Enquête : Quelle utilisation faites-vous du protoxyde d’azote ?

vendredi 1er juin 2012
par  Arnaud Bassez
popularité : 5%

Quelle utilisation faites-vous du protoxyde d’azote ?

Compte rendu de l’enquête sur les pratiques des anesthésistes réalisé par Brigitte Postel (source webanesthésie)

Quels mélanges gazeux avez-vous l’habitude d’utiliser pour l’entretien d’une anesthésie chez l’adulte ?

L’utilisation du protoxyde d’azote (N2O) semble moins fréquente que dans les années passées.
Les conférences d’actualisation 1997 en relevaient l’administration dans près de 90 % des anesthésies générales. Or, seulement 68 % des anesthésistes qui ont répondu au questionnaire utilisent le N2O de manière systématique chez l’adulte, 32 % ne l’utilisent pas du tout. Parmi ces 68 %, les répartitions se décomposent comme suit.

Mélange N2O et O2 :

  • • 53 % utilisent un mélange équimolaire à 50/50 de N2O et O2 ;
  • • 24 % un mélange variant de 40 à 60 % de N2O et O2 ;
  • • 3 % un mélange à 70/30 de N2O et O2.

Mélange N2O/O2/air :

  • • 3 % utilisent un mélange N2O/O2/air dans une proportion 20/60/20 ;
  • • 3 % dans une proportion 10/30/60 ;
  • • 3 % dans une proportion 90/5/5.

Mélange N2O/air :

  • • 3 % utilisent un mélange N2O/air à 50/50 ;
  • • 2 % un mélange à 80/20 ;
  • • 6 % un mélange à 60/40.

Mélange O2/air :

  • • 26 % des anesthésistes utilisent un mélange exclusif O2/air dans des proportions variant de 30 à 70 % d’O2 ;
  • • 6 % des autres réponses ne sont pas exploitables.

Quels mélanges gazeux avez-vous l’habitude d’utiliser pour l’entretien d’une anesthésie chez l’enfant ?

Parmi les anesthésistes qui ont répondu au questionnaire :

  • • 72 % utilisent le N2O de manière systématique chez l’enfant ;
  • • 20 % ne l’utilisent pas du tout ;
  • • les 8 % restants ont donné des réponses inexploitables.

Parmi ces 72 % utilisant le N2O, les répartitions se décomposent comme suit.

- Mélange N2O et O2,
75 % des anesthésistes utilisent ce mélange dans diverses proportions :

  • • 47 % en mélange équimolaire 50/50 ;
  • • 14 % un mélange de 60/40 ;
  • • 9 % un mélange de 40/60 ;
  • • 5 % un mélange de 30/70.

- Mélange N2O/O2/air : aucun.

- Mélange N2O/air : un quart des anesthésistes utilisent un mélange variant de 50 à 80 % de N2O.

- Mélange O2/air : 20 % des anesthésistes utilisent un mélange variant de 30 à 50 % pour O2.

Quels effets bénéfiques recherchez-vous via l’utilisation du protoxyde d’azote ?

L’utilisation au bloc opératoire du N2O est aujourd’hui controversée bien qu’encore très courante. Le mélange analgésique protoxyde d’azote/oxygène est utilisé aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant en adjuvant d’une anesthésie ou d’une analgésie/sédation avant geste invasif. Un seul anesthésiste l’utilise dans l’hypnose.

La prescription du mélange équimolaire n’est plus essentiellement pédiatrique. On ne peut noter s’il s’agit d’une administration isolée, la question n’ayant pas été posée. Toutefois, le mélange équimolaire reste beaucoup utilisé dans des gestes courts chez l’enfant, également en association avec un anesthésique local.

L’effet analgésique du protoxyde d’azote a longtemps été l’élément justifiant son utilisation et c’est l’argument qui ressort en premier lieu. Son pouvoir analgésique est recherché par 70 % des anesthésistes qui l’utilisent. Autre argument justifiant l’utilisation du N2O : la potentialisation des halogénés et autres anesthésiques (68 % des réponses), et donc la diminution de la consommation même de ces analgésiques et des morphiniques et morphinomimétiques éventuellement utilisés. Ce qui évite les effets secondaires induits par cette dernière catégorie de médicaments.

Deuxième effet recherché : l’anti-hyperalgésie. En effet, le protoxyde d’azote est un agent anti-NMDA et, comme la kétamine, il pourrait participer à la réduction des phénomènes de sensibilisation centrale en période peropératoire et postopératoire.

ont également mentionnés, dans une moindre mesure, son effet narcotique, la stabilité de l’anesthésie, le besoin d’augmenter la profondeur de l’anesthésie et le fait qu’il facilite l’induction de l’anesthésie.
La réduction des coûts de l’anesthésie par diminution de la consommation des agents pharmacologiques et le faible coût du N2O n’ont jamais été cités comme argument justifiant son utilisation.

