La musique adoucit la douleur

jeudi 12 novembre 2015
par  Arnaud Bassez
popularité : 18%

Anxiété et douleurs périopératoires : intérêt confirmé de la musique

Publiée dans The Lancet, une analyse croisée de 73 études randomisées confirme l’intérêt de la musique en périopératoire pour diminuer la douleur, l’anxiété et l’usage d’antalgiques.

Ces effets positifs sont observés quelque soit le choix musical, la durée ou le mode d’écoute, avec une possible meilleure efficacité lorsque la musique est écoutée avant l’intervention chirurgicale.

Des effets similaires ont été observés chez les patients exposés à de la musique au cours d’une anesthésie générale.

La musique améliorerait le vécu des interventions chirurgicales, en diminuant notamment les douleurs et l’anxiété.

Les bienfaits périopératoires de la musique, une idée proposée dès 1914

L’idée que la musique puisse améliorer le ressenti des personnes subissant une intervention chirurgicale a été proposée dès 1914 par Evan Kane dans un article du JAMA intitulé "The phonograph in the operating room".

Depuis, plus de 4 000 publications ont porté sur le sujet. Parmi celles-ci, 73 études randomisées ont été jugées dignes de méta-analyse par une équipe de la London School of Medicine and Dentistry et du Barts Health NHS Trust au Royaume-Uni. Ces études portaient sur l’écoute de musique avant, pendant et après une intervention chirurgicale, et non pas sur les interventions de musicothérapie, une pratique cognitive active.

Une méta-analyse d’études très hétérogènes

Parmi les 73 études retenues pour cette méta-analyse par Hole J et coll., de nombreux cas de figure étaient explorés : interventions chirurgicales plus ou moins lourdes (de la coloscopie à la transplantation d’organe), modes d’administration de la musique différents (musique d’ambiance, oreiller musical, casque ou écouteurs), volume ou nature de la musique écoutée, taille de l’échantillon (de 20 à 458 patients adultes), paramètres évalués (douleur, anxiété, durée de séjour, usage d’antalgiques, etc.) et éléments de comparaison (prise en charge standard, écouteurs sans musique, bruit blanc, massages, relaxation, etc.).

Utilisation d’une unité de mesure standardisée des effets de la musique sur le vécu périopératoire

Afin de pouvoir comparer tous ces critères et méthodologies, les auteurs ont exprimé l’ampleur des effets constatés au moyen de la différence moyenne standardisée, ou DMS (en anglais : SMD, pour "standardised mean differences").

"Par consensus, l’ampleur de l’effet peut être tenue pour faible (0,2 à < 0,3), modérée (0,3 à < 0,8) ou importante (> 0,8)", précise la revue Minerva pour expliquer l’interprétation de cette unité de mesure.

Des effets robustes sur la douleur, l’anxiété, la consommation d’antalgiques et... la satisfaction des patients

La méta-analyse de Hole J et coll. met clairement en relief des bénéfices statistiquement significatifs de la musique périopératoire sur :

  • - les douleurs post-opératoires : diminution moyenne de 0,77 SMD (IC95% de 0,99 à 0,56) du score sur des échelles validées, 45 études analysées ;
  • - l’anxiété pré et postopératoire : diminution moyenne de 0,68 SMD (–0,95 à 0,41] sur un score recalculé pour la méta-analyse, 43 études analysées :
  • - la consommation d’antalgiques : baisse moyenne de 0,37 SMD (–0,54 à 0,20) sur 34 études analysées ;
  • - la satisfaction des patients est également améliorée, en moyenne (données très hétérogènes), de manière importante (+ 1,09 SMD [0,51 à 1,68]).

Voici l’ensemble des résultats de cette méta-analyse exprimés en SMD et colligés en un tableau récapitulatif (en anglais) :

Des effets positifs plus importants en préopératoire ?

Comme le suggèrent plusieurs résultats sur le tableau ci-dessus, il semble que les effets de la musique soient plus importants à la fois sur la douleur, l’anxiété et la consommation d’antalgiques lorsque celle-ci est écoutée en phase préopératoire, plutôt que pendant ou après l’intervention (différence non significative mais suggérée par les résultats).

