Histoire de la médecine d’urgence

et de l’évacuation sanitaire (Evasan)
jeudi 26 mai 2011
par  Arnaud Bassez
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Dernière actualisation 19 juillet 2016

La Médecine d’Urgence telle qu’on la connaît aujourd’hui doit beaucoup à la médecine militaire. Actuellement encore, quelques unités militaires font référence en ce qui concerne la médecine préhospitalière : les Sapeurs-Pompiers de Paris et les Marins-Pompiers de Marseille ainsi que les Unités d’Intervention de la Sécurité Civile.

En France, les transports sanitaires d’urgence assurés par le SAMU, les SMUR, le service de santé de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) sont précoces, rapides, confortables et médicalisés. Ces caractéristiques sans lesquelles l’évacuation n’est qu’un simple transport, parfois même une véritable blessure supplémentaire, sont le fruit d’une évolution qui est indissociable des progrès réalisés par la réanimation militaire à l’occasion de chaque conflit.

Regardons l’évolution au fil du temps qui a amené la médecine d’urgence à son niveau actuel.

SOMMAIRE

Histoire

Antiquité - 1870

De tout temps, le sort des blessés sur le champ de bataille a préoccupé les autorités civiles et militaires. Le souci de les récupérer et de les soigner, procède de deux intentions complémentaires : l’une purement militaire destinée à remettre le blessé en état de combattre, l’autre humanitaire, facteur moral essentiel pour le blessé potentiel qu’est tout combattant.

Déjà dans l’antiquité existait au VIème siècle un corps de cavaliers infirmiers, les despotatoi, (équivalents aux moines infirmiers chrétiens, les parabalani (ou parabolani) à raison de 8 à 10 par tagma, bataillon tactique de l’armée byzantine,chargés d’évacuer les blessés vers les barbiers (chirurgiens de l’époque) lors des combats contre les barbares et créé par l’empereur Mauricius. Les guerres de religion virent la création d’ambulances militaires au rôle identique.

Au XVIe siècle, en 1537, Ambroise PARE chirurgien français, inventeur de la science chirurgicale, domine le monde de la chirurgie de par ses apports considérables pour l’époque.

Rendu célèbre par sa découverte de la ligature des artères, qu’il substitua à la cautérisation dans les amputations, (même s’il semble que CELSUS, médecin et écrivain de l’antiquité, soit le premier à y avoir songé), il développe la conception d’une chirurgie moderne sur les champs de bataille des guerres d’Italie et impose la notion de la présence de médecins ou de chirurgiens prenant en charge le plus rapidement possible les combattants.

En 1544, François 1er créa le grand bureau des pauvres chargé d’aller chercher à domicile les malades indigents et trop faibles pour se rendre à l’Hôtel Dieu.

1590, sous le règne d’Henri IV, l’armée royale affecte du personnel au relevage et au transport des blessés. Caissons d’artillerie, mulets, chariots, bras...pas de matériel spécifique mais une simple reconversion momentanée des moyens de transport de marchandises.

La médecine d’urgence allait également bénéficier des découvertes scientifiques qui marquent les XVIème XVIIème et XVIIIème siècles et tout particulièrement sur la respiration et la circulation sanguine fondées sur les conceptions de HARVEY et de LAVOISIER sur la combustion.

En 1740, REAUMUR dans son "avis au peuple pour donner les secours à ceux que l’on croit noyés", développe des notions souvent encore actuelles sur la prise en charge des noyés. Cet article réédité à plusieurs reprises sera reproduit in extenso dans de nombreux journaux français.

En 1741, Le Docteur PETIT présente un Mémoire à l’Académie Royale des Sciences sur les secours à donner aux noyés, sujet qui retient l’attention des médecins de ce siècle.

En 1755, le Docteur TISSOT évoque pour la première fois la médecine d’urgence dans son avis au peuple sur sa santé.

Elu échevin de Paris en 1770, l’ancien maître en pharmacie Philippe-Nicolas PIA est chargé en 1772 par le service des secours publics de Paris, d’organiser la prise en charge des noyés. PIA étudie la possibilité de créer des structures permanentes de secours. Il n’y aura pas pour autant d’infirmière dédiée à ce secours à la population. Profitant de sa charge d’échevin lui conférant le commandement de la garde municipale de Paris, PIA affecte une surveillance constante dans ces postes de secours installés le long des quais, et entreprend de dispenser aux gardes un enseignement médical pour prodiguer les soins aux victimes. Afin d’inciter les vigies à l’assistance, une prime pour chaque personne secourue est versée…
Dans chaque poste, les gardes détiennent une boîte de secours et un brancard. Ces pavillons sont reliés, grâce au télégraphe, au poste de police le plus proche, un agent se charge alors de faire appeler un médecin.

Dans des coffres de bois, PIA réunit les médicaments et appareils nécessaires à la réanimation. On y trouve sa machine fumigatoire destinée à injecter la fumée de tabac dans l’intestin du noyé.
Cette machine imaginée par Philippe-Nicolas Pia fut disposée le long de la seine dans des boites-entrepôts contenant le mode d’emploi et tout le matériel nécessaire pour secourir les noyés. Son fonctionnement était basé sur l’excitation du système nerveux. Les sauveteurs devaient déshabiller le noyé, l’essuyer avec de la flanelle, le couvrir d’un bonnet puis faire entrer de l’air dans les poumons en soufflant dans la bouche par le moyen d’une canule, et enfin introduire dans les intestins de la fumée de tabac par le fondement, en se servant de la machine fumigatoire, tout en chatouillant le dedans du nez et de la gorge avec une plume et en frottant la surface du corps avec une flanelle imbibée d’eau-de-vie.

L’usage de la Boîte-entrepôt de Pia, s’étend dans le royaume, les villes de province y sont incitées par l’administration royale. Son œuvre sera balayée par les soubresauts de la Révolution. En 1806 deux systèmes de secours se maintiendront à Paris et Montpellier. A Paris, le pavillon de secours de Grenelle fermera en 1859, tandis que celui du pont des Arts officiera jusqu’en 1879.

En 1775, sur 41 personnes repêchées dans la seine, 35 sont réanimées et sauvées.

En 1790, près de 130 villes françaises sont équipées de ces coffrets de premiers secours.

1792, il faut attendre la fin de la révolution pour lire une ordonnance du ministère de la guerre en date du 12 novembre 1792 déclarant ceci :

" Le Ministre de la guerre prévient ses concitoyens qu’en exécution du décret de la Convention Nationale du 12 de ce mois, qui ordonne l’établissement aux armées, de voitures couvertes et suspendues pour le transport des malades et des blessés. Les charrons et autres artistes sont invités à proposer, d’ici au 30 de ce mois inclusivement, des modèles de voitures qui réunissent la commodité des malades à la solidité de la construction. Tous les modèles seront examinés par le conseil de santé des hôpitaux militaires, assisté de plusieurs artistes et l’auteur du modèle qui sera préféré obtiendra une récompense de la somme de 2000 livres. Signé : Pache"

Vingt-huit modèles furent étudiés mais, après trois mois de délibérations, aucun ne fut retenu.

Deux ans plus tard, en 1794, sous le premier Empire, le baron Dominique-Jean LARREY, chirurgien en chef de la Grande Armée de Napoléon, et le baron Pierre-François PERCY, chirurgien, inspecteur général du service de santé des armées impériales, instaureront la notion de chaîne des secours par des ambulances médicalisées qui prendront en charge les blessés, depuis l’avant jusqu’à l’arrière afin de les traiter au sein d’un hôpital de campagne.

Pour cela ils imaginèrent deux types de voitures médicales transportant du matériel chirurgical et des pansements, mais qui différaient dans leurs fonctions.

Alors que la bataille d’Eylau venait à peine de s’achever, PERCY rapporte cette conversation avec NAPOLEON 1er :
[…] L’Empereur demanda à Monsieur LOMBARD (commissaire des guerres) s’il avait du monde pour le seconder. Il lui a été répondu qu’il n’y avait ni économes, ni employés, ni infirmiers, mais que nous ne manquions ni de linge de charpie, ni d’instruments, etc.
- Quelle organisation, dit l’Empereur, quelle barbarie !
- Sire, a ajouté Monsieur LOMBARD, lorsqu’on est sûr d’être supprimé à la paix, quelque bonne conduite que l’on ait eue pendant la guerre la plus pénible et la plus périlleuse, il est difficile qu’on ait du zèle et qu’on se décide à suivre une armée comme employé ou comme infirmiers.

C’est un médecin anglais, John HUNTER, mort en 1793, qui décrit pour la première fois d’une manière complète, l’assistance respiratoire et qui la désigne comme seule méthode efficace.

Le massage cardiaque externe, quant à lui, ne sera décrit qu’en 1900, même si Sir William Arbuthnot Lane l’a décrit lors d’une intervention chirurgicale et que l’on attribue la paternité de la réanimation cardio pulmonaire à Peter SAFAR.

On peut toutefois constater que jusqu’à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, la médecine préhospitalière la plus efficace sera avant tout une médecine de type chirurgical.

C’est d’ailleurs le baron Dominique-Jean LAREY, chirurgien de Napoléon, qui développera pendant les campagnes napoléoniennes et tout particulièrement pendant la retraite de Russie, la notion même de chaîne des secours depuis la prise en charge à l’avant des blessés jusqu’à l’arrière où les traitements se font au sein d’un hôpital. Il mettra en œuvre d’ailleurs pour ce faire des ambulances médicalisées qui prendront en charge le blessé, le traiteront en urgence et le transporteront vers l’arrière.

Jusque-là en effet, les blessés devaient attendre la fin des engagements avant de recevoir les premiers soins.

Le Baron Pierre-François Percy, chirurgien-chef des armées de la Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Rhin organisa les corps ambulants de chirurgiens militaires pour recueillir et soigner les blessés sous le feu de l’ennemi.

Larrey et Percy imaginèrent deux types de voitures médicales transportant du matériel chirurgical et des pansements, mais qui différaient dans leurs fonctions :

- "l’ambulance volante", utilisée par Larrey en 1797 dans l’armée d’Italie, disposait de voitures à chevaux transportant deux à quatre blessés et représentant un moyen d’évacuation relativement confortable vers l’arrière, analogue au scoop and run américain.

- le "Wurst", (saucisse en raison de sa forme) crée par Percy en 1799 était un caisson d’artillerie permettant d’amener rapidement sur le champ de bataille le chirurgien et ses aides. L’équipe se composait de 3 chirurgiens et un soldat infirmier qui allait au plus près de la ligne de feu avec du matériel de secours et de soins aux blessés, rendant le principe analogue au stay and play des SMUR français.

La campagne d’Égypte vit des blessés transportés à dos de chameaux dans des nacelles individuelles.

Percy imagina également le brancard démontable dont chaque montant était constitué de la lance du brancardier. Ce dernier était également équipé de moyens de soins à l’intérieur de son shako.

Plus tard en 1870, eut lieu la première évacuation sanitaire "aérienne" où 160 blessés furent transportés par ballon lors du siège de Paris.

Cette conception moderne de la prise en charge des blessés sur terrain militaire sera développée tout au long du XIXème siècle. Mais il faut attendre la guerre de Crimée et la naissance de la Croix-Rouge suite à la bataille de Solférino, pour qu’apparaisse la notion d’intervention médicale de type civil tant sur terrains militaires qu’en période de paix.

24 juin 1859 : Témoin « en simple touriste, présent par un concours de circonstances particulières  » de la bataille de Solferino, un citoyen suisse, Henry Dunant, improvise des secours avec la participation des populations civiles locales. Intervient pour la première fois, la prise en charge de blessés par des moyens des secours civils. Par la suite, quelques expériences éparses auront lieu tentant de mettre en place un système d’aide médicale préhospitalière au sein des grandes villes.

Si on note la présence d’infirmiers dès la guerre de sécession aux USA en 1861, pour les soins aux blessés des champs de bataille, favorisant toujours ce concept d’abord militaire, on cherchera dès la guerre finie, à adapter la prise en charge des secours vers la population civile. Un précurseur s’impose. Le Dr Edward Barry DALTON, chirurgien dans l’armée du Potomac, eut la tâche d’établir des hôpitaux de campagne derrière les lignes de combat. Les blessés, souffrant principalement de blessures par balles et de fractures associées, étaient retirés de l’avant à l’aide des brancards et de chariots tirés par des chevaux et des chariots à deux roues. DALTON s’est-il inspiré des travaux de PERCY et de LARREY ?

Revenu à la vie civile, DALTON se fait engager par l’hôpital Bellevue de New York, où le 1er juin 1869, il met en place au service de la ville, son service d’ambulances médicalisées, centralisées par un standard.

Bellevue Hospital Am­bulance with Attenda­nts-1895

Si le blessé n’est pas transportable au poste de police, l’alerte est donnée directement à l’hôpital par l’appareil télégraphique le plus proche. 43 secondes après, l’ambulance sort de l’hôpital. A l’intérieur de ces voitures attelées à un cheval, se trouve un brancard monté sur un rail, une caisse est aménagée avec des instruments et des médicaments. Le médecin est assis à l’arrière et le cocher actionne au pied une sonnerie afin de demander le passage.

1880, A Paris, suite à un voyage aux USA, le Dr. Henri Nachtel, fait une communication à l’Académie de Médecine sur l’organisation du Service d’Ambulances Urbaines de la Ville de New York (opérationnel depuis 1860). Ces ambulances sont installées dans tous les hôpitaux, elles disposent d’un médecin à bord (interne ambulancier), intervenant dans les plus brefs délais sur les lieux d’un accident, où des soins immédiats sont dispensés.

1923 Bellevue Hospital ambulance ; automobiles

En 1881, il publie un ouvrage consacré à « l’organisation à Paris d’ambulances urbaines analogue à celles des grandes villes d’Amérique » et aux « premiers secours aux malades et blessés tombés sur la voie publique, dans les ateliers, usines, etc. » afin de démontrer l’efficacité du système et d’obtenir la création d’un service semblable à Paris.

Il obtient une lettre-préface, écrite à Paris le 3 juillet 1884, par le conseiller de Paris, un certain Victor Hugo :
« New-York a commencé, Paris continuera... Ce que vous conseillez, Monsieur, est conseillé par la raison et par l’évidence. Le succès confirmera vos affirmations ; il est clair, il est net, il est humain. Je vous approuve et je vous félicite  ».

En 1887, NATCHEL créer l’œuvre privée des ambulances urbaines à l’hôpital Saint Louis, pour le transport des malades et des blessés. Six arrondissements sont reliés par un système d’avertisseur télégraphique à une station, où deux ambulances fonctionnent avec un cocher ambulancier et un interne ambulancier de garde 24h/24 . Ils sont chargés du ramassage et du conditionnement des blessés sur la voie publique.

En 1889 une autre organisation, les ambulances municipales, organisées par la Préfecture de la Seine, fait concurrence au transport du Dr NATCHEL. Pourvues d’une infirmière à bord, les trois ambulances municipales disposent de deux stations d’ambulances municipales, rue de Chaligny dans le 12e, en face de l’hôpital Saint-Antoine et rue de Staël, dans le 15e arrondissement. Ces ambulances, « paramédicalisées » diffèrent des ambulances urbaines par le type de malade transporté et par le degré d’urgence rencontré. Elles sont en principe réservées au transport des contagieux (épidémie de variole) vers l’Hotel Dieu et des femmes en couches. Les ambulances urbaines gérant les cas « pressés » et les accidentés.

Ces deux types d’ambulances qui se font concurrence, sont des voitures tirées par un cheval et conduites par un cocher. Chaque station d’ambulance fonctionne de façon relativement autonome. Cependant il existe un poste central d’appel (au 5 avenue Victoria) qui est informé du mouvement des véhicules. C’est ici qu’arrivent les demandes de transport et de là que partent les ordres. Les pharmacies et les poste de police peuvent cependant téléphoner directement à l’hôpital Saint Louis. C’est déjà une amorce de régulation.

Les ambulances municipales organisées par la préfecture seront supprimées en 1907 après 20 ans de service, les secondes seront confiées pour gestion à l’assistance publique de Paris qui les laissera péricliter en raison des problèmes financiers qu’elle soulevait.

Pourtant l’activité n’a cessé de croître : en 1888 il y eut 640 transports médicalisés et en 1907, 7 268 soit 20% de l’activité totale ; 28172 étant des transports non médicalisés.

En 1941, après de nombreuses réorganisations, c’est sous l’autorité de l’Assistance Publique que désormais fonctionnera le Service des Ambulances des Hôpitaux de Paris.

Parallèlement à toutes ces expériences, le XIXème siècle et tout particulièrement la fin du XIXème siècle verra émerger une nouvelle discipline médicale, l’anesthésiologie, tout d’abord dans les pays anglo-saxons et plus tardivement en France. Pourtant le début du XXème siècle verra une quasi-disparition de l’aide médicale préhospitalière fondée sur les principes définis au XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle. C’est ainsi que disparaîtra l’enseignement des gestes de premiers secours au sein des facultés de médecine.

1914 - 1918

La "grande guerre" est à bien des égards, la première guerre que l’on pourrait qualifier de "moderne" quant à l’atrocité des pertes, la puissance des moyens de destruction employés (bombardements d’artillerie, gaz de combats, armes automatiques, lance-flammes) mais heureusement aussi par les techniques médico-chirurgicales de l’époque. L’anesthésie était connue depuis 40 ans, les grandes règles de la chirurgie moderne pratiquées ainsi que l’asepsie. Ce premier conflit mondial provoqua de nombreux progrès, notamment dans la catégorisation des blessés et la création de formations de traitement de l’avant.

La réorganisation du service de santé datait de 1900. Chaque régiment disposait de postes de secours et de véhicules hippomobiles d’évacuation. Des ambulances divisionnaires étaient chargées du recueil et du classement des blessés (on ne parlait pas encore de triage). Des ambulances divisionnaires immobilisées étaient prévues ainsi que des hôpitaux de campagne de 100 lits pour le traitement des blessés graves. Les blessés étaient ensuite évacués par voie ferrée vers les hôpitaux de l’arrière.

Dès le début de la guerre, la brutalité des engagements dépassa les moyens du service de santé qui dut faire face à un afflux massif de blessés. Le soutien santé reposa alors essentiellement sur les médecins de bataillons qui firent parvenir les blessés vers les gares les plus proches d’où ils étaient acheminés vers l’arrière par voie ferrée dans des conditions désastreuses.

Affiche 1 composition d’un poste de secours sur le front vers 1914
Affiche envoyée par Guillaume R. Avec tout mes remerciements.
Affiche 2 composition d’un poste de secours sur le front vers 1914
Affiche envoyée par Guillaume R. Avec tout mes remerciements.
Dictionnaire des termes médicaux de 1914-1918 (Françoise Kern-Coquillat)

La doctrine de l’époque était de pratiquer un déblaiement hâtif de la zone des armées en évacuant tous les blessés à l’exception des "intransportables" au plus loin dans des wagons pour 40 hommes et 8 chevaux, avec un peu de paille, sans commodité ni aucune communication entre les wagons. Les convois mettaient deux, voire 5 jours pour parvenir à destination. Les morts encombrant littéralement les wagons, étaient déchargés en route ou séparés des survivants dans les gares.

Le Dr. Gray, médecin militaire britannique, pense que le choc induit par le transport peut être minimisé par l’immobilisation et l’analgésie et qu’il fallait conditionner le blessé avant de la transporter.

On s’accorde pour considérer que la première evasan s’est déroulée au Royaume de Serbie en novembre 1915, où une escadrille commandée par le capitaine DENGELZER évacue une douzaine de blessés sur le trajet Prizren, Shkodër, Aleso. Même si l’on retrouve trace d’une évacuation sanitaire aérienne par ballon durant le siège de Paris en 1870. Mais cruauté de l’ Histoire qui ne retient pas toujours le précurseur, c’est le Dr Jacques Antoine Eugène CHASSAING engagé et affecté aux ambulances chirurgicales comme médecin aide-major de deuxième classe pendant la première guerre mondiale, qui par ses actions et initiatives sur le transport des blessés par avion, est considéré comme le père de l’aviation sanitaire, dès 1917 lorsqu’il modifia un appareil de combat pour le transport sanitaire, mais celui-ci ne fut jamais utilisé sinon pour des blessés fictifs tant les conditions de transport étaient précaires.

Le combat devenant fixe, le problème majeur devint celui du ramassage des blessés entre les lignes provoquant des pertes importantes parmi les brancardiers. Devant les échecs des évacuations de 1914, des ambulances, véritables hôpitaux temporaires, furent alors crées à distance des lignes hors de portée de l’artillerie. Dès 1915, la surcharge de ces ambulances lors de l’afflux massif de blessés nécessita la création de formations de triage où les blessés étaient catégorisés en différents degrés d’urgence, puis évacués par véhicules hippomobiles vers les formations de traitement.

En 1916 furent créées les ambulances chirurgicales mobiles à trois équipes chirurgicales s’implantant selon les circonstances. La Croix-Rouge et de nombreuses initiatives privées multiplièrent hôpitaux et ambulances.

En 1917, l’automobile entra dans le service de santé avec les ambulances chirurgicales automobiles ou « auto chir ».

Il s’agissait de petits hôpitaux mobiles, autonomes, munis de salle d’opération, de laboratoire et de salle de radiologie automobile, préfigurant la conception actuelle des shelters.

Il convient de ne pas oublier de formidables femmes.
Marie Félicie Élisabeth MARVINGT, (1875-1963), pionnière de l’aviation française, surnommée « la fiancée du danger ». Durant la guerre de 1914-1918, elle rejoint avec l’aval du maréchal Foch, le 3e régiment de chasseurs alpins dans les Dolomites italiennes, et œuvre à l’évacuation et la prise en charge des soldats blessés, en terrain montagnard. Ayant suivi des études d’infirmières à la faculté de médecine de Nancy, elle est intervenante volontaire pour la Croix-Rouge, et assume les fonctions d’infirmière de guerre et d’aide-chirurgicale de campagne. Elle dispense des cours de médecine aéronautique et créer le premier corps des infirmières de l’air.

Seul témoignage du projet, un dessin coloré réalisé par le peintre Emile Friant en 1914 et représentant Marie Marvingt et un médecin portant secours à un blessé de guerre avec le fameux monoplan en arrière-plan.

Le 10 mai 1929, la création du 1er congrès international de l’aviation sanitaire à Paris au cours duquel 41 nations sont représentées, se tient en grande partie grâce à elle.
En 1934, elle se voit décerner la médaille de la Paix du Maroc pour la création du service civil d’ambulances sanitaire aériennes « les ailes qui sauvent » dont elle est présidente. Elle est vice-présidente des « amis de l’aviation sanitaire », et s’occupe du service des infirmières de l’air, devenant la première diplômée dans cette activité, avant de se lancer dans une carrière de journaliste, écrivain et conférencière sur l’aviation sanitaire.

Elle devance de par ses actions, le Dr KIRSCHNER, un chirurgien officiant à Heidelberg qui écrivait en 1936 : «  Il ne s’agit pas d’amener aussi vite que possible le malade chez le médecin, mais le médecin auprès du malade ou du blessé. La menace est à son point culminant à proximité immédiate du moment et du lieu de l’accident. »
Durant la Seconde Guerre mondiale, Marie MARVINGT officiera en tant qu’infirmière de l’air et invente un nouveau type de suture chirurgicale. En 1939 elle fondera un centre d’accueil pour les aviateurs blessés et convalescents.

L’entre-deux-guerres

C’est l’expérience de la grande guerre qui permit en 1924, grâce au médecin commandant COT, de voir le régiment de sapeurs-pompiers se doter jusqu’en 1935 du premier service médical d’urgence, au profit des nombreux brûlés et intoxiqués par l’oxyde de carbone du Paris insalubre d’après-guerre : le service de secours aux asphyxiés. Estimant que les soins doivent aller à la victime et non l’inverse, il s’insurge contre le transport rapide et sans précautions d’une victime évacuée rapidement vers l’hôpital.

Sont apparues alors des notions tout à fait modernes comme la rapidité d’intervention, la médicalisation des soins, avant tout transport, à l’aide de postes de secours mobiles pour asphyxiés, enfin le transport en milieu hospitalier à l’aide d’une voiture automobile spécialement aménagée sous surveillance médicale. Ce sera la règle des trois principes (sauvetage, secourisme, soins médicaux).

L’entre-deux-guerres vit également le développement de l’aviation sanitaire en liaison avec le service de santé de l’armée de l’Air. De nombreuses évacuations sanitaires furent effectuées en Afrique du Nord et au Proche-Orient. L’apport des femmes se poursuit là encore, grâce à l’association de trois dames fortunées et désintéressées. La marquise de NOAILLES, née Corisande de GRAMONT, Mme Françoise SCHNEIDER et Mme Lilia de VENDEUVRE conçoivent dans le cadre de la Croix Rouge en 1934, une section d’infirmières de l’air qui prennent en 1937, le nom d’Infirmières-Pilotes-Secouristes de l’Air, les IPSA. (lire l’encadré consacré à ces femmes en bas de l’article).

Dès 1936, elles participent bénévolement à des manœuvres d’évacuations sanitaires avec l’armée.

De même, lors de la guerre d’Espagne, l’aviation allemande fit la démonstration des possibilités d’évacuations aériennes massives.

1939 - 1945

L’organisation du service de santé à la fin de la grande guerre fut globalement reconduite en 1939. Les moyens d’évacuation primaire étaient représentés par des ambulances automobiles mais il existait encore de nombreux véhicules sanitaires hippomobiles. De plus, deux sections de quinze avions lucioles étaient destinées aux évacuations aériennes dans la zone d’opération de l’Est, mais les conditions climatiques de l’hiver 1939-1940 empêchèrent leur utilisation.

On retrouve la marquise de NOAILLES, Mme Françoise SCHNEIDER et Mme Lilia de VENDEUVRE, qui suite à l’armistice de 1940 les interdit de vol, animeront l’association Entraide Aviation créée en 1939 pour aider et soutenir les mobilisés de l’armée de l’air et leurs familles.
En mai 1945, pour faire face aux demandes de transport de passagers et de fret, l’armée de l’air crée le Groupement des Moyens Militaires de Transport Aérien (GMMTA), chargé de l’évacuation vers la France de 16.000 prisonniers, 10.000 déportés et 3.500 jeunes du service du travail obligatoire (STO).

L’armée de l’air carencée en personnel spécialisé, fait appel aux IPSA de la Croix-Rouge. De mai à décembre 1945, trente deux femmes volontaires et bénévoles, assurent à bord d’avions sans confort, l’assistance médicale de rapatriés proches de la mort. En octobre de la même année, le Ministre des Colonies fait appel aux IPSA pour assurer le rapatriement, le convoyage et la relève des fonctionnaires et leurs familles, bloqués la guerre durant, en Afrique-Occidentale française, (une fédération d’Afrique de l’Ouest), en Afrique-Équatoriale française, (une fédération d’Afrique centrale) et Madagascar.

Les évacuations vers les hôpitaux de l’arrière devaient se faire par train sanitaire. On s’attendait à une guerre défensive avec des pertes modérées. Rien ne se passa comme prévu et en un mois l’armée française perdit 92 000 tués et 120 000 blessés. Le service de santé fit ce qu’il put au milieu des pires difficultés dues au déplacement permanent des combats, aux liaisons incertaines, à l’encombrement des routes par les réfugiés. La désorganisation des chemins de fer et les coupures de lignes rendirent les évacuations par voie ferrée impossibles.

Plus tard, en 1943-1944, l’équipement en matériel américain de la 1ère armée française répondit avec une grande richesse à la nécessité d’adapter le service de santé français aux impératifs de la guerre moderne : les évacuations se faisaient essentiellement par voie routière dans cette armée entièrement motorisée (on comptait alors un véhicule pour 4 hommes). Ces moyens de transport tout terrain dotés d’appareils de transmission s’avérèrent vite indispensables malgré la lenteur des délais d’évacuation de l’époque (10 heures en moyenne). Néanmoins les évacuations sanitaires aériennes se développèrent.

La campagne de Tunisie vit l’utilisation d’une dizaine d’avions sanitaires "Goélands" remplacés plus tard en Afrique du Nord, en Italie puis en France par des DC3 capables de transporter 20 blessés couchés. En outre, plus de 26 000 blessés et malades bénéficièrent d’évacuations secondaires en Algérie, essentiellement par voie maritime.

Indochine : 1946 - 1954

Dans un pays très étendu de 741 000 km2 couvert à 80% de végétation dense dont 47% de jungle, le service de santé dut adapter à ce conflit de guérilla ses moyens d’évacuation et ses formations de traitement de l’avant dans des conditions d’isolement et de distances très importantes avec l’ « arrière » et la métropole.

Le soutien santé de la guerre d’Indochine, type même de la guerre sans front avec des combats d’embuscade et de points d’appui pesa lourdement sur les épaules des médecins de bataillons aidés dans les grandes opérations par des antennes chirurgicales mobiles ou parachutistes.

Le brancardage, ce classique moyen de ramassage présent sur tous les champs de bataille était parfois le seul moyen d’évacuation possible dans les zones isolées vers un terrain d’atterrissage praticable.

La pente abrupte des sentiers montagnards, la chaleur tropicale humide exténuaient en moins de 15 minutes une équipe de porteurs. Chaque civière nécessitait quatre équipes de deux hommes chargés de la protection et du portage.

Le service de santé disposait d’ambulances américaines lourdes mais robustes ainsi que des classiques Jeeps porte-brancards.

Cependant le réseau routier mal développé, fit que la rivière devint le meilleur moyen de transport avec la création de crabes (blindés amphibies) et de péniches sanitaires qui rendirent de grands services.

La guerre d’Indochine vit se développer également de façon importante les évacuations sanitaires aériennes et notamment le ramassage héliporté : 75 000 blessés furent évacués par air dont 40 000 de façon primaire ; 10 000 l’ont été par hélicoptère dont 9 600 en primaire.

A Dien Bien Phu, l’armée de l’air effectuera 2 000 évacuations sanitaires aériennes dont 250 de nuit. 850 blessés furent récupérés et évacués par avion après la bataille.

Dés 1946, le Morane MS 500 qui transportait 2 blessés couchés dans des brancards superposés dans l’habitacle, était le seul moyen d’évacuation primaire. Mais il restait tributaire d’une piste d’envol même sommaire nécessitant souvent de longues heures de brancardage.

Réclamé dés 1948, l’hélicoptère fit son apparition en 1950. Le Hiller 360 petit biplace transportait 2 blessés dans des nacelles extérieures.

Il fut remplacé plus tard par des Sikorsky 551 et 555 (H19) à 4 blessés couchés dans la carlingue.

Alors que l’hélicoptère était devenu en Corée "la bonne à tout faire" qu’était la Jeep en 39-45, le nombre d’appareils présents en Indochine fut toujours très réduit (inférieur à 100). Il leur était impossible de voler de nuit ou par mauvais temps. Leur vulnérabilité était très grande pour une défense antiaérienne même sommaire et il furent retirés des moyens d’évacuation en 1954 à Dien Bien Phu. Les évacuations secondaires furent effectuées par les vieux Junker JU52 tri moteur à train fixe emportant 8 blessés couchés

puis par le C47 Dakota (DC3) transportant 20 blessés couchés.

Malgré les IPSA (futures convoyeuses de l’air) l’absence de pressurisation et les techniques de réanimation débutantes rendaient ces évacuations plutôt héroïques. Plus de 10 000 blessés furent évacués sur la métropole par voie aérienne, et furent rapatriés après Dien Bien Phu par avion Globe-Masters américains surveillés par une équipe médicale française. Pourtant dans la plupart des cas, les convalescents étaient rapatriés par voie maritime à raison de 5 000 par an.

Il faut attendre le début des années 50 et tout particulièrement le début des années 60 pour que réapparaisse en France une conception de prise en charge préhospitalière médicalisée des détresses médicales ou traumatologiques. Cette nécessité de prise en charge hospitalière est née de la création d’un corps médical d’anesthésistes à partir de 1948 au sein des hôpitaux français et tout particulièrement au sein de l’Assistance Publique de Paris. Ce sont les grandes épidémies de poliomyélite du début des années 50 qui allaient faire bénéficier les patients des nouvelles méthodes de réanimation respiratoire et tout particulièrement des techniques d’intubation et de ventilation contrôlée par respirateur mettant fin définitivement aux anciennes techniques fondées sur la respiration artificielle par poumon d’acier.

Dans la mesure où seuls quelques hôpitaux parisiens étaient équipés de respirateurs modernes, il allait être nécessaire de transférer ces patients d’un hôpital à un autre et pour ce faire utiliser des ambulances qui allaient être médicalisées par les anesthésistes, le malade bénéficiant au sein de cette ambulance des techniques de réanimation que l’on pratiquait jusque là au sein des services hospitaliers. Parallèlement l’explosion de la circulation automobile et son cortège d’accidents routiers allaient amener certains médecins à quitter l’hôpital pour prendre en charge directement au bord de la route ces polytraumatisés pour tenter de les ramener dans les meilleures conditions vers les centres hospitaliers.

Algérie : 1954-1962

La guerre d’Algérie fournit l’occasion de profiter largement de l’expérience acquise en matière d’EVASAN (évacuation sanitaire) en Indochine et en Corée ainsi que des progrès de la réanimation des années 50. Les engagements brefs mais souvent très violents provoquaient de graves lésions très délabrantes comme les coups de fusil de chasse à bout portant, alors que l’artillerie était pratiquement absente des combats. Leur pronostic fut néanmoins nettement amélioré par des évacuations aériennes rapides et médicalisées, ainsi que par une chirurgie de guerre classique associée à une réanimation indispensable.

L’évacuation sanitaire en Algérie fit appel largement, malgré quelques réserves au début, à la voie aérienne. Certes, en cas d’indisponibilité technique ou météo, le service de santé disposait des moyens terrestres habituels : ambulances, Jeeps, porte-brancards, half-tracks sanitaires. Néanmoins, chaque fois que possible, l’hélicoptère ou l’avion léger permit un transport rapide, atraumatique, d’autant qu’un même brancard était utilisé de la relève à l’hospitalisation.

113 000 EVASAN furent effectuées dont 55 000 primaires, 20 000 secondaires et 36 000 tertiaires sur la métropole dont beaucoup de convalescents assis parmi ces derniers. L’hélicoptère fit la démonstration de son efficacité avec 50 000 EVASAN assurée par des Bell H19 , Alouette II , H21 Piasecki et surtout H34 Sikorsky.

Pour les deux premiers, les blessés étaient installés sur un porte civière latéral, protégé par une bâche et un cockpit en Plexiglas permettant une surveillance sommaire par le pilote. Les évacuations secondaires étaient effectuées par avion Broussard (2 blessés couchés avec un convoyeur), C47 Dakota (20 blessés couchés) et N2501 Nord-Atlas dont la version sanitaire spécialement étudiée pouvait transporter 18 blessés couchés ou 30 assis.

Les progrès de la réanimation respiratoire consécutifs à l’épidémie de poliomyélite de 1954, permirent les premières évacuations aériennes avec des patients perfusés et sous ventilation artificielle pendant le transport. La guerre d’Algérie fut également l’occasion de l’utilisation des techniques modernes de la médecine l’urgence par de nombreux médecins d’active et du contingent qui les appliquèrent à leur retour en métropole aux accidents de circulation et du travail et qui furent donc les précurseurs de la médicalisation du transport d’urgence.

1954, le professeur M.Cara dirige le Laboratoire Expérimental de Physique & participe à l’équipement des centres de traitement de la poliomyélite, il met au point les techniques de ventilation artificielle. Beaucoup de centres ne sont pas équipés de respirateurs et un nombre important de patients insuffisants respiratoires meurent durant leur transport vers les centres spécialisés. L’Assistance publique de Paris va demander au Laboratoire Expérimental de Physique de mettre au point le matériel et les techniques pour que les transports de ces patients se déroulent dans les meilleures conditions.

Le premier Service Mobile d’Urgence et Réanimation fut créé à Paris en 1956 par le professeur Maurice Cara à l’hôpital Necker, pour le transports inter-hôpitaux de patients insuffisants respiratoires graves sous assistance respiratoire avec un médecin, dans un rayon de 200 km autour de Paris.

Le premier transport (26 mai 1956) est celui d’un patient atteint de tétanos qui est ramené du nord de la France à l’hôpital des Enfants Malades. L’équipage d’une ambulance se compose d’un médecin du Laboratoire Expérimental de Physique, d’un chauffeur et d’une infirmière du service des ambulances de l’Assistance publique.

A l’époque il y avait une seule UMH pour toute la France et le Médecin de cette Unité s’autorégulait.

Suite au travail du Pr. Arnaud, chirurgien des Hôpitaux de Marseille, qui établit la notion de polytraumatisé au congrès de chirurgie de 1957, le docteur Paul Bourret créa en septembre 1957, la première unité mobile pour le secours aux accidentés de la route à Salon-de-Provence.

Paul Bourret à Salon de Provence 1957 (photo site CHAR)

Le premier décret sur l’organisation des secours aux victimes d’accidents de la route date du 3 août 1959.
En 1961, le Pr Marcel Arnaud, un chirurgien marseillais, publia le premier ouvrage pratique sur les secours aux accidentés de la route, et montra la spécificité de ces blessés, et les moyens de mieux les prendre en charge.

1962 : Le Pr. Larcan crée "SOS Nancy " le premier SMUR urbain.

1967 : Les Pr. Serre et Du Caillard créent un service utilisant des hélicoptères et des ambulances dotés de moyens de transmission téléphonique dont beaucoup de services vont s’inspirer. Ils sont à l’origine du sigle S.M.U.R.

Si le décret prônant la nécessité de doter les centres hospitaliers de moyens mobiles de secours ne date que du 2 décembre 1965, il faut attendre 1967 pour voir apparaître le premier service d’aide médicale d’urgence à Toulouse (Pr Lareng), officialisé le 16 juillet 1968. D’autres expériences sont réalisées avec succès à Nancy (Pr Larcan) à Montpellier (Pr Serre), ainsi qu’à Paris (Pr Cara) et les premiers transports primaires médicalisés réalisés en région parisienne le sont par la brigade des sapeurs pompiers de Paris (BSPP) puisque l’ambulance de réanimation N°1, date du 11 novembre 1967.

Pendant ce temps, le 20 juin 1966, le Docteur Lascar, médecin généraliste à Paris, créait SOS MÉDECINS suite à un fait tragique.
Un de ses patients, décède d’une crise cardiaque, faute d’avoir pu joindre un médecin un samedi après-midi.

Paradoxalement, relate le Docteur Lascar :
« le week-end précédent, en butte à une fuite d’eau dans ma baignoire, j’avais été dépanné dans le quart d’heure par SOS dépannage ».

Jugeant que la santé de l’homme valait mieux qu’un simple tuyau de plomb, il créa SOS MÉDECINS. A une époque où le SAMU n’existe pas, le concept est révolutionnaire.

Depuis, SOS MÉDECINS France représente 70 Associations dont les médecins ont effectué plusieurs millions de visites. Même si la notion d’urgence est moindre que les services de SMUR ou des AR de la BSPP, il faut noter le concept du médecin intervenant rapidement à domicile.

De leur côté, les professeurs Lareng, Cara et Serre, firent le constat de la surprenante disproportion entre les moyens mis en œuvre lors de l’arrivée à l’hôpital d’un malade ou d’un blessé grave, et ceux toujours très sommaires ou archaïques utilisés avant la phase hospitalière dans les longues minutes qui suivent l’accident ou le malaise. Ces médecins se lancent dans ce qu’il faut appeler une aventure. Ils trouvent des ambulances, les équipent à grande peine avec du matériel récupéré dans les unités hospitalières et se mettent à la disposition des services publics de secours, gendarmerie, police ou pompiers.

Dans leurs démarches, ils sont observés par une administration généralement sceptique et réservée.

Les confrères hospitaliers y compris les autres anesthésistes réanimateurs ironisent ou les condamnent. L’urgence dérange, les habitudes sont menacées. Est-ce bien en effet le rôle des médecins que d’assurer directement les secours médicaux ? Cette question va rester posée pendant vingt ans durant les années 60-70. Infiniment moins nombreux sont ceux qui s’appuient sur l’idée bien enracinée selon laquelle les secours publics fonctionnent déjà parfaitement bien.

D’une part, les secours publics dégageaient les victimes avec une grande rapidité, conformément aux désirs des autorités et d’autre part les médecins hospitaliers qui pratiquaient leur art, bien entourés dans l’environnement hospitalier qui leur semblait à jamais devoir demeurer le leur, et dont l’hostilité était non dissimulée envers ces nouveaux médecins qui « prenaient en charge un blessé, transportaient un agonisant et hospitalisaient un mourant ».

Dans cette disposition d’esprit, en n’y regardant pas de trop près les victimes qui décèdent avant leur admission hospitalière, sont encore considérées comme victimes de la fatalité. C’est donc le Ministère des Transports qui dans sa recherche d’une meilleure sécurité routière, va aider au développement des premiers SAMU. Un seul fonctionnaire au Ministère de la Santé, Monsieur René COIRIER, va faire avec enthousiasme une politique résolument moderne et soutenir les SMUR, les SAMU et l’aide médicale d’urgence. Ce n’est que tardivement que la sécurité sociale accepte de prendre à charge cette nouvelle médecine hospitalière ou préhospitalière.

Pr Louis Lareng (Toulouse) et René Coirier (Ministère de la Santé) (photo site CHAR)

A partir de 1972, la création et l’implantation des SAMU départementaux de la région parisienne ont nécessité une restructuration du Service Médicale d’Urgence de la BSPP datant de 1976-1977.

Malgré toutes ces entraves, tout au long des années 70, les SAMU se multiplient, les services mobiles d’urgence et de réanimation interviennent de manière de plus en plus massive dans chaque département français.

À partir de 1974, naissent des associations entre la médecine générale et les hôpitaux : AMUAG (Grenoble), ARUM (Rouen), ASSUM 67 (Strasbourg), ASSUM 94 (Créteil)… La gestion et l’animation de la régulation médicale des appels sont confiées aux hospitaliers. Des conventions édictent les règles à suivre.

En 1976, les premiers médecins généralistes viennent à l’hôpital aider leurs confrères hospitaliers pour réguler tant les appels sont nombreux les dimanches et les jours fériés. Cette pratique marginale se généralisera 20 ans plus tard. En 1978, le numéro de téléphone à 2 chiffres, le 15, est enfin rendu disponible, l’automatisation complète du téléphone en France étant enfin réalisée. À titre expérimental, le 15 est attribué pour 2 années au Ministère de la Santé. Depuis 1949, il réclamait en vain l’affectation d’un numéro national d’appel pour les urgences médicales à l’instar de ce que de nombreux pays occidentaux avaient mis en place.

Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Simone Veil , ministre de la Santé et de la sécurité sociale, confie à 4 des 61 SAMU existants couvrant chacun une population différente de tester la meilleure efficacité pour un centre par rapport au volume de la population desservie : 100 000 habitants pour l’Aube (Troyes), 600 000 habitants pour une partie de la Seine-Maritime (Rouen), 910 000 habitants pour l’Isère (Grenoble), et 1 500 000 habitants pour la Seine-Saint-Denis (Bobigny). La ministre Simone Veil publie, le 6 février 1979, une circulaire relative à l’aide médicale d’urgence, l’AMU, « Coopération entre le service public hospitalier et la médecine privée, et la mise en place de Centres 15 »

En 1976, une loi définit pour la première fois l’existence des SAMU et crée un service hospitalier portant ce nom.

Le premier SMUR pédiatrique fut créé en Ile-de-France, au sein du SAMU 93 (hôpital Avicenne -Bobigny, AP-HP), en 1976 par le docteur Jean-Pierre
Fournet, chef du service de réanimation néonatale au Centre hospitalier intercommunal de Montreuil.

En octobre 1977 fut créé le SMUR pédiatrique de Clamart, par le Pr Michel Dehan, à l’hôpital Antoine Béclère (SAMU 92, R. Poincaré - Garches, AP-HP).

Le premier SMUR pédiatrique de Paris commença à fonctionner à Necker - Enfants Malades (Dr Jean Lavaud, SAMU de Paris, AP-HP), le 17 novembre 1979, avec une équipe composée de pédiatres venant des équipes du 92 et du 93 et d’ anesthésistes-réanimateurs du SMUR « adulte » de Necker.

Ce n’est que par la circulaire du 22 juin 1978, que la médicalisation des secours routiers fut préconisée. C’est en 1979 que furent créés les Centres de réception et de régulation des appels (CRRA), dits aussi Centres 15, d’après le numéro de téléphone national gratuit qui lui a été attribué, permettant la réception des appels du public avec écoute et conseil immédiat par un médecin, et la coopération entre les structures hospitalières et extra-hospitalières (circulaire du 6 février 1979)

En 1986, la Loi n° 86-11 du 6 janvier 1986 relative à l’aide médicale urgente et aux transports sanitaires, définit clairement les missions du SAMU, donne un numéro d’appel national à chaque SAMU, le numéro 15, numéro d’appel unique au niveau d’un département et crée ce que l’on va appeler par la suite, un centre 15, centre de réception et de régulation des appels médicaux. Les services mobiles d’urgence et de réanimation, les SMUR, voient également leur existence propre clairement définie.

La conception actuelle des ambulances de réanimation de la BSPP ou des unités mobiles hospitalières des SAMU repose sur un matériel de réanimation sophistiqué permettant non pas une simple mise en condition d’évacuation mais une véritable réanimation sur place au sein d’une cellule vaste permettant un transport confortable lorsque l’état du patient est stabilisé.

Ces impératifs ont nécessité l’adoption de véhicules de transport médicalisés modernes.

A la BSPP, les vieilles cellules Peugeot "J9" qui avaient succédé aux encore plus anciens’"J7" ont été remplacées par un Renault "Master" dont les modifications ont été étudiées par des médecins de la brigade en 1986. La cellule sanitaire de cette nouvelle AR est aussi vaste et aussi bien équipée qu’une chambre de soins intensifs, confirmant ainsi un principe fondamental de la médecine d’urgence moderne où l’hôpital doit se déplacer vers le malade ou le blessé et non l’inverse.

En effet, les ambulances de réanimation de la brigade ou les véhicules des SAMU sont dotées, en plus des classiques matériels de perfusion et de ventilation, d’electrocardioscopes défibrillateurs munis de stimulateur externe, de tensiomètre automatique, d’oxymètre de pouls, de respirateur avec alarmes, de pantalon anti-choc, de scialytique et des mini photomètres capables de déterminer le taux d’hématocrite ou d’hémoglobine.

Il faut ajouter les véhicules de soutien, les VL, qui peuvent arriver en renfort. Idéalement, ce sont des véhicules break, souvent à 4 roues motrices, permettant une tenue de route efficace en toute circonstance, voire des « escapades » en terrain meuble.
Les marques Audi, Volvo, Renault, Peugeot, Skoda, Citroën sont principalement utilisées.
Le cahier des charges pour ces véhicules nécessitent certaines mise à niveau, comme un renforcement du système de frein par exemple, car ces véhicules sont en permanence chargés d’un matériel lourd.

Enfin le renouvellement des hélicoptères avec les obligations de doubles turbines, accroît la sécurité de transport.

Tout ceci est le résultat d’une longue et profonde évolution à laquelle ont largement participé les médecins militaires que ce soit au combat ou au sein du service médical d’urgence de la BSPP, ainsi que les précurseurs de l’urgence préhospitalière, véritables explorateurs de contrées administratives inconnues, les Pr Lareng, Serre, Cara.

Ces défricheurs de terre nouvelles et fertiles, ont donné les lettres de noblesse et d’excellence qui caractérisent la médecine préhospitalière française, différente des paramedics américains, adeptes du scoop and run.

Hommage au professeur Maurice Cara

source :
- cesusamu/appligos/samu/historiquebspp

- smur.sgl.free.fr

- ambulancesara.com

- Smur pédiatrique Historique Etats des lieux
Perspectives, A. Ayachi, J-L Chabernaud

- E et P. Menthonnex, Histoire de la médecine d’urgence de Napoléon à nos jours (Urgences 2010

- Thèse du docteur BAROT. La médecine d’urgence, évolution du concept, de l’antiquité au SAMU

- Thèse du Dr Le QUELLEC, Histoire des urgences à paris de 1770 à nos jours

- TREPARDOUX Francis. Philippe-Nicolas Pia (1721-1799), échevin de Paris, pionnier du secourisme en faveur des noyés (seconde partie). In : Revue d’histoire de la pharmacie, 85e année, N. 316, 1997. pp. 375-384.

- « Trois notes sur l’empereur Maurice », Travaux et mémoires 16 (2011) Cécile MORRISSON, travaux et mémoires, collège de France, CNRS, centre de recherche d’histoire et civilisation de Byzance)

- F.BERTRAND. Origines et évolution de la Médecine d’urgence Hospitalière a Nice. De 1960 a nos jours

- Thèse du Dr Carina POINSOT le 27 Juin 2003 Transferts médicalisés en Haute Marne de 1998 à 2000 : Étude, modalités d’organisation et évolution des indications.

- VINCENT A. Historique – Vue d’ensemble. L’aviation sanitaire, conférences du 26 novembre 1923, à la Société de navigation aérienne, 7-9, Éd. Roche d’Estrez, Paris 1924.

NB : Le travail des SAMU-Centre 15
concerne en 2000, 100 000 sur 1 million d’habitants par an. 30 000 d’entre eux recevront une information ou un conseil médical ou thérapeutique ; 10 000 bénéficieront d’une intervention du SMUR ; 40 000 seront transportés soit par une ambulance privée, soit par un véhicule de secours des sapeurs-pompiers ; les 20 000 restants recevront la visite à leur domicile du médecin de garde. En 2008, les 105 SAMU Centre 15, ont reçu 22,8 millions d’appels et ont ouvert 11,6 millions de dossiers d’affaires médicales.

Au SAMU de Paris, c’est :(données internes 2014)

  • 2500 décrochés par jour
  • 750 dossiers médicaux par an
  • 50 à 70 interventions par jour
  • 20 000 transports SAMU 75 & BSPP par an.

- A lire

  • Le portail de l’urgence mis en place par la SFMU et SUdF, permet de lister l’ensemble des liens d’intérêt pour les médecins et soignants travaillant dans le domaine de l’urgence.
  • Le site urgences-serveur.fr met en ligne des fiches de médicaments et matériels de l’urgence pré-hospitalière.
  • A consulter le site 1914-1918.be. Ce remarquable site belge est une mine de renseignements sur la médecine et ses acteurs du soins durant la “grande guerre” (« personne par la guerre ne devient grand » (Maître Yoda).

NB : Le 4 décembre 2015 est le jour de la publication au JO de l’Arrêté du 13 novembre 2015 fixant la liste des diplômes d’études spécialisées de médecine, actant la création officielle du diplôme d’études spécialisées de médecine d’urgence.

Le 22 décembre 2015, à peine reconnue et déjà impatiente, (les jeunes enfants ne savent pas se tenir correctement...) la SFMU dézinguait les IADE.

§§§

Quelques Définitions

-SAMU

Service d’Aide Médicale d’Urgence. Unité administrative dédiée à la gestion de l’urgence médicale. Elle réceptionne les appels via son CRRA et prodigue conseils ou soins par l’envoi de moyens humains et techniques appropriés.

- Centre 15
Centre de Réception et de Régulation des Appels, ou CRRA

Il s’agit du service hospitalier chargé de la régulation médicale ou CRRA bénéficiant du numéro départemental 15, gratuit.

En fait, le SAMU et le centre 15 sont organiquement liés, situés au même endroit dans un hôpital et bénéficient du statut de service hospitalier sous la responsabilité d’un médecin, chef de service. Les missions du SAMU, structure départementale qui régule par le numéro 15 les appels de détresse et coordonne les secours aux victimes. Au sein du CRRA peuvent travailler aussi bien des médecins hospitaliers que des médecins libéraux.

Réglementairement, les SAMU exercent les missions suivantes :

  • . une mission de renseignements et d’informations : assurer une écoute médicale permanente
  • . une mission de régulation et de mise en œuvre des moyens d’interventions primaires : déterminer et déclencher dans le délai le plus rapide la réponse la mieux adaptée à la nature des appels
  • . l’organisation de l’accueil hospitalier : s’assurer de la disponibilité des moyens d’hospitalisation publique ou privée, et veiller à l’admission du patient
  • . l’organisation des transferts médicaux secondaires inter-hospitaliers : transport dans un établissement public ou privé en faisant appel à un service public ou à une entreprise privée de transports sanitaires
  • . la formation et l’enseignement au sein d’une structure propre, le CESU, Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence
  • . la participation à l’élaboration et à la mise en œuvre des plans de secours départementaux (plans ORSEC…), plans particuliers d’intervention, plans rouges...

Les SAMU peuvent également participer à la couverture médicale des grands rassemblements suivant les modalités arrêtées par les autorités.
Outre leur mission directement liée à l’exercice de l’aide médicale d’urgence, les SAMU participent aux tâches d’éducation sanitaire de prévention et de recherche.

SMUR Service Mobile d’Urgence et de Réanimation

Il s’agit d’un service hospitalier mettant en œuvre une équipe médicale hospitalière et son moyen d’intervention. Les SMUR sont régulés par un SAMU départemental. Il agit dans le cadre d’une intervention médicale à caractère urgent ou en renfort sanitaire.

PMA Poste Médical Avancé

Structure de soins mise en œuvre conjointement par le SAMU départemental et le Service Départemental d’Incendie et de Secours avec le soutien éventuel de secouristes associatifs pour prendre en charge en extra-hospitalier de nombreuses victimes.

Médecin Régulateur

Il s’agit du médecin qui, au sein du CRRA-CENTRE 15, évalue l’urgence de l’appel médical. Ce médecin décide des moyens d’intervention qui seront mis en œuvre (SMUR, médecin généraliste ou médecin d’urgence, ambulancier privé, pompiers, police, ou simple conseil médical), et de l’orientation du malade dans un service hospitalier adapté, et possédant des places disponibles.

On peut noter une particularité régionale dans la région parisienne : le Service Médical des Pompiers de Paris possèdent un Médecin Coordinateur, qui assure les même fonctions de décision et de gestion des moyens, ainsi que d’orientation en hôpitaux militaires (qui accueillent également des personnels civils, grâce à un accord de prise en charge avec la Sécurité Sociale), tout en restant en relation avec le SAMU concerné (selon le département : 75, 92, 93, et 94) pour la gestion des places dans les hôpitaux publics.

ARM : Assistant de régulation médicale ex PARM Permanencier Auxiliaire de Régulation Médicale

Personnel administratif spécifiquement formé, et travaillant au sein du CRRA-CENTRE 15 aide le médecin régulateur en effectuant un premier tri téléphonique et en s’assurant du bon suivi administratif et technique après régulation médicale.

Intervention Primaire

Il s’agit d’une intervention médicale effectuée en extra-hospitalier pour prendre en charge un patient victime d’une détresse médicale traumatologique ou chirurgicale. Cette intervention primaire peut entraîner un transport vers une structure hospitalière publique ou privée. Il s’agit dans ce cas d’un transport primaire.

Intervention secondaire

Il s’agit d’une intervention au sein d’un service hospitalier public ou privé où est déjà hospitalisé le patient. Ces interventions secondaires génèrent généralement un transport secondaire vers une autre structure hospitalière plus adaptée à la prise en charge du cas médical.

VSAB Véhicule de Secours aux Asphyxiés et aux Blessés

C’est l’Ambulance de base des Sapeurs-Pompiers. Il faut distinguer deux véhicules
- VSAV = Une seule victime, qu’elle soit légère ou grave.
- VSAB = Une victime état grave ou deux états légers.

Le tout répondant à des normes spécifiques.

En savoir plus

AR Ambulance de réanimation

Équivalent du SMUR pour la BSPP. Véhicule dédié à la prise en charge de victimes. Le matériel embarqué permet le traitement et le conditionnement du patient sur place avant son transfert vers une unité de soins adaptés, qui aura été cherché par les PARM et/ou le médecin régulateur.
Superposable au SMUR du centre 15.

CODIS

Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de Secours

C’est l’organe de coordination de l’activité opérationnelle des services d’incendie et de secours. Il est dirigé par un officier sapeur-pompier professionnel.

L’officier C.O.D.I.S est immédiatement informé de toutes les opérations en cours et de l’évolution de la situation jusqu’à la fin de celles-ci. Il détermine, quand c’est nécessaire, l’organisation des secours, le volume et la nature des renforts.

Placé sous l’autorité du Directeur Départemental des Services d’Incendie et de Secours, l’officier C.O.D.I.S est chargé :

  • de mettre en œuvre et coordonner la chaîne de commandement,
  • de s’assurer des disponibilités en personnels et en matériels,
  • d’assurer la couverture opérationnelle du département,
  • de prendre en compte les interventions nécessitant l’engagement d’au moins trois centres de secours ou à caractère spécifique,
  • de fixer le cas échéant les priorités d’engagement des différents moyens sur les interventions,
  • de mettre en œuvre les plans de secours, de veiller à l’application de l’ordre de transmissions,
  • de rendre compte au directeur départemental et à l’officier d’astreinte départemental,
  • d’assurer les relations avec le Préfet (tutelle opérationnelle du SDIS), avec les autorités départementales et communales,
  • de prévenir le service communication du SDIS pour la gestion des médias.

Parce qu’ils sont souvent à nos côtés lors d’intervention sur la voie publique, parce qu’ils sont compétents et volontaires, les pompiers ont une histoire qui mérite aussi d’être lue.

Un autre document.

Histoire des pompiers

A lire aussi, le 3SM mag, issu du site éponyme Le site est en sommeil et les "mag" sont entre 2006 et 2009, car tout comme urgences pratiques, les difficultés se sont amoncelées, entraînant la fermeture de la publication. Pour autant ils restent intéressant par bien des aspects. Le directeur de publication, le Dr Jean Claude Deslandes, médecin colonel du SDIS 30, MAR et directeur de rédaction du (regretté) très bon magazine urgences pratiques ayant des difficultés à faire vivre ce qui ne devrait pas l’être justement.

Il est bon de lire ou relire ce travail toujours remarquable de la part de ce praticien de l’urgence qui rebondit avec le congrès Secours Expo. Il y a des personnes qui ne supportent pas l’inaction...

3SM mag n° 19 décembre 2006
3SM mag n° 20 mars 2007
3SM mag n° 20 mars 2007
3 SM mag n° 21 juin 2007
3SM mag n° 22 septembre 2007
3SM mag n° 22 septembre 2007
3SM mag n° 24 mars 2008
3SM mag n° 25 juin 2008
3SM mag n° 26 septembre 2008
3SM mag n°27 décembre 2008
3SM mag n°28 mars 2009

Si vous voulez devenir volontaire au sein du service de santé et de secours médical (SSSM)

Juste pour renseignement, voici les grilles indiciaires territoriales

A noter que IDE ou IADE il n’y a aucune différence de traitement. En argent et en "nature"...


112 numéro européen d’appel d’urgence

Le 112 numéro d’appel européen, qui tend encore à échapper à notre particularisme français, qui se complaît toujours à garder ses numéros 15-17-18 au lieu d’opter pour une simplification des choses.

Exception culturelle quand tu nous tiens...

Quand l’actualité me rattrape dans mes propos

Les pompiers, réunis en congrès à Agen jusqu’à samedi 26 septembre 2015, demandent l’abandon des différents numéros d’appel dédiés aux urgences au profit du seul 112 afin d’améliorer la qualité des secours et d’économiser 100 millions d’euros par an.

Les pompiers demandent un numéro d’urgence unique, le 112

« Les numéros de secours fleurissent et les citoyens n’y comprennent plus rien », a déclaré vendredi à la tribune du congrès, Eric Faure, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). Le regroupement des centres de réception des appels et la mise en place d’un numéro unique permettraient « une clarification, une meilleure efficacité et des économies », a-t-il jugé.

La mise en place de ce numéro unique permettrait d’économiser « 100 millions d’euros par an en charge de fonctionnement », selon les estimations de la FNSPF.

A l’heure actuelle, les pompiers gèrent une centaine de centres de réception du 18 (un par département) auxquels il faut ajouter les quelque 400 centres gérés par la police, la gendarmerie et le Samu dans toute la France, avec force doublons.

Outre le 15, le 17 et le 18 qui sont les plus connus, plusieurs numéros dédiés aux urgences ont été crées au fil des années : le 114 (pour les sourds et malentendants), le 115 (urgences sociales), le 119 (enfants maltraités), le 191 (sauvetage aéronautique) ou dernièrement le 196 (sauvetage maritime).

Les pompiers proposent la mise en place d’une dizaine ou d’une vingtaine de grands centres de réception des appels communs, organisés en fonction des bassins de population. Avec un numéro unique : le 112, numéro d’appel d’urgence européen qui se superpose actuellement aux autres numéros d’urgence.

« La FNSPF estime que la multiplication des numéros d’urgence en France est source de confusion pour le public et est contreproductive » et « considère que le 112 doit devenir l’unique numéro d’urgence en France », est-il écrit dans le document de 8 pages que les pompiers ont édité pour porter leur revendication. Dès janvier, les pompiers de Paris et la police vont expérimenter une mise en commun de leur centres de réception.

AFP


La Star of Life ou croix de vie

C’est une étoile bleue à six branches, avec une bordure blanche, et en son centre le bâton d’Asclépios, autour duquel s’enroule une couleuvre.

Elle est conçue à l’origine par la National Highway Traffic Safety Administration. Ce symbole a pour origine la rune nordique Hagal. Considérée comme la rune de la sagesse, elle était la superposition de deux autres runes symbolisant la vie et la mort. Dans le Futhark ancien, la rune Hagal, Hagall ou Hagalaz a une forme de H avec une barre penchée. C’est dans le Futhark récent que la croix prend cette forme à six branches. Cette opposition entre la vie et la mort résume bien le travail des acteurs de l’urgence au quotidien auprès des malades. Et l’ésotérisme n’a rien à voir dans tout ceci...

§§§

Thèse dr BAROT. La médecine d’urgence. Evolution du concept, de l’antiquité au SAMU
Spécificités du IADE en SMUR (Ludovic SCHAUB)
Le IADE en pré-hospitalier sans médecin (Pascal SCHULZE)
Historique des EVASAN G Fèvre (HIA Bégin, St Mandé)
Traçabilité de la douleur en SMUR
Modalités de prise en charge d’un appel de demande de soins non programmé dans le cadre de la régulation médicale
Arrêt cardio-respiratoire extra-hospitalier. Réalisation du massage cardiaque externe par les témoins sur instruction de la régulation. Thèse du Dr Ludivine CAUCHARD (faculté de Nancy)
L’IADE au smur Laetitia JACQUIN
These du dr Le Quellec, Histoire des urgences à Paris de 1770 à nos jours
L’infirmier du SMUR face aux familles endueillées. Berthou Tristan
Paramedicalisation état des lieux, perspectives d’avenir (Bruno Garrigue)
Smur pédiatrique, historique et état des lieux (SAMU 13)
SMUR pédiatrique, historique, état des lieux, perspectives (SAMU 93)

Juste pour répondre à la SFMU à travers un article médical made in Amsterdam. (juillet 2016)

Nurses versus physician-led interhospital critical care transport. A randomized non-inferiority trial

Les “sauveurs de vie”. Ces chercheurs, médecins ou industriels ont permis par leur action de sauver des vies humaines.

§§§

En marge

Le rôle des femmes en temps de guerre

Très instructif, car la place des femmes est bien trop souvent minimisée dans l’Histoire.

Les infirmières japonaises au chevet des soldats hospitalisés à Paris et à Netley.

Les femmes pendant la Guerre de Sécession

Les Infirmières pendant la Guerre de Sécession


Origine du nom des mannequins « anne » de la société Laerdal

Paris, fin 1880. Une jeune femme est retrouvée noyée dans la Seine à hauteur du quai du Louvre. En l’absence de trace de violence, on en conclut que cette personne s’était suicidée.

Son identité n’ayant pu être établie, car nul ne sait qui elle est et personne ne réclame son corps, un masque mortuaire fut réalisé selon la coutume de l’époque. Sa beauté et son sourire si particulier s’ajoutèrent au mystère de sa mort. Diverses romances inspirées de cette énigme furent alors publiées. Selon l’une d’elles, sa mort serait le résultat d’un amour impossible. Cette légende devint populaire en Europe ainsi que la reproduction du masque mortuaire.

Ce fait divers est le point de départ d’une légende (l’inconnue de la Seine) qui va inspirer de nombreux écrivains et réalisateurs de films.

Nous sommes maintenant en 1958, les Dr James Elam et Peter Safar confirment, dans un congrès d’anesthésie, l’intérêt de la méthode de réanimation par le bouche à bouche mais ils se heurtent au problème de la diffusion de la méthode et de son apprentissage.

Ils décident d’utiliser un mannequin et ils se tournent vers un fabricant de jouets, Asmund Laerdal. De leur collaboration va naître le premier mannequin de simulation utilisable pour l’apprentissage des gestes d’urgence. Un nom lui est attribué ( Resusci Anne) et un visage, celui de l’inconnue de la Seine dont le fabricant de jouets possède une copie du masque mortuaire.

Amund S. Laerdal commença à développer ses mannequins pour l’enseignement des techniques de bouche à bouche. Il pensait qu’un mannequin de taille humaine et d’apparence très réaliste permettrait aux élèves d’être davantage motivés pour apprendre les techniques de réanimation.

Resusci Anne a célébré son trente-cinquième anniversaire en 1995. Inspirée par la "jeune femme de la Seine", Resusci Anne est devenue le symbole de la vie pour des millions de personnes dans le monde ayant reçu une formation aux techniques modernes de réanimation et pour ceux dont la vie a été sauvée d’une mort inutile.

 Resusci Anne

Source : site laerdal et Dr Jean Brami (HAS)

Laerdal AS, Tjomsland N, Baskett P. The Resuscitation Greats. Resuscitation 53 (2002) 115-119

En savoir plus sur le sujet

- L’eau, la femme, la mort. Le mythe de l’Inconnue de la Seine, par Hélène Pinet
- Inconnue de la Seine (page wikipédia)
- La femme la plus embrassée du monde
- L’inconnue de la Seine. Poème de Jules Supervielle

masque-inconnue-seine

Il n’y a aucun conflit d’intérêt dans la présentation du matériel Laerdal.


Origine du mot secourisme

Le jeudi 1er mai 1727, vers 10 heures du soir, meurt à Paris, rue des Bourguignons, François de Pâris, Diacre à Saint-Médard.
Fervent janséniste, dont la vie n’a été que pénitence et vertu, il a demandé à être enterré non dans l’église, mais avec les pauvres, dans le charnier qu’on appelait aussi le petit Cimetière.

Sa tombe devient un lieu de pèlerinage.

Des convulsions s’y produisent, des miracles, ou prétendus tels, y on eu lieu. On attribut à la terre de sa tombe des vertus de guérissons et pour le prouver plusieurs sectes viennent s’y livrer à des actes que l’on peut qualifier de barbarie. Des femmes viennent y subir les pires sévices et se font violenter par des jeunes hommes appelés les "secouristes".

Jacques Hillairet raconte
" Pour favoriser la venue de cet état extatique, certains et certaines, se livrèrent à mille extravagances ; ces inspirés, les femmes surtout, se mirent à dévorer la terre située sous la dalle tombale de Pâris, à se faire tordre les seins, à se faire piétiner et fouler par des garçons vigoureux nommés les Secouristes, à se faire frapper de coups de bûches ; ou bien ils avalèrent des charbons ardents, des bibles reliées, ou encore ils laissèrent tomber sur eux d’une grande hauteur un poids de 25 kilos, se firent clouer sur une croix, percer la langue, ratisser avec des peignes en fer, etc. Certains subirent ces supplices plus de vingt fois ".

Des sectes se forment :

  • Secouristes,
  • Vaillantistes (nom d’un prêtre de Troyes),
  • Augustinistes (d’un nommé Causte, qui prend le nom de frère Augustin),
  • Figuristes,
  • Sauteuses,
  • Aboyeuses,
  • Miauleuses,
  • etc.

Le premier usage connu du mot se trouve dans le journal d’Argenson (1750) : " ils appellent : " SECOURISTES " ceux qui leur donnent des coups d’épée ".

En 1732, le cimetière de Saint-Médard est fermé par le roi. On trouve dans les récits de cette époque des expressions telles que "convulsionnaires du grand secours".

Pendant longtemps, cette appellation ne figurera que dans le récit des événements de Saint-Médard.
- En 1875, le grand dictionnaire de Pierre Larousse, consacre une notice à Secouriste, mais toujours avec la même acception.
- Ce n’est qu’avec la création de " La Société des Secouristes Français " le 23 décembre 1892, qu’en France la définition du mot secouriste prend son vrais sens.
- En 1904, le nouveau Larousse Illustré donne cette définition : " membre d’une société de secours ".

Plus tard, le sens du mot se diversifiera et se nuancera : " Membre d’une organisation de secours pour les victimes d’un accident, d’une catastrophe ; personne capable de pratiquer les gestes ou les méthodes du secourisme".

(Extrait de " Vie et Langage " n°217 avril 1970)

Les qualités d’un secouriste :

  • Se maîtriser
  1. Être réactif (éviter le"sur-accident")
  2. Avoir un esprit d’analyse et de synthèse(faire un bilan correct)
  3. Connaitre ses limites (lancer l’alerte)
  • Garder son calme ;
  • Modérer ses paroles, sa voix ;
  • Maîtriser ses émotions, ses gestes ;
  • Agir avec tact et méthodes ;
    .....

LA PROTECTION

1. OBJECTIFS

  • Supprimer ou écarter un danger pour assurer votre protection, celle de la victime ou des autres personnes (éviter le "sur accident")
  • Réaliser un dégagement d’urgence d’une victime exposée à un danger que vous ne pouvez pas supprimer.
  • indiquer les mesures de protection à prendre pour vous et votre entourage.

2. SITUATION

La victime est exposée à un danger.

3. DÉFINITION

Une victime, le sauveteur et/ou toute autre personne menacée par un danger doivent en être protégés.

Si la protection n’est pas réalisable, la victime doit être dégagée d’urgence à condition que la propre sécurité du sauveteur soit assurée.

Il existe trois circonstances :

  • Le danger initial ayant provoqué l’accident peut persister ;
  • La situation peut s’aggraver ;
  • L’accident peut lui-même être générateur de danger.

4. CONDUITE À TENIR

4.1 Reconnaître les dangers

  • Effectuer une approche prudente de la zone de l’accident ;
  • En restant à distance de la victime, regarder tout autour d’elle :
  • Évaluer la présence de dangers qui peuvent menacer le sauveteur et/ou la victime ;
  • Repérer les personnes qui pourraient être exposées aux dangers identifiés.
  • Se renseigner éventuellement auprès de témoins.

4.2 Protéger

Ses précautions servent à protéger des dangers et risques environnants :

  • le secouriste lui même
  • les témoins, les badauds et l’environnement
  • les victimes

les mesures de protection personnelle :

- avant tout connaitre ses limites de force et de compétence
- aborder le sinistre hors risque (vent, matière inflammable, fumée, poussières...)
- utiliser les vêtements de protection disponible en rapport avec le risque
- en cas d’incendie ou de forte fumée, évacuer la pièce en rampant à même le sol (la fumée monte) et tenir un mouchoir devant le nez.
- retirer cravate, lunettes en face d’une personne agitées

mesures de protection pour les témoins, les badauds et l’environnement :

en cas d’incendie :

  • -éviter tout courant d’air (l’air active le feu)
  • -vérifier la fermeture des portes coupe-feu
  • -utiliser les extincteurs (viser le base des flammes)
  • -faire évacuer les personnes
  • -rejoindre le point de RDV et faire un comptage des personnes

en cas d’intoxication par les gaz :

  • - éviter les étincelles (explosion)
  • -couper l’arriver de gaz
  • -aérer la pièce à tout prix (au besoins casser les vitres pour faire vite)

en cas d’accident de circulation :

  • -signaler les lieux
  • -couper le contact
  • -si possible stabiliser le(s) véhicule(s) et serrer le(s) freins à main
  • -repérer les extincteurs les sortir et les mettre à 10-15 m de l’accident
  • -monter et placer les triangles de secours aux distances réglementaires (30 m sur route ordinaire et 150 m sur autoroute)
  • -déclencher les feux de détresse des véhicules
  • -dévier la circulation
  • -répandre du sable, de la terre ou mettre une couverture sur l’essence s’échappant d’un véhicule
  • -écarter les curieux en leur donnant si possible une occupation (périmètre de sécurité...)
  • -empêcher quiconque de fumer

mesures de protection pour les victimes

  • -éviter de déplacer les blessés afin de ne pas aggraver leur état, mais les évacuer en cas de danger immédiat
  • - les couvrir et les isoler du sol
  • -leur assurer une présence réconfortante et entretenir le dialogue afin de maintenir leur conscience en éveil
  • -être prudent dans les cas d’atteintes au cou ou au dos (lésions du rachis) ; laisser son casque au motard (pour ne pas aggraver les lésions sauf si inconscient)

4.3 Dégager d’urgence la victime de la zone de danger en toute sécurité

Devant l’impossibilité de supprimer le danger et si la victime est incapable de se soustraire elle même au danger.