Quels effets indésirables fréquents pourraient être liés au protoxyde d’azote chez vos patients ?

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés avec le N2O sont de type gastro-intestinal, neuro-psychiatriques du type troubles de l’humeur, cardio-vasculaires et du type troubles neurologiques.

Certains notent également des frissons.

Onze pour cent des anesthésistes rapportent des accidents par dilatation des cavités closes tel l’intestin grêle, ce qui peut être une gêne en cas de chirurgie digestive ou lors d’endoscopie et de longue durée. Trente fois plus diffusible que l’azote, le N2O pénètre en effet beaucoup plus rapidement dans les cavités aériennes closes que l’azote n’en sort. Six pour cent des anesthésistes ont noté un effet délétère lors de cœlioscopie et rappellent que le N2O est contre-indiqué en cas de pneumothorax.

Il est à noter que les anesthésistes opérant en chirurgie cardiaque et pulmonaire proscrivent l’utilisation du N2O car dangereuse dans ce cas. Il en est de même pour les opérations en ophtalmologie et en ORL.
Outre ces spécialités, les anesthésistes qui n’utilisent pas du tout le N2O mentionnent des risques plus écologiques dans la rubrique « effets indésirables » tels l’effet de serre, la pollution du site opératoire et de l’atmosphère et la toxicité directe sur le patient ou le personnel.

Pensez-vous que le protoxyde d’azote soit néfaste pour l’environnement ?

À cette question, 22 % des anesthésistes ayant rempli le questionnaire estiment que le N2O n’est pas néfaste pour l’environnement contre 64 % qui pensent le contraire. Les 12 % restants se partagent entre ceux qui sont étonnés qu’on pose une telle question, ceux qui estiment que le N2O n’est pas plus dangereux « que l’environnement surpollué dans lequel nous vivons », ceux qui se rassurent en qualifiant sa dangerosité d’« infime », tandis que les autres soit demandent qu’on leur apporte la preuve de ses effets délétères, soit souhaitent « être éduqués » à ce propos.

À noter qu’il existe pourtant des solutions de remplacement à l’utilisation du N2O, comme le recours à l’air médical ou à l’air ambiant prélevé par le ventilateur. L’abandon du N2O impose son remplacement par un anesthésique halogéné à concentration suffisante pour contrôler le risque de mémorisation peranesthésique que comporte l’anesthésie intraveineuse, ou une augmentation de posologie des agents intraveineux, ce qui augmente le coût de l’anesthésie.

Pensez-vous que le protoxyde d’azote est toxique pour le personnel au bloc ?

Quarante-huit pour cent des personnes interrogées pensent que le N2O est toxique pour le personnel. Avec, pour le tiers d’entre elles, certaines modulations dans les réponses : « probablement en cas d’exposition chronique », « comme tous les produits utilisés  », « surtout lors de la grossesse », « oui en l’absence de dispositif de récupération ou d’aération », « oui si utilisé en grosse quantité ». Un des anesthésistes remarque que «  les Pays-Bas vivent depuis 4 ans une croisade anti-N2O depuis un incident chez des sages-femmes ».

Ils sont 32 % à estimer que le N2O n’est pas dangereux : 24 % répondent un non franc tandis que les 8 % restants modulent leur réponse : « Non, si utilisé en circuit fermé », « J’espère que non sinon il faudra accuser de génocide ceux qui le prônent inutilement », «  Non car nous privilégions les systèmes clos avec prise SEGA. »

Les 20 % restants se partagent entre les sceptiques, ceux qui « ne se prononcent pas », ceux qui s’étonnent de cette question et ceux qui n’y répondent pas du tout.

Est-ce que les taux de pollution sont régulièrement surveillés dans le bloc où vous exercez ?

À cette question :

  • • 60 % des anesthésistes répondent négativement ;
  • • 20 % affirment que les blocs sont surveillés régulièrement ;
  • • les 20 % restants ne savent pas pour la plupart.
  • Seuls 4 % des anesthésistes mentionnent que dans leur bloc, le N2O n’est plus utilisé depuis des années. Donc, pour ceux-ci la question ne se pose pas.

Le protoxyde d’azote et le MEOPA


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Retrouvez en fin de cet article, l’actualité des articles sur l’arrêt cardiaque, mise en ligne au fil des publications.
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samedi 13 juin 2009
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AIVOC
Anesthésie Intra-veineuse à Objectif de Concentration
(cliquez sur l’image)
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lundi 23 mars 2009
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Choc anaphylactique

A lire, l’article sur l’allergie (latex, curares et autre)
Vous trouverez d’autres documents (pas forcément en lien avec le sujet présent), en consultant les "best of" de la SOFIA ainsi que les différents congrès publiés ici.
Docs en stock
Docs en stock 2 Anesthésie-Cardiologie-Femme (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB