Kis s’y frotte ?

dimanche 17 avril 2011

Kis

Au cours des dernières semaines, trois patients de l’Hôpital général de Montréal ont été intubés par un robot. Une première mondiale qui risque de faire des petits.

L’appareil en question, baptisé « kepler intubation system » (KIS), a été mis au point par le Dr Thomas Hemmerling et son équipe. Selon les premiers résultats, il permet de faciliter l’intubation et réduire les risques associés à la procédure.

« C’est un robot qu’on contrôle avec un joystick comme un jeu vidéo avec un écran comme centre de contrôle » illustre le spécialiste en anesthésie du Centre universitaire de santé McGill.

Il s’est inspiré d’une autre de ses inventions, le McSleepy, qui permet l’administration automatique de médicaments d’anesthésie. Le robot est aussi le petit frère du robot Da Vinci utilisé par les chirurgiens depuis quelques années.

Les patients ne sont pas trop inquiets de subir une intervention robotisée ? « À l’Hôpital général de Montréal, les patients ont de plus en plus l’habitude des robots. Il y a même des patients qui veulent être opérés par un robot. Il y a donc un grand degré d’acceptation », dit-il.

Avant de procéder à des interventions, l’équipe a fait plusieurs tests sur des mannequins aux caractéristiques humaines.

Une intervention délicate

Selon le Dr Hemmerling, l’utilisation du robot permettra d’être plus efficace. L’intubation est une procédure complexe que les médecins non expérimentés ont souvent de la misère à faire. Il faut insérer un gros tube par la bouche tout en évitant de causer des blessures dans la bouche ou les voies respiratoires.

« C’est pas facile. Il y en a beaucoup (de médecins) qui n’en font pas souvent. Il y a aussi la barrière psychologique puisqu’il faut insérer quelque chose de gros dans la gorge du patient », explique-t-il.

« Nous pensons que KIS peut aider les anesthésistes à utiliser leurs bras et leurs mains avec moins de force, mais avec une plus haute précision et plus sûrement. »

L’intubation doit aussi être faite rapidement puisque la vie du patient peut être en danger au bout de quelques minutes seulement. Cette pression crée aussi des difficultés pour les spécialistes qui doivent intervenir.

Pour éviter que les patients ne soient blessés par le robot, on a limité l’amplitude des mouvements. Au cours des prochains mois, on va ajouter des détecteurs de pression et des éléments pour redonner du feedback au médecin qui manipule les manettes de contrôle. « On veut que ce soit le plus automatique possible. Le chirurgien va être comme le conducteur dans une voiture », soutient le spécialiste.

Intubation à distance

Selon lui, l’appareil pourrait permettre des interventions à distance sous peu. « Grâce à la fibre optique, on peut envisager de faire des intubations à distance dans les domaines militaires ou ambulanciers par exemple. Les gens qui ne font pas ça souvent ne sont pas aussi précis. »

Le Dr Hemmerling voit grand pour la récente invention et il espère que son nouveau robot sera utilisé un peu partout à travers le monde au cours des prochaines années. « C’est toujours le fun de voir votre produit prendre la plus grande place dans le monde. On veut faire un plus petit prototype et on espère en faire un produit commercial », dit-il.

Au cours des prochaines semaines, on souhaite intuber plusieurs patients de façon hebdomadaire. On en profitera pour ajouter de nouvelles applications à l’appareil pour le rendre plus performant et maniable.

L’insertion d’une sonde endotrachéale permet une ventilation artificielle, utilisée dans la majorité des cas d’anesthésie générale.

Le Dr Hemmerling et son laboratoire avaient présenté le McSleepy en 2008. Depuis, il est utilisé sur une base régulière dans les installations du Centre universitaire de santé McGill.

Éric Yvan Lemay | Journal de Montréal

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