Par contre, aucun effet positif significatif n’a été observé sur la durée de séjour après l’intervention et aucun effet indésirable n’a été signalé dans les études prises en compte ("Length of stay" sur le tableau ci-dessus).

Des effets positifs liés à la relaxation et à un effet "distraction" ?

Pour tenter d’expliquer les voies par lesquelles la musique pourrait améliorer la qualité de vie des patients autour d’une intervention chirurgicale, les auteurs de cette méta-analyse rappellent qu’un corpus d’études neuropsychologiques existe. Ce corpus émet l’hypothèse que ces effets soient liés à la fois à la relaxation (ralentissement des rythmes cardiaque et respiratoire, diminution de la pression sanguine, voir Am J Crit. Care, 1999) et à la sollicitation des capacités cognitives qui sont capables de diminuer la sensibilité à la douleur (l’effet "distraction").

Les auteurs signalent également plusieurs études effectuées sur des patients sous anesthésie générale qui montrent que les effets positifs de la musique persistent même dans ce contexte, quoiqu’à un degré moindre. Ils rapprochent cette observation des études qui ont montré que, malgré une anesthésie générale, la conscience per-opérative n’est pas exceptionnelle et engendre du stress pendant la période de convalescence (par exemple, Br J Anæsth 2013).

The incidence of intra-operative awareness in the UK under the rate or under the radar - Avidan - 2013 - Anaesthesia - Wiley Online Library_fichiers

Une analyse qui suggère une prise en charge originale et peu coûteuse
Jenny Hole et ses collègues concluent en suggérant que faire systématiquement écouter de la musique aux patients autour d’une intervention chirurgicale permettrait, pour un coût nul ou réduit, d’améliorer le ressenti de leur convalescence.

Ils s’interrogent sur la généralisation de ces résultats à d’autres modalités de relaxation et "distraction" : radio, vidéos, livres. À leur connaissance, seuls les jeux vidéo ont montré une efficacité pour réduire la douleur (dans un contexte expérimental de douleur provoquée).

Néanmoins, les auteurs rappellent qu’il est important que la musique ne gêne pas la communication avec l’équipe soignante, ou entre soignants dans le contexte d’une intervention chirurgicale.

En savoir plus :

L’étude du Lancet
Music as an aid for postoperative recovery in adults : a systematic review and meta-analysis, Hole J, Hirsch M, Ball E, Meads C., The Lancet, octobre 2015

Autres études citées par les auteurs et mentionnées dans cet article :
Effects of relaxing music on cardiac autonomic balance and anxiety after acute myocardial infarction., White JM., American journal of critical care, juillet 1999
The incidence of intraoperative awareness in the UK : under the rate or under the radar ?, Avidan MS, Mashour GA., Anaesthesia, avril 2013

Autre contenu cité :
Comment interpréter une différence moyenne standardisée (DMS) ?, Minerva 2014 ; Volume 13 ; Numéro 4 ; Page 51 - 51

Sources : The Lancet

Par Stéphane KORSIA-MEFFRE - Date de publication : 09 Novembre 2015

source : vidal.fr


L’IADE est aussi le DJ de la salle d’opération

Cela fait quelques années que modestement (j’utilise mon smartphone), à l’induction voire avant, je propose de la musique au choix du patient (ça va donc de la variété française, au classique, au hard rock, à la new wave, au funk...) La "musicothèque" de mon téléphone, dispose de 4200 titres pour 850 artistes.

C’est toujours le patient qui choisit ce qu’il veut écouter.

Si votre base de données est faible vous avez l’alternative youtube, ou des applications pour télécharger des MP3.

On peut faire à l’induction puis réveil "standard". Ou faire à l’induction et réveil avec la même musique.

L’effet est réel, palpable, et le patient en tire une expérience positive. Mais pour que le bénéfice soit total, il faut demander le silence aux IBODE qui ont comme réflexe médullaire, d’ouvrir leurs sachets et bouger leurs tables dès que l’on allume le respirateur...

Pour corroborer les dires, le bienfait de la musique s’étend aussi sur les chirurgiens, et par voie de conséquence sur l’ambiance de la salle. Nous en avions évoqué les lignes dans le forum, il y a quelques temps.

