Réanimation cardio respiratoire guidelines ILCOR-ERC 2015-2020

samedi 17 octobre 2015
par  Arnaud Bassez
popularité : 7%

Cet article est maintenant celui qui fera référence à la prise en charge de l’arrêt cardio-respiratoire sur la période 2015-2020.

Les articles en anglais seront publiés au même titre que les articles en français. (Master oblige).

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Bibliographie Tous les articles actualisés en lien avec l’arrêt cardio respiratoire.

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On les attendait le 15 octobre 2015, elles sont à l’heure. Les nouvelles recommandations de l’ILCOR et de l’ERC pour la prise en charge des arrêts cardio-respiratoires.

Elles font suite aux recommandations 2010-2015, et 2005-2010.

Les nouvelles recommandations sont le fruit d’un travail international sur l’arrêt cardio-respiratoire.

D’un côté les recommandations américaines, visées par l’American Heart Association (AHA), de l’autre, les recommandations européennes visées par l’European Resuscitation Council (ERC), en français.

Directives 2015 du Conseil Européen de Réanimation
En français ; traduction par le conseil Belge de réanimation

Rappelons le calendrier

  • Novembre 2011 Ilcor meeting Orlando
  • Octobre 2012 Ilcor meeting Vienna
  • 18-20 Avril 2013 Spark Of Life Conference Melbourne
  • 21-22 Avril2013 Ilcor meeting Melbourne
  • 23 Avril 2013 Utstein meeting Melbourne
  • 29-30 Avril 2014 ILCOR meeting Canada
  • 2-5 Février 2015 International Consensus Conference
  • 15 Octobre 2015 ILCOR CoSTR and Guidelines published

Ces publications sont basées sur un processus international coordonné par l’ International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR) créée en 1993 et qui comprend : « the American Heart Association (AHA), the European Resuscitation Council, the Heart and Stroke Foundation of Canada, the Australian and New Zealand Committee on Resuscitation, the Resuscitation Council of Southern Africa, the InterAmerican Heart Foundation, and the Resuscitation Council of Asia. »

La mission de l’ILCOR est d’identifier et d’examiner la science internationale et des informations pertinentes à la réanimation cardio-respiratoire et les soins cardiovasculaires d’urgence et offrir un consensus sur des recommandations de traitement.

- Pour suivre les évolutions de la réanimation cardio respiratoire aux USA. On notera le premier enseignement "de masse" en 1972 à Seattle, les indications de la réanimation par téléphone en 1981, et en 1990 les DAE accessibles au grand public quand en France on réservait toujours ce geste à la caste médicale. D’où peut-être un retard certain que l’on tente de compenser actuellement.

- BLS AED demo video by ERC

On peut juste regretter le bouche à bouche, qui s’il n’est pas interdit, n’est toutefois pas recommandé.


Bibliographie

Ici viendront s’agglomérer les publications récentes et actualisées, sur la thématique de l’arrêt cardio respiratoire et sa prise en charge. Que ces publications soient en français ou en anglais.

Alain Cariou – Chaine de survie
Alain CARIOU – Comment je pronostique le devenir neurologique
Anne PESKINE – Devenir à long therme des arrêts cardiaques
Florence DUMAS – Aspects épidémiologiques
Nicolas PICHON – Le point sur arrêt cardiaque et Hypothermie
Pascal DANG MINGH – Comment améliorer la qualité de la RCP de Base
Patricia JABRE – Présence de la famille durant la réanimation pré-hospitalière
Pierre-Yves GUEUGNIAUD – Comment améliorer la qualité de la RCP spécialisée
Xavier JOUVEN – Arrêt cardiaque du jeune sportif
Actualités 2015 RCP de l’adulte en dehors de l’hôpital (Dr Meyran)

Réanimation cardiopulmonaire dans l'arrêt cardiaque extrahospitalier par compression manuelle versus compression mécanique automatisée : méta‑analyse à partir d'études randomisées et observationnelles

L’optimisation du massage cardiaque Pascal CASSAN (Paris), Marie GODET (Paris)
L’arrêt cardiaque réfractaire Didier DOREZ (Metz Tessy), Virginie DELANNOY (Annecy)
Arrêt cardiaque au bloc. Des situations moins critiques (Dr Adrien Bouglé - novembre 2016)
ACR asystolie au bloc opératoire
Compressions entre 5 et 6cm. On permute toutes les deux minutes pas trois. Si on est au bloc, on a un patient scopé. Donc on voit son rythme. Si c’est une asystolie, la pose du DAE est à discuter de par le fait...
Les recommandations de la SFAR ne font pas force de loi. Elles sont un guide de bonne pratique.
ACR rythme choquable au bloc opératoire
Les recommandations de la SFAR ne font pas force de loi. Elles sont un guide de bonne pratique.
Arrêt cardiaque intrahospitalier
Les recommandations de la SFAR ne font pas force de loi. Elles sont un guide de bonne pratique.
ACR au bloc opératoire. Christian Bauer, novembre 2016

Les posters 2015 de l’ERC

Accident d’avalanche
Advanced life support
Anaphylaxie
Basic life support and Automated external Defibrillator (AED)
Hyperkalièmie
In hospital resuscitation
Newborn life support
Noyade
Paediatric advanced life support
Paediatric basic life support
Traumatic cardiac arrest

Points saillants de la mise à jour 2015 des lignes directrices

Points saillants de la mise à jour 2015 des lignes directrices (American Heart Association (AHA). Editées par la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC du Canada. En français)

Advanced life support 2015-2020

Les recommandations en français  :

Directives 2015 du Conseil Européen de Réanimation
En français ; traduction par le conseil Belge de réanimation

Recommandations - ERC 2015-2020 Principales modifications concernant la réanimation des arrêts cardiaques de l’adulte

Les recommandations de l’European Resuscitation Council (ERC) publiées le jeudi 15 octobre 2015 pour cinq ans (2015-2020) confirment la poursuite de la mise en place d’une organisation collective efficace (chaine de secours), seule capable de permettre la réussite de la prise en charge des arrêts cardiaques survenant hors d’un hôpital.

Les nouvelles procédures scientifiques qui ont été mise en place par l’ERC pendant les cinq dernières années ont permis de remaniées ces recommandations en ce qui concerne :

  • L’utilisation des médias sociaux et de la technologie mobile pourrait accélérer la mise en œuvre de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) en permettant d’alerter des intervenants, formés à la RCP et volontaires, lorsqu’une personne se trouvant à proximité du lieu où il se trouve est victime d’un arrêt cardiaque. Des études indique que les technologies mobiles émergentes peuvent entrainer un « taux accru de RCP pratiquée par les témoins ».
  • L’importance cruciale des échanges entre le régulateur médical et le témoin de l’arrêt cardiaque qui réalise la RCP et la mise en œuvre rapide d’un défibrillateur externe : véritable « coaching » des premiers témoins par téléphone pour la recherche d’une respiration agonique et la pratique des compressions thoraciques. Les régulateurs devaient être formés pour apporter une telle assistance.
  • L’identification d’un arrêt cardiaque devant une victime inconsciente et qui ne respire pas ou qui ne respire pas normalement doit faire immédiatement débuter la RCP. Cette respiration anormale est appelée gasp, c’est un mouvement respiratoire inefficace d’origine réflexe, phénomène terminal de l’agonie. Dans les secondes qui suivent l’arrêt cardiaque, le débit sanguin parvenant au cerveau est pratiquement nul. Cela peut provoquer des épisodes de crise qui peuvent être confondus avec de l’épilepsie. Les témoins, ainsi que les services d’urgence, doivent suspecter un arrêt cardiaque avec les patients présentant ce type de crise, et évaluer soigneusement si la victime respire normalement.
  • Les compressions thoraciques (MCE) débutée sans délais sont, plus que jamais, importantes et doivent être interrompues le moins souvent possible… La qualité de la RCP repose sur la qualité des compressions thoraciques que tout le monde peut apprendre à réaliser. Chez l’adulte, il est souhaitable que les compressions thoraciques aient une profondeur d’au moins 5 cm sans dépasser 6 cm. Le rythme des compressions doit être d’au moins 100 par minute, avec un maximum de 120. Le talon de la première main doit être positionné au milieu des deux mamelons, l’autre main par-dessus. Après chaque compression, il faut laisser le thorax se relâcher totalement. Les interruptions doivent être minimisées autant que possible. Pour minimiser ces interruptions lors de la RCP, on ne vérifie plus la présence d’un pouls et immédiatement après le choc et on reprend les compressions thoraciques. Les sauveteurs entraînés à réaliser des insufflations doivent ajouter aux compressions thoraciques les insufflations, car cela peut améliorer le pronostic.
  • La défibrillation… avec un défibrillateur automatique externe (DAE) est toujours plus que jamais indispensable. En raison des preuves indiscutables de l’importance pour la survie, les recommandations insistent sur l’utilisation des DAE dans le traitement de l’arrêt cardiaque. Les recommandations ne préconisent plus de débuter une RCP, pendant un certain temps, avant de délivrer un premier choc par défibrillation. Si un défibrillateur, qu’il soit manuel ou automatique, est disponible, il faudra immédiatement installer le défibrillateur, lui permettre d’analyser le rythme cardiaque et délivrer un choc, et seulement ensuite réaliser la RCP. Toutefois, pendant que le DAE est installé, il faut poursuivre la RCP autant que possible. Pour cela, pendant que les électrodes sont appliquées sur le thorax, si un deuxième sauveteur est disponible, il continue le massage jusqu’au dernier moment, lorsque le défibrillateur ordonne de reculer pour l’analyse. Une défibrillation réalisée rapidement dans les 3 à 5 minutes après l’arrêt cardiaque est susceptible d’améliorer les chances de survie de 50 à 70 %. La défibrillation peut être réalisée par les témoins en utilisant des défibrillateurs se trouvant sur place et en libre accès. La poursuite de l’implantation des DAE dans les lieux publics ayant une forte densité de population, comme les aéroports, les gares ferroviaires et routières, les enceintes sportives, les centres commerciaux, les bureaux et les casinos doit être une priorité mais aussi dans le domaine résidentiel où 60 à 70 % des arrêts cardiaques ont lieu. L’enregistrement des défibrillateurs dans une base de données pourrait permettre au régulateur médical de guide le sauveteur vers le défibrillateur le plus proche.
  • Les insufflations restent utiles… notamment dans le cas des enfants, des noyés ou d’autres personnes souffrant d’un arrêt cardiaque ayant des causes respiratoires. Même dans le cas d’un arrêt cardiaque primaire s’expliquant par une arythmie, une RCP de qualité devrait comporter des compressions thoraciques et des insufflations. Mais si l’on ne peut pas réaliser les insufflations, réaliser au moins les compressions thoraciques est préférable à ne rien faire. Les insufflations doivent interrompre la RCP le moins possible : les deux insufflations doivent être réalisées en cinq secondes (pour interrompre le massage cardiaque externe le moins longtemps possible), chaque insufflations étant réalisée en environ une seconde. Le volume d’air insufflé doit être suffisant pour seulement permettre au thorax de se soulever visiblement. Le ratio entre les compressions et la ventilation reste de 30 compressions thoraciques pour deux insufflations soit 30/2.
  • La séquence utilisée pour la RCP adulte peut être utilisée sans danger avec les enfants qui ne répondent pas et ne respirent pas normalement. Les sauveteurs formés à la RCP peuvent utiliser une procédure modifiée pour les enfants et les noyés, comprenant cinq insufflations initiales avant de commencer les compressions du thorax avec une profondeur au moins un tiers du diamètre antéro-postérieur de la poitrine, et une alerte plus tardive dans le cas peu probable où le sauveteur serait seul.
  • L’intérêt d’une formation courte pour le grand public confirmée par plusieurs retours d’expérience. Idéalement les citoyens devraient être formés à la RCP classique incluant compressions et ventilations. Toutefois, il y a des circonstances où la formation aux compressions seules est appropriée (par exemple formation adaptée sur un temps très limité). Les mannequins dits de haute-fidélité sont à privilégier sans abandonner les mannequins moins sophistiqués. L’utilisation de dispositifs de formation délivrant un feedback améliore significativement la qualité de la RCP pratiquée, tant pour la fréquence, la profondeur, le relâchement et la position des mains. Un recyclage pour maintenir les compétences optimales des personnes formées est nécessaire après moins d’une année ; formations plus courtes mais beaucoup plus fréquentes sont préconisées.
  • Concernant les soins spécialisés (médicalisés) les électrodes adhésives à usage unique sont à préférer par rapport aux palettes, surtout si elles sont déjà en place avec les secouristes. Le monitorage de la capnographie avec courbe est recommandé pour s’assurer de la bonne position de la sonde d’intubation, pour vérifier la bonne qualité de RCP et identifier rapidement un retour à une activité cardiaque spontanée (RACS). Pas de modification concernant l’utilisation des médicaments. Les dispositifs de compressions mécaniques ne sont recommandés que pour les cas où une RCP de bonne qualité ne peut pas être pratiquée ou si la sécurité du soignant est compromise. L’échographie cardiaque (cf infra) est recommandée, sans différer la RCP ni les traitements, car elle peut permettre d’identifier des causes réversibles d’arrêt cardiaque (embolie pulmonaire, pneumothorax, tamponnade…). Enfin, l’ECMO peut être envisagée dans certains cas lorsque les équipes sont formées.

Petit rappel actualisé sur les dernières données de la RCP (d’après les lundis du SAMU (samu 75) du 11 janvier 2016

- Le ou les premiers intervenants

Dr Pascal CASSAN (croix rouge française)

La position des mains situées soit entre le milieu de la poitrine et le 1/3 moyen inférieur : Le 1/3 moyen serait de meilleur pronostic Si appui supérieur à 6 cm, risque de dommage traumatique

  • 11 % avant "push hard and fast
  • 37 % après "push hard and fast"
  • < 5 cm on retrouve 29 % de dommages
  • 5-6 cm 33 % de dommages
  • > 6 cm 63 % de dommages

L’idéal se situe dans un enfoncement de 40,3 et 55 mm et un rythme entre 100 et 120/ minute en terme de "recovery"

Le relâchement n’est pas si important que ça dans l’absolu. Il faut masser au moindre doute (n’entraîne pas de problème majeur : douleur = 6%, traumatisme = 1,7%)

Le gold standard reste le massage cardiaque externe (MCE) et la ventilation sur une alternance 30/2

Si inconscient sur le dos : ne serait pas un problème. Vomissements peu avérés

Si traumatisme, on ne le tourne pas, même si inconscient.

- Les secouristes professionnels

Dr Daniel JOST (BSPP)

Les fibrillations récidivantes : reviennent après 5 secondes Réfractaires : ne s’arrêtent pas

Le choc avec un défibrillateur bi phasique est le mieux d’après l’étude de Morisson qui date de 2005. Le DSA est plus sûr qu’un médecin qui choque de façon inappropriée.

Les nouveaux DSA sont opérationnels entre 8 et 10 secondes. Ils sont aussi rapides en bi phasique qu’en monophasique qui ne sont plus construits et doivent disparaître.

Pas de supériorité du DEA vs DSA. En France on utilise les DSA.

MCE + choc vs choc + MCE ne donne pas de différence notable. Mais au vu des délais d’intervention, il vaut mieux MCE + DSA

Le choc commence par 120 à 150 Joules puis 150 à 200 Joules.

Sur une minute, 70 à 80 % des personnes re fibrillent après avoir été massés, car le massage tombe sur la période réfractaire du myocarde en phase de repolarisation. Cela induit une fibrillation ventriculaire. Plus le temps passe, plus le risque est grand. USA vs Europe

- USA RCP 30 secondes -> choc->RCP pendant 1’30 -> choc->RCP pendant 1’30 ->
- Europe Analyse choc->RCP pendant 2’ -> analyse-choc ->RCP pendant 2’

L’asthme augmente l’impédance, donc augmente le niveau de charge. Si il y a un pace maker l’électrode du DSA doit être posée à une distance > à 8cm

Ne pas interrompre les compressions sternales si possible. Pas d’utilisation de filtre mécanique. (masser pendant l’analyse).

- Réanimation spécialisée

Pr Carli (SAMU 75)

La méthodologie GRADE (The Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) est insuffisamment connu en France. Cet outil permet d’évaluer le niveau de preuve des études, et de proposer la force des recommandations. Il a été adopté par de nombreux groupes ou organisations qui produisent des recommandations de pratique clinique. Plus de 65 organisations nationales et internationales ont adopté GRADE (mais personne en France).

PICO

  • Population
  • Intervention
  • Comparaison
  • Outcome (pronostic)
  • Grande évolution depuis 1998. L’importance du no flow est prioritaire.
  • Réduire la pause avant le choc électrique du DSA.
  • Reprendre immédiatement après le choc.
  • L’adrénaline 1mg après le er choc.
  • Cordarone si fibrillation ventriculaire réfractaire. 300 mg puis 150 mg
  • Si Augmentation de l’Etco2 et/ :ou signe de vie, on arrête le MCE
  • Si rythme non choquable : Adrénaline dès que possible. Mauvais pronostic
  • La ventilation pas plus de 10/minute.
  • Capnie : obligatoire
  • Voie intra osseuse est aussi bonne que la voie IV
  • L’adrénaline aggrave le pronostic neurologique à forte dose
  • La cordarone : ne pas dépasser 1 mg en tout.
  • Il faut traiter les causes réversibles.
  • L’échographie peut être utile pour détecter des problèmes de remplissage, d’embolie pulmonaire, de tamponnade, de bradycardie extrême.

- Les machines à massage automatisés.

Pas de pronostic en faveur, mais utile car facilite le massage sur équipe réduite.

Faire approche ABCDE

- L’ECMO (Extra Corporeal Membrane Oxygenation, Oxygénation par membrane extra-corporelle)

ACR réfractaire

Dr Lamhaut (SAMU 75)

L’ECPR ou extra corporeal cardio pulmonary resuscitation favorise le retour à un meilleur retour neurologique à 6 mois. Le choix du patient est fondamental en terme de pronostic neuro favorable : hypothermie, (noyade, avalanché)

Hypothermie asphyxique et non asphyxique

Intoxication neuroprotection possible

Les SCA + ? exclure les absences de signes de vie et les ACR

Détection : pupilles, respiration, mouvements (signes de vie+++)

On peut poser une ECPR à partir de la 20’ minute de RCP avec DAE. Idéalement mis en place dans les 60 minutes.

L’apport excessif d’oxygène est délétère. Le manque aussi…il faut maintenir une normoxie et une normocapnie. Relationship between supranormal oxygen tension and outcome after resuscitation from cardiac arrest.
Traitement par hypothermie : 33 ou 36° = aucune différence. Commencer tôt : pas prouvé, au contraire (étude de Seattle).


Ci-dessous les publications de l’ERC (European Resuscitation Council)

  • ERC guidelines 2015. Section 1. Executive summary
    ERC guidelines 2015. Section 1. Executive summary
  • ERC guidelines 2015. Section 2 Adult basic life support and automated external defibrillation
    ERC guidelines 2015. Section 2 Adult basic life support and automated external defibrillation
  • ERC guidelines 2015. Section 3. Adult advanced life support
    ERC guidelines 2015. Section 3. Adult advanced life support
  • ERC guidelines 2015. Section 4. Cardiac arrest in special circumstances
    ERC guidelines 2015. Section 4. Cardiac arrest in special circumstances
  • ERC and European society of intensive care medecine guidelines for post-resuscitation care 2015. Section 5 for 2015
    ERC and European society of intensive care medecine guidelines for post-resuscitation care 2015. Section 5 for 2015
  • ERC guidelines 2015. section 6. Paediatric life support
    ERC guidelines 2015. section 6. Paediatric life support
  • ERC guidelines 2015. Section 7. Resuscitation and support of transition of babies at birth
    ERC guidelines 2015. Section 7. Resuscitation and support of transition of babies at birth
  • ERC guidelines 2015. Section 8. Initial management of acute coronary syndromes
    ERC guidelines 2015. Section 8. Initial management of acute coronary syndromes
  • ERC guidelines 2015. Section 9. First aid
    ERC guidelines 2015. Section 9. First aid

- NDLR (AB) : Les auteurs affirment que les colliers cervicaux rigides font plus de dégâts que de réels bénéfices. D’ailleurs les recommandations pour l’afgsu ne préconisent plus la pose d’un collier cervical, mais plutôt le maintien de la tête, sans mobilisation.

Récemment l’ILCOR a publié des guides de bonne pratique sur les colliers cervicaux : la pose systématique de colliers cervicaux rigides n’est pas recommandée, car les preuves d’une réduction de mouvement de tête après l’application de colliers cervicaux rigides ne proviennent que sur des études sur cadavres.

ERC CERVICAL COLLAR SCEPTICS

source : scancrit.com

The ERC, the European Resuscitation Council, have issued new guidelines for first aid, section 9 of their guidelines. And it includes an interesting and rather controversial take on cervical collars and spinal immobilisation that’s similar to what we have been propagating for some years now. They say : “The routine application of a cervical collar by a first aid provider is not recommended”, and comment on limitations of the current view of cervical collars as a good routine device in trauma. Read the out-take.

Here’s the full section on spinal immobilisation. The rest of the guideline is – as always – also worth a read.

Cervical spinal motion restriction

  • Definitions
  • Spinal immobilisation is defined as the process of immobilising
    the spine using a combination of devices (e.g. backboard and cervical collar) intended to restrict spinal motion.
  • Cervical spinal motion restriction is defined as the reduction or limitation of cervical spine movement using mechanical cervical devices including cervical collars and sandbags with tape.
  • Spinal stabilisation is defined as physical maintenance of the spine in a neutral position prior to applying spinal motion restriction devices.

In suspected cervical spine injury it has been routine to apply cervical collars to the neck, in order to avoid further injury from spinal movement. However, this intervention has been based on consensus and opinion rather than on scientific evidence. Furthermore, clinically significant adverse effects, such as raised intracranial pressure, have been shown to occur following the application of a cervical collar.

2015 First Aid Guideline The routine application of a cervical collar by a first aid provider is not recommended.

In suspected cervical spine injury, manually support the head in a position limiting angular movement until experienced healthcare providers are available (Good Practice Point).

  • Moving away from the collar ?

So the cervical collar might still be placed, but they’re saying it’s not worth it for inexperienced first aid providers. They might get the benefit/harm ratio wrong, and they might not apply it correctly. But they are also mentioning serious harms from cervical collars, and pointing to the lack of evidence for them in general. It’s worth quoting this little part again :

“In suspected cervical spine injury it has been routine to apply cervical collars to the neck, in order to avoid further injury from spinal movement. However, this intervention has been based on consensus and opinion rather than on scientific evidence.”

The conclusion seems to be that we need to take care of the spine, but there are several ways to reduce spine movement and keep the head/neck in a neutral position. Other techniques might be just as good. We’ll be back with more when the Norwegian national guidelines that specifically speaks on spinal stabilisation are released.

  • ERC guidelines 2015. Section 10 education and implementation of resuscitation
    ERC guidelines 2015. Section 10 education and implementation of resuscitation
  • ERC guidelines 2015. Section 11. The ethics of resuscitation and end of life decisions
    ERC guidelines 2015. Section 11. The ethics of resuscitation and end of life decisions
  • ERC Summary of the main changes in the resuscitation guidelines 2015
    ERC Summary of the main changes in the resuscitation guidelines 2015

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Ci-dessous les publications de l’AHA (American Heart Association)

2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations

Consensus on Resuscitation Science and. Treatment Recommendations (CoSTR)

  • Editorial Board
    Editorial Board
  • Part 1 : Executive Summary : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 1. Executive Summary 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 2 : Evidence Evaluation and Management of Conflicts of Interest : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With TreatmentRecommendations
    Part 2. Evidence Evaluation and Management of Conflicts of Interest. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 3 : Adult Basic Life Support and Automated External Defibrillation : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 3. Adult Basic Life Support and Automated External Defibrillation. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 4 : Advanced Life Support : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 4. Advanced Life Support. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 5 : Acute Coronary Syndromes : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 5. Acute Coronary Syndromes. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 6 : Pediatric Basic Life Support and Pediatric Advanced Life Support : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 6. Pediatric Basic Life Support and Pediatric Advanced Life Support. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 7 : Neonatal Resuscitation : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 7. Neonatal Resuscitation. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 8 : Education, Implementation, and Teams : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
    Part 8. Education, Implementation, and Teams. 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations
  • Part 9 : First Aid : 2015 International Consensus on First Aid Science With Treatment Recommendations
    Part 9. First Aid. 2015 International Consensus on First Aid Science With Treatment Recommendations
  • Alternative Techniques and Ancillary Devices for Cardiopulmonary Resuscitation : 2015 American Heart Association Guidelines Update for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care
    Alternative Techniques and Ancillary Devices for Cardiopulmonary Resuscitation : 2015 American Heart Association Guidelines Update for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care

- Pour lire l’article en entier

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- 1. Introduction

These new guidelines are the culmination of many years of international collaboration to improve the practice and teaching of resuscitation medicine in order to improve survival from cardiorespiratory arrest.1,2 English ambulance services initiate resuscitation on about 28,000 people who sustain an OHCA each year (52 cases per 100,000 inhabitants) and approximately 8% survive to leave hospital.3 Data from the UK National Cardiac Arrest Audit (NCAA) indicate that in-hospital cardiac arrest occurs in 1.6 per 1000 hospital admissions with rate of survival to hospital discharge of 18.4%.4 Recent international data suggest that survival rates after both in- and out-of-hospital cardiac arrest are slowly improving.5-7 It is hoped that refinements in resuscitation guidelines will continue to contribute to increasing survival rates.

The process used to produce the Resuscitation Council (UK) Guidelines 2015 has been accredited by the National Institute for Health and Care Excellence (NICE). The guidelines process includes : Systematic reviews with grading of the quality of evidence and strength of recommendations (detailed below). These reviews formed the basis of the 2015 International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR) Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation (CPR) Science with Treatment Recommendations (CoSTR).1,2 The involvement of stakeholders from around the world including members of the public and cardiac arrest survivors. Collaboration with the European Resuscitation Council (ERC) and adaption of the ERC Guidelines for use in the UK.8 Details of the guidelines development process can be found in the Resuscitation Council (UK) Guidelines Development Process Manual.

- 2. The ILCOR evidence evaluation process

For the 2015 evidence evaluation process ILCOR formed seven task forces : basic life support (BLS), advanced life support (ALS), acute coronary syndromes (ACS), paediatric BLS and ALS, neonatal resuscitation, education implementation and teams (EIT), and, for the first time, first aid. Using the PICO [population, intervention, comparator, outcome] format, each task force identified and prioritised the questions to be addressed and then performed detailed systematic reviews. The task forces used the methodological approach for evidence evaluation and development of recommendations proposed by the Grading of Recommendations, Assessment, Development, and Evaluation (GRADE) Working Group.9 A detailed search for relevant articles was performed in each of three online databases (MEDLINE, Embase, and the Cochrane Library).2 The quality of the evidence (or confidence in the estimate of the effect) was categorised as high, moderate, low, or very low,10 based on the study methodologies and the risk of bias, inconsistency, indirectness, imprecision, and publication bias. Written summaries of evidence for each outcome (the Consensus on Science statements) were drafted by the evidence reviewers and then discussed, debated and refined by the task forces until consensus was reached. Whenever possible, consensus-based treatment recommendations were created. These recommendations (designated as strong or weak and either for or against a therapy or diagnostic test) were accompanied by an overall assessment of the evidence, and a statement from the task force about the values and preferences that underpinned the recommendations. There was open public and stakeholder consultation at several stages during this process.

- 3. From science to guidelines

The 2015 CoSTR summarises the science supporting CPR ; although this includes treatment recommendations these are generally broad and do not provide sufficient practical detail for clinical implementation. These Resuscitation Council (UK) guidelines have been adapted from the 2015 ERC Guidelines and are tailored specifically to clinical practice in the UK. The guidelines have been peer reviewed by the Executive Committee of the Resuscitation Council (UK), which comprises 25 individuals and includes lay representation and representation of the key stakeholder groups.

- 4. Summary of main changes since the 2010 Guidelines

Main changes in the 2015 Guidelines are summarised at the beginning of each guideline topic and are listed below.

Basic life support and automated external defibrillation

  • Guidelines 2015 highlights the critical importance of the interactions between the emergency medical dispatcher, the bystander who provides CPR and the timely deployment of an automated external defibrillator (AED).
  • The emergency medical dispatcher plays an important role in the early diagnosis of cardiac arrest, the provision of dispatcher-assisted CPR (also known as telephone CPR), and the location and dispatch of an AED.
  • The knowledge, skills and confidence of bystanders will vary according to the circumstances, of the arrest, level of training and prior experience. The bystander who is trained and able should assess the collapsed victim rapidly to determine if the victim is unresponsive and not breathing normally and then immediately alert the emergency services. Whenever possible, alert the emergency services without leaving the victim.
  • The victim who is unresponsive and not breathing normally is in cardiac arrest and requires CPR. Immediately following cardiac arrest blood flow to the brain is reduced to virtually zero, which may cause seizure-like episodes that may be confused with epilepsy. Bystanders and emergency medical dispatchers should be suspicious of cardiac arrest in any patient presenting with seizures and carefully assess whether the victim is breathing normally.

Advanced life support

  • There is increased emphasis on minimally interrupted high quality chest compressions throughout any ALS intervention.
  • Chest compressions must only be paused briefly to enable specific interventions. This includes minimising interruptions in chest compressions to less than 5 seconds when attempting defibrillation or tracheal intubation.

There is a new section on monitoring during ALS.

  • Waveform capnography must be used to confirm and continually monitor tracheal tube placement, and may be used to monitor the quality of CPR and to provide an early indication of return of spontaneous circulation (ROSC).
  • There are a variety of approaches to airway management during CPR and a stepwise approach based on patient factors and the skills of the rescuer is recommended.
  • The recommendations for drug therapy during CPR have not changed, but there is equipoise for the role of drugs in improving outcomes from cardiac arrest.
  • The routine use of mechanical chest compression devices is not recommended, but they may be useful in situations where sustained high quality manual chest compressions are impractical or compromise provider safety.
  • Peri-arrest ultrasound may be used to identify reversible causes of cardiac arrest.
  • Extracorporeal life support techniques may be used as a rescue therapy in selected patients where standard ALS measures are not successful.
  • The ALS algorithm has been modified slightly to show these changes.

Post-resuscitation care

  • There is a greater emphasis on the need for urgent coronary catheterisation and percutaneous coronary intervention (PCI) following out-of-hospital cardiac arrest of likely cardiac cause.
  • Targeted temperature management remains important but the target temperature can be either 36°C or 33°C according to local policy. There was a preference for 36°C among the guidelines group because it is easier to implement and there is no evidence that it is inferior to 33°C.
  • Prognostication is now undertaken using a multimodal strategy and there is emphasis on allowing sufficient time for neurological recovery and to enable sedatives to be cleared.

Paediatric life support

  • The duration of delivering a breath is about 1 second, to coincide with adult practice.
  • For chest compressions, depress the lower sternum by at least one-third the anterior-posterior diameter of the chest, or by 4 cm for the infant and 5 cm for the child.
  • In the presence of a febrile illness, if there are no signs of septic shock, children should be given fluid cautiously and then reassessed. In some forms of septic shock, restricted fluid resuscitation with isotonic crystalloid may be more beneficial than the liberal use of fluids.
  • For cardioversion of a supraventricular tachycardia (SVT), the initial dose has been revised to 1 J kg-1.
  • Prevent fever in children who have turn of spontaneous circulation (ROSC) after out-of-hospital cardiac arrest.
  • In children, targeted temperature management can be with normothermia or mild hypothermia.

Resuscitation and support of transition of babies at birth

  • For uncompromised term and preterm infants, a delay in cord clamping of at least one minute from the complete delivery of the infant, is now recommended. As yet there is insufficient evidence to recommend an appropriate time for clamping the cord in infants who are severely compromised at birth. For infants requiring resuscitation, resuscitative intervention remains the immediate priority.
  • The temperature of newly born infants should be actively maintained between 36.5°C and 37.5°C after birth unless a decision has been taken to start therapeutic hypothermia.
  • Preterm infants of less than 32 weeks gestation may benefit from a combination of interventions to maintain their body temperature between 36.5°C and 37.5°C after delivery, through stabilisation and neonatal unit admission.
  • An ECG, if available, can give a rapid accurate and continuous heart rate reading during newborn resuscitation. It does not, however, indicate the presence of a cardiac output and should not be the sole means of monitoring the infant.
  • Resuscitation of term infants should commence in air. For preterm infants, a low concentration of oxygen (21–30%) should be used initially for resuscitation at birth. If, despite effective ventilation, oxygenation (ideally guided by oximetry) remains unacceptable, use of a higher concentration of oxygen should be considered.
  • Attempts to aspirate meconium from the nose and mouth of the unborn infant, while the head is still on the perineum, are not recommended.
  • Nasal continuous positive airways pressure (CPAP) rather than routine intubation may be used to provide initial respiratory support of all spontaneously breathing preterm infants with respiratory distress.
  • The recommended compression : ventilation ratio for CPR remains at 3:1 for newborn resuscitation. Asynchronous compressions are not recommended.

Prehospital resuscitation

  • The team approach is emphasised.
  • Supraglottic airways often provide an ideal airway and should be used as part of a stepwise airway management pathway. Tracheal intubation is attempted only by those with adequate training and only if simpler airways prove inadequate.
  • There is no evidence that a pre-defined period of CPR before defibrillation improves success rates. Mechanical chest compression devices are a reasonable alternative to high quality manual chest compressions in situations where sustained high quality manual chest compressions are impractical or compromise provider safety.
  • The use of waveform capnography is emphasised not only to indicate placement of a tracheal tube in the airway (and not the oesophagus), but also as a useful indicator of cardiac output and the effectiveness of chest compressions. A sudden increase in end-tidal CO2 may be an early indicator of ROSC.
  • After ROSC is achieved passive cooling is recommended in the prehospital phase.
  • In patients with evidence of ST elevation, transfer to a cardiac arrest centre capable of performing PCI is the optimal care pathway.