Dégager la victime le plus rapidement possible. La priorité du sauveteur est de se protéger. La victime doit être visible, facile à atteindre, et aucune entrave ne doit l’immobiliser ou gêner son dégagement. Il est essentiel que le sauveteur anticipe ce qu’il va faire et qu’il privilégie le chemin le plus sûr et le plus rapide à l’aller comme au retour. La victime doit être dégagée vers un endroit suffisamment éloigné du danger et de ses conséquences.

Le sauveteur doit, pour ce dégagement, respecter les principes suivants :

  • Choisir la technique de dégagement en tenant compte de sa force physique ;
  • Saisir solidement la victime par exemple par les poignets ou les chevilles et la tirer sur le sol, quelle que soit sa position, jusqu’à ce qu’elle soit en lieu sûr ;
  • Se faire aider éventuellement par une autre personne.

La rapidité de mise en œuvre du dégagement reste prioritaire.

Le dégagement d’urgence est une manœuvre exceptionnelle qui ne doit être utilisée que pour soustraire une victime à un danger vital, réel, immédiat et non contrôlable. Elle peut être dangereuse pour une victime atteinte d’un traumatisme

Historique des CESU et de l’ANCESU
et les textes législatifs


Origines des Sociétés (associations) de secours

CROIX ROUGE FRANÇAISE
(1864 - 1940)

ORIGINES

L’origine de la Croix-Rouge est généralement située lors de la bataille de Solférino (Italie), le 24 juin 1859. Napoléon III y écrase les Autrichiens après une bataille particulièrement sanglante qui laisse 40 000 morts et blessés. Henri Dunant, homme d’affaires suisse, est témoin de la tragédie et décide d’improviser des secours pour venir en aide aux blessés des deux camps. À la suite de cette expérience, il rédige un livre Un souvenir de Solférino et le diffuse auprès des nombreuses personnalités influentes qu’il connaît à travers le monde.

L’emblème sera la croix rouge sur fond blanc, inverse du drapeau suisse. Plus tard, le croissant rouge sera aussi adopté pour certains pays musulmans.

- Création à Genève du " Comité Genevois aux Blessés Militaires " avec le brassard à la Croix Rouge comme emblème en février 1863.

  • 1°- La Société Française de Secours aux Blessés Militaires ( S.S.B.M.), fondée le 22 mai 1864 et reconnue ce même jour comme " Comité National Français de la Croix Rouge ". En 1870 elle devient : " Société de Secours aux Blessés Militaires des Armées de Terre et de Mer "
  • 2°- L’Association des Dames de France ( A.D.F.), fondée en 1879 par le docteur Duchaussoy se scinde en 1881 pou donner l’U.F.F.
  • 3°- L’Union des Femmes de France, fondée en 1881 (U.F.F.)

Ces trois sociétés avaient la personnalité morale, pouvaient acquérir des biens, percevoir dons et legs. Elles avaient leur autonomie du point de vue fonctionnement et règlement intérieur, mais constituaient à elles trois " la Croix Rouge Française ". Le comité central de la Croix Rouge Française était présidé par le président de la société de Secours aux Blessés Militaires.

Mais, afin de rendre plus efficace l’action des trois Sociétés, une loi du 8 juillet 1940 a reconnu d’utilité publique une association dénommée " Croix Rouge Française ", et constituée par la réunion de ces trois Sociétés. Les trois associations ont donc fusionné en une seule, le 7 août 1940.

Association humanitaire, garante du droit international humanitaire, auxiliaire privilégié des pouvoirs publiques, premier acteur de la formation sanitaire et sociale, la CRF avec ses 52000 bénévoles et ses 17000 salariés est un acteur incontournable dans le domaines des premiers secours en France.

OBJECTIFS A SA CRÉATION

Concourir par tous les moyens en son pouvoir, au soulagement des blessés et des malades sur les champs de bataille, dans les ambulances et dans les hôpitaux.

- FÉDÉRATION DES SECOURISTES FRANÇAIS

CROIX BLANCHE
(1892 - 1972)

ORIGINES :

  • 1° " Société des Secouristes Français " (S.S.F.), fondée en 1892.
  • 2° Devient " Société des Secouristes Français Infirmiers Volontaires " (S.S.F.I.V.) en 1898 est R.U.P. la même année.
  • 3° Devient " Les Secouristes Français Croix Blanche " (S.F.C.B.) en 1964.
  • 4° Devient " Fédération des Secouristes Français Croix Blanche " (F.S.F.C.B.) en 1972.

OBJECTIFS A SA CRÉATION

- Répandre dans le public les notions de premiers soins à donner aux blessés et aux malades, tant sur la voie publique qu’à l’atelier ou à la maison.
- Constituer un personnel capable d’organiser les premiers secours en attendant le médecin.
- Installer des Postes de secours.
- Créer un corps permanent d’infirmiers volontaires pour le temps de guerre.

Forte d’environ 3700 secouristes, la Croix-Blanche est présente sur de nombreux dispositifs de secours et assure plusieurs milliers de postes par an.

La Croix-Blanche délivre chaque année environ 10 000 diplômes de secourisme (environ 4% des 260 000 diplômes délivrés en France).

SOCIÉTÉ NATIONALE DE SAUVETAGE EN MER
(1885 - 1967)

ORIGINES

  • 1° " La Société Centrale des Naufragés ", fondée en 1885 dont le premier président fut l’Amiral Rigault de Genouilly.
  • 2° " La Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons ", fondée en 1873 par M. Nadault de Buffon.

Ces deux sociétés, dont les buts n’étaient pas rigoureusement semblables ( sauvetage au large pour l’une, assistance sur et auprès des plages pour l’autre) ont fusionné en 1967 pour former " La Société Nationale de Sauvetage en Mer ".

OBJECTIFS A SA CRÉATION

Sauvegarde des vies humaines en mer.

- Sauver toute personne en danger, quel que soit l’état de la mer depuis le trait de côte jusqu’à l’horizon avec les moyens appropriés (canot tous temps et vedette).
- Surveiller les baignades et sports nautiques pendant l’été en armant 255 postes de surveillance de plage.
- Mener des actions de prévention parmi les usagers de la mer.
- Assurer les évacuations sanitaires des malades, des îliens ou des navigateurs en transit au large des côtes.
- Ravitailler en eau certaines îles en saison sèche.
- Ravitailler les phares.
- Rechercher les corps disparus.
- Souligner et récompenser les actes de courage exemplaires.

Cette association reconnue d’utilité publique est financée pour moitié par des fonds publics (le principal bailleur de fond étant le ministère de la mer qui finance la SNSM à hauteur d’un petit peu plus d’un quart de son budget) et par moitié par des dons et des legs (adhésions, mécénat, dons d’entreprises, d’organismes privés, de particuliers, etc).

La SNSM compte 255 stations de sauvetage (dont une centaine ne fonctionnent que pendant la période estivale) ainsi qu’une trentaine de centres de formations répartis sur tout le territoire (en bord de mer mais aussi à Metz, Paris et Lyon).

L’association compte environ 6500 membres répartis de la façon suivante :

- 3500 sauveteurs en mer bénévoles permanents, pour la plupart, des marins, civils ou militaires, prêts à prendre la mer à tout moment pour porter assistance aux navires en détresse.

- 1500 permanents (administratifs, encadrants, directeurs de stations, dont 300 formateurs tous bénévoles etc. )

- 1500 sauveteurs saisonniers qui viennent renforcer les effectifs pendant l’été et qui assurent la surveillance des plages à la demande des maires. Leur missions durant trois mois (de mi juin à mi septembre) est de porter secours aux baigneurs et aux véliplanchistes mais aussi d’assurer les premiers soins sur la plage, faire de la prévention, s’occuper des enfants perdus, etc.

Ce ne sont pas des bénévoles mais des volontaires équipés nourris, logés et "dédommagés" par la SNSM et les mairies.

La flotte de la SNSM comprend environ 150 bateaux de différentes catégories et environ 450 Canots pneumatiques.

Les bateaux coûtent relativement chers (de 130 à 600 000 euros).

Par contre la SNSM ne possède ni avion ni hélicoptère, le véhicules aériens étant traditionnellement gérés par la Sécurité Civile.

Quelques chiffres

La SNSM assure environ 40% des sauvetages en mer. Le reste des secours est principalement assuré par d’autres navires, puisqu’il est d’usage en mer de dérouter les navires pouvant être le plus rapidement sur zone, les délais d’intervention en mer étant sans commune mesure avec les temps de transport terrestre. D’autres organismes sont par ailleurs amené à assurer les secours en mer : la marine nationale, les douanes, les pompiers, les CRS...

Chaque année, 2500 bateaux et près de 9000 personnes sont secourus en mer (dont près de 15% sont des véliplanchistes). On estime qu’il y a entre 600 et 800 personnes parmi elles qui étaient en danger de mort réel et qui doivent leur vie aux sauveteurs en mer.

FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SAUVETAGE ET DE SECOURISME
(1892 - 1973)

ORIGINES

La notion de sauvetage apparaît vers la fin du XVIIIe siècle avec l’invention du canot de sauvetage. En 1825 est créée à Boulogne la société humaine et des naufragés. Plusieurs villes suivent et en 1865 l’amiral Rigault de Genouilly fonde la société centrale de sauvetage en mer (SCSM) qui assure l’ensemble des moyens de sauvetage sur le littoral.
En 1873, à l’instigation de Henri Nadault de Buffon est créée la société des hospitaliers sauveteurs Bretons.

Une équipe de sauvetage au début du XXe siècle est composée de 12 hommes embarquant dans un canot avec une caisse à outils, une caisse de premiers secours et de l’alcool fort pour ranimer les rescapés en état de choc. L’arrivée de la vapeur va permettre une motorisation des canots, qui va raccourcir les temps d’intervention mais pas d’élargir leur champs d’action.

  • 1° " Union des Nageurs de la Normandie "(U.N.N.), fondée en 1892 par Raymond Pitet, un professeur de gymnastique, qui décide de fédérer toutes les sociétés de sauvetage. Il fonde l’UNN (Union des nageurs de la Normandie) puis, 7 ans plus tard, l’UFSNS (Union fédérale des sociétés de natation et de sauvetage) qui changera de nom plusieurs fois.
  • 2° " Association Nationale des Sociétés de Natation et de Sauvetage " (A.N.S.N.S.), fondée en 1899 par Raymond Pitet.
  • 3° Cette même association devient " Fédération Nationale des Sociétés de Natation et de Sauvetage " (F.N.N.S.)en 1906.
  • 4° La Fédération se scinde, création de la " Fédération Française de Natation " (F.F.N.) en 1920 d’un côté, de l’autre la Fédération nationale de natation et de sauvetage qui changera encore de nom en 1925 (le mot "natation" disparaît définitivement pour éviter la confusion.(R.U.P. le 25/2/1927) pour devenir la FNS (Fédération Nationale de Sauvetage).
  • 5° Elle devient " Fédération Nationale de Sauvetage et de Secourisme " (F.F.S.S.) en 1973. La FFSS est à l’origine de la création de l’ILS (Fédération internationale de sauvetage aquatique). Résolument portée sur le sauvetage, les formations de premiers secours sont organisées pour tous mais le but ultime de la FFSS est de former des sauveteurs en mer ou des BNSSA et dans tous les cas d’inciter les stagiaires à suivre des formations multiples.

La FFSS est, par ailleurs, seule habilitée à délivrer les brevets de surveillants de baignade (BSB).

OBJECTIFS A SA CRÉATION

- Répandre parmi les masses, la natation, le sauvetage, le secourisme sous toutes leurs formes.
- Développer le sens du devoir civique et de l’abnégation.
- Fonder de nouveaux groupements, postes et services de secours.
- Créer des cours et écoles pour l’enseignement de la natation, du sauvetage et du secourisme.
- Délivrer après examen des brevets et certificats de capacité à plusieurs degrés dans les disciplines.
- Organiser des épreuves, concours et championnats pour provoquer l’émulation.

Les secouristes de la FFSS sont amenés à intervenir sur des postes de secours fixes ou itinérants, sur les manifestations sportives qui présentent un risque particulier (motocross, marathons, courses cyclistes) afin d’assurer la sécurité des sportifs et des visiteurs. La FFSS tire la majeure partie de ses revenus grâce à ces postes.

Ils participent aux dispositifs prévisionnels de secours lors des grands événements publics, pour répondre aux risques liés aux mouvements de foules (défilés, fêtes nationales, concerts et spectacles de célébrités etc.). les équipes interviennent sous-couvert du SAMU, et le plus souvent aux côtés d’autres d’associations de secourisme.

Enfin, comme tous les tous les acteurs de la sécurité civile, la FFSS peut être intégrée aux plans d’urgence spéciaux. Certaines unités spécialisées (cynotechnique, sauvetage-déblaiement) peuvent être envoyées à l’étranger lors d’événements exceptionnels, par exemple les inondations en Algérie.

Les baignades en rivière en île de france, des premiers aménagements à la piscine parisienne Josephine Baker
Une page d’histoire très intéressante

ŒUVRES HOSPITALIÈRES FRANÇAISES DE
L’ORDRE DE MALTE

(11ème siècle - 1984)

ORIGINES

  • 1° " Hospice de Jérusalem " , fondé en 1099 par le moine noir Frère Gérard.
  • 2° Devient " Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem " en 1113.
  • 3° Devient " Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Rhodes " en 1310.
  • 4° Devient " Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Malte " en 1523.

En 1831, l’Ordre s’installe définitivement à Rome.

En France

  • " Association Ambulancière Saint Jean " en 1877.
  • " Association Française des chevaliers de Malte " fonde son premier dispensaire à Ménilmontant en 1891.
  • " Association Française des membres de l’ordre de Malte ", fondée en 1927. (R.U.P. en 1928)
  • " Œuvres Hospitalières Françaises de l’Ordre de Malte ", fondée en 1984. (R.U.P. la même année)

OBJECTIFS A SA CRÉATION

Secourir

A l’origine ses membres faisaient :
- vœux de pauvreté
- vœux de chasteté
- vœux d’obéissance et obligation de se consacrer au service des pauvres et des infirmes.

A ces obligations, fut joint jusqu’en 1785, l’engagement de combattre les ennemis de la foi catholique.
Le nom complet de l’association est “l’Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte”.

À sa tête, un grand maître et un système de caste complexe formé par des chevaliers (ils sont encore aujourd’hui 11 000 à travers le monde), des dames et des tribunaux. Il est placé sous l’autorité spirituelle du Vatican et a des statuts particuliers selon les pays. En France c’est une association loi 1901 depuis 1927, reconnue d’utilité publique depuis 1928. L’ordre de Malte possède des ambassadeurs au même titre que les états dans la plupart des pays (exception faite de la France) et siège en tant qu’observateur dans la plupart des instances internationales (CE, UNESCO, ONU, OMS etc.). C’est une organisation puissante et reconnue.

Pour ce qui concerne le secourisme, l’ordre compte en France des équipes secouristes composées de moniteurs nationaux et de secouristes actifs au même titre que les associations plus « classiques » et avec un fonctionnement quasi identique. Ces secouristes bénévoles ne sont pas forcement des religieux et compteraient parmi eux des croyants comme des non-croyants.

Les hautes instances comptent quant à elles des salariés et des « dévoués » qui semblent être beaucoup plus impliqués dans l’aspect religieux de cette organisation. Les équipes de secouristes interviennent sur des postes de secours de tous types (manifestations religieuses d’une part, manifestations culturelles et sportives sans aucun aspect religieux particulier d’autre part). L’ordre compterait 110 000 « membres » à travers le monde dont 500 en France.
On estime à un peu plus de 6000 le nombre de bénévoles dans notre pays.

L’Ordre de Malte est avant tout un ordre hospitalier et compte de fait de nombreux établissements de soins :

En France, l’Ordre gère un centre pédiatrique de rééducation fonctionnelle (Gers), un établissement pour adultes handicapés physiques, deux établissements pour adultes autistes, un établissement pour adultes handicapés mentaux, un institut médico-pédagogique pour enfants en difficulté, des dispensaires et même une péniche, le Fleuron St Michel sur laquelle sont accueillis une cinquantaine de sans abris.

L’ordre compte également plusieurs écoles d’ambulanciers (Paris, Brest, Toulon, Bordeaux) et délivre le diplôme d’État (DEA).

À l’étranger : l’Ordre de Malte possède des hôpitaux généraux en Afrique (au Togo à Elavagnon et au Bénin à Djougou ), une maternité en Palestine (Bethléem ) des Centres médico-sociaux au Liban en Syrie, en Bulgarie etc

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA PROTECTION CIVILE
( 1969 )

ORIGINES

La toute première Association Départementale de Protection Civile (ADPC) a été créée en 1958 dans les Côtes-du-Nord.

5 ans plus tard, en 1963, on dénombrait déjà 26 ADPC déjà fédérées entre elles.

C’est à la demande du Général de Gaulle, Président de la République Française, que le Premier Ministre Georges Pompidou, par une directive en date du 18 mars 1964, sollicite la création d’une Fédération Nationale de Protection Civile afin de fédérer l’ensemble des forces concourant à la protection des populations civiles sur le plan national.

La Fédération Nationale de Protection Civile (FNPC) est créée le 14 décembre 1965 lors d’une assemblée générale à Paris.

La FNPC a été reconnue d’utilité publique par un décret du 14 novembre 1969 et par arrêté du 15 octobre 1996.

OBJECTIFS A SA CRÉATION

Faire pénétrer dans les milieux les plus divers, toutes les notions de prévention, de protection et de sécurité.

La Fédération nationale a pour but de mettre en œuvre tous les moyens dont elle dispose en vue d’assurer la protection des populations civiles contre les dangers en temps de paix comme en temps de crise (article 2 de ses statuts).

Elle est dans la capacité de répondre à la demande des pouvoirs publics, des organismes publics ou privés ou à son initiative, pour toutes les opérations de secours, de couverture sanitaire ou d’aide humanitaire tant sur le territoire national qu’à l’extérieur.

La Fédération Nationale de Protection civile est présente depuis sa création à l’Observatoire National du Secourisme mis en place par la Direction de la Défense et de la Sécurité Civiles.

UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DE SECOURISTES ET SAUVETEURS DES PTT
( 1970 )

ORIGINES

La première association de secouristes et sauveteurs des PTT (Postes & télécommunication) fut créée à Lyon en 1966. Son but était le développement du secourisme au sein du personnel PTT. En 1970, l’Union nationale des associations de secouristes et sauveteurs des PTT (UNASS) est créée pour fédérer et coordonner l’action et le développement des différentes associations départementales. L’association s’est ensuite appelé l’UNASS PTT & France Telecom puis l’UNASS tout court. Aujourd’hui, la référence à son passé postier tend d’ailleurs à disparaître pour devenir une association non corporatiste ouverte à tous.

Constituée de 102 associations de personnels des PTT sur l’ensemble du territoire. Elle reçoit l’agrément du Ministère de l’intérieur le 5 juin 1972. Le 1er Congrès National réunissant les représentants de toutes les Associations aura lieu à Lyon en octobre 1972. Depuis lors, un Congrès National rythme tous les 3 ans la vie de l’UNASS. Les secouristes de la Poste et de France Télécom seraient aujourd’hui environ 32 000 dont 5600 équipiers secouristes et plus de 600 moniteurs. L’UNASS bénéficie depuis 2007 d’un agrément pour les missions de Sécurité Civile de type A, B, C et D. Elle couvre annuellement plus de 1500 manifestations dont certains dispositifs de grande envergure comme sur le circuit du Mans où l’UNASS est présente pour toutes les grandes courses.

OBJECTIFS A SA CRÉATION

- Développement de l’initiation au secourisme de masse.
- Conserver la qualité de la formation et apporter toute la rigueur nécessaire au maintient et à la valeur des connaissances par l’exigence des recyclages.
- Dynamiser le secourisme par l’implantation de responsables locaux motivés.

FÉDÉRATION NATIONALE DES SAPEURS-POMPIERS DE FRANCE

La FNSP est une association loi 1901 qui regroupe la plupart des sapeurs-pompiers civils et dont le but est de défendre leurs intérêts et leurs droits. Elle existe sous sa forme actuelle depuis 1997 mais l’origine de sa création remonte à la fin du 19e siècle.

Elle fédère aujourd’hui les quelques 8000 amicales de sapeurs-pompiers qui organisent des actions sociales ou festives au niveau local et compte environ 260 000 adhérents.

La fédération est représentée au niveau départemental par les UDSP (Union départementale des sapeurs-pompiers). Ce sont ces UDSP qui proposent et organisent les formations de premiers secours.

La France compte environ 230 000 sapeurs-pompiers (85% de volontaires, 13% de professionnels et quelques milliers de militaires (à Paris, dans les trois départements de la petite couronne et à Marseille).

Dans chaque département, les sapeurs-pompiers dépendent d’un organisme public, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), financé par les collectivités locales (communes, conseil général) et administré par des élus locaux. Ils dépendent du Ministère de l’Intérieur et notamment de la Direction de la défense et de la sécurité civiles (DDSC).

  • Les sapeurs-pompiers volontaires

Il s’agit d’hommes et de femmes, qui, en parallèle de leur profession ou de leurs études, dépendent d’un centre de secours et peuvent se rendre disponible et répondre immédiatement à tout appel lorsqu’ils sont de garde. Volontaire n’est pas bénévole. Les sapeurs pompiers perçoivent une indemnité (vacations horaires).

  • Les sapeurs-pompiers professionnels

Il s’agit de fonctionnaires des collectivités territoriales recrutés sur concours. On les trouve principalement dans les grandes villes et les Centres de Secours très sollicités. Ils sont environ 30 000 dont près de 9000 constituent le service de santé (médecins, pharmaciens, vétérinaires et infirmiers sapeurs-pompiers).

  • Les jeunes sapeurs-pompiers

On en compte environ 20 000 à travers la France. Encadrés par des moniteurs, ils participent à des ateliers sportifs, des initiations au secourisme et à la lutte contre les incendies.

  • Les principales missions des sapeurs pompiers sont :
  1. la lutte contre les incendies (environ 10% de leur activité) ;
  2. le secours aux personnes blessées ou victimes d’accidents de la route (qui est de loin leur principale activité)
  3. toutes les urgences (inondations, effondrements, sauvetage d’animaux, accidents chimique ou radioactif, fuite de gaz, etc.)

L’ASSOCIATION NATIONALE DES PISTEURS SECOURISTES

L’ANPSP est une association loi 1901 qui regroupe de nombreux pisteurs secouristes. Ces derniers assurent la sécurité et les premiers secours dans les stations de sports d’hiver.

Il y a quelques années, l’ANPS a décidé de changer de nom pour devenir l’ANPSP pour Association nationale des professionnels de la sécurité des pistes. Cela n’a apparemment pas beaucoup plu aux pisteurs qui ont fait pression sur l’association pour que celle-ci reprenne son nom. C’est chose faite depuis 2011. Pour des raisons techniques, ni le sigle, ni le logo n’ont été changé. Alors le P de ANPSP est resté bien qu’il n’ait plus de sens.

Le métier de pisteur secouriste existe depuis les années 50 mais il n’est sanctionné par un diplôme que depuis la fin des années 70 : le Brevet national de pisteur secouriste (BNPS).

L’ANPSP possède un agrément de sécurité civile qui lui permet d’organiser des formations de PSC1, PSE1 et PSE2 mais elle ne s’occupe pas directement de la formation et du recyclage de ses pisteurs.

Le BNPS 1er degré pouvant être passé dans chaque département au sein de centres de formation agréés, les BNPS de 2e et 3e degré ayant lieu exclusivement au sein de l’École nationale de ski et d’alpinisme à Chamonix.

SPÉLÉO SECOURS FRANÇAIS

Le Spéléo secours français (SSF) n’est pas une association. C’est en fait une commission technique de la Fédération française de spéléologie (FFS).

SSF est composé de spéléologues bénévoles spécialisés dans les secours souterrains. C’est le seul exemple en France d’une fédération nationale qui assure elle-même la sécurité et le sauvetage de sa discipline mais cela s’explique assez facilement. Les interventions de spéléo secours sont souvent médiatisées mais elles restent relativement rares (une trentaine d’interventions par an).

La nature même de ces interventions (gouffres, cavités...) demande des compétences techniques très pointues. Former et entraîner des équipes de professionnels et les maintenir à un tel niveau technique, pour un si petit nombre d’intervention, serait beaucoup trop coûteux.

C’est pour cette raison que le ministère de l’intérieur à passé une convention avec la Fédération Française de Spéléologie pour qu’elle se charge de créer des équipes de sauveteurs connaissant parfaitement les gouffres de leur région et possédant le matériel, l’équipement et l’entraînement nécessaire.

C’est à la suite du long sauvetage de la grotte de Gournier (Vercors) en 1976 (trois spéléologues lyonnais furent emportés par une crue alors qu’ils revenaient vers la surface) que la création d’équipe de "secours souterrains" est apparue nécessaire. Il s’agissait d’organiser les "bonnes volontés" et d’entraîner les spéléologues pour qu’ils puissent eux-mêmes assurer leurs propres sauvetages. En 1977, une convention est signée, c’est la naissance de SSF.

Les deux tiers des personnes secourues par SSF ne sont pas des spéléologues licenciés de la fédération. Les spécialistes du secours souterrain doivent maîtriser un certain nombre de techniques très spécifiques et notamment : la désobstruction d’un passage à l’explosif, la plongée souterraine, le pompage, la mise en place de moyens de communication spécifiques, le forage...

La plupart du temps, les bénévoles de SSF interviennent en étroite collaboration avec les secours "traditionnels" à le demande des préfets. le SSF compte environ 2 000 bénévoles en France.

AUTRES ASSOCIATIONS

- Fédération Nationale des Maîtres Nageurs Sauveteurs. ( 1969)
- Fédération des Maîtres Nageurs Sauveteurs.
- Société Française de Sauvetage ( avant 1883 ...)
- Touring club de France : Il établit en 1893 les premiers postes de secours pour les cyclistes.


L’histoire du massage cardiaque.

L’arrêt cardiaque a de tout temps rimé avec mort irréversible, le cœur qui s’arrête, éteint avec lui la vie biologique qu’il animait depuis le début-même de la vie intra-utérine. On sait depuis longtemps déjà que le massage connu sous différents vocables encore utilisés aujourd’hui comme constituant une des technique qui le compose comme la friction, du latin fricamentum, ou le pétrissage qui prend ses racines du grec Massage qui signifie pétrin.

Yn-Kang-Chi (deuxième empereur avant Fou-Hi) faisait faire chaque jour de l’exercice militaire à ses sujets. Un écrivain chinois de cette époque attribuait les maladies à "l’obstruction des humeurs" et précédait ainsi Hippocrate. Le sang était porteur de mauvaises humeurs et si la saigné hâtait son renouvellement, en masser les canaux constituait des avantages que les différentes époques s’appliquèrent à décrire.

Ambroise Paré en 1575 préconise la friction comme William Harvey, auquel on doit d’importants travaux sur la circulation sanguine et qui avait alors constaté les effets positif du massage sur le corps en 1628.

Au XIXème siècle l’art du massage rencontre un nouvel intérêt de la part des paires de la médecine. Le mot émerge du verbe masser au sens de se rassembler. Pehr Henrik Ling devient directeur de l’Institut central de gymnastique de Stockholm en 1913 et développe ce qui deviendra le massage suédois, largement inspiré des taôssé avec toutes les applications que cela pouvait avoir sur la réparation des corps.

Castex, dans Étude clinique et expérimentale sur le massage, travaillera sur les effets physiologique du massage allant jusqu’à l’autopsie d’animaux frappés pour l’occasion.

Les tentatives de réanimation ou de ressuscitation remontent aussi loin que l’homme tenta d’empêcher l’inéluctable et furent particulièrement utilisées dans les cas de noyades où l’on essaya diverses actions pour faire sortir les excédents d’eau et ré-insuffler la vie. Le massage cardiaque est indissociable de la réanimation. Ainsi, avant même toute logique thérapeutique, le simple fait de secouer un être cher en train de mourir, voir même déjà décédé, suffit à constituer non seulement un massage mais aussi une pratique destinée à le ramener à la vie.

L’homme ne pouvait se contenter de ces pratiques primitives et spontanées sans élaborer, par empirisme, à force d’observation, d’imagination, des techniques dont certaines restent actuelles.

La fibrillation (delirium cordis) fut observée dès 1850 et l’ouverture du thorax pour pratiquer un massage cardiaque interne, permit d’en apprécier la fréquence dans la syncope chloroformique.

Plus pratiquement c’est A.R. Piot qui, en 1882, rédigea une thèse sur la ressuscitation des animaux asphyxiés et en arrêt cardiaque par 1 à 2 décigramme de sels de potasse, il pratiquait la respiration artificielle par une muselière étanche et munie d’un soufflet intégré à son masque, accompagnée par "une pression énergique au niveau du cœur coïncidant avec l’expiration". (AR Piot, la mort apparente dans l’asphyxie et son traitement par un procédé nommé respiration artificielle au moyen de l’appareil de Laborde. Thèse Paris 1882, n° 117)

Les allemands König et S.-F. Maass à Göttingen en 1892 furent les premiers à pratiquer un MCE ou massage cardiaque externe sur un enfant en arrêt cardiaque chloroformique qui été alors le moyen utilisé pour l’anesthésie.

Théodore Tuffier pratiqua quant à lui un massage cardiaque interne sur un homme victime d’une embolie pulmonaire en 1898 avec un succès momentané, après l’avoir testé sur un chien en surdosage chloroformique.

Pour autant, le premier massage cardiaque semble être le fait d’un chirurgien anglais, Sir William Arbuthnot Lane.

C’est le Dr William-Bennett Kouwenhoven qui en 1961 mais aussi Safar qui donnèrent au massage cardiaque toute sa dimension en décrivant scientifiquement les manipulations et le déroulé d’une intervention même s’ils considèrent encore à l’époque que l’efficacité était due au fait que les pressions rythmées sur le sternum, comprimaient le cœur entre les vertèbres et la colonne vertébrale en aidant à l’expulsion naturel du sang par le processus d’une systole aidée.

Seulement échocardiographies et ciné-angiographies ont démontrée que les valves cardiaques perdent tout ou partie de leur efficacité pendant le massage cardiaque externe.

Dans les années 1980 il a été alors proposé que ce n’était pas la compression du muscle cardiaque qui était à lui seul à l’origine de la ré-activation de la circulation sanguine mais l’ensemble des pressions intrathoraciques sur la masse sanguine et les réservoirs artériels principales. Ainsi, lors d’un MCE, massage cardiaque externe, plus le cœur serait compressé fortement, plus l’incidence serait directe et tendrait à se substituer son action de pompe active. En cas de pression insuffisante pour inter-agir avec lui, ce serait les pressions intrathoraciques qui influeraient sur la circulation veineuse entre le cœur, les coronaires et le cerveau.

Il faut savoir que l’efficacité du MCE décroît de 10% à chaque minute perdue et qu’après dix minutes d’arrêt cardiorespiratoire, le massage cardiaque externe devient inutile.

Leslie Geddes, Professeur Emérite Russe à la Purdue’s Weldon School of Biomedical Engineering propose une autre alternative intéressant la communauté scientifique, l’OAC pour only rythmic abdominal compression en utilisant une planche placée sur l’abdomen sur laquelle on imprime une pression en direction du cœur.

Sources :

Révolution dans le traitement des arrêts du coeur de Kouwenhoven (France soir 1961)

L’anesthésie réanimation en France, des origines à 1965. Marie-Thérèse Cousin.

- D’autres “techniques de réanimation” ont émaillées les siècles

Citons :

- Les méthodes de certains médecins ont aussi été employées, avec plus ou moins de succès.

Les appareils initiés par certains scientifiques ont également eu leur heure de gloire.

Source

  • reanim.free.fr
  • membres.multimania.fr/cesusamu
  • le club d’histoire de l’anesthésie et de réanimation (char)
  • Un historique détaillé a été effectué par le Médecin des Armées Ruttiman, paru dans « Allo 18 »
  • Pour les passionnés : La médecine militaire, service de santé des armées boutique.ecpad.fr

- A savoir faire :Manœuvre de Rautek


Invention du bouche à bouche

En 1744, un médecin écossais William Tossach (vers 1700-1771) fait la première description clinique du bouche à bouche qu’il a pratiqué le 3 décembre 1732 sur un mineur asphyxié :

drowning_artificial_respiration_after_the_incident_on_11_Nov_1732_described_by_W_Tossach_Jacques-Benig_Winslow_1746s

« ... de telle sorte qu’il semblait mort. J’appliquai ma bouche contre la sienne - et soufflai mon souffle aussi fort que je le pus mais comme j’avais négligé de boucher ses narines, tout l’air en sortit, alors, le maintenant avec une main et mettant l’autre sur sa poitrine en contact avec le mamelon gauche, je soufflai de nouveau aussi fort que je le pus, soulevant entièrement sa poitrine de cette manière et immédiatement je sentis six ou sept battements de cœur très rapides son thorax continua à se soulever et je sentis peu après son pouls dans ses artères. »

Cette description sera reprise par John Fothergill (1712-1780) à la Royal Society of London.

source CHAR (club d’histoire en anesthésie réanimation) et todayinsci

Le site TODAY IN SCIENCE HISTORY est en anglais, mais on y trouve des documents très intéressants, pour qui s’intéresse à l’histoire de la science.

Réanimation et lutte contre l’asphyxie

History of mouth-to-mouth rescue breathing. Part 2 : the 18th century.

Cardiopulmonary Resuscitation History, Current Practice, and Future Direction (un travail en famille...)

Resuscutation of Drowning Victims at Sea

Une autre histoire, un peu plus tardive, 1774 First Successful Trauma Resuscitation

Le bouche à bouche et le massage cadiaque externe
Mary Ann Peberdy. redefining resuscitation. A historical perspective
Tossach Resuscitation.

C'est ça une sonde d'intubation ?

A lire,

- le secourisme (article SOFIA)

- le site du carum

- Le Collège de la Région PACA de Médecine d’Urgence (COPACAMU) propose des archives dont on pourrait souhaiter quelles soient actualisées.

2011 et jusqu’à 2015 ne sont pas consultables et renvoient au programme.

- urgences on line Un site très intéressant et pertinent, avec des fiches techniques, plutôt bien faites, des cours.
A consulter les rubriques accès par service, par activité, par articles, par métier. Très riche et qualitatif.

Par secteur Hospitalier

Par service

Par métier

- Urgence et structure d’urgence : les textes législatifs

- Annales françaises de médecine d’urgence : Tous les numéros


Classification des véhicules d’urgence

Il convient de rappeler les catégories de véhicules bénéficiant de ces statuts particuliers et leurs prérogatives.

La catégorie A

Ce sont les véhicules dits "prioritaires".

Entrent dans cette catégorie :

- Les véhicules de Police Nationale et de Gendarmerie Nationale ;
- Les véhicules de Police Municipale ;
- Les véhicules des SAMU et SMUR ;
- Les véhicules des services d’incendies et de secours (Auparavant (dans les années 75) le code de la route précisait "véhicules de lutte contre l’incendie" ce qui excluait tous les véhicules de Pompiers autre le véhicules porteurs d’eau : ambulances, véhicules logistiques, VL,.. D’où la modification de l’appellation. )
- Plus récemment les véhicules des Douanes

Le terme véhicule désigne ici tous types de véhicules : automobile, camion, moto, voire même bateau.

Les véhicules peuvent être sérigraphiés ou banalisés, à l’exclusion des Polices Municipales qui ne sont autorisés qu’aux véhicules sérigraphiés.

Ces véhicules sont équipés de feux bleus tournants et d’avertisseurs 2 tons (sans temps mort). La tonalité des avertisseurs sonores diffère selon les administrations. L’avertisseur sonore des pompiers est deux fois plus lent.

Ces véhicules sont exemptés des réglementations générales. Ils sont légalement autorisés à ne pas respecter les prescriptions du code de la route lors d’ "interventions urgentes et nécessaires".

La catégorie B

C’est une spécificité française.

Elle désigne les véhicules "dont il importe de faciliter la progression".

Entrent dans cette catégorie :

- Les ambulances de transport sanitaires (sauf si Smur ou Pompiers)
- Les ambulances associatives de premiers secours (sauf si décrêt préfectoral les classant en catégorie A comme à Paris) ;
- Les ambulances des forces armées (sauf si classées en catégorie A par dérogation)
- Les véhicules des médecins participants à la permanence départementale des soins (et donc rattachés à la régulation Samu)
- Et plus récemment, les véhicules départementaux participant au déneigement de la voirie ;

A noter que les véhicules de l’ancienne entité EDF/GDF secours sont progressivement déclassés depuis leur passage en entreprise privée.

