Analogie entre la plongée et l’anesthésie

mercredi 3 décembre 2014
par  Yves Benisty
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Yves Benisty, IADE dans un CHU parisien, nous propose l’analogie entre plongée et l’anesthésie.

Il n’est pas rare de trouver de vrais fondus de plongée dans notre milieu professionnel.

Comme souvent avec Yves, les choses compliquées s’avèrent faciles, grâce à son sens de la pédagogie par analogie.

A lire les autres publications de Yves.

Un autre article de la SOFIA fait l’analogie avec l’aviation.

Entre le ciel et l’eau.

Arnaud BASSEZ

IADE/formateur AFGSU-NRBC

Administrateur


Analogie entre la plongée et l’anesthésie

Je suis infirmier anesthésiste depuis vingt ans et plongeur depuis six ans.

Je vous propose de faire une comparaison entre l’anesthésie et la plongée.
Plongeur et infirmier anesthésiste, j’utilise des gaz au travail et sous l’eau.

L’anesthésie ressemble à une immersion, on s’enfonce et on revient à la surface à la fin de l’intervention.

Vous pensez peut-être que ces deux mondes n’ont rien à voir ?

Détrompez-vous !

Les similitudes sont nombreuses. Plongeons ensemble pour les découvrir !

La plongée et l’anesthésie nécessitent un apprentissage. Un peu de théorie, beaucoup de pratique : on n’apprend pas la plongée dans les livres. Cet apprentissage comprend des bases et des spécialités. Un plongeur, même aguerri, n’utilise pas l’hélium sans formation complémentaire. En anesthésie, il existe aussi des spécialités dans la spécialité, comme la chirurgie cardiaque, la neurochirurgie, la pédiatrie

Avant la plongée, et avant une anesthésie, je vérifie le matériel. Quelle est la réserve de gaz (de médicaments, de solutés), le matériel de secours fonctionne-t-il et est-il immédiatement disponible ? En anesthésie, nous disposons de matériel permettant l’administration de gaz (de l’oxygène, de l’air, des gaz hypnotiques).

En plongée comme en anesthésie, il existe un système de secours : pour vivre, il faut respirer. Les pannes sont anticipées, entre autres par la redondance du matériel critique. Nous travaillons en binôme, on ne plonge (presque) jamais seul.

Ça y est, tout est prêt, on se met à l’eau !

Nous parlons d’anesthésie profonde (le profondimètre peut être comparé au BIS), et nous ramenons le patient à la surface, où il dira « je sens que j’émerge ». Les phases de descente et surtout de remontée sont des phases plus délicates que l’évolution « au fond ».

En plongée comme en anesthésie, il existe des procédures établies à l’avance. Quand le binôme vous fait signe qu’il n’a plus d’air, on ne se demande pas ce qu’il faut faire : la situation a été envisagée avant, la procédure est connue de tous. Idem en anesthésie, les problèmes pouvant survenir ont été anticipés, et vont déclencher quand ils surviennent des actions déterminées à l’avance.

En plongée, nous avons la narcose à l’azote. En anesthésie, des gaz (protoxyde d’azote, gaz halogénés, xénon) peuvent provoquer ou entretenir la narcose. Les tissus vont se saturer puis se désaturer en fonction de la pression partielle, de la durée de l’exposition, et du type de tissus.

Il est possible de plonger en circuit ouvert (on expire dans l’eau) ou en circuit fermé ou semi-fermé.

En anesthésie, ça permet d’économiser des gaz coûteux et de diminuer la pollution des blocs opératoires.

En plongée, ça diminue fortement la consommation, et autorise des plongées plus longues. Ça fournit au plongeur un gaz chaud et humide, on évite les bulles, sources de bruit, et qui font fuir les poissons. Ces plongeurs utilisent de la chaux sodée.

Les gaz de plongée sont stockés dans des cylindres sous pression. Nous disposons de manomètres et de détendeurs. Le détendeur subaquatique est muni d’une valve à la demande.

Une bonne connaissance de la physiologie respiratoire et circulatoire est nécessaire (pression partielle, gaz dissous, consommation d’oxygène, rejet du dioxyde de carbone…). Paul Bert, éminent physiologiste du XIXe siècle s’est d’ailleurs intéressé à la plongée et à l’anesthésie.

Il y a même eu des anesthésies réalisées dans un caisson hyperbare !

Cette petite visite guidée se termine. Si vous vous retrouvez un jour sur une table d’opération, l’oxygène pur qu’on vous fera respirer vous permettra de supporter une apnée interminable.