Prevention of cardiac arrest and decisions about CPR

  • Prevention of in-hospital cardiac arrest requires staff education, monitoring of patients, recognition of patient deterioration, a system to call for help and an effective response.
  • Ensure that all clinical staff are trained in the recognition, monitoring, and management of critically ill patients, and that they know their role in the rapid response system.
  • Ensure that all policies on CPR decisions are based on current national guidance, and ensure that all clinical personnel understand it.
  • Identify those fully informed patients who do not wish to receive CPR, those patients for whom cardiorespiratory arrest is an anticipated terminal event and for whom CPR would be inappropriate, and those patients who have lost capacity in whom a decision not to attempt CPR is in their best interests.

In-hospital resuscitation

  • There is continuing emphasis on the use of rapid response systems for care of the deteriorating patient and prevention of in-hospital cardiac arrest.
  • There is continued emphasis on minimally interrupted high quality chest compressions throughout CPR : chest compressions are paused briefly only to enable specific interventions. This includes minimising interruptions in chest compressions to attempt defibrillation.

Peri-arrest arrhythmia

  • The basic principles of assessment and treatment of a suspected cardiac arrhythmia are unchanged.
  • Use of oxygen therapy is not recommended unless the patient is hypoxic, in which situation the concentration of oxygen delivered should be guided by monitoring arterial oxygen saturation whenever possible.
  • There is stronger emphasis on the use of antithrombotic therapy in atrial fibrillation (AF) and the importance of assessing thromboembolic risk in people with AF.

Education and implementation

  • All school children should be taught how to perform CPR and should be made aware of how to use an AED.
  • Ambulance services should have access to a national database of AEDs and their dispatchers should have specific training in how to provide clear and effective instructions to rescuers over the telephone.
  • Frequent ‘low-dose’ training may be a beneficial method for providing CPR/AED retraining.
  • The outcomes for candidates attending an e-ALS course are the same as those attending a conventional 2-day ALS course.
  • High-fidelity manikins are not essential for life support courses.
  • Life support courses should incorporate training in non-technical skills (e.g. leadership, team behaviour and communication) into their curricula.
  • Healthcare systems should evaluate their processes to ensure those with a cardiac arrest have the best outcomes.
  • Teams who manage patients in cardiac arrest should use data-driven performance-focused debriefing.
  • Social media and innovative technology have vital roles to play in improving outcomes from cardiac arrest.

Quality and safety

  • The changes in the new Guidelines 2015 compared with the previous 2010 Guidelines are relatively subtle. Nevertheless, some of the treatment recommendations in these guidelines will change the way resuscitation is delivered. It will take time for courses and training materials to be updated and for this change in practice to be disseminated to healthcare professionals and laypeople by resuscitation trainers. As this transition is made there will inevitably be some variation in practice between individuals and healthcare organisations. Healthcare organisations should implement those components of Guidelines 2015 relevant to them by the end of 2016. The Resuscitation Council (UK) Quality standards for cardiopulmonary resuscitation practice and training will help with the implementation of these guidelines in health care settings.
  • Guidelines 2015 do not define the only way that resuscitation should be achieved ; they merely represent a widely accepted view of how resuscitation can be undertaken both safely and effectively. The publication of new treatment recommendations does not imply that current clinical care is either unsafe or ineffective.
  • The Resuscitation Council (UK) Guidelines undergo a major revision every 5 years (synchronised with the International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation Science Conferences and new ERC Guidelines) with occasional interim amendments to reflect very important new science. These interim amendments are generally made only if delaying guideline changes until a major revision is thought to put patients at risk. The decision to publish interim ‘advisory statements’ is made by the ILCOR delegates and although some experts advocate a more continuous process of science review, the next major review of these guidelines is likely to be in 2020.
  • These 2015 Guidelines include some changes in practice that reflect new science that has been published since 2010. Consistency in practice among countries provides the basis for the large trials necessary to establish best practice, and the further development of such international collaboration is encouraged. Similarly, consistent collection and reporting of audit data in registries that enable comparison between systems does much to improve practice and ensure that the victims of sudden cardiac arrest are given the best chance of successful resuscitation.3,4
  • The National Out of Hospital Cardiac Arrest Outcomes project www.warwick.ac.uk/ohcao measures patient, process and outcome variables from out-of-hospital-cardiac arrest in the UK. The project is run in collaboration with the National Ambulance Service Medical Directors Group with support from the British Heart Foundation, Resuscitation Council (UK) and University of Warwick. The project is designed to measure the epidemiology and outcomes from cardiac arrest and to serve as a national resource for continuous quality improvement initiatives for cardiac arrest.
  • The National Cardiac Arrest Audit (NCAA) https://ncaa.icnarc.org/ is an ongoing, national, comparative outcome audit of in-hospital cardiac arrests.4 It is a joint initiative between the Resuscitation Council (UK) and the Intensive Care National Audit & Research Centre (ICNARC) and is open to all acute hospitals in the UK and Ireland. The audit monitors and reports on the incidence of, and outcome from, in-hospital cardiac arrest in order to inform practice and policy. It aims to identify and foster improvements in the prevention, care delivery and outcomes from cardiac arrest.

Conflict of interest policy

  • All the individuals contributing to the writing of these guidelines have signed and adhered to the Resuscitation Council (UK) Conflict of Interest (COI) Policy. The COI declarations of all authors are listed in Appendix 1.
  • Acknowledgement
  • The process leading to the publication of the guidelines has entailed considerable work by many individuals over a protracted period. The Resuscitation Council (UK) would like to thank all the individuals and organisations that have contributed to the process and made this publication possible.

- 5. Abbreviations used

The following abbreviations have been used in these guidelines :

- Abbreviation Definition

  • h hour, hours
  • h-1 per hour
  • min minute, minutes
  • min-1 per minute
  • s second, seconds
  • s-1 per second
  • IV is intravenous

- 6. References

Nolan JP, Hazinski MF, Aicken R, et al. Part I. Executive Summary : 2015 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science with Treatment Recommendations. Resuscitation 2015 ;95:e1-e32. Morley PT, Lang E, Aickin R, et al. Part 2 : Evidence Evaluation and Management of Conflict of Interest for the ILCOR 2015 Consensus on Science and Treatment Recommendations. Resuscitation 2015 ;95:e33-e41. Perkins GD, Lockey AS, de Belder MA, Moore F, Weissberg P, Gray H. National initiatives to improve outcomes from out of hospital cardiac arrest in England. Emergency Medicine Journal 2015. doi : 10.1136/emermed-2015-204847. Nolan JP, Soar J, Smith GB, et al. Incidence and outcome of in-hospital cardiac arrest in the United Kingdom National Cardiac Arrest Audit. Resuscitation 2014 ;85:987-92. Chan PS, McNally B, Tang F, Kellermann A, Group CS. Recent trends in survival from out-of-hospital cardiac arrest in the United States. Circulation 2014 ;130:1876-82. Wissenberg M, Lippert FK, Folke F, et al. Association of national initiatives to improve cardiac arrest management with rates of bystander intervention and patient survival after out-of-hospital cardiac arrest. JAMA 2013 ;310:1377-84. Girotra S, Nallamothu BK, Spertus JA, et al. Trends in survival after in-hospital cardiac arrest. N Engl J Med 2012 ;367:1912-20. Monsieurs K, Nolan JP, Bossaert LL, et al. European Resuscitation Council Guidelines for Resuscitation 2015 Section 1 Executive Summary. Resuscitation 2015 ;95:1-80. Overview of the GRADE Approach. In : GRADE Handbook. Available at : http://www.guidelinedevelopment.org... h.svwngs6pm0f2. Updated October 2013. Accessed May 6, 2015. Schunemann HJ, Oxman AD, Brozek J, et al. Grading quality of evidence and strength of recommendations for diagnostic tests and strategies. BMJ 2008 ;336:1106-10.


PREMIERS SECOURS : LES FRANÇAIS À LA TRAÎNE ?

Protéger au quotidien

Connaître les gestes de premiers secours ; ça fait plus que changer la vie… ça la sauve. Et qu’en est-il en France ? Les citoyens sont-ils suffisamment formés ? Quel est votre chance de survie en cas d’arrêt cardiaque dans la rue ?

Un instantané en quelques chiffres.

Il y a des vies à sauver !

C’est un peu le chiffre choc : si la France formait 20% de personnes en plus, on estime que 10 000 vies seraient sauvées en plus chaque année. Alors, est-ce que cela veut dire que les français ne connaissent pas assez les gestes qui sauvent ?

Aujourd’hui, 49% des Français ont suivi une formation aux premiers secours, contre 95% des Norvégiens ou 80% des Danois. Seuls 29% des Français ont suivi une formation reconnue : le PSC1 (Prévention Secours Civiques de niveau 1), derrière les pays germaniques (Allemagne et Autriche : 80%), mais devant l’Espagne (6%), le Royaume-Uni (6%) ou les Pays-Bas (2%).

Enfin, et c’est un chiffre assez parlant, moins de 20% des Français seraient capables de pratiquer "les gestes qui sauvent" face à un arrêt cardiaque, selon la FFC (Fédération Française de Cardiologie) alors que ces accidents cardiaques surviennent devant témoins 7 fois sur 10.

Apprendre les gestes de premiers secours permettrait des prises en charge plus rapides.

Mais est-ce que cela changerait réellement les chances de survies ?

Les chiffres sont encore très clairs. 4 minutes : C’est le temps que vous avez pour sauver une personne victime d’un arrêt cardiaque. Alors qu’il faut en moyenne 14 minutes au secours pour arriver …

Ainsi on note également que le taux de survie à un arrêt cardiaque, en France est en moyenne de 5,7%, face à 30% dans certaines villes des Etats-Unis comme Chicago, Seattle ou Las Vegas. Les facteurs ? une mobilisation immédiate des témoins et l’utilisation d’un défibrillateur.

Cependant, la France rattrape lentement son retard et il y a des motifs d’espoir

20% des collégiens reçoivent une formation de premier secours en fin de 3ème, ce qui est bien, même si la loi l’impose à tous.** L’âge minimum pour suivre la formation aux premiers secours PSC1 est de 10 ans.

Le coût de cette formation qui dure une journée va de 50 à 72 euros. Les pouvoirs publics ont également pris la mesure des efforts à consentir. Depuis le *4 mai 2007, les personnes lambda (ni secouristes diplômés ni professionnels de santé) peuvent utiliser les DAE (Défibrillateurs Automatisés Externes), compte tenu de la simplicité et de la sécurité de leur utilisation. D’ailleurs, depuis 2008, le nombre de DA a été *multiplié par 40 (entre 60000 et 100000).

Alors n’oubliez pas, formez-vous aux gestes de premiers secours ! D’ailleurs, du 4 au 6 février 2016 : C’est la deuxième édition de "Secours Expo", le salon 100% Secours, soin d’urgence et prévention, à la Porte de Versailles à Paris.

source https://www.newstoprotect.axa


Survival after Perioperative Cardiopulmonary Resuscitation : Providing an Evidence Base for Ethical Management of Do-not-resuscitate Orders

Shona Kalkman, M.D. ; Lotty Hooft, Ph.D. ; Johanne M. Meijerman, B.Sc. ; Johannes T. A. Knape, M.D., Ph.D. ; Johannes J. M. van Delden, M.D., Ph.D.

Author Notes

From the Department of Medical Humanities, Julius Center for Health Sciences and Primary Care, University Medical Center Utrecht, Utrecht, The Netherlands (S.K., J.M.M., J.J.M.v.D.) ; Dutch Cochrane Centre, Julius Center for Health Sciences and Primary Care, University Medical Center Utrecht, Utrecht, The Netherlands (L.H.) ; and Department of Anesthesiology, University Medical Center Utrecht, Utrecht, The Netherlands (J.T.A.K.).

This article is featured in “This Month in Anesthesiology,” page 1A. Figure 1 was enhanced by Annemarie B. Johnson, C.M.I., Medical Illustrator, Vivo Visuals, Winston-Salem, North Carolina. Submitted for publication March 27, 2015. Accepted for publication July 17, 2015.

Address correspondence to Dr. Kalkman : Department of Medical Humanities, Julius Center for Health Sciences and Primary Care, University Medical Center Utrecht, Heidelberglaan 100, PO Box 85500, 3508 GA Utrecht, The Netherlands. s.kalkman@umcutrecht.nl.Information on purchasing reprints may be found at www.anesthesiology.org or on the masthead page at the beginning of this issue. Anesthesiology’s articles are made freely accessible to all readers, for personal use only, 6 months from the cover date of the issue.

Anesthesiology 3 2016, Vol.124, 723-729. doi:10.1097/ALN.0000000000000873 Article has an altmetric score of 1

- Abstract

Automatic suspension of do-not-resuscitate (DNR) orders during general anesthesia does not sufficiently address a patient’s right to self-determination and is a practice still observed among anesthesiologists today. To provide an evidence base for ethical management of DNR orders during anesthesia and surgery, the authors performed a systematic review of the literature to quantify the survival after perioperative cardiopulmonary resuscitation (CPR). Results show that the probability of surviving perioperative CPR ranged from 32.0 to 55.7% when measured within the first 24 h after arrest with a neurologically favorable outcome expectancy between 45.3 and 66.8% at follow-up, which suggests a viable survival of approximately 25%.

Because CPR generally proves successful in less than 15% of out-of-hospital cardiac arrests, the altered outcome probabilities that the conditions in the operating room bring on warrant reevaluation of DNR orders during the perioperative period. By preoperatively communicating the evidence to patients, they can make better informed decisions while reducing the level of moral distress that anesthesiologists may experience when certain patients decide to retain their DNR orders.

Abstract

The probability of surviving perioperative cardiopulmonary resuscitation is at least twice as high as in other settings, warranting reevaluation of do-not-resuscitate orders during the perioperative period in a preoperative conversation with the patient.


Original Article

Amiodarone, Lidocaine, or Placebo in Out-of-Hospital Cardiac Arrest

Lire l’article sur le site du new england

Joglar, Jose A., Page, Richard L., . Out-of-Hospital Cardiac Arrest — Are Drugs Ever the Answer ?. New England Journal of Medicine 0:0

Peter J. Kudenchuk, M.D., Siobhan P. Brown, Ph.D., Mohamud Daya, M.D., Thomas Rea, M.D., M.P.H., Graham Nichol, M.D., M.P.H., Laurie J. Morrison, M.D., Brian Leroux, Ph.D., Christian Vaillancourt, M.D., Lynn Wittwer, M.D., Clifton W. Callaway, M.D., Ph.D., James Christenson, M.D., Debra Egan, M.Sc., M.P.H., Joseph P. Ornato, M.D., Myron L. Weisfeldt, M.D., Ian G. Stiell, M.D., Ahamed H. Idris, M.D., Tom P. Aufderheide, M.D., James V. Dunford, M.D., M. Riccardo Colella, D.O., M.P.H., Gary M. Vilke, M.D., Ashley M. Brienza, B.S., Patrice Desvigne-Nickens, M.D., Pamela C. Gray, NREMT-P, Randal Gray, M.Ed., NREMT-P, Norman Seals, B.S., Ron Straight, M.Ed., and Paul Dorian, M.D., for the Resuscitation Outcomes Consortium Investigators*

April 4, 2016

Out-of-hospital cardiac arrest is responsible for more than 300,000 deaths each year in North America.1 Many out-of-hospital cardiac arrests are attributable to ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia. Although ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia is regarded as the most treatable presentation of out-of-hospital cardiac arrest because of its responsiveness to shock,2 most defibrillation attempts do not result in sustained return of spontaneous circulation.3 Ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia commonly persists or recurs after shock, and there is a significant inverse relationship between the duration of ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia, or the frequency of acute recurrences, and resuscitation outcome.4-6

Amiodarone and lidocaine are used commonly to promote successful defibrillation of shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia and prevent recurrences. In controlled trials involving patients with out-of-hospital cardiac arrest, those who received amiodarone were more likely than those who received placebo or lidocaine to have a return of spontaneous circulation and to survive to be admitted to the hospital,7,8 but the effects of amiodarone on survival to hospital discharge or neurologic outcome remain uncertain. To address this knowledge gap, we compared the effects of amiodarone, lidocaine, and placebo on survival to hospital discharge after out-of-hospital cardiac arrest due to shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia.

Methods

Trial Conduct and Oversight

The background and methods of the trial were described previously.9 Paramedics from 55 emergency medical services (EMS) agencies enrolled patients with out-of-hospital cardiac arrest at 10 North American sites participating in the Resuscitation Outcomes Consortium (ROC).10 The trial was conducted under exception from informed consent in emergency research in accordance with applicable regulatory requirements, oversight by the Food and Drug Administration and Health Canada, approval by institutional review boards in participating communities, and monitoring by an independent data and safety monitoring board appointed by the National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI).

The trial was sponsored by the NHLBI, the Canadian Institutes of Health Research, and others (see the support statement at the end of the article). In addition, Baxter Healthcare provided the trial drugs without cost and tested the stability of these products over the trial duration but otherwise played no role in the trial. The investigators designed and conducted the trial ; gathered, analyzed, and interpreted the data ; wrote the manuscript draft (the first author) ; and made the decision to submit it for publication. The trial statisticians had full access to all trial data and take responsibility for their integrity, analytic accuracy, and completeness and for the fidelity of this report to the trial protocol, which is available with the full text of this article at NEJM.org.

Patients

The trial included patients 18 years of age or older with nontraumatic out-of-hospital cardiac arrest and shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia, defined as confirmed persistent (nonterminating) or recurrent (restarting after successful termination) ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia after one or more shocks anytime during resuscitation (inclusive of rhythms interpreted as being shockable by an automated external defibrillator). Eligible patients were also required to have intravenous or intraosseous vascular access. We excluded patients who had already received open-label intravenous lidocaine or amiodarone during resuscitation or had known hypersensitivity to these drugs. A complete list of trial inclusion and exclusion criteria is provided in the Supplementary Appendix, available at NEJM.org.

The trial protocol specified that the primary analysis population (the per-protocol population) would include only those randomly assigned participants who actually met the eligibility criteria, who received any dose of a trial drug during shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia, and who were confirmed to have an initial (rather than secondary) cardiac-arrest rhythm of ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia. Analyses were also performed in all randomly assigned patients (the intention-to-treat population).

Interventions

The trial evaluated licensed parenteral preparations of lidocaine, normal saline and a recently approved Captisol-based formulation of amiodarone (Nexterone, Baxter Healthcare) that is designed to reduce hypotensive effects.11,12 Trial drugs were packaged in identically appearing, sealed kits each having three identically formulated syringes. Each syringe held 3 ml of colorless fluid containing 150 mg of amiodarone (totaling 450 mg in the amiodarone kit), 60 mg of lidocaine (180 mg in the lidocaine kit), or normal saline. Kits and their syringe contents were indistinguishable except by numerical code and were randomly distributed to EMS providers in a ratio of 1:1:1. Randomization was performed in permuted blocks of concealed size and was stratified according to participating site and agency. Trial drugs were tested regularly for stability and were confirmed to maintain their integrity in the simulated climates of trial communities.9

Treatment Protocol

Patients with out-of-hospital cardiac arrest were treated in accordance with local EMS protocols that complied with American Heart Association (AHA) guidelines for advanced life support.13 Some patients were coenrolled in a concurrent trial comparing continuous chest compressions with interrupted chest compressions during cardiopulmonary resuscitation (CPR).14

After the failure of one or more shocks to terminate ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia or prevent its recurrence, eligible patients received a vasopressor and were then enrolled in the trial by the EMS personnel’s act of opening a trial-drug kit whose masked contents (amiodarone, lidocaine, or placebo) determined the patient’s random assignment (details are provided in the Supplementary Appendix). Patients, investigators, and trial personnel were unaware of the trial-drug assignments. The initial dose of a trial drug, approximating current clinical practice, consisted of two syringes (one syringe if the estimated body weight was <100 lb [45.4 kg]) that were administered by rapid bolus.10,15,16 If ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia persisted after the initial dose of the trial drug, standard resuscitation measures, and additional shocks, a supplemental dose (one syringe) of the same drug was administered. Thereafter, standard interventions for advanced life support ensued according to local practice, excluding open-label lidocaine or amiodarone before hospitalization.

Post–Cardiac Arrest Care

All trial interventions were completed before hospital arrival. On arrival, hospital care providers were notified of the patient’s enrollment in the trial and encouraged to provide usual post–cardiac arrest care in accordance with published AHA guidelines,17 including open-label amiodarone or lidocaine if necessary. Components of hospital care were monitored but were not standardized by the trial protocol, and their performance was reported back to hospitals periodically. A patient’s trial-drug assignment was not disclosed to care providers, investigators, or site personnel unless emergency unblinding was requested, and then only to the treating physicians.

Data Collection and Outcomes

Data from prehospital patient care records, CPR-process measures, and data from hospital medical records were collected as described in the Supplementary Appendix. The primary outcome of the trial was survival to hospital discharge. The main aim was to compare survival in amiodarone recipients versus placebo recipients, with secondary comparisons of survival in lidocaine recipients versus placebo recipients and in amiodarone recipients versus lidocaine recipients. The secondary outcome was survival with favorable neurologic status at discharge, defined as a score on the modified Rankin scale (range, 0 [no symptoms] to 6 [death]) of 3 or less, indicating the ability to conduct daily activities independently or with minimal assistance.18 These outcomes were determined in both the per-protocol population (the primary analysis) and in the intention-to-treat population.

Mechanistic outcomes that were assessed for exploratory purposes included the number of defibrillation shocks administered after receipt of the trial drug, return of spontaneous circulation at hospital arrival, hospital admission, hospital treatments, and time to withdrawal of life-sustaining treatments. Prespecified subgroups were defined according to status with respect to witnessing of the cardiac arrest (witnessed by EMS, witnessed by bystander, or unwitnessed), receipt of bystander-initiated CPR (yes or no), location of the arrest (public or private), time to trial-drug administration (<15 or ≥15 minutes), route of trial-drug administration (intravenous or intraosseous), treatment group in the concurrent trial of continuous or interrupted chest compressions during CPR, baseline survival rate at the trial site (in quartiles), and EMS drug-administration practice (see the Supplementary Appendix).

Adverse events were considered to be drug-related if they were reported previously with these medications19,20 (e.g., anaphylaxis, thrombophlebitis requiring therapeutic intervention, clinical seizure activity, and bradycardia requiring temporary cardiac pacing) and if they occurred within 24 hours after trial-drug administration. Serious or unexpected adverse events attributable to trial interventions21 and complications related to vascular access were also assessed. Other adverse events such as pulmonary edema, hypotension, or pneumonia, which are common after out-of-hospital cardiac arrest, were monitored but were not considered to be drug-related unless imbalanced between trial groups.

Statistical Analysis

We estimated that a sample size of 3000 in the per-protocol population (1000 patients per group) would provide 90% power to detect an absolute difference of 6.3 percentage points in the rate of survival to hospital discharge between the amiodarone group and the placebo group (29.7% vs. 23.4%). The baseline survival rate was estimated from patients with a first recorded rhythm of ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia who received at least two shocks in previous ROC trials.22,23 The projected difference in survival with amiodarone was estimated from a previous trial database7 and was the comparison for which this trial was powered.

Survival was evaluated across groups with the use of the z-test for comparison of binomial proportions with pooled variance, with a one-sided significance level of 0.025 for comparisons between an active drug and placebo (based on the monitoring plan of the trial) and a two-sided significance level of 0.05 when comparing amiodarone with lidocaine.9 All comparisons in this report, including testing interactions, were recalculated as two-sided with P values of less than or equal to 0.05 considered to indicate statistical significance (as most comparisons were initially performed), which did not substantially change the results.

The data and safety monitoring board performed interim reviews twice a year with the use of group sequential methods with formal stopping boundaries ; final differences and 95% confidence intervals for the primary outcome were adjusted accordingly.9 Apart from this, there were no adjustments for multiple comparisons.

Results

Trial Populations

The trial began on May 7, 2012 and completed enrollment on October 25, 2015. Of 37,889 patients with nontraumatic out-of-hospital cardiac arrest, 7051 (18.6%) had shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia at some time and were potentially eligible for enrollment in the trial (Figure 1Figure 1Screening and Randomization.). The intention-to-treat population of 4653 patients was composed of 4667 with opened drug kits, excluding 6 with an unknown trial-drug assignment and 8 in protected populations. Of these, 3026 comprised the per-protocol population of trial-eligible patients with out-of-hospital cardiac arrest and initial shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia who were randomly assigned recipients of amiodarone (974 patients), lidocaine (993), or placebo (1059), excluding 1627 who did not meet the per-protocol criteria (Table S1 in the Supplementary Appendix). Emergency unblinding of the trial-drug assignment was requested in 24 patients (0.8%) and was proportionately similar across trial groups.

The baseline patient characteristics and event characteristics in the per-protocol population were well balanced across trial groups (Table 1Table 1Prerandomization Characteristics of the Per-Protocol Population. and Table 2Table 2Event Characteristics and Treatments Received in the Per-Protocol Population.). The first dose of the trial drugs was given a mean (±SD) of 19.3±7.4 minutes after the initial call to EMS and after a median of three shocks (interquartile range, two to four) had been administered.

Outcomes

Outcomes were available for 99.5% of all patients in the per-protocol population (Figure 1). Among amiodarone recipients in the per-protocol population, 237 (24.4%) survived to hospital discharge (the primary outcome), as compared to 233 (23.7%) who received lidocaine and 222 (21.0%) who received placebo. The absolute risk difference for the primary comparison of amiodarone versus placebo was 3.2 percentage points (95% confidence interval [CI], −0.4 to 7.0 ; P=0.08). For the secondary comparison of lidocaine versus placebo, the risk difference was 2.6 percentage points (95% CI, −1.0 to 6.3 ; P=0.16), and for the secondary comparison of amiodarone versus lidocaine, it was 0.7 percentage points (95% CI, −3.2 to 4.7 ; P=0.70) (Table 3Table 3Outcomes According to Trial Group in the Per-Protocol Population.). Rates of survival with favorable neurologic status (the secondary outcome) were similar in the amiodarone group (182 patients [18.8%]), lidocaine group (172 [17.5%]), and placebo group (175 [16.6%]). The risk difference for the secondary outcome for amiodarone versus placebo was 2.2 percentage points (95% CI, −1.1 to 5.6 ; P=0.19) ; for lidocaine versus placebo, 0.9 percentage points (95% CI, −2.4 to 4.2 ; P=0.59) ; and for amiodarone versus lidocaine, 1.3 percentage points (95% CI, −2.1 to 4.8 ; P=0.44).

Subgroups

There was heterogeneity of treatment effect with respect to whether or not the out-of-hospital cardiac arrest was witnessed (P=0.05 for interaction) ; active drugs were associated with a higher rate of survival to hospital discharge than the rate with placebo among patients with witnessed out-of-hospital cardiac arrest (Table S2 in the Supplementary Appendix). Among 1934 patients with bystander-witnessed arrest, the survival rate was higher with amiodarone (27.7%) or lidocaine (27.8%) than with placebo (22.7%). This absolute risk difference was significant for amiodarone versus placebo (5.0 percentage points ; 95% CI, 0.3 to 9.7 ; P=0.04) and for lidocaine versus placebo (5.2 percentage points ; 95% CI, 0.5 to 9.9 ; P=0.03), but did not differ significantly between amiodarone and lidocaine (−0.1 percentage points ; 95% CI, −5.1 to 4.9 ; P=0.97). The survival rate was also higher among amiodarone recipients than placebo recipients with EMS-witnessed arrest, a risk difference of 21.9 percentage points (95% CI, 5.8 to 38.0 ; P=0.01). Conversely, among 839 patients in whom out-of-hospital cardiac arrest was unwitnessed, survival did not differ significantly between trial groups. No other significant interaction with treatment was found in other prespecified subgroups.

Mechanistic Outcomes

After randomization, placebo recipients were more likely to require an additional dose of blinded trial drug than recipients of amiodarone or lidocaine, and they received a greater number of subsequent shocks and other rhythm-control medications (Table 2). More lidocaine recipients than placebo recipients had sustained return of spontaneous circulation on hospital arrival (Table 3). Patients were more likely to survive to hospital admission after receipt of amiodarone or lidocaine than after receipt of placebo. Fewer recipients of amiodarone or lidocaine than of placebo required CPR during hospitalization (Table S3 in the Supplementary Appendix). Use of open-label antiarrhythmic drugs (particularly open-label amiodarone) during the first 24 hours of hospitalization was also less common in the amiodarone group than in the lidocaine or placebo groups.

Adverse Events

In the per-protocol population, the overall frequency of prespecified drug-related adverse events did not differ significantly among patients who received amiodarone, lidocaine, or placebo, nor did serious adverse events (Table 4Table 4Adverse Events in the Per-Protocol Population., and Table S4 in the Supplementary Appendix). There was a greater need for temporary cardiac pacing after receipt of amiodarone (4.9%) than after receipt of lidocaine (3.2%) or placebo (2.7%).

Intention-to-Treat Population

Patients enrolled in the intention-to-treat population had balanced baseline characteristics across trial groups (Table S5 in the Supplementary Appendix). There were no significant differences between the trial groups in the rates of the primary and secondary outcomes (Table S6 in the Supplementary Appendix). There were also no significant differences between the trial groups in the rates of drug-related adverse events or serious adverse events (Tables S7 and S8 in the Supplementary Appendix).

Discussion

In this randomized, double-blind, placebo-controlled, prehospital trial, we found that treatment with amiodarone or lidocaine did not result in a significantly higher rate of survival to hospital discharge or favorable neurologic outcome at discharge than the rate with placebo after out-of-hospital cardiac arrest caused by shock-refractory initial ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia. There were also no significant differences in these outcomes between amiodarone and lidocaine.

Two previous small, randomized trials showed significantly higher rates of return of spontaneous circulation and hospital admission with amiodarone than with placebo or lidocaine after shock-refractory out-of-hospital cardiac arrest.7,8 The current trial, which was larger and performed in the context of well-executed CPR, showed similar benefits with respect to short-term outcomes, but with both drugs. The time to treatment with these drugs was typically late across all the trials, averaging 19 minutes from the initial call to EMS in this trial and 21 to 25 minutes in the others.7,8 Such delays may attenuate the effectiveness of antiarrhythmic interventions as patients progress to the metabolic phase of out-of-hospital cardiac arrest, when cellular injury and physiological derangements may be irreversible despite restored circulation.24

Our results could be interpreted in several ways. First, antiarrhythmic drugs may simply be ineffective in this population because they lack antiarrhythmic or restorative effects on circulation. This explanation seems unlikely, given that both amiodarone and lidocaine facilitated termination of ongoing or recurrent ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia with fewer shocks than placebo, were associated with higher rates of hospital admission, and resulted in a lesser need for CPR or antiarrhythmic therapies during hospitalization, which could even be taken as potential mechanisms for improved survival. Drug-related adverse events could also have mitigated survival. This too seems unlikely, because no significant between-group differences were observed in the frequency of adverse events. Conversely, because hospital care was not standardized, treatment imbalances between trial groups might have attenuated the survival benefit from amiodarone or lidocaine. However, the trial was randomized and blinded throughout, and the frequency of coronary catheterization, therapeutic hypothermia, and withdrawal of life-sustaining treatments did not differ significantly across trial groups.

The effectiveness of active treatment could also depend on physiological conditions, timing, and patient characteristics. We observed an interaction of treatment with the witnessed status of out-of-hospital cardiac arrest, which is often taken as a surrogate for early recognition of cardiac arrest, a short interval between the patient’s collapse from cardiac arrest and the initiation of treatment, and a greater likelihood of therapeutic responsiveness. Though prespecified, this subgroup analysis was performed in the context of an insignificant difference for the overall analysis, and the P value for heterogeneity in this subgroup analysis was not adjusted for the number of subgroup comparisons. Nonetheless, the suggestion that survival was improved by drug treatment in patients with witnessed out-of-hospital cardiac arrest, without evidence of harm in those with unwitnessed arrest, merits thoughtful consideration.

Finally, the point estimates of the survival rates in the placebo group and the amiodarone group differed less than anticipated when the trial was designed, which suggests that the trial may have been underpowered. If amiodarone has a true treatment effect of 3 percentage points, approximately 9000 patients across the three trial groups would be needed to establish this difference in outcome with 90% power. Though seemingly small, a confirmed overall difference of 3 percentage points in survival with drug therapy would mean that 1800 additional lives could be saved each year in North America alone after out-of-hospital cardiac arrest.

Several limitations of this trial should be considered. Selection bias could have influenced trial enrollment. However, reasons for nonenrollment were systematically tracked, and questionable instances of exclusion were numerically small. The trial tested only one administration strategy without active-treatment crossover ; other strategies may produce different results. Last, enrollment of patients whose condition at randomization afforded little or no chance of survival irrespective of treatment may have diluted the presence of a more robust treatment effect in others, resulting in a smaller overall benefit than had eligibility been more selective.25

In conclusion, in this randomized trial, we found that overall neither amiodarone nor lidocaine resulted in a significantly higher rate of survival to hospital discharge or favorable neurologic outcome than the rate with placebo among patients with out-of-hospital cardiac arrest due to initial shock-refractory ventricular fibrillation or pulseless ventricular tachycardia.