Ces véhicules, obligatoirement sérigraphiés, sont équipés de feux bleus à faisceau stationnaires clignotants ou à éclats (xénon) et d’un timbre sonore à deux tons (avec un temps mort sur chaque cycle).

Ces véhicules doivent se conformer à toutes les prescriptions du code de la route mais sont légalement dérogés sur deux points : Les règles de dépassements et les limitations de vitesse, toujours lors d’ "interventions urgentes et nécessaires".

Plus tard, je serai ambulancier !!

En revanche, elles sont soumises aux prescriptions habituelles de priorité (feux rouges, stop, ..). Elles ne bénéficient à ce titre que d’une simple tolérance laissée à l’appréciation d’un éventuel agent verbalisateur. Dites chef, pour mon augmentation, c'est toujours d'actualité ? ...

Quelques cas particuliers

Tout véhicule escorté par la Police/Gendarmerie est, durant son escorte, classé catégorie A.

Par ailleurs, certaines dispositions dérogatoires préfectorales classent par exemple les véhicules des services autoroutiers en catégorie A ou B. A Paris, certains véhicules de la compagnie parisienne de chauffage urbain sont aujourd’hui classés en catégorie B depuis les explosions survenues dans le XVIIIème arrondissement.

Règles communes à tous ces véhicules

Tout véhicule équipé d’avertisseur spécial (lumineux et/ou sonore) doit en porter mention sur la carte grise (à vérifier en cas d’accident)

La règle absolue de "maîtrise du véhicule" est toujours applicable quelles que soient les circonstances. La jurisprudence fait foi et, en cas d’accident, une part de responsabilité est généralement retenue à l’encontre du véhicule d’intérêt général.

Oups, j'ai glissé chef ...

Le plus subtil est sans doute cette notion d’"interventions urgentes et nécessaires". Interventions au cours desquelles, doivent être actionnés les avertisseurs lumineux et sonores suffisamment longtemps à l’avance pour que les autres usagers puissent les voir/entendre.

En conséquence, ces véhicules se doivent de faire preuve de prudence lors de leurs interventions urgentes.

Le problème de cette législation

Le problème de fond posé par cette législation, remaniée consécutivement à la loi de janvier 1986 sur l’Aide Médicale Urgente, repose sur cette distinction entre les urgences. Il conviendrait que le législateur supprime définitivement cette catégorie B. Quitte à supprimer quelques feux spéciaux sur des ambulances qui parfois les utilisent peu, il conviendrait de ne conserver qu’une seule catégorie, la catégorie A.

Soit c’est urgent, soit ça ne l’est pas ! Grrmblblb de rogntudju de grève des pompistes...!!

source : jenbproductions.fr

Et de nombreuses ambulances privées ont tendance à confondre SMUR et elles-mêmes. Car le deux-tons reste bien l’apanage des véhicules d’urgence. Les vrais !
(à lire, 4e article)

Des photos d’ambulances, actuelles ou anciennes. Des petites pépites pour les amateurs.

Il y a des fous des ambulances. Ici celles de New York

Des vidéos plus ou moins folles sur les ambulances dans tous leurs états.

Un blog sur les ambulances du monde


A suivre l’actualité sur le domaine de l’urgence, au fil des publications.


Le P r Alain Larcan, inventeur de la médecine d’urgence et du Samu en 1963, a été fait grand- croix de la Légion d’honneur

Le professeur Alain Larcan a reçu samedi 21 avril 2012, les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur des mains de Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens Combattants. En présence d’André Rossinot, maire de Nancy.

Cette cérémonie s’est déroulée dans la plus stricte intimité, au domicile familial d’Alain Larcan, à Amance près de Nancy. Ce féru d’histoire a occupé pendant de nombreuses années la présidence de la Société d’histoire de la Lorraine et du Musée lorrain. Il est aussi membre de l’Académie de Stanislas.

L’idée du SAMU

Issu d’une famille comptant de nombreux médecins, Alain Larcan a suivi tout naturellement des études de médecine à la faculté de Nancy. Études brillantes puisqu’il est sorti major de l’internat à 21 ans.

Ses premières années de pratique l’ont convaincu de la nécessité d’imaginer des structures de secours et des soins d’urgence efficaces en toutes circonstances. En 1963, il crée à Nancy, avec le corps des sapeurs-pompiers, le premier service d’urgence et de réanimation de France, et peut, à ce titre, être considéré comme l’un des fondateurs de la médecine d’urgence et du SAMU. Responsable de la chaire de pathologie et de réanimation, où il a marqué des générations d’étudiants, Alain Larcan a été distingué par ses pairs et a été élu président de l’Académie nationale de médecine.

Gérard Longuet, qui présidait le conseil régional de Lorraine lorsqu’Alain Larcan en fit partie de 1998 à 2004 a salué « un grand serviteur de la France, auquel la République, en lui conférant le plus haut grade dans l’ordre de la Légion d’honneur rend un hommage mérité. L’armée française a une dette toute particulière à l’égard d’Alain Larcan, médecin chef des services qui a développé "le concept de médecine de l’avant", ce qui lui a valu de se voir décerner le rang d’officier général ».

source le républicain lorrain


Départ Du Co-Fondateur Du SAMU 38, Le Dr Philippe Menthonnex

Le Docteur Philippe MENTHONNEX, membre du SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence) de France, et co-fondateur du SAMU 38 a fait valoir ses droits à la retraite. Il a été un des très rares "patrons" de SAMU à intrégrer des secouristes dans les équipes des SMUR (Services Mobiles d’Urgence et de Réanimation).

Le Docteur Bernard DAVID, vice-président de la Protection Civile de l’Isère, lui a rendu hommage, au nom du Pr Lareng, Président de la Protection Civile en France (et fondateur des SAMU en France) :

"Mesdames, Messieurs, Monsieur Menthonnex,

J’ai l’honneur insigne de m’adresser à vous :

- certes à titre personnel,

- mais également pour les 3 associations de secourisme qui participent à l’activité du SAMU 38 (Croix Rouge Française, Protection Civile, FFSS)

- et au nom de Monsieur le Professeur Lareng (Président de la FNPC, Président fondateur de SAMU de France),

J’ai surtout connu le SAMU en haut du colimaçon et les quelques passages que j’ai fait "dans le bureau du fond" sont pour moi des moments chaleureux au cours desquels j’ai recueilli votre aide, vos encouragements, votre soutien sans faille qui m’ont permis d’entreprendre tardivement des études de médecine.
Je vous dois une part du bonheur que j’ai aujourd’hui, à exercer ce métier. Je vous en remercie.

C’est en prenant des gardes de secouriste au SAMU qu’est nait en moi l’aspiration à être médecin, car le SAMU est avant tout, pour les secouristes, une école.

Une ÉCOLE, car dans les situations difficiles, les actions maitrisées des professionnels rassurent, et ils apprennent à gérer leur propre inquiétude.

Mais surtout, le SAMU est une ÉCOLE D’HUMILITÉ. Les secouristes y côtoient la détresse la plus totale et parfois la mort, qui met en échec tout notre savoir.

École d’humilité, car ils croisent des malades ou des blessés qui leur montrent ce qu’est l’ultime DIGNITÉ.

Si les secouristes vivent toujours aujourd’hui ces moments forts, c’est grâce à votre ténacité, à votre maîtrise parfaite de la rhétorique, mais certainement aussi, à votre affection pour eux.
Contre vents et marées vous avez tenu à ce que continue de souffler, ce vent d’altruisme qu’apportent les bénévoles.

Le Professeur Steiglitz et vous-même, n’avez jamais oublié que sans eux, les premiers pas du Groupe Mobile d’Urgence et de Réanimation, il y a 40 ans, auraient été encore plus difficiles.

Nous vous exprimons aujourd’hui toute notre reconnaissance.

Votre affection pour les secouristes s’est exprimée aussi dans les moments douloureux de la vie de nos associations (décès de nos dirigeants : le Dr ROBERT à la FFSS, Roger COL et le Dr MAITREROBERT à la Protection Civile).
Nous ne l’avons pas oublié et vous en savons gré.

Le Professeur Louis LARENG, Professeur émérite de la Faculté Paul SABATIER à Toulouse, Président de la FNPC, Président-fondateur de SAMU de France, Membre du Conseil National de Sécurité Civile, me fait l’honneur de le représenter, pour vous témoigner son attachement indéfectible, à votre action en faveur de l’Aide Médicale Urgente.

Très au fait de l’intérêt que vous portez à la compétence des secouristes bénévoles et de la reconnaissance que leur doit le Service Public, le Professeur LARENG tient à vous exprimer sa haute considération et à vous remettre, par mes mains, au nom des secouristes, la Médaille d’Or de la Fédération Nationale de Protection Civile.

Grenoble le 29 juin 2009."

Bernard David

source :Départ du Co-Fondateur du SAMU 38, Le Dr Philippe Menthonnex

§§§

En parallèle, quand le fils du Professeur Menthonnex se trouve dans l’accident du 27 Octobre 1972, à proximité du village de Noirétable, un Vickers "Viscount" d’Air Inter en provenance de Lyon avec 63 passagers et 4 membres d’équipage s’écrase en approche de Clermont-Ferrand. Il y a 8 survivants dont deux enfants.

Le récit dans lequel le pr Menthonnex réagit d’abord (et fort heureusement) comme un père, puis ensuite comme un médecin est à lire. Pour le côté émouvant de l’histoire, mais aussi et surtout pour la conclusion-bilan de l’article.


Un pronostic moins sévère grâce à l’hélicoptère ?

L’intérêt du transport héliporté dans la survie des polytraumatisés sévères reste un sujet de débat. Le coût de cette modalité de prise en charge est en effet non négligeable et l’absence d’études méthodologiquement rigoureuses ne permet pas de nette conclusion.

Une équipe d’investigateurs a ainsi voulu évaluer les différences de pronostic chez des patients adultes souffrant de lésions traumatiques multiples et graves selon que le mode de transport est terrestre ou aérien.

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective portant sur 223 475 malades âgés de plus de 15 ans, avec un score de gravité spécifique (ISS ou injury severity score) supérieur à 15 et nécessitant un transfert vers des centres spécialisés (trauma center de niveau I ou II).

Un total de 61 909 patients ont été transportés par hélicoptère et 161 566 patients ont été transportés par voie terrestre. Sur l’ensemble, 7 813 malades (12,6 %) transportés par hélicoptère sont décédés par rapport à 17 775 patients (11 %) du groupe transféré par camion. Les patients emmenés par hélicoptère ont toutefois en moyenne des scores de gravité plus élevés.

Ainsi, sur l’analyse multivariée avec appariement selon un modèle utilisant les scores de propension, le transfert aérien vers un « trauma center » de niveau I est associé à de meilleures chances de survie par rapport à un transport terrestre vers un centre spécialisé de même niveau : odds ratio (OR) de 1,16 ; Intervalle de Confiance à 95 % (IC 95 %) de 1,14 à 1,17 ; p< 0,001 et avec une réduction absolue du risque de 1,5 %. Pour les patients transportés vers les centres de traumatologie de niveau II, le transport par hélicoptère permet également une amélioration du pronostic : OR de survie de 1,15, IC 95 % de 1,13 à 1,17 ; p<0,001 ; réduction absolue du risque de 1,4 %. Le pronostic fonctionnel est de plus amélioré en cas de transport aérien : 18,2 % des malades transportés par hélicoptère sortent vers des services de soins de réadaptation contre 12,7 % de ceux transportés par les services au sol (p<0,001).

Ainsi, chez les patients avec un traumatisme majeur et après prise en compte des multiples facteurs de confusion, le transport par hélicoptère apporte un gain de survie significatif. Dans leur discussion, les auteurs soulignent la nécessité d’utiliser d’autres critères de jugement (handicap et qualité de vie des survivants) dans les futures études amenées à affiner ces résultats. En effet, si l’on estime qu’il faut 65 malades transportés par hélicoptère pour sauver une vie, soit un coût estimé de 325 000 Dollars US, cette prise en charge pourrait être à terme jugée par certains comme un luxe.

Dr Béatrice Jourdain (JIM)

Galvagno S. et coll. : Association between helicopter vs ground emergency medical services and survival for adults with major trauma. JAMA. 2012 ; 307 :1602-1610

Rôles et missions de l’IADE face aux contraintes du smur héliporté (à partir de l’expérience brestoise) X.Arzur, P. Baron, Y.Croguennec, T. Darmedru
Transport héliporté (Lecarpentier-Lamarche)

Incontournable moyen de secours dans les endroits difficiles et pour gagner un temps précieux, l’hélicoptère reste un merveilleux outil de passion et de soin.

Histoire du secourisme en montagne avec l’hélicoptère

Le site de l’association des hélicoptères sanitaires hospitaliers

Hélico passion, le site : Les hélicoptères du SAMU en France


Les investissements de la sécurité civile : intérêt national, enjeux locaux - Gérer les risques au meilleur coût

Rapport d’information de M. Dominique de LEGGE, fait au nom de la commission des finances

Les investissements de la sécurité civile : intérêt national, enjeux locaux - Gérer les risques au meilleur coût
Rapport d’information de M. Dominique de LEGGE, fait au nom de la commission des finances n° 33 (2012-2013) - 10 octobre 2012

La commission des finances du Sénat a demandé une clarification des compétences respectives des services d’aide médicale urgente (Samu), des services mobiles d’urgence et de réanimation (Smur) et des pompiers dans un rapport d’information rendu le 10 octobre 2012.

Samu, Smur, pompiers... quelles compétences spécifiques ?Le rapport du sénateur Dominique de Legge (UMP, Ille-et-Vilaine) qui porte sur les investissements des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), pointe le fait que les pompiers sont amenés à consacrer des dépenses d’équipement à des missions qui ne font pas partie de leur cœur de métier.
Il prolonge des observations déjà faites en juillet 2009 par un rapport de l’Assemblée nationale sur le financement des Sdis, en déplorant un report d’activité de secours à la personne des ambulanciers hospitaliers ou privés vers les Sdis.

La mission de secours aux personnes, partagée avec la santé, en forte hausse depuis 10 ans (+36% d’interventions), représentant 68,6% des interventions totales (59% en 2002), contre 8,5% pour la lutte contre les incendies (10% en 2002).
Or, pointe Dominique de Legge, le "secours à personne" recouvre les accidents, l’urgence d’aide à la personne et "des interventions à caractère plus social que médical", prenant une part croissante "notamment en milieu urbain et péri-urbain".
Mais "cette tendance ne correspond toutefois pas à la vocation des Sdis qui ne doivent pas devenir un ’Samu social bis’ ".

L’augmentation du secours à personne s’explique aussi par un report d’activité sur les pompiers du fait de l’indisponibilité des transporteurs sanitaires privés, qui "s’est faite de plus en plus habituelle" en raison notamment de "l’absence fréquente de conventions entre les ambulanciers privés et les Samu".
Le sénateur ajoute que "le régulateur du Samu estime souvent que les sapeurs-pompiers représentent une meilleure solution avec des délais d’intervention plus courts et des équipements mieux adaptés que les ambulanciers privés".
Cette pression sur les secours à personne oblige les Sdis à s’équiper pour une mission non centrale, ce qui diminue d’autant ses capacités d’investissement sur ses autres missions, relève le sénateur.

Dominique de Legge n’est pas en mesure de quantifier l’investissement mais il indique qu’un véhicule de secours et d’aide aux victimes a un prix d’environ 100.000 euros.
En fonctionnement, le sénateur pointe les difficultés des Sdis à toucher l’indemnisation financière due par l’assurance maladie pour compenser la carence ambulancière (17 millions d’euros en 2009).
D’une part, certains Sdis ne parviennent à récupérer la somme, ce qui fait que le coût des interventions reste à leur charge. D’autre part, le montant servant de base à la négociation de l’indemnisation (105 euros par intervention) "n’a pas été réactualisé depuis 2006".

Le sénateur demande donc une clarification des rôles respectifs des Sdis, des Samu et des Smur et le développement des plateformes communes d’appels entre les Sdis et Samu, un investissement qui lui s’avère "rentable".
La mise en place d’une plateforme commune d’appel entre le 15, le 18 et le 112 a un coût initial, mais qui "peut rapidement être amorti grâce aux gains de fonctionnement qui en résultent". Selon un recensement de février, 19 plateformes communes sont en place au niveau départemental.
Il donne l’exemple de la plateforme des Pyrénées-Orientales, inaugurée en février avec un coût de 6,9 millions d’euros, réparti entre le Conseil général (1,7 million d’euros, 24%), le centre hospitalier de Perpignan (0,2 million, 3%), l’Etat (1,1 million, 16%), le Sdis 66 (3,9 millions, 57%).
Le CH de Perpignan a par ailleurs prévu l’aménagement d’une salle de secours au centre hospitalier qui serait pris en charge par celui-ci, portant ainsi sa participation totale à 1,2 million d’euros, indique-t-il.

source infirmiers.com


La célocurine, règles de conservation dans les SMUR

A lire les recommandations sur la conservation du suxaméthonium dans les smur

SUXAMETHONIUM Respecter strictement la chaîne du froid. Lettre aux professionnels de santé (16 juillet 2012)

Traçabilités des appels

Arrêté du 20 octobre 2011 fixant les règles de traçabilité des appels traités dans le cadre de la permanence des soins en médecine ambulatoire, pris en application de l’article R. 6315-3 du code de la santé publique

transports sanitaires, aide médicale urgente (textes non codifiés)


Dans les bras de Morphée

C’était le 6 novembre 2004. Une attaque contre les forces françaises à Bouaké, en Côte d’Ivoire, laisse neuf soldats morts et quarante blessés sur le terrain. L’armée française déclenche alors le dispositif de rapatriement médical prévu en de telles circonstances. Un Airbus A310 rapatriera les 18 blessés les moins sérieusement atteints, dont trois polytraumatisés. Et ce sont deux des avions habituellement réservés au président de la République et au Premier ministre qui ramèneront en France les plus sérieusement atteints : un blessé neurochirurgical accompagné par quatre réanimateurs dans un Falcon 50. Et deux polytraumatisés graves dans un Falcon 900. "Avec davantage de blessés graves, nous aurions été très, très mal", admet le médecin en chef Marc Borne, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital militaire parisien du Val de Grâce.

C’est de cette expérience qu’est venue l’idée de moyens mieux adaptés, plus performants. Aujourd’hui, le système Morphée est prêt. Il a mené sa première mission le 18 mars dernier, en rapatriant 3 soldats français blessés à Mitrovica, au Kosovo. "On voulait faire mieux, en termes de confort des blessés et de respect des normes internationales. Nous savons maintenant que nous avons réussi", poursuit le docteur Borne qui a participé à la conception du kit Morphée. L’idée a consisté à utiliser la puissante flotte d’avions ravitailleurs de l’Armée de l’air, les citernes volantes C-135FR achetées dans les années 1960, pour accompagner les Mirage IV de la force de frappe. La France compte onze de ces avions, qui viennent tous d’être adaptés - le dernier a été livré début mars - pour emporter le kit Morphée. Les modifications légères portent sur l’installation d’un réseau électrique spécialisé pour les appareils médicaux, un réseau de distribution d’oxygène, une climatisation de bord. Ces avions à très long rayon d’action peuvent par exemple relier Paris à Singapour sans escale.

À bord, les modules de transport de blessés sont adaptables, mais permettent par exemple de transporter quatre blessés "lourds" et huit blessés moins gravement atteints. Les douze membres du personnel médical (dont quatre médecins) qui les accompagnent disposent de tout le matériel spécialisé dernier cri, mais aussi d’un échographe, d’un laboratoire d’analyse et de matériels d’enregistrement.

Un système d’alerte permet aux personnels concernés de rejoindre la base aérienne d’Istres dans les meilleurs délais, puis de partir avec l’avion afin de récupérer les blessés qui auront été préalablement stabilisés par les équipes médicales déployées sur le terrain.

Pour répondre aux demandes de l’état-major des armées, un second kit Morphée a été commandé. Les médecins militaires français seront alors en mesure de faire face dans les meilleures conditions à un afflux de blessés graves. L’hypothèse retenue concerne une brigade de l’Armée de terre de six mille hommes qui serait engagée dans un combat de haute intensité de quinze heures. Selon les normes généralement retenues, ce combat provoquerait 4,80 % de pertes, dont 15 % de tués et jusqu’à 140 blessés, dont 20 % à 40 % gravement atteints...

Désormais, le système français est comparable à ce qui se fait de mieux dans le monde. Les Allemands, qui disposent d’un Airbus spécialisé, ont choisi une autre voie, mais celle des Français est semblable à celle des Britanniques et des Américains, qui ont adapté des kits médicalisés à l’avion C-17 Globemaster. Quant au kit Morphée, prévu pour les C-135FR, il est adaptable aux Airbus A310 et A330 de l’Armée française, ainsi qu’au futur A400-M.

source lepoint.fr

L’avion MORPHEE (MOdules de Réanimation pour Patient à Haute Élongation d’Évacuation) permet d’évacuer jusqu’à douze blessés graves sur des vols de longue distance. Il est opérationnel depuis 2006.

Véritable service de réanimation volant, MORPHEE est conçu pour assurer

  • au patient, un niveau de soins comparables à celui d’un service hospitalier de soins intensifs,
  • à l’équipe médicale, un espace de travail ergonomique permettant des soins de réanimation lourde,
  • aux armées françaises, une capacité d’évacuation médicale collective susceptible d’être mise sur pied sous court préavis et adaptable au besoin.

Les onze avions ravitailleurs C135-FR de l’armée de l’air sont équipés pour recevoir le kit MORPHEE (modules de transport des patients, alimentation en énergie, climatisation, plateau technique).

Il existe deux types de modules : le module lourd pour soins intensifs, permettant la prise en charge d’un patient grave placé sous assistance respiratoire et perfusé, le module léger pour le transport de deux patients moins graves, perfusés.

Le service de santé des armées stocke deux dotations médicales (médicaments et matériels médicaux) garantissant la permanence opérationnelle.

L’équipe médicale MORPHEE est composée de deux médecins, cinq infirmiers, deux convoyeurs de l’air et, selon les besoins de la mission, un psychiatre, un spécialiste des brûlés, un chirurgien ou un officier de liaison étranger. Une équipe est d’astreinte en permanence.

Les deux premières évacuations par avion MORPHEE ont été réalisées en 2008. Chacune a permis d’évacuer onze soldats blessés, le 18 mars à partir du Kosovo et le 19 août, à partir de l’Afghanistan, à la suite de l’embuscade d’Uzbeen. En 2011, le dispositif a permis l’évacuation à plusieurs reprises de soldats blessés en Afghanistan. Les patients ont été admis dans les hôpitaux militaires parisiens.

Depuis 2006, les armées françaises sont dotées d’une capacité d’évacuation des blessés graves sur longue distance. Le lot MORPHEE (MOdules de Réanimation pour Patients à Haute Elongation d’Evacuation) et les équipes médicales du Service de Santé des Armées, transforment ainsi l’avion ravitailleur C 135-FR en un véritable service de réanimation volant.

Il offre un plateau de réanimation, aux normes médicales et aéronautiques, apte à décoller 24h après le déclenchement de la mission.

Il a deux missions principales :

  • évacuation sanitaire collective sur longue distance,
  • soins de réanimation lourde.

Deux configurations sont possibles, permettant de transporter jusqu’à 12 blessés :

  • Une version à 6 blessés de soins intensifs (soit six modules lourds, comprenant une assistance ventilatoire électrique et un monitorage important).
  • Une version à 4 blessés de soins intensifs (quatre modules lourds) + 8 blessés légers (quatre modules légers, comprenant des perfusions sous oxygène).

Les modules MORPHEE set les équipes de réanimation du SSA permettent d’assurer aux patients une qualité de soins et de surveillance comparable à celle d’un service de soins intensifs, dans un espace de travail à l’ergonomie optimisée.

Le rayon d’action de l’avion ravitailleur C 135-FR de l’armée de l’Air couvre la majorité des théâtres d’opérations, en un vol de 10h sans escale. Complété par le lot MORPHEE, il a déjà été utilisé en 2008 et en 2011 pour évacuer des blessés du Kosovo et d’Afghanistan.



Avion médicalisé morphée

Au cœur d’une formation morphée

Stage médical « Morphée » sur la base aérienne d’Istres

Fiche métier officier(ière) de l’armée de l’air

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Le métier de convoyeur(se) de l’air

Le(la) convoyeur(se) de l’air, officier navigant de l’Armée de l’air, exerce ses fonctions à bord des aéronefs de la Force aérienne de projection (FAP) au cours :

  • • d’évacuations sanitaires ;
  • • de missions humanitaires ;
  • • de détachements opérationnels ;
  • • de missions de transport de passagers.

• Les conditions de candidature

  • • Etre français au regard du code de la nationalité française ;
  • • Etre titulaire du diplôme d’état d’infirmier(ère) ;
  • • Etre âgé de 25 ans au plus au 1er janvier de l’année des épreuves de sélection ;
  • • Avoir été recensé ou avoir participé à la Journée d’appel de préparation à la défense ;
  • • Satisfaire aux conditions d’aptitude physique requises pour cette spécialité du personnel navigant : avoir une taille supérieure à 1m55 et être apte à servir en tous lieux et en toutes circonstances.

• Le dépôt de candidature

Le dossier de candidature doit être déposé auprès du Bureau Air Information ou de la Base aérienne (Bureau Instruction Recrutement) la plus proche de votre domicile, selon les modalités définies par l’avis de recrutement et la circulaire relatifs au recrutement d’élèves convoyeurs(ses) de l’air.

• La nature des épreuves de sélection

La sélection des candidats comporte :

  • • des épreuves écrites :
    - culture générale (dissertation) ;
    - médecine ;
    - anglais ;

Pour les admissibles :

  • • une expertise médicale effectuée dans un Centre d’expertise médicale du personnel navigant ;
  • • des épreuves orales comprenant :
    - médecine ;
    - anglais ;
    - épreuve orale facultative de langue vivante étrangère (allemand, espagnol, italien ou russe) ;
  • • des épreuves sportives ;
  • • une épreuve d’aptitude générale (entretien).

• L’engagement

Les élèves convoyeurs(ses) de l’air souscrivent un contrat initial de 3 ans. Celui-ci peut être dénoncé pendant les six premiers mois de l’année de formation.

• Le déroulement de la formation

L’instruction dispensée aux élèves leur permet d’acquérir les connaissances militaires et professionnelles nécessaires pour tenir l’emploi correspondant à leur spécialité. Cette instruction dure 10 mois, se déroule sur les bases de Villacoublay, Toulouse et Salon-de-Provence. L’obtention du brevet clôt la formation initiale qui sera entretenue pendant toute la carrière.

• Les perspectives de carrière

  • • Élève Officier Navigant pendant l’année de formation ;
  • • Aspirant dès l’obtention du brevet de convoyeur(se) de l’air ;
  • • Sous-lieutenant après 10 mois d’ancienneté de grade ;
  • • Lieutenant après 3 ans d’ancienneté dans le grade de sous-lieutenant ;
  • • Capitaine :
    - au choix à partir de 3 ans d’ancienneté dans le grade de lieutenant ;
    - automatiquement dès 5 ans d’ancienneté dans le grade de lieutenant.

La carrière d’OSC (Officier Sous Contrat) permet de servir pendant 20 ans par contrats successifs à partir du grade de sous-lieutenant avec la possibilité de bénéficier d’une retraite dès 15 ans de service.

Réunissant les fonctions d’officier, d’infirmier, de personnel navigant de cabine, le métier de convoyeur(se) de l’air est passionnant mais exigeant, et réclame en priorité :

  • • d’excellentes qualités professionnelles ;
  • • de grandes qualités humaines ;
  • • une disponibilité sans faille (célibat souhaité en début de carrière) ;
  • • une très bonne résistance physique (missions de longue durée, décalages horaires, climatologie variée).

Évacuation sanitaire

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Les Infirmières Pilotes - Secouristes de l’Air, nées en 1934, constituaient la Section Aviation de la Croix-Rouge Française. Leurs tâches premières étaient d’être des soignantes en vol ou pilotes d’avions sanitaires.

Au cours des années qui suivaient, sans cesse de nouvelles fonctions leur étaient confiées. En effet, elles devenaient également Assistantes Sociales et Infirmières sur les bases aériennes.

A la fin de la dernière guerre, elles participèrent à la recherche des aviateurs abattus ou disparus. De plus, elles assistèrent les équipages à bord des avions qui rapatrièrent des prisonniers en très mauvais état physique et moral. A partir de cette expérience, certaines, infirmières diplômées d’Etat, furent recrutées par concours les unes comme convoyeuses de l’Armée de l’Air et d’autres constituèrent la totalité des premières hôtesses de l’air de la compagnie T.A.l., ancêtre de l’UTA, où elles furent hôtesses sanitaires, hôtesses et soignantes. Toutes étaient infirmières.

Dans ces deux métiers, convoyeuses de l’air et hôtesses sanitaires, elles participèrent durant la guerre d’lndochine à l’évacuation des blessés et au rapatriement des prisonniers.

Ensuite, en Algérie, elles assurèrent les convoyages des blessés à bord des avions sanitaires et des hélicoptères de l’Armée de l’Air et de l’A.L.A.T. (Aviation Légère de l’Armée de Terre), secourant, prodiguant les premiers soins, soulageant et réconfortant. Toutes étaient alors infirmières diplômées d’État.

La liste était longue de celles qui étaient allées jusqu’au sacrifice, se dévouant aussi bien sur le plan civil que militaire, plongées dans cette ambiance "Aéro" qui était la leur. Que l’action exemplaire de ces femmes, « Élites » de la Croix-Rouge Française, ne soit jamais oubliée.

Ensuite, les activités des IPSA étaient devenues différentes :

  • Certaines faisaient encore carrière dans l’Armée de l’Air, comme convoyeuses, l’École IPSA les préparant au concours d’entrée.
  • Certaines infirmières parachutables ont servi en Algérie à l’ALAT ou dans les SAS.
  • D’autres, qui comme les précédentes, étaient infirmières diplômées d’État, recevaient une formation aéronautique et en médecine aéronautique, aussi bien à Paris que dans certaines villes de province, et composaient les Réserves de l’Air ou Équipes d’urgence de la Croix-Rouge Française. Elles étaient Convoyeuses de Réserve.
  • D’autres encore, dont des Secouristes de la Croix-Rouge Française, recevaient une formation technique ainsi qu’un enseignement de Secourisme Aviation. Ce personnel était entraîné et pouvait intervenir, servir aussi bien l’aviation civile que militaire, secourir en cas de catastrophe ou de cataclysme.

De plus, ces bénévoles assuraient les postes de secours implantés sur tous les terrains d’aviation de la région parisienne. Ces postes de secours devaient également se voir implantés sur tous les terrains en France.

Les IPSA formaient également des infirmières parachutables. Cette équipe vit le jour en 1935. Équipe sportive, entraînée pour être "larguée" à des endroits difficilement accessibles, pour secourir et soigner.

Amicale des IPSA : 5 rue Christophe Colomb 75008 Paris

La Croix Rouge Française possède toujours une école préparatoire du personnel navigant commercial, Celle ci forme au Certificat de sécurité et sauvetage aéronautique indispensable pour être hôtesse ou steward. Elle propose également des formations de perfectionnement ou d’adaptation dans le même domaine.

École préparatoire du personnel naviguant commercial : 98 rue Didot 75014 PARIS

Quand la Croix Rouge avait ses "chevalières du ciel"

Les Infirmières Pilotes Secouristes de l’Air (IPSA) constituaient une sorte de "troupe d’élite", 100 % féminine, au sein de la CRF. Leur mission ? Soulager la souffrance et restaurer le corps humain. Retour sur une aventure très particulière.

Croix Rouge et aviation : telle était la vocation des IPSA, dès l’origine, en 1934. Infirmières ou assistantes sociales, ces pionnières avaient opté pour les airs, alors même que l’aviation était balbutiante. Très vite, les comités IPSA ont essaimé en France (mais aussi en Afrique du Nord et en Indochine).

Attention : n’était pas IPSA qui voulait. La plupart d’entre elles étaient pilotes, disposant même, à partir de 1950, de leur propre aéroclub à Guyancourt. Les IPSA excellèrent aussi dans l’art du parachutisme. Au départ, il s’agissait surtout d’apprendre à se dominer face au risque. Le secourisme enfin, complétait la panoplie très spéciale des IPSA.

Au cours de la Guerre 39 - 45, ne pouvant pas voler, elles se sont engagées aux côtés des équipes d’urgence de la Croix Rouge. notamment lors des bombardements. Mais c’est surtout en 1945 qu’elles donnèrent toute leur mesure. Elles furent par exemple chargées de convoyer des prisonniers et déportés rapatriés par avion, soit 4000 civils russes alors regroupés au Touquet Paris Plage.

8 tuées en "service commandé"

Exemplaire fut, au même moment, l’action des 50 IPSA bénévoles de Paris. Certaines étaient affectées au sol, d’autres assuraient les liaisons entre Paris et plusieurs villes européennes libérées. En cinq mois, la section de Paris. aidée par celle de Bordeaux, accomplit 961 missions et permit de ramener en France 9098 déportés politiques, 7 512 prisonniers de guerre et 3 517 STO (Service de Travail Obligatoire).

Peu après, certaines furent intégrées parmi le personnel navigant de l’armée de l’air, en qualité de "responsables sanitaires", d’hôtesses ou d’interprètes ! Pendant la guerre d’Indochine, elles soignèrent les 46 743 blessés transportés par avion militaire. En Algérie, elles évacuèrent 48 311 blessés et malades civils et militaires. Huit d’entre elles perdirent la vie, en "service commandé".

Ces "troupes d’élites" ont cessé leurs activités en 1984. Elles signèrent pourtant de belles pages liant, au nom du principe d’humanité, la CRF et la grande époque de l’aviation. Mieux, elles furent l’un des fers de lance de l’engagement de l’institution dans le domaine médical aéronautique. Dès 1946, la CRF avait mis à disposition d’Air France ses infirmières, qui préfigurèrent le métier d’hôtesse de l’air. Ce n’est donc pas un hasard, s’il existe aujourd’hui, comme un lointain écho aux IPSA, une Ecole CRF préparatoire du personnel navigant commercial.

  • 1934 : Création d’un corps d’infirmières pilotes d’aviation sanitaire,
  • 1937 : Début de l’entraînement des IPSA au parachutisme,
  • 1939 à 1945 : 240 IPSA sont réparties sur des bases aériennes de France et d’outre mer.
  • 1945 : Rapatriement aérien sanitaire de prisonniers et déportés,
  • 1946 à 1976 : La majorité du recrutement des Convoyeuses de l’Air se fait parmi les infirmières préparées par le service de l’enseignement IPSA de la CRF.
  • 1971 : La formation visant l’obtention du Certificat de Sécurité Sauvetage nécessaire à tout personnel navigant est confiée à la CRF.

Dans la tradition qu’elles ont forgée et sous l’impulsion de leurs animatrices, les IPSA prouvent que les femmes savent aussi mériter des ailes.

source univair.fr

Une femme hors norme : Marie Marvingt. Le site de la société française de médecine aérospatiale évoque aussi cette personnalité qui sort de l’ordinaire, surtout rapportée à l’époque. Il y a des femmes d’exception.

Zoom sur les métiers de l’armée de l’air
Evacuations sanitaires des théâtres d’opérations extérieures
Avions vecteurs d’évacuations sanitaires aériennes
Evasan militaire collective
Medecine et armees juin 2006
A lire l’histoire de l’evasan
Reanoxyo Novembre 2007

Geneviève de Galard à Dien Bien Phu

L’historique des Convoyeuses de l’Air

Les i.p.s.a. Les infirmières pilotes secouristes de l’air et les groupes lourds

Convoyeuse de l’air

Une vidéo INA "vintage".

Une brève qui parle des infirmières.

L’IADE héliporté
Evacuation sanitaire des blessés de guerre

(documents extraits de la SFAR 2012)

L’Histoire en S’AMUsant. Anesthésiste et écrivain Jean-José Boutaric publie un recueil de nouvelles uchroniques, où sont sauvés par le SAMU des illustres personnages de l’histoire.

Les convoyeuses de l’air document PDF

Femmes et pilotes militaires dans l’armée de l’Air

Fly me to the moon...