Et pour que le voyage soit plus agréable, juste avant une anesthésie, imaginez que vous allez réaliser une belle plongée…

Yves Benisty

IADE

CHU Paris

anesthésie et plongée. Yves Benisty

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Pour poursuivre la lecture,

- Physiologie de l’apnée

- Liste des caissons en France

- L’oxygène hyperbare

- Qu’est ce que l’oxygénothérapie hyperbare ?

- Médecine et Armées - Février 2015 - n° 1 spécial « Médecine de la plongée »

- Pour rester dans l’univers proposé par Yves : les lois physiques

- La loi c’est la loi, article SOFIA


Documents joints

ACCIDENTS DE PLONGÉE (diapo)
ACCIDENTS DE PLONGÉE (texte)

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Étymologie du mot bariatrique
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I - Généralités :
BMI :

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ALRIV (Anesthésie Locale intraVeineuse)

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par  Arnaud Bassez

Réanimation cardio-repiratoire : guidelines 2010-2015

Retrouvez en fin de cet article, l’actualité des articles sur l’arrêt cardiaque, mise en ligne au fil des publications.
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jeudi 24 septembre 2009
par  Arnaud Bassez

Le xénon : sweet dreams

Le xénon, un gaz rare, a fait son entrée depuis quelques temps comme anesthésiant dans les blocs opératoires.
Les premières recherches sur l’utilisation du xénon comme anesthésiant remontent aux années 50. Il est utilisé en Russie depuis une dizaine d’années.
Le gaz médical LENOXe d’Air Liquide, à base (...)

samedi 13 juin 2009
par  Arnaud Bassez

AIVOC (Anesthesie intraveineuse à objectif de concentration)

AIVOC
Anesthésie Intra-veineuse à Objectif de Concentration
(cliquez sur l’image)
I Définition
Prescrire une concentration plasmatique cible pour obtenir l’effet recherché et modifier le niveau d’anesthésie en ajustant cette concentration cible au niveau du plasma ou niveau cérébral (...)

lundi 23 mars 2009
par  Arnaud Bassez

Choc anaphylactique

A lire, l’article sur l’allergie (latex, curares et autre)
Vous trouverez d’autres documents (pas forcément en lien avec le sujet présent), en consultant les "best of" de la SOFIA ainsi que les différents congrès publiés ici.
Docs en stock
Docs en stock 2 Anesthésie-Cardiologie-Femme (...)

Brèves

Lépine l’arrose

mardi 8 mai

Le concours Lépine 2018 récompense le « MedPack », une station de travail médicale

Cette station de travail médicale a été repérée par le service de Santé des Armées...

Le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier.

Le 117e concours Lépine a récompensé lundi soir le « MedPack », une station de travail médicale extra-hospitalière mise au point par Samuel Mercier, un infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

C’est à force d’intervenir au quotidien sur le terrain, de se rendre compte combien l’hygiène pouvait poser problème que Samuel Mercier a conçu, au bout de six ans, son prototype. « Cela faisait un siècle que l’on n’avait pas évolué, avec des conditions de travail inchangées » pour le personnel de santé intervenant en situation difficile, expliquait jeudi l’infirmier à l’AFP.

Une station de travail compacte pesant 7 kg

Ainsi, racontait-il, quand l’infirmier arrive sur un lieu d’accident ou d’attentat, «  il découvre son environnement de soin et souvent il n’est pas adapté, voire insalubre : il n’y a pas d’éclairage, pas de plan de travail etc. ». Sans compter que si l’on doit transfuser le patient, il faut compter sur un collègue pour tenir la perfusion, que les produits et autres seringues sont posés à même le sol puis jetés par terre…

Fort de son expérience, Samuel Mercier a donc conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes. Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé » : poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie !
Le « MedPack » bientôt déployé au Liban ?

Une cinquantaine de « MedPack » ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français. « D’autres utilisations en zones difficiles sont envisageables : lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux  », selon Samuel Mercier.

Grâce à cette invention, l’infirmier urgentiste à obtenu la plus prestigieuse récompense du concours Lépine, le prix du président de la République, sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres.

[...]

Source : 20minutes.fr Vanessa Rodrigues Biague

AB

Arrêt cardiaque, lecture continue

jeudi 7 septembre 2017

Retrouvez les articles sur l’arrêt cardiaque dans l’article dédié aux dernières recommandations 2015-2020.

Les quatre derniers articles intéressants de la semaine sont aussi sur le forum.