The Resuscitation Outcomes Consortium (ROC) was supported by the NHLBI through a series of cooperative agreements with nine regional clinical centers (spanning 10 North American communities) and one data coordinating center (5U01 HL077863, with the University of Washington Data Coordinating Center ; HL077866, with the Medical College of Wisconsin ; HL077867, with the University of Washington ; HL077871, with the University of Pittsburgh ; HL077872, with St. Michael’s Hospital ; HL077873, with Oregon Health and Science University ; HL077881, with the University of Alabama at Birmingham ; HL077885, with the Ottawa Hospital Research Institute ; HL077887, with the University of Texas Southwestern Medical Center ; and HL077908, with the University of California San Diego). Additional funding was provided by U.S. Army Medical Research and Materiel Command, the Canadian Institutes of Health Research Institute of Circulatory and Respiratory Health, Defence Research and Development Canada, the Heart and Stroke Foundation of Canada, and the American Heart Association. Two authors are employees of the NHLBI ; they helped in the design and conduct of the trial, data analysis and interpretation, and revision of the manuscript. The NHLBI, as the trial funder, also appointed members of the protocol review committee of the ROC and members of the data and safety monitoring board of this trial but otherwise played no role in its conduct.

Disclosure forms provided by the authors are available with the full text of this article at NEJM.org.

The content of this article is solely the responsibility of the authors and does not necessarily represent the official views of the National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI) or the National Institutes of Health.

This article was published on April 4, 2016, at NEJM.org.

We thank the nurse coordinators, research personnel, and especially the paramedic prehospital care providers across the ROC, whose enthusiasm, professionalism, and dedication to advancing patient care and gaining new knowledge to save lives were the foundation for this endeavor.

Source Information

From the Department of Medicine (P.J.K., T.R., G.N.) and Division of Cardiology (P.J.K.), University of Washington, the King County Emergency Medical Services, Public Health (P.J.K., T.R.), the Department of Biostatistics, University of Washington Clinical Trial Center (S.P.B., G.N., B.L.), and University of Washington–Harborview Center for Prehospital Emergency Care (G.N.), Seattle, and Clark County Emergency Medical Services, Vancouver (L.W.) — all in Washington ; the Department of Emergency Medicine, Oregon Health and Science University, Portland (M.D.) ; Rescu, Li Ka Shing Knowledge Institute, St. Michael’s Hospital (L.J.M., P.D.), and the Divisions of Emergency Medicine (L.J.M.) and Cardiology (P.D.), Department of Medicine, University of Toronto, Toronto, the Department of Emergency Medicine, Ottawa Hospital Research Institute, University of Ottawa, Ottawa (C.V., I.G.S.), and the Department of Emergency Medicine, Providence Health Care Research Institute, University of British Columbia Faculty of Medicine (J.C.), and Providence Health Care Research Institute and British Columbia Emergency Health Services (R.S.), Vancouver — all in Canada ; University of Pittsburgh, Pittsburgh (C.W.C., A.M.B.) ; National Heart, Lung, and Blood Institute, National Institutes of Health, Bethesda (D.E., P.D.-N.), and Johns Hopkins University, Baltimore (M.L.W.) — both in Maryland ; the Department of Emergency Medicine, Virginia Commonwealth University, Richmond (J.P.O.) ; the Departments of Emergency Medicine and Internal Medicine, University of Texas Southwestern Medical Center (A.H.I.), and Dallas Fire–Rescue Department (N.S.) — both in Dallas ; the Departments of Emergency Medicine (T.P.A.) and Pediatrics (M.R.C.), Medical College of Wisconsin, Milwaukee ; the Department of Emergency Medicine, University of California San Diego (J.V.D., G.M.V.), and San Diego Fire–Rescue Department (J.V.D.) — both in San Diego ; and University of Alabama at Birmingham, Birmingham (P.C.G., R.G.).

Address reprint requests to Dr. Kudenchuk at the Division of Cardiology, University of Washington, 1959 N.E. Pacific St., Box 356422, Seattle, WA 98166.

A complete list of the Resuscitation Outcomes Consortium investigators is provided in the Supplementary Appendix, available at NEJM.org.


RCP continue ou discontinue… De quoi changer les pratiques ?

Publié le 06/07/2016 source : srlf.org

Introduction

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) a pour objectif le maintien d’un débit sanguin et d’une ventilation pulmonaire suffisante pour assurer une oxygénation tissulaire minimale jusqu’à la restauration d’une activité cardiaque efficace (1). Durant la prise en charge de l’arrêt cardiorespiratoire (ACR) extra hospitalier, l’interruption des compressions thoraciques par des insufflations en pression positive s’accompagnerait d’une réduction du débit sanguin circulant (2) et d’une diminution de la survie chez l’animal (3). Les études observationnelles réalisées chez l’homme dans les ACR présumés de cause cardiaque, suggèrent que la RCP en compression continue est associée à un taux de survie plus élevé (4, 5).

L’objectif de ce travail était de savoir si, durant la RCP par une équipe entrainée, l’interruption régulière du massage cardiaque pour permettre la ventilation comparée à des compressions thoraciques en continu et des insufflations asynchrones pouvait avoir un impact sur la survie et le pronostic neurologique des patients en ACR non hypoxiques.

Type d’étude

Essai prospectif, randomisé, contrôlé, multicentrique en ouvert, comparant le groupe interventionnel (RCP avec compressions thoraciques continues à un rythme de 100/min associées à une ventilation pulmonaire asynchrone à un rythme de 10 cycles/min) à la prise en charge de référence (RCP avec compression intermittente selon le ratio 30 compressions thoraciques /2 insufflations).

Population étudiée

La population cible regroupait les patients adultes ayant présenté un ACR extra-hospitalier non hypoxique et non traumatique, initialement pris en charge par un membre d’un des services d’urgence participant à l’étude.

Les services d’urgences participant à l’étude étaient répartis en clusters après randomisation avec un schéma d’étude en cross over et un changement de prise en charge attribuée à chaque cluster tous les 6 mois. Une phase dite de « run-in » permettait d’exclure de la population effective les clusters dont les services d’urgences ne réalisaient pas correctement la RCP qui leur avait été assignée, selon les enregistrements continus des scopes-défibrillateurs et des critères d’efficience pré-fixés et évalués par un comité interne à l’étude.

Le critère de jugement principal était la survie à la sortie de l’hôpital. Les principaux critères secondaires étaient la fonction neurologique à la sortie de l’hôpital et le nombre de jours vivant en dehors de l’hôpital dans les 30 jours suivant l’ACR. L’étude était suivie d’une double analyse per protocole visant à exclure les RCP ne suivant pas scrupuleusement le protocole de RCP attribué, d’abord à partir d’un algorithme automatique évaluant l’adhérence des soignants aux manœuvres de RCP selon l’enregistrement des défibrillateurs puis, à partir d’une relecture des RCP inclassables par un comité interne indépendant.

Résultats essentiels :

De juin 2011 à mai 2015, 26 148 patients ont été inclus en phase de run-in. Après exclusion des centres non efficients et des données non exploitables, 23 648 patients ont été inclus dans l’analyse principale en intention de traiter : 12 613 patients dans le groupe « compressions thoraciques continues » versus 11 035 patients dans le groupe « compressions thoraciques intermittentes ».

1129 patients du groupe RCP avec compressions continues (9%) sortent vivants de l’hôpital pour 1072 patients du groupe RCP avec compressions intermittentes (9,7%) (Différence -0,7%, IC 95% [-1,5 ; 0,1], p=0,07). 7.0% des patients du groupe RCP avec compressions continues et 7.7% des patients du groupe RCP avec compressions intermittentes présentaient une évolution neurologique favorable défini par un Rankin score < 4 (différence, −0.6 % ; 95% IC, −1.4 to 0.1, P=0.09). Le nombre de jours vivant en dehors de l’hôpital dans les 30 jours suivant l’ACR était significativement plus faible dans le groupe RCP avec compressions continues (différence moyenne, −0.2 jours, 95% IC, −0.3 to −0.1 ; P= 0.004).

L’analyse complémentaire per protocole entraîne l’exclusion de 13479 patients et l’analyse de 10 232 dossiers : 6 545 avec compressions continues et 3 687 avec compressions intermittentes. Dans cette population, il existait une diminution significative du taux de survie dans le groupe RCP avec compressions continues par rapport au groupe RCP avec compressions intermittentes (de -2%, IC95% [-2,9 ;-1,1], p<0,001).

Commentaires

- Points forts

Il s’agit de la première étude interventionnelle sur ce sujet : seules des études observationnelles chez l’humain ou pré cliniques sur des porcs avaient été jusque là réalisées. Cette étude a une forte qualité méthodologique avec un effectif important, une validité interne conforme à l’objectif, une puissance suffisante, peu de biais et une population étudiée représentative de celle ciblée. On peut lui attribuer une forte pertinence clinique et un fort niveau de preuve. Elle répond à une question importante concernant la prise en charge des ACR en pré-hospitalier avec un résultat à l’impact pratique susceptible d’influencer nos prises en charge.

- Points faibles

L’analyse complémentaire en per protocole souffre de plusieurs limites. D’abord, en excluant trop de patients au final non classés par l’analyse des données des défibrillateurs (10 232 analysés en per protocole pour 23711 en analyse principale), la validité interne est moindre. D’autre part, les 2 groupes ne sont pas comparables, avec un nombre significativement supérieur d’intubation pré hospitalières et de rythmes choquables dans le groupe contrôle (compressions intermittentes).

Le temps moyen occupé par les compressions thoraciques pour chaque minute de RCP (0.77±0.14 dans le groupe contrôle et 0.83±0.14 dans le groupe interventionnel) est peu différent d’un groupe à l’autre. Il très élevée, au-delà des cibles préconisées par l’AHA et l’ERC, et vraisemblablement au-delà de ce qui se fait dans la « vraie vie » (6). Au final, ces données expliquent peut être l’absence de différence entre les deux groupes sur le critère de jugement principal.

Enfin, les résultats de cette étude ne sont pas extrapolables au système de soins français, compte tenu des différences d’organisation que celui-ci présente avec le système de soins nord-américain. Il faut d’ailleurs noter un délai moyen assez bref entre l’ACR et l’arrivée des secours sur les lieux (en moyenne 6 minutes) et un taux élevé de rythmes choquables (en moyenne 20%) l’ensemble s’associant à un taux de survie globale significatif (>9%). Implications et conclusions

Cet essai clinique va à l’encontre de la notion selon laquelle l’interruption brève des compressions thoraciques diminuerait l’efficacité de la RCP. Il nous incite à poursuivre une réanimation cardio-pulmonaire dont les compressions thoraciques seraient interrompues par de brèves phases de ventilation.

Articles

Trial of Continuous or Interrupted Chest Compressions during CPR. Nichol G, Leroux B, Wang H and ROC Investigators. N Engl J Med. 2015 Dec 3 ;373(23):2203-14.

Conflit d’intérêts

Article commenté par le Dr Coralie Chambrin(a), le Dr Nicholas Sedillot (a), le Pr Antoine Roch (b) pour la Commission de Médecine d’Urgence de la SRLF

(a) Service de Réanimation
CH Bourg en Bresse
(b) Service des Urgences
Assistance publique des Hôpitaux de Marseille

Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt. Le contenu des fiches REACTU traduit la position de leurs auteurs mais n’engage ni la CERC ni la SRLF.

Envoyez vos commentaires/réactions aux auteurs (Coralie.Chambrin@live.fr, nsedillot@ch-bourg01.fr, antoine.roch@ap-hm.fr) ou à la CERC.

Liens utiles

  • Berg RA, Hemphill R, Abella BS, et al. Part 5 : adult basic life support : 2010 American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care. Circulation 2010 ;122:Suppl 3:S685-705
  • Berg RA, Sanders AB, Kern KB, et al. Adverse hemodynamic effects of inter- rupting chest compressions for rescue breathing during cardiopulmonary resuscitation for ventricular fibrillation cardiac arrest. Circulation 2001 ;104:2465-70
  • Kern KB, Hilwig RW, Berg RA, Sanders AB, Ewy GA. Importance of continuous chest compressions during cardiopulmonary resuscitation : improved outcome during a simulated single lay-rescuer scenario. Circulation 2002 ;105:645-9
  • Bobrow BJ, Spaite DW, Berg RA, et al. Chest compression-only CPR by lay rescuers and survival from out-of-hospital cardiac arrest. JAMA 2010 ;304:1447-54.
  • Bobrow BJ, Clark LL, Ewy GA, et al. Minimally interrupted cardiac resuscitation by emergency medical services for out- of-hospital cardiac arrest. JAMA 2008 ;299 : 1158-65.
  • Christenson J, Andrusiek D, Everson-Stewart S, et al. Chest Compression Fraction Determines Survival in Patients With Out-of-Hospital Ventricular Fibrillation. Circulation. 2009 ;120:1241-47.

CERC

  • N. AISSAOUI (Secrétaire)
  • C. AUDOIN
  • F. BOISSIER
  • F. BROUARD
  • D. DA SILVA
  • D. GRIMALDI
  • O. HAMZAOUI
  • S. HRAIECH
  • A. KIMMOUN
  • JC. LACHERADE

L’ECMO améliore le pronostic des enfants victimes d’un arrêt cardiaque en milieu hospitalier

Publié le 20 avril 2016 jim.fr

L’assistance cardiorespiratoire extracorporelle (ACRE) repose sur un oxygénateur à membrane portable (ECMO : extracorporeal membrane oxygenation) qui offre des possibilités supplémentaires face à un arrêt cardiorespiratoire (ACR) réfractaire aux manœuvres de réanimation courantes. Des cathéters percutanés doivent être insérés dans une veine fémorale et une artère périphérique pour brancher l’oxygénateur et assurer ainsi un apport de sang bien oxygéné dans la circulation notamment cérébrale. Cette technique est exceptionnellement utilisée et dans des circonstances bien particulières, par exemple un ACR survenant chez un enfant hospitalisé.

Une étude multicentrique rétrospective (janvier 2000-décembre 2011), dans laquelle ont été inclus en première intention 3 756 jeunes patients (âge < 18 ans), tous victimes d’un ACR ayant nécessité une réanimation d’une durée ≥ 10 minutes montre l’efficacité de cette approche dans cette population. Dans la majorité des cas (n = 3 165, 84 %), des manœuvres habituelles à type de massage cardiaque externe et de ventilation assistée en oxygène pur avaient été mises en œuvre. Les autres patients (n =591, 16 %) ont bénéficié d’une ACRE. La comparaison intergroupe a reposé sur une analyse primaire par régression logistique multiple, complétée par une analyse prenant en compte les scores de propension, afin de corriger au moins partiellement les biais et les facteurs de confusion.

Taux de survie plus élevés et moins de déficits neurologiques

Les taux de survie à la sortie de l’hôpital se sont avérés plus élevés dans le groupe ACRE, soit 40 % versus 27 % dans l’autre groupe. Il en a été de même pour la survie sans déficit neurologique significatif, soit 27 % vs 18 %. Après ajustement selon les co-variables les plus déterminantes, les odds ratios (OR) ont été estimés à 2,80 pour la survie (intervalle de confiance à 95 %, IC, 2,13-3,69 ; p < 0,001) et 2,64 pour l’absence de déficit neurologique (IC, 1,91-3,64 ; p<0,001). Ces associations sont restées statistiquement significatives, même dans le cadre de l’analyse prenant en compte les scores de propension, les valeurs des OR étant alors respectivement de 1,70 (IC, 1,33-2,18 ; p < 0,001) et 1,78 (IC, 1,31-2,41 ; p < 0,001).

Cette étude comparative est certes rétrospective et il est difficile d’éliminer tous les biais et facteurs de confusion inhérents à cette approche, même en faisant intervenir les scores de propension. Elle n’en suggère pas moins que chez les enfants hospitalisés victimes d’un ACR ≥ 10 minutes, l’assistance cardiorespiratoire extracorporelle est à même d’améliorer de manière substantielle le pronostic vital et neurologique à court terme, c’est dire au terme de l’hospitalisation.

Références Disclaimer

Lasa JJ et coll. : Extracorporeal-Cardiopulmonary Resuscitation (E-CPR) During Pediatric In-Hospital Cardiopulmonary Arrest is Associated with Improved Survival to Discharge : A Report from the American Heart Association’s Get With the Guidelines - Resuscitation Registry (GWTG-R). Circulation. 2016 ; 133:165-76. doi : 10.1161/CIRCULATIONAHA.115.016082.


Massage cardiaque externe : entre pompes et coups de pompe

Publié le 07/10/2016

Plusieurs études confirment que la fatigue du sauveteur altère déjà la qualité du massage cardiaque externe (MCE), quelques minutes après son début. Afin de vérifier l’hypothèse que le MCE n’est pas qu’une affaire d’intellos et prenant leur courage à deux biceps, des auteurs espagnols de la Mancha ont d’une part étudié la relation entre l’indice de masse corporelle (IMC), la force musculaire (mesurée par dynamométrie ajusté au poids corporel) et la bonne réalisation du MCE. D’autre part, ils ont voulu voir si l’association entre IMC et bonne réalisation du MCE est médiée par la force musculaire (1). Ce deuxième objectif en fait la première étude du genre.

Stayin’ Alive, Stayin’ Alive, ah, ah, ah

Après avoir reçu une formation selon les standards de l’European Resuscitation Council, 63 étudiants en soins infirmiers (19 hommes et 44 femmes âgés de 19 à 43 ans) ayant subi des tests cardiovasculaires maximaux avec succès, ont été inclus dans une étude transversale évaluant leur pratique du MCE sur mannequin (ratio compression-ventilation de 30 pour 2) pendant 20 minutes ou jusqu’à épuisement, Ont été considérés comme adéquats, les MCE effectués à une fréquence de 100 à 120 / minute ; avec 100 % de compressions au centre du thorax ; avec une dépression thoracique de 50 à 60 mm et avec un temps égal de compression et de relaxation du thorax à 100 % du temps. La méthode PROCESS macro de Preacher et Hayes a été utilisée pour rechercher une association entre IMC et MCE médiée par la force musculaire.

Au pays de Don Quichotte et de Sancho Pança

Les étudiants de moindre poids ont obtenu de moins bons résultats que ceux de poids normal ou bien obèses pour plusieurs variables dépendantes telles que la bonne dépression sternale (P < 0,001) et la réalisation adéquate du MCE (P < 0,001). Après réajustement pour la force musculaire, cette différence persiste sauf pour la fréquence des compressions (P = 0,053).

De plus, les étudiants aux plus bas quartiles de force musculaire étaient moins performants en matière de bonne dépression sternale (P = 0,001) et de réalisation adéquate du MCE (P < 0,001) que ceux aux quartiles moyens ou hauts après ajustement des variables confondantes.

Les effets de l’IMC sur la bonne réalisation du MCE étaient partiellement médiés par la force musculaire. Des résultats similaires ont été obtenus par l’analyse du rôle de la force musculaire dans la relation entre l’IMC et la bonne dépression sternale.

Le résultat principal de cette étude menée au pays de Cervantes est qu’il existe une association significative entre poids, force musculaire et bonne réalisation des MCE dans une situation de fatigue extrême ou après 20 minutes de MCE. Au-delà d’une durée de MCE supérieure à 5 minutes, la qualité du MCE et tout particulièrement la profondeur de la dépression sternale dépendent de la force musculaire. Les personnes les plus lourdes de morphotype Sancho Pança produisent des MCE plus efficaces que les morphotypes de faible IMC de type Don Quichotte. Toutefois ces derniers peuvent compenser leur handicap par une plus grande force musculaire des bras.

Anima Sana In Corpore Sano

La survie des arrêts cardio-circulatoires pré hospitaliers dépend de la précocité et de la qualité des manœuvres de réanimation cardio-respiratoires dont le MCE (2), lequel dépend de la force musculaire des bras de celui qui le pratique.

Sans vouloir se battre contre des moulins à vent, la conclusion de cette étude originale, outre le fait qu’elle confirme que tous les ibères ne sont pas rudes dans la Mancha, est que les métiers d’urgentiste, de réanimateur et d’anesthésiste sont les plus complets qui soient, car ils requièrent une bonne condition physique en sus d’une bonne condition mentale et intellectuelle ! CQFD.

Dr Bernard-Alex Gauzère

Références

1) López-González A, Sánchez-López M, Garcia-Hermoso A et coll. : Muscular fitness as a mediator of quality cardiopulmonary resuscitation. Am J Emerg Med., 2016 ; 34 : 1845-9. doi : 10.1016/j.ajem.2016.06.058.

2) GD Perkins, AJ Handley, RW Koster et coll. : European resuscitation council guidelines for resuscitation 2015 : section 2. Adult basic life support and and automated external defibrillation. Resuscitation, 2015 ; 95 : 81–99

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Réanimation : une vidéo pour connaitre les bons gestes

L’école de Santé de Suisse Romande a réalisé une petite vidéo qui vise à expliquer simplement et non sans une petite pointe d’humour, les principes de réanimation cardiopulmonaire aux non professionnels de la santé. En général, Les secours mettent en France 14 minutes pour arriver sur le lieu d’un accident, quelqu’il soit. C’est rapide, mais c’est long en cas d’arrêt cardiaque -mais également, en cas d’hémorragie, de réaction allergique ou d’étouffement.

Problème : moins d’une personne sur cinq, témoin d’un arrêt cardiaque, sait comment pratiquer les gestes de premiers secours en France, selon la Fédération française de cardiologie (FFC). L’arrêt cardiaque est pourtant l’exemple même de la situation où chaque minute compte et où un geste de réanimation pratiqué par un témoin peut doubler, voire tripler les chances de survie d’un individu !

Dans ce contexte, l’intervention rapide d’un témoin peut non seulement améliorer les chances de survie de la victime mais aussi réduire ses risques de séquelles… C’est pour cela que l’école de Santé de Suisse Romande a réalisé une petite vidéo (voir ci-dessous) qui vise à expliquer simplement et non sans une petite pointe d’humour, les principes de réanimation cardiopulmonaire aux non professionnels de la santé.

Un homme adulte court le long du Rhône à Genève. Il croise plusieurs passants d’âges différents, dont une vieille dame assise sur un banc. D’un coup il s’écroule, terrassé. Les personnes alentours, notamment les plus jeunes restent sans réagir. Mais la vieille dame aperçue précédemment prend les choses en main… Elle sait ce qu’il faut faire en attendant les secours !

Et vous, sauriez-vous réagir, si un ami ou collègue était victime d’un accident grave ? Rappelons que la réanimation cardiopulmonaire (RCP) désigne l’ensemble des gestes destinés à sauver la vie en cas de malaise grave. Le massage cardiaque ne comporte quasiment aucun risque de complication sérieuse. Au moindre doute, démarrez immédiatement le massage cardiaque, vous n’avez rien à perdre -et encore moins la personne malade- et tout à gagner !

Les différentes étapes de la réanimation :

  • - Face à la personne qui fait un malaise, regardez si elle vous répond.
  • - Si la personne ne vous répond pas, regardez si elle respire.
  • - Si la personne ne respire plus OU que sa respiration ne vous paraît pas normale ? Appelez immédiatement votre numéro d’urgence (112 en Europe)
  • - Et démarrez immédiatement le massage cardiaque !

source : essr.ch/blog et senioractu.com


Epinephrine : The ’Backboard’ of Cardiac Arrest ?

Amal Mattu, MD Disclosures | October 30, 201

source : http://www.medscape.com/viewarticle...

EPI for Cardiac Arrest : Time to Step Away ?

Part 7 : Adult Advanced Cardiovascular Life Support : 2015 American Heart Association Guidelines Update for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care

Link MS, Berkow LC, Kudenchuk PJ, et al. Circulation. 2015 ;132:S444-S464

Every 5 years, the American Heart Association (AHA) releases its update on Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care. The 2015 Guidelines were released in October without much fanfare or groundbreaking changes. The latter point is unfortunate, as many of us who follow the emergency resuscitation literature were expecting...hoping...that the AHA would take a step away from its longstanding recommendation regarding routine use of epinephrine (EPI) in patients with cardiac arrest.

The following is a brief summary of the 2015 guidelines as they pertain to the use of EPI :

Standard-dose EPI (1 mg every 3-5 minutes) may be reasonable for patients in cardiac arrest (class IIb — possibly helpful).

  • High-dose EPI (HDE) is not recommended for routine use in cardiac arrest (class III — harmful).
  • Vasopressin in combination with EPI offers no advantage as a substitute for standard-dose EPI (class IIb).
  • It may be reasonable to administer EPI as soon as feasible after the onset of cardiac arrest due to an initial nonshockable rhythm (class IIb).

Viewpoint

Although the strength of recommendation for use of EPI by the AHA seems to be weak, the continued endorsement of EPI in patients with cardiac arrest reminds me of the routine use of backboards for spinal immobilization by prehospital providers.

Backboards were introduced into prehospital-care protocols in the 1980s based on virtually no evidence. Nevertheless, they became a dogmatic practice in prehospital medicine. Evidence eventually began to accumulate that the backboards didn’t, in fact, produce better outcomes for patients who are victims of trauma. On the contrary, the evidence began to show that the routine use of backboards was associated with pain, discomfort, pressure sores, respiratory compromise,[1] airway difficulties,[2,3] and occasional neurologic complications.[4]

Despite significant literature published over the past 2+ decades showing that the harm exceeded any benefit for routine use of backboards, it has only been in the past few years that the use of backboards is being discouraged for routine use in prehospital protocols. The use of backboards in selected patients seems reasonable, but routine use just doesn’t make sense. However, as this backboard protocol demonstrates, once a recommendation finds its way into a formal protocol or guideline, no matter how little evidence there was to start, it becomes extremely difficult to remove it from protocols and standard practice.

Such appears to be the case with the use of EPI in cardiac arrest. This and other advanced life support drugs were first introduced into resuscitation protocols in the 1960s based on poorly controlled case series involving asphyxiated healthy young dogs[5] in which a standard 1-mg dose was defined without any weight adjustments or consideration of interspecies variation.[6]

The presumed benefits of EPI were based on the alpha-adrenergic effects that produce increased coronary perfusion pressure, and some benefits in terms of survival were noted in these early dog studies. Soon thereafter, assumptions were made that HDE would be even better. In fact, I was taught to use HDE in the late 1980s and early 1990s. Subsequent studies[7-11] demonstrated that although larger dosages of EPI, whether given in bolus form or cumulative, were associated with an increase in return of spontaneous circulation (ROSC) and survival to hospital admission, they did not produce an increase in survival to discharge or neurologic recovery.

In fact, evidence suggested worse discharge and neurologic outcomes with these higher dosages, presumably related to the beta-adrenergic effect of EPI. The AHA responded by removing HDE from its recommendations, but the guidelines continued to ignore the concerns of cumulative dosing of standard-dose EPI. The recommendation for EPI continued to be 1 mg every 3-5 minutes and ... apparently ... will continue indefinitely. Cardiac arrest victims were continuing to be placed on "backboards" despite mounting concerns and lack of quality evidence of benefit of EPI.

Since the publication of the 2010 Guidelines, further studies have questioned the dogma of repeated dosages of EPI in cardiac arrest.[12,13] These studies again support an increase in early ROSC but demonstrate worse neurologic and functional outcomes, especially with increasing cumulative dosages of EPI. An in-hospital study of cardiac arrest also showed that outcomes were improved with less frequent dosing of EPI than generally recommended in the guidelines.[14] The most optimistic study of EPI was by Jacobs and colleagues in 2011, a randomized, double-blind, placebo-controlled study evaluating EPI vs placebo in cardiac arrest.[15] This study showed at best a trend toward a better outcome with EPI, but the investigators did not find a statistically significant benefit. The investigators also did not evaluate the outcomes associated with cumulative dosages of EPI.

The recent study by Dumas and colleagues[13] and accompanying editorial[16] has proposed what I believe is the most cogent argument to when and how EPI should be used in cardiac arrest. During the first minutes of cardiac arrest, referred to as the "electrical phase," prompt defibrillation and continuous chest compressions should be the priority. It is during the second or "circulatory" phase of cardiac arrest that vasopressors appear to have the best chance of improving outcomes by improving coronary perfusion generated by chest compressions. During the third or "metabolic" phase of cardiac arrest, continuing dosages of EPI appear to be associated with a worse neurologic outcome in survivors. Continued accumulating dosages of EPI produce impaired oxygen utilization, increased myocardial oxygen demand, myocardial and cerebral ischemia, dysrhythmias, impaired lactate clearance, and a prothrombotic state.[6]

In summary, the data suggest that the benefits of EPI are likely to be optimal in the first 10 minutes after cardiac arrest, and EPI may be detrimental beyond that timeframe.

Perhaps it is about time for us to rethink our continued use of the indefinite "every 3-5 minute" dosing of EPI in victims of cardiac arrest. There is possible benefit to the early use of EPI but evidence of harm to the later continued use. It’s time to put the "backboard of cardiac arrest" aside. It’s time to start making more intelligent decisions about how to care for victims of cardiac arrest and use EPI in a more sensible way instead of being strapped to dogmatic longstanding protocols that are bereft of good evidence.

References

  • Vickery D. The use of the spinal board after the pre-hospital phase of trauma management. Emerg Med J. 2001 ;18:51-54. Abstract
  • Butman AM, Schelble DT, Vomacka RW. The relevance of the occult cervical spine controversy and mechanism of injury to prehospital protocols : a review of the issues and literature. Prehospital and Disaster Medicine. 1996 ;11:228-233. Abstract
  • Scannell GG, Waxman KK, Tominaga GG, et al. Orotracheal intubation in trauma patients with cervical fractures. Arch Surg. 1993 ;128:903-906. Abstract
  • Thumbikat PP, Hariharan RP, Ravichandran GG, et al. Spinal cord injury in patients with ankylosing spondylitis : a 10-year review. Spine. 2007 ;32:2989-2995. Abstract
  • Callaham M. Evidence in support of a back-to-basics approach in out-of-hospital cardiopulmonary resuscitation vs. "advanced treatment." JAMA Intern Med. 2015 ;175:205-206.
  • Callaway CW. Questioning the use of epinephrine to treat cardiac arrest. JAMA. 2012 ;307:1198-1199. Abstract
  • Stiell IG, Hebert PC, Weitzman BN, et al. High-dose epinephrine in adult cardiac arrest. N Engl J Med. 1992 ;327:1045-1050. Abstract
  • Brown CG, Martin DR, Pepe PE, et al. A comparison of standard-dose and high-dose epinephrine in cardiac arrest outside the hospital. The Multicenter High-Dose Epinephrine Study Group. N Engl J Med. 1992 ;327:1051-1055. Abstract
  • Rivers EP, Wortsman J, Rady MY, et al. The effect of total cumulative epinephrine dose administered during human CPR on hemodynamic, oxygen transport, and utilization variables in the postresuscitation period. Chest. 1994 ;106:1499-1507. Abstract
  • Behringer W, Kittler H, Sterz F, et al. Cumulative epinephrine dose during cardiopulmonary resuscitation and neurologic outcome. Ann Intern Med. 1998 ;129:450-456. Abstract
  • Guegniaud PY, Mols P, Goldstein P, et al. A comparison of repeated high doses and repeated standard doses of epinephrine for cardiac arrest outside the hospital. N Engl J Med. 1998 ;339:1595-1601. Abstract
  • Hagihara A, Hasegawa M, Abe T, et al. Prehospital epinephrine use and survival among patients with out-of-hospital cardiac arrest. JAMA. 2012 ;307:1161-1168. Abstract
  • Dumas F, Bougouin W, Geri G, et al. Is epinephrine during cardiac arrest associated with worse outcomes in resuscitated patients ? J Am Coll Cardiol. 2014 ;64:2360-2367. Abstract
  • Warren SA, Huszti E, Bradley SM, et al. Adrenaline (epinephrine) dosing period and survival after in-hospital cardiac arrest : a retrospective review of prospectively collected data. Resuscitation. 2014 ;85:350-358. Abstract
  • Jacobs IG, Finn JC, Jelinek GA, et al. Effect of adrenaline on survival in out-of-hospital cardiac arrest : a randomized double-blind placebo-controlled trial. Resuscitation. 2011 ;82:1138-1143. Abstract
  • Ewy GA. The time-sensitive role of vasopressors during resuscitation of ventricular fibrillation. J Am Coll Cardiol. 2014 ;64:2368-2370. Abstract

Adrénaline et arrêt cardiaque : enfin des chiffres !

L’adrénaline est toujours considérée comme l’agent vasopresseur numéro un dans l’arrêt cardiaque et ceci en dépit de l’absence totale d’essai clinique ayant à ce jour prouvé une réelle efficacité dans cette indication. aberdeaux C’est dans ce contexte que Jacobs et al (Perth, Australie) ont présenté samedi les résultats de l’essai PACA (Placebo Controlled Trial of Adenaline) dans lequel 535 patients ayant eu un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital ont reçu dans un ordre aléatoire et en double-insu, soit un placebo (n=262) soit des bolus d’adrénaline (1 mg IV) toutes les 3 à 5 min (n=273) jusqu’à retour à une circulation spontanée (ROSC).

Le critère primaire de l’essai était la survie des patients et secondairement les succès du ROSC et le score neurologique à la sortie de l’hôpital. Le recours à l’adrénaline s’est traduit par une augmentation significative (en intension de traiter) des patients ayant eu un retour à une circulation spontanée (ROSC) par rapport à ceux qui ont reçu le placebo (83/273 (30.4%) vs 29/262 (11.1%), odds ratio : 3.51 [95%IC2.21 à 5.58]). Par contre, la survie à la sortie de l’hôpital n’était pas significativement différente entre les groupes (11 patients dans le groupe traité par adrénaline (4.1%) vs 5 (1.9%) dans le groupe placebo (odds ratio : 2.16 [IC : 0.74-6.30]).

Les orateurs ont conclu que si l’adrénaline avait donc montré qu’elle améliorait le pourcentage de patients bénéficiant d’un retour à une circulation spontanée, l’administration de cet agent vasopresseur de référence n’améliorait pas la survie de ces patients au sortir de l’hôpital, sachant que les limites de cet essai sont avant tout la faiblesse des effectifs en présence (mais qu’il faudrait des milliers de patients pour prouver ou non une telle efficacité).

Alain Berdeaux source : sfcardio.fr

J Am Coll Cardiol. 2014 Dec 9 ;64(22):2360-7. doi : 10.1016/j.jacc.2014.09.036. Epub 2014 Dec 1.


Is epinephrine during cardiac arrest associated with worse outcomes in resuscitated patients ?

Dumas F1, Bougouin W2, Geri G2, Lamhaut L3, Bougle A4, Daviaud F4, Morichau-Beauchant T4, Rosencher J5, Marijon E6, Carli P7, Jouven X6, Rea TD8, Cariou A2. Author information Abstract BACKGROUND :

Although epinephrine is essential for successful return of spontaneous circulation (ROSC), the influence of this drug on recovery during the post-cardiac arrest phase is debatable.

OBJECTIVES :

This study sought to investigate the relationship between pre-hospital use of epinephrine and functional survival among patients with out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) who achieved successful ROSC.

METHODS :

We included all patients with OHCA who achieved successful ROSC admitted to a cardiac arrest center from January 2000 to August 2012. Use of epinephrine was coded as yes/no and by dose (none, 1 mg, 2 to 5 mg, >5 mg). A favorable discharge outcome was coded using a Cerebral Performance Category 1 or 2. Analyses incorporated multivariable logistic regression, propensity scoring, and matching methods.

RESULTS :

Of the 1,556 eligible patients, 1,134 (73%) received epinephrine ; 194 (17%) of these patients had a good outcome versus 255 of 422 patients (63%) in the nontreated group (p < 0.001). This adverse association of epinephrine was observed regardless of length of resuscitation or in-hospital interventions performed. Compared with patients who did not receive epinephrine, the adjusted odds ratio of intact survival was 0.48 (95% confidence interval [CI] : 0.27 to 0.84) for 1 mg of epinephrine, 0.30 (95% CI : 0.20 to 0.47) for 2 to 5 mg of epinephrine, and 0.23 (95% CI : 0.14 to 0.37) for >5 mg of epinephrine. Delayed administration of epinephrine was associated with worse outcome.

CONCLUSIONS :

In this large cohort of patients who achieved ROSC, pre-hospital use of epinephrine was consistently associated with a lower chance of survival, an association that showed a dose effect and persisted despite post-resuscitation interventions. These findings suggest that additional studies to determine if and how epinephrine may provide long-term functional survival benefit are needed.

Copyright © 2014 American College of Cardiology Foundation. Published by Elsevier Inc. All rights reserved. KEYWORDS :

cardiac arrest ; hypothermia ; percutaneous coronary intervention Comment in

Prehospital use of adrenaline reduces survival in cardiac arrest, study finds. [BMJ. 2014] The time-sensitive role of vasopressors during resuscitation of ventricular fibrillation. [J Am Coll Cardiol. 2014]

PMID : 25465423 DOI : 10.1016/j.jacc.2014.09.036

[PubMed - indexed for MEDLINE]

Free full text

Rev Lat Am Enfermagem. 2016 Dec 8 ;24:e2821. doi : 10.1590/1518-8345.1317.2821.


Epinephrine in cardiac arrest : systematic review and meta-analysis.

[Article in English, Portuguese, Spanish] Morales-Cané I1, Valverde-León MD2, Rodríguez-Borrego MA3. Author information Abstract

Objective : :

evaluate the effectiveness of epinephrine used during cardiac arrest and its effect on the survival rates and neurological condition.

Method : :

systematic review of scientific literature with meta-analysis, using a random effects model. The following databases were used to research clinical trials and observational studies : Medline, Embase and Cochrane, from 2005 to 2015.

Results : :

when the Return of Spontaneous Circulation (ROSC) with administration of epinephrine was compared with ROSC without administration, increased rates were found with administration (OR 2.02. 95% CI 1.49 to 2.75 ; I2 = 95%). Meta-analysis showed an increase in survival to discharge or 30 days after administration of epinephrine (OR 1.23 ; 95% IC 1.05-1.44 ; I2=83%). Stratification by shockable and non-shockable rhythms showed an increase in survival for non-shockable rhythm (OR 1.52 ; 95% IC 1.29-1.78 ; I2=42%). When compared with delayed administration, the administration of epinephrine within 10 minutes showed an increased survival rate (OR 2.03 ; 95% IC 1.77-2.32 ; I2=0%).

Conclusion : :

administration of epinephrine appears to increase the rate of ROSC, but when compared with other therapies, no positive effect was found on survival rates of patients with favorable neurological status.

Circulation. 2016 Dec 20 ;134(25):2105-2114. Epub 2016 Dec 1.


Hospital Variation in Time to Epinephrine for Nonshockable In-Hospital Cardiac Arrest.

Khera R1, Chan PS2, Donnino M2, Girotra S2 ; American Heart Association’s Get With The Guidelines-Resuscitation Investigators. Author information Abstract

BACKGROUND :

For patients with in-hospital cardiac arrests attributable to nonshockable rhythms, delays in epinephrine administration beyond 5 minutes is associated with worse survival. However, the extent of hospital variation in delayed epinephrine administration and its effect on hospital-level outcomes is unknown.

METHODS :

Within Get With The Guidelines-Resuscitation, we identified 103 932 adult patients (≥18 years) at 548 hospitals with an in-hospital cardiac arrest attributable to a nonshockable rhythm who received at least 1 dose of epinephrine between 2000 and 2014. We constructed 2-level hierarchical regression models to quantify hospital variation in rates of delayed epinephrine administration (>5 minutes) and its association with hospital rates of survival to discharge and survival with functional recovery.

RESULTS :

Overall, 13 213 (12.7%) patients had delays to epinephrine, and this rate varied markedly across hospitals (range, 0%-53.8%). The odds of delay in epinephrine administration were 58% higher at 1 randomly selected hospital in comparison with a similar patient at another randomly selected hospital (median odds ratio, 1.58 ; 95% confidence interval, 1.51-1.64). The median risk-standardized survival rate was 12.0% (range, 5.4%-31.9%), and the risk-standardized survival with functional recovery was 7.4% (range, 0.9%-30.8%). There was an inverse correlation between a hospital’s rate of delayed epinephrine administration and its risk-standardized rate of survival to discharge (ρ=-0.22, P<0.0001) and survival with functional recovery (ρ=-0.14, P=0.001). In comparison with a median survival rate of 12.9% (interquartile range, 11.1%-15.4%) at hospitals in the lowest quartile of epinephrine delay, risk-standardized survival was 16% lower at hospitals in the quartile with the highest rate of epinephrine delays (10.8% ; interquartile range, 9.7%-12.7%).

CONCLUSIONS :

Delays in epinephrine administration following in-hospital cardiac arrest are common and variy across hospitals. Hospitals with high rates of delayed epinephrine administration had lower rates of overall survival for in-hospital cardiac arrest attributable to nonshockable rhythm. Further studies are needed to determine whether improving hospital performance on time to epinephrine administration, especially at hospitals with poor performance on this metric, will lead to improved outcomes.

© 2016 American Heart Association, Inc.

Publié le 10/03/2017


Arrêt cardiorespiratoire : voici les drones !

Le drone volant transportant un défibrillateur automatisé externe (DAE) n’est pas une utopie. Il a été mis au point en 2014 par un jeune élève ingénieur de l’université de Delft (Pays-Bas). Le prototype permettait d’amener le matériel dans un territoire de 12 km2 en une minute, à la vitesse de 100 km/heure, ce qui en théorie doit augmenter considérablement les chances de survie (+ 80 % à + 90 %) pour les plus optimistes), chez les victimes d’un arrêt cardiorespiratoire (ACR) survenu hors du milieu hospitalier. En effet, les DAE de plus en plus implantés dans l’espace public ne sauraient couvrir l’ensemble d’un territoire national, de sorte que le témoin de l’ACR n’a le plus souvent que le massage cardiaque externe à sa disposition pour tenter de sauver son prochain.

Combien de drones pour gagner quelques (précieuses) minutes ?

Quand on sait la fréquence de cette situation, le drone défibrillateur est à l’évidence prometteur, d’autant que les performances de la réanimation peuvent être améliorées par l’utilisation conjointe d’une caméra pour faciliter la communication avec un médecin. Alors, la mise en place d’un réseau de drones défibrillateurs est-elle une bonne solution ? C’est là le point de départ d’une modélisation mathématique réalisée par une équipe canadienne et publiée dans Circulation. Le modèle a combiné des équations d’optimisation sous contrainte appliquées à une série d’opérations, l’objectif étant de raccourcir au maximum le délai entre l’ACR et l’arrivée du drone sauveur. Son application a concerné 53 702 ACR survenus dans les huit régions autour de Toronto formant le réseau RescuNET, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2014, avec deux objectifs : (1) déterminer la taille du réseau nécessaire pour amener l’engin sur les lieux dans un délai plus court que celui permis par l’arrivée des secours en temps normal (estimé à partir de 911 interventions), le gain de temps pouvant être en moyenne de 1, 2 ou 3 minutes, toutes zones confondues, rurales et urbaines ; (2) en second, quantifier la réduction des ressources en drones, si RescuNET était organisé en une seule et même région.

Pour couvrir les besoins de la région précédemment définie sous sa forme actuelle, il faudrait créer 81 bases, chacune équipée de 100 drones, si l’objectif est de gagner en moyenne 3 minutes par rapport au délai disons conventionnel. Si l’analyse se focalise sur les zones urbanisées et si l’on raisonne en 90e percentile de ce délai, l’arrivée du DAE pourrait être raccourcie de 6 minutes et 43 secondes. Dans les régions rurales, le gain serait de 10 minutes et 34 secondes. La réorganisation de RescuNET en coordonnant les régions et en simplifiant le réseau permettrait de diminuer le nombre de bases de près de 40 % et le celui des drones de 30 %, en gardant les mêmes objectifs que ceux précédemment définis.

Bénéfice surtout évident dans les zones rurales

Le modèle mathématique élaboré par cette équipe canadienne donne une idée des moyens à déployer pour optimiser un réseau de drones défibrillateurs visant à lutter contre le fléau que représentent les ACR survenant hors du milieu hospitalier. C’est dans les régions rurales que le bénéfice au moins mathématique serait le plus évident, en sachant que le rapport coût-efficacité de ces mesures devrait être évalué. Au passage, il faut rappeler que la faisabilité d’un tel projet est loin d’être établie, compte tenu du coût unitaire d’un drone spécifiquement conçu à cette fin et de toute la logistique afférente, des imprécisions sur la géolocalisation et de l’effet des conditions météo sur les déplacements du défibrillateur volant. La limitation aux zones rurales pourrait être une alternative à un projet national ou régional de grande envergure, sauf à disposer de moyens à hauteur des ambitions affichées. Dans la famille drones à tout faire, on n’en retiendra pas moins qu’elle compte désormais un membre de plus : le drone défibrillateur.

Dr Catherine Watkins

RÉFÉRENCES Boutillier JJ et coll. Optimizing a Drone Network to Deliver Automated External Defibrillators. Circulation 2017 : publication avancée enligne le 2 mars. doi : 10.1161/CIRCULATIONAHA.116.026318. Copyright © http://www.jim.fr


Publié le 22/05/2017

Le drone défibrillateur : un miracle qui tombera du ciel ou…à l’eau

L’incidence de survenue des arrêts cardiaques pré-hospitaliers (ACPH) est de 55 à 113/100 000 personnes et par an. Le nombre de personnes en arrêt cardiaque avec un rythme cardiaque initial choquable et donc récupérable par un défibrillateur précocement appliqué, décroît avec le temps d’intervention. La défibrillation au cours des toutes premières minutes d’un arrêt cardiaque peut sauver plusieurs années de vie pondérées par la qualité (QALY). Mais en dépit d’investissements énormes, dont les défibrillateurs installés dans les lieux publics, les services d’urgence ne sont, le plus souvent, pas en mesure d’être auprès de ces patients en ACPH dans les 5 à 10 minutes. Il n’est guère possible de multiplier à l’envi le nombre d’ambulances spécialisées dont le coût annuel de chacune d’entre elles a été estimé dans le plat pays à 150 000 euros.

Des drones équipés de défibrillateurs pourraient-ils suppléer à cette carence en raison de leur rapidité d’intervention, de leur faible coût d’exploitation, de la possibilité d’assistance de l’intervenant sur site par télémédecine visuelle ? Quelles sont les barrières technologiques et légales à résoudre avant de passer du rêve à la réalité, s’interrogent, une fois, des auteurs belges ?

Une alternative à la multiplication des défibrillateurs

La première alternative consiste à multiplier considérablement le nombre de défibrillateurs, ainsi que des volontaires entrainés à leur utilisation et aux manœuvres de réanimation, puis à les relier par des applications capables de lancer des SMS sur leurs téléphones portables 24 heures sur 24 leur indiquant où trouver un défibrillateur dont la maintenance aurait été correctement assurée. Les premiers retours d’expériences du genre conduites aux Pays-Bas montrent un délai encore trop long de 8 minutes entre l’appel et le premier choc délivré.

Et quid des zones rurales ?

La deuxième alternative est le recours à des drones équipés de défibrillateurs (unmanned aerial system UAS) dont le vol serait tout ou partie automatisé, stratégiquement positionnés selon une cartographie des probabilités d’arrêts cardiaques et du temps d’intervention, avec un « pilote » à distance qui les superviserait dans chaque région. Sur le terrain, des volontaires formés et prévenus par SMS ou des bien des badauds, pourraient alors intervenir immédiatement. Le pilote guiderait à distance, sous contrôle de la vue les manœuvres de réanimation (bouche-à-bouche et utilisation du défibrillateur) avec une bien meilleure incitation à les faire accomplir et correctement, par les badauds.

Le coût actuel d’un prototype équipé du défibrillateur est de 15 000 euro, mais baisserait rapidement avec la production de masse. Le coût du pilote 24 heures sur 24 est certes important, mais le pilote pourrait couvrir une région entière avec 10 à 20 drones, avec un œil direct sur les manœuvres de réanimation et être déjà un membre des équipes de secours.

Gaulois, faut-il toujours craindre que le ciel nous tombe sur la tête ?

Le marché civil des drones est estimé à 750 millions de dollars avec un taux de croissance annuel de 19 % entre 2015 et 2020. Mais la plupart des pays ont émis des limitations à leur utilisation pour des raisons de sécurité (vol de jour uniquement à vue, qualification du pilote, vols bannis au-dessus des villes, hauteur maximale du vol). Resterait également à définir des procédures d’atterrissage sûres, à s’assurer que le drone se trouve auprès du patient en moins de 5 minutes, alors que les drones à hélices capables de se poser verticalement ne volent qu’à 50 km/heure, que le poids minimum des défibrillateurs actuels est de 490 grammes et qu’il faut un positionnement très précis par système d’information géographique (SIG). Les expériences de simulation conduites en Suède, avec des drones volant à 70 km/heure avec un rayon d’action de 10 km, montrent qu’en milieu urbain, le drone arrive avant les secours dans 32 % des cas avec un gain de temps moyen de 1,5 minutes ; et qu’en milieu rural, il devance les secours dans 93 % des cas avec un gain de temps moyen de 19 minutes.

Dr Bernard-Alex Gaüzère jim.fr

- Référence Van de Voorde P et coll. : The drone ambulance [A-UAS] : golden bullet or just a blank ? Resuscitation. 2017 ; 116 : 46-48. doi : 10.1016/j.resuscitation.2017.04.037.


Publié le 21/06/2017

Arrêt cardiaque à l’hôpital : on n’intube plus ?

Ces dernières années, la place de l’intubation trachéale (IT) lors d’un arrêt cardiaque chez l’adulte a perdu de son importance. Ainsi, en 2015, les principales sociétés savantes US ou européennes recommandaient, lors d’un AC, soit une simple ventilation au masque, soit une assistance respiratoire plus complète. A ce jour, la prise en charge idéale de la respiration en cas d’AC reste mal codifiée.

L W Andersen et ses confrères ont mené une vaste étude afin d’évaluer l’association entre IT et survie au sortir de l’hospitalisation après survenue d’un AC en milieu intra hospitalier chez l’adulte. Ils se sont aidés du registre multi centrique intitulé Get With The Guidelines -Ressuscitation (GWTG-R), dont le but est de recenser tous les AC survenus dans les hôpitaux US, en dehors des AC terminaux non à réanimer. La période étudiée va de Janvier 2000 à Décembre 2014. L’AC était défini, comme habituellement, par l’absence de pouls nécessitant un massage cardiaque externe (MCE) et/ou une défibrillation en urgence. L’IT consistait à la mise en place d’une sonde endo trachéale ou la réalisation d’une trachéotomie en cours d’arrêt. Les patients déjà porteurs d’un dispositif d’assistance respiratoire, hormis une simple sonde à oxygène naso ou oro pharyngée, étaient exclus de l’analyse tout comme les AC survenus chez les visiteurs ou le personnel hospitalier. Les patients intubés entre le début de l’AC et la 15eminute ont été appariés à d’autres patients victimes d’un AC mais non intubés à la même minute de la ressuscitation, selon un score de propension temps dépendant, fonction de données propres au patient, à l’arrêt et à l’hôpital où était survenu celui-ci.

Le critère essentiel retenu était le pourcentage de survie après la sortie d’hospitalisation. Les deux autres critères étaient le pourcentage de retour à une circulation spontanée (ROSC), définie par l’absence de nécessité de nouvelles compressions thoraciques pendant au moins 20 minutes et en l’appréciation de l’état neurologique en fin d’hospitalisation, un déficit neurologique absent, minime ou modéré (score 1 à 2) étant considéré comme une bonne évolution. Il y a eu plusieurs analyses de sous-groupes pré définis : celui de patients avec un rythme cardiaque initial potentiellement accessible à un choc électrique externe (tachycardie ventriculaire sans pouls décelable ou fibrillation ventriculaire) vs ceux en asystolie ou sans activité électrique et également celui des patients présentant une insuffisance respiratoire pré existante vs ceux sans détresse respiratoire grave.

Moins de 25 % de survie

La cohorte rétrospective, tirée de GWTG-R, inclut 108 079 malades, issus de 688 hôpitaux US distincts. Leur âge moyen est de 69 ans (intervalle interquartile, IQR, entre 58 et 79 ans) ; 45 073 (42 %) sont des femmes. Au total, 71 615 (66,3 %) ont été intubés dans les 15 premières minutes de l’arrêt, 336 (0,5 %) étant trachéotomisés. Au fil des années, le pourcentage de malades intubés dans les 15 premières minutes a diminué, passant de 70,0 % en 2000 à 63,6 % en 2014 (p < 0,001), le délai moyen pour la mise en place du tube endo -trachéal se situant à la 5e minute (IQR : 3-8 minutes). Sur l’ensemble de la cohorte, 88 749 patients en AC présentaient, au départ, un rythme cardiaque non accessible à un CEE ; 69,0 %(n = 61 264) ont été intubés dans un délai moyen de 5 minutes. Les 19 330 autres avaient un trouble du rythme ventriculaire majeur (TV ou FV) ; 53,5 % (n = 10 351) ont été intubés, là encore, en moyenne, à la 5eminute (IQR : 3-8). Sur la totalité de la population d’étude, 24 256 patients ont survécu à l’AC (22,4 %) et ont pu quitter l’hôpital.

Taux de survie plus faible encore en cas d’intubation dans les 15 premières minutes

En analyse non ajustée, les patients intubés dans les 15 premières minutes d’un AC ont eu une survie plus faible que ceux qui n’avaient pas eu d’IT : respectivement, 12 140/71 615 (17,0 %) vs 12 116/36 464 (32,2 %), soit un risque relatif (RR) calculé à 0,58 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,57- 0,59 ; p < 0,001). Au total 67 540 patients ont eu un ROSC (62,5 %) ; là encore, le pourcentage de récupération est moindre en cas d’IT : 42 366/71 611 (59,2 %) vs 25 174/ 36 461 (69,0 %), soit un RR à 0,75 (IC : 0,73- 0,76 ; p < 0,001). Enfin, sur les 103 448 patients dont l’état neurologique de sortie est mentionné, 16 504 (16,0 %) présentaient un bon état fonctionnel. Comme pour la survie globale et le retour à un ROSC, le pourcentage d’évolution favorable est plus faible en cas d’IT : 7 717/69 212 (11,2 %) face à 8 787/34 236 (25,7 %), soit un RR à 0,55 (CI : 0,54- 0,56 ; p< 0,001).

Il a été procédé à un appariement de 43 314 patients intubés à des patients non encore intubés à la même minute. L’intubation avait été réalisée en moyenne à la 4e minute de l’AC (IQR : 2- 6). Il est constaté également que la survie est plus faible en cas d’IT : RR à 0,84 (IC : 0,81- 0,87 ; p < 0,001). Le RR pour un ROSC se situe à 0,97 (IC : 0,96- 0,99, p< 0,001) et celui de bonne récupération neurologique à 0,71 (IC : 0,75- 0,81 ; < 0,001).

L’analyse des sous-groupes pré définis laisse apparaître que la survie a été plus faible chez les patients intubés qui présentaient un trouble du rythme choquable (RR : 0,68, IVI : 0,65- 0 ,72) vs ceux non accessibles au CEE (RR : 0,91 ; IC : 0,88- 0,94). L’existence d’une insuffisance respiratoire avant AC a aussi eu un impact notable, avec une survie moindre en cas d’IT en l’absence d’insuffisance respiratoire (RR : 0,78 ; IC : 0,75- 0,82 vs un RR à 0,97 ; IC : 0,92- 1,02) en cas de détresse respiratoire pré existante. Le timing de l’IT, entre la 1e et la 15e minute ne modifie pas les résultats globaux. Des analyses de sensibilité intégrant des données manquantes (chez 35 731 patients, soit 24,8 % de l’ensemble) ou des analyses post hoc sans score de propension fournissent des données identiques.

Ainsi peut-on conclure de cette vaste étude observationnelle, rétrospective et multi centrique qu’une IT réalisée dans les 15 premières minutes d’un AC, comparée à une non intubation à la même minute, est associée à une survie plus faible au sortir de l’hôpital, la baisse étant de 3 % en valeur absolue et de 16 % en valeur relative. Elle est aussi associée à un moindre ROSC (baisse respectivement de 2 et 3 %) et à une moindre récupération neurologique (moins 3 et 22 %). Ces résultats rejoignent ceux de rares études antérieures et d’une méta analyse en 2013 ayant porté sur des AC extra hospitaliers. De multiples mécanismes peuvent être à l’origine de cette association IT et évolution péjorative lors d’un AC. La mise en place d’un tube endo trachéal entraîne un arrêt plus ou moins prolongé des compressions thoraciques ; elle peut être cause d’hyperventilation et d’hyperoxie ; elle peut retarder d’autres manœuvres vitales telles qu’une défibrillation ou l’injectiond’adrénaline ; elle peut être en échec, avec, par exemple, intubation œsophagienne, aggravant encore les conditions cardio respiratoires. Les résultats de ce travail doivent, toutefois, être nuancés par quelques réserves. Il s’agit d’une étude observationnelle et donc de possibles facteurs confondants comme la compétence technique et l’expérience du médecin réanimateur ont pu jouer. Les tentatives infructueuses d’IT n’ont pas été comptabilisées. Il y eu des données manquantes dans près de 25 % des observations analysées…

En conclusion, chez des adultes en AC, la réalisation d’une IT lors des 15 premières minutes de l’arrêt, en comparaison à une non intubation, est associée à une moindre survie au sortir de l’hospitalisation. Bien que cette étude ne puisse éliminer des facteurs confondants potentiels, elle n’est pas en faveur de la pratique d’une intubation précoce dans les AC intra hospitaliers de l’adulte.

Dr Pierre Margent

Références : Andersen L W et coll. : Association Between Tracheal Intubation During Adult In-Hospital Cardiac Arrest and Survival. JAMA, 2017 ; 317:494-506. doi : 10.1001/jama.2016.20165.

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Publié le 14/08/2017

L’intubation n’est pas synonyme de coma !

Aux Etats-Unis, chaque année, plus de 200 000 patients font un arrêt cardiaque intra-hospitalier (ACIH) avec une mortalité de 75 %. Le maintien d’une certaine température est considéré comme favorable pour le devenir des patients bien que les études prospectives n’aient porté que sur des arrêts cardiaques pré-hospitaliers. Il n’existe aucune étude prospective portant sur l’intérêt du contrôle de la température au décours des ACIH. Fait troublant, des travaux récents ont retrouvé un moins bon pronostic chez les patients maintenus en hypothermie lors des ACIH, alors que les auteurs avaient retenu le critère intubation comme condition nécessaire au déclenchement et au maintien de l’hypothermie et donc comme critère de coma. La validité de cette approche demande donc confirmation.

Des auteurs américains ont pris pour hypothèses le fait qu’un certain nombre de patients intubés pendant l’ACIH n’étaient pas tous comateux après avoir été réanimés avec succès et que le coma post ACIH associé à la mortalité intra hospitalière pourrait être un facteur confondant lors d’une analyse portant sur l’intérêt de l’hypothermie pour ces patients.

Pour ce faire, ils ont donc mené une étude rétrospective monocentrique chez des adultes victimes d’un ACIH en service de réanimation, intubés avant ou pendant l’ACIH ou immédiatement après avoir été réanimés avec succès. Les patients dont les score de Glasgow (GCS) était inférieur à 8 ont été définis comme étant comateux. Leur taux de survie a ensuite été comparé avec celui des patients dont le GCS était > à 8. Réserver l’hypothermie aux patients vraiment dans le coma

Parmi les 102 patients intubés, ventilés et réanimés avec succès après au moins 20 minutes de manœuvres, 29 (28 %) ont eu un GCS ≥ 8, et 22 (22 %) pouvaient répondre aux ordres simples. La survie des patients avec GCS ≥ 8 vs. <8 a été de 62 % (18/29) vs. 37 % (27/73) (p = 0,02). L’odds ratio ajusté de survie à la sortie de l’hôpital a été de 3,81 (intervalle de confiance à 95 % : 1,37–10,61, p = 0,01).

Bien que monocentrique, rétrospective et portant sur un petit effectif, il ressort de cette étude que l’intubation avant ou pendant l’ACIH n’est pas un bon marqueur de coma et est encore moins prédictive du coma consécutif au succès de la réanimation. Sans surprise, ceux dont le CGS était le plus élevé ont eu un meilleur taux de survie post hospitalière. L’hypothermie « protectrice » devrait uniquement être appliquée aux patients vraiment comateux après réanimation et non systématiquement parce que intubation serait synonyme de coma.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence

Berg KM et coll. : Intubation is not a marker for coma after in-hospital cardiac arrest : A retrospective study. Resuscitation. 2017 ; 119 : 18-20. doi : 10.1016/j.resuscitation.2017.07.024

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Trial of Continuous or Interrupted Chest Compressions during CPR

Nichol. NEJM 2015 ; published online first (accessed 19th November 2015). doi:10.1056/NEJMoa1509139

Clinical Question

In adult patients that are in cardiac arrest, do uninterrupted chest compressions compared to chest compressions interrupted for manual ventilation improve survival, neurological recovery or the rate of adverse events ?

Design

Cluster randomised, controlled, cross-over trial Emergency Medical Services (EMS) grouped into clusters Randomised to intervention or control as a cluster Run-in phase to demonstrate adherence and performance Cross-over to alternative trial arm twice a year Unblinded EMS providers ; outcome assessment blinding not specified Huber-White sandwich adjustment used to statistically account for cluster design (reduces risk of false positive conclusion) Adjustment made for interim analyses to reduce false positive risk Designed to have 90% power to detect survival rates of 8.1% in the control group versus 9.4% in the intervention group with a two-sided alpha level of 0.05

Setting

8 Resuscitation Outcome Consortium sites with 114 participating EMS agencies All based in USA or Canada June 2011 to May 2015

Population

  • Inclusion : adults with non-traumatic out-of-hospital cardiac arrest
  • Exclusion :
  1. EMS witnessed arrest
  2. Traumatic injury
  3. Asphyxial cause of arrest
  4. Uncontrolled bleeding or exsanguination
  5. Pregnancy
  6. Existing tracheostomy or advanced airway management prior to enrolment
  7. Manual CPR by non-study EMS or mechanical CPR by any EMS prior to enrolment
  8. Opted not to participate in resuscitation research, or known to be a prisoner
  • 35,904 patients screened, 26,148 were eligible
  • Active enrolment included 23,711 patients
  • 2,437 patients were enrolled during the run-in phase and were included in the safety analysis but not the efficacy outcome analysis

Intervention

Continuous chest compressions Chest compressions at a rate of 100/min Asynchronous positive pressure ventilation at 10/min commenced within 2 minutes of chest compressions starting Ventilation maintained via “oral airway” for first 3 cycles of 2 minutes each If no ROSC or termination of CPR, then an endotracheal or supraglottic airway was inserted as soon after 3rd cycle as possible Continuous chest compressions and asynchronous ventilation continued once advanced airway device inserted

Control

Interrupted chest compressions Chest compressions at a rate of 100/min Interrupted for ventilation at a ratio of 30:2 Positive pressure ventilation delivered during 5 second pause in compressions Ventilation maintained via “oral airway” for 3 cycles of 2 minutes each If no ROSC or termination of CPR, then an endotracheal or supraglottic airway was inserted as soon after 3rd cycle as possible Continuous chest compressions and asynchronous ventilation continued once advanced airway device inserted

Management common to both groups

Once an advanced airway was inserted, or ROSC was achieved, CPR was standardised to existing guidelines in both groups (continuous compressions with asynchronous ventilation) Hospital care such as temperature management or coronary intervention was monitored but not standardised

Outcome

- Primary outcome : no statistically significant difference in survival to hospital discharge between the groups was demonstrated

  • Continuous chest compressions : 9.7%
  • Interrupted chest compressions : 9.0%
  • Adjusted difference : -0.7 (95% CI -1.5 to 0.1 ; p-value 0.07)

- Secondary outcome :

  • Per-protocol analysis of survival to hospital discharge
  • A statistically significant difference was demonstrated favouring interrupted chest compressions
  • Continuous group 7.6% vs Interrupted group 9.6%
  • Adjusted difference : -1.3 (95% CI -2.5 to -0.1 ; p-value 0.04)
  • Neurological outcome at discharge

There was no statistically significant difference in the proportion of survivors with a modified Rankin Scale score of 3 or less (favourable outcome)

  • Continuous group 7.0% vs Interrupted group 7.7%
  • Adjusted difference : -0.6% (95% CI -1.4 to 0.1 ; p-value 0.09)
  • Hospital-free survival at 30-days
  • Patients in the continuous group had less hospital-free survival with statistical significance, but the difference is of questionable clinical significance
  • Continuous group 1.3 days vs Interrupted group 1.5 days
  • Adjusted difference : -0.2 days (95% CI -0.3 to -0.1 ; p-value 0.004)

- Tertiary observational data

  • The rate of transfer to hospital was lower in the continuous group
  • Continuous group 52.8% vs Interrupted group 54.9%
  • Adjusted difference : -2.0% (95% CI -3.6 to -0.5 ; p-value 0.01)

Authors’ Conclusions

Continuous chest compressions with asynchronous positive pressure ventilation do not improve survival or favourable neurological recovery in adults who suffer cardiac arrest in the community, compared to standard chest compressions interrupted for ventilation in a 30:2 ratio

Strengths

  • Pragmatic design – given the difficulty of performing a trial in community emergencies, the authors did well to perform this trial ; the cluster and cross-over design is well suited to this area of research and the run-in phase design allowed for appropriate training to occur
  • Statistical corrections – to the best of my understanding, the Huber-White sandwich correction is an appropriate statistical method to correct for non-independent events that occur in cluster randomised trials
  • Internal validity – Screening over 35,000 patients to achieve a 90 power is impressive and strengthens the validity of the conclusion

Weaknesses

Credibility – the difference in management between the groups was only maintained until a advanced airway device was inserted ( 6 minutes) ; considering the bigger picture of the pathophysiology and patient journey, is it even feasible that a different CPR strategy for the first 6 minutes can modify long term outcomes ?

Internal validity – some non-study differences existed between the groups ; the rate of transfer and subsequent admission to hospital was lower in the continuous group ; it is unclear if this was due to early death and cessation of CPR related to the intervention (an important outcome) or if it was a choice made by an un-blinded EMS provider (an important bias) ; this difference biases toward a negative conclusion although it is unclear if it is ‘false’ or ‘true’

External validity – the chest compression fractions (the proportion of each minute during the first 6 minutes during which chest compressions were occurring) only differed slightly between the groups and both were greater than other observational studies have previously described ; this represents high quality CPR in both groups that may not be representative of real-world resuscitation ; this may produce a bias toward a false negative conclusion

The Bottom Line

This complex trial attempted to test a subtle modification to the early phase of resuscitation care in out-of-hospital cardiac arrests and did not demonstrate any convincing benefit from continuous chest compressions over conventional interrupted chest compressions

External Links

[article] Trial of Continuous or Interrupted Chest Compressions during CPR [further reading] Resuscitation Council (UK) 2015 Guidelines on Adult Advanced Life Support

Metadata

  1. Summary author : @DuncanChambler
  2. Summary date : 25 November 2015
  3. Peer-review editor : @DavidSlessor

Arrêt cardiaque : la ventilation au ballon n’est pas supérieure à l’intubation, d’après CAAM

Aude Lecrubier Auteurs et déclarations 1er septembre 2017, source : medscape.com

L’intubation endotrachéale est depuis longtemps la méthode de référence de contrôle des voies aériennes au cours de la réanimation d’un arrêt cardiaque.