Informations sur l’assistance médicale : TRANSPORTS EXTRA-HOSPITALIERS : SOCIÉTÉS D’ASSISTANCE

E. Obadia, O. Cha juin 2009

  • DÉFINITION DE L’ASSISTANCE MÉDICALE

Les sociétés d’assistance sont des entreprises de service dont une partie de l’activité consiste à fournir une aide médicale à leurs abonnés pendant un déplacement en règle générale à plus de 50 kilomètres du domicile principal. Elles interviennent auprès de clients ayant préalablement souscrit un contrat. Pour fournir ces prestations contractuelles, elles disposent d’un plateau d’assistance composé entre autres, de médecins régulateurs et de transporteurs salariés, qui définissent et mettent en œuvre 24 h sur 24, sept jours sur sept et dans le monde entier, le service approprié au problème médical rencontré [1-4]. Contrairement à la compagnie d’assurance qui indemnise un sinistre, la société d’assistance fournit un service en supportant le coût financier des prestations qu’elle organise [4]. Le domaine médical d’une société d’assistance ne représente que 10 à 15 % du volume de son activité [2]. Le reste des prestations d’assis­tance est constitué de l’assistance technique aux véhicules, l’assistance au domicile, l’assistance informatique [5]…

  • HISTORIQUE DE L’ASSISTANCE MÉDICALE

La première évacuation sanitaire aérienne par ballon remonterait au siège de Paris en 1870. En 1917, le commandant Chassaing du Service de santé de l’armée française crée le premier avion ambulance. En mai 1929, se tient à Paris le premier Congrès international de l’aviation sanitaire réunissant des représentants de 41 pays. Le concept d’assistance médicale et de rapatriement sanitaire civil date de 1963. Pierre Desnos, impressionné par les difficultés rencontrées par un couple d’amis victimes d’un accident à l’étranger, fonde à Paris avec l’aide d’André Rosa (Président de la compagnie d’assu­rance « La Concorde »), la société Europ Assistance. Les compagnies d’assistance se sont par la suite multipliées et ont fait évoluer le concept initial, assurant le rapatriement médicalisé de l’abonné à destination du centre hospitalier de son choix en cas de problème médical survenu pendant un déplacement, en France comme à l’étranger [5, 6].

Accompagnant ce mouvement commercial, les compagnies aériennes françaises ont été parmi les premières à permettre le voyage, sur ligne régulière commerciale, des blessés et des malades [4].
Sur les avions modernes, l’utilisation d’une partie de la cabine en version sanitaire est prévue dès la conception des appareils. Ces facilités mises à la disposition du corps médical des sociétés d’assis­tance par les compagnies aériennes internationales, sont réglementées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

  • LES SOCIÉTÉS D’ASSISTANCE

Liste des sociétés adhérentes au SNSA

  • Acta
  • Axa Assistance
  • Europ Assistance
  • Fidélia Assistance
  • Garantie Assistance
  • Inter Mutuelles Assistance
  • Mondial Assistance
  • Mutuaide Assistance

Les sociétés d’assistance médicale sont principalement européennes. En France, les sociétés d’assistance sont régies par le code des assurances et adhèrent presque toutes au Syndicat national des sociétés d’assistance (SNSA). Créé en 1981, le SNSA assure la représentation professionnelle du métier d’« assisteur » vis-à-vis des pouvoirs publics français et du public plus généralement. La commission médicale du SNSA produit un rapport annuel sur les statistiques d’activité médicale des sociétés adhérentes. Pour l’année 2006, près de 120 000 dossiers de demande d’assistance médicale ont été traités par les médecins régulateurs de ces sociétés. Un transport sanitaire non médicalisé a été réalisé dans 43 % des cas, 8 % environ ont donné lieu à un rapatriement sani­taire médicalisé. La spécificité des rapatriements sanitaires réalisés par les sociétés d’assistance est liée aux distances couvertes pour ces transports médicalisés. Dans bon nombre de cas, le rapatriement de patients ayant déclaré une pathologie médicale ou accidentelle au cours d’un voyage à l’étranger, s’effectue par avion compte tenu des distances.

Sur les dossiers médicaux traités en 2006 par les sociétés d’assis­tance adhérentes au SNSA, 55 % des sinistres ont eu lieu en France métropolitaine, 45 % hors métropole. Depuis plusieurs années, les sociétés d’assistance, en plus de leur mission originelle qui est de veiller au rapatriement des Français blessés ou malades à l’étranger, s’inscrivent pleinement dans le paysage sanitaire national en assurant bon nombre de transports secondaires médicalisés interdépartementaux, à la manière des SAMU. Dans ce contexte, les services de réanimation en France sont régulièrement contactés par une société d’assistance qui propose de réaliser le transport secondaire d’un patient abonné une fois stabilisé, vers un autre service de réanimation, pour rapprochement du domicile, comme le contrat avec son client l’y oblige.

  • LE CONTRAT D’ASSISTANCE

La souscription à un contrat d’assistance se fait soit par un abonnement temporaire pour la durée d’un voyage par exemple, soit à l’année avec reconduction tacite par inclusion dans un contrat d’assurance automobile ou d’habitation ou encore via une carte de crédit [7]. Contrairement à la relation classique entre un patient et son médecin, en médecine d’assistance, cette relation s’effectue à distance par téléphone. Les clauses du contrat déterminent le cadre dans lequel le patient bénéficiera des prestations d’assistance. À l’étranger, si l’état du patient nécessite des soins ou des examens ne pouvant pas être réalisés sur place, la société d’assistance organise dans un premier temps le transport sanitaire vers un centre hospitalier régional ou vers un pays proche susceptible d’assurer une prise en charge appropriée [8].

Dans un second temps, après un traitement adapté, le patient sera rapatrié vers la France. Dans bon nombre de pays où la prise en charge médicale initiale est d’emblée satisfaisante, le rapatriement du patient, s’il est nécessaire, peut se faire directement vers la France. La société d’assistance ne se substitue évidemment pas aux secours et soins locaux d’urgence pour la prise en charge initiale lors de la survenue de l’accident de santé. Elle peut en outre apporter une aide financière en faisant l’avance de frais médicaux, pharmaceutiques ou d’hospitalisation.

  • RÔLES ET ENJEUX DE LA RÉGULATION MÉDICALE EN ASSISTANCE

La régulation médicale est un acte de télémédecine par téléphone effectué par un médecin régulateur, le plus souvent urgentiste ou réanimateur, maîtrisant les contraintes du transport sanitaire en particulier aéroporté. Il contacte l’équipe médicale en charge du patient en France ou à l’étranger afin d’obtenir un bilan médical précis et complet. Lors d’une assistance à l’étranger, ce contact peut nécessiter l’aide d’un chargé d’assistance traducteur. Le correspondant médical de la société d’assistance dans le pays concerné sera parfois missionné pour obtenir un bilan médical détaillé et surtout fournir les renseignements sur les possibilités de prise en charge par le plateau technique médical existant sur place.

Dans tous les cas, la décision et les modalités de transfert vers une destination adaptée aux soins appartiennent au seul médecin régulateur de la société d’assistance après contact avec le médecin traitant sur place et la famille du patient. Les considérations d’ordre médical et le respect des règlements sanitaires en vigueur dans le pays concerné sont les seuls éléments pris en compte par le médecin régulateur pour décider des modalités du rapatriement. Pour une même pathologie survenant à l’étranger, la décision du médecin régulateur quant au transfert dépendra surtout des possibilités locales en matière d’inves­tigations et de prise en charge. Par contre, sur le territoire métropolitain, le transfert secondaire d’un patient vers une structure sanitaire plus proche du domicile ne sera réalisé qu’une fois l’état de santé parfaitement stabilisé, afin de minimiser les risques du transport.

  • PHYSIOLOGIE ET TRANSPORT AÉRIEN

En avion, la pression baisse avec la montée en altitude. Cette baisse de pression atmosphérique est corrigée partiellement par la pressurisation des cabines des avions commerciaux [9]. L’idéal serait de disposer d’une pression cabine identique à celle du niveau de la mer, quelle que soit l’altitude de croisière de l’avion, or cela est impossible en raison de contraintes technologiques et économiques. La réglementation internationale oblige tout avion de transport public volant à une altitude supérieure à 6 000 m (20 000 pieds) à être pressurisé à une valeur maximale réglementaire équivalente à 2 438 m (8 000 pieds), quelle que soit l’altitude de vol.

Le système de pressurisation est aussi conçu pour approvisionner la cabine en air et évacuer les gaz respiratoires. L’air froid extérieur (–56 °C à 10 000 m), est réchauffé en passant par les réacteurs, ce qui lui enlève toute sa vapeur d’eau, puis il est refroidi avant d’être délivré en cabine. Alors qu’au sol le degré d’hygrométrie de l’air respiré est d’environ 70 %, il s’abaisse dans une cabine en vol autour de 10 à 20 %, bien en dessous de 40 %, valeur à partir de laquelle surviennent les premières sensations d’inconfort. Cette sécheresse de l’air en avion a pour conséquence une déperdition hydrique et un assèchement des muqueuses qui doivent être compensés par une bonne hydratation.

La baisse de pression dans la cabine d’avion en vol engendre essentiellement deux conséquences : le dysbarisme et l’hypoxie [9-11].

  • LE DYSBARISME

Selon la loi de Boyle-Mariotte, un volume gazeux varie en proportion inverse de la pression (PV = constante) ainsi, un volume gazeux se dilate avec la montée en altitude et se contracte en descente, exposant en vol à une expansion des gaz contenus dans les cavités closes de l’organisme dans une proportion d’environ 20 % à 30 % aux altitudes des avions commerciaux. Cette modification de volume des gaz des cavités closes rend compte de phénomènes pathologiques en avion : otite ou sinusite barotraumatique, spasmes digestifs.

Au cours des rapatriements par avion, du fait de l’augmen­tation de volume des gaz en altitude, certaines précautions sont indispensables : tout pneumothorax même minime au sol doit voyager drainé avec un système aspiratif d’urgence ou une valve anti-retour de type Heimlich. Chez un patient ventilé, le ballonnet de la sonde d’intubation doit être rempli avec du sérum physiologique pour éviter une lésion trachéale ischémique.

Le risque de lâchage de suture digestive chez un patient opéré du tube digestif est important la première semaine qui suit l’intervention. Les actes de chirurgie ophtalmologique avec introduction de gaz dans le globe oculaire contre-indiquent pour environ deux mois un voyage aérien. Lorsqu’il existe une hypertension intracrânienne et quelle qu’en soit sa cause, une évacuation sanitaire aérienne est contre-indiquée tant que celle-ci n’a pas été traitée.

Enfin, le risque d’accident de décompression avec aéroembolisme chez le plongeur sous-marin est majoré quand il ne respecte pas l’interdiction de tout voyage aérien pendant les 24 h qui suivent la dernière plongée [12].

  • L’HYPOXIE D’ALTITUDE

La composition de l’air reste fixe quelle que soit l’altitude et l’oxygène en représente toujours près de 21 %. Par contre, en altitude, du fait de la baisse de la pression atmosphérique, la pression partielle de l’oxygène dans l’air inspiré chute. Elle passe de 159 mmHg au sol à 118 mmHg à 8 000 pieds (2 438 m). La pression partielle artérielle en oxygène (PaO2) baisse ainsi d’environ 100 mmHg au sol à 68 mmHg vers 8 000 pieds et la saturation de l’hémoglobine s’abaisse alors chez tous les passagers des avions de ligne autour de 93 %.

Si cette hypoxémie n’a pas de conséquence sur le sujet sain, en revanche, elle peut décompenser certaines pathologies, notamment chez l’insuffisant respiratoire, le sujet ayant une cardiopathie ischémique ou une anémie. Toute hypoxie préexistante devra donc être supplémentée en oxygène au cours d’un voyage en avion, surtout si celui-ci est d’une durée supérieure à une heure [9].

  • INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS À UN RAPATRIEMENT SANITAIRE

Près de deux milliards de voyageurs internationaux prennent l’avion chaque année. On estime à près de dix millions les voyageurs qui vont présenter un problème de santé en voyage. Pour les sociétés d’assistance adhérentes au SNSA, un tiers des 50 000 rapatriements réalisés chaque année a lieu entre juin et septembre. Sur les 8 000 patients qui ont justifié en 2006 un transport médicalisé, 30 à 40 % relèvent de la traumatologie (moyenne d’âge 30 ans), 20 % d’une pathologie cardio-vasculaire (45-50 ans), 15 % d’accidents vasculaires cérébraux (plus de 70 ans), 8 à 10 % de pneumopathies aiguës, 6 à 8 % de cas psychiatriques et 8 à 10 % de pathologies diverses (digestive, infectieuse, obstétricale ou néonatale).

Les indications d’un rapatriement sanitaire sont souvent liées à l’impossibilité de mise en œuvre, dans bon nombre de pays, d’une prise en charge sanitaire adaptée. Dans les autres cas, la durée prévisible de l’hospita­lisation en dehors de sa région ou de son pays d’origine impose, du fait des clauses du contrat avec la société d’assistance, le rapatriement vers une structure de soins adaptée proche de la résidence principale.

Les contre-indications médicales formelles à un rapatriement sanitaire aérien par avion de ligne commerciale ou par avion sanitaire sont peu nombreuses. En dehors des pathologies non stabilisées susceptibles de décompensation en vol mettant en jeu le pronostic vital comme les hémorragies actives, les états de choc persistant sous traitement adapté, les fractures du rachis instables, les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques en phase évolu­tive, les menaces d’accouchement dystocique, qui contre-indiquent tout rapatriement avant stabilisation, il n’y a le plus souvent que des contre-indications relatives surtout lorsque le rapatriement est réalisé pour insuffisance du plateau technique médical local [13-19].

Le médecin régulateur met alors en balance les risques inhérents au rapatriement sanitaire médicalisé et les risques de survenue de complications sur place en l’absence de retour rapide.

  • MOYENS DE TRANSPORT

Une fois la décision de transfert prise, se pose le choix du moyen de transport. Pour les transferts de moins de 500 km la voie terrestre est privilégiée quand elle est praticable, au-delà, le transfert est aéroporté. L’avion de ligne commerciale est utilisé si l’état du patient ne met pas en péril la sécurité du vol et si la compagnie peut fournir les aménagements nécessaires : civière, oxygène thérapeutique aéronautique, source d’énergie électrique [17-19].

Dans la plupart des cas, le transport d’un patient de réanimation est tout à fait envisageable par avion de ligne, à condition de disposer du matériel médical adapté et de l’équipe de médecins et infirmiers urgentistes ou réanimateurs habilités à de tels transports. Un plateau technique sanitaire aéroporté s’avère nécessaire et comprend de l’oxygène dans des conditionnements spéciaux agréés pour le trans­port aérien, des civières agréées par l’aviation civile adaptables aux sièges des avions, des rideaux afin d’isoler le patient sur civière des autres passagers, mais également l’assistance technique d’un personnel navigant sensibilisé. Pour pratiquer ce type de transport, la plupart des sociétés d’assistance ont d’ailleurs un agrément des compagnies aériennes leur permettant d’organiser les rapatriements sanitaires sans recourir à un accord ponctuel au travers de formulaires spécifiques (formulaire MEDIF).

Cet agrément leur évite, comme c’est la règle pour les particuliers ou les services hospitaliers, d’effectuer ces formalités auprès du service médical de la compagnie aérienne concernée. Dans certains cas comme le risque contagieux, l’aspect physique d’un patient susceptible de déranger les autres passagers, le grand brûlé, le patient en phase terminale, le comportement potentiellement agressif d’un patient psychiatrique, la nécessité d’une pressurisation de la cabine à altitude zéro pour les accidentés de décompression, un avion sanitaire spécialement affrété est la seule solution possible en dépit de son coût élevé, de l’ordre de 1 000 à 2 000 euros l’heure de vol pour les avions biturbo­propulseurs, et 2 000 à 4 000 euros pour les jets.

Dans un contexte particulier, se pose le rapatriement aérien de patients présentant des pathologies qui nécessitent un transfert en caisson d’isolement du fait d’un risque épidémique majeur : SRAS, fièvres virales hémorragi­ques, virus grippal à risque pandémique [20]… Dans ce cas, l’autorisation administrative des autorités du pays de départ, d’arrivée et parfois même des pays survolés est requise. En cas de pandémie, tout transfert semblerait de toute manière difficilement envisageable compte tenu du nombre de personnes impliquées et du fait des mesures internationales de restriction de déplacement.

  • MATÉRIEL MÉDICAL

La spécificité du matériel utilisé en rapatriement est d’être peu encombrant, autonome sur batterie, peu consommateur en énergie et agréé par les compagnies aériennes. Les progrès techniques de ces dernières années permettent d’utiliser en vol des respirateurs de transport à étalonnage automatique suivant l’altitude cabine, autorisant différents modes ventilatoires en volume comme en pression avec des pressions expiratoires positives (PEP) jusqu’à 20 cmH2O.

Ces respirateurs sont connectés à des bouteilles d’oxygène agréées pour l’aéronautique seules autorisées en avion [21]. Des extracteurs d’oxygène fonctionnant sur secteur ou sur batterie sont également utilisables en vol et agréés par Air France. Les cardioscopes de transport permettent une surveillance multiparamétrique incluant la capnographie, une pression artérielle invasive, un entraînement électrosystolique externe.

On utilise également des pousse-seringue compacts, des matériels de contention avec possibilité de traction d’un segment de membre à poids constant et des appareils d’investi­gation biologique portables réalisant gazométrie artérielle, natrémie, kaliémie et hémoglobine par microdosage [19]. Les seules réelles contraintes dans l’embarquement et l’utilisation de ces matériels sont le volume et le poids, indispensables à prendre en compte dans l’organisation logistique du rapatriement.

  • ASPECTS JURIDIQUES

Il ne faut pas confondre médecin de société d’assistance et médecin de société d’assurance [2]. Le médecin régulateur ou transporteur d’une société d’assistance agit comme un « médecin traitant occasionnel » et participe de plein droit à la séquence de soins du patient dont il va assurer le rapatriement. Dans ce cadre, il jouit d’un secret médical partagé, l’accès au dossier du patient lui est permis et un compte rendu de l’hospitalisation pourra lui être transmis. Des données médicales précises et régulièrement actualisées par le médecin régulateur sur l’état de santé de l’abonné sont indispensables au bon déroulement de l’assistance, depuis la régulation téléphonique du dossier jusqu’à la réalisation du rapatriement sanitaire [2-5].

Le contrat d’assistance passé entre le bénéficiaire et la société d’assistance lie les deux parties par des obligations. Le bénéficiaire est tenu d’appeler ou de faire prévenir la société dès que son état laisse supposer la nécessité d’un recours à une prestation d’assis­tance, il est aussi tenu de se conformer aux solutions préconisées par la société d’assistance sous peine de refus de prise en charge des frais qu’il aurait engagés de sa propre initiative.

Pour sa part, la société d’assistance est tenue à une obligation de moyens, elle s’engage à apporter une aide dans les conditions prévues au contrat [7, 22, 23]. La responsabilité contractuelle de l’assisteur sera recherchée si le bénéficiaire estime que celui-ci a été défaillant dans l’exécution de ses obligations. L’étude d’affaires jugées montre que les griefs portent le plus souvent sur la décision du rapatriement et sur ses conditions d’exécution : délai avant mise en œuvre du rapatriement, modalités du transport, choix des moyens déployés [23].

  • CONCLUSION

Né il y a plus de quarante ans, le concept d’assistance médicale est partagé par bon nombre de pays industrialisés. Depuis la démocratisation des voyages lointains avec des passagers du troisième et même du quatrième âge [24], la prise en compte des accidents de santé pendant les déplacements loin du domicile a été encadrée par les sociétés d’assistance. La mise à disposition pour les équipes médicales de transport, de matériels médicaux de plus en plus performants et miniaturisés permet des prises en charge adaptées lors des rapatriements sanitaires.

La formation des praticiens aux techniques particulières du transport notamment aérien commence à être diffusée au travers d’enseignements spécifiques comme le diplôme d’université des transports aériens et rapatriements sanitaires organisé à la faculté de médecine Saint-Antoine à Paris.

Un site internet http://tars.saintantoine.free.fr relatif à cet enseignement complète les informations dans le domaine de l’assistance médicale.

  • RÉFÉRENCES

[1] Delmas JJ. L’aventure mondiale de l’assistance. Renaudot & Cie, 1990.
[2] Pariente I. Assistance et assurance. Thèse de l’Université Paris 5, 1990.
[3] Ricou H. L’assistance en France, réalités et perspectives à l’heure de la réglementation européenne. Thèse de l’Université de droit, Grenoble, 1986, 403 pages.
[4] Lavernhe JP, Ivanoff S. Medical assistance to travelers : a new concept in insurance - cooperation with an airline. Aviat Space Environ Med, 1985, 56 : 367­ - 370.
[5] Europ Assistance. L’assistance aux voyageurs : se déplacer en toute tranquillité en France et à l’étranger. Paris, Nathan, 1984.
[6] Obadia E. Rapatriement sanitaire : Quelle assistance choisir ? Vie Med, 1987, 581-585.
[7] Piganeau-Desmaisons B. L’assistance touristique. Que sais-je ? n° 2983, Presses Universitaires de France, 1996.
[8] Leggat PA, Fischer PR. Accidents and repatriation. Travel Med Infect Dis, 2006, 4 : 135-146.
[9] Marotte H. Physiologie aéronautique. Éditions SEES, 2004.
[10] Bendrick GA, Nicolas DK, Krause BA, Castillo CY. Inflight oxygen saturation decrements in aeromedical evacuation patients. Aviat Space Environ Med, 1995, 66 : 40-44.
[11] Humphreys S, Deyermond R, Bali I, Stevenson M, Fee JP. The effect of high altitude commercial air travel on oxygen saturation. Anaesthesia, 2005, 60 : 458-460.
[12] Vann RD, Denoble P, Emmerman MN, Corson KS. Flying after diving and decompression sickness. Aviat Space Environ Med, 1993, 64 : 801-807.
[13] Essebag V, Halabi AR, Churchill-Smith M, Lutchmedial S. Air medical trans­port of cardiac patients. Chest, 2003, 124 : 1937-1945.
[14] AMA commission on emergency medical services. Medical aspects of trans­portation aboard commercial aircraft. Jama, 1982, 247 : 1007-1011
[15] Siah S, Dimou M, Bargues L, Vincenti-Rouquette I. Evasan d’un polytraumatisé : Prévention des effets de l’altitude. La revue des SAMU, mars 2004, 108-110.
[16] Essebag V, Halabi AR, Churchill-Smith M, Lutchmedial S. Air medical trans­port of cardiac patients. Chest, 2003, 72 : 1937-1945.
[17] Fretard J.L. Évacuations sanitaires aériennes lourdes longue et moyenne distances : Expérience du SAMU de la Réunion de 1980 à 1989. Thèse de Médecine, Université de Bordeaux II, 1990 n° 207.
[18] Veldman A, Diefenbach M, Fischer D, Benton A, Bloch R. Long-distance transport of ventilated patients : advantages and limitations of air medical repatriation on commercial airlines. Air Med J, 2004, 23 :24-28.
[19] Teichman P. G, Donchin Y, Kot R. J. International aeromedical evacuation. N Engl J Med, 2007, 356 : 262-270.
[20] Christopher GW, Eitzen EM Jr. Air evacuation under high-level biosafety containment : the aeromedical isolation team. Emerg Infect Dis, 1999, 5 : 241-246.
[21] Chazalon P, Clapson P, Koulmann P, Loncle M, Man M, Borne M, Rousseau J.M. Mise à disposition du BREAS LTV 1 000 pour les EVASAN. Reanoxyo, 2003, n° 14.
[22] Piganeau B. L’assistance aux personnes en difficulté. Les Grandes Thèses du droit français, Presses Universitaires de France, 1993.
[23] Piganeau-Desmaisons B. Assistance médicale à l’étranger, recherché des responsabilités. Editions du Jurisclasseur, avril, 2005.
[24] Dedouit F, Tournel G, Barguin P, Becart-Robert A, Hedouin V, Gosset D. Medical liabilities of the French physician passenger during a comercial air flight. Med Sci Law, 2007, 47 : 45-5

source : http://tars.saintantoine.free.fr/index.htm

Chaque enseignant propose un cours sur un thème particulier. Très intéressant.


La genèse des Motos SAMU

Sur chaque rassemblement de foule (manifestation, épreuve sportive, etc.), au moins une équipe du SAMU est déployée en plus des secours traditionnels comme la Croix-Rouge ou la Protection civile. Seule l’équipe du SAMU comprend un médecin apte à établir un diagnostic et à pratiquer une réanimation.

C’est justement au cours d’un de ces événements - le semi-marathon de Boulogne, pour être exact - qu’une ambulance de réanimation s’est retrouvée dans l’impossibilité d’accéder urgemment à un patient : le véhicule de secours ne pouvait pas remonter sans danger le flot des coureurs, ni prendre un itinéraire de contournement car les routes étaient saturées... Heureusement, cet incident fut sans conséquence pour le patient qui a pu être secouru par une autre équipe, mais il a permis de mettre en évidence un dysfonctionnement.

L’exemple anglais

Une réflexion fut alors menée afin de trouver des solutions pour intervenir plus vite. La rencontre avec des urgentistes anglais ne fit qu’accélérer le processus : outre-Manche, les secours utilisent la moto depuis longtemps pour leurs "Paramedics" et leurs fameux "Flying Doctors". Lire la suite

Moto SAMU 92

La page facebook de moto samu

Un article assez complet sur le concept

Emergency City Bike


Transferts infirmiers inter hospitalier

Transferts infirmiers interhospitaliers (TIIH) : à quelles conditions ?

Par Stéphanie TAMBURINI, Juriste – 17 février 2012

Les transferts réalisés entre deux établissements de soins sont fréquents, entre autres pour la réalisation d’examens complémentaires. L’état du patient ne justifie pas toujours de mobiliser un médecin. Dans ce cas, on peut avoir recours aux transferts infirmiers interhospitaliers (TIIH), sous certaines conditions.

- Sommaire

  • Quelle réglementation pour les transferts infirmiers interhospitaliers ?
  • Pour quoi faire ?
  • Pour quels patients ?
  • Par qui ?
  • Comment ?

- Quelle réglementation pour les transferts infirmiers interhospitaliers ?

Les transferts infirmiers interhospitaliers (TIIH) sont réglementés à l’article R. 6312-28-1 du code de la santé publique (CSP), selon lequel : « Le transport infirmier interhospitalier est organisé par les établissements de santé et réalisé soit par leurs moyens propres agréés, soit par des conventions avec des entreprises de transport sanitaire. Il est assuré, en liaison avec le SAMU, par une équipe composée d’un conducteur ou d’un pilote titulaire du titre délivré par le ministre chargé de la santé, et d’un infirmier qui intervient dans les conditions prévues à l’article R. 4311-7. Cette équipe peut être placée sous l’autorité d’un médecin responsable d’une structure de médecine d’urgence.
L’organisation et le fonctionnement des transports infirmiers interhospitaliers font l’objet d’une évaluation annuelle. »

De nombreuses sociétés savantes ont émis des recommandations qui viennent en complément de cette réglementation. Parmi les recommandations les plus complètes figurent celles émises par le SAMU de France.

- Pour quoi faire ?

En matière d’organisation hospitalière, la tendance actuelle est au regroupement des soins autour de plateaux techniques, ce qui nécessite des transferts de plus en plus fréquents de patients dont l’état ne justifie pas une prise en charge par le SMUR. Les TIIH apparaissent ainsi comme la solution médiane permettant aux patients un transfert en toute sécurité, sans mobiliser des effectifs médicaux, qui font déjà défaut dans certains services hospitaliers.
L’absence de mobilisation des personnels médicaux permet également de réaliser ces transferts plus rapidement, sans perte de temps liée à l’attente d’un médecin disponible.

Ces transferts, qui se situent à mi-chemin entre un transport par ambulance et un transport SMUR, restent coordonnés par les SAMU-Centre 15 du lieu de la structure de soins qui demande le transfert.

- Pour quels patients ?

Les TIIH concernent l’ensemble des transferts interhospitaliers, adultes comme pédiatriques, ainsi que les transferts in utero et psychiatriques.
Les patients pris en charge dans ce cadre doivent être stabilisés, sans défaillance non compensée.

Avant de décider d’avoir recours au TIIH, un médecin doit réaliser un examen clinique, établir un diagnostic, instaurer le cas échéant un traitement adapté et, surtout, apprécier s’il existe un risque d’évolution (et notamment de dégradation) de l’état du patient pendant le transfert. Le médecin prescrit dans tous les cas les paramètres de surveillance à mettre en oeuvre pendant le transport.

La durée estimée du transfert et les renforts possibles à disposition en cas de complications sont aussi des critères qui permettent de prendre la décision d’un TIIH.

- Par qui ?

Les exigences minimales pour réaliser des TIIH sont une expérience dans le transport SMUR ou un diplôme d’infirmier anesthésiste. Une formation initiale théorique et pratique et une mise régulière en situation, incluant l’utilisation du défibrillateur semi automatique, sont coordonnées par le SAMU.

Lorsque le transfert est particulier (transfert pédiatriques, ou in utero, ou psychiatrique), des compétences et une formation plus spécifiques peuvent être nécessaires.

- Comment ?

Le médecin demandeur, le médecin « receveur » et le médecin régulateur du SAMU échangent les informations médicales et choisissent l’équipe d’intervention. L’infirmier chargé du TIIH peut, s’il l’estime nécessaire, demander une réévaluation par le médecin lorsqu’il prend en charge le patient, ce qui peut conduire à opter finalement pour un autre moyen de transport.

L’infirmier se voit remettre une fiche de prescriptions pour le traitement et la surveillance pour la durée du transfert, horodatée et signée par le médecin du service demandeur. Il dispose également du dossier du patient.
Le vecteur de transport doit être de type ASSU et comporte un équipement adapté à la surveillance et à la sécurité du patient.

Pendant le transfert, l’infirmier du TIIH doit pouvoir à tout moment joindre le SAMU pour obtenir du renfort, le cas échéant, et il doit compléter un dossier spécifique, qui est remis dans le service d’arrivée, où un double est conservé.

A son arrivée, l’infirmier effectue une transmission auprès des infirmiers du service receveur, et l’avis d’un médecin sur place peut être sollicité si l’état du patient doit être réévalué.

source personneldesante.fr

AFAR. Recommandations formalisées d’experts. transport intrahospitalier à risque vital (nouveau né exclu)
Recommandations concernant les transports médicalisés intrahospitaliers (1994)

— -

Pour aussi bien connaître ce qu’en pensent les sociétés savantes, via la coalition habituelle...

Position de Samu de France et de la SFMU

sur le rôle de l’infirmier dans l’aide médicale urgente hors présence médicale

(à lire les deux versions, l’une du congrès sfmu 2012, l’autre, conjointement avec samu de France et sfmu)

L’infirmier hors présence médicale face à l’urgence
Étonnamment, c’est le topo le plus "lourd" et avec le plus de pages du congrès sfmu 2012. De là à penser que la SFMU se comporte comme la SFAR dès qu’il s’agit de museler une profession avec laquelle elle doit composer plus souvent qu’elle ne le souhaiterait...
rôle de l’infirmier dans l’aide médicale urgente hors présence médicale (sdf-sfmu)

« La littérature internationale n’apporte aucun élément permettant de recommander la mise en place d’un échelon intermédiaire entre les équipes secouristes possédant un défibrillateur semi-automatique et le Smur. Les textes officiels définissent la responsabilité médicale, le champ d’action de l’infirmier et le cadre des expérimentations de délégation de compétences. Les initiatives locales qui ont été analysées montrent clairement les risques des actions conduites en marge des textes officiels. »

NDLR : Comme toujours, les "sages" se cachent derrière les textes législatifs lorsque cela les arrangent et les interprètent quand ils veulent mettre au pas le petit "paramédical" qui dépasse. Quand on sait que le "tout médecin" est préconisé en France, par pur lobbying, alors qu’ailleurs c’est plutôt le côté pragmatique, économique et objectif qui prime, la bataille n’a pas fini. (AB)

Régulation des TIIH (urgences 2008)
IDE hors presence medicale position de SAMU de France et SFMU
TIIH 18 ans de para médicalisation à Metz
TIIH recommandations SdF (2004)
Médicalisation des secours préhospitaliers, un luxe ou une nécessité vitale. Adnet
Référentiel de compétences SFMU- infirmier(e) en médecine d’urgence

N’oublions pas les propos de Marc Giroud, parti à la retraite, qui s’en prend à ceux qui sont responsables des dix plaies de l’Egypte d’après lui...

- La réaction de la société européenne de médecine de sapeurs pompiers

Manipulations et conflit d’intérêts dans les recommandations "L’IDE seul(e) devant une situation de détresse médicale"

En décembre 2011, la société française de médecine d’urgence (SFMU) a publié un document qualifié de « recommandations formalisées d’experts » et intitulé « L’IDE seul(e) devant une situation de détresse médicale ».

Ce document, se réclamant explicitement d’une méthodologie de la Haute Autorité de Santé (HAS), se trouve désormais régulièrement invoqué dans le domaine des protocoles infirmiers de soins d’urgence.

Plusieurs faits doivent cependant être rappelés concernant ce texte :

1) Son contenu ne fait pas référence à des protocoles infirmiers de soins d’urgence : il s’adresse au contraire à des infirmiers ne disposant pas de tels protocoles et se trouvant, de manière inopinée, seuls devant une situation de détresse médicale.

2) Plusieurs fautes méthodologiques affectent ces « recommandations » :

La composition du groupe de pilotage, et l’identité de son président, ont été modifiés après la fin des travaux,
La composition du groupe d’experts, chargé d’effectuer la cotation du texte, a également été modifiée rétrospectivement afin de faire disparaître les points de désaccord qui y subsistaient.

3) Un conflit d’intérêt affecte la totalité des praticiens hospitaliers qui composent le groupe de pilotage : tous sont membres du conseil d’administration de SAMU-Urgences de France, ou délégué régional de cette association, qui exprime de manière constante des positions hostiles au principe même des protocoles infirmiers de soins d’urgence en pratique préhospitalière. De ce fait, ces membres du groupe de pilotage, malgré leurs qualifications certaines en médecine d’urgence, ne disposaient pas de la possibilité de statuer sur ce texte de manière indépendante et non motivée par la défense des intérêts professionnels des SAMU-SMUR.

Après avoir initialement suivi une méthodologie valable, les résultats des travaux débutés en mars 2010 ont ainsi été manipulés après leur conclusion en novembre 2011 pour parvenir au résultat souhaité par certains de ses membres : interdire de facto la mise en œuvre de protocoles infirmiers de soins d’urgence.

Dans ces conditions, la SEMSP a écrit à la SFMU en janvier 2012 pour demander la correction de ces inexactitudes méthodologiques. En l’absence de réponse, la SEMSP a demandé à la HAS le retrait du document concerné.

Cette triste conclusion témoigne des difficultés rencontrées par une société scientifique, dès lors que les sujets étudiés portent quelques enjeux, à demeurer sur le seul terrain des faits établis et à s’émanciper des intérêts professionnels de ses membres.

La tentation était trop forte pour résister à la volonté de tricher : la SFMU y a succombé, probablement au décours d’un débat interne où les moins scrupuleux l’ont emporté. Tous y ont hélas perdu beaucoup de crédit.

Ces « recommandations », frappées de sévères carences méthodologiques et de conflit d’intérêts, ne représentent ainsi que l’opinion de leurs auteurs et se trouvent dépourvues de toute valeur scientifique. Elles ne sauraient donc être regardées comme un document de référence.

Courrier de la SEMSP à la HAS du 25 juillet 2012
La réponse de la HAS concernant les recommandations IDE seul devant une détresse médicale
La HAS qui vient définitivement de clarifier le statut des recommandations publiées en décembre dernier par la SFMU et intitulées "L’IDE seul devant une situation de détresse médicale" et à propos desquelles la SEMSP avait dénnoncé des fraudes méthodologiques et des conflits d’intérêts. La HAS n’apporte aucun label méthodologique ni de qualité à ces recommandations qui sont publiées sous la seule responsabilité de la SFMU.
Au demeurant, le contenu de ces recommandations s’adresse à des infirmiers ne disposant pas de protocoles.
Ces recommandations ne peuvent donc en aucune manière être regardées comme constituant les "protocoles harmonisés au niveau national selon des recommandations validées par la Haute autorité de santé" cités par le référentiel commun SAP-AMU.

Contrairement aux véhicules d’urgence des pompiers, ceux du Smur dijonnais n’ont pas de badge permettant un accès rapide aux autoroutes.

