observation clinique, d’un compte rendu, d’un résumé de soins, réalisation de gestes techniques…) ».

L’hôpital sera-t-il le bon vecteur de cette intégration ? En a-t-il les moyens ? Des réseaux de santé porteront-ils ce besoin ? Les IDE formées à ce Master, souvent par le biais de la formation continue, trouveront-elles un intérêt à revenir à leur ancien poste ? Les DRH sauront-elles accompagner les agents dans leur quête applicative ? Une délégation de compétences des médecins vers ces nouveaux métiers est-elle possible ?

L’enjeu n’est pas mince pour la filière infirmière et médico-technique.

DT.

A lire les rapports (et notamment le rapport Berland)

dossier coordination infirmière sur le LMD (à titre purement informatif)
propositions universitarisation
Evaluation de l’impact du dispositif LMD sur les formations et le statut des professions paramédicales
Rapport Morelle - Veyret - Lesage - Acker - Noire, septembre 2008
Formation et statut des professions paramédicales : évaluer l’impact du dispositif Licence-Master-Doctorat. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche sur « l’évaluation de l’impact du dispositif L.M.D. (Licence-Master-Doctorat) concernant les formations et le statut des professions paramédicales » a été transmis ce jour à Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot-Narquin, Eric Woerth et André Santini. Ce rapport permettra, grâce à l’analyse et aux propositions qu’il développe, de lancer le travail préparatoire à la réforme des études paramédicales.
Bilan et évolution du cursus de Master
IADE, d’une profession à son universitarisation (document Greia 35)

— -

Arnaud BASSEZ

IADE

administrateur

Formateur AFGSU


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par  Arnaud Bassez

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par  Arnaud Bassez

LMD : Le Ministre Dédaigneux

Xavier Bertrand, porte-parole du candidat UMP Nicolas Sarkozy et ministre de la santé et des solidarités, vient de déclarer que le LMD était passé par pertes et profits pour la profession infirmière dans son ensemble.
Alors qu’il s’était engagé à porter à ce projet européen (accords de Bologne) toute (...)

mercredi 14 février 2007
par  Arnaud Bassez

Hôpital 2012

Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a présenté les principales lignes du plan Hôpital 2012. Doté de 10 milliards d’euros sur cinq ans, dont 5 milliards d’euros versés par l’État.
Il y a quatre priorités.
améliorer les conditions de travail du personnel (création de crèches dans les hôpitaux pour (...)

jeudi 25 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

Lettre à Oxymag

On me demande la lettre publiée dans Oxymag n° 91 de novembre/décembre 2007.
la voici :
Les infirmiers anesthésistes français manquent d’une représentation professionnelle non syndicale efficace et sont loin de se sentir considérés à la juste hauteur de leurs compétences et des responsabilités qu’ils (...)

mercredi 17 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

SOFIA, j’ai les noms !

les homonymes de la SOciété Française des Infirmier(e)s Anesthésistes
vu sur http://www.thefreedictionary.com/ le site de référence
SOFIA Society of Film Archivists
SOFIA South Florida Information Access
SOFIA State of World Fisheries and Aquaculture
SOFIA Stratospheric Observatory for (...)

mercredi 17 janvier 2007
par  Arnaud Bassez

IADE quoi ?

Vous l’avez compris, l’idée des rubriques repose sur la répétition en suffixe de notre acronyme IADE. (d’ailleurs IADE au pluriel ne prend pas de S, un acronyme étant invariable)
Pour ceux qui ne se sont pas posés la question de ce que veulent dire les rubriques à l’origine, voici un bref aperçu (...)

vendredi 29 décembre 2006
par  Arnaud Bassez

Nouvelle gouvernance, nouvelle errance ?

L’hôpital ne cesse de se prendre pour le phénix. De son tas de cendre, il renait épisodiquement. Comme nous nous devons d’être des IADE à la page de nos pratiques et de notre environnement professionnel, voici une tentative d’explication de la nouvelle gouvernance.
La nouvelle gouvernance hospitalière (...)

Brèves

Veille sanitaire d’été

mercredi 21 juillet

Pendant l’été, le gouvernement en profite souvent pour passer des textes alors que les français ont le nez ailleurs.

La SOFIA a mis en place une veille sanitaire des textes, par l’entremise de son trésorier Gaëtan Clemenceau qui traque pour nous, les publications sur legifrance.

Ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021 relative à la certification périodique de certains professionnels de santé

Les dispositions de cette ordonnance, s’appliquent au 1er janvier 2023. Les professionnels de santé en exercice à cette date auront un délai de 9 ans pour remplir leur obligation en lien avec leur première période de certification.

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Vous trouverez les références législatives dans la rubrique TRIADE qui regroupe actuellement 114 thèmes avec plus de 2500 références législatives (Lois, Décrets, Ordonnance, Arrêtés, Circulaires.)

AB

Le guideline des IADE par l’ICN

mardi 25 mai

L’International Council of Nurses (ICN) ou conseil international des infirmier(e)s publie ses lignes directrices pour les infirmières anesthésistes dans le cadre de sa série de lignes directrices sur les soins infirmiers en pratique avancée.

A lire en français pour le ministère, afin de bien comprendre ce que nous sommes.

Conseil international des infirmières (CII-ICN) Directives sur la pratique infirmière avancée, infirmiers anesthésistes 2021 (français)

AB

Salary at a glance*

samedi 15 mai

Un petit coup d’œil* de l’autre côté de l’Atlantique, pour comparer ce qui ne peut l’être en réalité. Les salaires des infirmières américaines et ceux de la France.

On s’aperçoit que le salaire évolue en fonction de la qualification, (12 euros de différence entre une IDE et une IADE débutante proposé par le ministère dans ses dernières "propositions de revalorisation des carrières" pour remettre les choses en perspective.)

Le salaire évolue également en fonction des États, indépendants dans leur politiques d’embauche et salariales et s’établit à 77 460 dollars annuel, pour un coût horaire de 37,24 dollars (période 2019-2020)

A l’heure de cette brève, le dollar vaut 0.82 euros. Ce qui fait un salaire moyen annuel de 63 589,53 euros/an soit 5299,12 euros mensuel et un taux horaire à 30,57 euros, pour une infirmière rappelons le.

Les CRNA (IADE américains) étant à une moyenne de 181 040 dollars ou 148 621,86 euros annuel, soit un mensuel à 12 385,15 euros. Des pointes à plus de 16 000 euros sont constatés dans certains États.

Mais il est intéressant de constater l’évolution constante des salaires. Alors que la fonction publique française stagne désespérément depuis 2017 avec son point d’indice gelé.

Les infirmières américaines se sont vues proposées en pleine crise covid-19,des sommes inimaginables ici
À Sioux Falls (Dakota du Sud) : 24.800 dollars par mois [20.580 euros]. À Fargo (Dakota du Nord) : 32.000 dollars par mois [26.660 euros] et jusqu’à 40 000 dollars mensuels, soit 32 837,35 euros par mois.

I have a dream...

AB

Covid-19. Eviction, arrêts de travail des professionnels de santé en établissement de santé

mercredi 14 avril

Eviction des professionnels de santé

- Quels types de professionnels sont potentiellement concernés par des mesures d’éviction ?

Tous les agents, soignants et non soignants, au sein d’un établissement de santé ou social ou médico-social sont potentiellement concernés par une mesure d’éviction, en tant que cas confirmé de Covid-19 ou personne contact à risque d’un cas confirmé. Les personnels non soignants peuvent être concernés du fait notamment des contacts fréquents entre soignants et non soignants.

Renforcement des mesures d’éviction, d’isolement et de quarantaine dans les ESMS

ARS Normandie COVID Fiche éviction et isolement EMS 4 avril 2021

- Que faire si un personnel est testé positif à la Covid-19 ?

Depuis janvier 2021, changement de protocole pour l’éviction de professionnels de santé covid + asymptomatiques :

1) L’éviction des professionnels intervenant en ES et en ESMS, ou appartenant à un OIV, et contacts à risque d’un porteur du SARS-CoV-2, symptomatique ou non, dans le cadre professionnel ou extra-professionnel, ne doit pas être systématique, sauf pour les situations suivantes :

  1. • si le professionnel devient symptomatique
  2. • en cas de doute sur la possibilité du soignant à respecter les mesures barrières permettant d’éviter la contamination des patients ou des autres professionnels de l’établissement : le soignant contact doit être mis en éviction dans les mêmes conditions que les contacts en population générale ;

2) Le professionnel contact à risque mais maintenu en poste :

  1. • doit pratiquer une auto-surveillance de ses symptômes et alerter les services de médecine du travail et de maladies infectieuses en cas d’apparition de symptôme évocateur pour la réalisation d’un prélèvement nasopharyngé à la recherche du SARS-CoV-2. Dans l’attente du résultat, il doit être mis en éviction, sauf situation exceptionnelle ;
  2. • doit bénéficier d’un prélèvement nasopharyngé systématique entre J5 et J7 du dernier contact (et au maximum à 7 jours de la date du premier contact si celui-ci a persisté plusieurs jours), même s’il est asymptomatique, et d’un prélèvement nasopharyngé à la recherche du SARS-CoV-2 avant cette date s’il devient symptomatique ;
  3. • doit appliquer strictement les mesures d’hygiène et de distanciation physique, dans sa pratique mais aussi lors des pauses ou de l’utilisation des vestiaires ;

3) La découverte chez un professionnel asymptomatique d’un prélèvement nasopharyngé positif (RT-PCR), à l’occasion d’un dépistage ou d’une enquête autour d’un cas par exemple, doit conduire à une éviction de 7 jours après la PCR (reprise du travail au 8ème jour) et au respect des mesures barrières renforcées pendant les 7 jours suivants, en cas d’immunodépression ces durées sont portées respectivement à 9 jours (reprise du travail au 10ème jour) et 14 jours, selon les recommandations du HCSP en vigueur. Cette règle ne doit souffrir d’aucune dérogation.

- Soignants considérés comme personnes fragiles

Le Haut Conseil de la Santé Publique a publié le 14 mars 2020 une série de recommandations pour les personnels soignants présentant un risque d’infection grave au COVID-19.

Avis provisoire du 14 mars Recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du COVID-19 chez les patients à risque de formes sévères (paragraphe 6)

Avis provisoire du 14 mars Recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du COVID-19 chez les patients à risque de formes sévères

Indemnisations dérogatoires des arrêts de travail

Source : ARS Normandie

AB

Et pendant ce temps, aux USA

mercredi 7 avril

L’hôpital du Watertown Regional Medical Center du Wisconsin, État du Midwest des États-Unis, bordant le lac Michigan et le lac Supérieur, remplace tous ses médecins anesthésistes par des CRNA (IADE made in USA).

L’article sur medscape.com est à lire sur le forum. (en anglais et avec sa traduction)

Comme disait un président YES WE CAN !

AB