Or, récemment, plusieurs études observationnelles [1,2] ont suggéré que la ventilation au ballon était plus efficace et plus sûre, incitant les équipes de secours pré-hospitalières à s’interroger sur un changement de pratique. Un changement de méthode qui paraissait d’autant plus intéressant que la ventilation ballon/masque est un geste plus simple à réaliser que l’intubation.

Pourtant, alors que la question semblait quasiment entérinée, les résultats du premier essai randomisé mené par le Pr Frédéric Adnet (Responsable du SAMU 93 et des urgences de l’hôpital Avicenne, Bobigny) sur le sujet sont venus changer la donne. CAAM : ventilation versus intubation

L’essai CAAM, présenté lors de la 3ème session de hotline du congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) [1] a montré que la ventilation ne faisait pas mieux que l’intubation et qu’elle était associée à plus d’effets secondaires [3.]

« Nous avons été très surpris par nos résultats », a commenté l’essai, le Pr Adnet pour l’édition française de Medscape.

Pour expliquer ces conclusions divergentes, le Dr Eric Vicaut (URC, Groupe hospitalier Lariboisière - Fernand-Widal, Paris), qui a présenté les données à la presse, a rappelé que les études observationnelles étaient sujettes à des biais, notamment en raison de la mauvaise fiabilité des données recueillies dans les situations d’urgence. Nous avons été très surpris par nos résultats Pr Frédéric Adnet Aucun bénéfice du ballon sur la survie et le pronostic neurologique

L’essai prospectif CAAM a inclus 2043 patients en arrêt cardiaque extrahospitalier auprès de 20 centres d’urgence (SAMU), 15 en France et 5 en Belgique.

Les patients ont été randomisés pour recevoir soit une ventilation par masque/ballon, soit une intubation endotrachéale au cours de la réanimation cardiopulmonaire. Les populations étaient similaires dans les deux groupes.

Après analyse des données, il ressort que la survie avec une bonne fonction neurologique (Glasgow-Pittsburgh Cerebral Performance Categories-CPC ≤ 2) à 28 jours, le critère primaire d’évaluation, était similaire dans les deux groupes (4,2% pour la ventilation vs 4,3 % pour l’intubation ; p=0,11).

En revanche, il n’y avait pas de différence significative en termes de survie à 28 jours lorsque le statut neurologique n’était pas pris en compte (5,4 % vs 5,3 % ; p=0,90).

En termes de critères secondaires, le retour à la circulation spontanée était significativement supérieur dans le bras intubation, tout comme la survie à l’admission à l’hôpital (respectivement 34% vs 39 % ; p=0,03 et 29% vs 32,6% ; p=0,07). Données de sécurité : plus de régurgitations avec le ballon

Autre donnée importante, la ventilation était associée à une plus forte proportion d’échecs du contrôle des voies aériennes (6,7 % vs 2,1 %, p<0,001).

Aussi, contrairement aux idées reçues, lors de la pratique des compressions thoraciques, l’intubation réalisée par des équipes entraînées n’induisait pas plus de pauses (> 2 secondes) que la ventilation (p<0,01).

Enfin, 15 % des patients du groupe « ventilation » ont nécessité une aspiration pour régurgitations versus 7,5 % avec l’intubation, faisant dire au Dr Suzanna Price (Londres, Royaume-Uni), lors de la discussion des résultats en session hotline, que la ventilation par masque n’était « peut-être pas aussi bénigne qu’on le pensait ».

« Face à l’ensemble de ces résultats, il semble prématuré de passer de l’intubation à la ventilation ballon/masque », a conclu le Dr. Price.

« D’autant que l’intubation permet aussi de diminuer la charge de travail. Une fois que le patient est intubé, on ne s’occupe plus des voies aériennes. Cela libère un opérateur et de l’attention. Or, la répartition de la charge de travail est très importante dans une réanimation qui commence un peu à durer », a souligné le Pr Adnet pour Medscape.

L’essai a été financé par le ministère de la recherche français. Les Drs Adnet, Vicaut et Price n’ont pas de liens d’intérêt en rapport avec le sujet.


La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire

Source : jim.fr

La désignation comme optimale la fréquence de ventilation à 10/minute pendant la réanimation cardio-respiratoire de l’adulte intubé en arrêt cardiaque, ne repose que sur un faible niveau de preuves.

Une fréquence ventilatoire faible pourrait être suffisante pour assurer un ratio ventilation-perfusion adéquat dans la mesure où le débit cardiaque du MCE n’est que de 10 à 15 % du débit normal. A contrario, une fréquence ventilatoire élevée augmente la pression moyenne intra-thoracique, réduisant ainsi le retour veineux, augmentant le volume et les résistances pulmonaires, réduisant le débit cardiaque et la perfusion coronaire, augmentant la pression intra-crânienne et diminuant la pression de perfusion cérébrale…

Des auteurs ont cherché à savoir si la fréquence actuellement recommandée de 10 ventilations par minute - tout en pratiquant en continu le massage cardiaque - était la plus pertinente par rapport à d’autres fréquences de ventilation. Pour ce faire, ils se sont livrés à une revue systématique de la littérature médicale humaine (très pauvre sur le sujet) et vétérinaire jusqu’en juillet 2016. Une approche GRADE (Grades of Recommendation, Assessment, Development and Evaluation) a été utilisée afin d’évaluer le degré d’évidence de chaque devenir.

Une étude qui a du chien

Une seule étude portant sur l’homme (67 patients, sans randomisation) et 10 études portant sur l’animal (234 porcs et 30 chiens), toutes jugées à haut risque de biais par les auteurs eux-mêmes, ont évalué la durée de retour à une activité cardiaque spontanée, sans retrouver de bénéfice avec une fréquence ventilatoires de 10 par minute. De plus, les bénéfices en terme de survie post hospitalière et de survie avec un meilleur pronostic neurologique se sont avérés très limités.

A moins que dans chaque homme ne sommeille un cochon

Cette étude hybride a l’immense mérite de tenter de répondre à une question que tout le monde devrait se poser. Mais il semble bien difficile de suivre les conclusions des auteurs qui mélangent allègrement les chèvres et les choux et qui ne portent que sur de très petits effectifs humains, pour faire fi des recommandations actuelles en matière de fréquence ventilatoires (10 / minute) lors de la réanimation des patients intubés.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCE Vissers G et coll. Ventilation rate in adults with a tracheal tube during cardiopulmonary resuscitation : A systematic review. Resuscitation, 2017 ; 119 : 5-12


Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire

Le facteur le plus important pour réduire la mortalité et la morbidité chez les patients souffrant d’un arrêt cardiaque réside dans la qualité des manœuvres de réanimation cardiopulmonaire (RCP) et donc dans les performances des équipes de secouristes. En plus de la compétence individuelle de chaque professionnel de santé, la coordination et le travail d’équipe sont primordiaux, ce qui nécessite une communication interne et un leadership efficaces.

Des auteurs ont émis l’hypothèse que le comportement des secouristes diffère en fonction de leur sexe. Ils ont donc eu l’idée de comparer des sauveteurs féminins et masculins en ce qui concerne la réanimation cardiopulmonaire et la conduite des opérations au sein des équipes de secouristes.

L’étude est prospective, et a pour cadre le centre de simulation de santé haute-fidélité de l’unité de soins intensifs des hôpitaux universitaires de Bâle (Suisse). Elle a été présentée comme une situation d’apprentissage, au cours de laquelle les étudiants pourraient se former et améliorer leurs compétences en cas d’urgence médicale. Deux cent seize étudiants en médecine volontaires (108 femmes et 108 hommes) ont été randomisés par équipes de trois : sur les 72 trios formés, 29 sont exclusivement féminins, 27 exclusivement masculins et 16 mixtes. Les données individuelles et celles concernant chaque groupe ont été analysées séparément.

Des « ressuscitations » moins rapidement mises en route et moins longues

Le critère principal au niveau du groupe se base sur le temps d’exécution des manœuvres de ressuscitation (définies comme la durée de massage cardiaque et de ventilation ou de défibrillations) au cours des 180 premières secondes suivant l’arrêt cardiaque. Par rapport aux équipes masculines, les équipes féminines agissent moins longtemps (87 ± 41 vs 109 ± 33 s, [moyenne ± sd] p = 0,037) et ce, du fait d’un délai plus long avant la mise en route des manœuvres de ressuscitation : le début des compressions thoraciques survient en moyenne après 109 s dans les trios féminins contre 70 s dans les groupes masculins (p = 0,038). De plus, les équipes féminines apparaissent moins performantes en terme de « commandement » (assignement et distribution des tâches, que faire et comment le faire . . .) et font preuve de moins d’initiative (moins de gestes de réanimation cardiopulmonaire non sollicité par rapport aux équipes masculines).

Le comportement individuel est évalué uniquement dans les équipes mixtes. Le genre féminin est associé à un nombre inférieur de ce que les auteurs nomment les déclarations de leadership sécurisées (3 ± 2 vs 5 ± 3 p = 0,027) : par exemple une phrase comme « il faut utiliser le défibrillateur » est une déclaration sécurisée par rapport à « ne faut-il pas défibriller ? ». Les résultats ont été confirmés dans l’analyse de régression ajustée pour la composition de l’équipe.

Les auteurs concluent qu’il existe des différences notables entre les sexes concernant la performance de la réanimation cardiopulmonaire, expliquées en partie par le nombre moindre de mesures de réanimation cardiopulmonaire non sollicitées dans les équipes exclusivement féminines et par un commandement féminin moins affirmé. Pour dérangeants que soient ces résultats, ils devront être pris en compte dans les formations futures des secouristes.

Dr Béatrice Jourdain

RÉFÉRENCE Amacher S. et coll. : Influence of Gender on the Performance of Cardiopulmonary Rescue Teams : A Randomized, Prospective Simulator Study. Crit Care Med., 2017 ; 45 : 1184-1191


Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?

Technique de réanimation réservée à quelques services de réanimation adossés à des services de chirurgie cardiaque, l’oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) propose une assistance à la fois cardiaque et respiratoire. D’abord utilisée chez l’enfant, mais concernant de plus en plus de patients adultes, elle est considérée comme un traitement de derniers recours, en raison de la lourdeur de sa mise en place, de sa surveillance et de la fréquence des complications tout particulièrement hémorragiques chez ces patients particulièrement vulnérables par définition.

Maintenue en place pendant plusieurs jours voire semaines, plusieurs études transversales ont suggéré que les patients en ayant bénéficié et y ayant survécu présentent des séquelles, notamment au plan de leur santé mentale, au sortir de l’hôpital. Une équipe australienne s’est proposée de se livrer à ce bilan, à un an, par une étude prospective de cohorte. Les données ont été colligées à M3, M6 et M12 par voie postale : questionnaire en 36 points sur la santé, questionnaire EuroQol-5-Dimensions-5-Levels health, échelle hospitalière d’anxiété et de dépression et échelle révisée Impact of Event. Des entretiens téléphoniques ont aidé à préciser les séquelles physiques. Enfin, un questionnaire sur le statut cognitif a systématiquement complété chaque appel téléphonique.

De fréquentes séquelles physiques et mentales qui s’amendent avec le temps

Bien que la description par les patients eux-mêmes de leurs séquelles ait pu être largement entachée de subjectivité, de cette étude il ressort que les séquelles physiques sont plus nombreuses que les séquelles mentales ou psychologiques. Par contre, les séquelles mentales ou psychologiques s’avèrent 2 ou 3 fois plus fréquentes qu’attendu. Un quart des patients présentaient des séquelles invalidantes dont des atteintes neurologiques graves des extrémités. Les tests cognitifs étaient perturbés peu ou prou. Enfin, ces rescapés ont du être souvent ré hospitalisés pour divers motifs, mais au fil du temps ces séquelles ont eu tendance à s’amender. Les auteurs suggèrent de recourir au EuroQol-5-Dimensions-5-Levels pour détecter plus précocement les séquelles des extrémités et de s’en servir systématiquement comme indicateur de suivi.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCE Tramm R : Recovery, Risks, and Adverse Health Outcomes in Year 1 After Extracorporeal Membrane Oxygenation. Am J Crit Care July 2017 26:311-319 ;


Le SAOS protègerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Publié le 18/08/2017

Les survivants des arrêts cardiaques (AC) présentent parfois des séquelles de l’anoxie cérébrale à type de troubles de l’attention, de difficultés de mémorisation, de dépression et plus généralement d’une moindre qualité de vie. Les patients porteurs d’apnées du sommeil – soient 20 à 30 % de la population - sont exposés à des épisodes d’hypoxémie intermittente qui pourraient faire le lit d’un pré-conditionnement à l’ischémie chronique. Une équipe a émis l’hypothèse, à première vue inattendue, que les patients porteurs de syndromes d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) auraient un meilleur devenir neurologique à la suite d’un AC, précisément en raison de ce pré-conditionnement du cerveau à l’ischémie.

A cette fin, une étude rétrospective a été menée chez des survivants d’un AC intra-hospitalier entre janvier 2006 et septembre 2016. Les patients sans SAOS ont servi de comparatif à ceux souffrant d’un SAOS. Le critère principal de jugement était l’état neurologique au sortir de l’hôpital. Ont été exclus les patients présentant une des pathologies suivantes pré-existante : affection neurologique ou psychiatrique, affections à l’origine d’hypoxémie chronique (BPCO, fibrose pulmonaire, HTAP).

L’hypoxémie chronique protègerait de l’hypoxémie aiguë

Parmi les 739 patients âgés de plus de 18 ans (âge médian 63 ans) ayant présenté un AC, 73 (10 %) étaient porteurs d’un SAOS. La mortalité globale a été de 90 % (n = 623), la mortalité immédiate a été de 59 % (n = 43) parmi les porteurs de SAOS et de 94 % (n = 623) pour les autres (p < 0,001). Dix pour cent (n = 73 dont 30 % avec un SAOS) ont quitté l’hôpital vivants et ont fait l’objet d’une analyse ultérieure. Les patients sans SAOS ont eu plus souvent que les autres une moins bonne évolution neurologique (Odds ratio [OR] 2,1 ; intervalle de confiance à 95 % [IC 95 %] 1,11–7,66 ; p = 0,03). Après ajustement en analyse multivariée, le SAOS s’est avéré protecteur cérébral (OR 0,21 ; IC 95 %, 0,06–0,64 ; p = 0,01).

Il ressort de cette étude que le SAOS confère une meilleure tolérance à l’ischémie cérébrale aiguë. Des résultats surprenants à première vue qui demandent a être confirmés par de plus larges études prospectives éliminant d’éventuels facteurs confondants et précisant le mécanisme protecteur incriminé. Mais, quoi qu’il en soit, quelles pourraient bien en être les conséquences thérapeutiques ?

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCE Alejos D et coll. : Neurological outcomes of patients with history of obstructive sleep apnea after a cardiac arrest. Resuscitation. 2017 ; 119 : 13–17.


Gasping dans l’arrêt cardiaque : facteur prédictif du pronostic neurologique

Aude Lecrubier, le 19 septembre 2017, source : medscape.com

La respiration agonique ou « gasp » avant ou pendant une réanimation cardiopulmonaire extrahospitalière est de bon pronostic, selon une étude française publiée dans le Journal of the American College of Cardiology[1].

« Au côté du rythme cardiaque, il s’agit désormais du deuxième facteur prédictif de l’absence de séquelles neurologiques graves après un arrêt cardiaque. Sans prendre en compte le rythme cardiaque, 37 % des personnes qui survivent sur long terme avec une fonction neurologique préservée avaient eu des gasps pendant la réanimation cardiopulmonaire », a expliqué le premier auteur de l’étude, le Dr Guillaume Debaty (CHU de Grenoble, France) à l’édition internationale de Medscape.
« Ces données soulignent l’importance de ne pas arrêter la réanimation cardiopulmonaire prématurément chez les patients qui gaspent et le besoin de reconnaître en routine, de suivre et d’enregistrer les données sur les gasps dans les futurs essais et registres sur les arrêts cardiaques », indiquent les chercheurs.

Les gasps : un signe précoce d’arrêt cardiaque à ne pas manquer

Les gasps sont des mouvements respiratoires agoniques parfois présents lors d’un arrêt cardiaque et qui peuvent persister quelques minutes. Il s’agit de reflexes naturels qui améliorent l’oxygénation et la circulation et qui découlent de l’activité du tronc cérébral. En pratique, ils sont difficiles à différencier et à reconnaitre des mouvements respiratoires normaux mais on peut les caractériser par le fait qu’ils sont laborieux, lents, bruyants et inefficaces. Les recommandations de l’American Heart Association de 2010 insistent sur l’importance des gasps comme signe d’arrêt cardiaque. Leur reconnaissance est capitale car elle doit inciter à alerter les secours spécialisés et à débuter la réanimation cardiopulmonaire.

Quatre fois plus de chance de survie sans séquelle neurologique à un an
Pour évaluer le pronostic à long terme associé aux gasps pendant un arrêt cardiaque extrahospitalier, les chercheurs ont réalisé une analyse secondaire des données recueillies prospectivement dans le cadre d’un essai clinique randomisé, contrôlé, multicentrique comparant la réanimation cardiopulmonaire standard à la réanimation cardiopulmonaire active par compression-décompression chez 1888 patients victimes d’un arrêt cardiaque extrahospitalier. Au final, les informations concernant les gasps ou une respiration spontanée ont été recueillies chez 1180 patients, les données de survie à 1 an chez 1840 patients et le score CPC (Cerebral Performance Category) à 1 an chez 1827 patients.

En tout, 197 personnes (10 %) ont eu des gasps avant et pendant la réanimation. Globalement, le taux de survie avec un pronostic neurologique favorable à 1 an (CPC ≤ 2) était de 5,4 % (98 sur 1827), mais il était de 20 % chez les patients qui avaient eu des gasps versus 3,7 % chez ceux qui n’en avaient pas eu.
D’après l’analyse multivariée, la présence de gasps pendant la réanimation était associée à un quadruplement de la survie sans séquelle neurologique grave à 1 an (RR=3,94 ; IC95% de 2,09 à 7,44).

Cette donnée va dans le sens des résultats d’une méta-analyse récente qui a montré que les gasps étaient associés à un taux de survie à la sortie de l’hôpital plus élevé (RR=3,53 ; IC 95% de 3,03 à 4,10)[2.]
« Notre étude vient s’ajouter à ces autres résultats, avec la même amplitude d’effet sur la survie à long terme avec fonction neurologique préservé », indiquent le Dr Debaty et coll.

Rythmes choquables + gasps : une association de bon pronostic

En parallèle et sans surprise, les rythmes « choquables » (fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire-FV/TV) étaient également des facteurs de bon pronostic de survie avec fonction neurologique préservée à un an (RR=16,5 ; IC95 % de 7,4 à 36,81).

Globalement, l’association des gasps et de la FV/TV était associée à une probabilité de survie avec préservation de la fonction neurologique à un an 57 fois plus élevée qu’en cas d’absence des deux paramètres (RR=57 ; IC95 % de 23,49 à 136,92).
L’œdème pulmonaire était également associé à une meilleure survie à 1 an sans séquelles neurologiques graves (RR=3,41 ; IC95% de 1,53 à 7,6). Les mécanismes sous-jacents à cette association étaient probablement multifactoriels, d’après les chercheurs.
Enfin, la survie avec un bon score neurologique était moins probable :

  • - chez les jeunes (RR=0,57 pour chaque déviation standard, IC 95 % de 0,43 à 0,76) ;
  • - quand la réanimation cardiopulmonaire était courte (RR=0,31 ; IC 95 % de 0,19 à 0,51) ;
  • - avec des doses d’adrénaline pré-hospitalières faibles (RR=0,47 ; IC de 0,25 à 0,87).

En conclusion, les chercheurs recommandent une formation spéciale à la reconnaissance des gasps pendant les cours de secourisme, mais aussi que les centres d’appels d’urgence soient formés pour s’enquérir de leur présence.
« Ces données doivent avoir des répercussions pratiques […] Reconnaître que les gasps sont un signe précoce d’arrêt cardiaque est de la plus haute importance », indiquent les Drs Gordon Ewy (University of Arizona College of Medicine) et Paul Armstrong (University of Alberta, Edmonton) dans un éditorial accompagnant l’article.


Hypothermie après arrêt cardiorespiratoire : on souffle le chaud et le froid

Publié le 26 août 2016 (source jim.fr)

Chez les patients victimes d’un arrêt cardiorespiratoire (ACR) survenu en dehors du milieu hospitalier, le pronostic vital est en général médiocre. De nombreux moyens ont été tentés pour essayer d’améliorer quelque peu ces résultats désespérants. L’hypothermie thérapeutique fait partie de ces stratégies de sauvetage ; elle a fait l’objet de quelques essais randomisés isolés qui, il faut le reconnaître, n’ont pas emporté la conviction, tant leurs conclusions se sont avérées divergentes. Une revue systématique de la littérature internationale apporte son éclairage sur cette approche qui n’est utilisée que rarement dans la pratique courante. L’exploration des bases de données électroniques a ainsi permis de sélectionner six essais randomisés regroupant au total 1 391 patients, tous victimes d’un ACR sur la voie publique. Les manœuvres de réanimation avaient permis le maintien des fonctions vitales et le transfert en unité de soins intensifs. Deux stratégies ont été comparées après tirage au sort : hypothermie thérapeutique (température centrale comprise entre 32 et 34°C) et maintien de la température à des valeurs normales ≥ 36°C dans les groupes témoins. Les principaux critères de jugement ont été la mortalité globale et le pronostic neurologique.

Une réduction de la mortalité et des séquelles neurologiques plus ou moins significatives ?

La comparaison intergroupe a révélé que l’hypothermie thérapeutique était associée à une réduction non significative de la mortalité globale, le risque relatif (RR) correspondant étant estimé à 0,90 (intervalle de confiance à 95 %, [IC], 0,77-1,04 ; p = 0,15, I(2) = 34 %), voisin de celui observé en cas de trouble du rythme accessible à la cardioversion (RR 0,89 ; IC, 0,74-1,08, p = 0,25, I(2) = 46 %). La mortalité globale s’est trouvée cependant significativement réduite par l’hypothermie après exclusion d’un essai qui avait autorisé une hypothermie légère dans le groupe témoin, le RR étant alors de 0,83 (IC, 0,71-0,96 ; p = 0,01, I(2) = 0 %). Par ailleurs, le pronostic neurologique n’a pas été amélioré par l’hypothermie thérapeutique, le RR de séquelles neurologiques étant en effet estimé, versus témoins à 0,87 (IC, 0,74-1,03, p = 0,10, I(2) = 54 %). Ce RR s’est avéré similaire en cas de trouble du rythme accessible à une cardioversion, soit 0,87 ; IC, 0,70-1,07, p = 0,19, I(2) = 63 %). Un bénéfice neurologique significatif a cependant été constaté après exclusion de l’essai déjà évoqué, le RR passant en effet à 0,82 (IC, 0,70-0,95 ; p= 0,01, I(2) = 19%).

L’hypothermie thérapeutique mise en route dans les suites d’un ACR survenu en dehors du milieu hospitalier et récupéré - tout au moins pour ce qui est des fonctions vitales, diminue la mortalité globale de manière non significative et son bénéfice neurologique suit la même tendance. L’absence d’efficacité de cette stratégie révélée par cette méta-analyse est cependant étroitement influencée par l’inclusion d’une étude où une hypothermie légère avait été utilisée dans le groupe témoin.

Références Disclaimer

Dr Catherine Watkins Mahmoud A et coll. : Use of Targeted Temperature Management After Out-of-hospital Cardiac Arrest : A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Am J Med 2016 ; 129 :522-527.e2.


Revoir la position pour la réanimation cardio-pulmonaire ?

Publié le 05/10/2017

Nous ne vous apprenons rien en vous disant que de la qualité des manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) dépend la survie des victimes. Les recommandations de l’European Resuscitation Council et de l’American Heart Association insistent sur la grande qualité des compressions thoraciques : profondes, fréquentes et ininterrompues.

Alors que plusieurs études ont été consacrées à l’utilisation ou non de dispositifs mécaniques de réanimation, peu se sont penchées sur la qualité des compressions thoraciques selon la position du sauveteur.

Une lacune de dimension kamasoutresque enfin comblée par des paramédics polonais placés de façon aléatoire, soit classiquement sur le côté, soit derrière la tête du mannequin.

A la tête ou sur le côté

Le scénario consistait en un cycle de CPR d’une durée de 2 minutes effectué par un seul sauveteur, à la main pour les compressions thoraciques et à l’aide d’un ballon d’ambu monté sur masque pour la ventilation. Afin de simuler un arrêt cardio-vasculaire sur traumatisme, c’est le mannequin Advanced Skill Trainer (Laerdal, Stavanger, Norvège) qui a été positionné au sol dans une salle très éclairée. Les données portant sur la qualité de la RCP ont été analysées par le logiciel SimPad Plus software du même constructeur.

Vingt-neuf paramédics (âge moyen 33,5 [IQR ; 30-37,5] ans, dont 5 femmes) ayant une expérience professionnelle d’au moins 10 ans en service d’Urgences, ont participé à l’étude. Depuis le côté du thorax du mannequin (membres supérieur du mannequin le long du corps et non placé entre les jambes du sauveteur), la fraction médiane de la compression thoracique a été de 67 % (IQR ; 67-68 %) versus 69 % (IQR ; 68-70) depuis l’arrière de la tête (tête du mannequin placée entre les genoux du sauveteur). Depuis le côté du mannequin, la durée moyenne des compressions thoraciques a été de 8 secondes (IQR ; 7-8), significativement plus longue que celle pratiquées depuis l’arrière de la tête, soit 6 secondes (IQR ; 6-6) (p < 0,001).

La profondeur des compressions thoraciques a été de 57 millimètres (IQR ; 54-60 mm) depuis le côté du mannequin versus 56 (IQR ; 55-61) mm depuis l’arrière de la tête (p = 0,184). Par contre les fréquences de compression ont été comparables dans les deux groupes : 115 / minute depuis le côté du mannequin (IQR ; 114-116), versus 116 (IQR ; 115-117) (p = 0,303).
Moins d’interruption des compressions depuis l’arrière de la tête

Que retenir de cette étude originale de simulation d’une RCP par un seul sauveteur obligé de pratiquer seul le massage cardiaque et la ventilation ?

Qu’il est dommage que la position latérale recommandée pour un sauveteur seul, à savoir genoux à cheval sur le bras dégagé de la victime n’ait pas été testée.

Que la position du sauveteur à l’arrière de la tête du mannequin a entraîné moins d’interruption des compressions thoraciques que la position sur le côté du mannequin, vraisemblablement parce qu’il n’avait pas à se déplacer autour de la victime pour effectuer alternativement les deux manœuvres. Quant aux autres paramètres mesurés (profondeur moyenne de la compression thoracique, fraction de compression, fréquence des compressions), ils s’avèrent sensiblement comparables en terme de qualité des compressions thoraciques. A méditer ! Allons-nous vers de nouvelles recommandations internationales ?

Dr Bernard-Alex Gaüzère jim.fr

Référence
Wieczorek W et coll. : Which position for resuscitation should we take ? A randomized crossover manikin study. Am J Emergency Med., 2017 ; publication avancée en ligne le 29 septembre. doi:10.1016/j.ajem.2017.09.043


Publié le 08/10/2017

Température cible après un arrêt cardiaque extra hospitalier : 36°C

La prise en charge des patients ayant survécu à un arrêt cardiaque comprend l’obtention puis le maintien d’une température cible pendant 72 heures chez les patients comateux, afin de limiter les dégâts neurologiques secondaires à la reperfusion cérébrale. Une récente étude multicentrique n’ayant pas montré de différence de survie et de pronostic neurologique entre des températures cibles de 33 et de 36°C après un arrêt cardiaque extra hospitalier, qu’en est-il pour des températures cibles de 34°C ?

Les dossiers médicaux de réanimation de 79 adultes traités pour arrêt cardiaque extra hospitalier avec une température cible de 34°C (n = 38) en 2010 et de 36°C en 2014 (n = 41), ont été revus rétrospectivement dans un hôpital suédois qui avait changé le mode de prise en charge à la suite de publications internationales.

Ont été exclus les patients ayant présenté un arrêt cardiaque intra hospitalier ou de nature non cardiogénique ou ayant récupéré un bon état de conscience avant la mise en hypothermie. L’objectif principal de l’étude était la mesure du taux de mortalité à 30 jours, 90 jours et à 1 an après l’arrêt cardiaque, ainsi que l’état neurologique à la sortie de réanimation, de l’hôpital et à 1 an.

L’hypothermie a été obtenue par refroidissement cutané et par sédation (propofol et fentanyl/remifentanil avec adjonction de midazolam si nécessaire pendant les premières 24 heures). La récupération neurologique a été mesurée par le score de Cerebral Performance Category (CPC) qui est la référence en matière d’évaluation neurologique des arrêts cardiaques : CPC1 et 2 (bonne récupération) et CPC3 + 4 (mauvaise récupération).

Aucune différence de mortalité et de pronostic neurologique entre 34°C et 36°C

Alors que les arrêts cardiaques survenus devant témoin ont été les plus nombreux en 2010 (95 %) qu’en 2014 (76 %) (P = 0,03) et que la réalisation d’une coronarographie a été plus systématique en 2014 (95 %) qu’en 2010 (76 %) (P = 0,02), le nombre de patients se « réveillant » au-delà de 72 heures après l’arrêt cardiaque dès la levée de la sédation, a été identique. Après ajustement pour le sexe, l’hypertension et le nombre d’arrêts cardiaques devant témoin, pas plus la mortalité à 1 an (57 % vs. 51 %, P = 0,77) que le pronostic neurologique à 1 an (CPC 1–2 à 1 an, 38 % vs. 43 % en 2010 et 2014 respectivement, P = 0,85) n’avaient différé entre les deux groupes.

Bien que monocentrique et rétrospective et ne portant que sur de petits effectifs, cette étude qui ne montre aucune différence de mortalité et de pronostic neurologique entre les deux groupes de patients (Températures cibles 34°C et 36°C) après un arrêt cardiaque, s’inscrit dans la continuité de plusieurs autres études. Elle confirme la validité de la température cible de 36°C chez les patients comateux admis en réanimation après un arrêt cardiaque extra hospitalier, évitant de plus les aléas de l’hypothermie.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Arvidsson L et coll. : Target temperature 34 vs. 36°C after cardiac arrest – a retrospective observational study. Acta Anaesthesiol Scand., 2017 ; 61 : 1176-1183.


Ne plus refuser l’ECMO aux arrêts cardiaques avec dissociation électromécanique

Publié le 10/10/2017

Procédure sophistiquée, lourde, coûteuse, réalisable dans certains services d’Urgences par des équipes hautement spécialisées, mais soulevant parfois des questionnements d’ordre éthique (sélection-exclusion des patients), la réanimation cardio-pulmonaire avec oxygénation par membrane extracorporelle (RCPECMO) améliore le pronostic lors de certains arrêts cardiaques (AC). La plupart des études ne plaident pas pour la RCPECMO chez les patients qui n’ont pas de rythme redevable d’un choc électrique externe : asystolie, dissociation électromécanique.

Cette restriction est-elle vraiment justifiée, s’est interrogée une équipe nord-américaine en étudiant le devenir de 3 groupes de patients présentant 3 types de rythmes cardiaques lors de prise de décision de la RCPECMO : asystolie, dissociation électromécanique et rythmes dits choquables (fibrillation ventriculaire, tachycardie ventriculaire) ? L’objectif principal de l’étude était la survie hors de l’hôpital et l’objectif secondaire, le pronostic neurologique et le taux de recours à l’épuration extra-rénale.

Lors de cette étude monocentrique rétrospective menée chez des patients ayant présenté un AC entre juin 2008 et janvier 2017, la RCPECMO a été pratiquée chez 63 patients. Cinq patients ont été exclus en raison de donnes incomplètes et parmi les 58 autres, (âge moyen 56,59 ± 15,11 ans, 62,1 % d’hommes), 7 présentaient une asystolie, 21 une dissociation électromécanique et 30 un rythme choquable.
Une ECMO mise en place très précocement

La RCPECMO a été systématiquement mise en place après échec de 10 minutes de RCP mécanique. Les amines ont été utilisées et la RCPECMO réglée pour maintenir une pression artérielle moyenne > 65 mm Hg et une SpO2 > 93 %, avec un objectif de température corporelle de 32–34°C pendant 24 heures.

Les durées moyennes de RCP ont été respectivement de 37 (asystolie), 41 (dissociation électromécanique) et 37 minutes (rythmes choquables) avec des taux de survie respectifs de 0,0 %, 23,8 % et 40,0 % (p = 0,09). Tous les survivants qui ont pu quitter l’hôpital avaient parfaitement récupéré au plan neurologique comme en témoignent les scores de cerebral performance category (référence en matière d’évaluation neurologique des arrêts cardiaques) égaux à 1 ou 2 (bonne récupération).