AB

Soigner par la musique grâce à une application numérique

Les chirurgiens qui opèrent en écoutant de la musique ont un geste plus précis mais aussi plus rapide, révèle une étude.

-* Publié le 03-08-2015

  • source : sciencesetavenir.fr

Vous l’ignoriez peut-être mais de nombreux chirurgiens à travers le monde opèrent en musique. Une bonne idée ? Oui, selon une étude publiée dans Aesthetic Surgery Journal. Et peu importe qu’ils écoutent du classique ou du rock, les médecins qui opèrent en musique ont un geste plus rapide et plus précis que leurs confrères cloîtrés dans le silence.

La musique baisse le niveau de stress des chirurgiens

Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs de l’étude, chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Gavelston (États-Unis), ont demandé à 15 chirurgiens plasticiens de refermer des incisions pratiquées sur des pieds de porc achetés dans un supermarché local. Un modèle qui se rapproche de la peau humaine. Certains chirurgiens ont réalisé cette opération avec de la musique, d’autres sans. Puis le lendemain, ils ont dû faire de nouveau cette opération, avec de la musique s’il n’y avait pas eu droit la veille, et vice-versa. "Nous avons admis que nos sujets pouvaient s’améliorer la seconde fois simplement grâce à la répétition, explique dans un communiqué le Dr Shelby Lies, co-auteur de la publication.

Cet effet est réduit en répartissant au hasard les chirurgiens entre une première phase avec ou sans musique." Les chirurgiens n’ont - bien entendu- pas été informés de l’objet de l’étude. Il leur a simplement été demandé de réaliser l’acte chirurgical rapidement et d’informer les chercheurs lorsqu’ils avaient terminé. "Des études antérieures ont montré que l’écoute de la musique pendant les opérations abaisse le niveau de stress des chirurgiens, explique le scientifique. Mais peu de recherches se sont intéressées aux effets de la musique sur la performance technique du médecin."

Les chercheurs ont ainsi constaté que le temps nécessaire pour effectuer une suture est en moyenne 7 % plus court lorsque le chirurgien préfère écouter de la musique. Il atteint même 8 % pour les débutants et 10 % pour les expérimentés. Un gain de temps loin d’être inutile. "Passer moins de temps au bloc opératoire peut se traduire par une réduction significative des dépenses, particulièrement lorsque refermer la plaie représente une part majeure de l’intervention, comme lors d’une abdominoplastie, explique le Dr Shelby Lies. Passer plus de temps sous anesthésie générale augmente aussi le risque d’événement indésirable pour le patient." Un panel de chirurgiens plastiques a également jugé à l’aveugle la qualité de l’ensemble des sutures. Verdict : les plus "belles" se sont révélées être... celles réalisées en musique.

Quelles chansons sur les playlists des chirurgiens ?

Selon une étude du British Medical Journal parue en 2014, les chirurgiens qui écoutent régulièrement de la musique en salle d’opération sont plus performants que les autres, car plus concentrés sur la tâche à effectuer. Ces chirurgiens trouvent les chansons suivantes particulièrement utiles à la concentration :

  • Stayin’ Alive des Bee Gees,
  • Smooth Operator de Sade,
  • Comfortably Numb des Pink Floyd
  • Wake Me Up Before You Go-Go de Wham.

En revanche, ils déconseillent à leurs collègues les chansons suivantes  :

  • Another One Bites the Dust de Queen
  • Everybody Hurts de REM
  • Scar Tissue des Red Hot Chilli Peppers.

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Mais on peut être chirurgien et avoir mauvais goût. Et des goûts et des couleurs...

Arnaud BASSEZ

IADE/enseignant CESU

Administrateur


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I - Généralités :
BMI : Body Mass Index = poids en kg / taille au carré en mètres.
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AIVOC
Anesthésie Intra-veineuse à Objectif de Concentration
(cliquez sur l’image)
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Choc anaphylactique

A lire, l’article sur l’allergie (latex, curares et autre)
Vous trouverez d’autres documents (pas forcément en lien avec le sujet présent), en consultant les "best of" de la SOFIA ainsi que les différents congrès publiés ici.
Docs en stock
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Brèves

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB

Organisation de l’anesthésie-réanimation obstétricale (recommandations SFAR)

jeudi 4 février 2016

Nouvelle recommandation SFAR..