  • La question de la fréquence optimale de la ventilation pendant la réanimation cardio-respiratoire
  • Les femmes moins performantes pour une réanimation cardiopulmonaire
  • Un an après l’ECMO, comment vont-ils ?
  • Le SAOS protégerait le cerveau en cas d’arrêt cardiaque

Bonne lecture

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En relation

AB

Rapport relatif aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015

mardi 12 juillet 2016

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président - M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 M. Georges FENECH Président-M. SÉBASTIEN PIETRASANTA Rapporteur

Le rapport présente 434 pages sur les attentats en France en 2015. Et mille pages d’annexes (les auditions).

Parmi les points mis en évidence, le document met clairement en lumière les "ratés " qui ont permis aux terroristes de Paris d’échapper à la surveillance. Ils étaient pourtant connus, à un titre ou un autre, des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Tous avaient été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés, à un moment de leur parcours de la délinquance à la radicalisation violente.

Voici les principaux constats de la commission :

Pour la création d’une "agence de lutte contre le terrorisme"

Pour éviter de nouvelles attaques, la commission prône notamment la création d’une "agence nationale de lutte contre le terrorisme" placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créée après le 11 septembre 2001.

La nécessité de fusionner les trois forces d’élite

Le soir du 13 novembre, "l’intervention des forces d’intervention a été rapide, efficace et a démontré qu’elles étaient capables de collaborer", estime le rapporteur, le député socialiste Sébastien Pietrasanta qui s’interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d’intervention spécialisées" et préconise, à terme, "la fusion des trois forces d’élite" (GIGN, Raid et BRI).

Pas gagné d’avance à mon avis.

Pour la création de "colonnes d’extraction" des victimes

Le principal problème, selon la commission, a été l’évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d’urgence n’avaient pas accès au périmètre des forces d’intervention. Dans ses 39 propositions, la commission préconise ainsi l’instauration de "colonnes d’extraction" des victimes.

L’échec du renseignement

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

Des failles dans le renseignement pénitentiaire

L’attaque du Bataclan n’aurait pas pu être évitée

Des doutes sur l’efficacité des dispositifs de sécurisation du territoire

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Pour ceux qui voudraient lire les retex, ils sont disponibles sur l’article Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu

A lire Les rapports, les référentiels sur les services d’urgence

AB

Matos news 3

vendredi 24 juin 2016

Les moniteurs de la douleur dont disposent les anesthésistes depuis 2010 surveillent le diamètre de la pupille de l’œil ou la fréquence cardiaque. «  Leur faiblesse vient du fait qu’ils sont basés sur un seul paramètre. L’avantage du nouveau moniteur que nous étudions est qu’il est multiparamétrique  ». Le système nerveux autonome et le système hormonal de l’organisme réagissent aux stimuli douloureux par divers mécanismes qui induisent des changements mesurables.

Le nouveau moniteur dénommé PMD 200 (pain monitoring device) est équipé d’une technologie mise au point par la compagnie Medasense Biometrics Ltd. en Israël. Il se compose d’une petite sonde que l’on pince au bout du doigt du patient. Cette sonde est munie de quatre capteurs. L’un d’entre eux enregistre une courbe de pléthysmographie, qui décrit les variations du volume sanguin au moyen d’une mesure de la pulsatilité des capillaires, ces petits vaisseaux entre les artères et les veines. À chaque battement cardiaque se produit une onde de pulsatilité dans les capillaires. Cette onde de pulsatilité permet de calculer la variabilité de la fréquence cardiaque.

Ce nouveau dispositif surveille continuellement ces paramètres physiologiques qui sont affectés par les stimuli douloureux et par l’administration d’analgésiques. Un algorithme mathématique analyse ces données physiologiques et les convertit en temps réel en un index de douleur appelé Nol (pour nociception level index). Les valeurs de cet index sont représentées sur une échelle de 0 à 100. Une valeur entre 0 et 10 signifie que le patient ne ressent pas de douleur et qu’on peut même alléger un peu les doses d’analgésiques. Une valeur entre 10 et 25 est idéale. Et une valeur dépassant 25 signifie que le patient est en douleur et qu’il faut augmenter les doses.

Lire la suite sur le forum

- Le site medasense

- Les articles sur la douleur

  • Douleur (le point de vue juridique)

AB

Matos news 2

samedi 21 mai 2016

Le laboratoire Dräger publie une alerte sur le remplissage des cuves de desflurane avec le produit du laboratoire Baxter.

Mesures de précaution au remplissage des cuves de desflurane Dräger

A lire et à diffuser autour de nous.

AB