Il n’y avait pas de différence significative entre les 3 groupes pour les paramètres suivants : âge, sexe, IMC, lactatémie, troponinémie maximale, LDH, bilirubinémie et ALAT. Par contre, il existait des différences entre les 3 groupes pour ce qui est des créatininémies, des kaliémies et des magnésémies initiales. Une autre différence notable tenait au pourcentage d’infarctus du myocarde à l’origine du choc cardiogénique : 76,7 % dans le groupe rythmes choquables versus 38,1 % dans le groupe dissociation électromécanique. La durée de RCP et les scores SOFA étaient comparables entre les 3 groupes. Le groupe dissociation électromécanique est celui qui a eu le plus recours à l’épuration extra-rénale et le groupe asystolie, le moins.
Un certain taux de survie des patients en dissociation électromécanique

Cette étude a le mérite d’être la seule à examiner les taux de survie des patients habituellement exclus de la RCPECMO (dissociation électromécanique et asystolie). Sur une petite série de patients, certes, elle montre que le taux de survie des patients en dissociation électromécanique ayant bénéficié d’une RCPECMO est de 23,8 % alors qu’aucun des patients en asystolie n’a survécu. Une possible explication repose sur le fait que les certaines étiologies des dissociations électromécaniques sont réversibles : hypovolémie, tachyarythmie, cardiomyopathie, embolie pulmonaire, tamponnade, pneumothorax compressif, troubles électrolytiques. L’absence de contractions mécaniques est due à la déplétion du myocyte en phosphates à haute énergie avec inhibition du raccourcissement de la fibre, sous l’effet de l’acidose métabolique et des troubles ioniques calciques et potassiques, tout particulièrement. La RCPECMO permettrait alors de franchir un cap. Sous réserve d’études portant sur de plus grands effectifs, les patients en dissociation électromécanique semblent redevables d’une RCPECMO. A l’inverse, il semble toujours raisonnable de ne pas déclencher une RCPECMO chez les patients en asystolie.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Références
Pabst D, Brehm CE : Is pulseless electrical activity a reason to refuse cardiopulmonary resuscitation with ECMO support ? Am J Emerg Med., 2017, publication avancée en ligne le 29 septembre.
doi.org/10.1016/j.ajem.2017.09.057
Cahill L : A new link between autism and masculinity. JAMA Psychiatry 2017 ; 74 : 318.

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Arrêt cardiaque extra-hospitalier : investir sur la formation de Monsieur et Madame Tout-le-monde

Publié le 17/11/2017

La survie hospitalière après un arrêt cardiaque extra-hospitalier (ACEH) n’est que de 25 %, incluant les survies de faible qualité (états végétatifs…). Alors que la défibrillation précoce et les manœuvres de réanimation cardio-respiratoires (RCP) sur site sont primordiales, les effets de l’intervention des témoins d’un ACEH sur le déroulement de l’hospitalisation n’ont été que peu étudiés.

Afin de combler ce vide, des auteurs danois ont ressuscité les données d’une banque nationale de données du Danemark (Danish Cardiac Arrest Registry), pays de 5,7 millions d’âmes dans lequel les formations aux premiers secours sont obligatoires dès l’école primaire et lors du permis de conduire et où fleurissent partout – même en hiver - des défibrillateurs automatiques facilement localisables par une application sur les téléphones intelligents.

L’étude a recherché rétrospectivement l’association entre les divers types d’intervention des témoins d’un ACEH et les durées d’hospitalisation en réanimation et à l’hôpital chez les patients qui avaient survécu pendant au moins une journée calendaire. Les interventions des témoins ont été classées en 3 types : absence d’intervention ; manœuvres de RCP ; défibrillation avec ou sans RCP.

Entre 2001 et 2014, 45 238 personnes ont été victimes d’un ACEH parmi lesquelles 6 519 avaient les critères d’inclusion (âge ≥ 18 ans, exclusion des ACEH survenus en présence du SAMU local et ACEH de cause non cardiaque ou non précisée). Parmi ces derniers, 4 641 (71, 2 %) ont survécu pendant au moins un jour et 2 545 (39,0 %) ont pu quitter l’hôpital. Pour des raisons d’absence de critères nationaux d’admission en réanimation avant 2005, 658 patients ont été exclus, laissant donc l’analyse porter sur 3 983 patients

Victimes massées et choquées = durées de séjours écourtées

Parmi les 2 545 survivants ayant pu quitter l’hôpital, la durée moyenne d’hospitalisation a été de 16 jours [Q1-Q3 : 10–29] avec une diminution dans le temps de 17 jours [Q1-Q3 : 11–32] en 2001 à 14 jours [Q1-Q3 : 9–22] en 2014 (P < 0,0001). Elle a été dé 20 jours [Q1-Q3 : 13–37] chez les survivants (1 403) qui n’avaient eu aucune intervention ; de 16 jours [Q1-Q3 : 10–28] chez les 2 386 survivants ayant eu une RCP et de 13 jours [Q1-Q3 : 8–20] chez les 327 survivants ayant bénéficié d’une défibrillation. Quatre-vingt-deux pour cent des patients n’ayant bénéficié d’aucune intervention ont été admis en réanimation, versus 77,2 % avec RCP et 61,2 % avec défibrillation. Les taux de mortalité intra-hospitalière ont été respectivement de 60 % (sans intervention), de 40,5 % (RCP) et de 21,7 % avec défibrillation.

Avec les modèles de régression linéaire, RCP et défibrillation ont été associées à une réduction de la durée d’hospitalisation de 21 % (Estimation : 0,79 [intervalle de confiance à 95 % IC 95 % : 0,72–0,86]) et 32 % (Estimation : 0,68 [IC 95 % 0,59–0,78]), respectivement. Les deux types d’intervention de témoins avec RCP (Odds ratio OR : 0,94 [IC 95 % : 0,91–0,97]) et avec défibrillation (OR : 0,81 [IC 95 % : 0,76–0,85]), ont été associés à un moindre taux d’hospitalisation en réanimation. Les antécédents de BPCO ont été associés avec un taux plus élevé d’admission en réanimation.

Un investissement national payant

En dépit de ses fortes limitations (caractère rétrospectif, survie des premières 24 heures, manque de donnée sur l’hypothermie thérapeutique), cette étude nationale portant sur un très grand nombre de patients montre que l’intervention des témoins d’un arrêt cardiaque est associée à une moindre durée de séjour en réanimation et à l’hôpital, vraisemblablement grâce à une moindre durée de no-flow et de low-flow et donc de dégâts cellulaires, justifiant les politiques nationales de formation massive aux premiers secours et d’investissements massifs en défibrillateurs automatiques.

Dr Bernard-Alex Gaüzère
Référence
Riddersholm et coll. : Association of bystander interventions and hospital length of stay and admission to intensive care unit in out-of-hospital cardiac arrest survivors. Resuscitation 2017 ; 119 : 99–106

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La RCP a-t-elle un genre ?

Publié le 13/11/2017

Une récente étude avait suggéré une possible différence dans la réalisation de la réanimation cardio-pulmonaire selon le sexe des secouristes (voir : Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire). Mais la réalisation des manœuvres de réanimation par des non professionnels diffère-t-elle en fonction du sexe de la personne à secourir ?

A.Blewer et coll. ont évalué les données provenant de 19 331 arrêts cardio-respiratoires survenus aux États-Unis en dehors d’un contexte hospitalier. Dans 37 % des cas, la réanimation cardio-pulmonaire est débutée par un témoin. Lorsqu’un arrêt cardiaque survient au domicile, on ne retrouve pas de différence en fonction du sexe de la victime, à savoir 35 % lorsqu’il s’agit d’une femme et 36 % lorsqu’il s’agit d’un homme.

Une probabilité de survie plus importante chez les hommes

En revanche, en public, une réanimation cardio-pulmonaire est débutée dans 45 % des cas lorsque la victime est un homme, et seulement 39 % quand il s’agit d’une femme (p<0,01). Après correction par un certain nombre de facteurs (la « race », l’âge, le lieu, le moment de l’arrêt, le statut du témoin, le temps de réponse, la dominance « raciale » du quartier et le statut socio-économique), il persiste une différence à la limite de la significativité, en faveur des hommes (OR : 1,23 ; IC95 : 1,01-1,49, p=0,03). Répondant probablement à d’autres facteurs que les manœuvres mises en place immédiatement, on constate également une mortalité moindre chez les hommes que chez les femmes, avec une probabilité de survie supérieure de 23 % (OR : 1,23, IC95 : 1,12-1,36, p < 0,01).

La différence de traitement des victimes entre arrêts à domicile et en publique permet d’alimenter certaines hypothèses. Il pourrait en effet exister une certaine « réticence », expliquée par la pudeur, à débuter une réanimation cardio-pulmonaire (comprenant des compressions thoraciques) chez une femme devant des passants. A plus forte raison si on a en tête d’entreprendre une réanimation « ancienne manière » comprenant le bouche-à-bouche. A noter que le sexe des « témoins » intervenant ne sont pas connus dans cette cohorte. Ces résultats, qui ne manqueront pas de susciter des commentaires, soulignent surtout, s’il était besoin, la nécessité de parfaire l’information, et la formation du grand public aux techniques de réanimation.

Dr Alexandre Haroche

RÉFÉRENCE
Blewer A L et coll. : Gender disparities among patients receiving bystander cardiopulmonary resuscitation in the United States. Congrès de l’American Heart Association (Anaheim) : 11 au 15 novembre 2017


Arrêt cardiaque lié à l’acte sexuel : peu fréquent mais de mauvais pronostic malgré la présence d’un tiers

Par Stéphane KORSIA-MEFFRE - Date de publication : 30 Novembre 2017 source vidal.fr

Une étude de cohorte publiée sous forme de lettre dans le Journal of the American College of Cardiology a cherché à évaluer la fréquence des arrêts cardiaques liés à l’acte sexuel (pendant ou dans l’heure qui suit).

Abstract 16084 : Sexual Activity as a Trigger for Sudden Cardiac Death

Aapo Aro, Carmen Rusinaru, Audrey Uy-Evanado, Harpriya Chugh, Kyndaron Reinier, Eric Stecker, Jonathan Jui, Sumeet S Chugh
Circulation. 2017 ;136:A16084

Abstract

  • Background : Sexual activity is an important aspect of quality of life, and is associated with health and mortality benefit. However, sexual activity may also act as a trigger of acute coronary events. There are no existing studies that have evaluated sexual activity as a potential trigger of sudden cardiac arrest (SCA) in the community.
  • Objective : To evaluate the burden of SCA triggered by sexual activity in the general population, and to perform a detailed characterization of affected patients.
  • Methods : All >18-year-old SCA cases were prospectively collected and adjudicated 2002-15 in a Northwestern US community (population approx. one million), and lifetime medical records were reviewed in detail for demographic and clinical data. Cardiac arrest circumstances were analyzed from the pre-hospital care reports, and all SCA cases that occurred during or within 1h of sexual intercourse were considered as related to sexual activity.
  • Results : During the study period, a total of 4557 SCAs were identified, of which 34 (0.7%) were linked to sexual activity (SEX-SCA). 18 of these SCAs occurred during and 15 immediately after sexual activity. Annual incidence of SEX-SCA was 0.28 per 100,000. 32 (94%) of SEX-SCA cases were male. Among men, SEX-SCA was responsible for 1.0% of overall SCA burden, compared with 0.1% among women. Individuals with SEX-SCA were younger (60.3 ± 10.6 vs 65.2 ± 16.3 years, p=0.01 ; age range 34 - 83), and more likely African American (19% vs 8%, p=0.02) than other SCA cases. Cardiac comorbidities and medications were common in both groups with no significant differences. SEX-SCA was more likely to present with ventricular fibrillation/tachycardia than other SCA (76% vs. 45% ; p<0.001), but only one-third received bystander cardiopulmonary resuscitation. No significant differences in survival were observed between the groups.
  • Conclusions : The absolute risk of SCA triggered by sexual activity was low, with the clear majority of cases confined to men. These findings have important implications for both cardiac patients and health care providers, and will inform discussions on the safety of engaging in sexual activity.

Sudden cardiac deathLifestyle

Author Disclosures : A. Aro : None. C. Rusinaru : None. A. Uy-Evanado : None. H. Chugh : None. K. Reinier : None. E. Stecker : None. J. Jui : None. S.S. Chugh : Employment ; Significant ; NIH. Research Grant ; Significant ; NIH. Other ; Significant ; Boston Scientific and Medtronic.

© 2017 by American Heart Association, Inc.

Résultat, parmi plus de 4 000 arrêts cardiaques recensés dans l’Oregon pendant 13 ans, seulement 0,7 % étaient liés à des relations sexuelles.

Ces accidents cardiaques étaient essentiellement observés chez des hommes (94 % des cas), de 60 ans d’âge moyen et souffrant d’antécédents cardiovasculaires, en particulier des troubles du rythme (76 % des cas).

Le taux de survie après ce type d’arrêt cardiaque était de seulement 20 % en dépit de la présence quasi-systématique du partenaire. En effet, celui-ci n’avait pratiqué des gestes de premier secours que dans 30 % des cas, montrant ainsi l’insuffisance d’éducation des proches de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.

Cette étude incite donc à sensibilser les patients, en particulier à risques, sur l’importance pour leur partenaire de connaître les gestes de réanimation cardiovasculaire, si jamais un tel accident survient...et de les connaître aussi eux-mêmes au cas où un tel accident arrive à leur partenaire.

[édit 30/11] Rappelons cependant que les gestes de premier secours n’ont qu’un impact modéré, voire modeste, sur le risque de décès ou de complications neurologiques sévères après un arrêt cardiaque...[/édit 30/11].

- De nombreuses anecdotes historiques de décès pendant un acte sexuel
Le décès soudain pendant l’acte sexuel marque les esprits lorsqu’il touche des personnalités célèbres : le président Félix Faure et sa fellation fatale (voir en bas de l’article), le milliardaire Nelson Rockefeller, etc.

Il est à noter que le terme « épectase » n’est utilisé pour signifier le décès pendant l’amour que depuis celui du cardinal Jean Daniélou en 1974, dans les bras d’une prostituée. Ce terme, traditionnellement utilisé pour indiquer le progrès de l’homme vers Dieu, se trouvait dans l’éloge officielle de ce prélat.

Après avoir été humoristiquement détourné par le Canard enchaîné, il est entré dans le langage courant avec cette nouvelle définition.

Pourtant, peu d’études ont cherché à mesurer la fréquence de ce type de décès. Jusque-là, seule une étude allemande sur des autopsies évaluait à 0,2 % le pourcentage de mort subite liée à l’acte sexuel.

(extrait) Sexual Activity as a Trigger for Sudden Cardiac Arrest

- Une étude sur une cohorte de morts subites en Oregon
Des médecins du Cedars-Sinai Medical Center (Los Angeles) viennent de publier une analyse portant sur une cohorte de morts subites en Oregon (Sudden Unexpected Death Study, SUDS).

Sudden cardiovascular death associated with sexual activity A forensic autopsy sutudy)

Entre 2002 et 2015, 4 525 arrêts cardiaques ont été enregistrés dont les circonstances de survenue étaient consignées dans les rapports des services d’urgence.

L’âge moyen de ces personnes ayant souffert d’arrêt cardiaque était de 65 ans et il s’agissait d’hommes dans 68 % des cas.

- Un lien avec l’acte sexuel dans 1 % des cas chez les hommes, 0,1 % chez les femmes
Parmi les 4 525 arrêts cardiaques enregistrés, seuls 0,7 % (34) ont eu lieu pendant (55 %) ou moins d’une heure après (45 %) des relations sexuelles.

Ces arrêts cardiaques concernaient des hommes dans 94 % des cas (et comptaient pour 1 % des arrêts cardiaques dans cette population, contre 0,1 % chez les femmes).

L’analyse des données de la cohorte SUDS montre que les personnes ayant subi un arrêt cardiaque lié à l’acte sexuel étaient plus jeunes que la moyenne de la cohorte (60 ans contre 65 ans pour la cohorte).

De plus, les personnes afro-américaines étaient sur-représentées (19 % des cas contre 8 % pour le reste de la cohorte).

- Les troubles du rythme cardiaque semblent prédisposer à ce type d’arrêt cardiaque
L’étude sur la cohorte SUDS montre également que des troubles du rythme cardiaque préexistants augmentent le risque d’arrêt cardiaque pendant ou après les relations sexuelles.

En effet, 76 % de ces arrêts cardiaques ont été observés chez des personnes ayant des antécédents de tachycardie ou de fibrillation ventriculaire (contre 45 % dans le reste de la cohorte).

Par contre, les antécédents de coronaropathie ou d’insuffisance cardiaque symptomatique ne semblent pas augmenter le risque de mort subite liée à l’acte sexuel. Néanmoins, la majorité des cas documentés recevaient des médicaments à visée cardiovasculaire.

- Des gestes de premier secours réalisés dans seulement un tiers des cas !
L’étude sur la cohorte SUDS montre également que, malgré la présence quasi-systématique d’un tiers, le pronostic après arrêt cardiaque n’est pas significativement meilleur pour les arrêts liés au sexe : 20 % contre 13 % pour l’ensemble de la cohorte.

Les auteurs de l’étude évoquent comme explication le fait que les gestes de premier secours n’ont été effectués (par le partenaire sexuel) que sur 30 % des personnes en arrêt cardiaque.

Pour mémoire, comme le rappelle la Fédération Française de Cardiologie dans cette brochure, les 3 gestes de premier secours en cas d’arrêt cardiaque sont :

  1. Appeler le 15 (SAMU) pour prévenir les secours.
  2. Commencer immédiatement le massage cardiaque.
  3. Si d’autres personnes sont présentes (NDLR : cas certes peu fréquent en cas de rapport sexuel), leur demander de s’informer : un défibrillateur est-il disponible à proximité ? Si oui, aller le chercher aussi vite que possible.

Ils identifient ainsi une marge d’amélioration grâce à l’éducation systématique des proches (famille, partenaire sexuel) de personnes ayant des antécédents cardiovasculaires, et en particulier des troubles du rythme.

Par ailleurs, malheureusement, la nature des données recueillies dans la cohorte SUDS ne permet pas d’identifier le poids de facteurs de risque cardiaques évitables comme, par exemple, l’alcool, les stimulants ou les médicaments.

- En conclusion : des accidents rares dont la prise en charge immédiate peut être améliorée
Selon cette analyse, sur 100 décès d’hommes et 1 000 de femmes, 1 paraît lié à un rapport sexuel.

C’est donc peu fréquent et il faut donc être plutôt rassurant lorsqu’un patient pose une question sur cette possibilité.

Néanmoins si ce patient est un homme et présente des antécédents cardiovasculaires, en particulier des troubles du rythme, il peut s’avérer utile, en fonction de son profil certes, d’évoquer avec lui ce risque et de lui conseiller d’informer son partenaire, afin qu’il réalise, si par malheur un tel accident se produit, les gestes de premier secours, afin de diminuer un peu les risques de décès ou de complications neurologiques sévères.

D’une manière générale, il faudrait dans l’idéal que les hommes et femmes connaissent ces gestes, en particulier à partir de 55-60 ans, au cas où leur partenaire, dont ils ne connaissent pas forcément les antécédents, ait un arrêt cardiaque.

NB : En annexe à cet article

HISTOIRE source LCI.fr

Pauvre Félix Faure, passé à la postérité pour sa mort plus que pour sa vie. Comme tous les 16 février, les mauvaises langues rappellent les circonstances gênantes du décès de celui qui fut président de la République de 1895 à 1899.

"Il a voulu vivre César, il est mort Pompée", se serait moqué Clémenceau. Comme tous les 16 février, jour anniversaire de son décès en 1899, Félix Faure affronte depuis sa tombe du Père-Lachaise les bons mots sur sa mort "restée dans les annales". On l’a qualifie souvent d’"heureuse", et pour cause : le seul chef de l’Etat décédé au sein même de l’Elysée a rendu son dernier souffle après un rendez-vous galant.

Mort d’avoir trop "sacrifié à Vénus"

Selon la rumeur populaire , une congestion cérébrale (un AVC dirait-on aujourd’hui) consécutive à une "gâterie" prodiguée par sa jeune maîtresse, Marguerite Steinheil, lui aurait été fatale. Voyant son amant de 58 ans suffoquer, la malheureuse aurait appelé à l’aide avant de s’enfuir à toutes jambes en oubliant sur place son corset - certaines mauvaises langues assurent qu’il aurait d’abord fallu lui couper les cheveux pour la dégager des mains crispées de son partenaire -. L’anecdote raconte que l’abbé arrivé sur les lieux pour l’extrême-onction aurait ensuite demandé si le Président avait "encore sa connaissance". "Non, elle vient de s’enfuir par l’escalier de service", lui aurait alors répondu un garde.

Qu’est-ce qui relève du mythe et de la vérité historique ? Si Félix Faure n’est pas décédé sur le coup, mais quelques heures après, la presse de l’époque ne s’était en tout cas pas gênée pour conclure, comme Le Journal du peuple, qu’il était mort d’avoir trop "sacrifié à Vénus". Les chansonniers ont quant à eux rapidement gratifié Marguerite Steinheil du gracieux surnom de "pompe funèbre".

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Des réanimateurs « de fortune » doués au Danemark !

Publié le 28/11/2017

Au pays de la petite sirène qui compte 5,7 millions d’âmes, les formations aux premiers secours sont obligatoires dès l’école primaire et lors du permis de conduire. Les défibrillateurs automatiques sont nombreux (13 702 DEA en mai 2016 dans un pays 14 fois plus petit que la France !) et facilement localisables par une application sur les téléphones intelligents. Lors d’une réanimation cardio-pulmonaire (RCP), le taux de survie est plus élevé lorsqu’il y a peu d’interruptions des compressions thoraciques faites à une cadence de 100–120 min−1 avec des profondeurs de compression de 5–6 cm, ce qui constitue la base des recommandations de l’European Resuscitation Council de 2010 et 2015.

Une récente étude danoise de portée nationale (1) a déjà démontré que l’intervention des témoins d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier (ACEH) est associée à une moindre durée de séjour en réanimation et à l’hôpital, vraisemblablement grâce à une moindre durée de no-flow et de low-flow. La RCP permet donc vraisemblablement d’augmenter les taux de survie lors des ACEH. Mais qu’en est-il vraiment de la qualité des manœuvres pratiquées par un témoin ? C’est ce qu’a étudié prospectivement une équipe danoise (2), sur la base des manœuvres de RCP guidées et enregistrées par des défibrillateurs externes automatisés (DEA) en comparaison avec les recommandations sus-citées.

  • Staying Alive, Staying Alive, Ah, Ah, Ah…
  • Cent trente-six cas de ACEH survenus dans la région de Copenhague (2012–2016) on été inclus : le DEA avait été utilisé avant l’arrivée du SAMU avec au moins une minute de données continues analysables par ce DEA. L’analyse des 10 premières minutes de RCP a porté sur la cadence des compressions, la profondeur des compressions, etc.

Il en ressort que Monsieur ou Madame Tout-Le-Monde masse en moyenne à une cadence de 101 min−1 [94 ; 113], avec une profondeur de compression de 4,8 cm [3,9 ; 5,8] et un nombre de compressions par minute de 62 [48 ; 73]. Dans 42 % des cas, la cadence moyenne de compression a été de 100–120 min−1. Dans 26 %, la profondeur de compression a été de 5–6 cm et les fractions de compression ont été ≥ 60 % dans 51 % des cas. Dans 54 % des cas la fréquence des compressions a été supérieure à 60 min−1. La pauses moyenne entre deux chocs électriques a été de 27 secondes [23 ; 31] et la pause pré-choc de 19 secondes [17 ; 22]. Enfin, fait remarquable qui démontre que les Danois sont au moins en aussi bonne condition physique que leurs ancêtres Vikings, l’analyse minute par minute n’a pas retrouvé de détérioration de la qualité de la RCP dans le temps.

  • Vraiment doués mais peuvent encore mieux faire

Au Danemark, pays très avancé dans la formation en matière de RCP, le niveau de qualité des RCP avec DEA et rétroaction audio en temps réel effectué par un témoin est globalement conforme aux recommandations et comparable au niveau des sauveteurs qualifiés. Quelques points sont néanmoins à améliorer : une plus faible profondeur de compression ; une fraction médiane de compression inférieure aux 60 % recommandés dans environ la moitié des cas ; des pauses pré-choc un peu trop longues. Et les auteurs de recommander que les futures interventions de Monsieur ou Madame Tout-Le-Monde guidées par téléphone et les formations soient axées sur ces quelques points faibles. Et chez nous, où en sommes-nous ?

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCES

  • 1) Riddersholm et coll. : Association of bystander interventions and hospital length of stay and admission to intensive care unit in out-of-hospital cardiac arrest survivors. Resuscitation 2017 ; 119 : 99–106
  • 2) Gyllenborg T et coll. : Quality of bystander cardiopulmonary resuscitation during real-life out-of-hospital cardiac arrest. Resuscitation 2017 ; 120 : 63–70

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Publié le 21/12/2017

Une réanimation cardio-respiratoire préalable est un facteur de mauvais pronostic chez les grands brûlés

Parmi les brûlures les plus graves on dénombre les brûlures électriques, les incendies en espace confiné (inhalations) et les brûlures très étendues.
Certains brûlés ont bénéficié d’une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) préalable à base de massage cardiaque, ventilation, défibrillation, adrénaline intracardiaque, etc. Ceux-ci ont une mortalité supérieure aux brûlés de même catégorie n’ayant pas nécessité de RCP. Des auteurs du Connecticut ont analysé ce phénomène.

Ils ont repris les dossiers des brûlés adultes à plus de 20 %, ou ayant nécessité une intubation, de 2013 à 2015, et comparé ceux ayant bénéficié avant l’arrivée à l’hôpital d’une RCP (groupe R) et les autres (groupe SR). On a pris en compte les données démographiques, la surface du corps brûlée, le mécanisme de l’accident, le pH artériel, le score de Glasgow, l’existence d’inhalation de fumées, etc., la survie ou la mort et la date de celle-ci par rapport à l’accident.

79 % de décès après RCP

Sur un total de 80 brûlés (54 hommes), il y a eu 14 R et 66 SR, qui avaient les mêmes caractéristiques (âge, sex ratio, pourcentage de surface brûlée, etc.). Mais les brûlés du groupe R avaient un pH plus bas (7,19 vs 7,36), des lactates plus élevés (98 vs 24 mg/l), et un score de Glasgow (SG) effondré (4,5 vs 12,3).
La mortalité a été de 11/14 (79 %) dans le groupe R, dont 10 dans les premières 48 h vs 19/66 (29 %) dont 5 précoces dans le groupe SR, soit 71% de décès dans les 2 jours vs 8 %.

Les 3 survivants du groupe R avaient un pH initial beaucoup plus proche de la normale (7,4), mais tous avaient un SG <10.

La première des survivantes du groupe R était une sexagénaire, porteuse d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive, fumeuse (et près de sa source d’oxygène !). Son SG initial était de 3 et son pH artériel de 7,38. Elle a été intubée secondairement et a eu 4 séances de RCP. L’extubation a été possible à J2.

Le second était un homme de 40 ans, en pleine santé, victime d’une brûlure électrique du 3e degré et dépassant 40 % de la surface corporelle. Son SG initial était de 3 et il a eu une RCP sur place, puis une intubation. Il a bénéficié de débridements et de greffes en sus d’une réanimation intensive. Son pH était à 7,4 et il a été extubé à J6.

Le 3e était un homme de 60 ans, aux antécédents d’arrêts cardiaques répétés. Trouvé inconscient dans une maison incendiée, il a été intubé pour lutter contre des inhalations de suie et de CO. Son pH initial était de 7, 44, mais ses lactates bas. Il a pu quitter le centre en bon état.

Une réanimation cardio-pulmonaire sur les lieux du drame et un pH bas sont donc des éléments de mauvais pronostic chez les brûlés graves. CQFD.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Trehan K. et coll. : Is pre-hospital CPR a risk factor for early death in patients transferred to an adult burn center ? J Am Coll Surg 2017 ; 225 : 210-215.

Source : jim.fr


Publié le 17/01/2018

Difficile de proposer à la famille d’assister à la réanimation cardiorespiratoire

Les « guidelines » actuelles recommandent (tout au moins en Amérique du Nord) d’offrir à un membre de la famille la possibilité d’assister à la réanimation cardiorespiratoire (RCR) d’un proche et, s’il en décide ainsi, qu’il soit accompagné par un membre de l’équipe de soins, avant, pendant et après la RCR. Or, cette recommandation est peu mise en œuvre. Le but de cette étude était de décrire et d’explorer les difficultés perçues par des infirmières d’unités de soins intensifs (USI) concernant la présence d’un membre de la famille pendant la réanimation.

Le recrutement des participantes s’est fait dans l’ensemble des États-Unis par le biais d’ annonces hebdomadaires publiées pendant 4 semaines dans le bulletin électronique de l’Association américaine des infirmières travaillant en USI ainsi que sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter). Les annonces incluaient un lien vers le site de l’étude, menant à un questionnaire d’une durée approximative de 20 minutes. Ce questionnaire était construit pour aborder trois aspects du problème :

1) la disponibilité d’un membre de l’équipe de soin pour soutenir la famille (ESSF),

2) l’existence, dans l’établissement, d’une politique concernant la présence d’un membre de la famille lors de la RCR,

3) la connaissance des souhaits des patients dans les directives préalables. Les participants ont ensuite été invités à donner leur avis sur les obstacles potentiels à la présence d’un membre de la famille pendant la RCR de son proche.

Importance d’un membre de l’équipe dévolu à la famille
Sur 380 participantes, moins de 35 % avaient été formées sur ce thème précis, mais plus de 90 % avaient vécu une expérience où des proches étaient présents lors de la RCR et plus de 65 % avaient elles-mêmes proposé à un proche d’assister à une RCR. Les résultats quantitatifs ont montré que la décision des participantes de formuler cette proposition est principalement influencée par la disponibilité d’un membre ESSF. En effet, 74 % des répondantes avaient mentionné que l’absence d’un ESSF peut constituer un obstacle à proposer à un membre de la famille d’assister à la RCR d’un proche. En ce qui concerne la politique des établissements, 56 % des infirmières seraient prêtes à offrir aux proches la possibilité d’être présents lors de la RCR, qu’il y ait ou non une politique favorable en ce sens, mais les 168 infirmières restantes considèrent l’absence de politique comme un obstacle potentiel. Enfin, peu d’infirmières (10 %) ont indiqué qu’elles n’inviteraient pas un proche à suivre la RCR à moins que les souhaits du patient soient connus et aillent à l’encontre de ce fait dans ses directives préalables.

En tout, 213 participantes ont ajouté un commentaire. Diverses questions y étaient abordées :

1) le besoin d’une personne pour soutenir la famille,

2) la préoccupation de ne pouvoir satisfaire les besoins tant des patients que des familles,

3) la peur des conséquences négatives, principalement pour les patients dont les souhaits pourraient ne pas être respectés et pour lesquels une réanimation pourraient se prolonger inutilement

4) le manque de soutien et de préparation.

AK Powers fait ces recommandations pour la pratique : assurer la disponibilité d’un membre ESSF, former tous les membres de l’équipe soignante à la présence d’un proche lors de la RCR et créer des politiques et des protocoles pour faciliter la proposition aux proches. Elle conclut son texte par l’importance, pour les infirmières gestionnaires, de s’attaquer aux obstacles évoqués afin que chaque famille ait la possibilité de recevoir des soins axés sur ses besoins.

Cécile Michaud, inf., Ph. D.

RÉFÉRENCE
Powers Kelly A. : Barriers to Family Presence during Resuscitation and Strategies for Improving Nurses’ Invitation to Families. Applied Nursing Research, 2017 ; 38 : 22–28

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Evaluer le pronostic par IRMf après un ACR

Publié le 06/02/2018

La prédiction précoce du devenir neurologique des patients en coma post-anoxiques après un arrêt cardio-respiratoire (ACR) est difficile et plus pertinente pour prédire un mauvais devenir qu’un bon. L’IRM fonctionnelle (IRMf) à l’état de repos cartographie la connectivité fonctionnelle et différencie les états de conscience chez les cérébro-lésés chroniques. Elle peut également détecter précocement des signes de conscience en cas de lésion cérébrale traumatique aiguë. Toutefois, l’IRMf de repos n’a jamais été évaluée dans le pronostic précoce des patient comateux post-anoxiques.

Une précision de 94,4 %

La fonction connectivité de l’ensemble du cerveau (FC) a été évaluée par IRMf de repos chez 17 patients en coma post-anoxiques, précocement après l’ACR. La FC a ensuite été comparée au pronostic des patients, parmi lesquels on dénombrait 9 récupérations de conscience (bon pronostic) et 8 décès (mauvais pronostic). L’objectif était de déterminer dans un premier temps en quoi la connectivité cérébrale différait entre les patients de bon et de mauvais pronostic. Sans surprise, une connectivité cérébrale de bonne qualité entre les différentes régions corticales était associée à un meilleur devenir.

Dans un deuxième temps, les auteurs ont mis au point un programme basé sur l’apprentissage automatique (ou machine learning) afin de prédire le pronostic des malades à partir de la connectivité fonctionnelle. A l’aide de cette méthode, ils atteignaient une valeur prédictive d’un pronostic favorable de 94,4 %. En comparaison, l’utilisation d’une technique d’IRM structurale telle que l’imagerie par tenseur de diffusion n’obtenait qu’une précision de 70,6 % sur cette même cohorte.

L’IRM fonctionnelle de repos et l’apprentissage automatique chez les patients dans le coma après un ACR semble donc une méthode très efficace pour prédire le devenir des patients.

Dr Bernard-Alex Gauzëre

RÉFÉRENCE
D. Pugin. Predicting coma outcome using resting-state fMRI and machine learning. Réanimation 2018. 24 au 26 janvier 2018, Paris.

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La pupillométrie quantitative pour prédire l’état neurologique des patients sous ECMO

Publié le 06/02/2018

La pupillométrie quantitative peut-elle aider à prédire l’état neurologique des patients sous ECMO veino-artérielle (VA-ECMO) ? Question à laquelle tente de répondre une analyse de cohorte préliminaire (juin 2016 - août 2017). Chez 28 patients (âge moyen 56 ans [23-81], APACHE II moyen à 28 [12-47], SOFA moyen à 4 [9-18]) sous VA-ECMO ont été réalisées des mesures itératives de la pupillomètrie (12-72 h) pour évaluer la réponse pupillaire (qPLR) et l’indice Neurologique pupillaire (NPi).