Publié le 25-08-2012

Imaginez deux véhicules d’urgence qui arrivent à un péage d’autoroute. L’un rouge, l’autre blanc. Le premier est piloté par un sapeur-pompier. Le second, par un ambulancier du Service mobile d’urgence (Smur). Jusque-là, tout va bien. Maintenant imaginez que le véhicule des pompiers passe en quelques secondes tandis que l’ambulance met deux, trois, voire dix fois plus de temps. Du racisme ? Non, l’un a simplement un badge “télépéage”, l’autre pas.

Un sujet « en discussion »

Une scène qui paraît improbable, mais à laquelle vous pourriez pourtant assister lors de vos pérégrinations autoroutières. Du moins pour les véhicules du Smur, rattaché au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon. Car, à quelques dizaines de kilomètres, le CHU de Besançon dispose, lui, d’un abonnement au système de péage rapide. Les véhicules d’urgence dijonnais s’acquittent, eux, de leur droit d’entrée avec une carte de paiement de l’hôpital.

Plusieurs personnels des urgences nous ont confirmé cette situation. L’un d’entre eux se souvient d’une intervention : « Nous étions avec les pompiers, eux, ils sont passés, et puis nous, on s’est mis derrière tout le monde, il y avait trois voitures devant nous. Donc tu te dépêches sur la route, tu mets les gyrophares, tu grilles les feux et, arrivé au péage, tu fais la queue comme tout le monde ? C’est contradictoire », Selon nos informations, le sujet serait sur la table depuis au moins 2006. Ces derniers mois, une avancée aurait même été entrevue : la direction de l’hôpital aurait promis les précieux sésames pour ce mois d’août 2012. Mais, dans les véhicules, toujours rien.

Du côté du CHU, si on confirme l’absence d’abonnement télépéage, on indique simplement que le sujet est « en discussion avec les responsables concernés ». Lucie Ligier, la secrétaire générale, tient surtout à préciser que « pour gagner du temps sur autoroute, les services d’urgence ont d’autres outils, visuels et sonores. Le code de la route oblige alors à laisser passer le véhicule. Nous n’avons d’ailleurs pas connaissance de cas où l’absence de badge aurait posé problème au moment d’une situation d’urgence. »
Pourquoi pas la gratuité ?

La responsable avoue néanmoins que « le parallèle avec les sapeurs pompiers peut surprendre  », sans pour autant donner de calendrier précis quant à une éventuelle résolution du problème. Un problème que toutes les personnes interrogées relativisent, expliquant en substance que les véhicules d’urgence sont bien équipés et tiennent presque de l’hôpital ambulant. Ils permettent donc de pratiquer les premiers soins sans être à la seconde près.
Les pompiers passent, l’ambulance du Smur fait la queue. La situation serait donc quelque peu ubuesque mais finalement pas si “urgente”. Elle donne en tout cas l’occasion aux personnes interrogées, unanimes, de poser une autre question, probablement plus fondamentale celle-là. Une question ainsi formulée par Frédérique Mugnier, syndicaliste à la CGT du CHU de Dijon : « Les sociétés autoroutières doivent-elles s’engraisser sur le dos du service public des urgences ? » En d’autres termes, l’autoroute ne devrait-elle pas être gratuite pour ces véhicules de secours ?

source incendie-securite.fr


AGEN : mais la tête pleine

Le CHU Agen propose des protocoles, des fiches sur les médicaments, ainsi que des fiches sur le matériel


La Cour des comptes sans concession pour le secours héliporté en montagne

source : aerobuzz.fr Bruno Rivière

La Cour des comptes pointe du doigt le manque de coordination entre les différents intervenants du secours en montagne. Elle souligne le gaspillage des moyens et les frictions entre les hélicoptères des CRS, du PGM et du PGHM.

A la demande du président de la commission des finances de l’Assemblée générale le 7 décembre 2011, la Cour des comptes a rendu un rapport fin 2012 sur « l’organisation du secours en montagne et de la surveillance des plages. ». Le rapport de la Cour de Comptes – un document de plus de 200 pages – relève plusieurs problématiques. En particulier, l’analyse générale du dispositif de secours en montagne fait ressortir un défaut de cohérence dans l’organisation des services et l’implantation des unités.

Organisation du secours en montagne et de la surveillance des plages

Paradoxe aujourd’hui en montagne, puisqu’il existe trois services qui interviennent au titre du secours : les policiers avec les sections et les détachements de montagne des compagnies républicaines de sécurité (CRS) ; la gendarmerie, avec ses pelotons de gendarmerie de montagne (PGM) et de haute montagne (PGHM) ; et les sapeurs-pompiers des SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours), avec les groupes montagne des sapeurs-pompiers (GMSP).

Depuis 1958, ce dispositif s’inscrit dans le cadre de plans départementaux spécifiques d’Organisation de la réponse de sécurité civile, les fameux plans ORSEC, arrêtés par le préfet. Evidemment, cette situation crée de réels conflits entre les différents acteurs. Conflits fondés sur des querelles (le rapport raconte par exemple qu’il arrive que le ton monte entre CRS et pompiers, pour décider des hélitreuillages !) de légitimité historique, technique et juridique, même si, en juin 2011, une circulaire ministérielle a tenté de rationaliser le dispositif existant pour apaiser les conflits… Et éviter les gaspillages faramineux !

Un exemple. Le 20 décembre 2011, un skieur parti de la station de ski du Lac Blanc fait une chute. L’alerte, donnée par la victime elle-même, arrive au standard du centre de traitement de l’alerte (CTA)-CODIS 88. Les premiers éléments recueillis confirment qu’il s’agit d’une luxation du genou, sur un itinéraire connu, par temps calme. Sur sa propre initiative, l’opérateur du CODIS engage six véhicules dont une ambulance et 20 sapeurs-pompiers ! Mais en même temps, il signale les faits auprès du PGM de Xonrupt (88) qui, estimant que la personne se trouve sur le secteur alsacien alerte à son tour le PGM de Munster (68). Toujours dans le même temps, le SDIS 88 transmet l’alerte au SDIS 68. Au total, l’intervention aura mobilisé plus de 25 personnes pour secourir, sur un itinéraire bien ciblé et en pleine journée, un seul skieur, se trouvant à moins d’un kilomètre de la station, et dont le pronostic vital n’était nullement engagé !

Autre exemple tout aussi significatif. Une randonneuse en raquette est victime d’un accident « peu important » (luxation à l’épaule et hématome à la cuisse !). Mais les secours ayant été prévenus par plusieurs personnes – chacun prévenant une autorité différente – ce sont finalement sept militaires des PGM, une vingtaine de pompiers, trois médecins et un hélicoptère qui sont engagés pour cet accident ! On croit rêver !

Globalement, la Cour des compte évalue que le coût global du dispositif d’Etat (policiers et gendarmes) représente 61 millions d’euros annuels dont 31 % sont imputables à l’emploi des hélicoptères dans lesquels embarquent le plus généralement les secouristes. Le coût d’une intervention est en moyenne de 8 600 euros.

En l’absence de données fiables et exhaustives, le rapport n’a pas évalué le coût complet du dispositif déployé par les SDIS. Il a cependant été relevé « qu’ils déploient parfois des moyens non justifiés dans le but de développer leurs interventions en zone de montagne. »

Financièrement, en tenant compte des mouvements saisonniers, un total de 24 hélicoptères appartenant aux services de l’Etat (sécurité civile et gendarmerie) est utilisé pour le secours en montagne. Pour les 12 hélicoptères de la gendarmerie affectés sur ses bases permanentes, le total des heures de vol s’est élevé à 1 913 heures en 2011. Le coût de l’heure de vol des EC 145, qui sont les principaux appareils employés, a été évalué à 3 695 euros, soit un coût total de 7,068 millions d’euros. La direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crises (DGSCGC) déploie de son côté des hélicoptères sur ses 12 stations permanentes. Elle a effectué en 2011 quelques 3 161 heures de vol, pour un coût total de 11,996 millions d’euros.

On retiendra aussi de ce rapport qu’il souligne l’utilisation d’hélicoptères privés dans la grande chaîne du secours. Notamment les hélicoptères du SAF.

Enfin, la Cour des comptes rappelle le côté « gratuit » des secours en montagne : « lorsque l’intervention héliportée relève d’un secours en montagne au sens strict, le secours est toujours gratuit, quel que soit l’hélicoptère intervenant. »


Les pilotes d’hélicoptères du Samu en grève « symbolique » le 16 juillet 2014

Pendant une heure, les pilotes ne voleront pas, afin de protester contre une évolution de la réglementation qui vise à confier aux médecins et infirmiers la tâche de les assister.

Un important syndicat de pilotes d’hélicoptères utilisés par le Samu appelle à une grève d’une heure le 16 juillet, pour protester contre une évolution prochaine de la réglementation visant à confier aux médecins ou infirmiers la tâche d’assister le pilote, a-t-on appris mercredi. Ce projet est « inacceptable pour les pilotes », pour des questions de « sécurité » et de « bon sens », a expliqué à l’AFP Jean Bec, secrétaire général de la branche Samu-Transport public et hélicoptère du SNPNAC, qui revendique la place de premier syndicat aux élections les plus récentes.

Il indique avoir envoyé mardi un préavis de grève pour couvrir un arrêt de travail le 16 juillet entre 10 heures et 11 heures : une grève « symbolique » ayant vocation à être une « alerte » adressée « au gouvernement ».« On ne souhaite pas pénaliser les patients qui n’y sont pour rien mais si nous n’avions pas de rendez-vous rapide (avec le gouvernement, ndlr), bien entendu, on durcira le mouvement », prévient Jean Bec.

« ECONOMIES MINIMES »

La réglementation européenne va rendre obligatoire à compter du 28 octobre 2014 un second membre d’équipage pour certaines missions d’urgence lors de conditions météo dégradées. Celui-ci ne sera pas nécessairement pilote : il pourra s’agir d’un employé de l’entreprise de transport ou d’un membre de l’équipe médicale ayant reçu une formation particulière.

Actuellement, il n’y a pas d’assistant technique dans les hélicoptères du Samu et « le système fonctionne très bien », affirme le syndicat, favorable au statut quo. Il accuse les ministères de la Santé et des Transports de « détourner l’esprit du texte européen » sur le transport sanitaire pour « faire des économies minimes ».

Pour SNPNAC, « il faut une personne dédiée, dont c’est le métier principal » et dont « la qualification est contrôlée par l’Etat comme le prévoit le code de l’aviation civile pour toutes les personnes ayant la responsabilité de la conduite de l’aéronef ». Les médecins eux-mêmes attendent des précisions. « A terme, il est hors de question que ce soit un membre du SMUR », estime François Braun, président du Samu-Urgences de France, qui souligne que ses équipes aident « déjà » les pilotes à contrôler la bonne visibilité lors de l’atterrissage et le décollage.

AFP


Appels d’urgence : les secours vont devoir revoir leur nombre d’interventions

Par Mathieu Lehot Publié le 22/08/2014 source le figaro.fr

Alors que les demandes sont toujours plus nombreuses, un rapport interministériel prévient que les inéluctables restrictions budgétaires vont obliger les secours à limiter leur motif de sorties. Les professionnels s’inquiètent.

Impactés par les mesures d’économie budgétaires, les secours français sont appelés à encore mieux rationaliser leurs réponses aux appels d’urgence. C’est ce que préconise un rapport commandé en octobre 2013 par les ministères de l’Intérieur et de la Santé et que Lefigaro.fr a pu consulter. Tout en faisant état de « restrictions de ressources inévitables et durables », le document appelle à une réduction des motifs de sortie des ambulances des sapeurs-pompiers. Une politique qui inquiète certains professionnels alors que le nombre d’appels au 18 et au 15 continue d’enregistrer de fortes hausses.

Le rapport que s’est procuré Lefigaro.fr évalue l’application du « référentiel d’organisation du secours à la personne et de l’aide médicale urgente », le texte qui régit les procédures d’appel d’urgence en France. Signé en 2008 entre des représentants des Services d’incendie et de secours (SIS) et des représentants des structures de médecine d’urgence, le référentiel devait notamment permettre de répondre à la forte hausse de l’activité des secouristes français observée au cours des années 2000. Une pression qui s’est renforcée ces dernières années. Ainsi, entre 2008 et 2012, le nombre d’appels présentés au 15 aurait augmenté de 28 % pour dépasser les 21 millions annuels. Les sapeurs-pompiers ont quant à eux enregistré 24 millions d’appels, soit une hausse de 14,3 % sur la même période.
Des « restrictions de ressources inévitables et durables »

Or, malgré l’inflation des sollicitations, les moyens dont disposent les secours devraient être amenés à diminuer. Les auteurs du rapport d’évaluation font état de « restrictions de ressources inévitables et durables ». Dans le cadre du plan d’économie de 50 milliards d’euros à l’horizon 2017, un effort de 10 milliards d’euros est demandé aux collectivités territoriales dont les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) tirent 98 % de leurs financements. Ce qui aurait pour conséquence de « contenir de plus en plus fortement la progression des recettes des SDIS », précise le rapport. Des coupes qui seront d’autant plus lourdes que, déjà en 2013, une enquête commandée par l’Assemblée des départements de France (ADF) prévoyait que les contributions des conseils généraux aux SDIS seraient inférieures en 2015 et en 2016 à l’augmentation globale de leurs recettes de fonctionnement. Les SAMU-SMUR ne seront pas épargnés non plus. L’économie de 21 milliards, également demandée à la sécurité sociale, « va peser sur les enveloppes de ville pour les transports sanitaires et l’enveloppe hospitalière pour les SAMU-SMUR, plaçant aussi ces deux acteurs sous une tension renforcée », précise le rapport.

Les fonctionnaires de la place Beauvau et du ministère de la Santé préviennent donc les secours français qu’ils devront être amenés à mieux maîtriser leurs moyens dans les années à venir. Des injonctions qui portent principalement sur les sorties d’ambulance des sapeurs-pompiers auxquels le rapport reproche un recours trop fréquent aux « départs réflexes ». Ce dispositif, fermement négocié en 2008, permet aux soldats du feu d’engager des secours immédiats, en cas d’urgence vitale, sans avoir besoin de passer au préalable par l’intermédiaire du SAMU, qui, en tant que régulateur médical, est en théorie seul apte à pouvoir décider des moyens à mettre en œuvre pour une intervention : SIS, Smur ou ambulance privée.

Les « départs réflexes » devaient ainsi permettre un gain de temps. Or, selon les auteurs du rapport d’évaluation, les motifs énumérés dans le référentiel seraient « trop larges » et conduiraient à « des départs non justifiés par une réelle urgence ou gravité ». Une interprétation que ne partage pas Patrick Hertgen, le vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, pour qui le rapport pointe là « un faux-problème ». D’autant plus que selon certains professionnels du secteur, les motifs de « départ réflexe » ne seraient au contraire pas suffisants. Ils citent notamment le cas des accidents vasculaires-cérébraux qui ne sont pas considérés comme une urgence vitale dans le référentiel de 2008.

Une campagne nationale de sensibilisation pour 2015

Pour Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), de telles préconisations exposent le fonctionnement des urgences françaises à des dérives. « A demander aux secours d’être de plus en plus vigilants et mesurés dans le choix des moyens à mettre en œuvre, j’ai peur que l’on finisse par perdre la notion de ce qui peut être grave », s’inquiète l’urgentiste. Des craintes étayées par les retours qu’ont les syndicats sur le terrain. « Des directives sont données dans les centres du 18 pour stabiliser le nombre d’interventions engagées, au risque de passer au travers de certains appels », affirme Antoine Fenoll, représentant du syndicat autonome des sapeurs-pompiers en Seine-et-Marne.

Symbole de ce changement de politique dans le traitement des appels au secours, le rapport recommande également de « réaliser une campagne nationale d’information […] sur l’utilisation des numéros d’urgence ». Annoncée pour 2015, elle aura pour but de « sensibiliser la population sur le fait que le maintien d’une réponse de qualité ne sera possible que si chacun joue son rôle, prend ses responsabilités et n’a recours aux services spécialisés qu’à bon escient ».

Enquête 2013 sur les services départementaux d’incendie et de secours

Une infirmière invente le métier d’hôtesse de l’air

par A.B. le 24-08-2014, egora.fr

Dans les années 30, une jeune infirmière passionnée d’aviation réussit à convaincre les dirigeants d’une grande compagnie aérienne d’engager des professionnelles de santé pour prendre soin des passagers, à bord des avions. Elle devient alors la toute première hôtesse de l’air de l’histoire.

En 1930, Ellen Church a tout juste 25 ans et travaille comme infirmière en Iowa. Mais cette jeune fille a une passion : l’aviation. Elle est l’une des rares femmes de l’époque à avoir obtenu un brevet de pilote. Alors que l’aviation civile progresse, elle rêverait d’être commandant de bord. Mais, jamais une compagnie n’oserait confier les commandes d’un avion à une femme. Qu’importe, Ellen Church a une idée derrière la tête. Et son meilleur atout, c’est son diplôme d’infirmière.

Le costume d’infirmière pour rassurer les passagers

En février 1930, elle réussit à obtenir un rendez-vous avec Steve Stimpson, membre haut placé de la Boeing Air Transport (BAT). Elle lui soumet l’idée d’embaucher des infirmières pour prendre soin des passagers, les aider à gérer le stress du vol, et les soigner en cas de crash. Ellen ne sait pas qu’à ce moment-là, la compagnie réfléchit déjà à placer dans les avions des "cabin boys", des stewards qui seraient aux services de riches clients de la compagnie. Mais là encore, on doute qu’une femme puisse être capable de voler régulièrement, leurs dérèglements hormonaux les empêcheraient de supporter les difficiles conditions à bord d’un avion de ligne. Seulement, lorsqu’il rencontre Ellen Church, Steve Stimpson reconnait que le costume d’infirmière rassurerait ses passagers, encore trop peu habitués à l’avion, et il se laisse convaincre. Ellen est embauchée à l’essai pour trois mois.

Le 15 mars 1930, la jeune infirmière Ellen Church devient donc la toute première hôtesse de l’air de l’histoire, en opérant sur le vol Oakland-Chicago de la compagnie Boeing Air Transport Inc (BAT), la future United Airlines. Vêtue de son uniforme d’infirmière, elle accueille les onze passagers du vol, prend leurs tickets, leurs bagages, leur propose des boissons, des bonbons et change l’inclinaison des sièges avec une clef anglaise. Un travail pas si simple, les avions de l’époque sont nettement moins stables que ceux d’aujourd’hui. A l’occasion, Ellen aide aussi les pilotes à faire le plein de kérosène. Bref, un travail à mille lieues de celui d’infirmière. Mais la jeune femme y met tout son cœur, les clients de la compagnie, eux, sont ravis d’avoir une demoiselle à leurs petits soins.

125 dollars par mois

Fort de ce succès, la BAT décide d’engager d’autres "skygirls". Une petite annonce est publiée. Elle précise que les candidates doivent avoir moins de 25 ans, peser moins de 52 kilos et avoir une taille inférieure à 1,58 m, vu l’exiguïté des cabines de l’époque. Il faut aussi qu’elles soient infirmières et... blanches ! Le salaire : 125 dollars par mois pour 100 heures de vol. Et la possibilité de se trouver un potentiel riche mari parmi les passagers.

Bientôt, les autres compagnies suivent le mouvement. En 1940, un millier d’hôtesses de l’air guident les passagers

des vols réguliers à travers les Etats-Unis. Mais le diplôme d’infirmière n’est plus requis. En effet, les passagers se sont habitués aux avions et sont nettement moins malades. Les infirmières, elles, ont déserté les compagnies aériennes pour rejoindre l’armée, et aller porter secours aux soldats de la deuxième guerre mondiale. La tenue d’infirmière est donc remplacée par un uniforme aux couleurs des compagnies aériennes.

Médaille de l’Air

Quant à Ellen Church, elle est contrainte d’abandonner sa nouvelle profession au bout de 18 mois à cause d’un accident de voiture. Elle donne des cours d’infirmerie à l’Université du Minnesota, puis s’engage, elle aussi, dans l’armée. En 1942, elle monte à nouveau dans un avion en tant que Capitaine du Corps des Infirmières de l’Armée chargé des évacuations des blessés. Elle recevra la médaille de l’Air pour ses services rendus en Afrique du Nord, en Sicile, en Angleterre et en France. Elle décède en 1965, après une mauvaise chute de cheval, à l’âge de 60 ans.

[Avec Lepoint.fr et info-aviation.com]


Pompiers et SAMU : des améliorations informatiques urgentes s’imposent

30/09/2014

Tout ne se passe pas toujours sans heurts entre les Services départementaux d’incendie et secours (SDIS) et les SAMU. On se souvient ainsi comment dénonçant l’utilisation de financements leur étant alloués au profit des SAMU et regrettant en général un certain « mépris » du gouvernement à leur égard, la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France avait en juin dernier appelé à cesser toutes relations avec les SAMU (hors actions opérationnelles). Le calme est cependant revenu pendant l’été et à la mi septembre, la FNSPF et les représentants des SAMU publiaient un communiqué commun évoquant leur volonté « de coopération renforcée au service de la protection de populations ».

  • Pas encore de véritable « culture commune »

Cette complexité des rapports entre les SDIS et les SAMU est également évoquée dans un rapport récemment publié par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Cette dernière était chargée d’évaluer l’amélioration des liens entre ces deux services d’urgence depuis la mise en place d’un nouveau référentiel en juin 2008. Si le bilan apparaît globalement positif, l’IGAS relève cependant la persistance de nombreuses tensions. Elles concernent notamment la place des infirmiers dans l’aide médicale urgente, le rôle des organisations de transports sanitaires privés ou encore la restriction des ressources. Autant d’éléments, qui freinent les améliorations constatées, notamment dans certaines régions. Pour faire évoluer ces situations, les préconisations de l’IGAS sont parfois incantatoires, puisqu’elles plaident pour l’émergence d’une « culture commune » ! Cependant, pour ce faire des suggestions concrètes sont faites telle la présence dans les instances des SDIS de représentants du SAMU et inversement.

  • Une communication radio toujours pas harmonisée

Il est cependant deux points qui nécessitent un effort accru des services et des pouvoirs publics sur lequel insiste plus fortement l’IGAS. Cette dernière déplore tout d’abord la lenteur avec laquelle se met en place partout sur le territoire le réseau commun de communication radio, baptisé Antares (Adaptation nationale des transmissions aux risques et aux secours). Créé en février 2006, ce réseau n’est en effet toujours pas déployé au sein de 67 SDIS et de 47 SAMU ! Pire encore est la situation des systèmes informatiques, qui répondent à une « mosaïque de solutions locales » et qui n’offrent aucune garantie d’interopérabilité entre les SDIS et les SAMU.

Les défauts des systèmes employés, l’absence de coordination sur ce point entre les SDIS et les SAMU « peuvent entraîner des régressions fonctionnelles pouvant s’avérer néfastes pour la qualité de la prise en charge » avertissent les inspecteurs. Aussi, plusieurs recommandations sont-elles énoncées en la matière, visant notamment à une synchronisation des changements de logiciels et « au développement d’une géolocalisation des véhicules des transporteurs sanitaires partagée avec le SAMU et ouverte en consultation au SDIS ».

Aurélie Haroche (jim)


Meurthe-et-Moselle. Soins d’urgence en expérimentation à Badonviller

Le SDIS 54 lance un système facilitant l’accès aux soins d’urgence en zone rurale.

C’était l’une des volontés du candidat Hollande, puis une mission confiée par le chef de l’État aux agences régionales de santé (ARS) : accéder, en tout territoire, aux soins d’urgence, en moins de 30 minutes. Un dossier sensible en zone rurale, qui s’est traduit ces dernières années par des cas tragiques dans l’est du Lunévillois : un jeune homme était décédé d’une méningite. Plus récemment, une piqûre de guêpe avait été fatale à un trentenaire allergique.


A compter du 1er avril 2015, une permanence s’exercera 24 h sur 24, toute l’année, au centre de secours de Badonviller. La commune met à disposition un logement où seront assurées ces gardes par un infirmier sapeur-pompier sous protocole de soins d’urgence (voir par ailleurs) et un sapeur-pompier conducteur secouriste. L’équipage disposera d’un véhicule dédié, un VLI (véhicule léger infirmier). Le tandem pourra intervenir en complément d’une ambulance des sapeurs-pompiers, lorsque l’urgence le demandera. Le système fonctionnera en lien avec le SAMU, pour une complémentarité du service public.

« L’infirmier sapeur-pompier, sous protocole de soins d’urgences pourra être par exemple autorisé par le médecin du SAMU à procéder à certains actes médicaux ou injecter certains produits, selon le cadre défini par une convention juridique  », indique le commandant Sauvageot, commandant le groupement de Lunéville.

Outre les moyens matériels, les services de secours apportent les moyens humains nécessaires à cette permanence : le groupement lunévillois met à disposition une dizaine de personnels infirmiers sapeurs-pompiers volontaires, qui seront épaulés par une vingtaine d’autres, issus du groupement de Nancy.

La formulation de cette alternative nouvelle a nécessité la mise en place, pour étudier la faisabilité technique du projet, d’un groupe de pilotage du SDIS 54 comprenant notamment son directeur départemental, le colonel Beaudoux, le médecin chef départemental, l’infirmier principal, le médecin commandant Fabrice Arguello, médecin de groupement et responsable des médecins et infirmiers sapeurs-pompiers du groupement lunévillois, et le commandant Sauvageot.

Le bilan sera tiré en fin d’année. Pour être pérennisé s’il s’avère satisfaisant, le système devra bénéficier d’autres soutiens financiers, en particulier de la Santé. Le coût de l’expérimentation s’élève à 140.000 €, financés par le SDIS 54.

Pascale BRACONNOT

Source : est republicain


Attentats à Paris : Les secours racontent comment ils ont vécu ces événements

Vincent A. 7 février 2015

« En termes de secours, tout s’est bien passé, mais ça aurait pu aller très mal. » Quasiment un mois jour pour jour après l’attentat à Charlie Hebdo, le professeur Denis Safran, de la Brigade de recherche et d’intervention, est revenu sur les événements qui ont ensanglanté Paris début janvier.

« Nous avons fait venir les équipes Porte de Vincennes alors que la zone n’était pas encore sécurisée. Moi-même, je suis allé récupérer un policier blessé à trois mètres de l’hypermarché casher… Mais il y aurait pu avoir une bombe, tout aurait pu exploser. »

« Il y aurait effectivement pu avoir une bombe à Charlie et dans l’Hyper Cacher, ou un tireur embusqué. Nous n’avons pas suffisamment pensé au risque de sur-attentat », renchérit le professeur Pierre Carli, médecin chef du Samu de Paris. « Nous avons agi vite et c’est important, mais l’une des leçons que nous tirerons de ces attentats, c’est que la précaution doit primer sur l’efficacité ».

« Ça m’a rappelé l’attentat de Saint-Michel en 1995 »

« Moins d’une heure après la fusillade à Charlie, le chef de l’Etat et plusieurs responsables politiques sont arrivés sur les lieux. Ils se sont appuyés sur des voitures non connues, qui auraient pu être piégées », ajoute le professeur Safran.

Les services de secours français vont désormais chercher à profiter de l’expérience d’autres peuples, notamment des Israéliens qui connaissent bien le sur-attentat, explique le colonel Frédéric Monard, chef d’état major de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. « Il ne faut pas sous-estimer ce risque : les fusillades peuvent continuer jusque dans les couloirs des hôpitaux. C’est arrivé à Bucarest (Roumanie) », rappelle le médecin-général Henri Julien.

Si chaque événement est une opportunité d’amélioration pour les services de secours, tous louent la très bonne coordination des équipes lors des derniers attentats. « Je n’étais pas présent pour Charlie, mais j’étais Porte de Vincennes », raconte Pierre-Emmanuel Ranson, de la Protection civile de Paris.

« En général, il n’est pas facile de mobiliser des bénévoles en pleine journée parce qu’ils sont au travail. Mais là, tout le monde est venu. Ça a été quelque chose d’incroyable, ça m’a rappelé l’attentat de Saint-Michel en 1995. » Les équipes professionnelles et bénévoles ont quand même dû s’adapter, car l’attentat à Charlie n’avait rien à voir avec les précédents.

« D’un point de vue médical, c’était simple : nous avions malheureusement beaucoup de morts et très peu de blessés », explique le professeur Carli. « Et nous étions confrontés à des personnes avec des blessures de guerre que nous n’avons pas l’habitude de traiter », ajoute le docteur Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF).

« Nous devons capitaliser sur ces attentats »

Il a aussi fallu gérer les traumatismes psychologiques. « Pour Charlie, nous avons rassemblés tous les impliqués dans un théâtre situé en face du journal. Les familles des victimes, qui ne parvenaient pas à joindre leurs proches, ont commencé à arriver. Nous avons eu rapidement trop de monde alors nous avons organisé des transferts vers l’Hôtel Dieu pour leur prise en charge psychologique », détaille le professeur Carli.

« Nous devons capitaliser sur ces attentats, inscrire ce que nous avons appris dans notre mémoire collective », poursuit le professeur. « C’était une situation très inhabituelle. Nous devons continuer à créer des procédures pour gérer le quotidien, mais nous devons aussi laisser une place à l’imprévu, développer une expertise presque artisanale pour ne pas trop nous laisser surprendre », conclut le docteur Hertgen.

Tous les propos ont été tenus lors d’une conférence sur le salon Secours Expo 2015.


La médecine sous le feu

Les récentes attaques terroristes en France, retransmises en direct à la télévision, ont montré au grand jour l’implication de médecins qui ont intégré les équipes d’intervention des forces de l’ordre pour apporter le secours médical au plus près de l’action. Cagoulés et protégés par des équipements identiques à ceux de tous les membres du RAID ou du GIGN, ces confrères, qui gardent un strict anonymat, apportent aux forces de l’ordre mais aussi aux victimes leur technicité en médecine d’urgence. Triés sur le volet tant sur leurs qualités physiques que psychologiques, ils sont généralement recrutés parmi les spécialistes d’anesthésie-réanimation. A Paris on les a vus intervenir directement lors de l’assaut donné au magasin Hypercacher et assurer l’interface avec les secours classiques, placés à distance des évènements en zone sécurisée.

Médecin du GIGN congrès SFMU 2007 (Médecin chef Xavier Donne)
Le médecin du GIGN (Médecin en chef Xavier Donne)

Ces médecins, qui ne donnent pas d’interview, agissent en toute discrétion et sont pour les policiers et les gendarmes qui interviennent l’assurance de pouvoir bénéficier des gestes procurant, même si l’action est encore en cours, le maximum de chance de survie en cas de blessures par arme à feu. En effet, ces interventions sont à haut risque pour les équipes d’assaut des forces de l’ordre et sont souvent à l’origine de blessures par arme à feu ou de traumatismes comme ce fut le cas à Paris où plusieurs policiers ont été blessés.

- ORGANIGRAMME GIGN

Tactical combat casuality care (TCCC)

Cette médecine « sous le feu » a pris son origine dans le concept Nord Américain de TCCC à la fois dans l’armée américaine (1) et dans les interventions civiles au cours de nombreuses fusillades aux USA. Constitué à l’initiative du Département de recherche en chirurgie de l’armée américaine, le Wound Data and Munition Effectiveness Team a étudié l’ensemble des données médicales disponibles lors des différentes opérations militaires. Un registre civilo-militaire des lésions traumatiques au cours d’opérations militaires a été mis en place pour identifier en particulier celles entraînant des décès rapides au moment de l’action afin de tenter de les prévenir. L’étude des blessures a identifié les trois conditions suivantes comme principales causes de décès évitables sur le champ de bataille :

  • 1) l’obstruction des voies aériennes dans 6 % des cas,
  • 2) un pneumothorax sous tension dans 33 % des cas,
  • 3) l’hémorragie des blessures des extrémités dans 60 % des cas.

L’analyse des rapports d’autopsie de la guerre d’Irak a indiqué un taux de mort évitables sur le champ de bataille de 10 à 15 % grâce à la désobstruction des voies respiratoires et de 33 % grâce à l’application d’un garrot pour les hémorragies des extrémités. De ces études de « médecine par les preuves » sont nées des techniques de prise en charge qui font la spécificité des soins tactiques sous le feu (TCCC) enseignés aux médecins, paramédics, infirmiers et secouristes militaires.

A profile of combat injury
Weapons effects and war wounds

Les interventions des forces de l’ordre étant similaires au plan du risque à celles des militaires, ces techniques ont été rapidement diffusées aux policiers américains et aux services d’urgences préhospitaliers assurant en Amérique du Nord leur soutien sanitaire.

Trois phases d’intervention tactique

Les soins tactiques sous le feu se déroulent en 3 phases ; une phase de soins sous le feu direct, une phase de soins tactiques sur les lieux de l’affrontement et une phase de soins tactiques lors de l’évacuation. L’objectif globale de cette médecine est d’associer les bonnes tactiques d’intervention à de la bonne médecine.

Les spécificités de cette médecine sous le feu sont les suivantes :

  • 1. L’utilisation précoce de garrots pour contrôler cliniquement une importante hémorragie des extrémités
  • 2. L’antibioprophylaxie systémique et l’irrigation des blessures
  • 3. Un accès intraveineux ou intra-osseux approprié et la réanimation liquidienne adaptée.
  • 4. L’analgésie rapide sur les lieux par des opiacés par voie intraveineuse ou intramusculaire.
  • 5. L’utilisation de dispositifs de libération du naso-pharynx pour assurer la perméabilité des voies respiratoires en première ligne
  • 6. La mise en place d’accès chirurgicaux de la trachée pour les traumatismes maxillo-faciaux avec obstruction des voies respiratoires
  • 7. Un diagnostic agressif et le traitement de pneumothorax sous tension via une décompression à l’aiguille
  • 8. L’intégration des techniques de soins sous le feu pour les intervenants de terrain lors des interventions sous le feu
  • 9. L’emploi de tactiques et de scénarios cliniquement pertinents dans la formation à l’intervention sous le feu

Cette médecine militaire sous le feu a été très rapidement adoptée aux USA en pratique civile lors des problèmes liés aux tireurs notamment dans les écoles et pour les actes intentionnels à nombreuses victimes comme les attaques terroristes ou les explosions. Elle a donné lieu au consensus de Hartford (2) pour améliorer le taux de survie de ces victimes civiles qui s’apparentent aux blessés de guerre. Ce consensus est résumé par l’acronyme THREAT avec :

- T pour Threat suppression : suppression de la menace
- H pour Hemmorrage control  : contrôle des hémorragies
- R et E pour Rapid Extraction to safety : extraction rapide vers un lieu sécurisé
- A pour Assessment by medical providers : évaluation médicale
- T pour Transport to definitive care : transport vers un centre médical adapté.

Ce consensus de l’ensemble des agences des USA compétentes et des sociétés savantes, en particulier l’American College of Surgeon, prévoit aussi une réponse intégrée dans les forces de l’ordre avec la formation qui permet à chacun de secourir efficacement son collègue en cas de blessure.

En France les équipes spécialisées des forces de police et de gendarmerie ont mis en place ces techniques de soins sous le feu. Elles doivent maintenant être diffusées aux forces de secours (pompiers, smur) qui interviennent aux cotés des policiers lorsqu’il se produit un événement violent avec armes à feu, avant la mise en œuvre des équipes spéciales, car eux aussi mais aussi les civils visés doivent bénéficier des meilleures chances de survie. Une attaque aux armes de guerre n’est malheureusement plus, comme le prouve la tragique actualité, exceptionnelle.

Dr Francis Leroy (jim.fr)

RÉFÉRENCES

- 1

Fundamentals of combat casualty care (chapter 3) document US Army


- 2)http://www.naemt.org/docs/default-source/phtls-tccc/10-29-14-tccc-updates/hartford-consensus-ii-11-acs-bulletin-jul-13.pdf?sfvrsn=2

NB : Pour les férus, voici le livre complet du Combat Casualty Care, 777 pages, (en anglais) d’où est extrait le chapitre 3 ci-dessus. Il faut considérer ce document comme une bible de la prise en charge des blessures de guerre. Attention toutefois, certaines photos sont particulièrement éprouvantes pour les âmes sensibles.

Le poids conséquent du document (67 MO) est à connaître, et peut entraîner un temps de chargement non négligeable en fonction de votre équipement internet.

Les chapitres développent plusieurs items.

