2017, une fève dans la galette ?

samedi 24 décembre 2016

Une nouvelle année s’achève. Elle est bien amère pour la profession et pour la santé dans son ensemble. Outre les mesures de restrictions drastiques de notre fonctionnement quotidien, afin de maîtriser des coûts qui ne semblent pas concerner certains hauts cadres de l’institution, d’après le rapport de la cour des comptes, et l’enquête du canard enchaîné.

L’AP subit un plan visant à réduire les dépenses de santé de 25 millions par an, avec pour conséquence pour le personnel de l’AP-HP, comme dans les autres hôpitaux en régions, la perte de jours de RTT et des conditions de travail de plus en plus dégradées du fait du sous-effectif chronique. En effet, la remise en cause du CET, qui d’historique est devenu pérenne, a vu sa proportionnalité diminuer encore, suite à un arrêté de la direction de l’APHP au 1er avril.

Plus tu travailles, moins tu récupères. Les 35 heures n’étaient vraiment pas adaptées à l’hôpital.

Quant à la profession IADE, qu’avons-nous obtenu ? Des grèves avec un procédé périmé, dépassé et "old fashion" qui ne peut plus être la référence. La grève n’est plus possible, avec son cortège d’assignations massives, et légales, que permet la loi HPST. Les collègues de province dépensent de l’argent pour faire un pique-nique parisien absolument dénué d’intérêt. Aucune action d’éclat ne nous met en valeur. Les médias ne diffusent que des informations sporadiques sur nous.

Alors, certes, les réunions au ministère s’étirent à l’envi, et un nouveau décret devrait sortir pour le printemps 2017. (J’en suis possesseur mais ne peux pas le diffuser, car il reste un document de travail, et n’est pas officiel). Une revalorisation dérisoire a été proposée par le ministère. Un projet de loi prévoirait une augmentation. Et que dire du "Parcours professionnels, carrières et rémunérations pour la fonction publique" ?

La profession IADE n’est pas reconnue. Elle ne l’est pas par le public, qui malgré les efforts d’une association, ne touche finalement pas sa cible. Elle n’est pas reconnue par les chirurgiens qui ne nous citent jamais sur les comptes-rendus chirurgicaux, où seul le médecin anesthésiste est cité, même s’il n’a fait qu’acte de présence de trois minutes, le temps de l’induction. Elle n’est pas reconnue par le ministère, par les différents ministres qui au mieux ne savent pas ce que nous faisons, au pire nous méprisent.

Enfin, la profession est toujours écartelée entre syndicats, collectifs et réseaux sociaux. Aucune union, malgré le slogan tellement ressassé, qu’il en devient indigeste et vide de sens. Des "leaders" qui tentent de tirer la couverture, d’autres qui n’en veulent pas, des coups bas entre syndicats, des collectifs qui font les frais de la rétention d’information. Des comptes-rendus arrivant plus de deux semaines après la réunion, obligeant un syndicat à diffuser le sien, en dehors de l’unité demandée.

Alors, on tente de s’organiser. On pense que twitter est la clé qui fera basculer les choses. On inonde les politiques de messages, pensant que le destinataire lira l’envoi, alors que le filtre du secrétariat empêchera l’arrivée à son destinataire.

On tente des actions avec un hashtag (mot-dièse ou mot-clic au Québec) rappelant que nous travaillons 365 jours par an, 24h/24. et on diffuse l’image sur un fil de discussion facebook dont les protagonistes sont tous IADE...

Il n’est pas question de dénigrer ici, les actions, quelles qu’elles soient. Mais leurs portées restent limitées. L’enquête "nationale" lancée il y a peu par le collectif Guingampais a été tué dans l’œuf dès son origine. Les pontes syndicaux l’ayant traité par le mépris. Sans doute parce qu’ils n’en n’étaient pas à l’origine. Mais que faisons-nous de cette enquête costarmoricaine à présent ?

Le futur ne sera pas rose. Ni en France, ni pour nous. Les futurs responsables ne seront pas enclins à nous offrir la reconnaissance qui va pourtant de soi. Comment est-il en effet possible que nous ne soyons pas reconnus à notre niveau d’études, alors que la grille des psychologues leur permet un salaire dont nous pourrions nous prévaloir. Nous soignons le physique et le psychologique. Et notre plus-value est indiscutable.

Alors que pouvons-nous, encore, nous souhaiter ?

  • de l’illusion ?
  • de la déception ?
  • de la désillusion ?
  • de la rage ?
  • de l’amertume ?
  • un ras-le bol général ?

Nous avons déjà donné. Alors souhaitons qu’enfin, au ministère et à l’échelon supérieur, on s’aperçoive que nous existons. Que nous délivrons des prestations qu’aucune autre catégorie professionnelle infirmière n’est capable ni autorisée à faire.

Et souhaitons-nous enfin, une véritable unité. Qu’au delà d’un slogan éculé, elle se mette réellement en place. Rien que ça, ce serait une belle réussite.

Joyeuses fêtes à tous.

AB

— -

A voir le clip de Noël des IADE qui ne l’ont pas passé en famille, mais sur le lieu de leur travail. Qui a dit que ce n’est pas pénible ?

Clip réalisé par "Christophe Tof" et diffusé sur le groupe facebook IADE en lutte

Clip Noël IADE


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