Les critères de jugement principaux étaient l’enregistrement de la profondeur de sédation (EEG simplifié à 4 canaux) et l’évaluation de la mortalité à 3 mois. Quatorze patients (50 %) avaient eu un choc cardiogénique réfractaire et 14 un arrêt cardiaque réfractaire. La mortalité à 3 mois a été de 78 %. Un NPi inférieur à 3 et un qPLR inférieur à 11 % ont été synonyme de mortalité dans 100 % des cas. Un NPi à 0 (n = 7) a été associée à un EEG hautement altéré (SR 64-100 %) et à une mort précoce en 96 h. Parmi les survivants (n = 5), le NPi était > 4 lors de toutes les mesures.

La pupillométrie infrarouge automatisée et en particulier l’indice neurologique pupillaire apparaissent donc utiles pour la « neuroprognostication » précoce chez les patients sous VA-ECMO.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCE
Miroz J-P et coll. Neurological Pupil index for early neuroprognostication. Réanimation 2018. 26 au 26 janvier 2018, Paris.

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Kaliémie et pH sont étroitement associés au pronostic de l’arrêt cardiorespiratoire

Publié le 07/02/2018

L’arrêt cardiorespiratoire (ACR) déclenche en règle des manœuvres de réanimation qui n’empêchent pas l’apparition rapide de troubles de l’équilibre acidobasique dont l’acidose métabolique est la plus représentative. L’absence de redémarrage de l’activité cardiaque aboutit à d’autres désordres biologiques touchant notamment l’équilibre hydro-électrolytique et l’hyperkaliémie en est la traduction la plus significative. La valeur pronostique de ces signes biologiques est mal établie, même si elle semble relever de l’évidence.

Une étude multicentrique rétrospective a passé en revue les données cliniques et biologiques recueillies chez 2 716 patients victimes d’un ACR survenu en dehors du milieu hospitalier, entre janvier 2009 et décembre 2014 au sein de trois établissements universitaires. Des analyses univariées et multivariées ont permis de déterminer les facteurs associés à la survie et au pronostic neurologique. Au total, l’analyse finale a porté sur 2 229 patients, ceux qui n’ont pas récupéré une circulation spontanée avant l’arrivée à l’hôpital, mais aussi ceux qui ont bénéficié d’un bilan sanguin rapide au cours de l’ACR.

pH > 6,8 et kaliémie < 8,5 meq pour ceux qui ont eu une évolution favorable
Globalement, le taux de survie s’est avéré faible, de l’ordre de 14 %. Sans séquelles neurologiques majeures, les résultats sont encore pires, soit 4,4 % de survivants. Le pH sanguin est apparu comme une variable indépendante étroitement associée au pronostic : (1) taux global de survie à la sortie du milieu hospitalier : odds ratio ajusté 6,287, intervalle de confiance à 95%, IC, 2,601-15,197 ; p < 0,001) ; (2) taux de survie sans séquelles neurologiques majeures ; OR ajusté, 15,395, IC, 3,439-68,911 ; p < 0,001). Il en a été de même pour la kaliémie. Les rares patients qui « s’en sont sortis » sur le plan neurologique avaient tous un pH > 6,8 au cours de l’ACR et la kaliémie n’avait pas dépassé 8,5 mEq/l.

Le pH et la kaliémie sont deux variables étroitement associées au pronostic de l’ACR survenant en dehors du contexte hospitalier, ce qui n’est pas une surprise. Encore fallait-il le vérifier, mais il semble difficile d’utiliser ces variables pour décider de la poursuite des manœuvres de réanimation, d’autres critères plus simples étant en règle appliqués à cette urgence extrême…

Dr Philippe Tellier

RÉFÉRENCE
Shin J et coll. : Initial blood pH during cardiopulmonary resuscitation in out-of-hospital cardiac arrest patients : a multicenter observational registry-based study.Crit Care,2017 ;21 : 322-329.

source :jim.fr


Des données pronostiques sur l’ECG post-arrêt cardiaque extra-hospitalier (réanimé)

Publié le 20/02/2018

L’ECG enregistré immédiatement après un arrêt cardiaque réanimé, survenu en dehors de l’hôpital aide à identifier les patients qui présentent un syndrome coronaire aigu (SCA). Cependant, on avait, jusqu’alors, peu évalué la valeur pronostique que pouvait avoir ce tracé ECG. C’est ce qui a conduit Sarak et coll. à examiner, à partir des données du registre Canadien de SCA (Global Registry of Acute Coronary Events [GRACE] and Canadian ACS Registry) les ECGs d’admission et des 24-48 heures suivantes de patients qui présentaient un SCA et qui avaient survécu à un arrêt cardiaque survenu en dehors de l’hôpital. Les auteurs se sont penchés sur la prévalence du sus-décalage du segment ST et celle du bloc de branche (tous deux reconnus par un laboratoire ECG central indépendant) et leur association avec la mortalité tant hospitalière qu’à court terme (6 mois).

Sur 12 040 patients qui avaient fait un SCA, 215 (1,8 %) sont sortis vivants de l’hôpital après avoir fait un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital. Comparés aux patients n’ayant pas présenté d’arrêt cardiaque, ceux qui avaient fait un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital, avaient à l’ECG d’entrée à l’hôpital un taux plus élevé de sus- et sous-décalages du segment ST, d’ondes T négatives, d’ondes Q dans les dérivations précordiales, de bloc de branche gauche (BBG) ou droit (BBD).
Risque de mortalité moindre en cas de sus-décalage du segment ST, plus élevé en cas de BBG.

Au sein des patients avec SCA qui avaient fait un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital, ceux qui avaient un sus-décalage du segment ST (comparés à ceux sans sus-décalage de ST) étaient exposés à un risque significativement moindre de décès hospitalier (20,9 % vs 33,0 % ; p = 0,044) et présentaient une moindre mortalité (simple tendance non significative) lors des 6 premiers mois de suivi (27 % vs 39 %, p = 0,060).

La présence d’un BBG a été trouvée associée à une mortalité hospitalière (58 % vs 22 % ; p <0,001) et à 6 mois (65 % vs 28 % ; p <0,001) significativement plus élevée, tandis que le sous décalagedu segment ST et le BBD n’y étaient pas associés. Cependant, 63 % des blocs de branche (BBG ou BBD) présents sur l’ECG d’entrée ont été transitoires et ont disparu dans les 24 ou 48 heures.

Ainsi, comparés aux patients qui présentaient un SCA sans arrêt cardiaque extra hospitalier, ceux qui avaient fait un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital avaient plus fréquemment, sur l’ECG enregistré lors de l’admission, un sus-décalage du segment ST, un BBG ou un BBD. Parmi les patients avec SCA qui avaient fait un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital, la présence à l’admission d’un sus-décalage de ST s’est trouvée associé à une moindre mortalité hospitalière tandis que la présence d’un BBG était associée à une mortalité plus élevée, tant lors du séjour hospitalier qu’à 6 mois.

Dr Robert Haïat

RÉFÉRENCE
Sarak B et coll. : Electrocardiographic Findings in Patients With Acute Coronary Syndrome Presenting With Out-of-Hospital Cardiac Arrest. Am J Cardiol., 2018 ; 121 : 294–300.

Source :jim.fr


Arrêt cardiaque en milieu hospitalier : le pronostic est meilleur en semaine de 7 à 22 heures

Publié le 24/02/2018

Chaque année, environ 200 000 arrêts cardiaques surviennent en milieu hospitalier. La survie dépend alors intégralement de la rapidité et de la qualité des premiers secours ainsi que de l’efficacité des soins qui suivent la réanimation du patient.

Il a été montré en 2011 (1), sur 86 478 patients qui avaient fait un arrêt cardiaque à l’hôpital, que la survie et le pronostic neurologique étaient de 15 % à 20 % moins bons quand l’arrêt cardiaque était survenu pendant la nuit (à savoir entre 22 h et 7 h du matin) ou durant le week-end (à toute heure du samedi et du dimanche).

Dans la mesure où la survie après un arrêt cardiaque survenu à l’hôpital n’a cessé d’augmenter au fil du temps, on ignore à ce jour si la différence de survie en fonction de l’heure de survenue de l’événement, à savoir pendant les heures on (on-hours : du lundi au vendredi de 7 h à 22 h) ou pendant les heures off (off-hours : heures de nuit et le week-end) persiste encore.

C’est ce qui a conduit UR Ofoma et coll. à vérifier, dans une étude menée sur les données de patients adultes, inclus par 470 hôpitaux américains entre 2 000 et 2 014 dans le registre Get with the Guidelines–Resuscitation parce qu’ils avaient présenté un arrêt cardiaque pendant leur séjour à l’hôpital, si la survie de ces patients différait selon l’horaire de l’accident.

Une amélioration globale de la survie entre 2000 et 2014

Parmi les 151 071 participants, 79 091 (52,4 %) ont fait leur arrêt cardiaque durant les heures off. Entre 2000 et 2014, le taux de survie ajusté sur les caractéristiques démographiques des patients à la sortie de l’hôpital a augmenté dans les groupes heures on et off (heures on : 16 % en 2000 versus 25,2 % en 2014 ; heures off : 11,9 % en 2000 versus 21,9 % en 2014 ; p pour la tendance < 0,001 dans les 2 groupes), sans modification significative de la différence de survie absolue (p=0,75) ou relative (p=0,059) entre les heures on et les heures off.

De même, entre 2000 et 2014, les manœuvres de réanimation urgentes ont amélioré significativement la survie immédiate des patients des 2 groupes (heures on : 56,1 % en 2000 versus 71 % en 2014 ; heures off : 46,9 % en 2000 versus 68,2 % en 2014 ; p pour la tendance < 0,001 dans les 2 groupes). Au cours de cette période, la différence de survie entre une réanimation faite pendant les heures on versus une réanimation faite pendant les heures off a également diminué significativement (p=0, 02 en échelle absolue ; p<0,001 en échelle relative), mais était toujours présente.

En conclusion, bien que la survie des arrêts cardiaques survenus en milieu hospitalier se soit globalement améliorée entre 2 000 et 2 014, le pronostic reste toujours meilleur lorsque l’arrêt cardiaque survient pendant les heures on, c’est-à-dire en semaine de 7 h à 22 h.

(1) Merchant RM et coll. : Incidence of treated cardiac arrest in hospitalized patients in the United States. Crit Care Med 2011 ; 39 : 2401-2406.

Dr Robert Haïat

RÉFÉRENCE

Ofoma UR et coll. : Trends in Survival After In-Hospital Cardiac Arrest During Nights and Weekends. J Am Coll Cardiol 2018 ; 71 : 402–411.

source jim.fr


James Bond à l’infirmerie

Publié le 10/03/2018

Nous sommes à Coral Bay, petite ville d’une centaine d’âmes de la côte ouest de l’Australie, réputée pour ses coraux et ses spots de plongée. Revers de la médaille, au delà des images paradisiaques vantées sur les sites touristiques, Coral Bay est un réel désert médical puisqu’il ne dispose que d’une infirmerie, que le centre de santé le plus proche est situé à 150 km et que l’hôpital universitaire de Perth est à 1 000 km de là.

La scène se passe dans l’infirmerie de Coral Bay. L’infirmier de 44 ans qui y travaille habituellement vient de ressentir une violente douleur thoracique accompagnée d’une sensation de malaise.

Ne perdant pas son sang froid et étant seul à l’infirmerie, il enregistre un ECG qu’il transmet par mail au centre de télémédecine d’urgence (Emergency Telehealth Service). Le tracé révèle un bloc auriculo-ventriculaire complet, un bloc de branche droit, des ondes T géantes dans les dérivations inférieures et un sous-décalage du segment ST en miroir en antéro-latéral (voir en A). Le second tracé pris 50 minutes plus tard est à la fois plus parlant et plus rassurant puisqu’il retrouve un rythme sinusal et met en évidence un sus-décalage du segment ST dans le territoire inférieur (voir en B).

Qui va déclencher le défibrillateur ?

Avec l’aide du centre de télémédecine notre malade va être en mesure de s’auto-prendre en charge pour cet infarctus du myocarde. Il pose deux voies veineuses au niveau de ses avant-bras et met en route un traitement associant, aspirine, clopidogrel, héparine intra-veineuse, trinitrine sublinguale et opiacés. Pour être prêt à faire face à toute éventualité rythmique il prépare des injections d’adrénaline, d’atropine et d’amiodarone et va même jusqu’a coller sur son thorax les palettes du défibrillateur de son infirmerie (ce qui lui aurait permis peut-être de traiter tout seul une tachycardie ventriculaire, voire une fibrillation ventriculaire, comme James Bond dans Casino Royal !).

Ces précautions étant prises, toujours avec l’accord du centre de télémédecine, il entreprend une thrombolyse par tenecteplase par voie veineuse.

Il est alors transféré par le Royal Flying Doctor Service à l’hôpital de Perth. Le lendemain, une coronarographie met en évidence une sténose serrée au niveau du deuxième segment de la coronaire droite avec un flux coronarien de grade TIMI 3. Un stent bio-actif est alors posé et le malade peut rentrer chez lui à la 48e heure.

Cette observation est exemplaire à plus d’un titre. Elle permet de saluer le sang froid et l’efficacité de notre infirmier malade. Elle met en lumière l’intérêt de tels services de télémédecine et du stockage de matériel et de médicaments habituellement réservés aux réanimateurs qui ont permis de traiter cet infarctus à 1 000 km d’un CHU en respectant les recommandations les plus récentes. Elle relativise enfin l’appellation de désert médical appliquée trop rapidement à certaines régions françaises.

Reste que, comme nous sommes en Australie, que cet article est publié dans une revue américaine, et que la responsabilité des rédacteurs peut être engagée pour moins que ça, Felicity Lee et coll. qui signent cette lettre à l’éditeur, ont cru devoir conclure leur publication en mettant en garde les lecteurs naïfs contre une auto-prise en charge de l’infarctus du myocarde en dehors des cas où aucune autre option n’est envisageable...

Dr Céline Dupin

Référence
Lee F et coll. : Self-management of an inferior ST-segment elevation myocardial infarction. N Engl J Med 2018 ; 378 : 960-62.


Mieux vaut une bonne qualité de vie avant l’arrêt cardiaque

Publié le 09/04/2018

La qualité de vie est une notion complexe et multidimensionnelle basée sur 4 éléments : les facteurs socio-économiques, la santé et la capacité de fonctionner dans la vie quotidienne, la conscience de soi et la satisfaction de la vie. Inventée à des fins de recherche, l’expression " qualité de vie liée à la santé " embrasse les composantes mentale, physique et sociale du bien-être. Plusieurs échelles sont utilisées pour la quantifier, notamment après un arrêt cardiaque (AC), dont l’EuroQoL 5D (EQ-5D) calculée à partir des scores dans 5 domaines, donnés par le patient. La fourchette varie de 0 à 1 ; 1 étant la meilleure qualité de vie possible.

Le taux de survie des patients victimes d’un AC est en augmentation. Les classiques facteurs prédictifs d’une bonne survie de l’AC au sortir de l’hôpital, puis d’une bonne qualité de vie sont la fibrillation ventriculaire (FV) retrouvée comme rythme initial et le court délai de retour à la circulation spontanée. En existe-t-il d’autres ? Pour répondre à la question, l’idée est venue de comparer la qualité de vie avant et après l’AC et d’analyser les facteurs associés au pronostic de l’arrêt cardiaque.

A cette fin, tous les patients adultes victimes d’un arrêt cardiaque pré-hospitalier ou intra-hospitalier, admis entre 2009 et 2011 dans le service de réanimation de l’hôpital universitaire de Tampere (ville du sud de la Finlande dont la cathédrale est connue pour ses fresques macabres !), ont fait l’objet d’un suivi rétrospectif, à condition d’avoir pu survivre jusqu’à leur sortie de l’hôpital. Ces survivants (ou bien leurs proches) ont été invités à répondre au questionnaire EQ-5D sur leur qualité de vie antérieure à l’AC et l’actuelle, 6 mois plus tard.

Six mois après l’arrêt cardiaque, 36 % des patients (79/222, âge moyen 66 ans, 76 % d’hommes) étaient vivants et 70 % (55/79) d’entre eux ont rempli le questionnaire. Cinquante-six pour cent des patients avaient une survie estimée à 10 ans avant l’AC, d’après l’index de comorbidités de Charlson. Les AC pré-hospitaliers représentaient 64 % (35/55) des AC avec un retour à une circulation spontanée en 9 minutes [11,0, 31,0] en moyenne, vs 7,5 minutes [5,25, 12,25] (p < 0,001) pour les AC intra-hospitaliers.

Bonne qualité de vie avant l’arrêt cardiaque = meilleure qualité de vie après
Les valeurs médianes de la QE-5D avant et après AC ont été de 0,89 [0,63, 1] et 0,89 [0,62, 1], respectivement (p = 0,75). Seul le QE-5D avant l’AC a été associé à une meilleure qualité de vie post AC (Odds ratio 1,2 ; intervalle de confiance à 95 % 1,0-1,3 ; p = 0,02).

Malgré une perte de données liée à son caractère rétrospectif, cette étude démontre que la qualité de vie 6 mois après un arrêt cardiaque est jugée étonnamment bonne surtout par les patients qui bénéficiaient déjà d’une bonne qualité de vie auparavant, y compris chez ceux présentant de nombreuses co-morbidités. Le meilleur facteur prédictif d’une bonne qualité de vie après l’AC est donc la bonne qualité de vie avant l’AC, d’autant plus lorsqu’une fibrillation ventriculaire est retrouvée lors de la prise en charge de l’AC. Et les auteurs de préconiser d’intégrer la qualité de vie antérieure à l’arrêt cardiaque dans leurs analyses d’autres facteurs influant sur la récupération de l’AC, tels que la température ciblée ou les interventions sur les artères coronaires, par exemple.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

jim.fr


Une Intelligence Artificielle de Google prédit la possiblité de survenue d’un arrêt cardiaque par une simple analyse de l’oeil

Publié le 27 avril 2018 source journal-anesthesie.com

L’intelligence artificielle gagne de plus en plus de places dans tous les domaines. Son application aux soins de la santé en particulier augmente à vivre allure.

Récemment, les équipes de Google ont réussi à mettre au point une méthode intelligente qui pourra détecter tout dérègelement de la fonction du coeur seulement en se basant sur le scannage de la rétine du patient.

Nos yeux disent beaucoup de notre état psychologique et mental, mais aussi de notre santé cardiaque. En partant de ce principe, les équipes de Google ont eu l’idée de miser sur les images scannées du dos de l’œil pour déterminer si une personne est susceptible de développer un problème cardiaque.

Pas que ça ! Cette méthode a permi aux chercheurs de prédire l’âge, le sexe, la pression artérielle du patient, et son accoutumance ou non à la cigarette.

Pour mener à bien son exploit, Google a fait appel à 300 000 patients pour leurs effectuer un examen de la rétine. En recourant bien évidemment à leurs dossiers médicaux, les chercheurs ont réussi à tisser un tas de liens entre leurs résultats et les antécédents médicaux des patients. Par conséquent, ils ont réussi, grâce au Machine Learning, à corréler les données obtenues au risque de survenue d’un problème cardiaque.

Couramment, les médecins utilisent le SCORE (Systematic Coronary Risk Estimation) pour prédire la possiblité de survenue d’une crise cardiaque. Quoiqu’efficace, cette méthode exige la réalisation de prélèvements sanguins.

L’algorithme intelligent de Google permet un diagnosctic précis et plus rapide. En lui présentant les images rétiniennes de deux patients, dont l’un est cardiaque, l’algorithme était capabe de renseigner sur le patient malade avec un taux de précision de 70% légèrement inférieur à celui de la méthode traditionnelle SCORE (72%). Cette prouesse l’emportera certainement sur ces outils de diagnostic traditionnels notamment en cas d’urgence.

Dans leur article paru dans la revue Nature Biomedical Engineering, les chercheurs affirment que cette méthode innovatrice, bien qu’elle soit prometteuse, nécessite d’être testée davantage avant qu’elle ne soit utilisée dans un contexte clinique.


Arrêts cardiaques extra-hospitaliers : moindre survie avec les dispositifs intra-osseux ?

Publié le 22 mai 2018

Comme il n’est guère facile d’accéder à un abord veineux chez un patient en arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital, la voie intra-osseuse (VIO) est présentée comme une alternative plus facile. Mais est-elle aussi efficace que la voie intra-veineuse ?

Cette analyse secondaire de l’étude PRIMED (Resuscitation Outcomes Consortium Prehospital Resuscitation Prehospital Resuscitation Using an Impedance Valve and Early Versus Delayed) a inclus les adultes ayant présenté un arrêt cardiaque non traumatique en dehors de l’hôpital, pris en charge entre 2007 et 2009, à l’exclusion de ceux chez lesquels il n’a pas été possible d’installer un abord vasculaire ou intra-osseux et de ceux qui disposaient de plus d’un site d’abord. L’objectif principal de l’étude était de comparer l’évolution neurologique selon la nature de l’abord (intra-vasculaire ou VIO), évalué au sortir de l’hôpital par l’échelle modifiée de Rankin ≤ 3).

Sur les 13 155 arrêts cardiaques survenus hors hôpital, 660 (5,0 %) avaient eu une VIO, dont 10 (1,5 %) ont finalement eu un résultat neurologique favorable, comparativement à 945 des 12 495 (7,6 %) patients dans le groupe voie intra-veineuse. En régression multivariée, la VIO est apparue associée à un taux de survie plus faible après un arrêt cardiaque hors hôpital (Odds Ratio à 0,24 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,12 à 0,46).

En conclusion, dans cette étude d’observation prospective sur des patients ayant subi un arrêt cardiaque non traumatique hors hôpital, la VIO a été associée à une survie moindre et à une mauvaise récupération neurologique par rapport à l’accès intra-veineux. Mais peut-on vraiment en tirer des enseignements ? Cette étude réalisée dans 10 régions nord-américaines couvrant une population de 24 millions de personnes avec des pratiques cliniques très hétérogènes, comporte de nombreuses limitations. Bien que les patients ayant eu un échec d’accès à la voie intra-veineuse aient été exclus de l’étude, on ne peut écarter la possibilité que la VIO ait été préférée d’emblée en raison des difficulté prévisibles d’accès à la voie intra-veineuse et que ce choix ait sélectionné des patients plus graves aux pronostics vital et neurologique moins bon d’emblée. Les caractéristiques des dispositifs VIO, leur site d’implantation et la pratique ou non d’un bolus de 20 mL n’ont pu être recueillis. De plus, pour la plupart d’entre nous, la VIO constitue la dernière chance de faire quelque chose en cas d’échec d’accès intra-veineux. Alors de là à jeter le bébé avec l’eau du bain…

Dr Bernard-Alex Gaüzère jim.fr

RÉFÉRENCE
Kawano T, Grunau B, Scheuermeyer FX, Gibo K, Fordyce CB, Lin S, Stenstrom R, Schlamp R, Jenneson S, Christenson J : Intraosseous Vascular Access Is Associated With Lower Survival and Neurologic Recovery Among Patients With Out-of-Hospital Cardiac Arrest. Ann Emerg Med., 2018 ; 71 : 588-596. doi : 10.1016/j.annemergmed.2017.11.015.


Publié le 16/05/2018

Une technique héroïque pour contrôler les hémorragies graves

Initialement utilisé pendant la Guerre de Corée - soit au milieu du XXe siècle - l’occlusion par ballonnet endovasculaire de l’aorte (OBA) par voie percutanée trans-fémorale est une technique de réanimation utilisée dans certains hôpitaux spécialisés comme un moyen temporaire d’hémostase, en lieu et place de la thoracotomie en urgence.

Cette technique permet une occlusion au niveau le plus distal afin de continuer à perfuser les régions proximales tout en ralentissant le processus hémorragique dans les régions blessées. L’OBA est-elle utilisable pour le contrôle aortique proximal ?

Des patients moribonds ou en arrêt cardiaque du fait d’une hémorragie sous diaphragmatique

De 2013 à 2017, une OBA a été mise en place chez 90 patients (15 femmes, 75 hommes, âge moyen 41,5 [17,4] ans), victimes d’hémorragies traumatiques graves (n = 29), d’arrêt cardiaque traumatique (n = 50) ou d’hémorragies non traumatiques (n = 11), n’ayant pas réagi aux mesures de réanimation ou qui étaient en arrêt cardiaque à la suite d’une hémorragie présumée sous-diaphragmatique. Les patients présentant une rupture d’anévrisme aortique ont été exclus.

Chez les patients présentant une hémorragie traumatique grave et un arrêt cardiaque, l’âge médian était de 36,2 ans (25,3 - 55,5 ans), le score de Glasgow moyen était de 6 et le score médian de gravité des blessures était de 39 (10 - 75). L’aorte thoracique distale a été occluse chez 73 patients (81 %) et chez tous les patients en arrêt cardiaque. Dix-sept patients (19 %) ont eu une occlusion de l’aorte abdominale distale. La pression artérielle systolique moyenne a été améliorée chez les patients présentant une hémorragie traumatique grave, passant de 68 mm Hg avant occlusion aortique à 131 mm Hg après occlusion (P < 0,001).

L’accès percutané a été utilisé chez 30 patients (33 %) dont 13 patients en arrêt cardiaque (26 %), et l’abord fémoral à ciel ouvert par incision de l’aine chez 60 patients (67 %), dont 37 patients en arrêt cardiaque (74 %). La mortalité globale à J30 a été de 62 % (n = 56) : 11 décès (39 %) chez les patients avec hémorragie traumatique grave et 45 (90 %) chez les patients en arrêt cardiaque. Parmi les patients en arrêt cardiaque, 29 (58 %) avaient pu récupérer une circulation spontanée et 11 d’entre eux (38 %) ont survécu à la chirurgie, sans aucune séquelle neurologique. Aucune blessure à l’aorte ou perte d’un membre n’a été déplorée. Onze patients ont eu une OBA pour hémorragie non traumatique dont 7 (64 %) étaient en arrêt cardiaque. La mortalité hospitalière globale des patients avec hémorragie non traumatique a été de 36 % (n = 4). Aucune complication procédurale n’est survenue dans ce groupe.

Une alternative peu invasive à la thoracotomie en urgence

D’après cette importante série, l’OBA semble représenter une alternative peu invasive à la thoracotomie en urgence pour freiner une hémorragie sous-diaphragmatique chez des patients moribonds ou en arrêt cardiaque. Le clamp aortique permet de temporiser l’hémorragie non compressible et d’obtenir un contrôle proximal de qualité, tant des hémorragies de causes traumatiques que non traumatiques. L’OBA peut être également être utile pour réaliser une occlusion aortique plus ciblée de l’aorte distale en cas d’hémorragie pelvienne ou des extrémités.

Dr Bernard-Alex Gaüzère jim.fr

RÉFÉRENCE
Brenner M, Teeter W, Hoehn M, Pasley J, Hu P, Yang S, Romagnoli A, Diaz J, Stein D, Scalea T : Use of Resuscitative Endovascular Balloon Occlusion of the Aorta for Proximal Aortic Control in Patients With Severe Hemorrhage and Arrest. JAMA Surg. 2018 ;153:130-135. doi : 10.1001/jamasurg.2017.3549.


Arrêts cardiaques dans les aéroports internationaux : cela dépend de l’aéroport

Publié le 29/05/2018

Le taux de survie le plus élevé qui puisse être atteint après un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital est inconnu. En 2015 aux États-Unis, le Cardiac Arrest Registry to Enhance Survival a estimé que l’incidence des arrêts cardiaques pré-hospitaliers (ACPH) non traumatiques avec tentative de réanimation était de 57 pour 100 000 habitants, avec un taux de survie jusqu’à la sortie de l’hôpital de 11 %. Dans une enquête sur un mois donné en octobre 2014, l’incidence de l’ACPH dans 27 pays européens avec tentative de réanimation a varié de 19 à 104 cas pour 100 000 habitants avec un taux de survie moyen de 10 % pendant au moins 30 jours ou jusqu’à la sortie de l’hôpital.

Dans ce domaine, les données récoltées dans les aéroports internationaux sont un bon reflet du succès de la réanimation pré-hospitalière dans un environnement relativement contrôlé mais réel, au vu du grand nombre de défibrillateurs et de témoins disponibles. Cette étude de cohorte rétrospective a inclus tous les d’arrêts cardiaques survenus dans certains aéroports internationaux avec tentatives de réanimation, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2015. Les demandes de participation à l’étude ont été adressées à 34 pays, mais les données n’ont été finalement reçues que de 9 pays, soit 70 aéroports.

Un bon tiers de survivants

Huit cents arrêts cardiaques ont été recensés (âge moyen 64,2 ans, 73 % d’hommes, 42 % de rythmes choquables, 74 % d’arrêts cardiaques en présence d’un témoin dont 77 % ont eu des manœuvres de réanimation par ce témoin), avec une moyenne de 40 par aéroport, soit une incidence de 0,024/100 000 passagers par an. Le pourcentage de survie a été de 32 % et de 58 % pour les patients dont le rythme cardiaque initial était choquable. Dans les analyses ajustées, un rythme cardiaque initial choquable était ce qui prédisait le plus la survie (rapport de cotes, 36,7 ; intervalle de confiance à 95 %, 15,5-87,0). L’administration d’un choc électrique externe par un témoin s’est également révélée être un facteur important de survie (rapport de cotes de 4,8 ; IC à 95 %, 3,0-7,8). Le taux de survie a varié d’un pays à l’autre.

Des disparités entre les pays

Cette étude démontre que dans un lieu public où la disponibilité de la défibrillation est élevée, les témoins ont tenté la défibrillation dans 59 % des cas ; 42 % des patients présentaient un rythme initial choquable et près d’un patient sur trois a survécu, soit beaucoup plus que dans la population générale. Bien que la défibrillation grand public ne soit pas la panacée pour améliorer la survie des arrêts cardiaques pré-hospitaliers, elle peut avoir un rôle vital lorsqu’elle est utilisée stratégiquement dans des endroits appropriés tels que les aéroports internationaux. Cette étude suggère fortement des similarités entre aéroports à l’intérieur d’un même pays, mais des différences entre les pays. Une telle collecte de données est essentielle pour garantir que les aéroports internationaux maximisent continuellement leurs capacités afin de faire en sorte que le plus grand nombre possible de leurs clients puissent de nouveau un jour… monter au ciel.

Dr Bernard-Alex Gaüzère jim.fr

Référence
Masterson S, McNally B, Cullinan J, Vellano K, Escutnaire J, Fitzpatrick D, Perkins GD, Koster RW, Nakajima Y, Pemberton K, Quinn M, Smith K, Jónsson BS, Strömsöe A, Tandan M, Vellinga A : Out-of-hospital cardiac arrest survival in international airports. Resuscitation. 2018 ; 127 : 58-62. doi : 10.1016/j.resuscitation.2018.03.024.


Adrénaline en cas d’arrêt cardiaque non choquable : chaque minute compte !

Publié le 05/06/2018

Le pronostic de l’arrêt cardiorespiratoire (ACR) survenant en dehors du milieu hospitalier est un peu moins sombre quand il existe un trouble du rythme ventriculaire inaugural accessible à la cardioversion. Si ce n’est pas le cas, l’ACR est considéré comme non choquable et il reste l’adrénaline injectable comme ultime recours, mais les effets de cette intervention pharmacologique sur la survie sont in fine mal connus.

Une analyse secondaire a été réalisée dans le cadre du réseau dit Resuscitation Outcomes Consortium network, à partir des données recueillies chez tous les patients victimes d’un ACR survenu entre le 4 juin 2011 et le 30 juin 2015 en dehors du milieu hospitalier, quel que soit leur âge.

Dans tous les cas, il n’existait aucun trouble du rythme ventriculaire accessible à la cardioversion. Ont été exclus les patients qui ont eu la chance d’un retour à une circulation spontanée en moins de dix minutes. C’est le délai (en minutes) entre l’arrivée du premier secouriste ou urgentiste et la première dose d’adrénaline qui a été considéré en premier lieu et l’administration a été qualifiée de précoce (< 10 minutes) ou tardive (≥ 10 minutes). Le taux de survie à la sortie de l’hôpital a constitué, pour sa part, le critère de jugement primaire.

Au total, sur les 55 568 ACR initialement inclus dans l’étude, 32 101 ont été finalement sélectionnés, car considérés d’emblée comme non choquables. Ils ont été répartis en 2 groupes, selon le moment auquel l’adrénaline a été administrée : précoce (< 10 minutes ; n = 12 238) versus tardif ((≥ 10 minutes ; n= 14 517), les 5 346 patients restants n’ayant pas reçu ce médicament. Après ajustement selon les facteurs de confusion potentiels, une relation a été établie entre le délai écoulé séparant l’arrivée de l’urgentiste de l’injection d’adrénaline et les chances de survie : chaque minute de perdue a été associée à une diminution du taux de survie chez les adultes (odds ratio ajusté, ORa, = 0,96 (intervalle de confiance à 95 %, IC, 0,95-0,98). Une analyse par sous-groupe (n = 13 290) prenant en compte le pronostic neurologique a révélé une association similaire (ORa = 0,94 par minute ; IC, 0,89-0,98).

Taux de survie diminué quand plus de 10 minutes se sont écoulées

L’administration tardive d’adrénaline (versus administration précoce) a été associée à un taux de survie diminué de plus de 18 %, l’OR correspondant étant estimé à 0,82 (IC, 0,68-0,98). Dans le groupe des enfants (n = 595), les chances de survie ont été de 9 % plus faibles pour chaque minute perdue avant l’administration d’adrénaline, soit un OR de 0,91/ mn (IC, 0,81-1,01).