  • Chapter 1 : Modern Warfare
  • Chapter 2 : Weapons Effects
  • Chapter 3 : Fundamentals of Combat Casualty Care
  • Chapter 4 : Damage Control Resuscitation
  • Chapter 5 : Damage Control Surgery
  • Chapter 6 : Maxillofacial and Neck Trauma
  • Chapter 7 : Ocular Trauma
  • Chapter 8 : Traumatic Brain Injury
  • Chapter 9 : Extremity Injury
  • Chapter 10 : Spinal Trauma
  • Chapter 11 : Pediatric Trauma
  • Chapter 12 : Acute Burn Care
  • Chapter 13 : Critical Care

En complément

- Trousse individuelle de secours du combattant
- Evaluate a Casualty (Tactical Combat Casualty Care)
- A lire, le concept Battlefield Trauma Life Support (BATLS) sur l’article le plus lu du site.

nouvelle trousse individuelle de secours
Fiches techniques du sauvetage au combat
Tactical combat casualty care handbook 2013 (tactics, techniques, and procedures)

Place de l’IADE en service mobile d’urgence et réanimation. Perspectives d’avenir

publié le 13 mai 2015

« Le SNIA diffuse publiquement ce jour le travail de Bruno Huet, IADE, Vice-président du SNIA, sur la place de l’IADE en SMUR et les perspectives d’avenir de cette facette de notre profession qui est mise à mal par la stratégie de réduction de la masse salariale de nos décideurs. C’est un pan entier de notre profession qui disparait insidieusement depuis plusieurs années. Ce document fait l’état des lieux, donne les références législatives et règlementaires, la démonstration de la plus value apportée par l’expertise IADE dans les soins pré-hospitaliers. Enfin il aborde le principe de paramédicalisation des secours à la personne. Ce document fait écho à l’une des principales revendications de la filière IADE dans le mouvement de protestation qui se prépare pour le 21Mai 2015. Nous vous souhaitons une bonne lecture et souhaitons que ce document soit diffusé très largement. »

Place de l’IADE en service mobile d’urgence et réanimation. Perspectives d’avenir. (Bruno Huet)

NB : Le site SOFIA n’est le porte-voix d’aucun syndicat. La diffusion de travaux syndicaux est portée à la connaissance de tous, sans aucun esprit de chapelle, l’administrateur du site n’est affilié à aucun syndicat.

Pour ceux qui souhaiteraient faire le DU Expertise dans la gestion des interventions d’urgence sanitaire

DU Expertise dans la gestion des interventions d’urgence sanitaire

Nourrisson dépassant les 42°C non pris en charge par le Samu : des parents portent plainte

Publié le 18/05/2015

Les appels au Samu par des parents d’enfants inquiets face à leur enfant fiévreux sont plus que fréquents. Il faut dire que les recommandations sont claires : les parents sont invités à joindre un médecin dès lors que la température de leur nourrisson dépasse les 40°C et d’une manière générale s’ils s’inquiètent pour leur enfant. Charge alors pour le permanencier du SAMU de différencier ce qui relève d’une crainte non fondée sur l’état clinique du nourrisson (et liée à une certaine inexpérience) ou d’une situation médicale véritablement alarmante. Dans la nuit du 4 au 5 mai, au SAMU d’Alençon, il est possible que cette distinction n’ait pas été faite de manière appropriée.

Un bain et du Doliprane

Julie Pitel est la mère d’une petite fille, Ayana 5 mois. Lundi, l’enfant reçoit le vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite. Les parents sont avertis du risque d’une poussée de fièvre. Dans la nuit, Ayana souffre en effet d’une très forte élévation de sa température. « Ma fille avait 42,5 degrés de fièvre, j’ai paniqué ! Elle avait les yeux ouverts mais elle ne bougeait plus. J’ai appelé le 15 », raconte-t-elle à Europe 1. A l’autre bout du fil, on tente de rassurer la jeune mère qui vit à Sées (Orne) et qui précise qu’elle n’a aucun moyen de locomotion. Il lui est demandé si l’enfant a été victime de convulsions. La réponse est négative. Le permanencier du Samu paraît rassuré par cette information : il préconise les méthodes antipyrétique habituelles. Il conseille de lui administrer du paracétamol et même de lui donner un bain (ce qui pourtant n’est aujourd’hui plus systématiquement prôné). La fièvre baisse à 40°C, mais face à une enfant qui ne dort pas et qui demeure peu, voire pas, réactive, Julie contacte le lendemain matin la pédiatre de garde. Elle se montre, elle aussi, rassurante et l’invite à se diriger vers son médecin traitant. Julie préfère se faire emmener aux urgences de l’hôpital d’Alençon. L’enfant, dont l’équipe diagnostique très rapidement qu’elle souffre de convulsions, est immédiatement prise en charge et placée sous oxygène, mais son état ne s’améliore pas. Elle est alors transférée au service de réanimation du Mans, avant d’être conduite au CHU d’Angers où elle demeure aujourd’hui dans le coma et atteinte de lésions cérébrales, révélées par l’IRM, très probablement irréversibles.

Enquêtes

Révoltés, les parents ont décidé la semaine dernière de déposer plainte contre le SAMU d’Alençon. Une enquête interne a été ouverte au sein du centre hospitalier qui reste discret. Cette inspection devra préciser la teneur exacte de la conversation entre le permanencier et la mère de l’enfant. Cette dernière a-t-elle bien précisé la température de l’enfant ? Le permanencier a-t-il voulu croire que la température n’avait pas été correctement prise ? Ou pire (ce que l’on ne peut pas croire) ignorait-il la gravité d’une telle situation ? Affaire à suivre.

Aurélie Haroche (jim)


"Il faut se départir d’une vision médicale des soins urgents pour aller vers la paramédicalisation"

Sylvie Morel, sociologue à l’université de Nantes

Publié le 20/08/15 - HOSPIMEDIA

Pour la sociologue Sylvie Morel, le problème de l’inégalité géographique dans l’accès aux soins d’urgence ne peut se résoudre si les politiques publiques restent dans une approche uniquement médicale. Son doctorat invite à penser autrement le problème pour assurer l’égalité des citoyens devant d’urgence, comme elle le confie à Hospimedia.

Hospimedia : "Dans votre thèse de doctorat, vous laissez entendre que l’urgence française serait malade de ses médecins. C’est un brin provocateur comme propos, comment l’étayez-vous ?

Sylvie Morel : Il s’agit de sortir d’un discours un peu convenu d’ordinaire, d’interroger l’évidence des solutions proposées récemment par le ministère de la Santé pour résoudre le problème de l’inégalité géographique dans l’accès aux soins d’urgence. On voit bien que les politiques ont un cadrage uniquement médical de la question. Les experts avec lesquels ils discutent sont traditionnellement des médicaux puisqu’on a un peu l’impression que santé et médecine ne peuvent être dissociées. J’invite donc à réfléchir autrement. Certes, il y a le problème de la démographie médicale et des gardes médicales, avec un métier de médecin qui, comme pour d’autres métiers en évolution, souhaite se libérer d’un certain nombre de contraintes dont celle des gardes qu’implique une activité d’urgence. Mais pour résoudre cela, faut-il mettre en place des médecins un peu partout ? Ça fait des années qu’on a ce cadrage médical de la question. Les Smur sont au compte-gouttes car ils coûtent très cher et mettent, les urgentistes le disent eux-mêmes, plus d’une demi-heure à arriver dans beaucoup d’endroits en France alors même qu’ils sont dévolus aux urgences vitales qui ne souffrent pas l’attente. Déjà là, il y a un paradoxe. Les urgentistes estiment aussi que pour attendre l’arrivée du Smur, il serait bien d’avoir un maillage de médecins. Et les pompiers ont fait la même chose par concurrence historique sur cette question de l’urgence extra-hospitalière. D’où l’existence des médecins correspondants de Samu (MCS) d’un côté et des médecins sapeurs-pompiers de l’autre, ces derniers prétendant que les autres les mettent en danger.

"Quand on interroge les urgentistes, certains reconnaissent que les Smur sont amenés à disparaître, que bien sûr c’est une bêtise car c’est incohérent de dire que pour une urgence vitale on va se déplacer même si c’est à une demi-heure de route..."

H. : Et au final, urgentistes ou pompiers, on reste sur une réflexion médicale...

S.M. : Effectivement, même si les pompiers se paramédicalisent via les véhicules de liaison infirmiers (VLI). D’ailleurs, face à cette initiative des pompiers qui a été perçue de façon très critique par les urgentistes, ces derniers ont décidé d’octroyer plus de compétences aux ambulanciers privés, dont le métier n’avait pas évolué depuis les années 70. Or, quels sont les professionnels qui vont mailler aussi bien le territoire que les pompiers ? Les ambulanciers, précisément. Ceux-ci deviennent les alliés des urgentistes dans ce conflit avec le ministère de l’Intérieur. Pour autant, en dépit de l’évolution récente de leur diplôme, les ambulanciers ne sont toujours pas reconnus comme des professionnels de santé à part entière. Les urgentistes tentent en effet de freiner cette évolution, arguant de la situation dans les pays voisins, qui ont quasiment tous paramédicalisé leur système de soins d’urgence : octroyer aux ambulanciers des compétences médicales fragilisera l’existence même des Smur.

H. : La refonte récente du référentiel régissant les relations entre les Samu et pompiers avance toutefois vers cette paramédicalisation...

S.M. : La situation évolue mais en façade. Sur ce texte, c’est une poignée de médecins qui ont élaboré ces conclusions en s’accrochant mordicus sur ce même credo : il faut des médecins correspondants de Samu, plus de Smur, plus d’urgentistes, développer la médicalisation un peu partout... Mais sur le terrain, quand on interroge les urgentistes, certains reconnaissent que les Smur sont amenés à disparaître, que bien sûr c’est une bêtise car c’est incohérent de dire que pour une urgence vitale on va se déplacer même si c’est à une demi-heure de route... Il y en a beaucoup qui disent d’arrêter de s’arc-bouter sur ce principe très français de médicalisation des secours. Malheureusement, la paramédicalisation est perçue comme une notion de soins "dégradée", une perte de chance entre d’un côté les gens des villes qui auraient accès aux médecins, et de l’autre ceux des campagnes aux seuls paramédicaux. Et ce au nom de l’égalité des citoyens devant l’urgence. Mais dans les faits, l’inégalité, elle est là et depuis longtemps.

H. : C’est donc l’impasse...

S.M. : Oui, ça ne marche pas. Il y a quand même un médecin qui m’a répondu : "Les gens n’ont qu’à ne pas habiter en campagne, sinon c’est en connaissance de cause." C’est une réponse un peu par l’absurde. On bute sur un mur. Si nous faisions comme les autres pays, avec une gradation des soins en dotant les ambulanciers de nouvelles compétences comme la perfusion ou l’intubation, cela permettrait de sauver plus de vies dans l’urgence. Car si le Smur n’arrive que très tardivement, les ambulanciers sont eux parfois déjà sur place. Hélas, la personne peut aujourd’hui se vider de son sang ou faire un œdème de Quincke, ils n’ont pourtant pas le droit d’agir faute de compétences. Au risque d’engendrer des séquelles voire carrément des décès. Il importe donc, pour garantir l’égalité des citoyens devant l’urgence sanitaire, de mieux répartir les compétences de soins d’urgence vitale de sorte que les délais d’intervention restent compatibles avec l’urgence vitale en tout point du territoire. Comment faire ? Une des pistes à privilégier, me semble-t-il, est de ne pas laisser ces compétences seulement entre les mains des médecins. Nous pourrions nous inspirer des pays européens qui nous entourent et de la plupart des États outre-Atlantique, en optant pour un élargissement de ces compétences aux ambulanciers et/ou aux infirmiers qui maillent le territoire aussi bien en milieu rural qu’urbain.

H. : Un espoir que cela change ?

S.M. : Ce que je sais, c’est qu’il y a un fossé entre ceux qui sont dans l’arène politique et les gens de terrain qui vivent ces problèmes et ne sont pas contre cette paramédicalisation. Certains ambulanciers sont allés jusqu’à se former en Suisse ou au Canada pour se doter de ces compétences et n’attendent qu’un feu vert officiel pour perfuser, intuber. Les choses sont donc en marche mais les blocages corporatistes ont la vie dure. Car si on dote les ambulanciers de ces compétences, outre la question du devenir des Smur, il va falloir les reconnaître comme des professionnels de santé à part entière, ce qui change la donne. Aujourd’hui, ils sont entre le ministère du Transport et celui de la Santé. C’est donc un peu compliqué en matière salariale. Et puis les pompiers, quand ils ont vu en 2007 le nouveau diplôme d’État d’ambulancier, ils ont tout de suite dénoncé un risque de privatisation. Le secours à personne représente plus de 80% de leur activité : ils ne veulent donc surtout pas s’en défaire alors même que, dans les autres pays, ils n’interviennent pas dans ce cadre. Mais cette privatisation est infondée. Une intervention d’ambulanciers coûte beaucoup moins cher qu’avec des pompiers. Sans compter qu’elle est payée via le Samu par la Sécurité sociale, quand celle des pompiers relève d’une autre ressource publique. Des deux côtés donc, c’est bien de l’argent public. Crier à la privatisation, c’est comme si avec les médecins généralistes, on parlait de privatisation du système de soins. Ce spectre est de bonne guerre mais totalement faux."

Propos recueillis par Thomas Quéguiner (hospimedia)

Cela fera plaisir aux pontes de la SFMU et de l’AMUF. Il faudrait vraiment que ces cadors de l’urgence reconsidèrent les choses. Vous pouvez réagir sur le forum, où le propos est relayé. (AB)

L’urgence à plusieurs vitesses. Fracture territoriale et inégalité sociale dans l’accès aux soins d’urgence en France. Génèse et réalité d’un sous champ sanitaire. Thèse de doctorat Morel Sylvie. Version finale

Madame Sylvie Morel est Docteure Enseignante/formatrice IFSI Chargée d’étude CNRS à Nantes.


Et si la France confondait son « avance » avec un retard ?

Bernard Laygues

Article paru dans Le Sapeur-pompier magazine, novembre 2006.

Qu’est-ce que la vie ? Vieille question ! Voilà quelque deux siècles, Xavier Bichat, le célèbre physiologiste, répondait, lui, tout crûment : « C’est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. » Une résistance qui a bien besoin d’un sérieux coup de pouce quand, tonnerre dans un ciel serein, c’est une détresse brutale, massive (accident cardiaque, crash routier, etc.) qui s’en vient bousculer le cours d’une existence. A moins que ce ne soit « seulement » un intolérable mélange de douleur et d’effroi… En France, selon la législation, seul un médecin, muni d’un équipement adéquat, donc un urgentiste, y pourra quelque chose. Mais s’il ne peut intervenir en un délai compatible, ce qui hélas, ne serait pas exceptionnel ?

Il faut alors s’en remettre, avant l’arrivée à l’hôpital, aux techniques secouristes, certes efficaces, mais limitées, qu’appliqueront les omniprésents sapeurs-pompiers. Le seul corps capable, grâce à ses volontaires, de quadriller efficacement nos territoires… Ne buterait-on pas là sur l’une des « exceptions culturelles » propres à la France ?
Coup d’oeil sur le vaste monde. Seul objectif : faire réagir…

Tout commence, dans notre réflexion, par une tragédie qui eût été quasi banale si elle n’avait foudroyé une personnalité du gotha international. En l’occurrence, c’est de Lady Diana Frances Spencer, princesse de Galles, ex-épouse du prince Charles d’Angleterre, qu’il s’agit. A 1 h 23, dans la nuit du 31 août 1997, cette femme, admirée du monde entier, va trouver la mort dans un accident de circulation. La Mercèdes à bord de laquelle elle a pris place au retour d’une soirée vient de heurter, à quelque 130km à l’heure, un poteau puis le mur du tunnel de l’Alma, à Paris. Son compagnon, Dodi al-Fayed, et leur chauffeur sont tués sur le coup. Le garde du corps, lui, grièvement blessé, s’en tirera par miracle. Quant à la princesse, elle présente encore d’ultimes signes de vie – de survie ! – à l’arrivée des secours (sapeurs-pompiers et Samu de Paris). Désincarcérée, puis « techniquée » sur place par des médecins urgentistes durant deux heures (« aspirée, ventilée, perfusée », et tout le reste pour que le transport, à très faible allure, soit supportable), la victime décèdera à 4 heures du matin à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Bien sûr, tous les médias de Grande-Bretagne et d’ailleurs, jusqu’aux plus trash, allaient s’agglutiner autour de l’événement, sur fond de considérations politiques, sentimentales, voire de suppositions d’ordre criminel. On trouvera même (c’est ce qui nous intéresse), dans la presse britannique, une mise en question non déguisée des premiers soins « à la française ».
Selon des médecins d’outre-Manche, et même d’un éminent professeur de chirurgie français, des soins auraient été « trop longuement prodigués sur place, au détriment d’une arrivée rapide en salle d’opération » (1). Au point que, depuis, de passage en Angleterre, plus d’un Français s’est entendu déclarer, sur un ton mi-badin, mi-grinçant : « Vous avez tué notre princesse chérie ! ».

Trop tard à l’hôpital ?

Médicalement parlant, l’affaire n’en resta d’ailleurs pas là. Au point que, dix-huit mois plus tard, le retentissant livre-enquête, Mort d’une princesse, de Thomas Sancton et Scott McLeod, journalistes au Time (paru en France chez Plon), fait l’effet d’un méchant pavé dans la mare.
On peut y lire : « [Diana] dépendit des soins d’un système de médecine d’urgence qui, en dépit de son excellente qualité générale, a peut-être appliqué une méthode désastreuse pour traiter le genre de blessures dont elle venait d’être victime ».
S’ensuit, dans Le nouvel observateur (n°1738, du 26 février 1998), un article titré, sous la plume d’Hubert Prolongeau, « Le Samu traîné dans la boue ». Riens de moins que l’interview d’un spécialiste de médecine d‘urgence, le docteur Patrick Goldstein, directeur du Samu régional de Lille, présentée ainsi : « Ils sont amers, les responsables français de la médecine d’urgence, après les accusations portées par deux journalistes américains. Mais [ils restent] certains de ne pas s’être trompés. » Prenant fait et cause pour ses confrères parisiens, qui, eux n’avaient soufflé mot aux médias, ce praticien se fait alors non seulement le défenseur de « notre » système de prise en charge préhospitalière des urgences, mais également en retour, le détracteur de systèmes étrangers.
Au reproche des journalistes du Time rapporté dans L’Obs : « La princesse est arrivée trop tard à l’hôpital », réponse de Patrick Goldstein, qui n’y va pas par quatre chemins : « Ce reproche est idiot ; il est fondé sur une comparaison qui n’a pas lieu d’être. Les Américains ont un système de santé totalement différent du nôtre. Nous avons pris le parti, en France [NDR/ seulement, peu à peu, depuis les années 1970] de faire « sortir » [de l’hôpital] les médecins. Les Américains, eux, amènent le malade le plus vite possible à l’hôpital, d’où ce bordel folklorique qui rend le feuilleton Urgences si attrayant : les malades arrivent sans être annoncés, personne n’a commencé à les soigner (sic), des dizaines de médecins se précipitent pour mettre des tubes sur de quasi-mourants…
Chez nous les malades ont été « techniqués » avant d’arriver à l’hôpital. […]
En France, les gens qui « sortent » sont de vrais médecins.
Aux Etats-Unis, comme dans les pays anglo-saxons, ce sont des paramédicaux, des techniciens de santé spécialisée, qui prennent en charge les victimes. Ils ont niveau de secouristes (re-sic), comme nos pompiers, et n’ont pas le droit au geste « agressif » (2) – placer une intraveineuse, par exemple. Ainsi, le soluté de perfusion, ces paramédicaux américains ne peuvent pas l’utiliser (re-re-sic)… »

Bonne foi ou désinformation ?

Bigre ! Voilà, pour un Français – en 1998, donc !-, de quoi bomber le torse, mais aussi plaindre le petit milliard d’habitants anglo-saxon. Là-bas, toute détresse vitale, selon le patron du Samu de Lille, ne serait donc qu’un préambule à l’issue fatale, avant l’hôpital. Ainsi, la France, avec moins de 1% de la population mondiale, et que 7 Etats-Uniens sur 10 ne savent même pas situer sur une mappemonde, en remontrerait à des nations pourtant en pointe de la technologie en général, et de la recherche médicale en particulier.
Quel « cocorico » de David jeté à la face de Goliath !
En somme, hors de France, point de salut pour les victimes en phase aigüe. Comme qui dirait Police secours, dont les Parisiens durent se satisfaire, de 1925 à 1984, avec ses « cars » bons à tout, y compris au transport de blessés sur les chapeaux de roue, sans même de matériels ni de gestes secouristes adaptés (3). Autant dire un radical sccop and run (ramasse et fonce), un système que nombre d’acteurs des secours, en France, prennent toujours à la lettre pour l’appliquer, de bonne foi – à moins que ce ne soit par souci de désinformation-, aux Américains, aux Canadiens, aux Britanniques, etc. Alors que partout, chez nous, on aurait mis en oeuvre le seul geste salvateur stay and play (restez sur place et agissez… médicalement).
Jusqu’à l’excellent magazine consumériste Que choisir qui, en mai 2003, dans un dossier, pourtant de qualité, intitulé « Urgences médicales… au secours ! », se laissa aller à écrire, à propos de deux décès, dans le Cher, à la suite d’une vaine attente de secours médicaux : « Alors que les pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne évacuent au plus vite les victimes vers un établissement hospitalier, la France a opté pour leur médicalisation sur place avant de les transporter : c’est la raison d’être des Samu. »
Qui, une fois encore, avait « désinformé » un journaliste peu curieux ?
Allons donc ! Une « lecture » un tant soit peu fine des images de la série télévisée Urgences, et tout autant de New York 911, devrait empêcher à tout jamais de prétendre que les hôpitaux - « cours des miracles » des États-Unis reçoivent des « mourants » non annoncés, non soignés dès leur prise en charge « sur le terrain ». Mais il n’y a pas plus aveugles que ceux qui ne veulent pas voir, sur les civières descendues d’imposantes ambulances, les perfusions et les sondes déjà posées. Ni plus sourd que ceux qui ne veulent pas entendre les dialogues révélant, sur fond de messages radio, quelles pathologies vont être accueillies. Ces mal-voyants et mal-entendants feraient bien de (re)voir A tombeau ouvert, le film de Martin Scorcese, salué à sa sortie, en 2000, par la critique unanime. Le célèbre Nicolas Cage y joue un paramedic. Stéthoscope autour du cou, bardé d’appareils, de tubulures et de drogues éprouvées, il plonge de son ambulance grand format dans les bas-fonds du Nouveau Monde avec quatre soucis : apaiser la douleur et l’angoisse inutiles ; désamorcer l’effondrement des fonctions vitales ; rétablir une harmonie minimale des systèmes physiologiques ; ramener vivants dans un hôpital, noyau dur de la réanimation, des victimes d’overdose, de plaies par balles, ou tout bonnement d’un chauffe-eau défectueux … Et s’il était nécessaire – rare – de poser un drain thoracique, il le pourrait, tout à fait légalement. Pourtant c’est vrai, il n’est pas docteur en médecine. Parce que personne n’aurait pu avoir l’idée de lui demander dix ans d’études pour ne faire « que cela » ; même si « cela » est la condition sine qua non de la médecine ou/et de la chirurgie d’après…

Pourquoi des paramedics « partout », sauf en France !

Gauthier Ranner est ambulancier au Smur (4) Corbeil du 91(5) [Essonne], formateur en gestes d’urgence dans l’aéronautique. Secrétaire général du jeune syndicat français des ambulanciers-techniciens d’urgence médicale, il a, le premier, en 2004, posé publiquement la question qui fâche : « Où sont les EMT-paramedics ? Et pour quoi pas en France ? » Puis d’ajouter : « L’Amérique du Nord, l’Afrique du Sud, Israël, l’Australie, le Japon et la majorité des pays d’Europe possèdent des EMT-Paramedics.
La plupart des pays industrialisés ont choisi cette méthode de prise en charge préhospitalière, à laquelle ne sont pas étrangères, entre autres, des raisons budgétaires. » Il est vrai que, quand un « urgentiste » est rémunéré à la hauteur d’un « prof » du second degré, cela permet, convenons-en, un recrutement que le système français ne saurait envisager, nos médecins seniors ne vieillissant plutôt pas dans l’urgence.
Mais Gauthier Ranner ne se limite pas à la comparaison entre nations.
En 1998, seulement muni de son certificat de capacité d’ambulancier – une base quand même ! -, de son accréditation hospitalière (Smur) et de ses dix ans d’ancienneté, il s’établit à Londres pour y concrétiser un rêve : devenir … paramedic. Ainsi rejoint-il, à l’école de Fulham, sous la direction du clinical éducation & development senior training officer Bob Dodson, 100 étudiants britanniques – dont des infirmiers(ères) qui se réorientent vers cette spécialisation – et quelques postulants venus aussi bien de Belgique que d’Afrique du Sud. Au terme d’une formation qui aujourd’hui atteint les 1200 heures intensives, sans vacances et sans concessions, constantes évaluations à la clé, le voici, diplôme en poche, capable de faire face au pire. Revenu à paris pour cause de mariage, il ne peut évidemment que re-conduire des ambulances Smur et préparer le matériel médical d’intervention, tel un « bon soldat » du système français.
Malgré tout, il aime à dire : « Au fond, c’est le plus avancé, avec des docteurs en médecine spécialisés.
Le problème, c’est qu’entre cette réponse parfaitement médicalisée, qui ne peut se produire à tout moment sur le territoire, et le niveau du secourisme opérationnel, aux termes de la loi il n’y a rien… »
Attardons-nous donc au Royaume-Uni. A deux pas de Waterloo Station, le headquarters (direction opérationnelle) du LAS (London Ambulance Service NHS Trust), service public du ministère de la Santé. C’est de là que, pour le Grand Londres (7 500 000 habitants), sont gérées 72 ambulance stations alignant une flotte de 700 véhicules et disposant de quelques 3000 personnes (2000 intervenants et 1000 sédentaires). Le service des urgences y répond à quelque 1700 appels par jour. Ce à quoi s’ajoutent près de 4000 réservations d’ambulances collectives, « non urgentistes », gratuites, assurant les déplacements de patients, notamment vers les structures de soin (les ambulances privées ne sont pas inconnues au Royaume-Uni, mais n’y occupent qu’une place mineure).

La Grande-Bretagne … et son cousin américain

Pourquoi d’abord fixer l’attention outre-Manche ? Simplement parce qu’il y a belle lurette que, pragmatiques, les autorités médicales britanniques – en fait, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le blitz leur ayant montré l’urgence de masse en milieu urbain – avaient fait le choix radical de confier à des personnels spécialisés (non médecins, non infirmiers) une pratique de soins d’urgence déjà de bon niveau. Plus question de se borner aux techniques de secourisme (first aid), certes utiles et même indispensables, mais laissées aux firefighters (6) , policemen, intervenants associatifs (St John’s Ambulance, par exemple) ou autres citoyens intéressés. On sait que ce fut grâce à l’épouse de George VI – devenue « la reine mère » sous le règne d’Elisabeth II -, entourée d’un collège d’experts et de professeurs de médecine, qu’un décret royal transforma nombre d’ambulanciers(ères) publics(ques), à l’héroïsme et à la compétence salués sous les bombardements, en EMT (emergency médical technicians = techniciens de l’urgence médicale). D’où la mis en place, dans chaque comté, d’une formation en école spécialisée, de stages hospitaliers et d’un diplôme officiel, aux termes de six mois intensifs. De quoi autoriser, selon de vigoureux protocoles (guidelines), médicalement établis, non seulement les inhalations et insufflations d’oxygène ; mais tout aussi bien l’administration de protoxyde d’azote (Entonox) à des victimes présentant des douleurs jugées insupportables, voire aggravantes(7). Et même, par voie orale ou parentérale (injections), des médicaments spécifiques (pathologies cardio-respiratoires, manifestations aigües d’allergie, désordres psychiatriques, complications d’accouchement inopiné, et tutti quanti). Pratique déjà résumée en une phrase, qui plus tard deviendra le crédo des services d’ambulance anglo-saxons : « Skills to treat what kills » (« Des compétences pour s’attaquer à ce qui tue »), et cela durant la golden hour, cette « heure en or » au terme de laquelle, le malade, « mis en condition », devra être acheminé à l’hôpital le plus proche. Rien de moins ; rien de plus ! Alors certes « ramasse et évacue (à allure régulière !) », mais pas sans examen clinique ni soins indispensables. L’essentiel sur place ; tout le reste dans de vraies et vastes ambulances sans commune mesure avec nos véhicules « sanitaires » de l’époque. Et ce n’était là qu’un début, eu égard à ce que chacun peut vérifier aujourd’hui dans l’ensemble des pays développés. Sauf en France. Et c’est bien là que là bât blesse !

Ici, il convient de signaler que, à partir de la « vieille Angleterre », ce furent les Etats-Unis qui allaient vraiment faire évoluer le concept de basic life support (préservation élémentaire de la vie) vers celui d’advanced life support (soutien techniquement avancé de la vie) et d’advanced cardiac life support. Il s’agissait en fait, de copier et d’adapter « au civil » les soins de l’avant des infirmiers militaires : c’était le temps de la guerre de Corée, puis du Vietnam. Et, côté vieux baroudeurs médicaux des G.I’s, rien n’avait été oublié de l’hécatombe sur les plages du débarquement en Normandie. De quoi prendre de vitesse les Britanniques en qualification des EMT et les ouvrir à une dimension nouvelle, d’efficacité maximale : les soins invasifs (par orifices naturels ou au travers de la peau). Au grand « bonheur » des médecins urgentistes anglo-saxons, puis germaniques, puis scandinaves… Ceux-ci, soulignons-le, conservant la haute main sur la formation et les protocoles à appliquer selon les signes objectifs présentés par les victimes, mais ne souhaitant pas, en fait se rendre « sur le terrain ». Hors cas exceptionnels, bien sûr, du genre masse de victimes. (A l’occasion, n’oublions pas qu’en France il fallut attendre 1970 pour voir, ici ou là, des unités hospitalières mobiles, avec des médecins « stagiaires internés », venir en appui des pompiers, seulement alors en secours routier.)

Anecdote : un médecin (physician anaesthesist), rencontré au détour d’un couloir au headquarters du LAS, répondit à notre étonnement de voir des techniciens ambulanciers agir comme des doctors par une phrase mémorable, en français approximatif : « Moi, quoi faire dans la rue ? Nos technicians de l’emergency [urgence] marchent au top ! C’est moi qui les apprend…, dear monsieur. »

Les paramedics étaient donc nés. Mot désormais international, possible anglicisme en français ; notre substantif « paramédicaux » désignant d’autres professions : sages-femmes ( 8 ), infirmières, kinésithérapeutes, etc. Formés en quelque dix-huit mois (trois ans en suisse), selon des parcours contraignants soumis à évaluations répétées (anatomie, physiologie, pathologie, pharmacologie, thérapeutique), ils ne font rien de moins, aux quatre coins du monde, que ce que pratiquent, chez nous les médecins des unités mobiles hospitalières ou leurs confrères les plus engagés du Service de santé et de secours médical des pompiers. Jusqu’à l’analgésie, ou à la perfusion transosseuse chez le petit enfant « sous asepsie rigoureuse », nous précise Bertrand Quintart, un practitioner londonien (degré supérieur au paramedic). Rien qui ne résiste à leur savoir-faire totalement adapté à l’étroite mais déterminante fenêtre sur l’urgence entre le lieu de l’appel et le passage de relais au « bloc d’urgence » le plus proche ou à un trauma center. Seul apanage de « vrais médecins » (quelques anesthésistes et chirurgiens des hôpitaux, disponibles à tour de rôle et reliés à une unité d’hélicoptères) : l’anesthésie générale et une possibilité d’amputation, par exemple, sur le lieu même d’un accident majeur.

Vraie question : l’égalité des secours partout et pour toujours ?

Mais revenons à la France, et à deux ou trois choses que nous savons d’elle, révélées par des signes alarmants : baisse importante de la démographie médicale ; fermeture de bien des cabinets médicaux dans l’ombre de départements ruraux ; inégale répartition des médecins (toujours libéraux en diable) selon l’attrait des régions ; réduction galopante du temps de travail des praticiens (qui sont de plus en plus des praticiennes) ; désengagement évident de la plupart des généralistes à l’égard du traitement des urgences (d’ailleurs devenu une spécialité à part entière), et même, peu à peu, d’actes interventionnels, au profit du seul rôle de prescription de médicaments et d’examens. En contrepoint, explosion du nombre des urgences purement médicales parmi une population vieillissante qui décompense sans crier gare des pathologies mal contrôlées, notamment au sein des territoires désertifiés. La liste serait longue… Tous les observateurs le reconnaissent : les Français ne sont pas égaux – entre autres domaines – face à l’urgence. Selon que l’accident ou la crise surviennent au coeur de la capitale ou dans un anonyme village du pays profond, non seulement la donne change en rapidité d’intervention, ce qui, bien sûr est également vrai en Grande-Bretagne, en Suisse ou ailleurs, mais, chez nous, ce n’est pas forcément une différence de degré qui s’attache à la prise en charge préhospitalière ; ce peut être carrément une différence de nature. Si aujourd’hui la grande presse, en écho au sentiment de l’opinion, utilise habituellement l’acronyme « Samu » comme la référence absolue en matière de médecine d’urgence loin de l’hôpital, elle ne relaie pas encore les difficultés de maintenance rencontrées par ce système. Hors du landerneau de l’urgence, qui sait par exemple, qu’ici ou là des unités mobiles hospitalières fonctionnent sans « vrai médecin », parce que qu’on n’y pas les moyens d’en avoir un à bord ? Qui sait que tel « patron » d’un service d’urgence hospitalier et d’un Samu du Sud-Est nous dit préférer « envoyer sur le terrain des infirmiers(ères) aides-anesthésistes rompus depuis longtemps au rétablissement des fonctions vitales (leur nombre augmente chez les pompiers) qu’un médecin résident frais émoulu dont j’ai le plus grand besoin ici » ?

Des déserts médicaux ?

Qui sait que les zones dites « blanches » (hors d’une portée raisonnable des Smur ») seraient des déserts médicaux si le Service de santé et de secours médical des pompiers (les « képis rouges », le plus souvent généralistes volontaires formés à l’urgence) n’y colmatait – pas toujours et pas partout ! – les impossibilités de leurs confrères ? Qui sait, enfin, que l’implication grandissante des infirmiers sapeurs-pompiers, agissant sur protocoles médicaux, et mûrs pour la télétransmission, se révèle à même de pallier intelligemment le déficit des « képis rouges », qui se creuse. Une solution à même de faire que blessés ou malades en détresse soient, enfin, « placés au centre du système », selon le mot même du médecin colonel Francis Lévy, du Service d’incendie et de secours du Haut-Rhin ; les divers intervenants étant alors obligés de s’entendre. « Mieux : de s’unir comme les doigts d’une main secourante et soignante. » « Il n’y aura jamais un anesthésiste-réanimateur derrière chaque arbre …, assène le médecin colonel Jean-Yves Bassetti, du Sdis de l’Aude et vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, qui a fait la part belle à ses infirmiers. Il faut que nous avancions dans l’implication en urgence de nos infirmiers(ères) diplômés(e)s d’Etat (38 mois d’études), formés à l’intervention « de terrain » dans nos écoles régionales – par des médecins spécialistes. Il y va d’un relais efficace des premiers intervenants, de la mise en place rapide de soins d’emblée salvateurs (par délégation et sur protocoles). Et donc de la réduction des inégalités entre les territoires. D’autant que nous évaluons à seulement 5% le cas où la présence d’un médecin est indispensable. » Notre vielle législation, rigide en diable, va-t-elle être prise de court par plus d’une « expérience » opérationnelle ? Au dire même de l’infirmier principal Jean-Pierre Deschin, du Corps de sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais, « si nous appliquons aveuglément la loi lors d’une intervention franco-britannique d’importance dans le tunnel sous la Manche (c’est hélas arrivé), alors que l’infirmier pompier français, sans la présence immédiate d’un médecin, ne peut même pas « pousser l’adrénaline »(9), le paramedic anglais du kent Ambulance Service, lui, posera, dans le même temps, un drain thoracique… ».

Signe des temps : on ne comptera bientôt plus les thèses de doctorat sur la paramédicalisation des secours. Telle celle d’Ismaël Hssain, de l’université Louis-Pasteur à Strasbourg : « Un vecteur infirmier pour les urgences préhospitalières ». On y lit : « Le Samu 68, qui déploie ce type de moyen [la paramédicalisation] depuis l’année 2001 […], peut apporter au débat des arguments issus de l’expérience du terrain. […] Le système mis en place prévoit l’intervention d’un infirmier du Smur qui agit seul, en appliquant des protocoles de soins établis et validés, sur les recommandations d’un médecin régulateur, qui est informé en permanence. Lorsque des signes de gravité sont détectés, un renfort médicalisé est engagé à ses côtés. L’infirmier devient donc par son action le maillon central d’un réseau de soins local. » Si c’est le Samu qui le dit, qui le fait, alors…

Entre autres témoignages…

Question : puisque, en tout état de cause, c’est la voie infirmière qui, chez nous, va assurer (et tant mieux !) un tremplin à la paramédicalisation préhospitalière, dans vingt ans seront nous encore seuls au monde à ne pas « fabriquer » d’EMT-paramedics ? D’autant que nous manquons autant d’infirmiers(ères) que de médecins ! Et que 38 mois de formation pour travailler au lit du malade, n’est-ce pas inadapté à l’urgence du terrain ? Combien de temps en plus, donc ? (Mention spéciale, bien sûr, pour les infirmiers aides-anesthésistes !) Un état de fait qui nous permet de solliciter deux témoignages (on pourrait en aligner vingt) : Michel Boudebza est le chef pompier principal au puissant Service de sauvetage et de lutte contre les incendies d’aéronefs à Aéroports de Paris. Instructeur de secourisme aéronautique à Air France, il est à tu et à toi, en un anglais américanisé épatant, avec le médical unit de la fire brigade (pompiers) de Santa Monica (Los Angeles). Dès qu’une fenêtre s’ouvre dans son emploi du temps, il fonce là-bas pour « tourner » avec des équipes d’EMT-paramedics. A chaque retour, il a cent anecdotes à raconter, images à l’appui. D’autant que le secteur y est plutôt « chaud ». « Pas question, assure-t-il, de partir en intervention sans gilet pare-balles. Des blessés par arme blanche ou à feu, j’en ai vu des dizaines, laissés pour mort dans des mares de sang, puis « récupérés » par ces pompiers spécialisés à coups d’incroyables « acharnements thérapeutiques ». Pour eux, c’est comme un « sport », où chacun entre en compétition pour combattre la fuite de la vie. Peut-être ne savent-ils pas aussi bien qu’un médecin urgentiste français théoriser ce qu’ils font, mais ils le font, et rapidement, suivant à la lettre, en l’occurrence, des guidelines adaptés (une balle dans un poumon n’appelle pas les mêmes « gestes » qu’un coup de couteau à l’estomac). Et des médecins résidents rencontrés aux services d’accueil des urgences d’hôpitaux de Los Angeles m’ont dit accorder une confiance totale à leurs medical technicians. » Patrick Taymont, lui, un Franco-Américain, a été quatre ans sapeur-pompier volontaire au centre de secours principal de Céret (Pyrénées-Orientales), commandé par le lieutenant (volontaire) Laurent Lacombe. Son intérêt essentiel : le secours à personnes, qui lui paraissait « plutôt basique ». En 1997, il repart pour la Floride… et y devient EMT 1er niveau, puis 2e, puis 3e ; enfin, en dix-huit mois - passage obligé par l’Université (!) -, le voici paramedic au Lee County Emergency Medical Service (là, organisme indépendant du fire department). Lors de ses retours en France, il s’étonne que rien n’ait officiellement changé et qu’il faille attendre « si longtemps un médecin, seul habilité à administrer des médicaments ».

Vers un officiel « transfert de compétences » ?

Oserons-nous, en guise de conclusion, relayer deux voies très autorisées de la médecine française, confortant, nous semble-t-il, la réflexion que nous avons essayé de mener ici, sans autre prétention que celle du citoyen ordinaire ; lequel sait très bien que l’urgence, tapie au coin de la rue, ne concerne pas toujours que les autres ? Eh bien, osons. Guy Valencien est professeur d’urologie à l’université Paris-V, chef du service d’urologienéphrologie au très réputé Institut mutualiste Montsouris. Le 9 mai 2005, il déclare, sur

France-inter, à propos de la démographie médicale : « Tant mieux s’il n’y a plus que 150 000 médecins en France demain [199 000 actuellement, toutes spécialités confondues]. Le médecin doit être un expert. Une grande part de ce qu’il fait aujourd’hui, peut être transférée à des personnels paramédicaux formés spécifiquement. » On n’avait pas lu autre chose, en octobre 2003, dans un rapport de mission, quasi confidentiel, du professeur Yvon Berland, doyen de la faculté de médecine de Marseille, président de l’Observatoire national de démographie des professions de santé, qui concluait : « Tout en tenant compte des particularités liées […] à l’exercice de la médecine en France, l’analyse des pratiques nord-américaines et européennes comme la synthèse des entretiens que j’ai pu avoir avec les différents professionnels de notre pays m’amènent à penser qu’il est indispensable et urgent d’envisager le transfert de compétences. Il permettra de faire face […] à la diminution annoncée de la démographie médicale, mais aussi d’optimiser le système de soins, de régulariser des pratiques existantes non reconnues, d’éviter la mise en place d’organisations parallèles, source de conflits et de baisse de la qualité des soins, d’apporter une légitime reconnaissance à certains professionnels paramédicaux. »

Seul objectif de notre réflexion, nous l’écrivions d’entrée : faire réagir.

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(1) En février 1998, dans « Panorama du médecin », le Pr Iradj Gandjbakhch, chef du service de chirurgie cardio-vasculaire à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), déclarait : « Il est urgent de faire un bilan sérieux de l’efficacité réelle du Samu, ce qui n’a jamais été réalisé. […] S’il m’arrive un accident à Paris, je souhaite vivement être pris en charge par les pompiers, et non par le Samu. » [ !!!?]

(2) L’adjectif le plus approprié est « invasif ».

(3) Le Pr Marcel Arnaud (1896-1977), qui fut conseiller médical de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, était neuro-chirurgien, chef de service des hôpitaux de Marseille. Promoteur du secourisme routier en France, il n’avait pas de mots assez durs pour stigmatiser « la misère des secours aux polytraumatisés », notamment à Paris. Las cars de Police secours, avec leurs brancards approximatifs fixés au plancher entre les bancs latéraux où s’asseyaient les gardiens de la paix ? « Des bétaillères ! », tonnait-il jusque dans de très sérieux congrès de traumatologie.

(4) Smur = Service mobile d’urgence et réanimation. Unité rattachée à un hôpital, capable d’intervenir à domicile ou sur la voie publique, avec, à bord des véhicules sanitaires, les éléments essentiels d’un plateau technique du traitement des urgences. C’est un « bras armé » du Samu.

(5) Samu = Service d’aide médicale urgente. Service public rattaché en principe, dans chaque département, au centre hospitalier de préfecture, et apte à gérer les appels du public, reçus par le 15, et les réponses aux urgences médicales selon leur degré de gravité (envoi d’un médecin libéral ou d’une ambulance privée, déclenchement d’un « moyen pompiers » ou directement d’un Smur…

(6) On l’aura compris : à l’instar de la plupart des pays (la France entrant dans les exceptions), le secours à personne n’est pas, au Royaume-Uni, une activité des firefighters [pompiers] combattant du feu et spécialistes du sauvetage tout azimuts.

Pour autant, à Londres comme dans les comtés, les ambulance services et les fire brigades ne s’ignorent évidemment pas. Structure de coordination :The accident and Emergency. A noter qu’aux Etats-Unis, selon les Etats, les comtés et même les villes, les services d’ambulance sont ou non inclus chez les sapeurs-pompiers. Par exemple, pour Manhattan et ses alentours, le FDNY (Fire Department of New-York) a intégré à la fin des années 1990, les personnels de l’Emergency Medical Service of New-York, service public qui jusque-là assurait les secours à victimes. Ici ou là, comme à Seattle avec Medic One, ce peut être aussi bien une société privée qui traitera les urgences préhospitalières, mais avec toujours les mêmes qualification des personnels.

(7) La culture anglo-saxonne, contrairement à celle des latins, a toujours poussé à ne pas tolérer la douleur autrement que comme un symptôme. Dès les années 1950, sur le pavé de Londres ou de Glasgow, tout blessé conscient et souffrant se voyait offrir la possibilité d’atténuer sa douleur en inspirant du protoxyde d’azote.

( 8 ) En France, les sages-femmes, contrairement aux autres paramédicaux, ont un droit d’examens, de prescriptions et d’utilisations d’instruments adéquats dans le cadre de leur domaine de compétences.

(9) « Pousser (= presser sur le piston de la seringue) l’adrénaline » (hormone de synthèse administrée en urgence pour soutenir le coeur, relever la tension et contracter les vaisseaux).


Fusillades : quelle organisation des secours ?

Publié le 24/08/2015

La tentative d’attentat terroriste du Thalys, survenue le vendredi 21 aout 2015, est l’occasion de revenir sur la journée d’études consacrée à l’organisation des secours lors de fusillades, qui s’est déroulée le 20 mai 2015 au Val de Grâce à l’initiative de la Société Française de Médecine de Catastrophe (www.sfmc.org).

- Sous le regard de l’épidémiologiste

L’étude épidémiologique des fusillades et des tueries de masses a été présentée par le Médecin Général Noto. On en différencie plusieurs types en fonction des circonstances de survenue, de l’origine et des motivations des agresseurs, du lieu de survenue, des victimes ciblées ou des armes utilisées :

  • Le "mass shooting" : des tireurs entrant dans une enceinte comme une école, une université, un centre commercial dans l’objectif de faire un maximum de victimes.
  • Les tireurs isolés en embuscade ou se déplaçant. Ils sont à 96 % des hommes. Dans 50 % des cas ils sont arrêtés par les forces de l’ordre, 40 % se suicident et 10 % sont tués sur place lors de l’intervention de neutralisation.
  • Les actes de banditisme qui se terminent en fusillades.
  • Les différents familiaux de type suicides collectifs prémédités ou les raptus psychiatriques.
  • Les querelles de voisinage notamment liées au bruit avec une forte prédominance du contexte alcoolique.
  • Les actes de terrorisme dont on a noté l’évolution entre les attentats à la bombe des années 1980 vers des fusillades avec affrontement avec armes à feu de plus en plus sophistiqués avec les forces de l’ordre, chez des individus décidés à mourir au combat.

Ce sont les Etats-Unis qui ont été le siège du plus grand nombre de fusillades, plus particulièrement dans les établissements scolaires et universitaires. On peut rappeler le massacre emblématique du Campus de Virginia Tech le 16 avril 2007 au cours duquel un étudiant en licence d’anglais a tué 32 personnes et s’est suicidé à l’arrivée de la police.

L’Europe n’est pas épargnée, comme en témoigne la tuerie de l’île d’Utoya en Norvège le 22 juillet 2011 où après un attentat à la bombe à Oslo visant le siège du gouvernement qui fit huit morts et 15 blessés, l’extrémiste Anders Breivink a tué 69 personnes et en a blessé 33 autres par balles.

Les cibles restent les lieux symboliques, les transports en commun et les endroits et moments de grande affluence du public.

- Quelles armes pour quelles lésions ?

Les armes à feu et munitions des terroristes ont été détaillées par le Commissaire divisionnaire Hubert Valard qui a rappelé que l’arme n’est que le vecteur et que le point important est le type de munition. Ainsi un projectile 22LR dégage in fine à l’impact une énergie égale à un projectile 9mm Parabellum blindé. C’est la charge de poudre qui fait le danger et il ne faut pas être faussement rassuré lorsqu’un agresseur utilise un fusil du commerce. L’utilisation de lance roquette en milieu clos paraît devenir un risque majeur (il a été signalé que les frères Kouachi même s’ils ne l’ont pas utilisé en possédaient un dans le coffre de leur voiture).

Le Dr Jean-Louis Daban de l’Hôpital d’Instruction des Armées Percy a détaillé la nature des lésions en fonction de la balistique. Il a insisté sur l’impossibilité de prévoir les dégâts internes notamment lors de l’utilisation de balles instables qui entraînent un effet de cavitation important.

La vitesse de la balle à l’impact est le facteur majeur, son poids jouant un rôle secondaire, les petites calibres à grande vitesse étant les plus létaux.

Les fusillades du 7 et 9 janvier à Charlie Hebdo et à l’Hyper-Cacher de Vincennes ont été présentées par le Dr Ramdani et le professeur Carli du SAMU de Paris et les Dr Clamai et Bignand de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP). Mais c’est le témoignage du Dr Patrick Pelloux qui, avec le professeur Tourtier, Médecin chef de la BSPP, fut un des premiers sur les lieux, qui a été le plus poignant. Patrick Pelloux, urgentiste mais aussi chroniqueur à Charlie Hebdo a expliqué que devant l’horreur qu’il a découverte ses réflexes de médecin urgentiste lui ont permis de faire mécaniquement les gestes de survie comme poser des garrots avec des ceintures car à «  Charlie, on était pas trop cravates ». Mais dès que les blessés furent évacués il a été submergé par l’émotion dont il avait encore du mal à se remettre.

Le Dr Ramdani a expliqué que la méthode START (simple triage and rapid treatment) a été utilisée lors de la prise en charge des victimes et de l’évacuation après mise en condition rapide des 4 urgences absolues sans passage par un PMA vers des blocs opératoires préalablement alertés par le SAMU dans une optique de "damage control" pré hospitalier. On a ainsi respecté l’impératif de vitesse car le temps c’est de la vie (Time is life) chez des blessés à très fort potentiel hémorragique qui ont tous été dirigés vers des unités chirurgicales capables de réaliser les gestes d’hémostase ce qui a permis sans doute d’éviter des décès chez ces blessés très graves.

Le Professeur Carli quand à lui, s’est félicité de la bonne articulation des services de secours entre eux et avec les forces de l’ordre dans un contexte très contraint avec des risques de sur-attentat pour les soignants, des difficultés d’accès, de la pression médiatique et politique sans parler du risque d’attentats multi-sites. Il a insisté sur le fait qu’il fallait s’adapter à la situation et ne pas perdre inutilement du temps dans un PMA sans remettre cependant la doctrine française en cause.

Le poste méddical avancé. Secours collectifs-tactique Cahiers du SSSM

Pour ce qui est de l’Hyper-Cacher de Vincennes, la chaîne de secours habituelle a pu être mise en place et la médicalisation de l’avant a été assurée concomitamment par les médecins de la BSPP affectés à la Brigade d’Intervention de la préfecture de Police de Paris et ceux du RAID qui a donné l’assaut. Cet événement très médiatisé suivit en direct par toutes les chaînes d’information a donné lieu à la mise en place d’une chaîne de commandement intégré sous l’autorité du Préfet de Police de Paris. L’importance de la communication entre les différents services de santé a été mise en avant.

- ...et sur ceux de Liège, de Nanterre et de Toulouse

La réponse médicale lors des fusillades de Liège, de Nanterre et de Toulouse a été successivement détaillée par les Dr Stéphane Degèves, François Templier, Anne-Marie Arvis et Jean-Louis Ducassé. A chaque fois il a été souligné la nécessité de s’assurer de la sécurisation des lieux avant d’engager des secours médicaux pour éviter ce que les anglo-saxons appellent le « go and die  » pour les équipes de secours non protégées. Il convient aussi de s’approprier le contexte pour dimensionner correctement les moyens, de s’adapter en modifiant le schéma quotidien de régulation médicale d’acceptation des patients par les hôpitaux d’accueils mais en gardant à l’esprit que le bon patient doit être amené au bon endroit dans de bonnes conditions et surtout dans les meilleurs délais pour limiter les décès.
Le principe du "damage control"

Le concept de "Damage control" a été présenté par les Professeurs Benoit Vivien et Jean-Pierre Tourtier. Le "damage control" chirurgical est une pratique de prise en charge de victimes en choc hémorragique traumatique dont le principe est une intervention chirurgicale de sauvetage en urgence limitées aux lésions abdominales dans un premier temps par une laparotomie écourtée et aux lésions thoraciques ou des membres présentant un risque vital. Le traitement chirurgical complet et définitif des lésions est réalisé secondairement après stabilisation des désordres hémodynamiques et de la coagulation.

Cette stratégie chirurgicale s’inscrit désormais dans un concept plus large de "damage control rescucitation" en unité de soins intensifs et de "damage control ground zero" pour la prise en charge en pré hospitalier.

Le terme d’abord associé à la première explosion nucléaire le 16 juillet 1945 dans le Nouveau Mexique est devenu iconique après l’attentat du World Trade center et de fait doit être compris comme in situ, sur les lieux de l’évènement. Il s’agit de prendre immédiatement en compte la triade létale :

  • hypothermie
  • acidose
  • coagulopathie.

Cela passe avant tout par un contrôle multifactoriel de l’hémorragie.

Choc hémorragique. Prise en charge en 2014
Damage control resuscitation (Dr Floccard)
Damage control resuscitation (Urgences pratiques 2011)
Intérêts et limites du damage control
Agnès RICARD-HIBON – Analgésie du polytraumatisé en pré-hospitalier et au décochage
Eric PEYTEL – Damage control en 2014
Thierry PELACCIA – Triage et conditions de transfert des polytraumatisés
Karim ASEHNOUNE – Spécificités du traumatisé crânien en réanimation

Les modalités pré hospitalières ou phase "ground zero" consistent en une lutte contre l’hypothermie avec mise en place de couverture isotherme, un contrôle des hémorragies externes avec pose rapide d’un garrot, une stratégie d’hypotension permissive pour les hémorragies internes en évitant les perfusions massives délétères parce qu’elles aggravent le saignement et la coagulopathie et un recours rapide (éventuel) aux vasopresseurs si il y a un traumatisme crânien associé. La stratégie transfusionnelle a aussi évolué avec un apport précoce de facteurs de coagulation et de plaquettes voire de sang total.

En pré hospitalier il y a lieu d’administrer rapidement des agents hémostatiques car les études montrent qu’il n’y a plus de bénéfice au-delà de 3 heures. L’utilisation de facteur VII activé reste malheureusement exceptionnelle en raison de son prix élevé mais est conseillée.

La stratégie transfusionnelle la meilleure serait un ratio de concentré de globules rouges / plaquettes/ plasma frais congelé de 1/1/1.

- Garrot tactique et pansement hémostatique

L’hémostase de l’avant a été présentée par le Dr Travers de la BSPP ; elle découle de l’expérience acquise en Afghanistan et en Irak. L’utilisation large et précoce du garrot, abandonné depuis plusieurs dizaines d’année en pratique civile de peur de lésions secondaires, a permis chez les blessés de guerre de réduire significativement la mortalité quasi sans complications si le garrot est maintenu moins de 2 heures. Un nouveau type de garrot avec tourniquet est préconisé.

Par ailleurs plusieurs types de pansements imprégnés de produits hémostatiques ont été développés permettant un packing des plaies pour lesquelles la lésion hémorragique est non accessible au garrot.

- L’hôpital face aux victimes de fusillades

La fonction de coordination du parcours de soins des blessés lors de fusillades a été présentée par le Dr Jean-Sébastien Marx du SAMU 75 et l’organisation de l’accueil par le Dr Mathieu Raux de l’hôpital La Pitié-Salpêtrière. Les points clés sont l’alerte précoce des salles de réveil et des blocs opératoires pour shunter le processus habituel d’admission et de confier ces victimes en état de choc hémorragique à l’équipe pluridisciplinaire composée des chirurgiens viscéraux et traumatologues et des radiologues interventionnels. Il faut aussi savoir parfois éviter de perdre du temps avec de l’imagerie qui risque de retarder le traitement et nuire au patient. L’organisation en cas d’afflux massif est facilitée par une équipe médico-technique affectée à chaque victime et portant pour chacun de ses membres une chasuble de la même couleur ce qui permet de rapidement identifier qui s’occupe de quel patient sans confusion.

Enfin le Dr Didier Cremniter, psychiatre référent national CUMP, a présenté un autre aspect de l’intervention des médecins hospitaliers lors de ces fusillades psychologiquement très traumatisantes pour les victimes, les impliqués, les familles... et les soignants. Les cellules d’urgences médico-psychologiques ont montré dans ce domaine leur pertinence. Pour la fusillade de Charlie hebdo la stratégie mise en place a été d’utiliser les services de l’Hôtel de Dieu pour la prise en charge en dehors du périmètre immédiat de la fusillade.

- Quand les urgentistes français se rapprochent des anglo-saxons

Cette journée très riche s’est conclue par une intervention du Commissaire divisionnaire Gilles Laborie qui a expliqué le dispositif d’intervention spécialisée du Ministère de l’Intérieur et ses spécificités parisiennes.

La gestion de ces crises doit se faire à la fois verticalement avec une information circulant du terrain vers les autorités centrales mais aussi horizontalement pour coordonner l’action entre les différents services intervenants.

A Paris et en petite couronne l’ensemble des moyens est sous les ordres du Préfet de Police directeur des opérations de secours, la BSPP est chargée d’organiser le tri, l’évacuation et d’une manière générale le secours aux victimes en collaboration avec les SAMU qui s’occupent de la régulation et du parcours de soins vers les hôpitaux. Les périmètres de sécurité, la matérialisation des itinéraires pour faciliter l’évacuation des victimes et l’acheminement des renforts relèvent du commandant des opérations de police et de circulation.

Et c’est le commandant des opérations de police judiciaire et ses collaborateurs, après avoir avisé le Procureur de la République, qui procède à l’identification et l’enregistrement des victimes et des témoins et procède aux premières investigations judiciaires.

Les interventions sont réalisées soit par la BRI, le RAID et ses antennes en province ou le GIGN et les pelotons d’interventions interrégionaux de la Gendarmerie chacun en fonction de sa compétence territoriale. Pour les forces de l’Ordre, l’intervention est considérée comme une urgence absolue lors d’une tuerie en cours et relative pour les autres cas lorsque le dispositif peut se mettre en place.

Le Professeur Bertrand Ludes, récemment nommé à la tête de l’Institut de Médecine Légale de Paris a mis en perspective l’approche médico-légale qui vise à déterminer le plus exactement possible les causes exactes du décès à travers une analyse précise des lésions et les conditions et la chronologie dans lesquelles les tirs sont opérés. Bertrand Ludes a insisté sur le rôle nouveau dans l’analyse balistique de l’imagerie post-mortem en particulier la scannographie.

Une fois de plus la Société Française de Médecine de Catastrophe
a su, sous l’impulsion du Médecin Général Henri Julien, son dynamique président, réunir un panel de spécialistes autour d’une actualité brûlante mais riche en enseignements.

Au total, il faut surtout retenir la nécessité pour les forces de l’ordre et les services de secours de travailler ensemble chacun devant connaître les impératifs de l’autre pour éviter que ces situations ne dégénèrent en drames absolus.

On voit aussi que de plus en plus les médecins urgentistes français se rapprochent des anglo-saxons avec des modalités de réanimation préhospitalière initiales limitées aux gestes de survie pour être "just in time" c’est à dire pas plus de 10 minutes de prise en charge sur les lieux et en moins de 20 minutes au bloc opératoire avec un transport rapide vers une structure chirurgicale adaptée.

  • Dr Francis Leroy (jim.fr)
  • Références
    1) Tourtier JP, Pelloux P, Dang Minh P, Klein I, Marx JS, Carli P. Charlie Hebdo attacks : lessons from the military milieu. Am J Emerg Med 2015 http://dx.doi.org/10.1016/j.a.jem.2015.03.026
    2) Tourtier JP, Palmier B, Tazarourte K, Raux M, Meaudre E, Ausset S et coll. : Le concept de damage control : extension préhospitalière du paradigme. Ann Fr Anesth Reanim 2013 ; 32 :520-6

— -

En complément, lire l’article sur Les plaies par arme à feu - balistique des armes à feu avec les retex du 13 novembre 2015 à Paris.


Aux armes et cætera

Un rapport de 2007 réalisé par l’Institut Universitaire des Hautes Etudes Internationales de Genève, estimait qu’il y aurait entre 650 et 850 millions d’armes de poing sur Terre. En tête, arrivent les Etats-Unis avec pratiquement une arme par habitant (soit près de 290 millions d’armes). Viennent ensuite le Yemen (61 millions), la Finlande (56 millions), la Suisse (46 millions) et l’Irak (39 millions). La France est comparable à de nombreux pays européens avec en moyenne 32 armes pour 100 habitants soit environ 20 millions d’armes.

A voir le site non officiel sur la police scientifique


Crise à la tête du Samu de Haute-Garonne

Publié le 22/01/2016

Le Samu 31 ne dispose pas de suffisamment d’équipes mobiles d’intervention rapide, les Smur

L’équipe qui dirige le Samu de Haute-Garonne a annoncé qu’elle quittait ses fonctions en raison de profondes divergences avec la direction du CHU.

C’est une crise sans précédent qui frappe le Samu de Haute-Garonne et les urgences des Hôpitaux de Toulouse. Dans un courrier en date du 6 janvier dernier que « La Dépêche du Midi » a pu se procurer, les trois responsables du Samu de Haute-Garonne, le chef de service Jean-Louis Ducassé et ses adjoints Valérie Christophe et Emmanuel Villacèque, ont annoncé à la direction du CHU leur décision de quitter leurs fonctions à partir du 29 février prochain. Les trois médecins urgentistes dénoncent « un climat délétère qui s’est progressivement installé et qui (nous) amène aujourd’hui au constat que nous ne sommes plus en capacité d’animer ce service ».

MM. Ducassé, Christophe et Villacèque déplorent d’importants dysfonctionnements dans l’organisation du pôle de médecine d’urgences, dont dépend le Samu, ainsi qu’un déficit chronique de moyens humains et matériels. « Trop attachés à ce service pour le voir se disloquer sans avoir les moyens de réagir, nous avons convenu de tirer les conséquences de cet état de fait par la remise auprès du directeur général de nos fonctions en responsabilité » poursuivent les responsables du Samu 31.

Silence radio au CHU

Au CHU, où l’on a l’habitude de laver son linge sale en famille, c’est le silence radio. Personne au Samu ne s’aventure à faire le moindre commentaire. Joint au téléphone, le docteur Jean-Louis Ducassé, patron du service depuis onze ans, a confirmé que lui et ses adjoints quittaient leurs fonctions mais il n’a pas souhaité s’exprimer.

La direction, de son côté, s’est contentée d’un communiqué lénifiant : « La direction générale du CHU de Toulouse et la commission médicale d’établissement prennent acte de ces démissions qui interviennent dans un contexte de dialogue difficile avec les instances de gouvernance du CHU et saluent le professionnalisme des dirigeants actuels du Samu qui restent aux commandes jusqu’au lundi 29 février 2016 (…) Le Samu va continuer à fonctionner normalement pour assurer sa mission essentielle de sauver des vies grâce au travail de longue haleine et reconnu de l’équipe dirigeante démissionnaire, à l’engagement de tous les professionnels (médecins régulateurs, permanenciers, ambulanciers,…) et aux moyens techniques déployés (offre héliportée, SMUR, techniques de communication…) ».

La direction du Samu 31 devait de toute façon partir au mois de juin prochain. La nouvelle équipe qui est censée la remplacer prendra donc ses fonctions avec trois mois d’avance, dès le début du mois de mars.

Le chiffre : 1,2 millions de personnes. C’est autour de Toulouse le bassin de population couvert par les trois équipes d’intervention du Smur toulousain. A Saint-Gaudens, pour moins de 100 000 personnes, deux équipes de Smur sont disponibles.

Sébastien Marti ladepeche.fr


Au CHU Saint-Pierre, on s’adapte après les attentats et on forme les infirmiers avec des mannequins traumatisés

source : lalibre.be

Publié le mardi 05 avril 2016

L’hôpital universitaire Saint-Pierre à Bruxelles a présenté mardi ses deux nouveaux mannequins "traumatisés". Les étudiants en infirmerie peuvent dorénavant se former de manière interactive.

L’hôpital avait décidé d’acquérir de faux patients "malades" "atteints" de pathologies classiques mais à la suite des attentats sanglants perpétrés dans la capitale le 22 mars et grâce à un don, il a décidé d’ajouter deux mannequins présentant divers traumas. Dans une chambre de l’hôpital, deux mannequins reposent dans leurs lits. Brûlures sur l’ensemble du corps, dents cassées ou orteil amputé, les blessures ne manquent pas. Faut-il retirer la barre métallique qui traverse la joue du patient ? Comment l’aider à respirer ? L’étudiant mais aussi le professeur se posent différentes questions face à un cas tel que celui-là. "L’important, c’est que l’étudiant pose ses questions mais aussi que le professeur l’interroge pour que le jeune trouve la solution tout seul", explique Michèle Delécluse, infirmière en chef de service.

L’hôpital Saint-Pierre a accueilli 24 des quelque 340 blessés lors des attentats de Bruxelles. Cinq patients présentaient de multiples blessures. "Ils avaient des traumas crâniens, des brûlures, des fractures, ...", témoigne Julien Van den Abbeele, infirmier urgentiste à Saint-Pierre. "C’est pour ça que c’est vraiment intéressant d’avoir ces mannequins qui ont tous les traumas possibles. C’est important de pratiquer parce que dans les livres, ça paraît toujours simple".

Tous les gestes sont filmés grâce à une webcam et les images sont retransmises dans un auditoire d’environ 80 personnes. Les spectateurs peuvent poser leurs questions à l’étudiant et vice versa. Un processus totalement interactif pour assurer une meilleure efficacité et des soins plus sûrs. "Les étudiants pourront s’exercer autant de fois qu’il le faudra pour qu’ils gagnent en assurance avant de soigner le patient", conclut Michèle Delécluse.

— -

Lire l’article sur la simulation, écrit par un collègue.


Attentats de Nice : point de situation

Lundi 18 juillet 2016

Immédiatement après l’attentat survenu à Nice dans la soirée du 14 juillet 2016, les autorités sanitaires ont déployé des moyens importants pour prendre en charge les victimes et leurs proches. Dès 23h30, le centre de crise sanitaire du ministère de la Santé a été activé. Des cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP) ont été ouvertes à Nice sur plusieurs sites afin de prendre en charge les blessés et les familles des victimes.

Communiqués de presse du ministère des Affaires sociales et de la Santé le 17 juillet 2016
Points sur les blessés et la mobilisation des moyens de santé (16 juillet 2016)

§§§

Arnaud BASSEZ

IADE

Formateur AFGSU/ NRBC/enseignant CESU

Administrateur


Documents joints

Place de l'IADE au smur. Perspective d'avenir.
L'infirmier anesthésiste en zone de combat (...)
La réanimation médicale, contribution de (...)
Evolution de la réanimation respiratoire vue à (...)
Zoom sur les métiers de l'armée de l'air
L'équipe smur face à une mort suspecte (...)
Référentiel SMUR 2013 (samu de France-SFMU)
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Thèse du dr Carina Poinsot transferts médicalisés
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Médicalisation des secours préhospitaliers, un (...)
L'évolution de l'enseignement de la médecine (...)
Modalités de prise en charge d'un appel de (...)
Modalités de prise en charge d'un appel de (...)
Modalités de prise en charge d'un appel de (...)
Référentiel les ressources médicales et non (...)
L'infirmier face à l'urgence (MACSF)
L'IADE en smur face à l'urgence pédiatrique
SAMU Mondial
Risques et précautions liés à l'utillisation des (...)
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Organisation des secours en France
Formation et responsabilite infirmière en (...)
Pourquoi une formation spécifique aux paramédicaux
Reanoxyo n° 27, la revue du CARUM
Reanoxyo n° 28, la revue du CARUM
Manifeste fédération nationale des sapeurs (...)
Avenir de la spécialité médicale d'urgence. (...)

Articles publiés dans cette rubrique

dimanche 22 décembre 2013
par  Arnaud Bassez

J’irai dormir chez vous

Après les IADE en Europe, petite revue des sites web des IADE et des sociétés d’anesthésie sur la planète.
NB : certains pays sont doublés d’un drapeau animé. Cela pour montrer le drapeau dans sa totalité, le fond blanc n’apparaissant pas.
LES ASSOCIATIONS DES INFIRMIER(E)S ANESTHESISTES
DANEMARK (...)

lundi 27 mai 2013
par  Arnaud Bassez

Histoire de la médecine de catastrophe

Histoire de la médecine de catastrophe
L’historique de la médecine de catastrophe est bref. En 1976, se tenait la première séance de travail de la Société internationale de médecine de catastrophe (SIMC ­ International Society of Disaster Medicine) à Genève. Durant la même année se crée la World (...)

jeudi 26 mai 2011
par  Arnaud Bassez

Histoire de la médecine d’urgence

Dernière actualisation 19 juillet 2016
La Médecine d’Urgence telle qu’on la connaît aujourd’hui doit beaucoup à la médecine militaire. Actuellement encore, quelques unités militaires font référence en ce qui concerne la médecine préhospitalière : les Sapeurs-Pompiers de Paris et les Marins-Pompiers de (...)

vendredi 29 avril 2011
par  Arnaud Bassez

Eurêkiade !

EURÊKA !
Paraphrasant Archimède ou la légende qui lui fit dire "j’ai trouvé !" on peut affirmer que sans les inventeurs, point de civilisation évoluée.
Certains d’entre eux ont rejoint le panthéon du National Inventors Hall of Fame
Cependant à qui devons-nous les inventions de notre quotidien (...)

mercredi 23 mars 2011
par  Arnaud Bassez

C’était demain

Nous retranscrivons ici, l’interview accordée au journal citizen Kane, par le professeur Jean-Edouard Glachtenbraisure, Professeur des universités, praticien hospitalier en anesthésie-réanimation qui publie un livre témoignage sur un passé qui n’a plus lieu d’être et dont il vante les mérites. Ce livre (...)

dimanche 20 juin 2010
par  Arnaud Bassez

Les pratiques avancées : état des lieux

La dernière réunion sur les pratiques avancées, initiée par le DGOS (ex DHOS), a eu lieu le 27 avril 2010.
Après bien des difficultés, essentiellement d’ordre médical par le biais des syndicats SNARF, SMARNU et SNPHAR, il semble que la bonne volonté l’ait finalement emporté et qu’un pragmatisme ait (...)

vendredi 16 octobre 2009
par  Arnaud Bassez

Le premier massage cardiaque de l’Histoire

Cette première approche est le fait d’un chirurgien anglais, Sir William Arbuthnot Lane.
Il passera à la postérité grâce à ses succès chirurgicaux,
Arbuthnot Lane est né à Fort George, Inverness, Écosse, le 4 Juillet 1856.
Il est le fils aîné d’un médecin militaire. Dans sa jeunesse, Lane a souvent (...)

samedi 21 février 2009
par  Arnaud Bassez

Ces noms que l’on utilise

Dans la pratique quotidienne, nous employons des noms propres, devenus pour nous des noms communs. On appelle ce procédé une antonomase
Mais qui sont ces personnes dont on use du patronyme pour désigner un objet, une technique ou autre ?
D’où viennent-ils, et que faisaient-ils ?
Voici une modeste (...)

vendredi 16 mai 2008
par  Fabrice Dufour

les IADE en Europe

Note de l’administrateur : Cet article provient du site SNIA. Il a été copié par l’auteur.
§§§
Diplômes non visés par la directive européenne
Que se passe-t-il pour les titres de formation obtenus dans un Etat membre mais ne permettant pas de bénéficier automatiquement d’une autorisation d’exercice (...)

mercredi 11 octobre 2006
par  Arnaud Bassez

Histoire de l’anesthésie

Histoire de l’anesthésie (Établie avec le concours de wikipédia, le club de l’histoire de l’anesthésie réanimation, le site medarus, chaouky.blog, le generaliste.fr et le site general-anaesthesia)
Dernière actualisation le 22 mai 2017
§§§§
On (...)

lundi 2 octobre 2006
par  Arnaud Bassez

Histoire des IADE

A ses débuts, l’anesthésie ne s’impose pas en tant que discipline médicale reconnue, mais comme une activité périphérique de la chirurgie.
1877 Les documents les plus récents, faisant état d’une anesthésie délivrée par une infirmière, mentionnent le nom de sœur Mary Bernard qui travaillait à l’hôpital de St (...)

Brèves

la HAS mène l’enquête

jeudi 14 juin 2007

La Haute Autorité de Santé fait une enquête sur les nouveaux modes de coopérations entre les médecins et les autres professionnels de santé.

À l’instigation d’un de nos forumeurs, voici le lien pour répondre à ce questionnaire. (activez le javascript)

Il apparait évident que les IADE ne sont pas considérés.

D’où l’impérieuse nécessité de se manifester par le biais de ce formulaire qui sera sans doute destiné à organiser le futur et pourquoi pas de repenser certaines fonctions !

AB

Rien que pour vos yeux

dimanche 12 novembre 2006

Pour être plus agréable à lire, le site se dote d’images. Je souhaite que cela agrémentera votre visite.

AB

L’anesthésie en images

dimanche 12 novembre 2006

Pour une plongée dans le passé de qualité, le CHU de Besançon propose un site et un musée à vister.

avoir 100 ans au Canada

samedi 11 novembre 2006

Une petite visite sur ce site sympathique, qui ne traite pas des IADE (on dit inhalothérapeute là bas) mais ça reste instructif.