Les IADE ayant participé au référentiel ont eu quelques difficultés semblerait-il...

Organisation de l’anesthésie-réanimation obstétricale (recommandations SFAR)

Les autres recommandations de la SFAR

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Analyse de la sinistralité en anesthésie réanimation obstétricale dans les hôpitaux publics français : données SHAM 2007–2014

Laurie Tran1, Michel Carles1, Frederic Fuz2, Marc Raucoules1, Patrick Niccolai3, Isabelle Rouquette-Vincenti3, Alexandre Theissen3

  • 1 Pôle anesthésie-réanimation, CHU de Nice, Nice, France
  • 2 SHAM, Lyon, France
  • 3 Pôle anesthésie-réanimation, CHPG, Monaco

Available online 10 November 2015

Introduction

La mortalité maternelle et périnatale ainsi que les séquelles neurologiques des nouveaux-nés restent les principaux motifs de réclamations en contexte obstétrical aux États-Unis [1] et en France [2]. Nous présentons les motifs de réclamations en anesthésie obstétricale en France à partir des déclarations SHAM (1er assureur des établissements de santé), entre 2007 et 2014.

Matériel et méthodes

Étude rétrospective des dossiers de sinistres SHAM entre 2007 et 2014 réglés soit par voie amiable, soit par l’intermédiaire de la CRCI, soit par voie judiciaire.

Résultats

L’anesthésie obstétricale est impliquée dans 99 dossiers sur 3083 sinistres en obstétrique soit 3,2 %. Seuls 4 % des sinistres impliquaient la personne physique, les autres sinistres impliquant l’établissement public soit 81 % (dont 1/3 de CHU et 2/3 de CHG) et privé soit 14 %. Concernant les circonstances cliniques, pour 2 patientes il s’agissait d’une IVG, pour les autres dans 61 % des cas un accouchement par voie basse et dans 39 % des cas une césarienne (d’emblée ou conversion).

Le type d’anesthésie initiale était une APD dans 75 % des cas, une rachianesthésie dans 20 % des cas, une AG dans 3 % des cas et aucune anesthésie chez une parturiente ; le type d’anesthésie concerné par la plainte était l’ALR dans 93 % des cas et l’AG dans 7 % des cas (due donc dans la moitié de ces cas à une AG 2aire à l’ALR). Les réclamations concernant l’ALR étaient en relation avec des complications survenues dans 42 % des cas lors de la pose et dans 81 % des cas pendant l’hospitalisation (> 100 % car signalements cumulés).

Parmi les complications de l’ALR à la pose de type échec ou brèche, 12 cas ont nécessité une AG avec IOT (dont un cas d’arrêt respiratoire sur brèche à la pose de l’APD et un hématome sous dural aigu à j2) ; de plus une AG s’est compliquée d’un choc anaphylactique (succinylcholine) et inhalation sur IOT difficile, avec séquelles neurologiques.

Les réclamations après AG de 1re intention (pas d’ALR) sont liées à deux chocs anaphylactiques dont l’un avec décès et l’autre avec séquelles neurologiques (1 IVG et 1 césarienne respectivement), et une réclamation pour douleur périnéale dans le 3e cas (IVG). En fin d’expertise, 54 séquelles neurologiques (allant de la monoparésie au coma végétatif), 2 décès, 6 préjudices moraux et 37 conséquences autres ont été retenues. Seuls 2 dossiers sur 99 ont fait l’objet d’une condamnation civile, les autres ayant été réglé soit à l’amiable soit ayant fait l’objet d’une indemnisation par l’intermédiaire de la CRCI.

Discussion

Les complications en obstétrique faisant l’objet d’une déclaration de sinistre concernent peu fréquemment l’anesthésie. Les conséquences de l’ALR sont au premier plan et le recours à l’AG secondairement reste une source supplémentaire de complications. Il faut noter le faible nombre de condamnations par rapport à la gravité des préjudices, lié à une information appropriée et tracée ainsi qu’à l’absence de faute médicale patente (aléa thérapeutique).

Auteur correspondant.

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AB