Chez les patients victimes d’un ACR non choquable, l’administration d’adrénaline se fait, dans la majorité des cas, en moins de dix minutes après l’arrivée des premiers secours. Chaque minute de retard est associée à une diminution des chances de survie et à un pronostic neurologique plus péjoratif. C’est donc sur ce facteur qu’il faut jouer pour gagner en efficacité dans un tel contexte.

Dr Catherine Watkins jim.fr

Référence
Hansen M et coll. : Time to Epinephrine Administration and Survival From Non shockable Out-of-Hospital Cardiac Arrest Among Children and Adults. Circulation. 2018 ; 137 (19):2032-2040.


Les arrêts cardiaques en France : enfin des chiffres précis 46 000 arrêts cardiaques en France chaque année

Depuis des années, de nombreux chiffres circulent sur le nombre de victimes d’arrêts cardiaques. 50,60, 75 000. Le taux de survie serait de 2,3,5, 10 pour cent. Une étude vient enfin donner des chiffres fiables.

Une étude conduite par une équipe de l’université de Lille révèle 46 000 arrêts cardiaques par an en France. L’âge moyen de l’arrêt cardiaque extrahospitalier est de 68 ans. 63 % des victimes sont des hommes, 75% des cas se produisent à domicile, 1,8% des enfants de moins de 15 ans. Le taux de survie après 30 jours est de 4,9%, augmentant à 10,4% lorsqu’un massage cardiaque a été effectué immédiatement après la perte de conscience.

L étude a été remise en février puis publiée par la revue Science direct le 21 avril 2018. L’étude porte sur 6918 cas enregistrés entre le 1er janvier 2013 et le 30 septembre 2014

Les scientifiques ont analysé les données de 14 Services Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR) à travers la France, rapporte la revue médicale Medscape. Ces données ont été extraites du Registre électronique français des Arrêts Cardiaques (RéAC). Les régions concernées étaient : Aulnay-sous-Bois (93), Clichy (92), Bobigny (93), Chalon-sur-Saône (71), Clermont-Ferrand (63), Créteil (94), Garches (92), Lille (59), Lyon (69), Montfermeil (93), Roubaix (59), Rouen (76), Saint-Denis (93) et Villefranche-sur-Saône (69) selon les informations de la revue médicale.

Tous les cas ont été retenus, quel que soient l’âge et les causes de l’arrêt cardiaque. Les centres participants à l’étude représentent 10% de la population française.

L’âge moyen était de 68 ans. 63%étaient des hommes, 1,8% des enfants de moins de 15 ans.

Rapporté à 100 000 habitants, il y a eu 61,5 victimes. Cela représente un total de 46 000 cas sur toute la France en une année. Pour la population adulte, cela représente 75,3 cas pour 100 000 habitants, 100,3 pour les hommes, 52,7 pour les femmes. La moitié des cas d’origine médicale avait des causes cardio-vasculaires.

Epidemiology of out-of-hospital cardiac arrest : a French national incidence and mid-term survival rate study

Author links open overlay

Gérald Luca Valentine Baertb Joséphine Escutnairea Michael Genina Christian Vilhelma Christophe Di Pompéoa Carlos ElKhouryc Nicolas Segald Eric Wielae Frédéric Adnetf Karim Tazarourteg Pierre-Yves Gueugniaud Hervé Huberta

Abstract

Out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) is considered an important public health issue but its incidence has not been examined in France. The aim of this study is to define the incidence of OHCA in France and to compare this to other neighbouring countries. Data were extracted from the French OHCA registry. Only exhaustive centres during the period from January 1, 2013, to September 30, 2014 were included. All patients were included, regardless of their age and cause of OHCA. The participating centres covered about 10% of the French population.

The study involved 6918 OHCA. The median age was 68 years, with 63% of males. Paediatric population (<15 years) represented 1.8%. The global incidence of OHCA was 61.5 per 100,000 inhabitants per year in the total population corresponding to approximately 46,000 OHCA per year. In the adult population we found an incidence of 75.3 cases per 100,000 inhabitants per year. In adults, the incidences were 100.3 and 52.7 in males and females, respectively. Most (75%) OHCA occurred at home and were due to medical causes (88%). Half of medical OHCA had cardiovascular causes. Survival rates at 30 days was 4.9% [4.4 ;5.4] and increased to 10.4% [9.1 ;11.7] when resuscitation was immediately performed by bystander at patient’s collapse.

The incidence and survival at 30 days of OHCA in France appeared similar to that reported in other European countries. Compared to other causes of deaths in France, OHCA is one of the most frequent causes, regardless of the initial pathology.

- Keywords

  • Incidence
  • Cardiac arrest
  • Out-of-hospital
  • Survival
  • France

- UNE IMMENSE MAJORITÉ D’HOMMES

L’âge le plus à risque pour un arrêt cardiaque survenu en dehors de l’hôpital serait 68 ans. Les scientifiques se sont basés sur le nombre de cas extra-hospitaliers entre le 1er janvier 2013 et le 30 septembre 2014. Ainsi, selon l’étude, les hommes sont beaucoup les plus touchés que les femmes. Ils constituent 63% des victimes d’arrêt cardiaque.

Afin de parvenir à ces résultats, les scientifiques ont analysé les données de 14 Services Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR) à travers la France. Les résultats ont été publiés dans la revue Science Direct le 21 avril 2018.

- UNE IMMENSE MAJORITE A DOMICILE

La grande majorité des cas, 75%, est survenue au domicile. Les causes sont à 88% d’origine médicale (contre une origine traumatique (choc, électrocution, noyade, etc.) dans 12% des cas.

- UN TAUX DE SURVIE QUI RESTE TRES FAIBLE

Le taux de survie après 30 jours est de 4,9%, augmentant à 10,4% lorsqu’un massage cardiaque a été effectué immédiatement après la perte de conscience. Le taux de survie est apparu comme similaire à celui des autres pays. Comparé aux autres causes des décès en France, l’arrêt cardiaque est une des causes les plus fréquentes, indépendamment de la pathologie initiale.

- DÉFIBRILLATEURS : POUR SAUVER DES VIES, IL FAUT DES SOLUTIONS COMPLÈTES !

Ces chiffres confirment, s’il le fallait, que l’arrêt cardiaque est un phénomène de société. Ils confirment aussi que la rapidité de réaction et que la présence de défibrillateurs augmente de façon substantielle le taux de survie. Ainsi, avec plus de 90% de taux de survie lorsque la victime est immédiatement prise en charge et défibrillée avec du matériel performant, pour donner toutes les chances de sauver les victimes.

source : restenvie.com


Absence de réactivité pupillaire à la lumière après un arrêt cardiaque, péjoratif le plus souvent

Publié le 13/06/2018

L’American Academy of Neurology, l’European Resuscitation Council et l’European Society of Intensive Care Medicine recommandent d’évaluer la réactivité pupillaire à la lumière à J3 d’un arrêt cardiaque, sans sédation et sans hypothermie. L’absence de réactivité pupillaire à la lumière (ARP) à J3 après un arrêt cardiorespiratoire extra-hospitalier est prédictive d’un mauvais pronostic neurologique avec une sensibilité allant de 18 à 43 % et une spécificité proche de 100 %. Par contre, la signification de l’absence de ce réflexe lors de l’admission a été moins étudiée. Des études récentes suggèrent une sensibilité fluctuant de 27 % à 87 % et une spécificité allant de 50 à 92 %. Autant dire que les résultats très vagues de ces études ont de quoi nous faire écarquiller les prunelles !

Une vaste cohorte

Afin de nous ouvrir les yeux, une étude prospective française a cherché à déterminer la valeur pronostique de l’ARP lors de l’admission à l’hôpital au sein de la cohorte RéAC - le registre national français créé en 2011 – chez les personnes ayant présenté un arrêt cardiaque extra-hospitalier entre juillet 2011 et juillet 2017, qu’elle qu’en soit l’étiologie, avec également une évaluation de l’ARP au 30ème jour.

Pendant la période étudiée, 73 624 adultes ont présenté un arrêt cardiaque, avec 61 110 (83,0 %) décès sur place et 1 162 (1,6 %) admis décédés à l’hôpital pour prélèvement d’organe ou indication d’ECMO (Extracorporeal membrane oxygenation) et 11 352 (15,4 %) admis vivants à l’hôpital, dont 639 avec un score de Glasgow > 8. Ont été exclues les personnes parfaitement réveillées ou présentant un score de Glasgow > 8, lors de l’admission. Ont finalement été incluses 10 151 personnes âgées d’au moins 18 ans (âge moyen 63 (51–75) ans, hommes 66,8 %).

Leur pronostic a été considéré comme bon pour la catégorie de performance cérébrale (CPC) 1 ou 2 et mauvais pour les CPC 3-5 ou en cas de décès.

La sensibilité et la spécificité pronostiques de l’ARP ont été respectivement de 72,2 % (71,2-73,2) et 68,8 % (66,7-70,1). Parmi les 1 990 survivants (19,6 %) présentant une bonne performance cérébrale (CPC 1 ou 2) au 30ème jour, un tiers (31,2 % (29,2-33,3)) n’avaient pas d’ARP lors de l’admission. En analyse multivariée, la perte de la réactivité pupillaire à la lumière a été associée à un pronostic médiocre (Odds ratio = 3,1 (2,7-3,5)).

Bon œil, bon pied

Lors de l’admission pour arrêt cardiaque survenu hors de l’hôpital, l’absence de réactivité pupillaire à la lumière constitue bien un facteur prédictif de mauvais pronostic neurologique. Cependant, elle ne constitue pas un signe absolu pour déterminer le pronostic et orienter la prise de décision en matière de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques actives (LATA).

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Javaudin F, Leclere B, Segard J, Le Bastard Q, Pes P, Penverne Y, Le Conte P, Jenvrin J, Hubert H, Escutnaire J, Batard E, Montassier E, Gr-RéAC. : Prognostic performance of early absence of pupillary light reaction after recovery of out of hospital cardiac arrest. Resuscitation. 2018 ; 127 : 8-13. doi : 10.1016/j.resuscitation.2018.03.020.

Copyright jim.fr


Des morts subites pas si subites

Publié le 28/06/2018

Les arrêts cardiorespiratoires (ACR) survenant en dehors du milieu hospitalier incluent la mort subite. Force est de reconnaître que leur cause précise n’est pas toujours facile à déterminer et, sur ce point, c’est un faisceau d’arguments qui permet d’arriver au diagnostic le plus probable, sans préjuger du niveau de cette probabilité. Le rapport des services d’urgence qui sont intervenus sur place, le certificat de décès ou encore les constatations faites par ailleurs sont les quelques sources qui vont aider à définir la cause du décès par inférence plus que par certitude. De facto, la prévalence réelle de la mort subite est très mal connue et probablement surestimée face à un ACR inexpliqué survenu sur la voie publique, alors que 9 fois sur 10, elle frappe hors du contexte hospitalier. Les autopsies non médicolégales sont rarement pratiquées dans ces circonstances, ce qui coupe court à toute velléité étiologique dans la plupart des cas.

Une étude menée à San Francisco sous la supervision d’un médecin légiste et avec un zèle policier permet d’y voir un peu plus clair. Une autopsie a été pratiquée dans tous les cas d’ACR de cause inexpliquée dans la région métropolitaine correspondante, l’hypothèse étant qu’il serait ainsi possible par élimination de parvenir au diagnostic de mort subite liée à un trouble du rythme cardiaque. Entre le 1er février 2011 et le 1er mars 2014, ont été inclus tous les décès imputables à un ACR survenu en dehors du milieu hospitalier chez des sujets âgés de 18 à 90 ans. Une autopsie avec analyse toxicologique et histologique a été pratiquée de manière systématique.

Des observations détaillées ont permis de vérifier que l’ACR répondait aux critères définis par l’OMS pour retenir in fine le diagnostic de mort subite. Les certificats de décès ont été passés au peigne fin tous les 3 mois, de façon à ne pas méconnaître une mort subite. Une arythmie a été considérée comme la cause probable en l’absence de lésions extracardiaques potentiellement létales ou d’insuffisance cardiaque aiguë. Un comité pluridisciplinaire s’est réuni pour conclure et valider la cause finale du décès.

20 440 décès, 912 ACR, 541 morts subites à San Francisco

Sur 20 440 décès, 12 671 ont été considérés comme inexpliqués ou impromptus et, de ce fait, leur liste a été communiquée au médecin légiste : 912 ACR survenus en dehors de l’hôpital ont été finalement identifiés et 541 (59 %) (âge moyen, 62,8 ans ; 69 % de sujets d’hommes) d’entre eux répondaient aux critères de la mort subite, tels qu’ils sont énoncés par l’OMS. Une autopsie a été réalisée dans la majorité des cas (n = 525, 97 %). A ce nombre, il convient d’ajouter 89 morts subites selon l’OMS, survenus au bout de 3 semaines de soins médicaux intensifs, ce diagnostic figurant dans le certificat de décès en tant que cause initiale, alors que l’autopsie n’était plus réalisable dans des conditions ad hoc. Il en résulte que l’incidence de la mort subite ainsi définie a été estimée dans la région de San Francisco à 29,6/100 000 sujets-années ; elle est plus élevée chez les Noirs (p < 0,0001).

Le fin mot de l’histoire avec l’autopsie

Sur les 525 morts subites selon l’OMS, 301 (57 %) n’avaient aucun antécédent cardiaque. Les principales causes du décès selon les résultats de l’autopsie étaient les suivantes : maladie coronarienne (32 %), overdose occulte (13,5 %), cardiomyopathie (10 %), hypertrophie myocardique (8 %), cause neurologique (5,5 %). Les morts subites a priori imputables à une arythmie ont in fine représenté : (1) 55,8 % de l’ensemble (293/525) ; (2) 65 % des formes avec témoins (78/120) et 53 % (215/405) des formes sans témoins (p=0,024). Dans la majorité des cas de mort subite par arythmie (98 %, 286/293), le cœur n’était pas intact avec des anomalies structurelles révélées par les examens histologiques poussés.

De cette étude étatsunienne de grande envergure, il ressort qu’à San Francisco, 40 % des décès en rapport avec un ACR ne sont ni soudains ni « inattendus », de sorte qu’ils ne rentrent pas dans la case « mort subite » telle qu’est définie par l’OMS. Les décès qui peuvent prétendre à cette case ne sont pas liés à une arythmie dans presque la moitié des cas. C’est in fine souligner la nécessité d’une utilisation rigoureuse des termes « mort subite » qui ne sauraient s’appliquer à tous les ACR, le recours à la définition de l’OMS étant impératif dans tous les cas de figure, quitte à les éviter en cas de doute et à leur préférer : « décès de cause inconnue »…

Dr Catherine Watkins

Référence
Tseng ZH et coll. : Prospective Countywide Surveillance and Autopsy Characterization of Sudden Cardiac Death : POST SCD Study. Circulation 2018 ;137(25):2689-2700.

source jim.fr


Publié le 08/07/2018

« Ne pas réanimer »…et pourtant ils survivent !

En dépit de grands progrès réalisés au cours des dernières décennies en matière de technologie et de gestion des arrêts cardiaques extra-hospitaliers, le taux de survie global reste très faible : inférieur à 1 % en Chine et 12 % aux États-Unis. Encore plus frustrant, voire décourageant est l’état neurologique à la sortie de l’hôpital : 11 à 44 % des survivants présentent une déficience neurologique dont 26 % avec des gênes importantes dans la vie quotidienne. La décision " Ne pas réanimer " était à l’origine destinée aux patients porteurs de pathologies irréversibles en fin de vie. Elle a ensuite été étendue à 32,5 % des patients hospitalisés après réanimation d’un arrêt cardiaques extra-hospitalier et signée dans les 24 premières heures, selon une étude récente.

La décision de ne pas réanimer est un élément important qui contribue à aggraver le pronostic d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier (ACEH). Cependant, il arrive, de façon surprenante, que certains des patients pour lesquels une telle décision a été prise lors de l’admission à l’hôpital survivent et récupèrent un état neurologique satisfaisant ! Quelles sont donc les caractéristiques cliniques de ces « trompe-la-mort » et quels sont les facteurs associés à un bon pronostic ?

Une analyse observationnelle rétrospective a inclus tous les adultes ayant présenté un ACEH d’origine non traumatique au sein de l’étude Resuscitation Outcomes Consortium, de juin 2007 à novembre 2009, pour lesquels une décision de non réanimation avait été prise lors de leur admission.

Près de 6 % de rescapés

Parmi les 2 289 patients (de 18 à 89 ans) recrutés dans une dizaine d’hôpitaux canadiens et américains, admis avec ordre de ne pas réanimer, 132 (5,8 %) ont survécu jusqu’à leur sortie de l’hôpital, dont 28 (1,2 %) avec un bon pronostic neurologique (Score de Rankin modifié ≤ 3).

Plusieurs facteurs ont été indépendamment associés à un bon pronostic : présence d’un témoin lors de l’ACEH ; retour d’une circulation spontanée sur le terrain ; interventions à visées cardiaques (revascularisation, troubles du rythme choquable) ; absence de recours à l’adrénaline avant l’hospitalisation.

Bien que les données utilisées dans cette étude remontent déjà à une dizaine d’années, qu’il s’agisse d’une étude rétrospective et que les décisions de non-réanimation aient pu être le fruit de directives anticipées des patients ou de décisions prises par leurs proches, sans corrélation évidente avec l’état clinique et parfois en opposition avec l’équipe médicale, ces chiffres sont troublants !

Et les auteurs de conclure fort logiquement que leurs facteurs de bon pronostic devraient être pris en considération avant toute prise de décision hospitalière de ne pas réanimer les patients victimes d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier.

Dr Bernard-Alex Gaüzère jim.fr

RÉFÉRENCE
Zhang W, Liao J, Liu Z, Weng R, Ye X, Zhang Y, Xu J, Wei H, Xiong Y, Idris A : Out-of-hospital cardiac arrest with Do-Not-Resuscitate orders signed in hospital : Who are the survivors ? Resuscitation. 2018 Apr 6 ;127:68-72. doi : 10.1016/j.resuscitation.2018.04.004.


KUATSU ou l’art ancestrale de ramener à la vie

KUATSU Aussi KWATSU, KATSU, KAPPO ou KWAPPO

Je mets en ligne, un concept asiatique que l’on appelle les KUATSU. J’en ai déjà observé la pratique dans des vidéos d’art martiaux, mais n’en est aucune compétence. Il semble que (comme toujours), la caste médicale s’y oppose et l’érige en exercice médical illégal, alors que ceci ne s’apparente pas à la médecine occidentale mais bel et bien à une pratique ancestrale, vers le XXXe siècle av. J.-C. en Chine, et très vraisemblablement les rattacher aux premiers pas de l’acupuncture. (wikipédia)

Pour autant, il semble tout de même intéressant d’en posséder au moins la connaissance, si ce n’est la pratique, même si cela semble assez simple de prime abord.

Arnaud BASSEZ, IADE-Administrateur

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Définition de l’encyclopédie des Arts Martiaux d’Extreme Orient écrit par le français Roland Habersetzer :
"Technique (Tsu de Jutsu) de Vie (Kua)" au sens de "Retour à la vie"
Technique de réanimation après choc nerveux ou évanouissement, faisant partie de la science de la restauration des traumatismes.

Les kuatsu sont utilisés lors des accidents qui surviennent pendant la pratique des arts de combat comme le judo, l’aïkido, le karaté, le kendo, etc., mais leur efficacité thérapeutique dépasse largement ce cadre et devrait pouvoir être enseigné aisément.

Au japon, les techniques de kuatsu ont été gardées secrètes jusqu’à une époque récente.
Un des plus anciens ouvrages qui traite de ces techniques est le Koreijai Kyuho (Traité des soins d’ urgence) qui date de la fin du XVllle siècle.

Dans les temps anciens des arts martiaux, on fêtait par la cérémonie d’initiation aux kuatsu, l’élève qui intégrait le rang de maitre. On fermait alors porte et rideaux, et commençait alors la révélation orale de cette pratique qui ne se transmettait qu’ainsi. Il était interdit d’en révéler l’usage ou l’existence. On commençait par la mise en syncope du nouveau maitre à l’aide d’une technique de strangulation. Le sujet était alors "ressuscité" grâce à un Kuatsu approprié.

Extrait du site digitoworld.com Point de prosélytisme, je ne pratique pas ces techniques ni ce courant de pensée, mais une curiosité de bon aloi, qui permet de ne pas rester sur des acquis occidentaux, et de s’ouvrir sur d’autres pratiques qui semblent avoir fait leurs preuves dans les temps précédant l’empire mongol et suivants. D’ailleurs, l’hôpital s’ouvre sur ces pratiques. Un DIU acupuncture est proposé dans l’arsenal thérapeutique, avec l’incontournable Nadia Volf. Étrangement, il n’est pas accessible aux professions dites para médicales, alors que les aiguilles, ça nous connait, pour ne parler que de nous. Il serait intéressant de savoir pourquoi les sage-femmes y ont accès. La caution médicale permet tout. Même et surtout en excès.(AB)

En Occident, ils sont malheureusement encore peu connus des milieux médicaux malgré les efforts de quelques pionniers comme Eric de Winter, qui est médecin et judoka, qui a publié deux ouvrages en langue française sur ce sujet .

Les kuatsu diffèrent des techniques de réanimation qui visent à maintenir un individu en état de survie à l’aide de divers procédés instrumentaux. En effet, par de simples techniques manuelles, les kuatsu permettent de lever certains états syncopaux de mort apparente en remettant en marche le système respiratoire ou cardiaque. D’ailleurs, dans la tradition des arts martiaux, la cérémonie d’initiation aux kuatsu commençait par la mise en syncope du nouvel admis à l’aide d’une technique de strangulation. Le sujet était alors "ressuscité" grâce à un Kuatsu approprié.

Dans son ouvrage, Kuatsu de réanimation. E. de Winter définit ainsi les caractéristiques générales des kuatsu : « Les kuatsu se caractérisent essentiellement comme des techniques manuelles, ou plus » généralement non instrumentales, associant des manoeuvres » abdomino-thoraciques à des percussions de zones privilégiées... »
Les applications d’un même principe d’action peuvent différer selon les modalités d’application, sur le sujet allongé sur le dos » ou sur le ventre ou encore redressé en position assise ; selon l’intensité et le type de l’action caractérisant la technique de » kuatsu ; selon les moyens auxiliaires mis en oeuvre.
C’est dire que les variantes sont nombreuses, permettant à chacun de s’adapter en fonction de sa morphologie et de celle de la victime, et selon la forme même de la syncope à traiter. Les descriptions par techniques sont donc formelles. Toutes les » nuances peuvent être proposées. »

A titre d’exemple, nous exposons ici deux techniques de kuatsu qui mettent en évidence leurs principes d’action :

Kuatsu ventral majeur -Tanden so kuatsu (tanden : ventre).
Ce kuatsu consiste essentiellement en une action au niveau du hara, cette partie de l’abdomen située entre le nombril et le pubis, considérée comme le centre vital de l’être humain.

Le sujet en syncope est allongé sur le dos, les bras en croix. Après s’être concentré quelques instants en s’agenouillant au pied de la victime, le sauveteur presse la masse abdominale en commençant au niveau du pubis. Il opère un glissement progressif vers les côtes en refoulant de bas en haut les viscères abdominaux sous le thorax ; le diaphragme se trouve alors en position d’expiration forcée.
Le dernier temps de la manoeuvre est le moment le plus important. Après avoir concentré toute son énergie dans son action, le sauveur arrive au point où ses doigts compressent les dernières côtes tandis que les talons de ses mains s’insèrent dans le creux que forment celles-ci au niveau, du plexus solaire. Il relâche alors subitement sa pression. Cette action s’accompagne normalement d’une sorte de cri spontané (le Kiai) et d’un saut final où le sauveteur se retrouve à la tête de son patient.

La maîtrise de la respiration, liée à la concentration mentale, pendant tout le déroulement de l’acte, est fondamentale.
Le sauveteur inspire profondément avant de commencer sa pression, il exécute sa manoeuvre en inspiration maximale bloquée. Au moment du relâchement, il expire rapidement, profondément et complètement ; c’est l’expiration qui provoque le cri.

Le kuatsu décrit a une triple action, au niveau de l’énergie par l’intermédiaire du diaphragme, et aussi au niveau du cœur par un massage indirect.

Kuatsu avec percussion dorsales Seoie kuatsu (seoie : dos).
Cette technique est utilisée pour des syncopes légères. Le sujet est allongé sur le ventre avec les bras en croix. Les percussions s’effectuent sur la zone médio-thoracique. Celle-ci correspond à une région entourant la sixième vertèbre saillante à la base du cou (apophyse épineuse C7).
On place le bout du majeur à cet endroit, la zone considérée se trouve environ au milieu de la paume de la main (à corriger suivant la grandeur du sujet). Vous pouvez aussi compter les vertèbres très facilement (7 vertèbres à partir de C7).
Le sauveteur s’agenouille à coté de la victime (sur le coté gauche si l’on est droitier). Il percute la région indiquée en rebond avec le poing fermé en gardant l’avant bras parallèle à la colonne vertébral, le coude presque au niveau des fesses.
Si la syncope est légère, quelques coups rapprochés permettent de lever l’inhibition de l’appareil cardio-respiratoire.

Le premier document est extrait du toujours excellent site char, dont je ne puis que vous recommander la lecture. Je le propose en copie PDF, car le char a pour mauvaise habitude de changer assez régulièrement la configuration de ces articles et de ne pas faire de permalien. D’où des 404 ne venant pas de chez Peugeot...

Les méthodes asiatiques ancestrales de réanimation sont elles efficaces ? (Dr Vincent HUBERT)

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Le second article, est tiré du site selfdefense59. On a tort de ne pas considérer ces sites, qui sont souvent une mine de renseignements et de culture importante.

Là encore, je le copie et le propose en PDF, au cas où cet article ne disparaisse.

Dossier technique pour l’apprentissage des kuatsu

Dans l’encyclopédie technique, historique, biographique et culturelle des arts martiaux de l’Extrême-Orient / Gabrielle et Roland Habersetzer. - [4e édition], 880 pages, la 6e édition en comporte 1204, une explication est donnée à cette pratique. L’auteur est nommé 9e Dan de karaté au Japon en 2006. On peut supposer qu’il connait bien son sujet.

- Dans cette vidéo un maitre de karaté, 8e dan, parle de ces fameux kuatsu. Notamment du kuatsu tsubo qui fait repartir le coeur. la vidéo part à la 8eme minute.

- Dans celle-ci, un autre haut pratiquant, 7e dan, évoque les kuatsu avec des dessins et une démonstration. Cela reste très intéressant à voir.

Si la lecture de ce concept vous intéresse, la boutique du web en permet l’achat.

Arnaud BASSEZ, IADE-Administrateur


Arrêts cardiaques d’effort en montagne

Publié le 14/08/2018

Le nombre de touristes et de randonneurs en montagne est en constante augmentation dans le monde entier avec environ 100 millions d’individus par an autour du globe. Or les randonnées ou les ascensions en montagne impliquent une exposition à des températures basses, et à une raréfaction en oxygène, sources d’ischémie cardiaque et d’augmentation de la probabilité d’arrêt cardiaque. De plus et indépendamment, le risque d’un événement cardiaque aigu est accru de façon transitoire pendant et immédiatement après un exercice intense et vigoureux.

La plupart des études antérieures sur les arrêts cardiaques survenus dans les régions montagneuses ont été surtout axées sur les caractéristiques environnementales telles que l’altitude et la température. D’où l’intérêt de cette étude coréenne rétrospective et observationnelle, qui a analysé les arrêts cardiaques dans les parcs nationaux ou provinciaux situés en montagne et déterminé les facteurs affectant le pronostic des patients après un arrêt cardiaque extra-hospitalier (ACEH). Pour rappel, la superficie de la Corée du Sud est de 100 284 km2, dont 65 % de montagnes comprenant 16 parcs nationaux et 19 parcs provinciaux. En 2015, plus de 50 millions de visiteurs ont visité ces parcs.

Cette étude a inclus toutes les personnes âgées de plus de 40 ans victimes d’un ACEH d’étiologie cardiaque présumée en cours d’effort, entre janvier 2012 et décembre 2015, et pris en charge par les services médicaux d’urgence (SMUR). Le principal centre d’intérêt a été le lieu de survenue de l’arrêt cardiaque (parcs nationaux en montagne et parcs provinciaux vs les autres sites). L’objectif principal a été la mesure du taux de survie jusqu’à la sortie de l’hôpital. Une régression logistique multivariée a été effectuée afin de prendre en compte d’éventuels facteurs confondants.

Mieux vaut faire en arrêt cardiaque en plaine qu’en montagne

Parmi les 96 653 ACEH survenus en Corée au cours des 4 années de l’étude, 1 835 victimes d’ACEH en cours d’effort ont été incluses, dont 68 avaient présenté un ACEH dans les parcs nationaux ou provinciaux et 1 767 dans d’autres endroits. Les personnes ayant présenté un ACEH dans les parcs nationaux ou provinciaux présentaient plus souvent des rythmes non choquables (76,5 % vs 61,6 %), ont moins souvent bénéficié de défibrillations par le personnel des SMUR (25,0 % vs 45,4 %). Ces ACEH étaient plus susceptibles de se produire en présence d’un témoin (76,5 % vs 60,8 %) et les transferts héliportés étaient plus fréquents qu’en zone non montagneuse (42,6% vs 5,5 %).

Les odd ratios ajustés et non ajustés montrent que, pour l’ensemble des données appariées, la survie post-hospitalière et la bonne récupération neurologique ont été significativement plus faibles dans le groupe ACEH en montagne (p < 0,05) qu’en d’autres sites.

En dépit de plusieurs limitations (caractère subjectif de la notion d’exercice, inclusions de personnes vivant en montagne de façon habituelle, non prise en compte de facteurs tels que l’altitude, restriction de l’étude aux parcs nationaux et provinciaux…), cette étude confirme, sans surprise, que les ACEH d’effort en montagne ont un pronostic moins favorable que les autres, car la défibrillation ne peut être effectuée au moment requis et que le délai pré-hospitalier est plus important. Il est donc nécessaire de trouver un moyen de réduire le temps entre l’arrêt cardiaque et la mise en œuvre de la défibrillation, nous disent les auteurs, en appelant à renforcer, dans ces régions souvent difficiles d’accès, la chaine de la survie, sachant – et ce n’est pas rien – qu’environ 80 % des « Messieurs Park » des parcs coréens ont été formés au Basic Life Support et que 250 nouveaux défibrillateurs y sont installés chaque année avec un numéro d’appel unique.

Quel est l’état des lieux en France ?

Dr Bernard-Alex Gaüzère
Référence
Jung E et coll. : Cardiac arrest while exercising on mountains in national or provincial parks : A national observational study from 2012 to 2015. Am J Emerg Med. 2018 Aug ; 36 (8) : 1350-1355.

Copyright jim.fr

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Arnaud BASSEZ

IADE/enseignant CESU

Administrateur


Documents joints

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Les interventions chirugicales

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Cet article ne prétend à aucune exhaustivité, et tient ses renseignements des sites chirurgicaux.
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vendredi 23 décembre 2011
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Bases Générales en Anesthésie et en Réanimation

Les pré requis. Et les références. Pour les MAR et les IADE. Bases Générales en Anesthésie et en Réanimation

lundi 30 mai 2011
par  Arnaud Bassez

Anesthésie de l’obèse

Anesthésie de l’obèse ou anesthésie pour la chirurgie bariatrique
Étymologie du mot bariatrique
(XXe siècle) Composé du grec βάρος baros (« poids ») et ἰατρός, iatros (« médecin » → voir -iatrie).
I - Généralités :
BMI :

mardi 19 avril 2011
par  Arnaud Bassez

ALRIV (Anesthésie Locale intraVeineuse)

Depuis l’avènement de l’échographie pour les blocs plexiques, l’anesthésie loco-régionale a bien évolué, passant du neurostimulateur à une vision du nerf, annihilant tout mouvement algique.
Pourtant, il reste une technique simple, fiable peu onéreuse et aisément reproductible, qui est l’anesthésie (...)

samedi 23 octobre 2010
par  Arnaud Bassez

Réanimation cardio-repiratoire : guidelines 2010-2015

Retrouvez en fin de cet article, l’actualité des articles sur l’arrêt cardiaque, mise en ligne au fil des publications.
Les nouvelles recommandations 2015-2020 sont disponibles depuis le 15 octobre 2015
En attendant le 15 octobre 2015, voici ce que l’on peut déjà définir des futures recommandations (...)

jeudi 24 septembre 2009
par  Arnaud Bassez

Le xénon : sweet dreams

Le xénon, un gaz rare, a fait son entrée depuis quelques temps comme anesthésiant dans les blocs opératoires.
Les premières recherches sur l’utilisation du xénon comme anesthésiant remontent aux années 50. Il est utilisé en Russie depuis une dizaine d’années.
Le gaz médical LENOXe d’Air Liquide, à base (...)

samedi 13 juin 2009
par  Arnaud Bassez

AIVOC (Anesthesie intraveineuse à objectif de concentration)

AIVOC
Anesthésie Intra-veineuse à Objectif de Concentration
(cliquez sur l’image)
I Définition
Prescrire une concentration plasmatique cible pour obtenir l’effet recherché et modifier le niveau d’anesthésie en ajustant cette concentration cible au niveau du plasma ou niveau cérébral (...)

lundi 23 mars 2009
par  Arnaud Bassez

Choc anaphylactique

A lire, l’article sur l’allergie (latex, curares et autre)
Vous trouverez d’autres documents (pas forcément en lien avec le sujet présent), en consultant les "best of" de la SOFIA ainsi que les différents congrès publiés ici.
Docs en stock
Docs en stock 2 Anesthésie-Cardiologie-Femme (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB